‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 293 sur 639 · SOPH · texte numérisé non relu

SOPH

SONTAG (Henriette) [zonn'-lao-g], comtesse Rossi; canlulrice allemande, née k Coblnntz cil iSOO, morte en 18)4. Arrivée de bonne lieure à la plus grande réputation, elle épousa le comte italien Rossi en 1828, et se relira de la scène en 1830. Elle y reparut en 1849, à la suite des revers de fortune de son mari, et alla, vers la fin de sa vie, se faire entendre aux Etats-Unis et au Mexique, où elle mourut.

* SOPEUR s. f. Voy. Sopor.

* SOPH A s. m. Voy. Sofa.

' SOPHI ?. m. Voy. Sofi.

SOPHIA. Voy. Sofia.

SOPHIA ALEXEYEVNA. Voy. Pierre I".

SOPHIE s. f. Argot. Ne s'emploie guère que dans celte cxprjession : Faire sa Sophie, faire la prude.

SOPHIE (Sainte), martyre, morte vers l'an 140. Fête le 30 sept.

SOPHIE (Frédérique-Mathilde de 'W'urtem- BERGi, reine de Hollande, née en 1818, morte en juin 1877, épousa en 1839 Guillaume III, roi des Pays-Bas; protégea les lettres et se fit vénérer par ses sujets.

SOPHIE DOROTHÉE, princesse héritière du Ilaiiuvrr. lier eu 1061), morte en 1726. Elle élail tille du duc Ceoige-Guillaume de Brunswick. En 1682, elle épousa son cousin, le futur George I" d'Angleterre, et devint mère de George II. Son prétendu amant, le comte Kœnigsmark. disparut dans la nuit du 1" au 2 juillet 1694, en sortant de l'appartement de la princesse. On crut qu'il avait été assassiné par ordre du beau-père de celle-ci. Elle fut divorcée en décembre et bannie pour le reste de sa vie au château d'AhIden, près de Celle, où elle devint connue sous le nom de princesse d'Ahlden.

* SOPHISME s. m. (gr. sophisma). Argument captieux, qui pèche ou dans le fond ou dans la forme : prenez garde à cet argument, c'est im sophisme.

' SOPHISTE s. m. Nom qui se donnait chez les anciens aux philosophes et aux rhéteurs. Se prend aujourd'hui en mauvaise part, et signifie, celui qui fait des arguments captieux : ce n'est pas un philosophe, c'est un sophi^'te, un pur sophiste. (Voy. Philosophie.)

* SOPHISTICATION s. f. Frelaterie, action de sophistiquer des drogues, etc. : la sophistication des drogues.

•SOPHISTIQUE adj. (gr. sophistikos). Qui est de la nature du sophisme, qui contient des sophismes : un argument, un raisonnement sojMstiquc. — Qui fait usage du sophisme : un esprit siqMslique.

' SOPHISTIQUER V. a. Subtiliser avec excès : cet auteur sop)hislique tout, sophistique toutes ses î>cnsées. — Absol. Il sophistique satis cesse. — Frelater, falsifier une liqueur, une drogue, en y mêlant quelque chose d'étranger : sophistiquer du vin.

' SOPHISTIQUERIE s. f. Excessive subtilité dans le discours, dans le raisonnement : il y a bien de la sopliistiquerie dans ces raisonnr;ments-là. — Frelaterie, altération dans les drogues, etc. : il y a de la sophistiquerie dans ce vin, dans ces druguts. On dit mieux Sopuis-

TlCA'nON.

* SOPHISTIQUEUR s. m. Celui qui falsifie, qui altère le.-i drogues. Se dit aussi, fam., de celui qui subtilise avec excès.

SOPHOCLE, poète tragique grec, né en 496 ou 4Uo av. J.-C., mort probablement en 406. Il [irit part, en 468, pour la première fois, à un concours dramatique, avec Eschyle pour concurrent, et il remporta le l""' prix. Depuis cette époque jusqu'en 441, on dit qu'il ucrivitSI pièces de théâtre. En kin, Antigone,

SORB

le plus ancien de ses drames encore existants, gagna le prix, et ravit tellement les Athéniens qu'ils relurent comme un de leurs dix stratèges pour l'année suivante. Pendant les 34 annéesqiii suivirent, il produisit 81 drames, et remporta le 1 " prix 20 ou 24 fois, et le second prix dans tous les autres concours. Avancé en âge, il remplit les fonctions de prêtre du héros attique Halon. Tout le monde s'accorde à donner à Sophocle la premièce place dans la littérature dramatique grecque. De tous ses ouvrages nous n'en avons conservé que sept: Antigone, Electre, les Trachiniennes, (Edipe-Roi, Ajax, Philoctète et Œdipe à Colone. Les principales éditions de Sophocle sont celles de Brunck (Strasbourg, 1786-'89, 4 vol. in-8»); de 'Wunder (Gotha, 1831-'4i, 2 vol. in-S"); de Dindorf, dans la collection Didot. Les meilleures traductions françaises sont celles de Rochefort (1788, 2 vol. in-8»), de M. Artaud (1827, 3 vol. in-18). Il a été traduit en vers français par Faguet (1849) et par Guiard (1852).— Voy. Besenbeck,De bigenin Sophoclis (Erlangen, 1799); Heuser, De Numitie divine apud Sophoclem (.Marbourg, 184,=)); Michelet, De Sophoclei Ingenii principio (Berlin, 1830); Lùbker, Sur la théologie et ta morale de Sophocle (Kiel, 1851).

