AD MOINS
terme général servant à désigner ces sortes d'établissements, dont l'hôtel et l'hôtellerie n'étaient que des espèces : aujourdliai auberge njéveille plos que l'idée du pins infime de ces établissements.
Hôteilerie est un diminutif à'hôtel (22^ page 7) : ce mot est aujourd'hui fort peu usité; oq ne dit plus guère que auberge, et hâteL Ce dernier mot est un terme plus relevé que les autres; mais il se dit tiès - bien de petits établissements où on loge en garni des étudiants et géuéralement des personnes qui ne vivent pas dans leur méaage.
AD CAS QUE. V. Casque.
AUCUN. V. Nul,
AUDACE. V. Hardiesse.
AU DEMEURANT. V. Demeurant {au),
AU DEVANT <ALLER). V. Aller.
AUGMENTER. Y. Agrandir et Croître.
AUGURE, PRÉSAGE. VauQure n'est qu'une conjecture enfantée par notre imagination : le présage est un signe qui se montre ou que nous croyons voir dans l'objet. linMS présageons, les choses présagent, mais c'est nous seuls qui augurons.
« ha présage, dit Roubaud, annonce un événement de quelque nature qu'il soit; l'augure, un événement heureux ou malheureux. Le premier se rai^orte au fait; le second au succès. Le présage est particulièrement certain ou incertain; l'augure est bon ou mauvais : un *présage est de bon ou de mauvais augure ».
AU MOINS , DU MOINS. Au moins annonce une chose en moins; c^est le moins qu^on puisse faire; c'est l'action, l'état, la chose, restreints à un degré moindre ou à un moins grand nombre d'objets : « Si vous ne voulez pas être pour lui, au moins ne soyez pas contre » (Acad.) : c'est le moins que vous puissiez faire. «Tous les peuples le regardaient, sinon comme itur maître, au moins comme leur chef » ( Id. ) ; un chef est moins qu'un maître. « Vous voudriez entrer en composition et faire subsister le principe, au moins pour les justes » (Pascal) : le principe ne subsisterait pas pour tout le monde^ mais pour les justes seulement, pour un moins grand nombre de personnes.
Du fTiot»^ a presque le sens de toutefois, néanmoins, eu compensar tion : il annonce un équivalent, ou bien il rectifie l'assertion précédente en la remplaçant par une autre moins hardie ou plus juste, plus vraie, etc. « S'il n'est pas fort riche, du moins il a de quoi vivre honnêtement » (Acad.); c'est-à-dire, toutefois, néanmoins il a de quoi vivre, etc. « Si nous n'avons pas le plaisir de vous voir, faites du moins en sorte que nous ayons votre frère » : faites /mit compensation en sorte que, etc. « Et périssez du moins en rçi, s'il faut périr » (Racine); c'esl. une sorte de compensation, a Dans son perfide sang Mazaéi est plongé. Et du moins à demi mon bras vous a vengé » (Voltaire); encore cornpensat!Jû)n. « Ne pouvez-vous sans fausseté lui faire le sacrifice de quel-
qnes opinions inutiles^ on du moins ]es dissimuler?» (JrJ- Ronssean); c*esl une rectification de la proposition précédente.
Au moins signifie quelquefois sur toutes choses^ et sert à avertir celui à qui Ton parle de se souvenir particulièrement de ce qu'on lui dit: Au moins prenez-y garde^ c'est votre affaire ». ( Acad.)
AU RESTE. V. Demeurant {au).
AUSSI. V. Encore.
AUSTÈRE, SÉVÈRE, RIGOUREUX, RUDE. Vausterité est dans 'e caractère de la personne, et c'est pour cela qu'elle se montre sur ra figure, qu'elle est dans les mœurs, dans la manière de vivre, dan> les habitudes de cette personne. La vertu, la morale d'un homme austère seront aussi austères.
