SENT
* SENTI, lE paru passé de Sentir. — Cela
EST BIEN SENTI, CKLA BgT SENTI. Cela estrcndu,
exprimé avec vérité, avec âme. — Autrefois on disait sentu au lieu de senti.
les oiseaux qui Uni si' sont Icus.
Pour l'hvvi-r qu'ils ont tous aenleus.
Itom.m de ta Jtasc.
SENTIENS. S'(/ifi(, peuple de la Gaule, qui avait pour ville principale Sauitium (Senez) et Dinia (Digne).
' SENTIER s. m. l?an-tié] (lat. semita). Chemin étroit au travers des champs, des bois, etc. : il y a un sentier qui abrège le chemin.
— Fig. Suivre les sentiers de la vertu.
' SENTIMENT s. m. (lat. sensus). Perception que l'âme a des objets, par le moyen des sens ; sentiment douloureux. — Faculté qu'a l'àine de recevoir l'impression des objets par les sens : aroi'r le sentiment exquis, vif, prompt, délicat. — Faculté que nous avons de connaître, de comprendre, d'apprécier certaines choses sans le secours du raisonnement, de l'observation ou de l'expérience, et qui est en nous comme une sorte de tact ou d'instinct naturel : il y a des choses que nous ne connaissons que par sentiment. — Juger par sentiment, juger d'un ouvrage d'esprit, ou d'un ouvrage de l'art par l'impression qu'on en reçoit. — Sensibilité physique : il n'y a plus de sentiment dans son bras.
Je le pris tout sanglant ; en baignant son visage, Mes pleurs du ientimeitt lui renilirent l'usage. Atbalie, acte 1", se. u,
— Se ditenoutre désaffections, des passions, et de tous les mouvements de l'âme :
sentiment d'honneur, de probité.
Les sentiments hum;iins, mon frère, que voilà! Tartufe, acte I*', se. Tl.
— Absol. Avoir DES sentiments, avoir des sentiments d'honneur, de générosité, de probité, etc . Etre capable de sentiment, se piquer de sentiment, avoirl'àmesensible, délicate, sepiquer de sensibilité, de délicatesse d'âme. — Sentiments naturels, certains mouvements qui sont inspirés par la nature : la tendresse des pères envers leurs enfants, et celle des enfants envers leurs pères, sont des sentiments naturels.
— Pousser les beaux sentiments, affecter de dire des galanteries recherchées, d'exprimer des sentiments passionnés. — Sensibilité morale, disposition à être facilement ému, touché, attendri : cet homme sepiquede sentiment. — Trait de sentiment, vers de sentiment, trait, vers qui exprime un mouvement du cœur. — Opinion qu'un a de quelque, chose, ce qu'on en pense, ce qu'on en juge : je ne suis pas de ion sentiment.
Je ne demande pas ton sentiment, bavard. CoLLis 0'Hini.BïiiLB. L'Incmstant. acte III, se. un.
* SENTIMENTAL, ALE, AUX adj. Où il y a du sentiment, qui aunuuce du sentiment. Il ne s'emploie guère qu'ironiquement : un ton sentimental. — Se dit aussi des personnes qui affectent une grande sensibilité ; un homme sentiinental.
* SENTIMENTALEMENT adv. D'une manière sentimentale.
Le chapeau sur rorcillc cl la canne à la main, Sentimentalement je poursuis mon chemiu.
SENTIMENTALISME s. m. Affectation de sentiment. —Genre sentimental.
SENTIMENTALISTE adj. Qui a rapport au sentimentalisme.
'SENTIMENTALITÉ s. f. Affectation de sentiment : il y a dans son roman plus de sentimentalité que de vraie passion.
' SENTINE s. f. [san-ti-ne] (lat. sentina). Mar. Partie basse de l'intérieur d'un navire, dans laquelle les eaux s'amassent et crou- j pissent : il faut aooir soin de nettoyer la sen- 1 tine. — Fig. C'est la sentine de tous les i
SENT 2o5
vices, se 4'*' d'un lieu où se lassemblent toutes sortes de gens de très mauvais* conduite. On dit, dans "un sens anal.. Cet homme est une sentine de vices.
* SENTINELLE s. f. [san-ti-nl-le] (itaL sentinella). Soldat qui fait le gual pour la garde d'un camp, d'une place, d'im pal.i:-, . etc., et qui est détaché pourcela d'un cor|i<, d'un poste de gens de guerre': poser la sent!,-: nelle. Quelques poètes ont fait Sentinelle masculin : vigilant sentinelle. — Sentinelle PERDUE, soldat placé dans un poste avancé, et par conséquent dangereux. — Fonction de la sentinelle : /■(lire scîiJî'nd/e. — Mettre quelqu'un en sentinelle, le mettre dans un endroit où il puisse observer ce qui se passe.
— Faire senti.nelle, attendre, guetter : j'ai fait sentinelle pendant une heure pour vous voirpasM:r. — Relever quelqu'un de sentinelle, lui reprocher vivement la faute où il est tombé. — »* Typogr. Lettre qui tombe accidentellement et qui se tient debout lorsqu'on lève une forme.
SENTINUM, ville de l'Italie ancienne (Ombriel. Les Komains sous les ordres de Fabius Bullianus y défirent les Ombriens, les Samnites et les Etrusques en 29a av. J.-C.
' SENTIR v. a. [san-tir] (lat. sentire). Je sens, tu sens, il sent; nous sentons, etc. Je sentais. Je sentis. Je sentirai. Que je sente. Senti. Recevoir quelque impression par le moyen des sens; éprouver en soi quelque chose d'agréable ou de pénible : sentir le chaud, le froid.
Je sentis tout à coup un homicide ac'cr Que le traitre en mon sein a plongé tout entier. KicisE. Athalie.
— Ne se dit point des simples perceptions de la vue et de l'ouïe. — .Absol. La faculté de sentir. — Se dit également en parlant des différentes affections que l'âme éprouve: il a senti une grande joie de la nouvelle qu'il a reçue. — Etre ému, louché, aff'ecté de quelque chose d'extérieur : il sent comme il doit le bien qu'on lui fait. — Sentir quelque chose pour quelqu'un, l'aimer, être dispose à l'aimer : je ne sens rien pour elle. — Flairer : sentir une rose. — Fig. et fam. Je ne puis pas sentir cet homme-L-V, j'ai pour lui beaucoup de répugnance, d'aversion. On dit mieux. Je ne puis souffrir cet homme-la. — Exhaler, répandre une certaine odeur : cela sent le brûlé. — Se dit, dans un sens anal., du goût, de la saveur d'un aliment ou d'une boisson : cette sotipe ne sent rien. — Fig. et fam. Cela ne sent pas bon, se dit d'une affaire qui prend une mauvaise tournure, qui peut avoir des suites fâcheuses. — S'apercevoir, connaître : je sens bien qu'on me trompe.
— Je le sentis venir de loin, je connus, je pénétrai où il en voulait venir. — Sentir de loin, découvrir, prévoir les choses de loin.
— Fig. Cet homme sent le terroir, il a les défauts qu'où attribue aux gens du pays d'où il est. Sentir le terroir, se dit de même des ouvrages d'esprit, quand ils ont des défauts qu'on peut attribuer aux habitudes du pays où l'auteur a vécu. — Fig. et fam. Cette CHANSON sent le corps de g.\hde, se dit d'une chanson libre ou grossière. — Cette
ACTION sent le GIBET, LA ROUE, LA HART, LES
COUPS DE b.\ton. celui qui l'a commise court risque d être pendu, roué, bâtonné. — Fig. Cet ouvrage sent l'huile, sent la lampe, il parait avoir coûté beaucoup de veilles, beaucoup de travail à son auteur. — .Avoir les qualités, lesmauières, l'air, l'apparence de : il sent l'enfant de bonne maison.
Pourquoi tant de parfums à tAblc, Quand le repas est affamé '.' Ne point manger être embaumé:
Cela me sent le mort en diable.
Li 3Io«>oyB.
— Sentir v. u. Exhaler une certaine odeur : cela sent trop fort. — ABsol. Ce«ç viande
lO
Sl'PA
CLuiuiirnrc 11 .sentir. ■^ luipcr?.,!/ ^ehthon.
