‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 59 sur 163 · ÉLARGISSEMENT · texte numérisé non relu

ÉLARGISSEMENT

spectton marque proprement une qualité^ ou l'exeicioe d'une qualité du genre de la pnulence ; au lieu que les égards, les ménagements, les attentions, ne sont que des manières d'agir^ des sortes de soins ^ des procédés qui tendent à témoigner à quelqu'un des sentiments convenables et favorables, surtout la crainte de faire quelque chose qui lui déplaise (idée commune de ces synonymes). On a des égards, des ménagements, des attentions, de la considération et non de la circon' spection pour une personne. La circonspection est inspirée par la crainte de blesser ou d'offenser les personnes, ou qui pourraient vous nuire, ou à qui TOUS pourriez nuire; crainte désintéressée dans ce dernier cas. (B.)

N. B. L'abbé Girard et d'Alembert ont donné circonspection comme synonyme des autres mots. Roubaud prouve ici qu'il ne l'est pas, et fait observer en outre, avec raison, que circonspection serait bien plutôt synonyme de retenue.

ÉGAREMENT. Y. Délire.

ÉGARER (S*). V. Fourvoyer (se).

ÉGLISE. V. Temple.

ËHONTË. y. Impudent.

ÉLAGUER, ÉMONDER. Élaguer signifie proprement couper, retrancher ; émonder signifie nettoyer. Élaguer un arbre, c'est en retrancher les branches superflues et nuisibles, soit à son développement, soit à la nourriture des branches fécondes. Émonder un arbre, c'est le rendre propre et agréable à la vue par la soustraction de tout ce qui le gâte et le défigure, bois mort, chicot, mousse, etc. — On dit figurément élaguer un discours, un poôme, un ouvrage d'esprit, par la raison qu'il peut y avoir dans ces ouvrages des inutilités, des superfluités, une vaine surabondance qui en affaiblit ou en 6te le prii : mais on ne dit pas les émonder, par la raison qu'il ne s*agit pas de les rendre propres et nets. On àitémonder des graines et autres choses semblables, que l'on n'élague certainement pas, parce qu'il ne s*agit que de les monder, de les nettoyer, de les dépouiller de leur enveloppe et autres parties nuisibles ou inutiles pour Tobjet qu'on se propose. (R.)

ÉLAN, ÉLANCEMENT. Mouvement subit et affectueux de l'àme. Le mot élan exprime le mouvement intérieur, et le mot élancement dépeint ce même mouvement dans sa manifestation au dehors. L'Académie fait remarquer qu'élancement, mouvement de l'&me, n'est guère usité qu'au pluriel et dans cette locution : les élancements de fâme vers Dieu.

ÉLANCER (S'). V. Lancer (se).

ÉLARGISSEMENT, ÉLARGISSURE. Tous deux annoncent une augmentation de Jargenr, mais le premier a rapport & la largeur de l'espace, et le second & celle de la matière. — Ainsi élargissement se dit de tout ce qui devient plus spacieux , plus étendu en largeur ; d'un canal, d'une rivière, d'un cours, d'une promenade, d'un jardin^ d'une

maison, d'an chemin. Èlargissure se dit de ce qai est ajouté pour élargir^ et ne se dit qne des meubles et des vêtements^ d'un rideau, d'une portière, d'un drap, d'une chemiso, etc. (B.)

ÉLECTION, CHOIX. V. Choisir, élire.

ÉLÉMENT. V. Principe.

ÉLÉVATION. V. Hauteur.

ÉLÈVE, DISCIPLE, ÉCOLIER. Dans le dernier siècle, comme l'ont A>n8taté TEncyclopédie et Beauzée, écolier se disait de toute personne, quel que fût son &ge, qui recevait des leçons réglées ayant pour objet soit les lettres ou les sciences, soit même un art d'agrément tel que la musique, la danse ou Tescrîme. Élève s'entendait uniquement de celui qui recevait ou avait reçu des instructions plus détaillées pour pouvoir exercer ensuite la même profession, soit en la pratiquant, soit en renseignant. Quant au mot disciple, son acception était ce qu'elle est encore de nos jours. « Ce terme, dit Beauzée, ne suppose que des adhésions aux sentiments du maître, sans rien indiquer de la manière dont on en a pris connaissance. Newton et Descartes ont eu des disciples même après leur mort ».

