‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 10 sur 639 · RAFF · texte numérisé non relu

RAFF

cercle de Salzbourg, sur lEns; 85o hab. Le général Mnroau y battit les Autrichiens, le 0 juillet 1790. .

RADZIWILL [radd'-ji-vill, nom d'une famille ancienne -t illustre de Lilhuanie et de Pologne. Nicoia- IV, le Noir, prince d'Olika et de .Nieswiez. qui fonda au svi» siècle la branche actuelle de la famille, encouragea ' les réformes et (mblia, en 1563, la Bible de ' Radziwill. Ses li!s revinrent au catholicisme, ! et l'un d'eux, le prince Christophe, acheta ' lous les exemplaires qu'il put de la Bible protestante de son père pour les détruire. — (Michel-Jérôme) (1778-18.50) était aux côtés} de Koscius.'.ko en 1794 et de Donibrowski en I 1807. En 1S12, .Napoléon le fit général. En 1831, il commanda quelque temps l'armée des patriotes; mais il fui battu et retenu en captivité jusqu'en 1836.

* RAFALE s. f. Mar. Se dit de certains coups de vent de terre, à l'approche des montagnes, des côtes élevées : une forte, une bonne rafale. — »* Misère.

RAFALE, EE adj. Pauvre, misérable, qui a subi des rafales, des revers de fortune. . — Substantiv. C'est un rafale.

* RAFFE s. f. Voy. Rafle.

RAFFENEL I. ^Claude-Denis), voyageur et historien, né dans le Jura vers 1797, mort à Athènes en 1827. 11 a laissé : Histoire des Grecs modernes (1824, in- 12); Histoire de Perse (1825, in-18); Histoire du Bis-Empire n826, in-18); etc. — II. (Jean-Baptiste- Anne), célèbre explorateur né à Vei^ailles en 1809, mort à Sainte-Marie de Madagascar en 1S,SS. Après avoir visité l'Amérique et les cotes d'Afrique, il explora l'intérieur du Sénégal et écrivit : Voyages dans l'Afrique occidentale (Paris, 1846, in-8»). U essaya, eu 1830, de traverser tout le continent africain de l'O. à l'E. ; mais il fut arrêté aux limites du Ségo et resta longtemps prisonnier des nègres. .A son retour, ii rédigea iVouiieau Fo.vaj/e au pays des IS'ègres (Paris, 1856, 2 vol. in-4°j.

* RAFFERMIR v. a. (préf. r; fr. affermir). Rendre plus ferme : le soleil, le beau temps a raffermi Us cfumins. — Fig. Remettre dans un état plus assuré, plus stable : le bon air a raffermi sa santé. — Se raffermir v. pr. Devenir plus ferme, plus stable : les ckairs qui entourent la plaie se raffermissent. .

' RAFFERMISSEMENT s. m. Affermissement, ce qui remet une chose dans l'étal de fermeté, de sûreté où elle était : le raffermissement de la santé.

RAFFET iDenis-Auguste-Marie), dessinateur, né à Pans le 1" mars 1S04, mort à Gênes le 16 juillet 1860. H passa cinq années dans l'atelier de Gros et se rendit célèbre par les beaux dessins qui iliuslreut les Chansons de Déranger, la ^anésis, l'Histoire de N.ipoléun, par ISorvins, l'Histoire de la Révolution française, de Thiers, etc.

RAFFILER v. a. Techn. Arrondir le bout des doigts d'un gant.

* RAFFINAGE s. m. Action de raffiner : raffinage du sucre.

■ RAFFINEMENT s. m. Extrême subtilité : la détiuatesse du langage ne doit point aller jusqu'au raffinement. — Excès de recherche que l'on met en certaines actions, en certaines habitudes de la vin : les raffinements du luxe, de la sensualité, de la volupté.

* RAFFINÉ, ÉE part, passé de Raffi.neb. — S'est dit subsiantiv. de certains élégants, duellistes et libertins, de la fin du xvi» siècle.

