ROUM
Carol conclut avec la Russie une convention
militaire en vertu de laquelle les armées russes entrèrent dans le pays, et le 21 mai 1877, la législature passa un acte de complète independani^e. Le congrès de Berlin (13 juin 1878) reconnut cette indépendance, mais remania le territoiro roumain : une partie de la Bessarabie, enlevée à la Russie parle traité de Paris il856j, fut rendue à cette puissance; la Roumanie reçut, en compensation, le territoire important de la Dobrudja, qui lui donne accès à la mer. — Le territoire est sillonné par 2,493 kil. de chemin de fer; il posséda 3,490 kil. de lignes télégraphiques (11,797 kil. de fils). Pour la commission européenne du Danube, qui siège à Galatz, voy. Danube. — Le système décimal français a été introduit en Roumanie en 1876; l'unité monétaire est le lei, qui équivaut au franc. — Bibliogr. Commerce de la Roumanie avec les imssances étrangères pendant l'année 1883 (Bucharest, 1884). Mémoire sur la situation de la Moldo-Valavhie depuis le traité de Paris, par J.-C. Bratiano (Paris, 1863, in-8°); la Roumanie considérée sous le »'a port physique administratif et économique, par E. Cretzulesio (Bucharest, 1876, in-8°j; la Roumanie économique, pur M. -G. Obédénare (Pans, 1876); les Provinces roumaines, pat J.-H.-A. L'bicini. — liounmniUe. (V. S.)
fiOUMÉLIE (turc Roum ili, pays des Roumi, ou chrétiens), nom général donné par les Turc= d'abord a la plus grande de leurs provices européennes, comprenant leurs possessions en Grèce et au iS. de ce pays jusqu'aux Balkans. Plus tard, ils appliquèrent ce terme a un territoire coraprenaut des portions de l'Albanie et la Macédoine (cap. Monaslir ou Bitolia). Les géographes européens appelèrent généralement Rouméiie les provinces formées de la Macédoine et de la Thrace. — Rouméiie orientale, province de la Turquie d Europe. placée sous l'autorité immédiate du sultan, mais jouissant d'une administration autonome et gouvernée d'après un statut organique, conformément aux stipulations du traité de Berlin (1878^; entre la Bulgarie au N., la Macédoine à 10, la Thrace au S. et la mer i\oire à TE.; 3-3,y0o kil. carr.; 860,000 hab., dont o7o,u00 Bulgares, 175, OOÔ Turcs, 44,000 Grecs, 2o,0 )iJ Bohémiens, etc. Cap. Philippopoli (34,000 hab.) Territoire couvert, au iN. par les Liaikans, a l'O. par le Despolo-Dagh et au centre par diverses ramiheatious de ces chaînes de montagnes; arrrosé par la Maritza et par son tributaire la Tondscha. L'agriculture, principale occupation du peuple, est encore des plus primitives. Onproduit du blé, de l'orge, de l'avoine, de l'essence de rose, de la soie, du tabac, etc. D'après le traité de Berlin, la Rouméiie orientait doit avoir un gouverneur gênerai appartenant à la religion chrétienne. Le sultan, chargé de la déiense du territoire, a le droit d'y élever des lortilîcatious et d'y enti'etenir des troupes (sauf des bachis-bouzouks et des Circassiens). L'ordre intérieur est maintenu par une gendarmerie indigène et par une milice locale, à l'exclusion des troupes turques qui ne peuvent séjourner ailleurs que dans les forteresses et ue doivent jamais loger chez 1 habitant. Le gouverneur général est nommé par le sultan, avec Tassentiment des grandes puissances, pour un terme de o ans. Il est assisté d'une assemblée provinciale, dont 36 membres sont élu^ par les habitants de nationalité roumélieune et 10 sont nommés par le gouverneur. Cette nouvelle organisation naguère été favorable aux habitants, accablés d'impôts pour payez le tribut annuel qui avait été lixé d'abord a 50 millions de fr. et que Ion a dû abaisser à 40 millions de fr. (V. S.)
ROUMELIEN, lENNE s. et adj. De Rouméiie;
qui appartient à ce pays ou à ses habitants.
ROUS
RODMOIS, Rotomagensis ag'^r, ancien petit pays de Normandie, entre la Seine et la Risie : ville pr., Quillebeuf.
•ROUPIE s. f. (anc. haut ail. (ropfco, goutte). Humeur qui découle du cerveau et qui pend au nez par gouttes : avoir la roupie au ner.
(Fam.)
' ROUPIE s. f. (sanscr. rûpya, monnaie). Monnaie des Indes oiientales, dont la valeur n'est pas partout la même : roupie d'or. — La roupie d'or des Indes vaut environ 38 fr. 70, celle de Perse 36 fr, 75.
