LES ÉTENDARDS, SOUS LES ENSEIGNES, SOUS LES
DRAPEAUX d'un PRiNCK, embrasser le parti d'un prince, servir dans ses troupes. — Fig. Se RANGER sous l'obéissance u'cn PRINCE, se Soumettre à sa domination. - Se ranger du PARTI, du CÔTÉ de QUELQU'UN, embrasser le parti de quelqu'un- Se ranger a l'avis, a l'opinion DE quelqu'un, déclarer qu'on est de l'avis de quelqu'un : tous ks opinants se rangèrent à son avis. — Adopter une manière de vivre mieux ordonnée, pi us régulière: c'était un libertin, un dissipateur, mais il s'est rangé. — Mar. I,e vent SE range au NORD, AU SUD, ctc, le veut commence à souffler du côté du nord, du sud, etc.
RANGEDR, EUSE s. Personne qui range.
RANGOON [rann-gounn'], port de mer de la Birmanie anglaise, capitale du Pégou, sur la branche orientale de l'Irrawaddy appelée le Rangoon, à 45 kil. de la mer environ; 180,324 hab. Le port peut recevoir des vaisseaux de 1,200 tonneaux. Le riz est le principal article d'exportation.
RANIFORME adj. (lat. rana, grenouille; fr. forme). Qui a la forme de la grenouille.
RANIMABLE adv. Qui peut être ranimé.
•RANIMER V. a. (préf. r; fr. animer).
Rendre la vie, redonner la vie : Dieu seul peut ranimer les morts. — Par ex. Redonner de la vigueur et du mouvement à une partie qui est comme morte : ranimer un bras paralytique par des frictions, par des drogues spiritueuses. — Fig. Réveiller les sens assoupis, faire revenir quelqu'un d'une espèce de langueur de corps ou d'esprit : il est tout languissatrt, il faut le ranimer. — Redonner du courage : ce discours ranima les troupes, ranima le soldat. — Se dit encore, tlg., en parlant des choses physiques ou morales, et signifie, exciter, rendre l'activité, la vigueur, l'éclat : il faut ranimer ce feu qui s'éteint. — Se ranimer V. pr. Les morts se ranimaient à sa voix.
RANIN, INE adj. Erpél. Qui tient de la grenouille. — Ranke (Léopold). (V. S.)
RANULAIRE adj. Anat. Se dit des veines et des arlèrus qui sont sous la langue. (Vieux.)
• RANULE s. f. (dimin. du lat. rana, grenouille). -Méd. Tumeur œdémateuse qui vient sous la langue, auprès du frein ou du (ilelde cette partie. On la nomme aussi Grenoi.illette.
' RANZ s. m. [ranss]. Ne s'emploie que dans cette locution. Le ranz des vaches, air célèbre parmi les Suisses, et que leurs jeunes bouviers jouent sur la cornemuse en gardant le bétail dans les montagnes. — On donne le nom de ranz des vaches à des mélodies simples que les montagnards de Suisse jouent sur leurs cornets a bouquiu des Alpes. Le mot ail. huhreigen ou kuhreihen signifie files de vaches, parce que les bestiaux, en répondant à cet appel, s'avancent vers le pâtre en une ligne que précèdent les animaux ijni portent des clochettes.
RAPA
RANZANI (Camillo) [rann-dza'-ni], naturaliste italien, né un I77.T, morten 1811. En 1803, il futnoniiné |:irofesseur d'histoire naturelle à Bologne, cl en 1824, recteur de l'université. Son ouvri'.go principal, resté inachevé, est intitulé Elementi di Zoologia (1819 et s.,
10 vol.).
RAON-L'ÉTAPE. ch.-l, de cant., arr. et à 16 kil. de Saint-Dié (Vosges), au confluent de la Plaineet de laMeurthe; 4,441 hab. Combat acharné du 6 ocl. 1870, entre les Français et les troupes allemandes.
RAOUL ou Rodolphe (Saint), archevêque de Bourges, mort en SOô. Il était de sang royal. Fête le 21 juin.
RAOUL ou Rodolphe, fils de Richard, duc de Bourgogne, mort a Aux erre le 1o,janv. 936,
11 était fils de Raoul, duc de Bourgogne, et d'Adélaïde de Paris. Kn 923, il succéda sur le trône de France à Robert, qui avait pris le tilre de roi et dont il avait épousé la fille Emma. Il ne put jamais soumettre les grands vassaux, contre lesquels il lutta perpétuellement avec beaucoup d'énergie. Il perdit la Lorraine. 11 eut pour successeur Louis 11 d'Outremer, fils de Charles leSimple.
RAOUL DE CAEN, historien, qui suivit Tanci-ède en Palestine en 1096, et écrivit les faits et gestes duprince Tancrède pendant l'expédition du Jérusalem. Cet ouvrage, écrit en latin, à été traduit par Guizot dans sa collection de Mémoires relatifs à l'histoire de France.