* RAFFINER v. a. Rendre plus fin, plus j pur : raffintr te salpêtre. — v. n. Faire des I recherches, des découvertes nouvelles : il a I bien raffiné sur crtte science. Ce sens vieillit. I — Subtiliser : raffiner sur le point d'Umneur.

RAFR

— Se raffiner v. pr. Devenir plus fin, moins simple : quand il vint à Paris, il était bien neuf, mais il s'est raffiné.

• RAFFINERIE s. t. Lieu où l'on raffine. Se dit principal, d'un lieu où l'on raffine le sucre : établir une raffinerie.

- RAFFINEUR s. m. Celui qui raffine :

raffineur de sucre, df salpêtre.

RAFFLES (siB Thomas-Stamford), administrateur et orientali-te anglais (I78l-18i6). Il occupa plusieurs emplois dans les Indes orientales et a laissé une Histoire de Java (1817. 2 vol.)

RAFFLÉSIACÉ, ÉE adj. Bot. Qui ressemble ou -e rapporte a la ral'Uésie. — s. f. pi. Petite famille de plantes dicotylédones dialypélales périgynes comprenant des herbes qui croissent en parasites sur certains arbres et qui ne portent qu'une fleur iemarquable par sa grandeur.

RAFFLÉSIE s. f. Genre remarquable de plantes apétales, nommé ainsi en l'honneur de sir Slamford Raffies. Elles sont toutes originaires de Sumatra et des îles voisines, et croissent en parasites sur les racines et les branches d'une sorte de vitis rapproché de la vigne. Dans la rafflesia Arnoldi, la Ueur,

Rafflesia Àrnoldi.

la plus grande qui existe, a 3 pieds de diamètre et pèse 1.3 livres. Elle est couleur chair et parsemée de protubérances d'un blanc jaunâtre; l'intérieur du calice, qui renferme les étamines ou les pistils, est d'un pourpre intense. Cette fleur répand une odeur infecte de viande gâtée qui attire les insectes, et ceux-ci aident certainement à sa fécondalion.

RAFFOLEMENT s. m. Action de raffoler.

* RAFFOLER v. n. (préf. r; fr. affoler). Se passionner follement pour quelqu'un ou pour quelque chose : raffoler de quelqu'un, de quelque chme (Fam.)

* RAFFOLIR v. n. Devenir fou. Ne se dit guère que dans cette phrase peu usitée ; Vols

ME FERIEZ RAFfOLIE.

* RAFISTOLER v. a. Raccommoder : rafistoler un cil il Irlbit.

RAFLADE s. f. Action de rafler.

* RAFLE s. f. Grappe de raisin qui n'a plus de grains : le tiji peut se boire plus tôt quand on égrène les raisins, et qu'on ne met point la rafle dans la ctive. Ouelques-uus disent, Raffe, et d'autres. Râpe.

■" RAFLE s. f. Action de rafler, d'enlever tout sans rien laisser : les voleurs sont entrés dans cette maison, et y ont fait rafle; on a fait une rafle de voleurs. — Particul. .Se dit, aux jeux de des, quand les dés amènent chacun le même |ioint : rafle d'as; rafle de six.

' RAFLER V. a. Emporter tout très promptemeiit : les ennemis sont entrés dans U pays, les voleurs sont entrés dans cette maison et y ont toutrtijlê (Fam.).

* RAFRAÎCHIR v. a. (rnà. frais). Rendre frais, donner ae la fralcneur ; rafraîchir le vin. — llAFRAicniR le sano, le rendre plus calme par les remèdes ou par le régime :

RAGE

/'KST.go dit lait lui a rafiaiclii le sang. On dit absol., dans le même sens, Cette boisson ra.- KRAiCHiT. — Pip. Rafraîchir le sang, se dit d'une chose qui fail plaisir, qui calme les inquiétude?, qui donne de la tranquillité : rien ne raf'niicfiit le stm'j comme une bonne action.