— Se sentir v. pr. Coniiaitie. scnlir en (|ir'I élal, PII quelle (li^posllion on est : je me sais bien, je ne suis patt si n^aliulc qu'on croit. — Se rkntih. sebien se.ntih, eoniiaiti'c "bien les'quulilés, les forces, les ressources qu'on al|f ou ce que l'on a droit d'exiirer à raison de son raii?, de son mérite : il se senitiii hien, (/iKind il a entrepris une a/faire si
ilifli. ile. — Ck JEUNE HOSIUE, CETTE JEUNE FILLE
iMMMi \cE A SE SENTin, coiiiiuence à éprouver les premières impressions de la puberté. — Se sENTin i)E ouELQnE CHOSE, sentir, éprouver quelque chose : depuis quand eommencc-t-il à se scnlir de lu qoutle'? — Se sentir de quelque MAL. UE quelque BIEN, Cil avoir quelque reste : il a eu une fièvre quarte dont il se sent ineorc. — Ne pas se sentir de joie, être si pénétre, si occupé de sa joie, que l'on perd tout autre sentiment.
A CCS mots, le corbc;iu ne se sf^nf pas de joie.
Là FOSTAISE.
— Avoir part au bien ou au mal : s'il y a du hien fin du mal, il s'en sentira.
' SEOIR V. n. [souar] (lat. sedere). Etre assis. Il n'est plus guère on usag-e qu'à ses participes stkint et Sis. (Voy. Séant et Sis.) — S'employait aussi autrefois avec le pronom personnel, Se seoir; mais il a également vieilli : on dit. S'asseoir. Quelquefois on dit encore, en poésie et dans le langage familier,
SiEDS-TOI.
' SEOIR V. n. [souar]. Etre convenable à la personne, à la condition, au lieu, au temps, etc. Ce verbe, dont l'inlinitif n'est plus en usage, ne s'emploie que dans certains temfis, et toujours à la tioisième personne du singulier ou du pluriel : il sied, Us siéent, il seyait, il siérait, il siéra. 11 n'a point de temps composés. S'emploie aussi au participe présent : ces couleurs vous seyant si bien, vous devez les préférer à d'autres. — Impers. Il sied mal à un tiomme en place d'ctre léger dans ses discours.
SEP s. m. [sèpp]. Pièce de bois dans laquelle le soc de la charrue est emboîté.
SÉPALE s. m. (lat. separ, divisé). Bot. Nom scienliliqiie des folioles du calice.
SÉPALOÏDE adj. (fr. icpo/c; gr. eidos, aspecti. Uûl. En l'orme de sépale.
" SÉPARABLE adj. (fr. séparer). Qui peut se séparer : il n'y a pas de corps dont les parties ne soient séparahles.
SÉPARATEUR, TRICE adj. Qui a la propriélé de sé]iarer.
SÉPARATIF, IVE adj. Qui produit, qui
opcic la si'paration.
' SÉPARATION s. f. (lat. separatio'j. Action de séparer, ou le résultat de cette action ; ce fossé fait la séparation des deux héritages. — La chose même Cjui sépare. Ainsi on dit, Il faut ûteh cette sEi'ARATio.N, il faul ôter cette cloison, celte haie, cette planche qui l'ait la séparation. — Chim. La séparation des mé- TAU.x, Topération par laquelle on sépare des métaux qui étaient mêlés ensemble. — Fig. Mur DE SÉPARATION, cause, division, sujet d'inimitié : cet intérêt est un mur de séparation, élève un mur de séparation entre les deux frères, entre les deux familles. — Jurispr. Se-
PARATIO.N 1)E CORPS ENTRE MARI ET FEMME, jugement ou l'arrêt par lequel il est peiniis à un mari de ne [jIus habiter avec sa femme, et à unefemme de ne plus habiter avec son mari.
SÉPARATION DE BIENS CONTRACTUELLE, Stipulation du mariage suivant laquelle il n'y a pas communauté de biens; et, Séparation df BiE.Ns PAR JUGKSiEMT, arrêt qui rompt cette communauté : demande, action en séparation de biens. — Législ. «Sous l'ancien droit, la loi l'eligleuse rendait le mariage indissoluble; mais on pouvait, par l'un dus nombreux
SRPA
ni(\vcn- caiioiiii|ues, env'fairo prononcer la nullité par les - .fugW ecclésiastiques. La femme avait aussi TJFfaculté de demander aux tribunaux la séparation de corps et d'haliilation, dans le cas où son mari se livrait envers elle à des sévices donnant lieu de craindre pour la vie. La femme pouvait encore demander seulement la séparation de biens, pour cause de péril de sa dot ou pour mauvaise administration du mari. La séparation de corps entraînait de plein droit la séparation de biens; et les eli'els des deux séparations étaient plus ou moins étendus suivant les dispositions de la coutume locale. — La séparation de corps fut interdite j)ar la loi des 20-23 septembre 1792 quia institué le divorce en France (voy. Divorce); mais elle fut rétablie en l'an XI par le Code civil; ri pendant toute la longue période écoulée depuis la loi du 8 mai 1816 qui a aboli le divorce jusqu'à celle du 27 juillet 18S4 qui l'a rélalili (voy. Mariage), elle a été l'unique et in>utlisant recours accordé à l'époux trompé ou maltraité. Celle dernière loi a apporté diverses modifications aux articles du Code civil conceriiaul la séparation de corps. Chacun des époux peut former une demande en séparation de corps pour les causes qui donnent lieu a une demande en divorce, savoir : l'dans le casd'adultère du conjoint; 2° lorsqu'il y a eu excès, sévices ou injures graves de l'un des époux envers l'autre ; 3° dans le cas où l'autre époux a été condamné à une peine aitlictive et infamante. La sépalation de corps emporte toujours la séparation de biens (C. civ. 306 et s. ; C. pr. 87a els.). Elle produit encore d'autres eli'els qui sont les suivaiits : la femme est libre d'avoir un domicile autre que celui de son mari; les enfants sont conliés à celui des époux qui a obtenu la séparation, sauf au tribunal à en disposer autrement; l'époux contre lequel la séparation a été prononcée perd son droit aux avantages que l'autre époux lui avait faits (C. civ. 299 et s.) et même au préciput stipulé (id. lois); enfin, dans certains cas, le père peut désavouer l'enfant dont sa femme vient à accoucher après la séparation. (Voy. DÉSAVEU.) Mais la séparation n'a pas tous les cU'ets du divorce. Auprès la séparation, le mariage subsiste, les époux conservent le droit de se réunir par un consentement mutuel et sans nouveau mariage; ils ne cessent de se devoir mutuellement lidélilé et assistance; ils sont aptes à recueillir la succession l'un de l'autre, à défaut de pareiils au degré successible; ils conservent leur droit à la jouissance légale des biens de leurs enfants âgés de moins de 18 ans; enfin la femme séparée est toujours tenue à demander l'autorisation du mari pour aliéner ses immeubles et pour tout autre acte que ceux de simple administration. Lorsque la séparation de corps a duré trois ans, le jugement qui l'a prononcée peut être converti en jugement de divorce, sui' la demande de l'un des époux (C. civ. 310 modifié). — Laséparation de biens entre les époux est ou coniracluclk ou judiciaire. Lorsque ce régime a été stipulé par le contrat de mariage, la femme conserve, pendant la durée du mariage, l'entière administration de ses biens meubles cl immeubles et la jouissance libre de ses revenus; mais, dans aucun cas, elle ne peut aliéner ses immeubles sans le consentement donné par son mari pour chaque aliénation, ou, s'il le refuse, sans une autorisation de justice. Si le contrat de mariage n'a pas fixé la part que chaque époux doit prendre aux charges du ménage, la femme y contribue jusqu'à concurrence du tiers de ses revenus. (C. civ. Ib36 et s.). La séparation de biens judiciaire ne peut être demandée que par la lemme et seuleiiienfdaiis les deux cas suivants : '1° lorsque la dot es! m péril; et 2° loisque le désordre des all'aii es du mari donne lieu de
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craind^ f[iic sc^hiens deviennent insuffisants pour remplir les droits et reprises do la femme. La demande ne peut être formée sans une autorisation préalable que le président du tribunal accorde sur requête; et celle demande doit, à peine de nullité, être rendue publique dans les formes prescrites par le Code de procédure civile. Le mari et ses créanciers peuvent contredire à la demande formée par la femme. Le jugement qui prononce la séparation est rendu public; et il doit être ensuite, dans la quinzaine de sa date, mis à exécution par le paiement de ses droits fait à la femme, ou au moins par des poursuites commencées dans ce délai et non interrompues; le tout à peine de nullité dudit jugement. Letlet de la séparation prononcée remonte au jour de la demande; et la communauté qui pouvait exister entre les époux est considérée comme dissoute depuis la date de cette demande. Toutefois, la séparation de biens qui résulte d'un jugement prononçant la séparation de corps ne remonte pas au delà de ce jugement. La femme séparée de biens judiciairement a les mêmes droits que celle dont la séparation a été établie dans le contrat de mariage; et elle doit contribuer, dans la proportion de ses facultés et de celles de son mari, à toutes les charges du ménage et à l'entretien des enfants communs. Les époux séparés de biens judiciairement ont la faculté de rétablir, d'un commun accord et par un acte notarié rendu public, la communauté que la séparation a dissoute, et cette communauté reprend alors son eU'et du jour du mariage (C. civ. U43 ets. ;C. pr. 86:i et s.). -- On nomme séparation des patrimoines une mesure conservatoire qui a pour but d'empêcher la confusion des biens d'une succession avec ceux de l'héritier. Cette séparation peut être demandée parles créanciers de la succe=sion et par les légataires; mais les créanciers do l'héritier ne sont pas admis à la demander contre ceux de la succession. Pour ce qui concerne les meubles, la séparation des patrimoines doit être demandée dans le délai de trois ans à compter du jour de l'ouverture de la succession; mais, à l'égard des immeubles, l'action peut être exercée tant qu'ils existent dans la main de l'héritier (C. cLv. 878 et s.). L'acceptation de la succession sous bénéfice d'inventaire entraine de plein droit la séparation des patrimoines (id. 802).» (Ch. Y.)
