EMPREINDRE
iVcmpttY ^, page 3). Vous emplissez tout de suite une bouteille do
vin ; un étang se remplit d'eau par des crues successives. — Emplir
se prend ordinairement à la rigueur, de manière que le vase n*est
empli que quand il n'y reste point de vide. Remplir se prend souvent
dans un sens très-relàché,pour marquer rabondance ou la multitude.
— 11 semble qn* emplir se dise proprement des vases, des vaisseaux,
des choses destinées à contenir de. certaines matières. Remplir se dit
indifférenmient de toute pkcç occupée par la multitude ou par la
quantité. Vous emplissez une cruche d'eau, un verre de vin, vos pocbes
de fruits; vous remplissez une rue de gravois, une basse-cour de
fumier, un pays de mendiants. — Dans le sens figuré, on dit commu*
nément remplir : on remplit une charge, un emploi. ( R.)
EMPLOI. V. Office.
EMPLOYÉ. V. Commis,
EMPLOYER. V. User.
EMPORTÉ. V. Violent
EMPORTEMENT, COLÈRE. V. Co(ëre.
EMPORTER, REMPORTER. Ces verbes sont synonymes dans les iccutions emporter ou remporter le prix, c'est-à-dire l'obtenir.
Emporter le prix, c'est obtenir une récompense, un honneur quelconque, que Ton ambitionnait. Remporter le prix, c'est obtenir tet prix, la récompense la couronne qui était mise au concours. La Fontaine dit à M. le Dauphin, en lui dédiant ses fables, qu'il emporterait le prix de son travail, s'il parvenait à lui plaire; mais qu'il aura du moins l'boaneur de l'avoir entrepris. Le Cid, vainqueur de don Sanche, remporte le prix du combat, et ce prix est Chimène » ( R.)
En résumé, on remporte un prix qui est disputé, ce qui suppose luttCf efforts (5, page 3); on emporte celui qui ne l'est pas.
EMPREINDRE, IMPRIMER. Empreindre signifie imprimer, par l'application d'un coi^s sur un autre, la figure, l'image, les traits sensibles de ce corps : vous imprimez un mouvement à un corps, des sensations à im être animé, des leçons dans l'àme, etc., toutes choses que vous ne sauriez rigoureusement empreindre, car elles n'ont pas de figure. Pour empreindre, il faut imprimet^ de manière que ^impression laisse l'empreinte ou l'image de la chose. — On imprime donc difi'érentes choses de différentes manières ; mais les figures ou les formes seules sont empreintes avec des sceaux,des cachets, des marteaux, des estampilles, etc., ou par les corps mêmes figurés de manière qu'on y reconnaît ces corps. En marchant, vous imprimez un mouvement à l'air; vos pas restent empreints sur la terre. Un ouvrage est imprimé et non empreint; car un ouvrage n'a pas une figure : mais les caractères d'imprimerie restent empreints sur le papier. — Dieu imprime en nous des principes d'ordre, de justice, de bienfaisance : son doigt est empreint sur toutes ses œuvres; son image l'est sur l'homme. — Empreindre désigne, au figuré, le caractère, les traits distinctifs, des signes manifestes de l£
DICT. DES STNOKTMEf. 43
chose que Ton suppose empreinte. Uempreinte se prend aussi quelquefois figurément pour une simple impression, mais profonde. Vimpression peut être plus ou moins légère et peu sensible : Tempreinte est toujours plus ou moins forte et durable. Ainsi, en parlant des io pressions profondes que la nature ou les habitudes font sur rame, on dit que le sentiment du bien est naturellement empreint (gravé) dans notre cœur, ou que les préjugés de Tenfance restent profondément empreints dans notre esprit. (R.)
EMPRESSEMENT, ZÈLE.Empressement, action d'une personne qui B*empresse,dit l'Académie; mouvement quese doone celui qui recherche une chose avec ardeur. Zèle, affection vive, ardente,pour le maintien ou le secours de quelque chose, pour les intérêts de quelqu'un.
Ainsi Vempressement est un acte extérieur; le zèU est une affection intérieure, un sentiment. Celui-ci part du cœur; Vempresse» ment ne vient le plus souvent que du caractère, ou n'est qu'une simple politesse.
« L'empressement n'est que l'effet ou l'apparence du «éfe; l'effet, quand il dérive du ce sentiment; l'apparence, lorsqu'il n« vient que de l'éducation ou du caractère. L'empressement sans s^/e tient souvent de la flatterie et de la bassesse. Le zèle est un sentiment noble, parce qu il est désintéressé. On a de Vempressement pour un vieillard doot on veut hériter : on a du zèl'i pour une personne dont on veut procurer l'avancement, dont on veut faire le bonheur. » (L.)
ÉMULATEUR. V. É,nule.
ÉMULATION, JALOUSIE. V. Jalousie.
ÉMULATION, RIVALITÉ. Vémulation ne déslcrne que la concurrence, et la rivalité dénote le conflit. Il y a émulation^ quand on court \a même carrière ; et rivalité y quand les intérêts se combattent. Deux émules vont ensemble ; deux rivaux, Tun contre l'autre. — L'émula^ Hon est un sentiment vif qui vous porte & faire de généreux efforts pour surpasser^ égaler, ou même suivre de près ceux qui font quelque chose d'honnête : la rivalité est un sentiment jaloux qui nous porte k faire tous nos efforts pour l'emporter, de quelque manière que ce soit, sur ceux qui poursuivent le même objet. Deux nobles coursiers qui s'efforcent de gagner le prix de vitesse, voilà l'emblème de l'^mulation; deux animaux chasseurs qui se disputent une proie, voilà Temblème de la rivalité. — Les talents inspirent VémulaUon; et les prétentions, la rivalité. (R.)
^ ÉMULE, ÉMULATEUR. Vémule est actuellement un concurrent , Vémulaieur, animé par rémulation, s'efforce par ses actes de devenir Vémule de celui qui lui est supérieur. « Vémule, dit Roubaud, est actuellement ce que Vémulateur voudrait être. Votre émule marche en concurrence avec vous ; votre émulateur marche sur vos traces. »
EN, DANS. Lorsqu'il s'apitdu lieu, dans a un sens précis et défini qui ïait entendre Qu'une chose contient ou renferme l'autre, et marqua