— Réparer, remettre en meilleur état. Ainsi on dit : RafraIchih un ml'r, y mettre un nouvel enduit; Rafraîchir on tableau, lui rendre la vivacité des couleurs en le neltorant et en le vernissant: Rafraîchir une tapisserie, la raccommoder au.^; endroits où elle est gâtée, la réparer. — Rafraîchir a quelqu'un la mémoire d'une chose, lui en renouveler, lui en rappeler le souvenir : je liii en ai rafraichi la mémoire. — Rogner, couper, tailler l'e.Ktrémité d'une chose : rafraîchir les cheveux.

— Se dit aussi en parlant des personnes, et signifie, les rétablir par la bonne nourriture et par le repos. On l'emploie surtout eu ternies de f'uerre : ces troupes sont fatiguées, il faut les mettre dans de bons quartiers pour les rafraichir. — Rafraîchir une place d'hommes et DE munitions, ou simpl.. Rafraîchir une place, y faire entrer de nouvelles troupes et de nouvelles munitions. On dit de même, en termes de marine, Cette escadre, cette flotte a besoin d'être rafraîchie, a besoin de prendre des provisions fraîches. — Rafraîchir v. n. Faites rafraîchir vos gens. — Devenir frais : tandis que te vin rafraîchit. — Se rafraîchir v. pr. Se rendre frais : le temps se rafraîchit.

— Se rafraîchir la tête, se reposer la tête.

— Se rétablir : ces troupes se sont rafraîchies.

* RAFRAÎCHISSANT, ANTE adj. Méd. Se dit de certains remèdes propres à rafraîchir le corps, à eu éteindre la trop grande chaleur, à calmer l'agitation des humeurs : tisane, potion rafraîchissante. — Substantiv. Donner des rafrairhissants à un malade.

•RAFRAÎCHISSEMENT s. m. Qui rafraîchit:

fous avez besoin de rafraîchissement. — Effet de ce qui rafraîchit : cela vous procurera du rafraîchissement. — Fig. Recouvrement de forces par le repos et par les bons traitements : l'armée a besoin de rafraîchissement.

— Quartier de rafraîchissement, lieu oii les troupes fatiguées se rafraîchissent :on envoya la cavalerie en quartier de rafraîchissement.

— pi. Guerre. Tous les vivres dont on rafraîchit une place, une armée. — Mar. Vivres frais de toute espèce qu'on embarque sur un bâtiment, soit au départ, soit dans les relâches; par opposition aux aliments secs ou salés : envoyer des rafraîchissements à des vaisseaux. — Se dit encore des mets, des boissons fraîches, des fruits et autres choses semblables, que l'on sert dans une fête, ou que l'on ofî're à une personne, à une compagnie, hors des repas : on a servi dans cette fête, à ce 6(iZ, beaucoup de rafraîchissements.

RAFRAÎCHISSEUR s. m. Vase qui sert à rafraîi'hir les boissons et les aliments. — Grand vaisseau de bois plein d'eau dans lequel on fait passer le serpentin d'un alambic pour refroidir les vapeurs.

RAFRAÎGHISSOm s. m. Syn. de Rafraîchissk.ur.

RAFUSTER v. a. Remettre à neuf ; rafuster un chapeau.

* RAGAILLARDIR v. a. Redonner de la

gaieté : allons, bonhomme, buvez ce petit coup, cela vous ragaillardira un peu; cette nouvelle l'a tout ragaillardi. (Fain.)

RAGATZ [ra'-gatss], ville d'eau du canton de baiut-Gall (Suisse), à cùté de Plaeter^. .Ses eaux sont recommandées contre les rhumatismes et les maladies nerveuses. 2,000 hab.

* RAGE s. f. Igr. raga; lat. rabies). Délire furieux qui est accompagné d'horreur pour les liquides et d'envie de mordre, et qui revient ordinairement par accès : de tous les animaux, le c/iien est le plus sujet à la rage.