Aujourd'hui écolier ne se dit guère que d'un enfant qui va à l'école primaire : le mot élève a pris toutes les autres significations du mot écolier. Le maître de musique, le maître de danse, le maître d'escrime, le maître d'école lui-même, tous disent mes élèves et non mes écoliers.

ÉLEVER, HAUSSER, EXHAUSSER. Élever a plusieurs significations (V. lev^r) : nous ne le prendrons d*abord ici que dans le sens de rendre plus haut, comme dans cette phrase : « Ce mur n'a que trois pieds, il faut Y élever encore de trois pieds ». (Acad.)

Hausser signifie aussi rendre plus haut : « Hausser une muraille; j'ai fait hausser ma maison; je l'ai haussée d'un étage ». {Id.) Mais élever exprime seulement l'augmentation de l'étendue dans le sens de la ligne verticale; tandis que hausser exprime cette augmentation dans toutes les dimensions, et éveille par conséquent une idée de plus gros volume, de plus grande masse. On élève de trois pieds une muraille, on la hausse d'une ou de plusieurs assises; on élève de cinq mètres une maison, on la hausse d'un étage.

Exhausser, c'est, dit l'Académie, élever plus haut. Peut-être serait-il plus exact de dire hausser plus haut, hausser encore; quoi qu'il en soit, ce mot ajoute, comme on le voit, à l'idée di élever ou hausser; on exhausse ce qui était déjà haut. Exhausser d'ailleurs ne se dit que d'édifices, de constructions dont ou augmente la hauteur, tandis qa'élecer et hausser se disent encore de tout objet que l'on place à un point pins haut, sans y rien ajouter. Dans ce sens, élever est le mot propre, lorsqu'on veut exprimer simplement l'idée du déplacement vertical d'un poi it, d'un objet, dans la direction de bas en haut; et hausser convient mieux, si l'on a particulièrement en vue la surface où 1« volmne de l'objet. Ou élève davantage un réverbère en le fixant à un point plus

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liaot qne celui où il était : nn marchand fait hausser l'enseigne qui était placée trop bas au-dessus de sa porte. On hausse un drapeau eu élevant les points d'attache.

Au figuré, élever et hausser s'emploient assez indifféremment dans beaucoup de cas : élever ou hausser le prix des denrées. Il faut excepter quelques locutions consacrées par Tusage* comme hausser le ton, élever la Yolx en faveur de quelqu'un.

ÉLEVER, LEVER. V. Lever,

ÉLIRE. V. Choisir.

ÉLITE (L'), LA FLEUR. Vélite (du latin eligere, choisir) est ce que le choix donne ou a donné de meilleur : la fleur est figurément ce qu'il y a de plus brillant, de plus fin, de plus délicat. Les qualités solides constituent Yélite; les qualités qui frappent la vue et qui plaisent, constituent la fleur. Des jeunes gens qui se distinguent par leur grande intelligence, Téléyation et la noblesse de leurs sentiments, leur Yaleut personnelle, etc., forment Yélite de la jeunesse; ceux qui brillent par leurs qualités extérieures, l'élégance de leurs manières et de leur tenue, leur politesse et leur amabilité, en sont la fleur.

ÉLOCUTION, DICTION, STYLE. É locution (en latin elocutio, eloqui, parler, s'exprimer ) désigne^ dans sa signification la plus étendue, l'expression des idées et des sentiments par la parole : ainsi l'on dit de quelqu'un qui parle avec facilité, qu'il a Vélocution facile. Dans un sens plus restreint, ce mot désigne la partie de la rhétorique qui traite de l'art d'écrire, de s'exprimer par écrit.

Diction (en latin dictio, de dicere, dire) s'entend de la manière de s'exprimer quant au choix des mots, à leur construction et à la correction grammaticale.

Style (en latin stylus, pointe ou poinçon pour écrire) ne se dit qu'au figuré et signifie manière bonne ou mauvaise d'écrire, d'exprimer par écrit les pensées et les sentiments. Le style est en quelque sorte Vélocution écrite.