* SÉPARATISTE s. m. Qui se sépare d'un Etat, d'une coiifédération dont il faisait parlie : les scparalistis en Amérique soutinrent une guerre contre le gouvernement de l'Union. — Adjectiv. Etat séparatiste.
SÉPARATOIRE s. m. Chira. Vase dont on se sert pour opérer la séparation des liqueurs.
• SÉPARÉ, ÉE part, passé de Séparer. Partagé. — Equil. Mener un cheval les iiènks sÉPAHÉKS, le guider en tenant une rêne de chaque main. — Adjectiv. Ditlérent, distinct: ils n habitent point ensemble, ils ont des logements séparés.
' SÉPARÉMENT adv. A part;run de l'autre: ils font leur ordinaire séparéineiil.
' SÉPARER v. a. (lat. scpfowc). Désunir des parties d'un même tout, qui étaient jointes ensemble : un seul coup lui sépara la tétc du corps. — Se dit aussi en parlant des choses qui étaient mal rangées, et qu'on n'a fait qu'ôter les unes d'auprès des autres, pour les mettre dans un meilleur ordre : voilà des livres qu'on a mis péte-méle, il faut les séparer et les ranger par ordre de matières. — Se dit également en parlant de certaines choses de diti'érente espèce, qui étaient sans distinction les unes avec les autres : séparer dans la cave k vin vieux du nouveau. — Diviser un espace, un tout par quelque chose qu'on place entre ses parties : séparer une cour en deux par un
SEPT
mnr. — Se dit, dans le même sens, decequi laiL une séparation entre deux choses : le mur qui sépare ces deux maisons. — On le dit i|nelqnefois au figuré : laligne qui sépare le naif du trivial, le sublime du bnursvujlé, etc.
— Cette rivièbk sépare ces deux provi.nxes;
LES PyI'ÉNÉES SÉPARENTLA FrANCE DE l'KsPAGNE,
etc., cette rivière sert de bornes communes à ces deux provinces; les Pyrénées servent de bornes communes à la France et à l'Espagne, etc. — Partager : réparer les cheveux sur le front. — Considérer à part, mettre à part : peu de (j':ns savent séparer l'homme de son vêlement. — Rendre distinct : la raison sépare l'homme de tous les animaux. — Faire que des personnes, des animaux, des choses ne soient plus ensemble : la fortune, l'absence, la mort les a séparés. — Séparer deux hommes, DEUX A.MMAUX, etc, QUI SE BATTENT, faire Cesser leur combat, en les éloignant l'un de l'autre : séparez-les, ils vont se tuer. — Séparer DEUX AMIS, faire cesser leur amitié : on travaillerait en vain à le séparer d'avec moi.
— Jurispr. SÉPARER DE BlEiNS U.V MARI ET UNE
FEMME, ordonner enjustice qu'il n'y aura plus entre eux de communanté de biens; et, Les SÉPARER de corps. Ordonner en justice qu'ils n'habiteront plus ensemble. — Se marier séparés DE BIENS, convenir, par le contrat de mariatre, qu'il n'y aura point de communauté de biens entre les époux. — Vénerie. Séparer les quêtes, distribuer aux valets de limier une forêt par cantons, pour y détourner le cerf. — Se séparer v. pr. Se partager. — Se dit, parlicul., d'un corps, d'une compagnie régulière qui cesse de rester assemblée, ou de tenir ses séances, par quelque cause que ce soit : immédiatement après celte délibération, l'assemblée se sépara. — L'armée sb sépara, elle cessa de tenir la campagne, et les divers corps retournèrenldans leurs quartiers, dans leurs cantonnements, etc. — Jurispr. Se séparer DE CORPS ou DE BIENS, Se dit lorsqu'uu mari ou une femme obtient en justice sa séparation de corps ou de biens d'.ivec son conjoint. — Vénerie. Le cerf cherche par des
BONDS A SE SÉPARER DE SA VOIE, OU SUllpi., A SE
sÉPAP.ER, à interrompre la trace, les émanalions odorantes qui dirigent les chiens.
* SÉPIA s. f. Nom latin de la sèche. Se dit, en français, de la matière colorante noire que répand cet animal, et qui seit pour le dessin au lavis : un dessin lavé à la sépia. — Les anciens se servaient de la sépia comme d'encre. La plus recherchée des différentes espèces qui fcju;nissent ce colorant est la sépia of/icinulis de la Méditerranée. On prépare la sépia naturelle desséchée pour les peintres en la faisant bouillir dans un caustique et en neutralisant avec un acide.
'SEPS s. m.[sèpss](motlat. tiré du ^v.séps; de sépein, pourrir). Hisi. nat. Lézard scincoïdien (^epsehalcides], dont les jambes et les pieds sont si courts et si peu apparents, qu'il ressemble à un serpent.
* SEPT adj. num. [se devant une consonne : sept femmes, sè-fa-; sètt devant une voyelle : sept ennemis, sè-tè-ne-; sètt quand le mol n'est suivi d aucun autre : nous étions scp/,sètl](lat. septemj. Nombre impairqui suit iaimédialemenl le nombre six: les sept sages de la Grèce. — Sepfieme : page sept; Charles sept. On écritplusorJinairemenl, C/icr/gs VU. — s. m. Sept multiplié par trois donne vingt et un. On dit de même. Le nombre sept. — Le sept du mois, le septième jour du mois. S(i lettre est datée du sept, est du sept; le sept juin dernier. (Voy. Septième.) — Caractère qui marque en chillre le nombre sept : le chiffre sept (7). — Jeu de cartes. Une carte marquée de =ept points : le sept de cœur manque à ce jeu. — Guerre de Sept ans.
