‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 335 sur 639 · CANT0.N · texte numérisé non relu

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— Parmi les étrangers, on compte 96,000 Allemands, .54,000 Français, 4-2, 000 Italiens, l:i,O0O Autrichiens, 3, fiOO Anglais, 1,300 Russes et Polonais, et un grand nombre de réfugiés de tous les autres pays. L'émigration varie annuellement de 10,000 à 14,000 Suisses, qui se rendent surtout dans l'Amérique du Nord. Depuis 1816, la population s'est accrue d'environ 50 p. 100. La plus grande partie s'adonne à l'agriculture; l'industrie et les arts manuels emploient près de 500,000 personnes. Les dilléronces de langage se rapportent à des dilférences d'origine. Dans les cantons du ^.-N.-E. et du centre, on parle un dialecte allemand (2,319,105 hab.), le français {733, •220) domine dans le Vaud, Genève et Neufchàlel, et dans certaines parties du Valais, de Fribourg et de Berne; l'italien (222,247) dans le'féssin (Ticino) et une partie des Grisons; et le romanche, dialecte latin corrompu, clans le reste de ce dernier canton (40,nuO). Les protestants (1,668,000) appartiennent en majorité à l'Eglise réformée. Des facultés de théologie protestantes sont attachées aux universités de Berne, de Zurich et de Bâle; à Berne, il s'est établi depuis 1874 une faculté de théologie pour les vieux catholiques. Il y a environ 7,000 juifs en Suisse. Ce pays possède trois universités complètes, organisées sur le type allemand, celles de Bâle, de Berne et de Zurich, sans compter l'académie de Genève qui, à cause de la faculté de médecine qui y est jointe, s'appelle aussi université. Toutes les académies, excepté celle de Fribourg, sont protestantes; tous les lycées, catholiques. Le nombre des écoles publiques s'élève à 7,000 environ, ei, donnent l'in.-truction à plus de 450,000 élèves. 11 y a une célèbre école polytechnique à Ziirich, et une académie militaire k Thur (Rernej. L'enseignement public est obligatoire pour tous les enfants de 7 à 14 ans. Il y a plus de 8,500 sociétés fédérales de chant. Les vallées des Alpes sont inteiessanles à étudier au point de vue de leurs mélodies locales. — La première constitution fédérale de la Suisse, qui remplaça le contrat fédéral du 7 août ISI5 et cliangea l'union fédérale des Etats en une république fédérale, fut promulguée le 12 sept. 1848. Une constitution revue et plus libérale fut mise en vigueur le 2'J mai 1874. Elle as.sure la liberté complète et absolue de conscience et de religion, elle rend le mariage civil obligatoire elle mariage religieux facultatif; elle interdit la création de nouveaux évêchés à inouïs qu'ils ne soient approuvés par le gouvernement fédéral; elle exclut les jésuites et autres ordres envahisseurs de toutes les associations et de toutes les fonctions ecclésiastiques et pédagogi((ues ; elle prohibe l'établissement de nouveaux couvents (en lo74, il n'y en avait plus que 8s); elle donne au gouvernement le pouvoir d'expulser les étrangers dangereu.\. Le pouvoir législatif est remis a l'assemblée fédérale {bundcs-vcr-

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S(immhtng), qui se compose d'un conseil national et d'un conseil des états (ail. Stuendcralli). Les 145 membres du conseil national sont élus pour trois ans (1 par 20,00'i hab.). Tout citoyen âgé de 20 ans a le droit de vote, et tout volant, non ecclésiastique, est éligible. Les citoyens naturalisés sont éligibles au bout de 5 ans. Le conseil des états se compose de 44 membres (2 par canton). Les membres du conseil national sont payés par le gouvernement général, ceux du conseil des étals par les cantons. Le pouvoir exécutif' est exercé par un conseil fédéral [bundcaruth] de 7 membres choisis pour trois ans par l'assemblée fédérale, c'est-à-dire par le conseil national et le conseil des étals siégeant ensemble. Le président et le vice-président do la confédération, qui sont aussi président et vice-président du conseil fédéral, sont choisis pour un an seulement, et par le conseil lui-mêine, dans son propre sein ; ils ne sont rêéligibles qu'à l'expiration d'une autre année. La cour fédérale, choisie par l'assemblée fédérale pour six ans, se compose de neuf membres titulaires et de neuf suppléants; elle a son siège à Lausanne. Chaque canton possède ses lois particulières; ceux d'Uri, d'Appenzell, d'Unterwalden et de Glarus, sont des démocraties pures, où les droits de la souveraineté sont e.\ercés par l'assemblée générale de tous les citoyens, laquelle se réunit une fois l'an, vole les lois, lixe les taxes el élit les fonctionnaires cantonaux. Les autres sont des démocraties représentatives, où le peuple élit une assemblée législative appelée le grand conseil; celle-ci choisit parmi ses membres l'exécutif, appelé le petit conseil. L'institution du jury existe dans plusieurs cantons. La capitale fédérale est berne. Depuis 1848, il y a un tarif de douanes sur les frontières de la république. Becetles et dépenses, chacune 73 millions de fr. La dette publique est d'environ 31 millions et demi, et la propriété fédérale vaut près de 36 millions. Dans la plupart des cantons, la propriété publique dépasse la dette. L'armée régulière se compose des citoyens de 20 à 32 ans, et la landwehr de ceux'qui onl de 33 à 44 ans; toute cette force armée monte à un peu plus de 208,000 hommes. Les Suisses sont d'excellents tireurs; les clubs el sociétés militaires sont en grand nombre, et chaque année il y a un concours fédéral de tir. — On suppose que la Suisse fut d'abord habitée par des Celtes, dont le nom coUectil était Helvètes. Les hautes vallées du canton actuel dos Grisons étaient occupées par les Rhétiens, parenls des T>rrhéniens ou Elrtisques. En 113 av. J.-C, les Tigurini et les Tugeni (d'où Zurich cl Zug) se joignirent aux Cimbres et aux Teutons dans leurs invasions en Italie. Dans cette guerre, l'Helvète Divico, en 107, écrasa les Romains. Après la défaite des Ciinhres en 101, les Helvètes rentrèrent chez eux, suivis, peuse-t-on, par les restes dispersés des Cimbres, auxquels on attribue la fondation de Schwytz. Toute une tribu des Helvètes, sous Orgetorix, alla détruire les villes et les villages en Gaule; sous la conduite de Divico, ils franchirent la Saône; mais César les battit à Bibractc (Autun), el peu à peu les Bomains soumirent toutes leurs tribus, jusqu'aux obstinés Rhétions. L'Helvélie resta pendant plusieurs siècles une province romaine. Home y introduisit ses lois et sa civili.-ation, cl fonda Bile, Coire et d'autres villes. Les Alumani et d'autres tribus germaniques ravagèrent souvent le pays dans les ii°, m» et iv"-' siècles, elles éléments celtiques et romains disparurent en grande partie. Au v° siècle, les Burgundcs, les Alemani et les Goths se partagèrent la contrée; mais au vi", ils lurent tous soumis cl evangélisés par les Francs; les évoques et les abbés y prirent bientût une grande Irifluenco politique. Il y eut alors deux divisions

