ÉVEILLER
éiroH on strict, une obligation stricte ou étroite, etc. Etroit sigaifie alors rigoureux, sévère, et c'est la signification propre de strict. Étroit est du discours ordinaire ; strict est du style des théologiens, des philosophes, des jurisconsultes. Strict, comme terme dogmatique, est d^ne précision plus rigoureuse qa'éiroit. Étroit se dit par opposition au sens étendu; et strict, par opposition au sens relâché. Le sens strict est très-^/rotï; c'est le sens le plus sévère. — Il me semble qu'étroit désigne plutôt ce que la chose est en soi ; et strict, la manière dont on la prend. Ainsi, une obligation est étroite ou rigoureuse ea elie*inême; et on prend une obligation dans le sens strict, ou dans toute la riguetir de la lettre. On dit qu'un homme a la conscience étroite et non stricte, pour marquer qu'il a des principes sévères (w des sentiments scrupuleux; mais on dit qu'il est strict et non étroit, pour marquer qu'il prend tout à la rigueur, au pied de la lettre, dans U pins régulière exactitude. (R.)
ÉTUDIER, APPRENDRE, S'INSTRUIRE. Étudier, c'est travailler à acquérir ou compléter des connaissances : apprendre, c'est les acquérir. « On étudie pour apprendre, dit l'abbé Girard; et Ton apprend à force d'étudier. » On peut d'ailleurs étudier sans £ruit; alors ok n'apprend rien.
S'instruire j c'est aussi acquérir des connaissances en étudiant: mais, pTemièiement, on s'instruit toujours par soi-même, et l'on apprend le plus souvent d'an maître, de quelqu'un; en second lieu, ^instruire ne se dit que des travaux de rintelligence, des vérités ou des faits qui éclairent l'esprit ; apprendre a un sens plus général : on apprend U musique, la danse, une nouvelle, un événement; on ne s'en instruit pas. Enfin la volonté intervient toujours et nécessairement dans l'acte de s'instruire; et Ton apprend quelquefois sans le vouloir : le bruit publie nous apprend souvent des choses que nous ne cherchions pas à savoir. ÉVADER (S'). V. Échapper {s^).
ÉVEILLER, RÉVEILLER. Éveiller est l'acte simple et naturel; ft se fait quelquefois sans le vouloir : réveiller marque ordinairement du dessein. Le premier suppose une heure réglée, ou une cessatioft spontanée du sommeil : « le second emporte quelque chose d'irréguiier ou de subit, ou une affaire qui survient tout à coup, ou un bruit qu'oa n'est pas accoutumé d'entendre ». (Bh.)
Réveiller, dit Marmontel, est plus vif, plus prompt; dans certains cas il suppose des efforts, de la résistance ( 5, page 8 ), comme dans cette phrase de Bossuet : « Le lendemain à l'heure marquée, il fallut réveilier d'un profond sonmieil cet autre Alexandre. » On réveille une personne qui a le sommeil dur, le plus petit bruit éveille celle qui a un sommeil léger.
Réveiller signifie aussi éveiller une seconde fois ( 5, page S), après que Von s'est rendormi; et au figuré, il s'emploie dans le sens d'exciter, de faire revivre : « Cela réveilla leur courage ». (Acad.)
ÉVÉNEMENT, ACCIDENT, AVENTURE. Événement se dit en général de tout ce qui arrive dans le monde, soit an public, soit aux particuliers ; et il est le mot convenable pour les faits qui concernent l'État on le gouvernement. Accident se dit de ce qui arrive de fàchenx, soit à un seul, soit à plusieurs particuliers ; et il s'applique également aux faits qui ne sont pas personnels comme à cenx qui le sont. Aventure se dit uniquement de ce qui arrive aux personnes, soit que les choses viennent inopinément, soit qu*elles soient la suite d'une intrigue; et ce mot marque quelque chose qui tient plus du bonheur que du malheur. Il me semble aussi que le hasard a moins de part dans l'idée d'événement, que dans celle d'accident et d'aventure. — La vie est pleine d'événements que la prudence ne peut prévoir. La plupart des accidents n'arrivent que par défaut d*attention. Il est peu de gens qui aient vécu dans le inonde sans avoir eu quelque aventure bizarre. (G.) ÉVÈQUE. V. Pontife.
ÉVIDENT. V. Manifeste.
ÉVITER. V. Fuir.
ÉVOQUER. V. Appeler.
EXACTITUDE. V. Attention et Correction.
EXALTATION. V. Enthousiasme.
EXCÉDANT. V. Excès.
EXCELLER, ÊTRE EXCELLENT. Exceller suppose une. comparaison, met au-dessus de tout ce qui est de la même espèce, exclut les pareils, et s'applique à toutes sortes d'objets. Être excellent place simplement dans le* plus haut degré sans faire de comparaison, souffre des égaux, et ne convient bien qu'aux choses de goût. Ainsi, Ton dit que le Titien a excellé dans le coloris, Michel-Ange dans le dessin, et que Silvia est excellente actrice. — Quelque mécanique que soH un art, les gens qui y excellent se font un nom. Plus un mets est excellent, plus il est quelquefois dangereux d'en trop manger. (G.) EXCEPTÉ. V. Hors,
EXCÈS, EXCÉDANT. V excès est la quantité d'unités dont un nombre abstrait surpasse un autre. Ce mot n*est guère employé an propre et dans le sens où nous le prenons ici, que comme terme d'arithmétique pour signifier le résultat d'une soustraction. Vexcédani est ce qui excède une quantité concrète ( 20 et 40, pages 7 et 12) : ^ ^'^ se trouve plus de cinq cente francs, vous aurez Vexcédant ». (Acad.) Le mot excès est fréquemment employé au moral, pour siguiflcT ce qui excède les bornes de la raison, de la justice, de la bienséance; ce qui passe la mesure accoutumée, le degré ordinaire : « Excès as bonté; excès de froid, de chaleur». (Acad.)
EXCESSIF, EXORBITANT. Excessif, qui est avec excès; exorbiiont {de ex, hors de, et orbita, orbite, cercle ) qui sort de la ligne tracée par la loi , qui dépasse les limites posées par la raison. Exorbitant dit plus (i\i!excessif : un prix excessif est un prix tre*-