Guerre entre les grandes puissances européennes, qui dura de 1736 à 1763, et s'étendit sur les trois quarts du globe. L'impéra-
SEPT
trice iMarie-Thérèse,. bien que contrainte par le traité de Dresde (fVèo) do confirmer Frédéric le Grand dans la possession de la Silésie, n'avait pas abandonné l'espoir de la recouvrer. Elle se concilia la cour de France en Ûaltant M"»" de Ponipadour. George II d'Angleterre, déjà en guerre avec laFrance, conclut, pour protéger ses Elats du Hanovre, une alliance avec Frédéric. Elisabeth de Russie, que Frédéric avait blessée de ses satires, Auguste 111 de Pologne et de Saxe, la. masse des Etals allemands et la Suède se joignirent à l'Autriche et à la France. Les principaux événements de cette lutte en Europe ont été rappelés dans l'article consacré àFRÉoÉRiclI. La Saxe, la Bohême, la Silésie et le Brandebourg furent les principaux théâtres de la guerre. C'est là que le roi de Prusse, secondé par son frère le prince Hi^nri, par Schwerin, Seydiitz, Ziethen, etc., eut pour adversaires les Autrichiens Daun, Laudon, Browne, Charles de Lorraine, et les généraux russes Apraxin, Fermor, Sollikolf et Tchernitchetî. Dans rO. de l'Allemagne, où le duc deCumberland se montra incapable de résister aux Français, la gloire des armes prussiennes fut soutenue par le duc Ferdinand de Brunswick contre Soubise, Broglie et d'autres à Crefeld (23 juin 1758), à Minden (1« août 17o9) et ailleurs. Cependant Frédéric était sur le point d'être accablé lorsque la mort d'Elisabeth le sauva (.'i janv. 1762). La France, bien que victorieuse en Amérique au début, fut dépouillée de sa puissance coloniale. Elle perditsuccessivement Louisbourg(l7.j8l, Québec (l7o>J', la Guadeloupe (1759), la .Martinique (1762) et d'autres i-les des Antilles. Hawke battit la flotte française à la hauteur de Quiberon en 1759,61 Belle-Isle fut prise en 1761. Clive abattit la puissance française dans l'Inde. Sur la côte africaine, les Anglais lurent également heureux. En vain Choiseul conclut-il, en 1761, le « pacte de famille » qui unit les difl'érentes branches de la maison de Bourbon. Pendant que Charles III d'Espagne attaquait sans succès le Portugal, les Anglais s'emparaient de la Havane (1762) et des Philippines. La guerre se termina par le traité de Paris (10 t'év. 1763) entre l'Angleterre, la France et l'Espagne, dont les préliminaires avaient été signés le 3 nov. 1762, et par celui de Hubertsbourg (1 5 fév. 1 763) entre la Prusse et l'Autriche. La Silésie resta à Frédéric. L'.\ngleterre garda le Canada et une partie de ses conquêtes aux Antilles etsur le Sénégal; elle acquit en outre la Floride de l'Espagne à laquelle la France céda, comme compensation, la Louisiane.
SEPTAIN s. m. [^è-tain] (fr. sept). Littér. Pièce, stance, strophe ou couplet de sept vers.
SEPTAINE s. f. [sè-tè-ne]. Nombre de sept ou environ : une septaine de mouchoirs.
•SEPTANTE adj. num. [sé-ptan-te](lat.septuaginta). Soixante et dix, nombrecomposéde sept dizaines. (Vieux.) — Substantiv. Les Sep tante, les soixante et dix interprètes qui, suivantl opinion commune, traduisirentd'hébreu en grec, par ordre de Ptolémée Philadelphe, roi d'Egypte, les livres de l'Ancien Testament : la version des Septante.
SEPTANTIÈME adj. [sè-ptan-ti-è-me]. Qui occupe le rani; marqué parle nombre soixantedix. On dit mieux Soixante-dixième.
SEPTEMBRAL, ALE adj. [sè-ptau-]. Qui a rapport au mois de septembre.
• SEPTEMBRE s. m. [sè-ptan-bre] (lat. september). Le mois qui était le septième de l'année, quand elle commençait au mois de mars, et qui est maintenant le neuvième : l'automne commence le 21 ou le 22 septembre. — Quatre-Septembre. On appelle de ce nom la levuUition que l'on pourrait qualifier de pacifique et qui eut pour résultat de subs-
SEPT
titue'r au régime impérial lo gouvernement de la Dt'feiiSe. nationale uu. s la jourjiée' du 4 sept. \SlO. -Ce jour-là, la déchéance fut proposée au Corps législatif par Jules Favre et fut* proclamée aux applaudis>einents du peuple. (Voy. France.) Dans la soirée, lo Sénat tut dissous sans résistaace, et l'impératrice prit la fuite.
SEPTEMBRISADES s. f. pi. [sè-ptan b.iza-de]. Nuiu donné quelquefois aux évi^ncments plus connus sous le nom- de iMA.ss.\CRE3 DE Septembre.
* SEPTEMBRISEUR s. m. [sè-ptau-bri-zeur I. Auteur des massacres des 2, 3, 4 et o septembre 1792. (Voy. France.)
SEPTEMVLR s. m.[sè-ptèmm-virj (lat. sep- «cm, sept; oir, homme). Antiq. rom. Nom donné a chacun des prêtres qui étaient charges de surveiller les banquets offerts aux dieux ou donnes à la suite des jeux publics.
. SEPTENAIRE adj. [ sè-ptè-nè-re ] (lat. septenurius). Qui vaut, qui contient sept: nombre septénaire. — s. m. Un des espaces de la vie de l'homme, quand on en divise tout le cours en plusieurs parties, chacune de sept ans, à compter du jour de la naissance : premier septénaire.
* SEPTENNAL, ALE, AUX adj. [sè-ptènnnal] (lat. septtnnalis). Qui arrive ou qui est renouvelé tous les sept ans : l'année sabbatique des Juifs était septennale; assemblée, chambre septennale.
• SEPTENNALITÉ s. f. [sè-ptènn-na-]. Se dit en parlant des assemblées politiques dont la durée est de sept ans : la septennalité d'une chambre législative.
SEPTENNAT s. m. [sè-ptènn-na]. Gouvernement d'une durée de sept ans. On désigne particulièrement sous ce nom 1« mode de gouvernement voté par l'Assemblée nationale dans la nuit du 20 oct. 1873. (Voy. France.)
■ SEPTENTRION s. m. [sè-ptan-tri-oiil (l'it. septvnlrio, pôle arctique; de septem, .-opt; triones, étoiles de la Grande Ourse). Le nord, celui des pôles du monde qui dans nos climats est élevé sur l'horizon : iaiguill aimantée se tourne toujours du coté du septentrion, vers le pôle du septentrion. — Ce pays est au
SEPTENTRION DE TEL AUTRE, il est pluS proche
du septentrion que cet autre pays : l'Aiigteterrecst au septentrionde la Normandie. — OnLJit plus ordiu.. Ce pays est au nord de tel autre.
— Astron. Constellation du nord qu'on appelle plus communément La Pemte Ourse.
• SEPTENTRIONAL, ALE, AUX adj. Qui est du côte du septentrion : le pôle septentrional.
— Substantiv. Les Septentrionaux.
SEPT-ET-LE-VA s. m. [sè-tè-le-va]. Jeu do cartes. Sept fuis la première mise.
SEPTFONS ou Sept-Fonts [sè-fon]. comni.
du cant. de Dompierre, à 2'j'kil. E. de .Moulins (Allier). Ancienne abbaye de l'ordre de Gileaux, fondée en 1152 et reconstruite au xvii" siècle ; aujourd'hui colonie agricole très prospère dirigée par les trap|ustes. Elle doit son nom à sept sources qui se trouvent en cet endroit,
SEPTICÉMIE s. f. (fr. septique; iir. aima, sang). Pathol. Altération du sang par les matières putrides.
SEPTICITÉ s. f. [sè-pti-]. Caractère de ce qui est septique.
♦ SEPTIPI s. m. [sè-pti-](lat. septimusdies). Le septième jour de la décade, dans le calendrier républicain.
* SEPTIÈME adj. [sè-tiè-me]. Nombre ordinal, qui suit immédiatement le sixième : le septième enfant. — La septième partie d'un TOUT, chaque partie d'un tout qui est ou que
SÉPU
SÉQU
SÉQU
Ton conçoit divisé en sept parties. - s. ro. Le septième jour d'une pén(rie, ou la septième partie d'un tout: le sei'tiéme du mois. — Cette femme est dans son septième, ou dans -iON SEPT, elle est dans le septième mois de sa grossesse.- En parlant de certaines mala-
dieS.XE MALADEEST DANS SON SEPTIEME OU DANS
SON SEPT, DANSLESEPT, il cst daus le septième jour de sa maladie. - s. f. Jeu de piquet. Suite de sept caries de même couleur : î("f septième mnjeure, une septième de im. On dii plus ordin., Dix-srptiîîme. — Mus. Intervalle de deux sons diti'érents, à dislance 1 un de l'autre de sept degrés, comme ut sj, ré ut, sol fa, etc. Il y a trois espèces de sepheme : la majeure, comme ut naturel et si naturel ; la mineure, comme ut naturel et si bémol ; et la diminuée, comme iit naturel et si double bémol. * SEPTIÈMEMENT adv. En septième lieu:
septièmement, je dis que...
' SEPTIER s. m. [sè-tié]. Yoy. Setier.
SEPTIFÈRE adj. [sè-pti-l (lai. septum, cloison ; fero, je porte). Bot. Qui porte des cloisons.
SEPT-iLES, groupe de sept îles françaises do la Manche, près du rivage du département des Côtes-du-Nord, arr. de Lannion.