La ^^i;^n7^ tient moins au caractère qu'H la manière de penser et de sentir, et aux circonstances où Ton se trouve; voilà pourquoi la sévérité peut n'être qu'accidentelle : des personnes naturellement douces et bienveillantes sont obligées parfois d'être fort sévères dans leurs jugements, dans leurs paroles, dans le ton qu'elles prennent. Daillebrs, par cela même que Yaustérité constitue essentiellement le caractère de la personne, la rigidité qui en fait le fond est plus grande que celle qui entre dans la sévérité. Une personne auatère est plus inflesible qu'une personne sévère.
Le premier sens ^'austère est, suivant l'Académie, qui est rigourtntx pour le corps et qui mortifie les sens et l'esprit : religion austère, jeûne nustcre, pénitence austère, règle austère. On dit aussi règle sévère : on* dit également vertu sévère, morale sévère, mœurs sévères; mais il semble qu'une règle, une vertu, une morale et des mœurs austCres, ont quelque chose de plus rigoureux et de plus inflexible.
On est rigoureux par le trop grand scrupule avec lequel on applique les principes soit à son égard, soit à l'égard des autres. « Le mot rigueur, dit Roubaud, annonce la dureté, mais en outre une rudesse, une action qui blesse, quelque chose de f&cheux: c'est ainsi qu'une saison est rigoureuse. Au moral , ce terme répond bien à notre mot rto à-ric, strictement, sans rien passer, sans se rien céder, à la rigueur, avec la plus scrupuleuse exactitude. La rigueur est une roideur de jugement et de volonté, qui fait qu'on pousse le droit ou le pouvoir aussi loin qu'ils peuvent aller; qu'on prend toujours dans la sanction, sans aucun égard, le sens le plus strict et les peines les plus rudes, qu'on ne donne nul accès à la pitié, à la clémence, à l'indulgence, dans l'exercice de la justice. »
Hude signifie âpre, dur, fâcheux, pénible, rigide. On est rude par les manières, par les formes; une chose est i^de par sa forme, par sa manière d'être, qui est telle, qu'elle agit sur nos sens en nous affectant péniblement, désagréablement : au moral elle agit de même sur notre esprit. Rude, en parlant des choses, signifie aussi fort, violent, impé iueux : Une rude secousse; et il s'emploie dans ce sens au moral.
AVEMTUniEIU 87
Un juge a des mœurs austères; la loi qu'il applique et qui doit être one règle pour tous^ est sévère; le jugement qu'il prononce est rigoureux, c'est l'applicadon scrupuleuse du texte de la loi; la condamnation du coupable pourra être pour celui-ci une rude leçon.
Une expression sévère, l'est par l'idée qu*elle exprime relativement à l'objet auquel elle s'applique; une expression rigoureuse est celle qui rend très-exactement l'idée; une expression rude, l'est par sa forme, e'eslMire par les sons qui la composent et dont le concours affecte désagréablement l'oreille.
AU SURPLUS. V. Demeurant {au).
AUTEUR. V. Écrivain,
AUTHENTIQUE. V. Solennel.
AUTORITÉ. V. Pouvoir.
AU TRAVERS. V. Travers (à).
AUTREFOIS. V. Anciennenient.
AVANIE. V. Affront.
AVANTAGE. V. Utilité.
AVANTAGEUX. V. Glorieux.
AVARE, AVARICIEUX. Avare convient mieux, lorsqu'il s'agit de l'habitude et de la passion même de Tayarice : avaricieux se dit plus proprement, lorsqu'il n'est question que d'un acte ou d'un trait particulier de cette passion (44, page 13). Un homme qui ne donne jamais passe pour avare : celui qui manque à donner dans l'occasbn ou qui donne trop peu, s'attire l'épithète ô.*avaricieux. Vavare se refuse toutes choses : Yavaricieux ne se les donne qu'à demi. ~- Le tenne à'avare parait avoir plus de force et plus d'énergie pour exprimer la passion sordide et jalouse de posséder sans aucun dessein de faire lu^ge : celui d'avaricieux parait avoir plus de rapport à l'aversion mal placée de la dépense, lorsqu'il est nécessaire de s'en faire honneur (G.)