SOPHONISBE. Voy. Massinissa.

* SOPHORE s. m. (ar. sophera). Bot. Genre de légumineuses, comprenant six ou huit espèces, les unes herbacées, les au très ligneuses; toutes cultivées dans les jardins d'agrément.

* SOPHRONISTES s. m. pL (gr. sophronistês ; de sophriin, sage). Ant. gr. Magistrats d'Athènes, dont les fonctions étaient les mêmes que celles des censeurs à Rome.

* SOPOR s. m. (mot lat. qui signifie •.sommeil). Mi'd. Sommeil lourd et pesant dont le réveil est diliicile.

•SOPORATIF,IVEadj. Qui alaforce, lavertu d'endormir, d'assoupir : l'opium est très soporatif. — s. m. Le laudanum est un grand soporatif.

* SOPOREUX, EUSE adj. Méd. Qui cause un assoupissement, un sommeil dangereux :

affection soporeuse. On dit de même, F;tat

SOPOBEUX.

* SOPORIFIQUE ou Soporifère adj. Termes de méd., qui signifient la même chose que soporatif; mais soporifique est aujourd'hui le plus usité des trois. — Ils se prennent aussi substantiv. Un soporifique. — Fig. et fam. Un discours, un écrit soporifique, un discours, un écrit ennuyeux, qui endort.

SOPRANISTE s. m. Mus. Nom donné aux castrats qui ont des voix de soprano.

' SOPRANO s. m. Mus. Voix qu'on appelle autrement Dessus : les femmes, les enfants il les castrats ont la voix de soprano. — Chanteur qui a cette espèce de voix :'ce chanteur n'est pas un ténor, c'est un soprano. Pour éviter toute équivoque avec le sens suivant, on dit ordiiiairemenl, Il a une voix de soprano. — Se dit, par euphémisme, d'un castrat. — Au plur. Des sofuani.

* SOR adj. m. Voy. Saure.

SOR, île du Sénégal, sur la rive droite du lleuve, près de Saint-Louis.

SORACTE (auj. Monte di Sant' Oreste, et quelquefois Monte di San Silvestro). Montagne de l'ancienne Etrurie, à environ 45 kil. N. de Rome. Elle se dresse en une masse abrupte jusqu'à environ 2,250 pieds. Elle éttiil consacrée à Apollon.

* SORBE s. f. (lat. sorbum). Fruit du sorbier domestique ou cormier. On l'appelle aussi

CullMIi.

' SORBET S. m. Composition faite de citron, de sucre, d'ambre, etc. : wie boite de sorbet. — Breuvage que l'on fait de cette

SORB

composition ballue avec de l'eau : un verre de sorbet. — Se dit également de certaines liqueurs à demi placées •.un sorbet au marasquin, au vin de Champagne.

' SORBETIÈRE s. f. Vase de métal dans lequel on prépare les liqueurs qui doivent être servies en glaces ou en sorbets. On dit aussi quelquefois, mais improprement, Sarbotière.

* SORBIERS. ni.(rad.sor6e). Bot. Genre de rosacées pomacées, comprenant plusieurs espècesd'arbres oud'arbrisseaux, dont les principales sont : 1o le sorbier domestique ou cormier [pyrus sorbus ou sorbus domestiea], très abondant en France etenllalie; on le trouve dans le N. de l'Afrique et dans l'Asie occidentale. Il a surtout delà valeur par son bois qui passe pour être plus dur et plus lourd que celui d'aucun autre arbre européen. On

s'en sert beaucoup pour faire des vis de pressoir, des dents de roue, des rouleaux, des poulies et des règles; c'est le meilleur remplaçant du buis que l'on puisse trouver pour la gravure grossière sur bois. On mange quelquefois le fruit, mais seulement lorsqu'il est prêt à se décomposer ; lorsqu'il est nouveau, il est très acide et très âpre. Virgile et Pline parlent de la boisson fermentée qu'on en tire (voy. Cormier); 2° le sorbier des oiseleurs ou sorbier sauvage {sorhus aueuparia), haut de 8 m., à fruits ronds, mous, en corymbe, d'un rouge corail, assez agréables à manger et recherchés par les grives, lesdrennes, etc., a bois dur et compact ; 3» le sorbier hybride [sorbus hybrida) appelé aussi sorbier de Laponie, à fruits plus gros et lavés de rouge à leur maturité — Sorbier, général. (V. S.)

