DISCOURS
doit termiaer; et jprompi dans les ordres qa'on doit exécuter. (6.) DIRECTEMENT. Y. Drotï.
DISCERNEMENT, JUGEMENT. Le discernement regarde noD-seoiement la chose, mais enoore ses apparences, pour ne la pas confondre arec d'autres; c'est une connaissance qui distingue. Le jugement regarde la chose considérée en elle-même, pour en pénétrer le vrai; c'est une connaissance qui prononce. Le premier n'a pour objet que ce qu'il r a à savoir, et se borne aux choses présentes; il en démêle le Yiai et le faux, les {eifections et les défauts, les motifs et les prétextes. Le second s*attache encore à ce qu'il y a à faire, et pousse ses lumières jusque dans l'avenir; il sent le rapport et la ccmséquence des choses, en prévoit les suites et les effets. Enfin l'on peut dire du discernement^ qa'il est édaii'é, qu'il rend les idées justes, et empêche qu'on ne se trompe en donnant dans le faux ou dans le mauvais; et l'on peut dire ^^ jugement y qu'il est sage, qu'il rend la conduite prudente, et em^ pèche qu'on ne s'égare en donnant dans le travers ou dans le ridicule. — Lorsqu'il est question de choisir ou de juger de la bonté et de la beauté des objets, il faut s'en rapporter aux gens qui ont du discerne^ fif^ent. Lorsqu'il s'agit de faire quelque démarche, ou de se déterminer à prendre un parti, il Daiut suivre le conseil des personnes qui ont du jugement, — Qui n'a point de discernement est une béte. Qui manque tout à fait de jugement est un étourdi. (6.) DISCERNER. V. Distinguer.
DISCIPLE. V. Élève.
DISCONTINUER. V. Finir.
DISCORD, DISCOIU>E. Le discord est à la discorde ce que Vaccord ^st à la concorde. Discord n'est donc pas moins utile qa^accord; et le ditcord diffère de la discorde, comme Vaccord de la concorde. Le discord rompt Vaccord ou Tharmonie des cœurs, des volontés, des sentimeuts : la discorde détruit la concorde ou le concert et Vaccord de tous les cœurs, de toutes les volontés, de tous les sentiments. Vous ne personnifierez pas le discord comme la discorde, parce que ce mot-U u'exprime pas, comme celui-ci , un caractère de force, de consistance, <ie durée, d'empire, qui semble constiiaer une puissance. La discorde fôt un loDg et grand discord, — Il est impossible qu'il ne s'élève quel- <Iuefoi8 des discords entre les personnes qui s'aiment le plus : est-on longtemps à'accord avec soi-même? ( R.)
piSCOURS, HARANGUE, ORAISON. Le premier de ces mots est pris ici dans le sens particulier de discours oratoire; c'est le terme général désignant toute composition préparée ou improvisée sur un sujet quelconque, et qui est débitée ou doit être débitée par un orateur. La harangue est une sorte de discours prononcé dons une circonstance Particulière : le général Itarangue ses soldats; un orateur harangue un P^iace ou un haut personnage, au nom d'une assemblée, d'un corpf constitué, d'une corporation, etc.
196 STNONTIfES FAAKÇAIS.
Vùraisan est aussi une espèce particnUëre de discours: ce mot, dit rAcadémie^ ne s'emploie jamais en ce sens que dans le didactirme on en parlant des discours des anciens orateurs : « Les ùraUons de Démosthène, de Lysias^ dlsocrate^ de Gicéron ». Pour les ouvrages modernes, il n'est plus usité qu*en parlant de certains discours prononcés i b louange de morts, et <|u*on nomme oraisons fimèbres.
DISCRÉDITER. V. Décrier,
DISCRÉTION , RÉSERVE. Discrétion, de discemere, discerner : c'est cette sorte de discernement qui sert à régler nos actions et nos discours. C'est la science des égards et de la conduite ; il n'est jamais pris en mauvaise part, même l'excès. — La discrétion consiste non-seulemeut à garder votre propre secret et celui d'autrui; mais à ne dire, n'entendre et ne faire que ce quMl faut. Un zèle sans prudence n'est plus qu'indiscrétion; si Thomme discret ne trahit pas la vérité, souvent il ne la dit pas toute. La discrétion, en ce qui nous regarde personnellement, n'est que l'attention à nos intérêts, c'est esprit; elle est vertu quand elle est pour les autres. — Réserve, du latin reservare, rem servare, conserver la chose, mot à mot Tohserver, la garder en réserve ' c'est cette sorte de prudence qui ne vous- permet pas de vous éloigner, de dépasser le point où vous êtes. L'homme discret sait ce qu'il peut dire, Thomme réservé, ce qu'il doit taire. L*un discerne les objets, l'autre ne les perd pas de vue. — Discrétion fait que le plus souvent on se contient; réserve qu'on s'abstient. On peut être trop réservé; on ne peut guère être trop discret : il est plus facile d'être r^^erv^ que discret, de se taire que de ne dire que ce qu'il faut. (R.)
DISCULPER. V. Justifier,
DISCUTER. V. Débattre,
DISERT, ÉLOQUENT. Ces deux termes caractérisent également un discours d'apparat. Le discours disert est facile, clair, pur, élégant et même brillant; mais il est faible et sans feu : le discours éloquent est vif, animé, persuasif, touchant; il émeut, il élève r&me, il la maîtrise. — Ces épithètes se donnent également aux personnes et pour les mêmes raisons. Supposez à un homme disert du nerf dans l'expression, de l'élévation dans les pensées, de la chaleur dans les mouvements, vous en ferez un homme éloquent, (B.)
Quand M. Cureau de la Chambre, curé de Saint-Barthélémy, récitait un discours fait à loisir, on l'admirait froidement; il n'y était que disert : et quand il faisait un prêne sur-ie-charop, on était près d'eu venir aux larmes : il y était éloquent. (L'abbé d'Olivet.)
DISETTE. V. Famine.
DISGRACE. Y. Défaveur.
DISGRACIEUX. V. Malgracieux.
DISJOINDRE, DÉJOINDRE. Séparer des choses qui étaient Jointes. C'est ce que marquent les deux préfixes dis et d^ (8 et 7, page 4}^ mais dé indique une plus forte séparation et réveille même une idée de