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APPROBATION

départ : on ^appréie à partir, lorsqu'on achève de faire tout ce qu'U faut et qu'il n'y a plus qu'à partir. — .Vous apprêtez le travail des ouvriors qui vont se mettre à Touvrage; vous veniez de préparer les matériaux qui doivent servir à la fabrication; vous aviez disposé râtelier de manière à le rendre commode pour un concours de travaux, -r Il y a dans le mot apprêter une idée d'industrie et de recherche; dans le mot préparer, une idée de prévoyance et de diligence; dans le mot disposer^ une idée d'intelligence et d'ordre. (R.)

APPRÈTS..V. Appareil,

APPRIVOISÉ. V. Privé.

APPROBATEUR, APPROBATIF. Approbateur {fém. approbatrice) 05 1 un substantif qui ne se dit que des personnes; employé comme atijoctif, il ne se dit que des choses: « Geste approbateur. » Dans les tlcux cas, il signifie qui approuve ou a approuvé réellement, dans telle circonstance, au moment môme de Taction approuvée.

Âpprobatif ne se dit que des choses; il est toujours adjectif et il signifie qui a la propriété d'approuver (42, page 12). Un geste appro^^ hntif est donc un geste qui de sa nature a la propriété de marquer l'approbation, sans aucun rapport au temps. Un geste âpprobatif par lui-même, tel, par exemple, que celui de battre des mains, devient approbateur lorsqu'on le fait réellement pour applaudir quelqu'un.

APPROBATION, AGRÉMENT, CONSENTEMENT, PERMISSION, ADHÉSION. « Termes qui énoucent tous le concours de la volonté d'une seconde personne à l'égard de ce qui dépend de la volonté d'une première. Appt^obation est celui qui a le sens le plus général f il se rapporte également aux opinions de l'esprit et aux actes de la volonté^ et peut s'appliquer au présent, au passé et à l'avenir ». (B. )

Agrément, consentement et permission ne se rapportent qu'aux actes de la volonté; mais le premier peut s'appliquer aux trois circonstances du temps; tandis que consentement et permission ne se disent que relativement au présent ou à l'avenir. Vadhésion, acte de la volonté, s'applique à des choses présentes ou passées.

a Vapprobation dépend des lumières de Tesprit et suppose un exa« men préalable : la conduite d'un homme de bien est digne de Vapprobation et des éloges de ses concitoyens. — Vagrément, le consentement et la permission dépendent uniquement de la volonté et supposent intérêt ou autorité. Le consentement se demande aux personnes intéressées dans Tafiaire; la permission se donne par les supérieurs qui ont droit de régler la conduite ou de disposer des occupations. Il faut avoir Vagrément de ceux qui ont quelque autorité ou quelque inspecr ti(»i sur la chose dont il sagit. -^ Nul contrat sans le consentement des parties. Les moines ne peuvent sortir de leur couvent sans per* mission. On n'acquiert point charge à la Cour sans Vagrément du roi »>. (B. et G )

VadJiésioH est l'acte de la volonté par lecuiel non-seulement nous

approuvons les sentiments, les caprices, les opinions, les doctrines^ les desseins, les décisions, les traités faits par d'aoties; mais encore nous nous joignons à eux, nous devenons leurs adhérents, nous sommes de leur parti, nons les suivons, nous leur obéissons et nous les secondons au besoin.

APPROCHE (L'), LES APPROCHES. L'approche se dit des choses qui appochent, dont on approche, ou qui sont sur le point d'être présentes. Les approches se dit de plusieurs effets qui marquent la présence prochaine d'une chose : « Les approches de la mort ». On pent dire aussi Capivioche de la moit, lorsque Ton considère la mort abstraction faite des circonstances qui indiquent son approche. Vapproche a rapport à la chose même qui approche : les approches ont rapport aux circonstances qui indiquent rapproche, ( L. )

APPROFONDIR. V. Creuser.