RAGE

Cette maladie se noninie aussi Hydrophodie. — Rage blanche, raço ordinaine, oii le chien enragé écume et mord : et. Rage mue, rage où l'animal atteint do cette maladie, écume et ne mord point. — Prov. et flg. Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage, ON Fait accroire qu'il a la rage, quand on veut perdre quelqu'un, ou lui nuire, ou lui faire une injustice, on lui suppose des vices, des défauts, des torts qu'il n'a pas. On dit aussi. Qui veut noyer son chien l'accuse de la RAGE. — Par exag. Douleur violente: le mal de dents est une rage. — Fig. Violent transport de dépit, de colère, de haine, de cruauté, etc. : exercer sa rage contre quelqu'un. — Fig. et fain. Violente passion, penchant outré, goût excessif : vous passez toutes les nuits à jouer, il y a de la rage à cela. — Fig. et fam. Aimer

quelqu'un, quelque chose a la RAGE, JUSQu'a

LA RAGE, l'aimer avec fureur, avec excès. — Faire rage, faire un grand désordre : les soldats ont été chez lui, et ils y ont fait rage. 11 signifie aussi, faire des efforts extraordinaire, faire tout son possible, se signaler en quelque chose, et il se dit en bien et en mal : l'avocat en plaidant a fait rage contre la partie adverse. — Dire rage de quelqu'un, en dire tout le mal imaginable. — Encycl. La rage ou hydrophobie est une terrible et horrible maladie virulente qui se développe spontanément chez les carnassiers domestiques (chien et chat), et aussi, dit-on, chez le loup et le renard, et quis'inoculeparmorsureàl'homme et à tous les animaux, au moyen d'un poison particulier existant dans la salive du malade. Raspail attribuait l'invasion de cette maladie à la formation d'un « insecte, acare ou helminthe, de grar.de ou de petite taille ». Il est, du moins, à peu près certain qu'elle est due a la présence d un animal iiiliniment petit, appartenant au monde immense et inexploré des microbes. Vers 1792, Rossi (de Turin) découvrit que le système nerveux est le siège de la rage ; et, de nos jours, le docteur Duboué (de Pau) a émis l'hypothèse que la propagation de la virulence se fait par les cordons nerveux jusqu'à la moelle et au cerveau. Mais c'est à Pasteur que revient l'honneur d'avoir démontré expérimentalement que la rage se développe dans la matière nerveuse. L'étude de la rage est entrée dans une voie nouvelle par suite des recherches de ce savant et de ses collaborateurs Chamberland. Roux et Tlimliier, qu'il cite à titre de collaborateurs dans ses communications à l'Académie des sciences. Pasteur a montré que la virulence siège constamment dans le bulbe et que la maladie peut être transmise à coup sûr et dan^ des délais presque invariables par l'inoculation de la matière cérébrale diluée sur la surface même du cerveau. Il est résulté de cette démonstration une grande simplicité d'inoculation qui facilite les expériences. Depuis, on a constaté, à l'aide de puissants objectifs, l'existence, dans le bulbe de chiens enragés, de petites granulations très réfringentes que l'on ne trouve pas dans celui d'es chiens en bonne santé. « Ces granulations, dit le D"' Paul Gibier, se présentent tout à fait sous l'aspect bien connu des micro-organismes; leur réfringence est considérable": elles scintillent véritablement sur le champ de la préparation... Un grand nombre de ces microbes sont oviformes ou allongés comme les cellules de la levure de bière ; quelques-uns s allongent sous forme de courts bâtonnets, mais c'est le petit nombre. » Dans son intéressante brochure intitulée Recherches expérimentales sur la rage et sur son traitement [Puni, 1884), le D"' Paul Gibier après avoir donné le détail de ses nombreuses et savantes expériences, en est arrivé à des conclusions dont nous extrayons les suivantes : « L'hérédité de la rage est encore une question à juger. » — « Le froid peut servir d'atténuant pour les virus. » —

