SPIN
• SPINELLE adj. et s. m. Se dit d'un minéral qu'on ranL'e quelquefois parmi les pierres précieuses. Il se présente en octaèdres réguliers et en dodécaèdres, avec diverses modifications; dureté, 8; poids fpécilii(ne, de 3.o à 4,9. Il est communément d'un mauve rouge, mais ou le trouve quelquefois bleu, vert, jaune, brun, noir, et, mais rarement, presque blanc. Pur, c'est un composé de magnésie, 28. et d'alumine, 72. Mais la magnésie est souvent remplacée plus ou moins par un ou plusieurs des protoxydes de fer, de
Spinelle. ''•'^'^ ^^ ^^ man-
ganèse, ou par de a chaux; et l'alumine peut être remplacée de son côté par du peroxyde de fer. La variété noire s'appelle pléoiiaste; l'écarlate, rubis spinelle; la rouge rose, rubis balais; la jaune ou rouge orange, rubicelle; la violette, rubis almandin ; et la verte, ceyionile. Les spinelles les plus précieuses se trouvent à Oyian, à Siam et dans d'autres contrées de l'Orient, sous forme de cailloux roulés dans le lit des rivières.
SPINESCENCE s. f. Bot. Arrangement des
épines à la surface d'un végétal.
SPINESCENT, ENTE adj. [-nèss-san]. Qui se change en épines.
SPINIFÈRE adj. Qui porte des épines.
SPINIFORME adj. Qui a la forme d'une épine.
SPINIGÈRE adj. Qui porte des épines.
SPINOLA i Ambrosio de), marquis, homme de guerre espagnol, né à Gènes en lo69, mort le 25 septembre 1630. H s'unit à son frère Federigo, amiral de la marine espagnole, dans la guerre contre les Hollandais et les Anglais. En 1602, il arriva dans les Pays-Bas avec un corps de 9,00u vétérans, qu'il avait levé et équipé à ses frais, pour secourir les Espagnols sous l'archiduc Albert, contre Maurice de Nassau. En septembre 16Ui, comme commandant en chef, il amena la reddition d'Oslende, qui était assiégée depuis juillet 1601. En 1609, il favorisa la trêve de 12 ans. En 1622, après avoir pris Julich (Juliers), il fut repoussé à Berg-op-Zooni mais opéra une savante retraite. En 1625, il s'empara de Bréda après un siège de dix mois. Plus tard, il prit à contre-cœur lecommandement de l'armée espagnole en Italie, et mourut pendant le siège de Casale.
SPINOSA ou Spinoza (Baruch ou Bénédict), philosophe hollandais, né de parents juifs, à Amsterdam, le 24 nov. 1632, mort le 21 fev. 1677. Il latinisa en £«ie(i!'c/us son nom hébreu, Bai'uch. Son père, marchand portugais, avait fui la persécution els'était établien Hollande. Le lils fut élevé pour être rabbin, niais même avant d'avoir \r> ans, il était soupçonné de friser l'hérésie. Apjielé devant un tribunal de rabbins, il fit défaut à plusieurs reprises, délaissa la synagogue, et, en 1656, fut frappé de l'excommunication majeure. Sur la demande des rabbins, les magistrats d'Anislerdam le bannirent de la ville, et, après avoir demeuré quelque temps chez un ami, dans le voisinage, il se fixa à la Haye, où il gagna sa vie en polissant des lentilles. En 16'73, on lui oU'rit la chaire de philosophie à l'universile de Heidelberg, à condition qu'il n'enseigiierail rien deconlraire à la religion établie. Il refusa. Son premier ouvrage. Iknali hcscarles Princi/iorum Philosophixpa's l et II, more geomftrico devt'instratse (1663), qui contient, dans un appendice, le germe de
SPIR
son Ethique, lui donna immédiatement la réputation d'un grand philosophe Son second ouvrage, Tractatus theologico-puliticus, publié anonymement en 1670, traite des rapports de l'Église et de l'Etal, et reste entièrement distinct de ses écrits philosophiques. Il en parut de nombreuses réfutations, surtout de la part des théologiens cartésiens. Ennemi de la controverse, Spinosa supprima le livre, et d'autres ouvrages des plus importants, que son ami Ludwig Meyer, ne publia qu'après sa mort. Dans la même année parurent, chez son éditeur d'Amsterdam, et conformément à ses instructions : Ethica ordine