APPROPRIER (S'), S'ARROGER, S'ATTRIBUER. C'est se faire, de son autorité privée, un droit quelconque , ou du moins y prétendre. — S^ approprier, se rendre propre y se faire une sorte de propriété , prendre pour soi ce qui ne nons appartenait pas. ^aiToger, requérir avec hauteur, prétendre avec insolence, s'attribuer avec dédain ce qui n'est pas dû, plus qu'il n'est dû : du latin rogare^ demander, requérir, ^attribuer, prétendre à une chose , se l'adjuger, se lappli qnei' de sa propre autorité : du latin tribuere, donner, accorder en partage. L'homme avide ^'ajapropric; l'homme vain s'arroge; l'homme jaloux ^attribue. L'intérêt fait qu'on s'approprie; l'audace qu'on t^ar* roge; l'amour-propre qu'on s'attribue. Antoine ^appropria les dépouilles de rOrient : les Romains ^arrogeaient insolemment le droit de dicter des lois aux peuple.? entre lesquels ils se plaçaient comme médiateurs : Cicéron i attribua l'honneur d'avoir sauvé sa patrie. — On s*attribue une invention, un ouvrage, un succès. On tf arroge des titres, des prérogatives, des prééminences. On s'approprie un champ, un effet, un meuble. (R.)

APPUI, SOUTIEN, SUPPORT. L'appui fortifie; on le met tout auprès , pour résister à l'impulsion des corps étrangers. Le soutien porte ; on le place au-dessous, pour empêcher de succomber sous le fardeau. Le support aide; il est à l'un des bouts pour servir de jambage. Une muraille est appuyée par des arcs-boutants. Une voûte est soutC' mie piar des colonnes. Le toit d'une maison est supporté par les gros murs. — Ce qui est violemment poussé, ou ce qui iienche trop, a besoin d'appuis. Ce qui est excessivement chargé, ou ce qui est trop lourd par soi-même, a besoin de soutiens. Les pièces d'une certaine étendue qui sont élevées, ont besoin de supports. Dans le sens figuré, Vappm a plus de rapport à la force et à l'autorité; le soutien en a plus au crédit et à lliabileté; le support en a davantage à l'affection et à l'amitié. (6.)

APRE. V. Acre.

APRÈS, PUIS, ENSUITE, Après, adverbe, et puis marquent une

A 1MIÉS£NT. 71

postériorité de position on de temps : « Vous irez devant et lui après. Partez et revenez après. Derrière lui était assis un tel, puis un tel. Ils se proposent d'aller à Orléans, à Blois, puis à Tours ». (Acad.) Ensmie ne s*emploie bien que pour marquer une postériorité de temps : « Tra^ vaillez d'abord, vous vous amuserez ensuite» (Id.).

Après signifie, littéralement, à près, à proximité: il présente donc l'objet ou laction postérieure comme peu éloignée de celle qui précède, et suppose néanmoins un intervalle f ntre les deux. Puis est le même que l'italien poi : il diffère d*après en ce qu'il n'exprime point une idéo de proximité, mais simplement d'ordre; si bien que pour rendre ces deux idées en même temps on dit quelquefois puis après : « Puis aprèi venaient les députés », etc.

Ensuite, c'est en suite, à la suite. On disait autrefois ensuite de pour à la suite de : « Ensuite de la promenade on alla souper» (La Fontaine); et Ton dit encore aujourd'hui ensuite de cela, ensuite de quoi (Acad.). Ainsi^ ensuite présente Faction comme suivant immédiatement la précédente, dont elle est en quelque sorte la suite.