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administratives, l'une comprenant la Rlu'lie ft le Thurigau, et l'autre qu'on appelait la Petite Burgundie. Sous le faihle règne de Charles le Gros (mort en SSSi, le N. de la Suisse passa au duc d'Alemanie (Souabe) et devint ainsi part intéi;rante de l'empire allemand, tandis que le S. appailenait à la Bourgogne. Beaucoup de t'amillps nobles qui, sous les empereurs de la maison de Sase, avaient gouverné dans le pavs comme vassales de l'empire, s'éteignirent pendant les croisades, et la puis^^ance et la prospérité des villes s'accrurent énormément; Berne et Fribourg devinrent des villes libres impériales. Ce ne fut pourtant pas des villes que vint l'indépendance de la Suisse, bien que Zurich, Berne et Bà|e eussent formé une alliance dans ce but; elle vint des anciens cantons de Schwvlz, d'L'ri et d'Unterwalden, dont les habitants descendaient, croit-on, d'émigranlsvenusdela Suède, et qui n'avaient jamais été conquis. Ils étaient seulement sous la protection de l'empereur d'Allemagne, auprès duquel leurs droits étaient gardés par un vogt, d'abord le comte de Lenzhourg et plus lard le comte de Hapsbourg. Mais, après l'avènement de Rodolphe de Hapsbourg au trône impérial (Ii73l, son fils Albert tenta d'incorporer la Suisse à l'Autriche. Berne et Zurich résistèrent avec succès; mais dans Schwylz, Uri et Unterwalden, il réussit pendant quelque temps. Les traditions helvétiques nous parlent d'une convention faite par 33 patriotes des trois cantons sur le Giûlli ou Kfitli, prairie placée sur leurs communes frontières, pendant la nuit du * au 8 nov. 1307, qui aboutit, le 1" janv. 1308, :\ l'expulsion des lonctionnaires autrichiens et à la destruction de leurs châteaux. C'est à celte période qu'appartient la légende de Guillaume Tell. Les relations des trois cantons vis-a-vis de l'empire d'Alleinairne restèrent d'abord les mêmes; mais la guerre faite par l'Autriche, pour rétablir son autorité sur les canlons émancipés, guerre qui, avec de nombreuses interruptions, dura environ *200 ans. Unit par briser tout à fait les liens qui rattachaient la Suisse à l'Allemagne. La ligue des trois anciens cantons, établie pour la première fois en 1291, fut changée en coiiiédération perpétuelle en 131b, après la grande victoire remportée à Morgarten sur les .\utrichiens. Eo 1332, Lucerue entra dans la contéderation, qui reçut le nom de Gantons des Quatre Forêts [Vierwal'.istaeltc). Zurich s'y joignit en 1351, Glarus et Zug en 1352, et Berne en 1333. Alors les huit cantons formèrent « la ligue perpétuelle des huit vieux lieux de la confédération ». On n'en admit pas d'autre jusqu'en 1481, et ces huit cantons jouirent des beaucoup de privilèges jusqu'en 1';98. Les Suisses battirent encore les Autrichiens à Sempach (Lucerne), le 9 juillet 13St), et à .Nacfels (Glarus) le 9 avril I3.S8; ils prirent alors l'oltensive et, à la fin, malgré leurs défaites en lii?. et 1440, ils s'annexèrent des portions considérables du territoire autrichien. Ces conflits prolongés avaient rendu la population belliqueuse, et beaucoup de Suisses s enrôlaient comme mercenaires dans les armées étrangères. De 1 440 a 1 450, Zurich se sépara de la confédération. A celte époque, comme Schwytz avait une influence prépondérante, ses couleurs (blanc et rouge) devinrent le drapeau de la confédération, et tout le pays prit le nom de Suisse {Scliwytz). En 1473, les cantons s'allièrent à la France, à l'Autriche et aux villes libres d'Alsace contre la Bourgogne ; les Suisses infligèrent une défaite signalée à Charles le 'l'eméraire en mars 147b, a Gransou; ils anéauurent son armée à Morat, en juin, et la .uerre se terniina par la déîaite et la mort du duc à Nancy, en janv. 1477. L'admission de Sololliuiu et de Fribourg en I48| fut sur le point

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d'amener une guerre civile que conjura l'ermite ