ENCORE
«in rapport ou dedaus au dehors : on est da7is la chamhre, dans la maison, datis la ville, dans le royaume, quand un n'en est pas sorti ou qu'on y est rentré. E?i a un sens vague et indéfini, qui indique seulement en général où Ton est, et marque un rapport du lieu où l on se trouve à un autre où Ton pourrait être : on est en ville, lorsqu'on n est pas à sa maison ; en province, quand on a quitté Paris. On met en prison, et Ton metcfanslescachots.— Lorsqu'il est question du temps, dans marque plus particulièrement celui où l'on exécute les choses, el en marque plus proprement celui qu'on emploie à les exécuter. La mort arrive dans le moment qu'on y pense le moins, et l'on passe en un instant de ce monde à l'autre. — Lorsque ces mots sont em* ployés pour indiquer l'état ou la qualification, dans est ordinairement d'usage pour le sens particularisé^ et en pour le sens général. Ainsi l'on dit vivre dans une entière liberté, être dajis une fureur eitrèmo, tomber dans une profonde léthargie; mais on dit, vivre en liberté, être en fureur, tomber en léthargie. (G.)
EN CAS QUE. V. Cas que {au).
ENCEINDRE. V. Entourer.
ENCHAINEMENT. ENCHAINURE. «Liaison de choses qui, dépendantes les unes des autres, forment une chaîne ou une sorte de chaîne. » (Roubaud.) — Enchaînement ne se dit guère qu*au figuré, et il signifie liaison ou suite de plusieurs choses de même nature, de môme qualité, ou de choses qui ont entre elles certains rapports : « Un enchaînement de malheurs; un enchaînement de causes et d'effets». (Acad.) Enchainure ne se dit qu*au propre et en parlant des ouvrages de l'art (23, page 8).
<f Les rapports que les sciences ont entre elles forment leur enchaî^ nement; ils les enchaînent ensemble : la disposition même des anneaux qui entrent les uns dans les autres est leur enchainure même; tel est l'état de la chose enchaînée. » (R. )
ENCHANTEMENT. V. Chat^me.
ENCHANTER. V. Charmer.
ENCHÉRIR, RENCHÉRIR. Augmenter de prix, de valeur, de force. Au figuré, ajouter à ce qu'un autre a fuit.
Retichérir, c'est enchérir de nouveau, beaucoup ou encore plus |5, page 8): une marchandise avait enchéri, elle renchérit encore.
ENCLORE. V. Entourer.
ENCORE, AUSSI. Encore a, plus de rapport au nombre ei à la quantité; sa propre énergie est d'ajouter et d'augmenter : quand il n'y en a pas assez, il en faut encore. « Non-seulement il est libéral, mais encore il est prodigue. » (Acad. ) — Aussi tient davantage de la similitude et de la comparaison; sa valeur particulière est de marquer de la conformité et de l'ôgalité dans les choses. Lorsque le corps est malad?, l'esprit Test aussi; ce n'est pas seulement à Paris quil y a do la politesse, on en txouve aussi dans la province. (G.)
ENCOURAGER. V. Exciter,
EN DÉFINITIVE. V. Définitivement,
ENDROIT. \.Lieu
ENDURANT, PATIENT. Enduisant, qui endure, qui souffre a^ec constance des duretés, des injures, des outrages, des contradictions, des persécutions de la part des hommes. Patient, qui jod/i<,qui souffre avec modération, avec douceur, sans agitation, sans murmure, quelque genre de peine que ce soit. Patient est le genre, endurant est Tespèce. — 11 y a des personnes irës-patientes à l'égard des maux qui leur arrivent par le cours de la nature, et fonrt mal endurantes à rég(ûni do ceux qui leur viennent de h main des hommes. La nature est sur nous, il faut bien nous résigner : les hommes sont nos frères; s'ils nous blessent, ils blessent ou notre cœur ou notre amour -propre. — Job qni^ dans les plus terribles angoisses chante les louanges de Dîeu^ est patient. David qui, entendant les malédictions de Séméi, défend qu'on le punisse, est endurant, (R.)
On est souvent endurant par faiblesse, par crainte, par nécessité de position : on est toujours patient par raison, par modération, par longanimité, par vertu.
ENDURCIR. V. Durcir,
ENDURER. V. Souffrir,
EN EFFET. V. Effectivement,
ÉNERGIE, FORCE. La force est la puissance, la faculté d*agir, de produire un effet : Vénergie, en grec energeia (de en, dans, et ergon, ouvrage), est, dit l'Académie, la force, la vertu, la puissance agissante.
La force est dans la nature de la personne ou de la chose, et elle peut y rester à l'état latent. Vénergie est dans l'acte ou Faction, dans la manière dont la force agit, produit un effet : la môme force agit avec plus ou moins d'énergie, suivant les circonstances. Une personne moralement forte f c'est-à-dire qui a de la force d'àme, peut montrer cette force S3iûs agir, comme par exemple, lorsqu'elle supporte stoïquement une grande infortune : ce n'est qu'en agissant, en manifestait au dehors la force active, qu'elle pourra montrer de Vénergie,
Énergie dit plus que force : non pas, comme le prétend Laveaux, parce que sansVéhergie la force serait nulle, ce qui est évidemment faux; mais parce que Vénergie est la force agissante, la faculté, la puissance > se manifestant à un très-haut degré dans l'œuvre, dans l'action, dans l'effet produit, et qu'en toute chose, c'est l'effet ou le résultat qui nous fï'appe le plus.
Les deux mots se disent en littérature et dans les arts, de l'expression des pensées ou des sentiments; et alors la nuance est encore la môme. La force est dans la chose môme, dans le fond : Vénergie est dans l'œuvre, dans la forme, c'est-à-dire dans la manière dont les pensées ou les sentiments sont rendus. C'est ce que reconnaît parfaite- ' ment I«aveaux en se combattant lui-même : a La force d'un ralsoDu^
ENFIN. 2iJ
«nent, dit-il, existe dans le raisonnement même, iodêpendamment de la manière dont il est présenté, de la vivacité avec laquelle il est exprimé. Mais on dit V énergie des expressions, et Ton entend par là, la manière plus ou nioins vive avec laquelle les idées et les sentiments sont rendus par les expressions. Un style fort est un style où les idées sont enchaînées de manière qu'elles entraînent la conviction :« Un style énergique est celui où les idées et les sentiments «ont peints de la manière la plus propre à faire impression ». EN FACE. V. Vis-^-vis.
ENFANT, PUÉRIL. On applique la qualification d'enfant aux personnes, et celle de puéril à lenrs discours ou à leurs actions. Ainsi l'on dirait d'un homme qu'il est enfant, et que tout ce qu'il dit est puéril. Le premier de ces mots désigne dans l'esprit un défaut de maturité; et le second, un défaut d'élévation. Un discours d* enfant est un discours qui n'a point de raison : un discours puéril est un discours qui n'a point de noblesse. Une conduite à*enfant est une conduite sans réflexion, qui fait qu'on s'amuse à des bagatelles, faute de connaître le solide : une conduite puérile est une conduite sans goût qui fait qu'on donne dans le petit, faute d'avoir des sentiments. (6.) ENFANTILLAGE, PUÉRILITÉ. Ces deux mots ne se disent que des actions ou des discours d*enfant , qu'on peut reprocher à des personnes qui ne sont plus dans l'âge de Fenfance. — Enfantillage a plus de rapport aux actions; puérilité ea a davantage aux discours. On dit faire des enfantillages et dire des puérilités. Un jeune homme qui s'amuse comme un enfant avec des joujoux, qui fait des hadineries comme un enfant, fait des enfantillages. Un jeune homme qui, comme les enfants, tient des propos sans suite, sans raison, sans utilité, dit des puérilités. (L.) ENFERMER, FERMER. Y. Fermer.
ENFERMER^ RENFERMER. Renfet^mer, dit TAcadémie, c'est enfermer de nouveau : dans ce cas le préfixe re a un sens itératif (5, page 8). Mais il a ordinairement un sens augmcutalif :en effet renfermer se dit d'une clôture plus étroite que celle qui ne fait qa^enfermer. Ce dernier verbe signifie simplement mettre dans un lieu clos, ou , en parlant des personnes, ne pas laisser libre de sortir : renfermer marque plus de crainte que la chose ne soit enlevée ou que la personne ne s'échappe, et par conséquent plus de précautions prises.