AVARE, INTÉRESSÉ. Un homme avare aime la possession, et ne ^t aucun usage de ce qu'il a : un homme intéressé aime le gain, et ne fait rien gratuitement. Vavare se prive de tout ce qui coûte : l'intéressé ne s'arrête guère à ce qui ne produit rien. Les avares ne savent ni donner ni dépenser : il y a des personnes qui, pour être intéressées, n'en sont pas moins prodigues; elles donnent libéralemenl à leurs plaisirs ce que l'avidité du gain leur fait acquérir. (G.)
AVENIR. V. Futur.
AVENTURE. V. Événement.
AVENTURIER, AVENTUREUX. Vaventurier court les aventures, c'est en quelque sorte sa profession, son métier (48, page 15). Vaven' tureux est plein de l'esprit d'aventures, il a le goût des aventures; c'est son caractère (44, page 13). 11 est naturellement hardi , entreprenant; et vienne l'occasion, il se fera aventurier : ce qui le distingue sortout c'est qu'il accorde beaucoup au hasard.
Dans sa fable Les deux aventuriers et le talisman, La Fontaine
a bien observé la nuance qui distingue ces deux mots. Le titre de la fable ludique deux coureurs d'ayentûrés ; récritéaiï placé au haut du poteau commence ainsi : Seigneur aventurier. ' I/un des aventuriers n'ose entreprendre l'aventure et traverser le torrent; il couvre sa couardise de longs raisonnements : l'autre, plus hardi, la tente; et, dit le fabuliste. Le raisonneur parti, Taventureux se lance, les yeuœ clos, à travers cette eau.
On dit également vie aventurière et vie aventureuse : la première est celle de l'homme qui court ou qui a couru de nombreuses aventures; la seconde est la vie de celui qui forme ou entrepi'end sans cesse des projets hasardeux. — Aventurier se dit souvent d'une personne qui est sans état et sans fortune, et qui vit d-intrigues.
AVÉRER. V. Vérifier.
AVERSION. V. Haine.
AVERTIR, INFORMER, PRÉVENIR, INSTRUIRE, FAIRE SA- VOIR, DONNER AVIS, kWSm.. Avertir, du \d!im advertere, signifie littéralement, tourner ou diriger l'attention de quelqu'un vers ou sur quelque chose qui l'intéresse (10, page 5). « Informer, dit l'abbé Girard, c'est avertir les personnes des événements qui peuvent être de quelque conséquence. Il renferme particulièrement, dans l'étendue de sonsens , une idée d'autorité à l'égard des personnes qu'on informe, et une idée de dépendance à l'égard de celles dont les faits sont Tobjet de rinformation ». En effet, un inférieur n'avertit pas son supérienr, il Vin forme, il a l'honneur de l'informer.
Prévenir, au contraire, semble indiquer une espèce de supériorité de la part du sujet : un maire prévient ses administrés ; un créancier prévient son débiteur qu'il le fera assigner en paiement; etc. En tous cas, prévenir suppose que la personne prévenue ô^evrai agir par suite de l'avis reçu , faire telle ou telle chose, prendre telle ou telle mesure, se conformer à ce qu'on lui prescrit, etc.
Instruire, c'est donner une connaissance exacte par un récit, un exposé ou un rapport suffisamment détaillé : Instruisez-/^ de ce que voHs voulez qv^il fasse, (Acad.)
Faire savoir et donner avis expriment simplement l'idée générale de faire connaître quelque chose à quelqu'un : par là et en lem* qualité de locutions composées, oes expressions sont plutôt l'explication des mots précédents que leurs synonymes. Faire savoir est la locution ordinaire : Faites^moi savoir de vos nouvelles. Je lui ai fait savoir comme la chose tétait passée, (Acad. ) Donner avis est plutôt un terme d'aflaires : un conmierçant dîonne à son correspondant avis de l'expédition de telle marchandise. On dit aussi en style de commerce aviser pour dotmer avis*
AVERTISSEMENT, AVIS, CONSEIL. Le but de l'avertissement est précisément d'instruire ou de réveiller l'attention; il se fait pour Bons apprendre certaines choses qu'on ne veut pas que nous igno-