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« II peut les conserver pendant un temps plus ou moins long. » — « Le virus de la rage peut se conserver plus d'un mois, par ce proccué, surtout s'il est mis à l'abri de l'air. >) — « Le microbe de la rage est un raicrococcus. La dilution de la substance cérébrale le met facilement en évidence, surtout chez les petits mammifères et les oiseaux. » — M Les oiseaux contractent la rage et guérissent spontanément. On peut parfois surmonter leur résistance par l'abondance du virus. Avec le gavage, on parvient dans un certain nombre de cas très graves, à les guérir. » — «Les oiseaux ne contractent pas deux fois la rage. » — « La rage des oiseaux se transmet non seulement aux mammilères. mais aux oiseaux. » — « En s'acclimalant chez l'oiseau, la rage parait augmenter de virulence, pour celui-ci, et s'atténuer pour les mammifèies, surtout pour le chien. « — « Il ne faut compter dans le traitement de la rage sur aucun des agents dénommés ci-après : ail, pilocarpine, strychnine, atropine, caféine, bromures et indurés de potassium et de sodium, acide acétique, ammoniaque, phosphore, air comprimé, oxygène pur ou mélangé d'air, à la pression ordinaire ou avec pression. > — « La polyurie est un symptôme fréquent et. qui précède la plupart des autres symptômes chez les animaux inoculés de la "rage. « — Rage chez le chien. Les signes avant-coureurs de l'hydropbobie naissante chez le chien, ceux qu'il est toujours néces.saire de connaître, sont: la tristesse inaccoutumée, l'inquiétude et l'agitation nerveuse; mais ces premiers symptômes ne prouvent pas que l'animal soit malade ; il faut seulement se méfier de lui et le surveiller. Il devient suspect s'il perd l'appétit, s'il mordille les objets placés à sa portée; s'il change de place à chaque instant, s'il se tient a l'écart; s'il a des hallucinations qui le font grogner ou aboyer sans raison et mordre le vide; s'il cesse dereniuer la queue en signe de joie; s'il fait des absences: si son regard est étrange et inspire la crainte; si un appétit déprave et dénaturé le pousse à avaler des substances indigestes ou non assimilables; enfin si un besoin irrésistible de mordre le porte à se jeter sur les pierres, sur le bois, sur les autres chiens sans motif et sans distinction de grosseur ni de sexe. Alors, surtout dans ce dernier cas, la maladie est évidente. Un dernier instinct de fidélité le pousse à respecter encore son maître et il s'enfuit pour résister à son irritabilité insensée. Il va se faire tuer au loin, après avoir propagé son horrible maladie par ses morsures; quelquefois il revient au gîte; mais alors il ne reconnaît plus personne et mord les hommes aussi bien que les autres chiens. Pendant cette dernière période, il refuse toute nourriture ; sa gueule s'emplit d'une bave filante qui découle abondamment. Son aboiement est caractéristique: il consiste dans un hurlement d'un tiiiibrî particulier ressemblant à la voix du coq. Dans ses accès de rage, le chien paraît insensible à la douleur; il mord tout ce qu'il trouve, même les barres de fer rouge qu'on lui présente. Il n'a pas horreur des liquides, comme l'ont cru ceux qui ont appelé hydrophobie le mal dont il est atteint; mais un état particulier de la gorge l'empêche d'avaler. Dans la dernière période, il devient hideux, avec sa langue pendante, sa queue entre les jambes, son corps amaigri, son regard féroce et sa démarche pénible. Enfin, après 5 ou 6 jours de maladie bien caractérisée, ses membres se' paralysent et il ne tarde pas à mourir. — Rage chez l'homme. Quand une personne est mordue par un chien enragé, la blessure ne diffère pas visiblement de celle qui est infligée par un animal en bonne santé. Elle esi, rarement t;rave, souvent même très légère, l'animal i'aisaut la plupart du temps une seule morsure. La