A PRÉSENT, PRÉSENTEMENT, ACTUELLEMENT, MAINTE- NANT. A présent indique un temps présent plus ou moins étendu, par opposition à un autre temps plus ou moins éloigné, ou bien indéfini. Ainsi vous direz qu'en remontant aux époques tes plus reculées do l'histoire, vous trouverez l'usage des armoiries, ainsi que celui des monnaies, établi alors comme à présent. — Présentement désigne un présent plus borné, plus limité, plus circonscrit : il signifie à présent même, dans le moment, tout à l'heure, sous peu, sans délai, sans retard, exclusivement à tout autre temps qui ne serait pas plus on moins prochain. Une maison est à louer présentement, dans le temps même où l'écriteau est apposé, pour le terme présent. Vos préparatifs sont faits, il n'y a présentement qu'à partir; on part sans délai. — Actuellement exprime un temps encore plus précis et plus court,- le temps, le moment, l'instant où l'on parle, où l'uction se fait, où l'événement arrive. Ce mot s'applique fort proprement aux premiers temps, aux premiers commencements d'un changement, d'une révolution, d'un état nouveau, puisqu'il n'emporte que la durée d'un acte ou d'une action qui s* effectue. Un malade est actuellement hors de danger, au moment où le danger cesse. Il arrive actuellement beaucoup de vaisseaux dans un port que la paix, la liberté de la navigation et celle du commerce viennent d'ouvrir. Nous ne dirons pas qu'une monnaie a cours actuellement, si elle l'avait depuis un certain temps; il faut qu'elle commence à être autorisée et reçue dans le commerce. Vous vouliez, il y a un moment, faire une réforme dans votre maison; actuellement vous ne le vonlez pas. — Maintenant signifie littéralement pendant ((tion y tient la main, qu*on a les choses en main, qu'on est après. Il désigne donc la suite ou la continuation d'une chose, la liaison gq la transition d'une partie à une autre et fort élégamment, l'opposition, le

72 SYNONYMES. FRANC Aïs.

contraste de deux événements successifs, de deux objets relatifs l'un à l'autre. Ainsi un orateur indiqae; parle mot maintenant, le passage d'une division à une autre. « Nous venons déconsidérer le bçan côté de la médaille, voyons-en maintenant le revers. Tel est Tétat où sont maintenant les affaires ». C'est ainsi que ce mot doit être appliqué à la rigueur; mais il prend à tout moment la. place de ses divers sy no nymes. (R.)

APTITUDE, DISPOSITION, PENCHANT, PENTE, INCLINATION. PROPENSION. Aptitude, faculté qu'a naturellement une personne d*ètre propre à quelque chose. Cette faculté tient à l'esprit : c'est pourquoi aptitude ne se dit guère que relativement aux arts, aux lettres ou aux sciences.

Dispositions, au pluriel, se dit aussi de la faculté d'être propre à quelque chose, mais d'une faculté moindre que Vaptitude : les dispositions demandent à être cultivées; Vaptitude agit, se développe rt s'exerce d'elle-même. Ensuite, comme dispositions dit moins qu'aptitude, on peut employer ce mot en parlant d'études légères ou frivoles^ d'exercices du corps, tandis qTx*aptitude ne s'emploie bien qu'en parlant d'études sérieuses : ainsi l'on dit de quelqu'un qu'il a non pas do l'aptitude, mais des dispositions pour la danse.

Disposition au singulier et dans le sens moral, est synonyme de penchant, pente, inclination, propension. Ce mot éveille une idée d'arrangement, d'organisation : avoir certaine disposition à quelque chose c'est être disposé, organisé convenablement pour cette chose. Au moral, disposition ne s'emploie bien qu'avec un complément indirect exprimant une idée générale, comme disposition au bien, disposition au mal; on ne dirait pas : oCet enfant a une grande disposition au mensonge ».

« Le penchant, dit Roubaud, marque une forte impulsion, la penti une situation glissante, la propension un puissant attrait, l'inclination une sorte de goût ou une disposition favorable ».