RAOUSSET - BOULBON (Gaston Raoulx, comte de), aventurier, né à Avignon le 2 déc. 1817, fusillé à Guaymas (Me.\ique) le
12 août 1854, Après avoir gaspillé à Paris la plus grande partie de sa fortune, qui était considérable, il émigra en Algérie, où il acheva de se ruiner dans des parties excentriques de chasse et de plaisir (184-3-'48), Pendant la seconde République, il posa inutilement sa candidature à Avignon. 11 s'embarqua ensuite pour la Californie, où il se livra au commerce des bœufs. Ayant conçu le projet audacieux dégrouper les émiirrants français dispersés et de les réunir dans la Sonora. dont il eût fait une colonie française, il assembla quelques centaines d'hommes décidés comme lui, les arma, les équipa, les disciplina, se pourvut de quelques canons et de chevaux et marcha, en juin 18.i)2, vers le centre du Mexique. Vainqueur, à Hermosillo, de plusieurs milliers d'indigènes, il allait, suivant ses jirévisions, réussir dans son entreprise, quand il fut terrassé par la malaiie et une prostration physique absolue. 11 retourna à Mazatlan, vers la fin de 18b2, et s'occupa de recruter une armée plus nombreuse, qu'il organisa à San-Francisco et qui se réunit à Guaymas, au commencement de 1854. .arrivé dans cette ville, il résolut de commencer par s'en rendremaître; mais ses soldats, repoussés dans leur attaque contre la caserne mexicaine, furent désarmés. 11 fut arrêté au consulat de France et passa devant un conseil de guerre qui le condamna à mort. — Il a laissé un roman ayant pour titre : Viie Conversion, qui a été publié après sa mort (Lib. nouv., 185o). Ce roman est saisissant d'intérêt, et c'est l'œuvre d'un véritable écrivain. — Voy. Henri de la Madeleine, Le comte Gaston de Raousset-Boulbon, sa vie et ses aventures {î' édit., Paris, 18b9).
RAOUT s. m. [routtou mieux raoutt] (angl. rout; du vieux fr. rout, troupe). Réunion, fête où l'on invite des personnes du grand monde.
* RAPAGE adj. (lat. rapax). Avideet ardent à la proie. Se dit principalement des oiseaux de proie : le vautour est fort rapace. — Fig. et fam. Qui est avide et enclin à la rapine : c'est un homme rapace. — Métall. Se dit des substances qui non seulement se dissipent elles-mêmes par l'action du feu, mais encore qui contribuent à enlever les autres : les
rapf:
mines chargées d'arsenic sont rapaees. — Substantiv. Les rapaces, premier ordre de la classe des oiseaux, celui qui renferme les oiseaux de proie.
* RAPACITÉ s. f, (lat. rapacitas). Avidité avec laquelle l'animal se jette sur sa proie : la rapacité d'un oiseau de proie. — Fig. Avidité d'un homme qui s'empare du bien d'aulrui : ce village a été exposé â la rapacit,: du soldat.
RAPARIER V, a. (préf. r; fr. aparier). Aparier de nouveau.
* RAPATELLE s. f. Toile de crin, qui sert à fane de? tamis, des sas.
RAPATRIAGE s. m. Réconciliation: c'est lui qui a fait ce rapatringe. On dit quelquefois dans ce sens Rapatriement.
* RAPATRIEMENT s, m. Renvoi dans sa pairie, par la voie des agents consulaires, d'un marin naufragé ou resté en pays étranger. — Se ditau^si en parlant de tout étranger qui est renvoyé dans sa patrie par les soins d'un agent consulaire de son pays. — Par ext. Retour de troupes employées dans une e.Kpédilion lointaine.
' RAPATRIER v. a. Renvoyer, ramener dans la pairie : ces matelots ont été rapatriés parles soim du consul français.
* RAPATRIER v. a. Réconcilier, raccommoder des personnes qui étaient brouillées : il y avait longtemps qu'ils étaient brouillés, on les a rapatriés. — Se rapatrier v. pr. Us se sont rapatriés de bonne foi. (Fam.)
RAPATRONNAGE s. m. Réunion qu'on fait du tronc d'un arijre coupé à une souche qui est resiée en terre, pour vérifier si l'un provient de l'autre.
* RAPE s. f. Ustensile de ménage, fait d'une plaque de métal hérissée d'aspérités, ordinairement courbée, et clouée sur une planchette à manche. Cet uslensile sert à mettre en poudre du sucre, de la muscade, de la croûte de pain, et autres choses semblables : une râpe de fer-blanc. — Hape a TABAC, râpe plate dont on se sert pour mettre en poudre du tabac. — Espèce de lime dont les sculpteurs et certains ouvriers se servent : cette figure est en tel état, qu'on y peut passer la râpe.
* RAPE s. f. Grappe de raisin de laquelle tous les grains sont ôtés : tous les grai}is de cette grappe sont tombés, il ne reste plus que la râpe. On dit aussi Rafle.
* RÂPE s. m. Raisin nouveau qu'on met dans un tonneau pour raccommoder le vin quand il se gâte : passer du vin par le râpé, sur le rdpé. — Vin qui a passé par le râpé : il ne nous a donné à boire que du râpé, du mauvais râpé. — Râpé de copeaux, certaine quantité de copeaux qu'on met dans un tonneau pour éclaircir le vin.