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hicsfure guérit pans difnciilU' nt elle n'est 1 après la blc pas parliculièrement doiiloiiieiisc. Ditl'éienlcs circonstances peuvent intervenir qui empêchent le poison d'apir. D'abord, l'individu peut être rebelle à son action. On a lieu de croire que l'espèce humaine, dans son ensemble, est beaucoup moins sensible au poison rabique que l'espèce canine et, d'après les expériences de M. Renault, à l'école vétérinaire d'Alfort, la proportion des chiens devenus enrag-és après avoir été mordus par un animal hvdrophobe n'est pas de plus de 33 p. (00. Le singe est presque insensible au virus rabique, tandis que le lapin et le cobaye ne sonljauiais inoculés impunément. Quand la morsure est inflii-'éc sur des parties du corps couvertes de vêlements, la salive, seul véhicule du poison, peut être arrêtée par ces vêtements, et ne pas venir en contact avec la blessure. D'autre part, le poison peut avoir été extrait de la plaie immédiatement après par l'épanchement libre du sang, ou par les manipulations instinctives de la personue blessée ; il peut avoir été neutralisé par des applications chirurgicales. Dans tous les cas, des statistiques semblent montrer d'une manière concluante que la morsure d'un animal hvdrophobe ne cause pas invariablement l'hydrophobie. Un auteur qui s'occupe de la « moderne cynolâtrie » établit à ce sujet la statistique suivante: Pendant l'année iS79, on compta, dans Paris, 403 personnes qui furent mordues par des chiens enragés; 3D seulement moururent dbvdrophobïe. En évaluant la population parisienne à 2 millions d'hab., cela fait une moyenne de I hydropbobe pour66,0<i0 bab.s tandis que la proportion est de 1 pour 700,000 en Angleterre. Environ 500 chiens et une vingtaine de chats enragés furent abattus en IS'ig, à la fourrière, par ordre de la police, et il en est résulté une réduction dans le monde des personnes mordues et dans la moyenne des morts par hydrophobie. — Aucun symptôme ne se manifeste pendant quelque temps après que la blessure a été produite. Le poison peut avoir trouvé son chemin dans les tissus, mais sa virulence ne paraît pas; il reste habituellement ainsi pendant plusieurs semaines. La période exacte pendant laquelle il est latent est assez variable. On a constaté des cas dans lesquels l'hydrophobie s'est déclarée après un intervalle de plusieurs années. Il parait positif que la période d'incubation peut durer un an et peut-être 18 mois. Quand la maladie est sur le point de se déclarer, ordinairement pendant le second ou le troisième mois, sa première manifestation est une sensation de démangeaison au siège de la blessure, avec rougeur et gonflement. Cet état préliminaire de la maladie peut durer deux ou troisjours, rarement plus de six pendant lesquels le malade ressent seulement un léger malaise. Ensuite, les signes non équivoques d'hydrophobie se présentent avec une grande rapidité et ils s'aggravent d'heure en heure: sensation de raideur au cou, s'élendant à la mâchoire et à la base de la langue; anxiété indescriptible; salivation d'une bave écumeuse; agitation d'esprit souvent accompagnée de paroxysmes, de délire momentané et d'hallucinations. La respiration est rapide el irrégulière. La soif est ardente, mais la difficulté de déglutition consistant probablement dans un spasme irrésistible du pharj-nx ou de la glotte, est si douloureuse que le malade, après avoir vainement essayé d'avaler les liquides, les rejette souvent avec des démonstrations violentes d'irritation el de désespoir. Cette condition d'irritation nerveuse épuise rapidement la force du système et la morl arrive souvent au bout de quelques jours. Le traitement, tel qu'on peut l'appliquer aujourd'hui, comprencl une seule mesure, mais elle doit Être employée de suite

