‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 33 sur 163 · AXIOME · texte numérisé non relu

AXIOME

arec telle circonstance, dans un cas particulier ou particularisé. Vous avezpeme à faire la chose à laquelle vous répugnez. naturellement : vous avez de la peine à faire ce que vous ne faites qu'avec plus ou moins de difficulté. On a peine à croire ce que l'esprit rejette de luimédie; on a de la peine à croire ce qu'on ne se persuade pas aisénaent. Dans le premier cas, il y a une répugnance ou un préjugé à vaincre; dans le second vous trouvez des difficultés ou des embarras à lever. — Il en est de même des autres exemples que j'ai cités. Ainsi, en général, yaurai honte de choquer les bienséances ; ce sentiment est en moi : y ai de la honte à les voir choquer; c'est tel sentiment que j'éprouve à certain degré. Vous avez dessein de faire une entreprise; telle est la disposition de votre esprit. Vous avez le dessein de faire telle entreprise; c'est une résolution que vous avez formée. — En général, on a pitié dM. pauvre, horreur du crime, peur du mal, etc. En vertu de ce sentiment général, on a pitié d'un pauvre, horreur d'un crime, peur d'un mal particulier. Mais par le fait et selon les circonstances, on a pour un pauvre la pitié qu'il mérite, pour un crime Vhorreur qu'il inspire, pour un mal \2ipeur qu'il doit faire. (R.)

AVOIR PEUR. V. Craindre.

AXIOME, MAXIME, SENTENCE, APOPHTHEGME, APHORISME. Vaxzome est une proposition, une vérité capitale, principale, si évidente par elle-même, qu'elle captive par sa propre force et avec une autorité irréfragable, Tentendement bien disposé : c'est le flambeau de la science. La maxime est une proposition, une instruction importante, majeure, faite pour éclaîrcir et guider les hommes dans la carrière de la vie : c'est une grande règle de conduite. La sentence est une proposition, un enseignement court et frappant, qui, déduit de l'observation ou puisé dans le sens intime ou la conscience, nous apprend ce quMl faut faire, ou ce qui se passe dans la vie : c'est une espèce d'oracle. Vapophthegme est un dit mémorable, un trait remarquable, qui , parti d'une àme ou d'une tète énergique, fait sur nous une vive impression : c'est im éclat d'esprit, de raison , de sentiment. Vaphorisme est une notion, un enseignement doctrinal, qui expose ou résume en peu de mots, en préceptes, en abrégé, ce qu'il s'agit d'apprendre : c'est la substance d'une doctrine. — Nous rappellerons, pour exemple, quelques axiomes : un corps est impénétrable à un autre corps: ou bien deux choses égales à une troisième sont égales entre elles, Nous citerons également quelques maximes : Considérez la fin, enviiez le but. Connais-toi toi-même, c'est l'inscription du temple de Delphes. Les propositions suivantes peuvent être regardées comme der sentences : X.6 malheur est le grand maître de l'homme, ou, conmie dit l'adage grec : Ce qui vous nuit, vous instruit. Le trait suivant est rapporté i>sinni les apophthegmes : On demandait à Léonidas pourquoi les braves gens préfèrent l'honneur à la vie ! Parce qu'ils tiennent la vie de la ForiuTte, Vhonneur de la Vertu, La proposition suivante est un apho-

risme : Les maladies, selon la doctrine d'Hippocrate, *(m^ guéries pat la nature, et non par les remèdes ; et la vertu des remèdes càHsiste à gecmder la nature, (R.)

BABTL, BAVARDAGE, CAQUET, GAQUETERIE, GAQUETAGE. Le babil est une abondance excessive de paroles, sans autre but que le plaisir de parler : il étourdit par sa volubilité et sa continuité. Le bavardage est un flux de paroles qui prend sa source dans la sottise : il ennuie et fatigue par le vide de la pensée ou par son impertinence. Le caquet est une intempérance de paroles qui provient de la vaniié de Tesprit : il assomme par ses répétitions et son éclat. Caquet vient de caqueter, qid se dit, proprement, du bruit que fait la poule après qu'elle a pondu : nous disons que les pies et les perroquets caquettent.