geomcirico demonstrata, où se trouve l'exposé de sa phiosophie panthéiste, et qu'il écrivit entre 1663 et 1666; Tractatus de Intellectus Emendatione et Tractatus politicus, deux fragments; une collection de lettres à Oldenhurg, à Simon de Vries, à Ludwig Meyer et à Bleyenbergb, et une esquisse inachevée de grammaire hébraïque, où il cherchail à en démontrer le développement logique. Le système entier de Spinosa consiste en une démonstration tirée des huit définitions et des sept axiomes du premier livre de l'Ethique. D'après lui, de la définition même de la substance, il suit qu'elle esl nécessaire et infinie, une et indivisible, et qu'elleest, par conséquent, Dieu, le seulêtreexistanl par soi, parfait et vérilablementinfini. Rien n'existe, hors la substanceet le mode de sesatlribnts. Lasnbstance ne peut produire la substance; il n'y a donc point de création, ni commencement, ni fin; mais toutes choses oirt nécessairement découle et découlent encore de l'Etre infini, et elles en découleront toujours, de la même manière que de la nature d'un triangle il résulte et il résulleia, pour toute l'éternité, que ses angles sont égaux à deux droits. Dans le nombre infini des attributs infinis de la déilé, deux seulement noussont connus, l'extension et la pensée. Le corps est un mode de l'extension, laquelle étant inimitable, ne saurait être divisée; la pensée également est infinie et les arts intellectuels en sont les modes. — Les meilleures éditions complèles de Spinosa dans l'original latin sont celles : de Paulus(Iéna. 2 vol., 1802-'03), de Gfroerer (Sultgard,i830)etdeBruder (Leipzig, 1843-46, 3 vol.). Il a été traduit en français par Saisset (Paris, 1843, 2 vol. in-12). On a inauguré, le 21 fév. 1877, à la Haye, à l'occasion du 200^ anniversaire de sa mort, une statue de Spinosa.
■ SPINOSISME s. m. [-zi-]. Doctrine pro- 'essée par Spinosa, et suivant laquelle Dieu est un agent universel, une force répandue dans toute la nature.
* SPINOSISTE s. Celui ou celle qui admet les principes du spinosisme.
• SPIRAL, ALE, AUX adj. Qui a la figure d'une spirale : forme spirale. — Spiral s. m. Le spiral d'une montre.
' SPIRALE s. f. Géom. Courbe qui fait une ou plusieurs révolutions autour d'un point où elle commence, et dont elle s'écarte toujours de plus en plus : il y a une infinité de sortes de spirales, parmi lesquelles celle d'Archimède est la plus célèbre. — En spin.\LE, en forme de spirale ; la chaine d'une montre se roule en spirale autour de la fusée.
' SPIRATION s. f. (lai. spiratio). "Wiéol. N'est d'usage que pour signifier comment le Saint- Espril procèae du Père et du Fils : le Saint- Esiirit procède du Père et du Fils par voie de <piration.
■ SPIRE s. f. (Iat. spira). Géom. Se dit quelquefois de la ligne spirale en général ; et plus exactement d un seul de ses toms. — Archil. Se dit de la base d'une colonne, en tant que la figure ou le profil de cette base va en serpentant.
âS^
SPIR
SPIRE (ail. Speyer. ou Sp-.ier; ano. NovionfiQus et Augusta Nemetum], ville de Bavière, capitale du district du Palatinat, sur le Rhin et la Speverbach. à 2o kil. N.-E. de Laudau; 19.044 hab. Cathédrale remarquable par ses dimensions et son antiquité; elle contient les tombes de 8 empereurs. Spire a élc une station militaire des Romains. On dit qu'elle eut une congrégation chrétienne au ii" siècle et un évêque au m'. Elle devint la résidence ordinaire des empereurs d'Allemagne ; la chambre impériale. OH cour suprême d'appel, y siégea ainsi que plusieurs diètes, y compris celle de 1629. fameuse dans l'histoire de la Réformation. Après l'occupation française |I801-'I4), elle fut donnée à la Bavière (1816). — Le premier évêque de Spire jouit longtemps des droits de la souveraineté. Mais en IS01-'02. son territoire fut divisé entre la France et Bade.