Vélocution peut être facile, et en même temps la diction incorrecte, et le style clair ou obscur, concis ou prolixe, etc.

ÉLOGE, LOUANGE. Véloge est le témoignage avantageux que l'on rend au mérite, le suffrage qu'on lui donne, le jugement favorable qu'on en porte. La louange est Vhommage qu'on lui rend, l'honneur qu'on lui porte, le tribut qu'on lui paie dans ses discours. Véloge est la raison de la considération, de l'estime, de l'admiration qu'on a pour l'objet : la louange est l'expression, ou plutôt le cri de ces sentiments, ou de tout autre sentiment favorable. — On dit qu'une action fait Véloge d'une personne, ou que le récit de ces actions suffit à son éloge. Pourquoi? parce que nos œuvres déposent pour nous, attestent notre mérite, établissent nos droits. On ne dira pas qu'une action est la louange d'une personne, ou que ses actions suffisent à ses louanges. Pourquoi? parce que nos ao-

Slâ STNONTBIES FRANÇAIS.

tiens ne nous célèbrent pas^ et qu'elles ne sont pas des hommages qu'on nous rend. — Il est des cas malheureux où l'homme le plus modeste, le plus humble, est forcé de faire son propre éloge; il n'y en a point où l'on soit obligé de se donner des louanges. On fait son éloge par le simple récit et la justification de sa conduite : on se donne des louanges en parlant de soi avec ostentation, en se glorifiant. — On fait V éloge et non pas la louange d'une personne; on fait son éloge, comme on fait son histoire^ son apologie. On ne fait pas s& louange, parce que ce n'est proprement que l'expression de nos sentiments pour elle. La personne est le sujet de Véloge, elle n'est que l'objet de la louange, — On donne également des éloges et des louanges j et alors les idées de ces termes se rapprochent l'une de Tautre. Les éloges sont des traits particuliers d'éloge; on donne alors des témoignages particuliers d'un certain genre de mérite. Les louanges parent, embellissent, étendent, enflent les éloges. La vérité, l'équité donne des éloges; l'enthousiasme, l'emphase donne des louanges. — Véloge consacre des faits^ la louange exalte les personnes. — Nous ne donnons à Dieu ni éloges ni louanges. Louer Dieu, c'est le bénir et le glorifier; et quand nous disons louange à Dieu, louange signifie honneur, gloire, bénédiction. (R.)

ÉLOGE, PANÉGYRIQUE, ORAISON FUNÈBRE. Discours oratoire composé à la louange de quelqu'un. Éloge est le terme général; c'est le nom du genre dont le panégyrique et Voraison funèbre sont des espèces.

Panégyrique se dit : 1» d'un discours composé ou prononcé par un écrivain de l'antiquité à la louange d'une personne illustre, tel est le panégyrique de Trajan composé par Pline le jeune; 2« d'un discours de la chaire consacré à la louange d'un saint : « Le panégyrique de saint Louis par Bourdaloue ».

« VOraison funèbre est une sorte de panégyrique d'un mort qui s'est illustré par ses vertus et par ses belles actions. L'usage de ces discours remonte à une antiquité fort reculée, et se retrouve même chez les peuplades à demi sauvages. Chez nous Voraison funèbre est réservée aux personnes de haute naissance on qui ont rempli de hauts emplois; Bile fait partie de l'éloquence sacrée, parce qu'elle doit toujours renfermer un enseignement religieux : sans ce dernier caractère ce serait, non plus une oraison funèbre, mais un éloge. » (M. Guérard> Cours de composition française.)

ÉLOIGNÉ , LOINTAIN. Éloigné exprime la situation d'un point à une grande distance d'un autre, soit dans l'espace, soit dans la durée : « Une ville éloignée d'une autre ; ceci se passait à une époque fort tfoi- ^n^ede nous. » Il s'emploie aussi au figuré : « Ce récit est fort éloigné de la vérité; cela est fort éloigné de ma pensée ». ( Acad.)

Lointain n'exprime jamais qu'une idée de position locale : c'est pourquoi il ne se dit que des pays, des climats, des régions, des peuples;

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