* ROUPIEUX, EUSE adj. Qui a souvent la roupie au nez : avoir le neiroupievx. — Substantiv. Un vieua: roupieux. (Peu us.)
ROUPILLE s. {.[Il mil.]. Manteau donts'enveloppaient autrefois les Espagnols pour dormir.
* ROUPILLER V. n. [Il mil.] (rad. roupille). Sommeiller à demi : il n'a fait que roupiller pendant toute la conversation. (Fam.)
* ROUPILLEUR, EUSE s. Celui, celle qui roupille fi équemment : c'est un vieux roupilleur. (Fam.)
* ROURE s. m. Voy. RouvnE.
* ROUSSÀTRE adj. Qui tire sur le roux :
ce drap est i-oussdtre.
ROUSSE s. f. Police : il est de la rousse.
' ROUSSEAU s. m. Homme qui a les cheveux et le poil roux : c'est un vitainrousseau. — Adjectiv. cet homme est rousseau. (Fam.)
ROUSSEAU (Jean-Baptiste;, poète français, né à Pans en 1670, moi ta Bruxelles en 1 ;4l Attribuant ses échecs littéraires à des auteurs jaloux, il écrivit contre eux des satires, et, en 1712, il fut condamné au bannissement perpétuel pour des écrits licencieux et calomniateurs, et se (ixa à Bruxelles. Il amassa une fortune en publiant ses œuvres en Angleterre; mais il la perdit et fut recouru par le duc d'Arenenberg. Ses premières comédies, le Café (1694), le f/u<(e«r (1696), eurent peu de succès. 11 a laissé un livre àOdes sacrées, A'Odes profanes, des Cantates, des Epitres, des Allégories, des Epigrammes et quelques volumes de Correspondances. Les plus belles éditions de J.-B. Rous eau sont : celle de 1743. in-i", et celle dite du bauphin (Didot, 1790). .Manuel a donné une nouvelle édition des Œuvres lyriques (Paris, 1852, in-12).
ROUSSEAU (Jean-Jacques), auteur français, né à Genève le 28 juin |712, mort à Ermenonville, près de Chantilly, le 2 juillet 1778. 11 descendait de réfugiés protestants. H embrassade nom le catholicisme sous l'influence de M""" de Warens, qui 1 envoya dans une institution, à Turin, où il ne resta pas longtemps. Il essaya de gagner sa vie de ditléreiiles manières, mais il retomba plus d'une fois dans le vagabondage, et il fut renvoyé du sîminaire comme incapable de faire un prêtre. Il vécut après cela chez M™" de Warens, à Chambéry, et fut plusieurs années son amant à sa maison de campagne des Charmettes. Il la quitta eu 1740, uans un accès de jalousie. Se hant à son talent musical, il vint a Pans en 1741, et y resta pendant une longue période de temps, excepté de 1744 à 17^5, où il fut attaché a l'ambassade tra çaise à Venise. Il lit la connaissance de M°"^ d'Epiuay, de Diderot, de Grimmetde d'Holbach, et eu 1750, il reçut le prix de l'Académie de Dijon pour son discours sur la question desavoir si le progrès des sciences et des arts a contribué à corrompre ou à améliorer les mœurs ou genre humain. 11 y déclarait la guerre à toute civilisation, et dès lors il s'érigea en censeur et en réiormateur de la société, dédaignant toutes les élégances de la vie, et attirant l'attention par ses excenlri-
ROUS
ROUS
cités En 1752 il donna le Devin du village, primaire sous la Comentinn nationale ; opéi-à, dont la naïve musique excita Tadmi- des réwmns publiques et privées, etc.
