SOIE
gements. — N'être pas a soi, avoir perdu le sens : dans l'ivresse, dans le ddire, on n'est plus à soi. — Rentrer en soi, faire des réflexions plus sérieuses, plus sages. Reve- NiH A SOI, reprendre ses esprits; et, fig., reprendre son bon sens, son sang-froid. — Rentrer chez soi, rentrer dans sa maison; VIVRE CHEZ SOI, vivre sans liaison au dehors; et substanliv., Avoir u.n chez-soi, avoir une habitation en propre. Ce dernier est familier. — Etre soi, garder son propre caractère, ne pas prendre celui d'un autre: il faut touiours être soi. — De soi, de sa nature : de soi le vice est odieux. — En soi, dans sa nature : la nature est aimable en soi. — Sur soi, sur son corps, sur sa personne : la santé demande qu'on soit propre sur soi. — Fam. A part soi, en son particulier, sans communication avec les autres : faire des réflexions, une réflexion à part soi. — Joint à Même par un tiret, ne signifie rien de plus que Soi mis absolument ; mais il exprime avec un peu plus de force, et n'a pas toujours besoin d'être accompagné d'une préposition : il faut, autant quon le peut, faire ses affaires soi-même.
' SOI-DISANT loc. adv. Pratiq. On l'emploie quand on ne veut pas reconnaître la qualité que prend quelqu'un : un tel, soi-disant héritier, soi-disant légataire, etc. — Se dit aussi, par raillerie on par mépris, dans le langage ordinaire : U7i tel soi-disant docteur. (Invar, au plus.)
" SOIE s. f. [souâ] (lat. seta). Fil délié et brillant, produit par une espèce de ver, qu'on appelle ver à soie. — Poétiq. Des JOURS FILÉS d'or ET DE SOIE, le COUTS d'une vie heureuse et brillante. — Soie d'Orient, soie VÉGÉTALE, espèce de duvet qui entoure les semences de l'asclépias de Syrie, et dont on a essayé de faire des étolTes. — Encycl. On appelle soie le fil obtenu principalement du cocon de la chenille du bombyx de mûrier (bombyx mori). ( Vo\ . plus bas Ver a soie.) Les historiens chinois affirment que c'est la femme de l'empereur Hvvang-ti (vers 2600 av. J.-C.) qui, la première, dévida le cocon du ver à soie. Dès le temps d'.\nstote, ou tissait des étofl'es de soie dans l'île de Cos ; mais on ne connut pas le ver à soie en Europe avant le règne de Justinien (527-'6j). Celte industrie lit des progrès rapides; elleavait pour centre Thèbes, Corinthe et Argos. Au xii° siècle, elle s'introduisit en Sicile, et de là se répandit en Italie. Les Maures l'apportèrent de bonne heure en Espagne ; mais eu France elle ne commença réellement qu'au milieu du xvi° sièle. En Angleterre, dès lotiti, elle employait 40,U00 personnes. Jacques 1'='' fit de grands ell'orts pour établir la culture du ver à soie dans la Virginie, mais celle du tabac la supplanta. Dans la Louisiane, elle débuta en 17IS. Elle se répandit dans d'autres provinces. Mais la guerre de l'indépendance la ruina tout à fait. Elle ne tarda pas à se relever, pour retomber en décadence. — Maiiufacture de la soie. Les cocons se composent d'un fourreau de filaments lâches attachés à l'appui qui supporte le tout, d'une coque extérieure de bourre de soie molle, et à l'intérieur de celle-ci, d'une balle compacte ou cocon proprement dit. Deux fibres sortent des deu.\ orifices olfactifs du ver, et à mesure qu'elles paraissent, elles s'attachent ensemble grâce à la matière glutineuse qui les accompagne. La soie brute se compose d'un nombre quelconque de ces doubles tilaments légèrement tordus ensemble pour former un hi, qu'on appelle fil simple. H est d'ordinaire d'une couleur jaune d'or; c'est la plus résistante de toutes lus libres qui se tissent. Avaut que la chrysalide soit a terme et que le papillon ait commence à se frayer un chemin au dehors, on expose les cocons à une chaleur modérée, soit dans un fuur, soit dans un bain de vapeur, soit