La disposition morale est simplement un état : ce mot ne nous représente point comme ses synonymes le sujet agissant ou tendant vers l'objet. « Le penchant, plus ou moins fort, fait sortir l'àme de son équilibre et de son. indifférence, par des mouvements indélibérés qui la portent veis un objet : on y cède par faiblesse, on y résiste par une force qui nous pousse en sens contraire ou vers un autre objet. La pen^e, plus ou moins rapide, fait perdre l'équilibre; elle entraîne, ou l'on ne se retient qu'avec beaucoup d'efforts. Lapropefuton,plusou moins grand • eu violente, emporte l'àme séduite par la promesse du repos, du bonheur, d'une grande satisfaction ; on s'y abandonne, on ne la combat qu'à regret et avec de puissants secours. L'inclination plus ou moins agréable ou flatteuse, inspire le désir. qui sollicite la poursuite d'un objet; on la suit ou on la contrarie; et voilà pourquoi ce mot se preud vour affection, attachement, amour ». (R.)

auhacheiu 73

AR6UMEMTATEUR/.AR6UMENTÂNT. ArffnmefrtateuritLQ so ysmà qu'en mauvaise part, et se dit d'un homme qui aime, qui se plaît, qui cherche à argumenter. Argtimentant est un terme d'école désignant cekd qui argumente dans un acte puMic contre le répondant.

A RIDE 9 SEC. Une sécheresse constante cause V aridité; elle ai dé* tmit dans un terrain ariék la faculté de produire. Un terrain sec est momentanément privé d'humidité; la pluie on rarrosement peuvent lui rendre sa fertilité ordinaire.

Au figuré, aride se dit d'un sujet qui ptète peu, d'un esprit qui ne produit rien et d'une &me qui manqoe de sensihilSté. See signifie qui ^ dépourvu d'ornements ou d'agrément, de charme, de douceur : Esprit sec, style sec, auteur sec, narration sèche, ( Acad.)

ARME , ARMURE. L'arme est tout ce qui sert soit pour l'attaque, soit pour la défense : Varmure ne sert que pour la défense. « Ctest, dit Ronhaud, ou l'ensemble des armes d*un guerrier, ou Varme propre de telle ou telle partie du corps : ainsi le casque est Vûrtaure de la tête; le brassard, celle du bras ; le gantelet, celle de la main, etc. »

Varmure est donc nécessairement un objet travaillé, souvent méms elle est ornée (33, page 8) : l'arme peut n*ôtre qu'un oli^i non travaillé, une pierre, un bàton^ etc.

ARMES, ARMOIRIES. Armoiries est le mot propre de la chOGe; il désigne les signes héraldiques qui étaient peints ou figurés autrefois sur les armes, c*est4-âire sur le bouclier, sur l'écu, sur la cote-d*armes : De là remploi du mot arme» dai» le sens ^armoiries.

Armoiries convient seul, quand on parle de ces signes en gâiéral; on dit : « Le blason est la science des armoiries; et non des armes. Le mot awmes convieiit mieux, quand il s?agit d^'armoiries particulières : « Les armes de France; Les armes de CastiUe sont un château» (Acad.).

ARMURE. V. Arme.

AROMATE, PARFUM. Aromaie, du grec ardma, d'ord, je porte, j'élève, eto^mè, odeur, senteur. Parfum, formé de fum, fumée, vapeur, et de par, à travers, entièremmt. L'aromate est le corps d'o& s'élève une odeur : le parfum est la senteur qui s'élève d*un corps. Tel est le sens primitif de ce dernier mot, comme son acception commune; mais il 86 dit aussi du corps odorant, tandis qu'aromate ne se dit jamais de l'odeur même ou de la vapeur. Vvromate a un parfum on une senteur; et il est un pàrfiim ou im corps propre i parfumer. L'aromate exhale des vapeurs agréables ; le parfitM s'exhale ou il est exhalé. — Pris pour le coi^ même qui parfume, le parfum est à Varomaie comme le genre est à Tespèce. Tout aromate est ou {jeut être parfttm ; tout parfUm n'est pas aromate. Varomate appartient uniauement au règne végétal; les parfums sont tirés des différents règnes. (R.)