SEPTIMANIE, nom donné vers la chute de lempire romain d'Occident, à un territoire comprenant les sept villes de Narboiine , Agde , Carcassonne , Maguclonne , Elne , Mines et Uzès, des Pyrénées au Rhône et des Cévcnnesà la Méditerranée. (Voy. Languedoc.)
SEPTIME SÉVÈRE. 'Voy. Sévère.
SEPTIMO (mot lai.). Septièmement.
• SEPTIQUE adj. (gr. sêptikos, corrompu). Méd. Qui produit de lapuliéfaction. — Poisons septiques, poisons qui dé terminent une décomposition du sang, des lissas elproduisenl des all'ections gangreneuses : le charbon est un poison septiquc. — Se dit aussi des topiques qui font pourrir les chairs sans causer beaucoup de douleur.
• SEPTUAGÉNAIRE adj. [sè-ptu-a-]. Agé de de soixante et dix ans : il est septuagénaire. — s. Les septuagénaires sont exempts de certaines ehanjes publiques.
• SEPTUAGÉSIME s. f. [sè-ptu-a-jé-zi-mel (lai. septuiuje!>imus, soixante-dixième). Le dimanche qui précède la Sexagésime, et qui est le troisième avant le premier dimanche de carême: c'est aujourd'hui la Septuagèsme.
SEPTDAGESIMO adv. [sè-ptu-a- jé-zi-mo].
Soixante-dixiémement.
SEPTULE s. f. [sè-plu-] (dimin. du lat. srpttim, cloison). Bot. Petite cloison qui sépare les loges de l'anthère des orchidées.
SEPTDM s. m. [sè-ptomm] (lat. septum, enceinte) Hist. rom. Chacune des enceintes où le peuple se plaçait par curies, avant le vole.
• SEPTDOR s. m. [sè-ptu-or] (mot lat.). Mus. Morceau pour sept voiï ou pour sept instruments.
• SEPTUPLE adj. [sè-plu-] (lat. septupla). Qui vaut sept fois autant : quatorze est septuple de deux. — s. m. Il a tiré de cette entreprise le septuple de ce qu'il espérait.
• SEPTUPLER v. a. Rendre sept fois plus grand, multiplier un nombre par sept.
•SÉPULCRAL, ALE, AUXadj. Qui appartient, qui a rapport au sépulcre : inscription sépulcrale. — Chapelle sépulcrale, chapelle destinée à contenir des tombeaux, et ornée dans le genre funéraire ou sépulcral. — Statue, l'iGURE sépulcrale, stalue destinée à l'ornemenl d'un tombeau. — Fig. Cet bommk a une FIGURE SÉPULCRALE, sa figure esl pâle, triste, nombre. — Fig. Voix sépulcrale, voix sourde,
comme sérail celle qui sortirait d'un souteri-aiii.— Organe sépulcral, l'organe de la voix, lorsqu'il esl ranque et sourd.
* SÉPULCRE s. m. (lat. sepulcrum). Tombeau, moncinient, lieu particulier destiné pour y mettre un corps mort. Ne se dit plus, dans le style ordinaire, que pour signifier les tombeaux des anciens : sépulere souterrain.
* SÉPULTURE s. f. (lat. sepullxtra). Inliumalion : les pi/ramides d'Egypte ètnient destinées à la sépnillure des rois. — Etre privé de SÉPULTURE, rester SANS SEPULTURE, n'être point inhumé. — Etreprivé des honneurs de la sépulture, ou simpl., Etre privé de la sépulture, n être pas inhumé avec les cérémonies convenables, usitée?.— Etre privé de la sépulture ecclésiastique, n'êlre point inhumé en terre sainte. — Droit de sépulture, droit qu'on a d'être enterré en tel lieu; et, Droits de sépulture, ce qui est dû au curé ou à son église pour l'inhumation d'un morl. — Lieu où l'on enterre un corps mort : cette famille a sa sépulture dans tel cimetière. — Législ. « Aucune sépulture ne peut avoir lien, à moins d'une autorisation spéciale du gou vernement, dans les églises, temples, synagogues, hôpitaux, chapelles publiques, et généralement dans les édifices clos et fermés où les citoyens se réunissent pour la célébration de leurs cultes, ainsi que dans l'enceinte des villes et bourgs. 11 doit y avoir, hors de ces villes ou bourgs et à la distance de 33 m. au moins des habitations, des terrains spécialement consacrés à l'inhumation
Ides morts. Toute personne peut être inhumée sur sa propriété, pourvu que cette propriélé soit à la distance de 3lj m. de l'en- | ceinte des villes ou bourgs. Les lieux de , sépulture, soit qu'ils appartiennent aux communes, soit qu'ils appartiennent à des par- j ticuliers, sont soumis à la police et à la surveillance des administrations municipales. Ces administrations sont spécialement chargées de maintenir l'exécution des lois et des règlements qui prohibent les exhumations non autorisées, et d'empêcher qu'il ne se commette dans les lieux de sépulture aucun désordre, ni aucun acte contraire au respect qui est dû à la mémoire des morts (Décr. 23 prairial an XII). 11 n'est plus permis d'établir, dans les lieux de sépulture, des distinctions particulières à raison soit des croyances ou du culte du défunt, soit des circonstances qui ont accompagné sa mort (L. U nov. 1881; L. 0 avril 4884, art. 97, 4°). Aucune sépulture ne peut avoir lieu avant l'autorisation d'inhumer délivrée par l'olTicier de l'état civil (Décr. 4 thermidor an XIII; C. civ. 77). Les inscriptions placées sur les pierres tumulaires ou autres monuments funèbres doivent avoir été préalablement soumises à l'approbation du maire (Ord. 6 déc. 1843, art. 6). Quiconque s'est rendu coupable de violation de sépulture est puni d'un emprisonnement de trois mois à un an et d'une amende de 46 à 2U0 fr. (C. pén. 36U). (Voy. Cimetière, Crémation, Inhumation, Poupes funèbbes, etc). » (V. S.) (Cii. Y.)
SEPULVEDA (Juan-Ginez de) [sé-poul'-véda], historien espagnol, né en 1490, mort en LjU. 11 fut chapelain et historiographe de Charles V. et il écrivit l'histoire de ce prince et de Philippe 11, et celle des conquêtes ospagnôles au Mexique. L'académie royale d'hisloire de Madrid a publié ses œuvres (1780, 4 vol. in-4°).
SEQUANAIS ou Sequaniens, Sequani, puissant peuple celtique de la Gaule Belj;ique, répandu dans les pays appelés plus lard Franche- Comté et Bourgogne, ils devaient leur nom
Mnxima Sequnnnrum. nom donné par les Romains iiii piiys liabilé par les Séquanais.
SÉQUANIEN, lENNE adj. [sékoua-ni-ain] (rad. lat. Sequann, Seine). Qui appartient ù la Seine ou au bassin delà Seine : climat séquanien.
à la Sequana (Seiue) qui avait sa source sut leur froutière N.-E. '""- - '^— '■-'"sançou).
Ville pr., Vesoiitio (Be SÉQUANAISE ou Séquanie (Grande),
* SÉQUELLE s. f. Coll. [sé-kè-lc] (lat. segue/a, suite). Se dit par mépris d'un nombre de gens qui sont attachés au parti, aux sentiments, aux intérêts de quelqu'un : je me moque de lui et de toute sa séquelle. — Se dit quelquefois des choses : cet homme est venu me faire une longue séquelle de questions ridicules.
' SÉQUENCES. f.[sé-kan-se](lat.S'?g«e«<ia). Jeux de cartes. Suite de trois caries au moins, de la môme couleur et dans le rang que le jeu leur donne : elle prend son nom de la carte la plus haute : séquence de roi de cœur. — Arrangement particulier que chaque Cartier a coutume de donner à sesjeux de cartes.
* SÉQUENCE s. f. Mus. Pièce de plain-chant en vers mesurés et rimes que l'on chante aux messes solennelles après le graduel et l'alléluia et que l'on appelle aussi Prose.
• SÉQUESTRATION s. f. [sé-ké-stra-si-on]. Action pal laiiiielle on séquestre; étal de ce qui esl séqueslré: séquestration de biens. — La séquestration des personnes, lorsqu'elle n'est pas prescrite par la loi ou régulièrement ordonnée par les autorités, est un crime qui est puni plus ou moins rigoureusement selon les circonstances. (Voy. Arrestation.)
