‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 58 sur 163 · ÉGALER · texte numérisé non relu

ÉGALER

raisonneinent conjectnral, et la seconde an raisonnement rigoureux.»

EFFECTUER. V. Réaiiser.

EFFET (EN). V. Effectivement.

EFFORCER (S'), TACHER. STefforcer, c'est employer tontes ses forces pour venir à bout de c[uelque chose; tâcher, c'est imaginer et employer divers moyens pour venir à bout de quelque chose. — Celui qui 9* efforce tire tout de lui-même; celui qui iàche emploie tous les moyens étrangers dont il s'avise. Le premier ne songe qu'à ses forces et travaille à leur donner le degré de puissance et d'énergie propre à le faire réussir; le second n'a en vue que le succès , et emploie tout ce qui peut y conduire. — Quand je JSi* efforce de soulever une pierre, je n*emploie pour le faire que mes propres forces; quand je t&che de l'enlever^ j'emploie autre chose que mes propres forces, tels que les leviers^ les cordes, les poulies, etc. -— Au figuré, la différence est la même. Je Wl efforce de détruire mes inclinations en employant toutes les forces de mon ^e pour leur résister : je tûche de détruire mes mauvaises inclinations en réfléchissant fréquemment sur leurs suites funestes, en évitant les occasions de m'y livrer. — Partout où il est question des forces du corps ou de Tàme^ ^efforcer est employé à propos; partout où il est question d'autres moyens , c'est tâcher qu'il faut employer. On ^efforce de résister à ses passions; on tûche de leur donner le change. Un prince tâche par des négociations de faire valoir ses droits sur une province : s'il ne réussit pas par ce moyen, il ^efforce de les faire triompher par la force des armes. (L.)

EFFORCER (S') A ou DE. Roubâud dit que s'efforcer est dans le môme cas que tâcher (V. Tâcher à ou de): je vois au contraire dans le dictionnaire de l'Académie que ^efforcer fait exception à la règle générale. Qu'il s'agisse d'un but à atteindre ou de l'exécution de l'acte actuel, l'Académie dit également s'efforcer de : « S^ efforcer de paiTenir; efforcez-vous de lui plaire; s'efforcer de soulever un fardeau ». Nos bons auteurs disent de même.

On ne dit s*efforcer à que dans le sens de ne pas assez ménager ses forces en faisant quelque chose : « Ne vous efforcez pas à parler » (Acad.), c'est-à-dire en parlant.

EFFRAYANT. V. Affreux.

EFFROI, y. Appréhension.

EFFRONTÉ. V. Impudent.

EFFRONTERIE. V. Hardiesse.

EFFROYABLE. V. Affreux.

EFFUSION. V. Èpanchement.

ÉGALER, ÉGALISER. Rendie égal. — C'est seulement dans ce sens que ces deux mots sont synonymes, et quand il s'agit de choses ^. Ou

1 . Égaliser ne se dit que des choses : égaler se dit des personnes et des choses : fl La mort égale tous les hbmmes. Ce prince égale Alexandre. Rien n'égale sa beauté ■• (Acad.)

210 SYNO.NYMES FRANÇAIS.

dit égaler les parts, les portions (Acad.) ; c'est-à-dire les rendre égales; et égaliser les lots d'un partage (Id.); c'est-à-dire encore^ les rendre égaux. La seule différence ({u'il paraisse y aroir, c'est qu'égaliser convient mieux lorsqu'il s'agit de choses d'une certaine importance ou qui demandent de l'attention. « Égaliser, dit Roubaud, exprime riotention, un soin particulier, un travail, le travail propre de faire disparaître les inégalités notables d'une chose, et particulièrement celui d'établir l'égalité entre deux choses qui sont faites pour être égales, et qui ne Tétaient pas. » On dira en effet à un ouvrier : « Il faut égaliser ces deux tringles, ces deux baguettes » et non il faut les égaler.

Égaliser signifie en outre rendre uni, rendre plan : a Égaliser un terrain, un chemin ». (Acad.)

ÉGARDS, MÉNAGEMENTS, ATTENTIONS, CONSIDÉRATION, CIR- CONSPECTION. Égard est de la même famille que regard, comme l'Académie Ta observé. L'égard consiste proprement à regarder les personnes sous certains aspects ou certains rapports, à regarder à la manière dont il convient de les traiter, à garder dans nos actions et dans nos procédés les mesures que la raison, Téquité, la bienséance, les convenances, nous prescrivent envers elles, à certains égards. Ainsi, par exemple, en considération de la pauvreté ou de Tinfortune de quelqu'un, nous aurons pour lui des égards, et nous nous relâcherons de nos droits rigoureux contre lui. — I/idée de ménagement est de faire moins (minus agere) qu'on ne pourrait; d'épargner, d'en user avec modération, réserve et retenue. Nous ménageons les personnes comme nous ménageons nos biens. Nous usons de ménagements dans nos procédés, comme de ménage dans nos dépenses, en épargnant, en nous modérant, en nous contenant. Nous traitons les personnes avec ménagement comme nous manions avec ménagement les objets ou fragiles ou dangereux '. Attention exprime l'action et l'effort d'un esprit tendu à, vers un but, un objet. Les attentions sont des marques et des témoignages de l'attention particulière que Ton fait aux personnes dont on est occupé : elles consistent dans des soins officieux qui leur prouvent Tenvie de leur procurer des agréments ou des avantages, de contribuer à leur satisfaction, de leur plaire et cle leur inspirer des sentiments favoralles. Les attentions sont l'effet de Tempressement et du zèle. (R.) La considération naît des relations personnelles et se trouve particulièrement dans la manière de traiter avec les gens, pour témoigner, dans différentes occasions qui se présentent, la distinction ou le cas qu'on en fait; elle est une suite de l'estime ou du devoir. (G.)

La considération est inspirée non seulement par un seniimcnt d justice rendue au mérite, au talent, à la vertu ; mais encore par loii •entiment d'honnêteté, et par les convenances sociales. — Circon^

i. On Hse de ménogemeniê pour éviter de choquer,' de faire de la peine on pour Dblenii quelque avantage.

Page 1