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rt être exécutée de la manière la plui i';iliili'. Elle consiste à neutraliser le poison < 11 cautérisant la blessure : le caustique recommandé à cet effet par les autorités los plus compétentes est un crayon de nitrate d'argent. Ses avantages sont: que l'on peut l'amincir facilement pour qu'il pénètre au fond de la blessure qui est profonde et étroite; qu'il se dissout facilement dans les liquides de la plaie, et que si on le tient en contact pendant quelques minutes avec les tissus, il forme une escarre profonde et solide et coagule entièrement toutes les matières organiques qui peuvent se présenter. Il n'est pas toujours facile de se procurer ce crayon de nitrate d'argent ou pierre infernale ; on doit alors, sans perdre de temps, avoir recours à un morceau de fer (tringle ou gros clou) que l'on fait rougir à blanc; plus il est chaud, moins la douleur est forte. En attendant que le fer soit bien rouge, on place une ligature au-dessus de la blessure, quand elle affecte un membre. On fait abondamment saigner la plaie, on l'agrandit au besoin et on y applique, si la partie du corps le permet, une ventouse (morceau de papier ou de linge que l'on fait brûler sous un verre); puis on lave à grande eau, on essuie et on applique le fer, de manière à brûler profondément et à atteindre les points de la blessure les plus éloignés. On cherche ensuite, par tous les moyens de persuasion possible, à rassurer le blessé, car la tranquillité de son esprit est un facteur très utile pour sa guérison. — Législ. « Lorsque la rage est constatée chez les animaux, de quelque espèce qu'ils soient, le propriétaire est tenu de détruire ces animaux, et l'abatage ne peut être différé sous aucun prétexte. Les chiens et les chats suspects de rage doivent, alors même que le mal n'est pas ouvertement déclaré, être immédiatement abattus; et le propriétaire de l'animal suspect est tenu, même en l'absence d'un ordre des agents de l'administration, de pourvoir à cet abatage, sous peine d'un emprisonnement de six jours à deux mois et d'une amende de 16 a 400 fr. (L. 21 juillet 1881, art. 10,30). \Voy. Contagieux.) — Lorsqu'un cas de rage s'est présenté dans une commune, le maire doit prendre un arrêté pour interdire, pendant six semaines au moins, la circulation des chiens non tenus en laisse » (Décr. 22 juin 1S82). (Voy. Chien.) (V. S)

* RAGER v. n. (rad. rage). Etre en proie à la colère : il rayrait de tout son cœur.

' RAGEUR, EUSE s. Celui, celle qui s'irrite facilement, qui est habiluellejQient de mauvaise humeur : c'est un rageur. (Fara.)

RAGEUSEMENT adv. D'une manière rageuse.

RAGLAN s. m. Sorte de vêtement d'homme qu'on porta en France après la. guerre de Russie, en \8'6o.

RAGLAN (Fitzroy- James-Henry-Somerset, babon) [rag-laniij, général angl;iis, né en 1788, mort du choiera en ISoj. 11 était le plus jeune fils du duc de Beaufort. Il se distingua dans l'état- major de Wellington en Espagne, et il perdit le bras droit à Waterloo. En 1818 et 1820, il fut envoyé au parlement. En 18.Ï2, il fut nommé grand maître de l'artillerie, et élevé a la pairie. 11 commanda en Crimée avec le rang de feld-maréchal, et le 20 sept. 18i)4, il livra la bataille de l'Aima.

* RAGOT, OTE aâ]. (lat. rapus, rave). Qui est de |pi-lili: taillf', court et gros: wi liomme Pagot. (Faiii. Cl ])cu us.) — Substanliv. C'est un ragot, un yetit ragot., une petite ragote. — .Man. Cheval ramassé, qui est bien pi'is dans sa taille, et qui a le cou court : ce cheval est un bon ragot. — Chasse. Sanglier qui a quitté les compagnies, mais qui n'a pas encore trois ans faits. — i» Conte en l'air, bavardage.

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