SORBON (Robert de), fondateur de la Sorbonne, né à Sorbon, près de Relhel eu 1201, mort à Paris en 1274. Il se fit prêtre, et devint docteur et chanoine de Cambrai. Nommé chapelain de Louis IX, il prit en pitié les pauvres étudiants de la classe indigente et institua une congrégation d'ecclésiastiques chargés de leur venir en aide. Telle est l'origine du collège de la Sorbonne.

• SORBONIQUE s. f. Une des trois thèses que les hacheliers étaient obligés de soutenir [lendant leur licence, et qui devait être soutenue dans la maison de Sorbonne : la sorbonique devait durer douze heures.

' SORBONISTE s. m. Bachelier, docteur de la maison et société de Sorbonne.

• SORBONNE s. f. Ecole célèbre de théologie, qui avait été fondée àParis par Robert de Sorbon, en 12n2, et qui plus lard donna son nom à la faculté enlière de théologie : étudier en Surbonne.— Se dit aujourd liui des facultés des sciences et desleltres établiesdansles bâtiments de l'ancienne Sorbonne : un pi^ofcsscur de Sorbonne. — Encycl. La Sorbonne fut la grande école de théologie daiia l'ancienne

SORC

université de Paris. Robert de Sorbonne ou Sorbon, chupelain de Louis IX, fonda en 1252, avec l'aide du roi, une école collégiale pour rinstruclion gratuite des pauvres étudiants en théologie. Il fonda au-si près du collège un séminaire préparatoire, appelé la Petite Sorbonne, qui fut détruit en l6:i.T, et sur remplacement duquel on éleva l'église actuelle de la Sorbonne. Les membres île la maison de Sorbonne étaient divisés en sociétaires ou agi-égés (socii) et en hôtes ou-^^implos membres (/(Oi'/iîïes). Les grands amphithéâtres de l'école étaient ouverts à tous les écoliers pauvres indistinctement, et les professeurs s'engageaient à ne jamais refuser l'instructionà aucun d'eux, tandis que les étudiants qui en avaient les moyens devaient payer les droits ordinaires de l'Université. Le niveau élevé de la faculté et le grand nombre d'hommes distingués qui sortaient de la Sorbonne, donnèrent à cette école une renommée et une influence sans rivales. Le cardinal de Richelieu la favorisa tout spécialement ; il rebâtit avec mai-'nificcnce le collège, les salles de cours, l'église, et agrandit la bibliothèque. C'est des presses de la Sorbonne que sortirent les premiers livres imprimés en France. Le collège fut supprimé en 1789.

• SORCELLERIE s. f. Opération de sorcier :

il y a de la sorcellerie à cela. — Se dit, fîg. et par plaisant., en parlant de certains tours d'adresse, de certaines choses qui paraissent au-dessus des forces de la nature : cela ne se peut faire sans sorcellerie.

• SORCIER, 1ÈRE s. Celui, celle qui, selon l'opinion des temps d'ignorance, a un pacte avec le diable, pour opérer des maléfices, et qui va à des assemblées nocturnes, qu'on nomme le Sabbat : il fut un temps où l'on brûlait les sorciers. — C'est un vieux sorcier, UNE VIEILLE soROÈRE, SB dit d'uH hommc vieux et méchant, d'une vieille et méchante femme. — Cet homme n'est pas sorcier, n'est pas grand sorcier, il n'est pas fort habile. Il ne faut pas être grand sorcier roUR faire, pour deviner telle chose, il ne faut pas avoir beaucoup d'habileté pour la faire, beaucoup de pénétration pour la deviner. — Hist. et Législ. « La magie et les sortilèges ont toujours été répandus chez les peuples primitifs ou ignorants. L'ancienne Egypte y ajoutait foi; et c'est de là que cette croyance fut rapportée en Judée par les Hébreux, et s'est ensuite répandue en Europe. Les juges romains qui condamnaient les chrétiens au supplice, les traitaient comme coupables de sorcellerie; parce que les rites et les croyances de ceux-ci rappelaient en partie les traditions égyptiennes. (Voy. Sehapeum.) Le dogme-mystère do la l'éîurrection et celui delà transubstantiation du pain et du vin en chair et en sang, paraissaient être de la pure magie. L'Eglise catholique, lorsqu'elle eut conquislepouvoir de juridiction,poursuivit comme éiantdes suppôts deSatan, lessorciers,les devins, les magiciens Ltles enchanteurs; et ce fut souvent un moyen dont elle se servit pour anéantir ses ennemis. Déjà, dans le bas Empire, on punissait de mort ou du bannissement ceux qui étaient convaincus de sorcellerie, et l'on sait que beaucoup de lois barbares édictées par les empereurs byzantins ont été pendant longtemps appliquées en France. Les crimes de sortilège et de magie entraînaient le dernier supplice; les individus qui en étaient déclarés coupables étaient pendus et leurs corps étaient ensuite brûlés; d'autres, en grand nombre, furent brûlés vifs. Est-ilbesoin de rappeler, parmi tant de victimes, celle dont le nom est respecté et chéri par tous les Français, de l'incomparable patriote qui, après avoir sauvé son pays des mains des

Anglais, fut brûlée comme sorcièi e à Rouen,

Page 1