Un enfant a du babil; un fat a du bavardage; les commères ont du caquet.

Caqueterie et caquetage expriment Tun et l'autre raction de caqueter. Au pluriel, caquets et caqueteries désignent des discours futiles ou des propos malins sur le compte d'autrui; mais il y a entre ces mots la différence du plus au moins : caqueteries signifie une pluralité, une note de caquets (22 , page 7 ), ou bien des caquets qui se font entendre, qui ne restent pas secrets.

Quant à caquetage, qui ne s'emploie pas au pluriel, c'est un ensemble de caquets (24, page 8). Ce mot est plus compréhensif que caqueterie, il dit encore plus : des caqueteries forment du caquetage et non des caquetages,

BABILLARD, BAVARD. Le babillard parle trop et dit des riens comme un enfant; le bavard en dit trop, et parle sans pudeur et sans égards comme un grand enfant. Il faut que le babillard parle : il faut que le bavard tienne le dé de la conversation. Le babillard est incommode; le bavard est fâcheux. — Le babillard a quelquefois de l'esprit; il plait, il amuse quelque temps : c*est un gazouillement agréable. Le bavard n'est pas sans sottise; il ne tarde pas à le prouver et à déplaire : c'est an moins un bourdonnement insupportable. H y a un joli babil : mais il n'y a qu'un sot bavardage. (R.)

BABILLER. V. Causer.

BABIOLE. V. Minutie.

BADIN. V. Folâtre.

BADINAGE, BADINERIE. Le mot badinage indique particulièrement la nature, le génie, l^sprit de l'action ou de la chose, ce qu'elle est en elle-même et dans son ensemble (24, page 8) : badinerie exprime plutôt un trait particulier de badinage décoché en passant, et Vesprit ou l'intention de la personne qui fait Taction ou la chose. Des

BANQUEllOUTE. 93

oadineries forraent un badinage et non des èadinages, La badinerie est nn trait de badinage sans conâéq[uence. (R.) BAFOUER. Y. Honnir.

BAGATELLE. V. Minutie.

BAISSER. \. Abaisser.

BALANCER) HÉSITER. Le doute, l'incertitude^ la prudence, font balancer; la crainte, la timidité^ la faiblesse, font hésiter. Dans le )>remier eas, on flo^ie incertain>on penche tantôt d'un côté, tantôt de l'autre; en un mot, on ne sait que faire : dans le second cas, on n^ose faire; on a bien pris une détermination, mais on n'a pas la force ou le courage de l'exécuter. L'homme sage, prudent, circonspect, bakmee: l'homme paresseux, mou, timide, défiant, lâche ou peureux, hésite.

BALBUTIER, BÉGAYER. BREDOUILLER. Balbutier, c'est ne parier que dn bout des lèvres, c'est laisser en quelque sorte tomber ses paroles en affaiblissant diverses articulations. Bégayer, c'est parler sans suite, en s*arrèiant à certaines articulations qu'on a de la peine à prononcer, et en répétant plusieurs fols, en remâchant celles qui les précèdent., Bredouiller, c'est rouler précipitamment les paroles ou les syllabes les unes sor les autres, et les confondre dans un bruit sourd; c'est parler avec volubilité et d'une manière peu distincte.

BALIVERNE, SORNETTE. Une baliverne est une chose de peu d'importance; ce mot s*emploie le plus souvent au pluriel pour signifier une occupation futile, un passe-temps puéril : S^ occuper de balivernes. (Acad.) Sornette ne s'emploie guère qu'an pluriel, et il signifie discours frivole, vide de sens et de raison : Il ne dit que des sornettes. (Acad.) Baliverne se dit aussi au singulier et au pluriel de propos tenus, de paroles émises; mais il fait entendre que œs propos consistent en des propositions qui, sans être déraisonnables et dépourvues de sens, n*ont cependant rien d'utile ou de vrai.

