EXPÉRIENCE
c*est l'insuffisance que ce mot rappelle, plutôt que la petitesse. — Petit exprime l'état réel de petitesse , sans désigner rinsufûsance , à moins qu'il ne soit comparé. On dira, c'est un petit enfant, on ne dira pas qu'il est exigu, à moins qu'en parlant de ses proportions on ne veuille dire qu'il a la poitrine, la capacité trop exiguë. La fortune d'un homme est petite, il pourra vivre; si elle est exiguë, elle ne suffira pas, de quelque économie qu'il use. (R.)
EXILÉ, BANNI, RÉFUGIÉ, PROSCRIT. « Selon l'usage relatif à nos mœurs, Yexil est prononcé par un -ordre de l'autorité, et le ban-nissement par un jugement de la justice. Le bannissement est la peine infamante d'un délit jugé par les tribunaux : Vexil est une disgrâce encourue sans déshonneur. Vexil vous éloigne de votre patrie, de votre domicile : le bannissement vous en chasse ignominieusement. Les Tarquins furent bannis de Rome par un décret public; Ovide fut exilé -^v im ordre d'Auguste ». (R.)
Réfugié et proscrit se disent des personnes qu'un parti politique contraire, après s'être rendu maître du pouvoir, a forcées de quitter leur patrie et de chercher leur sûreté à l'étranger. Le proscrit diffère du réfugié en ce que son nom a été porté par le pouvoir sur une liste de proscription , liste rendue publique et ayant un caractère officiel. Du reste, le mot de proscrit, pas plus que celui de réfugié n'emporte aucune idée de flétrissure -, car malheureusement il n'arrive que tropsouvent comme l'a dit un poëte.
Que les proscripteurs de la yeille Sont les proscrits du lendemain.
EXISTER. V. Être.
EXORBITANT. V. Excessif.
EXPÉDIENT, RESSOURCE. L'expédient est un moyen de se tirer d'embarras on de lever une difficulté quelconque : la ressource est un oaoyen de relever d'une chute ou de sortir d'une grande détresse. Li ressource supplée à ce que nous avons perdu ou à ce qui nous manque -, ^'expédient vient à bout de ce qui s'oppose à nous, de ce qui résiste. ^'expédient facilite le succès; la ressource remédie au mal. — La réserve agit plus en grand et avec une plus grande vertu, et dans des conjonctoies plus critiques que la ressource. Dans l'embarras des finances, le moyen qui ne fait face qu'aux besoins du moment n'est qu'un ^^npédient; celui qui étend sa bénigne iiifiuence sur l'avenir est une *^murce. (R.)
EXPÊDITIF. V. Diligent.
EXPÉRIENCE, ESSAI, ÉPREUVE. L'expérience regarde propre- Di^t la vérité des choses; elle décide de ce qui est ou de ce qui n'est pas, éclaircit le doute et dissipe l'ignorance. Uessai concerne particuiièrement l'usage des choses; il juge de ce qui convient ou ne convient V^iy en fixe l'emploi, et détermine la volonté. L'épreuve a plus de
MOT. DES SYiNONTUES. 14
^2 SYNONYU£S PIIÀNÇAIS.
xapport à la qualité des choses'; elle instruit de ce qui est bou ou mauvais, distingue le meilleur, et guérit de la crainte d'être trompé. Ainsi Vexpérience est relative à l'existence; Yessai, à l'tt«age; Vépreuue, •aux attribats. Nous nous assurons par Vexpérience si 1a chose est; par Vcssat, qvLçXies sont ses qualités; par Vépreuve, si elle a la qualité que •nous lui croyons. {Enc.)
EXPLIQUER. V. Éclaircir.
EXPLOIT. V. Prouesse.
EXPOSITION, EXPOSè II y a entre ces deux mots à peu près la même différence qu'entre énonciation et énoncé. Vexposition consiste surtout dans la forme, dans la manière dont les choses sont exposées; l'exposition admet des développements, entre dans les détails; ïexposé consiste dans le fond même des choses; il est simple, nu^ Tsuccinct, froid, comme un procès-verbaL
EXPRÈS, EXPRESSÉMENT. Exprès signifie à certaine fin, à dessein, avec iutenlion : « Il le fait exprès pour me fâcher ». (Acad.) Expressément signifie en termes exprès : « Je lui avais défendu estjpressénient de faire telle chose». (Id.)
EXPRESSION. V. Mot,
EXPRIMER. V. Énoncer.
EXTÉNUER. V. Atténuer.
EXTÉRIEUR, DEHORS, APPARENCE. Vextérieur est ce qui se voit de la chose; il fait partie de la chose, mais la plus éloignée du centre. Le dehors est ce qui environne; il n'est pas proprement de la chose, mais il en approche le plus. Vapparence est l'effet que la vue de la chose produit; ou l'idée qu'on s*en forme par cette vue. Les toits, les murs, les jours et les entiées, font reaj/^newr d\in château ; ies fossés, les cours, les jardins et les avenues en font les dehors; la figure , la grandeur , la situation et le plan de l'architecture en font Vapparence — Dans le sens figuré , extérieur se dit plus souvent de l'air et de la physionomie des personnes; dehors est plus ordinaire pour les manières et pour la dépense; et apparence semble être plus •d'usage à l'égard des actions et de la conduite. Vextérieur prévenant n'est pas toujours accompagné du vrai mérite. Les dehors brillants ne «ont pas des preuves certaines d'une fortune solide. Les pratiques de dévotion sont des apparences qui ne décident rien sur la vertu. (G.)
EXTÉRIEUR. EXTERNE, EXTRINSÈQUE. V. Intérieur, interne,
EXTIRPER, DERACINER. De stirps (souche), avec la préposition ex (hors), extirper, arracher la souche ou une plante avec la souche. •De radix (racine), avec la préposition de, déraciner, anacher les racines, une plante avec ses racines. — Ainsi, rigoureusement pariant, on extirpe ce qui est implanté, ce qui tient à une forte souche : ■on déracine ce qui est enraciné, ce qui tient par des racines. Une dent est déracinée sans être arrachée : un polype n'est extirpé qu'au tant qu'il ejit enlevé avec toutts ses racines. — L'action d'extirper