Manuel
ration généi-ale, elLettre sur ta musique fran çaise, en faveur de la musique italienne. Il fit une sensation plus grande encore, en allaqnant, dans son Discours sur l'origine de l'iné- (/alilé parmi les hommes, l'ordre social existant. En 1756, il s'établit avec sa maîtresse, Thérèse Le Vasseur (cuisinière dont il finit par faire sa femme), à l'Ennita^'e, charmante retraite que lui avait offerte M'"" d'Epinav. dans la vallée de Montmorency. C"est là qu'il écrivit Juïî'e ou la Nouvelle Héloise (1760, 6 vol.) et sa Lettre sur les Spectacles, adressée à d'Alemberl. Son amour pour M"»' d'Houdetot porta ombrage à M'"" d'Ëpinav, pendant qu'il devenait, de son côté, jaloux des relations de M""° d'Epinay avec Grimm, Diderot et d'Holbach. 11 dut à la fin se retirer à Montmorency où il trouva des amis dans le duc et la duchesse de Luxembourg. Pendant qu'il habitait l'un des châteaux du duc, il écrivit le Contrat social, où il proclamait les principes du sufl'rage universel et de la souveraineté du peuple, et Emile, ou de l'Education, que Gœthe a appelé l'évangde de la nature en fait d'éducation. Ce dernier ouvrage l'ut imprimé à Amsterdam aux dépens du duc (1762, 4 vol.); ayant été aussi publié en France contre le gré de Rousseau, il fut condamné par le parlement et l auteui s'enfuit de France. Chassé de Genève et du canton de Berne, il se réfugia a Neufchâtol, sous la protection de lord Keith, le gouverneur prussien ; mais le déparl de ce dernier le laissant à la merci des fanatiques, il accompagna David Hume en Angleterre (1 /66), et ne tarda pas à se brouiller avec lui. 11 revint en France en 1767, et à Paris en 1770. Les craintes que lui inspiraient ses ennemis avaient complèlement ruiné sa santé, et la police ayant interdit les lectures que l'on voulait faire àe ses Confessions chez M""^ d'Epinay, il devint encore plus abattu. Au commencement de 1778, il alla chez M. de Girardin, à Ermenonville, et y mourut subitement, probablement d'apoplexie. En 1794, on transporta ses restes au Panthéon. 11 avait envoyé .ses cinq enfants à l'hospice des Enfants-Trouvés. Aucun écrivain n'a été plus violemment attaqué que Rousseau; mais son style est sans rival dans la littérature française, et ses théories ont préparé la route à de grandes réformes et à de grandes révolutions. Le plus célèbre de ses ouvrages posthumes a pour titre Les Confessions (1782, 4 vol.), et, comme ses autres écrits, il a été traduit dans la plupart des langues cultivées. Une des meilleures éditions complètes do ses œuvres est celle de Musset-Pathay (1823-'i6, 2:i vol.). Une vie de J.-J. Rousseau, par Saint-Marc- Girardm, a paru en 187,t.
ROUSSEAU (Théodore), peintre français, né à Palis le l.'i avril 1812, mort à Barbizon le ti déc. 1867. Il apprit la peinture presque sans maître, s'adonna au paysage et devint l'un dos chefs de l'école réaliste. On remarque parmi ses toiles principales : Marais dans les Laudes (18ij9), Cotes de Granville, Sortie de furet, Bords de la Loire au printemps, Coucher de soleil. Bornage de la forêt de Fontainebleau, Une Marc sous les chênes (1863), toup lie soleil par tiu temps orageux. — lioiisseriu ;IMiilippe). (V. S.)
* ROUSSELET s. m. Sorte de poire d'été, qui a la peau rougeàtrc, et qui est d'un parfum agréable : des poires de rousselet, ou simpl.,' rlu rousselet.
ROUSSELLE (André), avocat et publicisle, né a Dli'-uurt (Uise). le 30 nov. 1831, mort en iiuv. 1881.11 se signala comme républicain militant sous l'Empire, consacra son ardeur à la cause de l'instruction populaire et lutta, pendant vingt ans par ses confé- 1 renées et par ses écrits. Il a laissé :ins<)'uc<!0>i I chien
ROUSSEROLLE s. f. Ornith. Sous-genre de fauvcLlf-, caractérisé par un bec droit, en forme d'aiône, par des ailes courtes, obtuses, par une queue longue étagée et par l'ongle du pouce recourbé; et comprenant un grand nombre d'espèces d'oiseaux chanteurs qui fréquenlent, piesque tous, les lieux bas et humides et le bord des eaux où se trouvent des plantes aquatiques. La grande rousserole ou rossignol de rivière [lurdus arundinoceus) est
loUe {Turdus arunduiaceus).
roussâtre eu dessus, jaunâtre en dessous, avec la gorge Idanche et un Irait pâle sur l'œil; elle est un peu moins grosse que lalouelte; elle niche parmi les joncs et ne mange guère que des insectes aquatiques. Elle pond de 4 à 6 œufs un peu plus gros que celui du moineau. La petite rousserolle ou effarvate [moiacilhi urundinacea) ressemble à la précédente pour les mœurs et les couleurs, mais elle est d'un tiers moins grosse. La fauvette de roseau [motaciUa salicaria), encore plus petite que l'eli'arvate, est d'un gris olivâtre dessus, jaune pâle dessous, avec un trait jaunâtre entre l'œil et le bec. La fauvette tachetée {motaciUa nœui'al.qui habile aussi les roseaux, est encore plus petite que la précédente: elle est fauve, tachetée de noirâtre en dessus, blanchâtre teintée de fauve en dessous et tachetée de gris sur la poitrine.