' SÉQUESTRE s. m. [sé-kè-stre] (lat. sequesirum). Jurispr. Etat d'une chose lilio-ieuse remise en main tierce par ordre de fuslice, ou par convention des parties, jusqu'à ce qu'il soit réglé et jugé à qui elle 1 appartiendra: séquestre conventionnel. — Se dit de même en parlant des personnes : les parents demeurèrent d'accord de mettre celte fille en séquestre dans tel monastère, chez telle dame. (Voy. Séquestrer.) — Celui entre les mains de qui les choses sont mises en séquestre : il faut choisir un séquestre solvable. — Chose séquestrée : on a mis un gardien infidèle qui a pillé le séquestre. — Législ. ic Le séquestre conventionnel esl le dépôt tait par plusieurs d'une chose litigieuse, meuble ou immenble, entre les mains d'un tiers, à char:;e par celui-ci de la conserver et de la lendi-e à la personne qui sera jugée y avoir droit. Ce séquestre est presque toujours gratuit; el il est soumis aux règles du dépôt volontaire. (Voy. Dépôt.) LeséguMin'jwrfi'cûure est ordonné par justice et peut s'appliquer, comme le précédent, soit à des choses mobilières ou immobilières dont la propriété ou la possession esl litigieuse, soit à des choses (autres que des sommes d'argent) qu'un débiteur offre à son créancier pour se libérer et que celui-ci refuse de recevoir, soit au cas 1 où un usufruitier ne peut fournir caution de ' sa «estion. 11 y a aussi séquestre judiciaire lorsqu'un huissier, après avoir procède à une saisie mobilière, établit un gardien de cetlesaisie. Le gardien dece derniersequeslre a droit à un salaire qui esl fixé, suivant les communes, par le tarif civil (C. civ. ()04, 1956 et s.). Le séquestre des biens aun^condamné contumace, prescrit par l'article 471 du Code d'instruction criminelle, est confie a l'administration de l'enregistrement. (Voy.
CoNrUMACK.)» (Ch. Y.)
* SEQUESTRER v. a. Mettre quelque chose en séquestre : les revenus furent séquestrés. — Renlormer illégalement une personne; la mettre en chartre privée : la toi inflige la prine des travaux forcés à ceux qui, sans ordre ni mandat de justice, ont arrêté, détenu ou séqueslré des personnes quelconques. - Ecarter, séparer des personnesd'avecquelques autres: c'est un homme fâcheux, il faut le séquestrer d uKecHous. — Mettre à part, mettre décote:
SERA
«7 avait séquestre les meilleurs efftts, pour frauder les héritiers de sa femme.
' SEQUINs. ra. [se-kain] (ar. 5e/it(iA, coin; ital. zecrhino; de zecca, hôlel des monnaies). Monnaie d'or qui a cours dans le Levant : en Turquie, le sequin vaut envirt^n neuffrajics. — Le sequin toscan vaut un peu plus de 10 l'r. La valeur du sequin turc varie suivant l'époque où il a été frappé.
SEQUOIA s. m. [sé-ko-ia] (mot indien), nom botanique d"un genre de grands conifères abiélinés, à feuilles persistantes, qui ne contient que deux espèces, l'une et l'autre originaires des côtes américaines du Pacifique. La plus anciennement connue est le fois rouge {redtvood) des Californiens, {séquoia sempcrvirens). découvert par Menzies en 1796, et nommé par Endlicher. Cet arbre se trouve au N. de la frontière de Mexique et jamais loin de la côte. Il atteint parfois un diamètre de
Groupe d'arbres mammouths.
a m. et une hauteur de 100 m. Son bois est léger et d'un grain serré, mais peu fort; il ressemble beaucoup à celui du cèdre rouge, quoiqu'il soit plus foncé; il se fend avec une facilité remarquable, ce qui l'a souvent fait employer pour les palissades; on peut le débiter en planches et en chevrons sans le secours de la scie. Eminemment durable et inattaquable aux insectes, il sert aux constructions et à la menuiserie. On dit qu'il sèche sans se contracter. — La seconde et seule autre espèce est le séquoia gigantea (Torrey), vulgairement connu sous les noms d'arbre gigantesque de la Californie, et d'arbre mammouth. Avant la découverte, relativement récente, de l'eucalyptus d'Australie, cet arbre était regardé comme le géant des végétaux; il a souvent 10 in. de diamètre, et de 90 m. à 173 m. de hauteur. Son écorce, qui a fréquemment 43 centim. d'épaisseur, est d'une couleur brune ou cannelle. Cet arbre n'a pas réussi dans les états de l'E., mais il croît remarquablement bien dans l'Europe occidentale, où on l'appelle Wellingtonia (Lindiey) ou séquoia Wellingtonia.
- SÉRAIL s. m. [sé-raï; l ml.](ital. «eroff/io). Nom particulièrementalfectéau palais qu'habitent l'empereur des Turcs, les grands du pays, et plusieurs autres princes mahométans : le sérail de Constanlinople. — Palais. Partie du palais où les femmes sont renfer-
SERA
mées, et dont le véritable nom est Harem : les eunuques du sérail. — Par ext. Toutes les femmes qui sont dans le sérail, et leur suite : le Grand S-'igneur a marché, mais snn sérail n'a pas suivi. — Maison où quelqu'un tient des femmes de plaisir, et réunion même de ces femmes : cette maison est un vrai sérail.
SERAIN, rivière qui prend sa source dans le canton de Pouilly (Côte-d'Or), baigne Chablis, Ligny-le-Cbàteau et se jette dans l'Yonne à 12 kil. S.-E. de Joigny, après un cours de 140 kil.
SERAING [se-rin1, ville de Belgique, à 10 k. S.-O. de Liège; 30.1SU hab. .Mines de fer et de charbon; célèbres ateliers de vente et de construction de machines établis en 1816, par John Cockerill.
SERAMPORE [sé-ramm-poré], ville du Bengale, dans l'Inde, sur la rive occidentale du Hoogly, à 13 kil. N. de Calcutta, avec laquelle elle est reliée par un chemin de fer; 15,000 hab. Ce fut une colonie du Danemark, de lii76 à (845. La grande industrie y est la fabrication du papier.
SÉRAN s. m. Sorte de peigne qui sert à seraiicerle chanvre elle lin.
SÉRAMÇAGE s. m. Action de sérancer le lui ou le chanvre. — Atelier où se fait ce ti avail.
SÉRANCER V. a. Agric. Diviser la filasse du 1 n uu du chanvre après qu'elle a été séparée ie la ehènevutte.
' SERANCOLIN s. m. Sorte de marbre de couleur d'ai-ate, qui tire son nom du lieu des Pyi énées où ^e trouve la carrière.
* SÉRAPÉUM s. m. [sé-ra-pé-omm] (mot lat. derivf de Sirapis, n. pr.). Nom donné aux temples de Sérapis. — Encycl. Lorsque, en 1831, Auguste Mariette lit la découverte du Serapéum, au milieu des ruines de Memphis, on trouva dans cette vaste nécropole souterraine les tombeaux des bœufs Apis (au nombre de soixante-quatre), inhumés en ce lieu depuis le xvii'= siècle av. J.-C. jusqu'au premier siècle de l'ère chrétienne. On recueillit, soit sur les pierres, soit sur les pa- I v:us renfermés dans la crypte, un grand nombre d'inscriptions qui ont agrandi le domaine de l'histoire politique et religieuse de l'ancienne Egypte. 11 a été rendu compte de ces découvertes dans diverses publications qui ont été résumées notammentparM. Ernest Uesjardins, auteur d'un article sur l'Egyptologie française, publié dans \a.Revue des Deux- Mondes (n° du 15 mars 1874). Il résulte des documents trouvés dans le Serapéum que, si la religion des Egyptiens a été d'abord panthéiste, elle se transforma jujqu'à devenir presqu'un monothéisme; et cela concorde avec plusieurs passages jusqu'alors mal expliqués de Slrabon, de Pline, d'Ammien Marcellin et d'autres historiens de l'antiquité. D'après les textes hiéroglyphiques, Osins est le dieu suprême, le principe de toutes choses. Apis est l'incarnation d'Osiris : c'est Osiris fait chair sous la forme d'un taureau marqué de certains signes et qui a été enfanté par une génisse devenue mère sans cesser d'être vierge. Suivant Hérodote, « .\pi3 ou Epaphos « est engendré par une génisse qui ne doit u porter dans son sein aucun autre fruit. Les « Egyptiens disent qu'un éclair descend du » ciel sur cette génisse et qu'alors elle donne « naissance à Apis ». Selon Plutarque, Apis est enfanté par le contact de la lune. Les hiéroglyphes du Serapéum portent que Phtah, c'est-à-dire l'esprit de Dieu, est intervenu pour produire cet enfantement. Enfin, on lit sur une table à libations qu'Apis est à la fois l'incarnation d'Osiris et le souffle vivant de Phtah. Osiris, Apis et Phtah sont trois dieux en un seul ou trois manilestations de la divinité. Apis vit parmi les hommes et il
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doit mourir de mort violente à un âge marqué d'avance. Après sa mort, il ressu^scite et retourne dans le sein de Dieu sous le nom de Sérapis. La génisse, vierge-mère d'.\pis, était elle-même l'objet d'un culte, et, suivant Strahon, une partie du temple de Memphis lui était réservée. Mariette a aussi trouvé dans le Serapéum le tombeau d'un personnage qualifié prophète de la mère d'Apis. •SÉRAPHIN s. m. |se-ra-fain] (hébr. séraphin; de seraph, brûler). Esprit céleste de la première hiérarchie des anges: les séraphins et les chérubins.
