‹ Nouveau dictionnaire des synonymes françaisChapitre 94 sur 163 · LAMENTABLE · texte numérisé non relu

LAMENTABLE

étendu en français qne rete Tétait en latin; il a donc borné l'nsage da mot rets à désigner certains fiiets de chasse et de pèche. Ainsi nons appelons filet, le résean dans lequel on enferme des cheveux et que les Latins appelaient rete: le mot de filet est là très-bien appliqué, paîs^ que son idée propre est de renfermer et de contenir. — Au figuré nous dirons qu'une personne est prise dans des lacs, des filets, qu'on lui a tendus, ou bien qu'elle leur a échappé ou qu'elle s'en est tirée. Les lacs sont plus fins, plus subtils, moins sensibles, moins compliqués : ils attirent, ils 8iun[)rennent, ils attachent, selon la râleur et la définition propre du mot : vous tombez dans les lacs d'un sophiste. Le filet est un piège caché ou déguisé dans lequel on se trouve enveloppé sans pouvoir trouver une issue : il présente donc l'idée d*une capacité qui entoure et renferme comme dans un voile. Ainsi, quand plusieurs objets sont pris et enveloppés à la fois, on dit : Voilà un beau coup de filet. (ïi)

LAIDEUR. V. Difformité,

LAINE, TOISON. Laine, mot latin (lana), vient du celte lan,e» qui couvre, enferme, revêt. Toison vient de tondre, et c'est la laine tondue. Ainsi la laine est le vêtement des brebis , des moutons : la toison est leur dépouille. Une toison est la totalité de la laine dont ranimai est revêtu; on distingue différentes sortes de laines dans une toison, — On coupe, on enlève, on lave, on vend la toison; mais c'est la laine que Tindustrie prépare et travaille de mille manières. La toison n'est qu*»n objet de vente : la laine est la matière mise en œuvre par différents arts. Je veux dire que la toison redevient laine, ou qu'elle en reprend le nom dans les mains de différents fabricants. (R.)

LAMBIN. V. Lent,

LAMENTABLE, DÉPLORABLE. Lamentable^ qui mérite, qui excite des lamentations, c*est-à-dire des cris plaintifs, longs et immodérés. Déplorable, qui mérite, qui tire des pleurs (latin ploratus), c'est-à« dire des larmes accompagnées de cris. <— On aurait pu appeler deploration les pleurs et les cris mêlés de plaintes. Je demande la permission de me servir de ce mot pour la commodité du discours. La déplora^ tion est plus vive et plus pathétique que la lamentation, plus lugubre et plus langoureuse elle-même que la déploration. La déploration est d*un homme qui se désole, qui se désespère; la lamentation \ d'un homme qui ne peut se modérer, se consoler. Celui qui déplore son sort vous touche et vous attache; celui qui lamente sur le sien vous attriste et vous afflige. 11 est difficile d'affecter la déploration; il faut des pleurs et tous les signes d'une douleur naturelle : il est facile de pousser des lamentations; il ne faut que des cris et un visage sombre. — L'objet lamentable est donc fait pour exciter en vous, par de fortes impressions, des sentiments si douloureu^i, qu'ils éclatent par des cris et ne s'exhalent que par de longues plaintes ou de longs regrets. L'objet déplorable est fait pour exciter en nous, par des impressions

touchantes, une sensibilité si vive, qu'il faut non-seulement des criSj mais encore des larmes amères pour exprimer notre douleur. La situation des personnes est déplorable; leurs cris mêmes sont lamen-' tables. Je veux dire qu'on appelle aussi lamentables les signes propres de la lamentation. ( R. )

LAMENTATION, PLAINTE, GÉMISSEMENT. Le mot lamentation •exprime des cris ou des plaintes très-fortes et soutenues, qui sont causées par une violente affliction. La lamentation est une espace particulière de plainte; et toute expression vocale de la soulTraiico, de la douleur, de l'affliction ou du mécontentement , peut s'appeler plainte: ainsi l'on dit qu'un malade qui , sans parler, dans le sommeil même, pousse quelque accent douloureux, se plaint. On se plaint avec des soupirs et des sanglots, comme avec des gémissements et des lafnen* talions. — Le gémissement est une voix plaintive, tendre, pitoyable, inarticulée ; il échappe d'un cœur serré ou oppressé. Les lamentations ne sont pas de simples gémissements. La lamentation est Teffusion d'un cœur qui ne peut ni se contenir ni s'arrêter; elle est grande, sombre, lugubre, opiniâtre. La colombe et la tourterelle gémissent et ne se lamentent pas. (R.)

LANCER, DARDER. Lancer, jeteï n avant avec violence, comme quand on porte un coup de lance. Darder^ lancer avec violence un dard ou un trait perçant, frapper avec cette espèce de trait. Ainsi on lance toutes sortes de corps pour atteindre au loin : on ne darde que des instruments perçants , et on les darde pour percer. — Lancer n'a que la signification de jeter : darder a de plus celle de frapper, percer, pénétrer. La couleuvre des Moluques se suspend à des branches d'arbre pour se lancer sur les animaux et les darder, - Le soleil lance et darde ses rayons : il les lance, lorsqu'il les répand dans le vide et le vague des cieux ; il les darde, lorsqu'il les jette à plomb sur nn objet, le frappe et le pénètre. — Au figuré, lancer est d'un trèsgrand usage : on lance des regards , des eaux , des sarcasmes , des anathèmes, etc. (R.)

Darder s'emploie aussi figurément , surtout dans cette phrase : Le soleil darde ses rayons, (Acad.)

LANGER (SE), S'ÉLANCER. Se jeter en avant avec impétuosité. ^élancer éveille une idée de point de départ, c'est proprement se lancer de (9^ page 4) ; mais il diffère surtout de se lancer, en ce qu'il marque plus de vivacité , plus d'ardeur, plus de violence. On se lance en se jetant en avant sans effort, naturellement : un nageur se lance dans l'eau; des soldats, sur l'ordre de leur chef, se lancent à la poursuite de l'ennemi. Un homme s^ élance tout habillé pour sauver une personne qui se noie; des troupes enivrées de carnage, irritées, furieuses^ ^élancent contre l'ennemi et entraînent leurs chefs.

En parlant de choses, on ne dit que s^élancer : un torrent impétueux \ y élance du haut d'un rocher. i

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