ARRACHER, RAVIR. Arracher, c'est tirer à soi et enlever avec violence, avec peine, un objet qui, retenu par un autre, se défend contre vos efforts. Aavtr, c'est prendre, enlever par un toi» de ibroe eu

MCT. DIS STKONtXES. 5

74 SYNOKYMiS FRANÇAIS.

d'adresse, un objet qui ne se défend pas ou qui est mal défendu. On arrache un arbre, une dent, un clou enfoncé dans un mur; on ravU des biens, une proie, des choses mal gardées. La première action est plus lente et plus \ic}ente; l'objet résiste : la seconde est plus prompte et plus subtile, comme cel/e de dérober; l'objet est en quelque sorte surpris. — Ces deux mots conservent parfaitement, au figuré, leur idés propre. L'importunité arrache im consentement, la subtilité le ravit. L'orateur pathétique m'arracAe des larmes; l'orateur sublime ravtt mon admiration : on se défend de pleurer plutôt que d'admirer. (R.)

ARRANGEMENT, ORDRE. Varrangement consiste dans les dispose tions qu'on fait ou qu'on a faites pour établir un certain ordre, l/ord^e est le résultat de Varrangement. ( L. )

ARRANGER. V. Ranger,

ARRÊT, ARRÊTÉ, JUGEMENT, SENTENCE. Arrêté n'est guère synonyme à^arrét, et il ne l'est point de jugement et de sentence. Ces trois derniers se disent des décisions des tribunaux ; arrêté ne se dit que d'une décision prise par un maire, un préfet ou toute autre autorité administrative.

V arrêt est la décision d'un tribunal supérieur, tel que la Cour de

cassation ou une Cour d*appel à laquelle on en a appelé. Le jugement

est la décision d'un tribunal de paix ou de première instance, d'une

^Cour d'assises, d'un tribunal de police correctionnelle, d'un tribunal de

commerce, qui a été appelé à se prononcer sur le fond de l'affaire.

Sentence se disait autrefois àxi jugement rendu par des juges inférieurs : aujourd'hui il n'est guère usité en jurisprudence ; mais, dit l'Académie, dans le langage ordinaire, il est souvent employé, particulièrement lorsqu'il s'agit d'un jugement qui prononce la . peine capitale.

ARROGANT. V. Rogue.

ARROGER (S'). V. Approprier (*').

ARROSAGE, ARROSEMENT. Action d'arroser. Varrosage est cette action faite en grand : L'arrosage des terres, des prairies, des ruer, aes promenades, Varroa^xment est l'action d'arroser une plante, une chambre, etc.

ei^WA '^î^'^^^^- ^t et artifice se disent d'abord des procédés ou moint l'exécution de quelque ouvrage, et de. l'habileté plus

siste dans P*^^® ^^^^ laquelle cet ouvrage a été fait. Mais Vart cony artifice ot»^ iV^^^®' ^^^ ** connaissance des règles et des moyens : estla théorie- rir/,'^ montrant dans l'exécution (23, page 8). Vart l^uvrier • iwl ^^^' Tintelligence, le savoir de l'artiste ou de

l'industrie PaHr ^^^ ^^ Pï'atique, Vartifice est dans l'ouvrage; c'est l^nvre. ' **^^sse, l'habileté de main de l'ouvrier manifestée par

dans ce semLtLT^'^î^ signifient ruse, fraude, déguisement ; mais "wre, art est relatif à la personne : c'est la manière dont

A'SILB. 75

Pesprit imagine et combine les moyens. L'artifice est relatif à l'exécution : c'est remploi des moyens conçus par Vari; c'est une action, une conduite artificieuse, des paroles artificieuses, un procédé plein ^arti» fice, etc.

Artifice s'emploie, dans le premier sens, en parlant des ouvrages d'espiit, du style ; et ici encore ce mot est relatif à l'œuvre, à Texécution : « V artifice de son style séduit ». ( Acad. )

ARTICULER. V. Proférer.

ARTIFICE. V. Art et adresse.