* RÂPÉ, ÉE part, passé de Râper. — Fig. et fam. Un habit râpé, un habit usé jusqu'à la corde. — Se dit aussi, pop,, d'une peisonnc qui porte des vêtements usés et qui a l'air misérable : il est bien rdpé.
' RÂPER V. a. Mettre en poudre avec la ripe ; râper du sucre. — User la surface d'un corps avec l'espèce de lime appelée Hape, pour dégrossir celte surface, pour lui donner la forme qu'on veut : râper un morceau de bois, d'ivoire, avant de le polir. — t* Se râper v. pr. S'user : cet habit commence à se râper.
' RÂPES s. f. pi. Crevasses ou fentes transversales qui se forment au pli du genoa d'un cheval, comme les malandres : tes râpes différent des malandres, en ce que les unes sont transversales, et les autres longitudinales.
RAPETASSAGE s. m. Action de rapetasser ; résultat de cette action. — Fig. Corrections successives qui dénaturent un ouvrage.
RAPH
* RAPETASSER v. a. Raccommoder grossièrement de vieilles liardes, de vieux meubles, y mettre des pièces : rapetasser un vieil habit, unevirillc robe, de vieux meubles. îYdm.)
RAPETASSEUR. EUSE s. Persoune qui rapetasbe. — Fii:. Coiiipilaleur.
RAPETISSEMENT s. m. Action de rapetisser.
• RAPETISSER v. a. Rendre ou faire paraître plus petit : la distance rapetisse les objets à l'œil. — v. n. Devenir plus petit : '« vieillard rapetisse sensiblement. — Se rapetisser V. pr. Une étoffe qui se rapetisse dans l'eau. — Se dit quelquefois au sens moral, et signifie, se faire petit, s'abaisser : certaines gens se rupelisscnt par fausse modestie.
RÂPEUR. EUSE s. Personne qui râpe quelque substance.
RÂPEUX, EUSE adj. Qui est rude comme une râpe.
RAPHAËL, un des sept archanges qui, d'après la Bible, sont devant le trône de Dieu. II fut le protecteur et le conducteur de Tobie et lui fit épouser Sara. Fête le M sept.
RAPHAËL :Raffaelle Sanzio ou Santi d'Orbino), peintre italien, né à Urbino le 6 avril 1483, mort à Rome le 6 avril 1520. Son père, Giovanni Santi, fut son premier maître. A l'âge de 12 ans, il fut placé à l'école du Pérugin, où il resta jusque vers l'âire de 20 ans. H travailla ensuite à Pérouse pendant un an, et T exécuta le Mariage de laVierge, le Songe du Chevalier, l'Agonie du Jardin des Oliviers, et Saint Michel et Saint Georges, œuvres qui décèlent toutes l'influence du Pérugin. C'est sa première manière. De !oOo à loOS, il vécut à Florence, où il fit une trentaine de tableaux, dont les derniers sont dans le style de Léonard de Vinci. A cette période appartiennent la Madonna del granduca, la Madone au Palmier, la Madonna del Cardellino, la Madone connue sous le nom de la Belle Jardinière, la Saitite Catherine, les deux petits saints Georges, la Mise au Tombeau, et son portrait qui se trouve dans la galerie Uflizi. lin 1-508, le pape l'appela à la cour de Rome ; il y commença cette grandiose série de fresques, qui sont distribuées dans trois camere et dans un grand salon du Vatican, et que l'on ccnnail sous le nom des Stanze de Raphaël. C'est sa troisième manière ou manière romaine. Les fresques de la caméra délia segnalura furent terminées en lafl, et semblent avoir été immédiatement suivies de celles de la stanza d'Heliodore. Les commandes lui arrivèrent alors si nombreuses qu'il fut obligé de coniiei' à ses meilleurs élèves l'exécution de certaines portions de fresques des autres stanze, d'après ses cartons et d'après ses dessins. C'est ainsi que fut peinte la Stanza ddV incendia. Les fresques de la sala de Constantino furent exécutées après sa mort sous la direction de Jules Romain, son élève le plus éminent. En même temps Raphaël peignait à fresque les quatre grandes figures des sibylles dans la chapelle Chigi de Sanla Maria della Pace, et le Triomphe de Galatée, sans compter de nombreuses madones et des tableaux de chevalet. Léon X employa aussi à cette époque Raphaël pour la décoration des loggie de la cour de Saiut-Damase, et pour les dessms des tapisseries de la chapelle Sixline. Los caitons de ces tapisseries, faits probabbnienl entre 4o13 et 1316, portent l'empieinle de la période d'apogée de Raphaël. Us ont été achetés par Charles l'^', roi d'Angleterre, et sont aujourd'hui au musée de South Kensington. Parmi les madones et les saintes familles qu'il peignit en grand nombre, a cette période de ^a vie, on cite la inerveilleu>c Madonna de San Sisto, la Madonna Aldobrandini, la Vierge au diadème, la Madonna della Sedia ou Sc/giola {Vierge à la chaise), la Madonna di Fo'ijno,