•SÉRAPHIQDE adj. Qui appartient aux
séraphins : ardeur Séraphique.—L^DOCTZUR si- RAPHiQUE, saint Bonaventure. — Le séraphique SAINT François, saint François d'Assise. — L'ordre sbraphiqde, l'ordre des religieux franciscains.
SÉRAPIS [sé-ra-piss], divinité égyptienne, dont le culte était dominant au temps des Ptolémées. On suppose que ce nom est un composé d'Osiris et d'Apis, ou une interversion du nom Osir Hapi donné à l'Apis mort. Le culte de Sérapis fut un instant en vogue à Rome en 146; mais il fut bientôt supprimé. Le serapéum ou temple de Sérapis à Alexandrie fut détruit par ordre de Théodose en 389. En 1830, Mariette découvrit remplacement du serapéum de Memphis. On l'a complètement remis à jour.
• SÉRASQDlERs. m. (pers. ser, chef; ar. asker, armée). .Nom que les Turcs donnent à un général d'armée, à un commandant.
SERAYEVO ou Bosna-Séraî, cap. de la Bosnie, et de l'Herzégovine, à 900 kil. .\ -0. de Couslantinople; à 190 kil. S.-O. de Belgrade, -27,133 hab. Entrepôt de commerce entre la rurquie, la Dalmatie et la Croatie. Fabrication de coton, de lainages, de fer, de cuivre, de cuirs, de coutellerie et d'armes à feu. Elle fut fondée par les Hongrois en 1263. Le prince Eugène prit la ville, mais non la citadelle en 1097. Les Autrichiens la bombardèrent et la prirent de vive force, le '9 août 1878; elle fut encore plus rudement éprouvée, en août 1879, par un incendie à la suite duquel 20,000 personnes se trouvèrent sans domicile.
SERBATI. Voy. Rosmini-Serbati.
SERBE s. et adj. De la Serbie; qui appartient à ce pays ou à ses habitants.
SERBIE (slav. Serbia; turc, Syrp; ail. Serbien; serbe Knjazestvo Srbija), royaume de l'Europe orientale, borné au i\. par la Hongrie (dont il est séparé par la Save et le Danube , à 10. par la Bosnie (avec la Drina, affluent du Danube, pour limite naturelle sur une grande partie de la froniière), au S. par la Turquie ; à 1 E. par la Bulgarie, et au N.-E. par la Roumanie (asec le Danube pour frontière) ; entre 42'' 20' et 43» lat. N. et entre il" et "20" 15' Ions. 0.; 48,680 kil. carr. ; 2,284,4(10 hab., dont 130,00u Valaques et 2d,0u0 Bohémiens ou Gypsies. Cap., Belgrade ,'55,000 hab.); villes princ. : Nich ou Nissa, Alexinatz, Kraguyevatz, Semendria, etc.
Territoire accidenté, traversé par des ramifications des Carpathes, des Balkans et des Alpes Dinariques, où l'on trouve de vastes forêts et de nombreuses terres incultes. Le Danube et son attluent, la Save, marquent en partie ses limites au N. et à l'E. Les autres cours d'eau de la Serbie, tributaires de ceuxci, sont la Drina, sur la frontière occidentale, la Morava et le Timok. Les terres basses sont très fertiles; les céréales y abondent, on récoite aussi de bon vin blanc, du tabac, du chanvre et des fruits; mais ce sont les chevaux, bœufs, moutons et porcs qui sont la grande source des richesses du pays. On exporte des grains, des peaux, de la laine, des bestiaux et surtout des pourceaux. Les
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mines y sont riches et abondanles, mais iiiL-omplèteinenl exploitées. L'industrie n'y produit guère que pour la consonimaliou intérieure. — Les Serbes offrent l'un des types les plus caractéristiques de la race slave. Il n'y a pas de noblesse chez eux, et les paysans sont propriétaires du sol. Une sorte de pa- Iriaicale communauté d'intérêts règne paririi les clnsses laborieuses. La religion établie est la religion grecque, et il est riçoureusemenl interdit de s'en séparer. Cependant les catholiques romains (4,500), les protestants (.HOO) et les juifs (4,000) jouissent de la liberté religieuse. Le gouvernement pourvoit aux besoins de l'enseignement supérieur mieux que ne le font les communes pour l'enseignement primaire; oepi-ndant, l'instruction élémentaire est gratuite et obligatoire. — En vertu de la constitution de 18(59, le pouvoir exécutif appartient à un souverain héréditaire, assisté d'un conseil de 8 ministres responsables. L'autorité législative est exercée par deux corps indépendants, le sénat et la skoupschtina ou assemblée nationale. Le premier se compose de lo membres nommés par le roi; la seconde comprend 178 membies. dont les trois quarts sont élus et les autres sont nommés par le souverain. Le roi peut, dans des circonstances particulières, convoquer une grande assemblée nationale de 512 membres, pour décider sut les questions constitutionnelles. Tout Serbe âgé de 21 ans et payant une taxe est éligible et électeur. L'armée nationale ou milice compte environ 73,500 hommes ; l'armée aciive ou permanente. 80,000 hommes environ. — Les habitants primitifs de la Serbie furent surtout des Thraces. Conquis par les Romains dès les premiers temps de l'empire, ce pays forma une partie de l'illyrique, sous le nom de .Mœsie supérieure. Parcouru et ravagé par les Huns, les Oslrogoths et autres barbares, il tomba sous la domination bizantine au vi° siècle et, au commencement du vn', fut dév-asté par les Avares. Ceux-ci furent chassés par les Serbes slaves du N. des Carpathes, dont l'empereur Héraclius avait invoqué le secours. Us reçurent en récompense les contrées ravagées, et embrassèrent le christianisme. LaSeï bie resta vassale des empereurs d'Orient; mais les pouvoirs locaux y entretinrent un esprit de liberté. L'autorité impériale y fut rétablie dans son entier, au ix" siècle, par Basile 1", surnommé le Macédonien. Plus tard, les Bulgaresy furent longtemps les maîtres; mais leur pouvoir lut "battu en brèche par Jean Zimisces et complètement détruit par Basile 11, en 1018. Stephen Bogislas fonda une principauté serbe indépendante vers 1043. Son fils, Michel (IOoÛ-'80), s'appela roi [kral] et fut reconnu par le pape. Slephen Nemania fonda une nouvelle dynastie en H6o, conquit la Bosnie et autres territoires, et fit de Rassa (auj. Novibazar) sa capitale, et son royaume reçut le nom de Rascien. Son fils, Etienne 1"', fut couronné en 1217. Le plus illustre de ses successeurs est Etienne Ûushan (1336-'o6), qui conquit, presque toute la Macédoine, I Albanie, la Grèce septentrionale et la Bulgarie. Mais son fils, Urosh V, perdit presque toutes ses conquêtes; l'assassinat d'Urosh, en 1367, mit lin a la dynastie. Son successeur, le waywode (gouverneur) 'Vukashin, pt-rit dans une bataille contre les Turcs en 1371. Lazare l'' fonda une nouvelle dynastie en 1374. En 1389, il fut battu, dans les'hautes plaines de Kosovo, par Ainural 1"'', qui le lit mellre à mort, ayant lui-même reçu une blessure morlellc de la main du beau-frère du roi serbe. Le lils de celui-ci, Elii^nne, eut, en 14i7, George Brankovitch pour successeur. .\.vec Jean Hunyade, il lit la guerre a son gendre, Amurat II; Hunyade, après des victoires réitérées, fut battu, en oct. 1448, de nouveaudansles plaines de Kosovo. Mahomet II
SERB
