RASS
détention. Pendant sa captivité à Doullens, un coup plus douloureux encore vint le frapper. M™= Raspail, la compairne dévouée de ses longues épreuves, mourut le 8 mars 1833. Plus de cent mille Parisiens accompagnèrent ses restes au Père-Lachaise, où elle repose sous un tombeau dramatique que l'on peut considérer comme l'une des œuvres les plus remarquables du sculpteur Etex. Le mois suivant, Raspail, arraché de sa prison, fut conduit à la frontière belge. Il se fixa à Boitffort, près de Bruxelles, et ne rentra en France que vers 1862. Il vivait dans la retraite à Arcueil-Cachan,lor.sque les électeurs radicaux de Lyon l'élurent député, contre Jules Favre, en 1869. Il siégea à l'extrême gauche avec Rochefort, prit rarement la parole et rentra de nouveau dans la retraite après le 4 Septembre. Ayant, dans les éphémérides de son Almanach et Calendrier météorologique pour l'année 1874, rappelé le souvenir de l'entrée des troupes de Versailles à Paris, il fut traduit devant le jury de la Seineisous l'inculpation d'avoir fait l'apologie de faits qualiliés crimes, et condamné, malgré ses 81 ans, à deux ans de prison et 1,000 fr. d'amende. La cour de cassation brisa cet arrêt, qui fut réduit de moitié par la cour de Versailles. Le vieillard subit sa peine dans la maison de santé de Bellevue, où sa fille partagea sa détention et contracta une maladie dont elle mourut. En 1876, les électeurs de Marseille envoyèrent Raspail au Parlement, qu'il présida, le 8 mars 1876, en qualité de doyen d'âge. Il ouvrit la session par des paroles de conciliation et d'oubli. 11 prit ensuite sa place à l'extrême gauche, et fut l'auteur d'une proposition d'amnistie qui lut repoussée le 17 mai. 11 fut réélu député le 14 oct. 1877. Comme médecin et comme homme politique, Raspail resta jusqu'à sa mort la personnalité la plus populaire parmi les classes ouvrières. Environ 400,000 Parisiens assistèrent à ses obsèques, qui eurent le caractère d'une véritable manifestation républicaine. Il a laissé, outre les ouvrages déjà cités : Histoire naturelle de la santé et de la maladie chez les végétauo' et les animaux (1 843, 3 vol. in-8°, fig.; 3= édit. 1S60, 3 vol.); le Fermier-vétérinaire, annuaire-manuel (1854 et suiv.), etc. — Raspail (Eugène). (V. S.)
* RASSADE s. f. Se oit de petits grains de verre ou d'émail de diverses couleurs, qu'on porte aux nègres d'Afrique, et dont ils se parent: un collier, des bracelets de rassade.
* RASSASIANT, ANTE adj. Qui rassasie :
des vimulrs iaf.-.nsiantcs.
•RASSASIEMENT s. m. Etat d'une personne rassasiée, pour avoir beaucoup mangé : le rassasiement de certains mets est dangereux.
— Fig. Le RiSSASIEiMENT DES PLAISIRS, létat de
satiété, de dégoût, que produit l'usage trop fréquent des plaisirs.
* RASSASIER V. a. (préf. r; vieux fr. assasier; du lat. adsatiare). Donner suffisamment à manger, pour apaiser la faim, ou pour satisfaire l'appétit : il est de si grand appétit, qu'on ne peut le rassasier, — Se dit, fig., en parlant des désirs, des passions que l'on apaise en les satisfaisant: il a des désirs qu'on ne peut rassasier. — Satisfaire jusqu'à la satiété, jusqu'au dégoût: on le rassasia de fêles, de musique.
Tout ce qu'on dit de trop est f.ide et rebutant, L'cspril ruisaaiê le rejelte a l'iiil.inl. » BoiLEio. Art poétique.
— RaSSASIEU quelqu'un de hKGOUTS, n'iNJURES,
d'oi'I'hourks, l'en accabler, lui en faire eiirouver autant qu'il est jios.^ible. — Se rassasier v. pr. Il II trouvé ce mets à son gviit, et il s en est ras.'nisié.
* RASSEMBLEMENT s. m. Action de rassembler ce qui est épars, sépare : le rassemblement des pièces tiécessaires dans cette af-