' SPIRÉE s. f. (lat. spiriea]. Bot. Genre de rosacées, comprenant environ oO espèces d'herbes et d'arbrisseaux dont plusieurs servent à l'ornement des jardins : spirée ulmaire, ou rei'te-des-prés. — Nous avons en France la spirée ulmaire (spirsea tilmaria] ou reine-des-prés, grande et Oi'lle plante herbacée vivace, haute d'un mètre, commune dans
I. Spiréf à feuilles de saule (Spiraa salicifolia). -. Spirée tomenteuse (Spirea tomeutosa).
nos prairies humides, à fleurs petites, blanches, en panicules ; la spirée filipendule. la spirée à feuilles de sorbier, la spirée barbe-dechévre, la spirée à feuilles de saule, la spirée du Japon ou corète, etc. — L'espèce la plus commune aux Etats-Unis est la spirsea salicifolia, qui abonde dans les prairies humides et sur le boid des marécaees. Elle reste en fleurs de juillet en septembre et on la cultive quelquefois. Citons encore la spirœa tomentosa, et la spirxa opulifolia. La spirsa tomentosa est une plante très astringente, employée en médecine dans la diarrhée et autres maladies d'entrailles.
SPIRIFERE adj. Qui est muni d'une spire. SPIRITE s. m. (lat. spiritus, esprit).
Partisan du spiritisme, celui qui en adopte la doctrine et en pratique les procédés. Se dit particulièrement de la personne qui passe pour se mettre en relation avec les esprits.
• SPIRITISME s. m. (rad. spirite). Terme qui désigne la croyance de ceux qui regardent certains phénomènes physiques ou psvchologjques, auxquels ils ajoutent foi, comme le résultat de l'action des esprits exerçant leur intluence sur des personnes d'une organisation particulièrement sensible dont ces es-
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prits se servent comme d'intermédiaires, et que l'on connaît sous le nom de médiums. Les spiriles affirment que des phénomènes presque identiques aux manifestations du spiritisme moderne se rencontrent en beaucoup d'endroits de l'histoire ancienne, dans les oracles delphiques, dans les vies des voyants et devins, dans les faits de sorcellerie de tous les temps, dan? les événements de Tedworth racontés par Glanwill (1661), dans les prodiges des Camisards (leSe-ITOT), dans l'histoire de la famille Wesley {17<6j, dans les prétendues communications de Swedenborg avec le monde des esprits et ses conversations journalières avec les esprits et les anges, dans les annales du somnambulisme et du mesmérisme, et dans les innombrables récits de rêves, de prédictions et de phénomènes physiques extraordinaires. — Le phénomène des esprits frappeurs apparut en mars ISi8 dans la famille de John-D. Fo.\, à Hydeville, dans l'état de New- York. M. et .M"^ Fox étant seuls à la maison avec leurs deux plus jeunes enfants, Margaret, âgée de 1-2 ans et Kate, âgée de 9, ils furent surpris et troublés par des coups mystérieux qui s'entendaient la nuit sur le "plancher d'une des chambres à coucher, et quelquefois dans d'autres parties de la maison. Ils s'elTorcèrent de remonter à la cause de ces bruits, mais sans succès. Dans la nuit du 3) mars, ils découvrirent que .si l'on faisait des questions à l'agent invisible qui les produisait, on pouvait entrer en communication avec lui au moyen de ces coups en les employant, suivant diverses combinai.'^ons, à désigner les lettres de l'alphabet. La famille s'étant transportée à Jlanchester, les bruits l'y suivirent et il se produisit de nouveaux phénomènes, entre autres la clairvoyance et le mouvement des coips pondérables sans agent appréciable à qui l'on pût les attribuer. Eu mai ISiiO, les filles Fox vinrent à New-York ; les prétendues manifestations spirites furent discutées dans les journaux en Amérique et en Europe; des médiums surgirent de tous côtés par centaines et presque par milliers. C'est aans cette année que D.-D. Home, âge de 17 ans, se révéla comme médium ; il acquit plus tard une réputation universelle en obtenant des phénomènes de matérialisation, de lévitation et bien d'autres qui surpassaient toutes les précédentes raanilestations. Depuis, un grand nombre d'autres médiumsont gagné uuecélébrité presque égale; mais, en plusieurs cas, on a pu dévoiler le caractère frauduleux de ces exhibitions. Voici quelques-uns des livres les plus importants publiés sur ce sujet ; i. Kerner, I)ie Seherin von Frevorst (1829); Allan Kardec, Le Livre des esptits (1853), suivi du Livre des médiums (1863); Jobu-W. Edmonds et G. -T. Dexter, Spiritualisme [\^hi-'ho, 2 vol.j; Robert Hare, Expérimental Investigations of the Spirit manifestations (,ISd6); Catharine Crowe,Spin'tualisme and the Age we Live m (18')9j, R.-D. Oweu, Footfalis on ttie Boundary of Another World (186U), et Tke Bebatabie Land between ttiii World and the Next (187-.!) ; D.-D. Howe, Incidents of my Life (l862-'7o, 3 vol.), et Lights and Shadows of Spiritualism 1877); William Crookes, Aesearches in the phenomena of Spiritualism {\S'i): A.-R. Wallace, On Miracles and Mudern Spiritualism ( 1 b7o). SPIRITISTE adj. Qui a rapport au spiriti.-me.