ARTISTE, ARTISAN, OUVRIER. L'artiste cultive un des arts libéraux; il est architecte, peintre, dessinateur, sculpteur, graveur, musicien, comédien, etc. L'artisan professe un art mécanique ; il est menuisier, serrurier, charpentier, peintre en bâtiments, maçon, etc.

On dit aussi artiste vétérinaire; et le mot artiste tend de nos jours i s'appliquer à toute personne qui exécute des ouvrages fins, délicats, élégants, qui exigent du goût et une certaine habileté de main : artiste en cheveux, artiste en fleurs artificielles, etc.

11 faut remarquer que le mot artisan s'emploie au figuré pour signifier celui qui est l'auteur, la cause de quelque chose.

Ouvrier diffère de son synonyme artisan en ce qu'il a un sens plus étendu. Artisan désigne une profession; Vartisan, nous l'avons déjà dit, est celui qui professe im art mécanique : ouvrier se dit de tout homme qui fait de l'ouvrage : Louis XVI était habile à la serrurerie ; c'était un bon ouvrier, ce n'était pas un artisan. Les gens employés aux travaux des champs sont des ouvriers et non des artisans ; ils n'exercent pas un art mécanique.

<c On se sert du mot ouvrier, lorsqu'on veut représenter les gens à l'cBuvre, surtout quand ils sont en nombre et de différentes classes. Ainsi TOUS avez à votre château beaucoup d'ouvriers, soit artisans, comme maçons, menuisiers; soit artistes, comme peintres, sculpteurs. Dans un atelier ou une boutique, le maître est plutôt Vartisan propre* ment dit ou par excellence ; les compagnons sont des ouvriers : les ouvriers travaillent pour le maître, Vartisan en chef travaille pour le public : celui-ci est une espèce d'entrepreneur; les autres sont des gens de journée ou à gages ». ( R. )

ASCENDANT. V. Pouvoir.

ASILE, REFUGE. Asile se disait proprement d'un lieu où les débiteurs et les criminels ne pouvaient être arrêtés : Les églises étaient autrefois des asiles. (Acad.) Ce mot se dit, par extension, de tout lieu où Ton se met à l'abri des poursuites de la justice, d'une persécution, d'un danger, etc. Il signifie aussi retraite, séjour, habitation ; et se dit figurément des personnes et des choses qui protègent, qui défendent : Vous êtes mon asile. La solitude est un asile contre les passions: (Acad.)

Refuge est formé du verbe latin fugere, fuir, et de la particule re, qui a un sens augmentatif (5, page 3). Le refuge est une retraite où

Ton se sauve dans im danger pressant et que l'on fiut. « Un port^ dit Roubaud, est en tout temps un asile : dans la tempête, c'est un refuge. Le voyageur égaré cherche un agile, et poursuivi, un refitge. L'asile ne se prend que pour une retraite honnête et respectahle^ et il n'en est pas de même du refuge. La solitude est un asile pour les contemplatifs : les brigands ont des refuges, comme les hètes féroces. Les réduits où s'assemblent des joueurs, des yagabonds, des ^inéants, s'appellent des refuges et non des asiles. »

ASPECT, VUE. Le mot vue est relatif au sujet; la vtie est le sens par lequel on voit. Le mot aspect est relatif à Tobjet que Ton voit; Yaspect est la manière dont cet objet se présente à la vue. De ma chambre j'ai la vue d'une petite cour qui offre un aspect fort triste.

« Au figuré, dit M. Guizot, une vue fausse tient à ce que l'oa voit mal les objets qui se présentent : un faux aspect tient à ce qu'ils se présentent mal. Un esprit faux et borné n'a que des vues fausses; la passion montre les choses sous de faux aspects. »

ASPIRER, PRÉTENDRE. Aspirer à une chose, c'est simplement la désirer: prétendre à une chose, c'est la vouloir, la revendiquer, ou espérer de l'obtenir en vertu d'un droit que l'on a ou que Ton croit avoir, yaspirais à un prix qui a été mis au concours ; mais ayant reconnu la supériorité de mes concurrents, je me retire, je ne prétends point à ce prix.