BALUSTRE, BALUSTRADE. Assemblage de petits piliers servant de clôture. Le balustre est un de ces piliers façonnés : la balustrade est une suite, une rangée de plusieurs balustres portant une tablette d'appui et servant d'ornement ou de clôture (21, page 7). Mais 6alustre se dit aussi dans le sens de balustrade pour désigner une clôture dans une église ou dans une chambre : « Le balustre d'autel; 1» balustre du lit du prince ». (Acad.) BANDE. V. Troupe.

BANNI. Y. Exilé. .

BANQUEROUTE, FAILLITE. La faillite est simplement l'état d'un commerçant qui a suspendu ses paiements : ce n'est ni un crime, ni nième un .délit. La banqueroute est une faillite avec des circonstances qui rendent le commerçant plus ou moins coupable, telles que des hTres mal tenus, des détournements de valeurs au détriment de ses créanciers, des pertes supposées, etc. Selon le plus ou molus de grabvite de ces circonstances, la banqueroute est simple ou elle est fraudu-

leuse : dans le premier cas, c'est un délit puni de la prison; dans le second, c*est un crime puni des travaux forcés.

BANQUET, FESTIN. Ces deux mots expriment l'un et l'autre un repas fait dans des circonstances extraordinaires et qui réunit un nombre plus ou moins grand de personnes. Banquet se dit d'un repas auquel prennent part des personnes en communauté d'opinions, de croyance, de vues, de desseins, d'intérêts, etc. Il peut d'ailleurs être sobre, modeste, sans appareil : « Le banquet des sept sages; le banquet des Girondins. Nous avons eu des banquets politiques où l'on parlait plus qu'on ne mangeait. »

Festin (du latin festa, feste, fête) éveille toujours une idée de somp« tuosité, soit par l'abondance et la délicatesse des mets, soit par l'édat et l'appareil qu'on y déploie : « Le festin de Balthazar. »

Les agapes des premiers chrétiens étaient en quelque sorte des banquets religieux. On pourrait dire que les repas en commun des Spar-^ tiates étaient des banquets civiques. Les uns et les autres étaient loin d'être des festins.

Le mot festin éveille si bien l'idée de délicatesse et d'abondance de mets, de pompe dans le service, qu'il peut s'employer ironiquement ou byperboliquement en ce sens. Dans La Fontaine, le rat des champs dit au rat de ville :

Ce n'est pas qoe je me pique De tous vos feUint de roi :

Mais rien ne vient m'interrompre, Je mange tout à loisir.

BARAGOUIN, BARAGOUINAGE. Le baragomn est un langage oo> rompu, une sorte de jargon qui se parle; on le dit même abusivement d'une langue étrangère que Ton n'entend pas. Le baragouinage est une manière vicieuse, embrouillée^ de parler ou de prononcer une langue, de façon à n'être pas compris de ceux qui font usage de cette langue : le français dans la bouche d'un homme qui embrouille les mots et les prononce mal, est pour nous un baragouinage^ mais ce n'est pas un baragouin.

BARBARIE, CRUAUTÉ, FÉROCITÉ. U barbarie vient de l'ignorance des hommes, du non-développement des facultés morales; elle a rapport aux mœurs, et par cette raison ne se dit que des personnes. La cmauté vient de la méchanceté, et la férocité^ du défaut complet de sensibilité : la première est dans le caractère; la seconde est plutôt un instinct et a quelque chose de naturellement sauvage : appliquée aux personnes, dit l'Académie, c'est une cruauté réfléchie et dans laquelle on semble se complaire. Cruauté et férocité se disent des hommes et des animaux ; cruel se dit même des choses.

On peut être barbare sans être cruel ni féroce. Les peuples qui faisaient des sacrifices humains étaient barbares. Les sauvages sont bat^ ôare« quand ils massacrent to*") leurs prisonniers: ils sont cruels*

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