SPIRITOSO adv. (mot. ital.). Mus. Avec entrain et expression.
■ SPIRITUALISATION s. f. Chim. Action d'extraire des liqueurs spiritueuses des corps solides et liquides : la spirilualisation se fait par la distillation. (Vieux.)
' SPIRITDALISER v. a. Chim. Extraire les esprits des corps mixtes : on spiritualise lesl liqueurs, les sels par la distillation. (Vieux.
SPIT
Convertir le sens littéral d'un passage en un sens spirituel, allégorique : il y a dés théologiens gui ont spiritualise toutes les histoires de la Bible.
' SPIRITUALISME s. m. Doctrine mystique, excès, abus de la spiritualité : ses ouvrages sont remplis d'un spiritualisme obscur. — Se dit aussi dans le sens opposé à celui de matérialisme : le spiritualisme est enseigné par Descartes, par Leibnitz, etc.
* SPIRITUALISTE s. Celui ou celle dont la doctrine est opposée au matérialisme. — Adjectiv. Se dit des opinions et des doctrines des spiritualistes.
* SPIRITUALITÉ s. f. Métaphys. Terme opposé à matéiialité : la spiritualité de l'âme. — Se dit aussi de la théologie mystique, de celle qui regarde la nature de l'àme, la vie intérieure : livre de spiritualité.
* SPIRITUEL, ELLE adj. Incorporel, qui est esprit : les anges sont des substances spirituelles. — Qui a de l'esprit : un homme fort spirituel. — Ingénieux, où il y a de l'esprit : une réponse spirituelle. — Il a l'air spirituel, LA PHYSIONOMIE SPIRITUELLE, à SOU air, à Sa physionomie, on présume qu'il a de l'esprit. — Peint. Touche spirituelle, se dit de certains coups de pinceau par lesquels un peintre rend avec esprit les oli.iets qu'il s'est proposé de représenter. — Qui regarde la conduite de l'âme, l'intérieur de la conscience; par opposition à sensuel, charnel, corporel : la vte spirituelle. — Qui regarde la religion, l'église, par opposition à temporel : poser des boimes entre la puissance spirituelle et la puissance temporelle. — Allégorique, par opposition à littéral : Jacob et Esâà, dans le sens spirituel, représentent les bons et les méchants. — Subslantiv. Il ne se mêle que du spirituel.
' SPIRITUELLEMENT adv. Avec esprit : il lui répondit fort spirituellement — En esprit : communier spirituellement avec le prêtre.
' SPIRITUEUX, EUSE adj. Se dit des liqueurs qui contiennent de l'esprit-de-vin ou alcool : ce vin est fort spiritueux. — Substantiv. Il fait abus des spiritueux.
SPIRITUOSITÉ s. f. Chim. Qualité, état d'un liquide spiritueux.
SPIRIVALVE adj. Moll. Se dit d'une coquille enroulée oblique de bas en haut.
SPIROÏDE adj. Qui est contourné en spirale.
SPIROLOBÉ, ÉE adj. Qui a l'embryon contourné en spirale.
SPIROMÈTRE s. m. Instrument à l'aide duquel ou mesure la quantité d'air expiré.
SPIROPHORE s. m. [spi-ro-fo-re] (lat.
spimre, respirer ; gr. phoros, qui porte). Méd. Appareil inventé par M.. Woillez, pour introduire de l'air dans les poumons des asphyxiés.
SPISSIPÉDE adj. (lat. spissus, épais ; pes, pedis, pied). Qui a les pieds épais.
SPITZBERG (ail. Spitzbergen), groupe d'Iles dans l'océan Arctique, entre 76° 30' et 80' 30' lat. N. et entre 8° et 26° long. E.; 100,000 kil. carr. Les îles principales sont : Spitzberg, la Terre du IN'ord-Est, l'île du Prince Charles, Edge et Barentz. L'île de Spitzberg, la plus grande, est presque séparée au N. et au S. par deux bras de mer, la baie de VVeyde et le Ijord de g lace (/ce /j'ord). On appelle quelquelois l'une de ces divisions le Spitzberg occidental et l'autre le Spitzberg oriental ou New Friesland. On ne connaît que peu l'intérieur; mais de la côte on aperçoit beaucoup de montagnes, quelquesunes de 3 à 4,000 pieds, avec desvalléescomblées parles glaciers. Le climat est cscjjsivement froid; la température moyenne sur
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