Le plus souvent on aspire en secret; mais on prétend toujours ou* vertement, on fait valoir ses prétentions. Prétendre à la main d'une jeune personne, c'est se croire digne de cette jeune personne et avoir quelques droits à devenir son mari.

ASSAILLIR, ATTAQUER. Assaillir dit autant qu'attaquer vivement: « Assaillir les ennemis dans leurs retranchements ». (Acad.) signifie donc les attaquer avec vigueur et promptitude. U signifie aussi, tant au propre qu'au figuré, attaquer subitement, à l'in^ro» viste: « L'orage nous assaillit». (Acad.) Assaillir est donc 1» terme propre lorsqu'il s'agit d'une attaque à laquelle on ne s'attend pas : hi Nous fûmes assaillis d'une grêle de pierres ». ( Id.) I ASSASSIN, MEURTRIER, HOMICIDE. Homicide est le terme gé- ||néral : ce mot signifie littéralement tueur et homme; il n'emporte avec lui aucune idée défavorahle : Vhomicide par imprudence n'est pas un criminel : l'homme qui tue son adversaire en duel est un homicide, mais il n'est ni un meurtrier ni un assassin, s'il s'est battu loyalement. Homicide se dit non-seulement de la personne , mais aussi <de l'action : Commettre un homicide involontaire, 1 Le meurtrier est celui qui, cédant à la colère, à la foreur, à une passion qui l'agitait et qui lui a 6té momentanément la raison, a commis un ^omtczc/^ avec violence. Un homme, dans une rixe, en lue un autre; c'est \m meurtrier. Gain fut le iw^tir/rier d'Abel: Idcménée le fut de son propre fils.

assemuleiu 77

L'assassin est celui qui attente , de dessein formé et de gueWapens à la Yie de quelqu*un. Vassassin se tient et agit dans Tombre : maitr<) de lui-même et ayant toute sa raison, il guette, surprend on attaque lâchement sa victime, ^ui est sans défense.

ASSEMBLÉE 4 COMPAGNIE, SOCIÉTÉ. Vassemblée est une réunion plus ou moins considérable de personnes qui se sont rendues à un même lieu dans un but spécial et déterminé, soit qu'il s'agisse d'un devoir à remplir ou d'intéi^ts communs à débattre, soit pour toute autre affaire sérieuse. La compagnie est la réunion accidentelle de plusieurs personnes pour le plaisir d'être ensemble, de converser, de jouer, de s'amuser, de se promener. Ce mot se dit aussi de ceux qui accompagnent une personne : tf. wi tel et sa compagnie; et de ceux qui sont en quelque sorte nos compagnons habituels : Les mauvaises •compagnies Font perdu.

La société, comme la compagnie, est une réunion de personnes pour le plaisir d'être ensemble: mais ce mot dit plus que compagnie; car il fait entendre que les personnes qui forment la société se réunissent habituellement, et qu'il j a une sorte d'association entre elles, à Texclusion d'autres personnes. Je puis accidentellement me trouver de la compagnie de quelqu'un sans faire partie de sa société, A Toccasion d'une fête ou de toute autre circonstance , il y a dans un salon une nombreuse compagnie de gens qui font partie de diverses sociétés.

ASSEMBLER, RASSEMBLER. Nous assemblons les personnes ou les choses qui ne sont pas éloignées de nous, que nous avons sous la main, que nous connaissons, que nous savons où trouver. Rassem^ hier suppose plus de peine, plus de difficultés; on rassemble^ par des actions continuées (5, page S), des personnes ou des choses éparses , éloignées les unes des autres , des choses que Ton est obligé de chercher pour les trouver. « On assemble ses amis, ses connaissances, dit Laveaux , lorsqu'ils sont tous dans le lieu où Ton est; on les rassemble, lorsqu^s sont épars dans différentes provinces, dans différents pa3rs. »

ASSEMBLER, JOINDRE, UNIR. Assembler des choses, c'est simplement les rapprocher les unes des autres. Joindre des objets à d'autres, c'est les ajouter pour qu*ils fassent partie de l'ensemble, ou bien c'est les placer conune ils doivent être relativement à d'autres pour former un tout. Unir des choses, c'est les attacher, les fixer de manière qu'elles tiennent les unes aux autres et ne fassent plus qu'un. Vous assemblez une certaine quantité de fleurs pour faire des bouquets : en faisant un de ces bouquets, vous joignez des œillets à des roses; vous unissez ensuite toutes ces fleurs en les attachant avec un lien.