ROUSSES (Les), place forte et connu, du cant. de Morez, arr. et à 34 kil. de Saint- Claude (Jura), sur un plateau qui forme le point de partage des eaux de l'Océan et de la Méditerranée : 2,20» hab. (Voy. Places fortics.)
ROUSSET (Udefonse-François Louis), publiciste, néàParisle ISjuinISl", niortdans la même ville en mars 1878. 11 collabora à différents journaux, et publia le Tour de Marne (1864, in-4°), le Bois de Vincennes (1863) et créa le National en 1869.
• ROUSSETTE s. i. \-\n;-r ^ir .pi,, le ou
rnlli r ricropv, r I i lli<)
lunt la peau sert aux gaîniers
ROUS
à couvrir des étuis, des boites, etc. — Petit oiseau à plumage presque entièrement roux, qui habite les forêts, et qu'on nomme aussi Fauvette DES BOIS. — Genre de chéiroptères, tribu des chauves-souris, comprenant une trentaine d'espèces de mammifères volants, répandues dans les régions chaudes de l'Afrique et de l'Asie, auxquelles les récits exagérés des voyageurs ont attribué des mœurs carnassières" Leur organisation démontre au contraire qu'elles sont essentiellement frugivores. La roussette à collier ou rougette {pteropus rubricollis), longue de 30 centim., à poils longs et touffus, porte un largo collier de couleur rouge orangé. On la trouve à l'Ile de la Réunion et à Madagascar. Sa tôte ressemble à celle du renard, d'où vient son nom de renard volant.
•ROUSSEUR s. f. Qualité de ce qui est roux : la rousseur de sonpoil. — Se dit, particul., de certaines taches rousses qui viennent au visage et sur les mains : il a des rousseurs au visage.
' ROUSSI s. m. Cuir qui vient do Russie, qui est teint en rouge ou en brun, et qui a une odeur forte : cuir de roussi. On dit aussi. Cum DE Russie. CVoy. le participe du verbe Roussir.)
' ROUSSI, lE part, passé de Roussir. — s. m. Odeur d'une chose que le f.ju a rou.ssie, et qui est près de brûler : cela sent le roussi.
ROUSSILLERv. a. Brûlersuperfîciellement.
ROUSSILLON (Le), ancienne province du sud de la France, qui forme aujourd'hui la plus grande partie du dép. des Pyrénées- Orientales. Pépin le Bref le conquit sur les Sarrasins en 7.t9; il fut gouverné par des comtes jusqu'en 1172, et ensuite par les rois d'Aragon, excepté de 1462 à 1493, période pendant laquelle il appartint à la Franco. Louis XIII s'en empara en 1612 et l'annexa en 11).t9. Cap., Perpignan.
ROUSSILLON, ch.-l. de cant., arr. et à 22 kil. S. de Vienne (Isère), sur la rive gauche du Rhône; 1,329 hab. Château construit en 1.533 et dans lequel Charles l.\ signa en 1364 l'édit qui fixa au t"janv. le commencement de l'année civile.
ROUSSILLONNAIS , AISE s. et adj. Du Roussillon; qui appartient a ce pays ou à ses habitants.
* ROUSSIN s. m. Cheval entier, un peu épais, et entre deux tailles : un attelage de roussins. — vv Agent de police; mouchard.
ROUSSIN (Albin-Reine, baron), marin français, né a Uijon en 1781 ; il s'engagea comme mousse et, en 1814, il était capitaine de vaisseau. Ses explorations hydrographiques sur les côtes d'Afrique et du Brésil lui valurent d'être nommé baron en 1820. Devenu contreamiral cl membre du conseil de l'amirauté, il organisa le Borda, vaisseau-école de Brest. 1831, il foi'ça l'entrée du Tage, fut nommé r de Fi'auce, ambassadeur à Constantinople et ministre de la marine le l"" mars 1840. A sa sortie du ministère, il fut fait .imiral. C'est lui qui créa les premiers pa- ({uebots transatlantiques, donnant ainsi à la marine française une grande impulsion. 11 a Lcnt le Pilote du Brésil.
' ROUSSIR V. a. Faire devenir roux : c'est U fiu qui a. roussi cette étoffe. — v. n. Devenir louN les perruques roussissent arec le temps.
ROUSTAN, mameluk de Napoléon 1", né en Géorgie vers 1780, mort à Dourdan le 7 de( . 184o. Il s'attacha à Bonaparte en qualilé de valet de confiance, et ne lo quitta plu^ un instant jusqu'en 1814; mais il refusa de le suivie .i l'ile d'Elbe.
ROUSTISSURE s. f. Pièce sans valeur qui iR ^aurait avoir aucun succès; rôle sans importance.