ENFIN, A LA FIN, FINALEMENT, a Enfin annonce particulièrement, par une sorte de transition, la fin ou la conclusion d'un discours, d'un récit, d'un raisonnement. A la fin annonce la fin ou le résultat des choses, des affaires, des événements considérés en euxmêmes. Finalement annonce un résultat final ou une conclusion finale. — Enfin, c'est mon plaisir, je veux me satisfaire. Enfin il résulte de là que la loi seule doit commander. Ce mot ne marque dans ees phrases et autres semblables, que la conclusion de quelque dis-.
cours. — A la fin^ tous les impôts retombent sur les propriétaires de» terres. A la fin, tout périt. Cette locution désigne le résultat propre des choses, sans égard au discours. — Nos comptes sont Aft<7/emen^ arrêtés. Cet adverbe indique une chose entièrement consommée. » (R.)
J^n^n s'applique quelquefois aux choses, comme à /a /în: mais alors enfin ne sert qu'à indiqu er la lenteur avec laquelle le fait s'est produit après beaucoup d'attente et d'incertitude. « Vous atteudiez un de vos convives, enfin^ on après un long temps, il anive au milieu du festin». ( Roubaud.) A la fin marque le terme auquel aboutit une suite d'événements, surtout après des accidents contraires, des tergiversations, ou telles autres circonstances : « Vous aviez envoyé de toutes parts chercher le médecin, à la fin , ou après beaucoup de recherches, on Ta trouvé à la comédie. » (Id.)
ENFLÉ, GONFLÉ, BOUFFI, BOURSOUFLÉ. Enflé of^ve Vidée du fluide q*.ii est en, dans le corps. Gonflé offre l'idée particulière d'une forte tension causée par une trop grande plénitude, ce semble, dans un corps vide qui a la capacité de contenir plus ou moins de matière. Bouffi offre l'idée d'une enflure grosse, mais ave^ quelque chose de flasque qui donne au corps un faux embonpoint, comme quand on enfle ou gonfle sa bouche, ses joues, pour souffler, bouffer. Boursouflé offre l'idée d'une enflure, surtout de la peau , du tégmnent, etc.; celé d'un corps qu'on souffle et d'une bourse qu'on emplit , ou autre chose semblable. — Le mot enflé est comme le genre à l'égard dos autres mots : il se dit de tout corps qui reçoit une extension par des fluides. Un ballon est enflé par l'air qu'on y introduit : la voile est enflée par le vent : une jambe est enflée par une humeur. — Le mot gonflé coU" vient proprement aux corps qui, dans le vide de leur capacité, reçoivent assez de matière pour s'enfler au point qu'ils semblent ne pouvoir pas en contenir davantage. Un ballon est gonflé, lorsqu'il est si enflé qu'on ne peut guère le souffler davantage. L'estomac, le ventre, les joues, sont gonflés, lorsque la peau en est fort tendue, on que le volume en est extrêmement grossi; mais les mains, les jambes, les cuisses, Renflent et ne gonflent point, parce qu'elles ne sont pas, comme les autres parties du corps, vides en dedans, et disposées pour contenir diverses matières. ~ Le mot bouffl ne s'applique qu'aux chairs, qui, par quelque indisposition, sont enflées de manière que l'on parait être engraissé, mais toutefois avec un air malsain. Il se dit proprement du visage; mais on l'étend à toute l'habitude du coips. Après une maladie, on a souvent le visage bouffl, — Le mot boursouflé se dit proprement des choses que Ton souffle pour leur donner un gros volume; et, par analogie, de celles qui ont avec peu de matière tant de volume , qu'elles paraissent avoir été soufflées. Les pâtisseries légères qui ont beaucoup de volume avec peu de consistance, sont boursouflées, — - Ces mots s'emploient dans des sens figurés; et ils nous présentent encore alors les mêmes nuances. Un homme plein de lui-