acheva la conquête de la Serbie en 14.'i4; mais en 1456, Hunyade le contraignit à lever le siège do Helgrade. Lazare II, lils de George, obtint sa succession en 1455 eu empoisonnant sa mère et en chassant ses deux frères. Il mourut eu 1458, et avec lui finit sa dynastie. En 1459, Mahomet II incorpora la Serbie dans l'empire turc, à l'exception de Belgrade que les Hongrois possédèrent jusqu'à la prise de cette ville par Soliman le Magnifique, en 1521. Les Turcs réduisirent en esclavage 200,000 Serbes et exterminèrent des familles entières; enfin, des pachas avides réduisirent presque le pays à l'étal de désert. L'Autriche reçut Belgrade et une grande partie de la Serbie septentrionale à la fin de sa guerre avec la Turquie, en 171 S; mais la paix de Belgrade (I739i y rétablit la domination turque. Le paysan Czerny George se mit, en 1805, à la tête d'une révolte, et obligea le sultan à le reconnaître comme chef des Serbes (1807). (Voy. Czkhny Geouge.) Après le traité du Bucharest (1812), la Russie et la France abandonnèrent la Serbie qui retomba sous le joug des Turcs (1813). Mais, en ISIo, Milosh Obrenovitch mit définitivement fin à leur tyrannie. Le jour des Rameaux de 1815, il donna le signal de l'insurrection. Il battit les Turcs à plusieurs reprises, s'assura une indépendance partielle en 1816, et finit par devenir hospudar ou prince, en nov. 1817. Il fut contraint d'abdiquer le 13 juin IS39, en faveur de son fils Milan, qui mourut le 7 juillet, et eut pour successeur son plus jeune frère, Michel. Celui-ci fut chassé de Serbie le 7 sept. 1842 par les partisans de la Turquie, sa dynastie déclarée déchue, et .\lexandre Karageorgevitch, fils de Czerny (ou Kara) George, élu prince le le 24 sept. Sa complaisance pour la Turquie, pendant la guerre de Crimée, engagea cette puissance à consentir à ce que la Serbie lût placée, par le traité de Paris en 1856, sous la protection collective des puissances européennes. Mais il fut déposé le 23 déc. 1858, et Milosh, bien que presque octogénaire, fut rétabli. Il mourut en 1880, et Michel redevint le prince régnant. En 1867, Michel obtint le retrait des garnisons turques de Belgrade et de toutes les autres forteresses. M fut assassiné le 10 juin 1868. Il avait adopté son neveu, Milan (né en 1854), qui fut élu prince le 2 juillet 1868 sous le nom de Milan Obrenovitch IV, et pourvu d'une régence de trois membres jusqu'au 22 août 1872, époque où il fut déclaié majeur. Au commencement de juillet 1876, la Serbie, faisant cause commune avec les insurgés dé l'Herzégovine et de la Bosnie, déclara, en même temps que le Monténégro, la guerre à la Turquie et prit l'offensive avec trois corps d'armée. Ceux-ci ne tardèrent pas à être repoussés, et, après plusieurs défaites, essuyées par leur général, le RusseTchernayetf, qu'avaient suivi quelques milliers de volontaires russes, la Serbie ne dut son salut qu'à l'intervention de la Russie. (Voy. Russo-Turque). Les Seibes furent heureux d'accepter une paix ratifiée le 4 mars 1877; ils avaieiitperdu 8,000 tueset 20,000 blessés. Mais la Serbie rentra bientôt dans la mêlée (14 déc.) et obtint, lors du traiié de Berlin, un agrandissement de territoire et son indépeiiLiaiice absolue. Le prince Milan fut proclamé roi le 6 mars 1882. sous le titre de Milan I". — Dette nationale, 330 millions de dinars; recettes et dépenses, chacune 56 mil lions de dinars. — Chemin de fer, 540 kil. — Télégraphes, 2,912 Uil. de lignes. — La Serbie a accepté, par la loi du 20 juin 1S75, le système décimal français pour les monnaies et les poids et mesures. L'unité monétaire serbe est le dinar qui équivaut à 1 fr. Le milan d'or est égal aux pièces d'or de 20 fr. de France. Il y a aussi des pièces d'argent de 50 centimes {para) et des pièces de cuivre et de nickel de 20 cent., de 10 cent.
SHftE
et de 5 cent. — Langue et Littérature. La
langue serbe forme, avec lo russe et le bul- L'are, le rameau oriental des langues slaves. Dans le sens le plus large du terme, on. l'appelle souvent l'illyrien ou l'illyriccscibe. Le serbe comprend les idiomes des Serbes propres (Serbie, Bosnie, Herzégovine, Dalmatie et Hongrie), des Croates et des Sloventzi ou Wendes. Les Serbes qui appartiennent à l'Eglise grecque se servent de l'alphabet de Cyrille; tandis que les catholiques romains (Dalmates, Croates et Wendes) ont adopté l'alphabet latin. Schafarik estime qu'en tout, la langue serbe est parlée par 7,250,000 individus, dont plus de 4,500.000 vivent sous la loi de l'Autriche, plus de 2.500,000 sous la loi turque, et environ 100,000 sous la loi russe. — Parmi les plus anciens écrivains de la Serbie, on cite Etienne, le premier roi (1217), son frère, l'aichevêquc Sava (mort en 1237). Domentien (vers 1263), et surtout l'archevêque Daniel (1291 -33s), auteur du principal ouvrage sur l'histoire ancienne de la Serbie, intitulé Rodoslov « Registre généalogique ». Pendant les trois siècles suivants, le seul ouvrage important flit une histoire de la Serbie par Brankovitch (1643-I7H). J. Raitch (1726-1801) acquit de la réputation avec son histoire des Slaves (Vienne, 1792-'95, 4 vol.). Le premier qui écrivit en langue vulgaire fut le moine Dosithée Obradovitch(1739 ISI I), dont les œuvres ont été publiées à Belgrade en 1833 (9 vol.). Demetrius Davidovitch, de 1814 à 1822, rédigea, à Vienne, le premier journal serbe, et Vuk Stefanovitch Karajiich (1787-1864) fixa l'alphabet serbe actuel et réduisit la langue à certaines règles générales. Sa collection de chants populaires serbes (l8l4-"33, 4 vol.) contient des beautés qui attirèrent l'attenlion des étrangers. Parmi les meilleurs écrivains serbes contemporains se placent Simeon Milutinovilch , auteur de l'épopée' nationale Serbianka (1826) et d'une histoire de la Serbie de 1813 à 1814 (1837), et l'archevêque Mushilzki de Carlovitz, dont les œuvres ont été publiées à Pesth en 1838. Les principaux centres de la liltérature serbe sont Pesth, iNeusatz et Belgrade. Tchubar Tchoikovitch a publié des collections de poésies populaires du. Monténégro. Aujourd'hui, grâce à l'étude des anciens et aux ell'orls de Karajitcb et de L. Gaj, éditeur de la Gazette illyrienne, àAgram, la langue littéraire de tous les Serbes est. à peu de chose pré , la même, quel que soit l'alphabet employé. — Bibliogr. Statistique de la Serbie (Belgrade, 187o-'SO, in-t») ; M. Balme, La Primipaiité de Serb e (Paris, 1880, in-S»); H. Thiers, La Serbie, son passé et son avenir (Paris, 1862, in-8°). (V. S.)
* SERDEAU s. m. Officier de la maison du roi,quirecevait,desmains des gentilshommes servants, les plats que l'on desservait de la table royale. — Lieu où l'on portait les plats de cette desserte, et où mangeaient les gentilshommes servants. — Endroit où se faisait la revente de cette desserte des tables : iiti poulet froid acheté au serdeau.
' SEREIN, EINE adj. [se-rain] (lat. serenus). Qui est clair, doux et calme. Se dit proprement de la constitution de l'air : un temps serein. — Qui annonce une grande tranquilité d'esprit, ou qui e^t exempt de trouble et d'agitation : quoiqttc malade, il eonsei-ve un esprit tranquille et serein. — Des jours sicrkins, des jours paisibles, heureux. — Méd. Gouite SEHEiNE, privaiion de la vue, cau>ée par la paralysie de la rétine ou du nerf optique.
* SEREIN s. m. (lat. sérum, soir). Vapeur humide et froide, ordinairement malsaine, qui se fait sentir au coucher du soleil : le serein est plus dangereux en été que dam d'autres xi/sons.
■ SÉRÉNADE s. f. (ital. serenata, concert