Nous assemblons des personnes dans un lieu pour leur proposer de ^joindre à nous dans l'exécution d'un dessein, et nous tâchons d« les unir par des intérêts communs.

78 8TN0;«YMES FRANÇAIS.

ASSENTIMENT, CONSENTEMENT. Acte de l'esprit par lequel on coDforme sou sentiment à celui des autres. — Consentement signifie^ littéralement 4 sentiment, opinion partagée avec d*autres personnes (K, page 3) : Cesi une vérité démontrée par le consentement unanime des peuples. Il n'a guère cette signification que dans cette location , qm est du domaine de la philosophie; partout ailleurs il signiGe acquiescement à Tezécution de quelque chose, adhésion à la Tolonié de quelqu'un. Par le consentement donc, on veut avec (cum) d'autres personnes; on veut que ce qu'elles veulent se fasse.

Assentiment se dit de l'opération de l'esprit qui sent, qui connaît la vérité d'une proposition, et qui donne son adhésion à (ad, 10, page 5) cette proposition. «L*a«^en/zmen^, ditRoubaud, est l'acquiescement de l'esprit; il concerne la vérité des choses : le consentement est l'acquiescement de la volonté; il concerne la honte des choses.» De son côté, lAveaux fait remarquer que l'assentiment est libre et toujours sincère; tandis que le consentement est souvent forcé, et ne prouve pas toujours que l'on croie que la chose à laquelle on consent soit bonne. «On peut donner, dit-il, son consentement à une chose sans y donner son as» sentiment; c'est-à-dire qu'on peut, par quelques considérations particulières, consentir qu'elle se fasse, sans adopter les motifs qui engagent à la faire. »

Il faut remarquer cependant que assentiment signifie quelquefois acquiescement à un acte : «Je n'ai point donné mon assentiment à ce traité , à cette décision. Il ne l'a fait qu'avec Vassentiment de ses supérieurs. » ( Acad.) Dans ce sens , qui se rapproche beaucoup de celai de consentement, le mot assentiment suppose l'exercice d'une faculté de l'esprit , qui juge , plutôt qu'un acte de la volonté.

ASSERVIR. V. Soumettre.

ASSEZ, SUFFISAMMENT. Assez satisfait au désir; suffisamment, au besoin : le premier marque qu'on ne veut pas avoir davantage; le second, que l'on atout ce qui est nécessaire, ce qui suffit à l'usage ou à remploi. L'avare n'en a jamais assez : il désire, il veut toujours avoir. Le prodigue n'en a jamais suffisamment : il dépense plus qu'il n'a, ses ressources ne suffisent pas à ses besoins.

Le désir est en quelque sorte sans limites; le besoin est déterminé par l'usage, par l'emploi. C'est pourquoi assez exprime une quantité plus grande que suffisamment : ce qui fait assez peut être fort voisin du superflu; ce qui fait suffisamment n'est jamais que le nécessaire.

ASSIÉGER (au propre), INVESTIR, BLOQUER, il^^t^^er une place, c'est faire toutes les opérations qui ont pour but la prise de cette place : comme, par exemple, l'ouverture des tranchées, l'établissement des batteries de siège, etc. Investir \me place, c'est simplement la cerner , l'entourer de troupes , sans faire des travaux de siège : la bloquer, c'est en occuper seulement les avenues.

ASSIEGER (au figuré), OBSÉDER. Les personnes et les choses

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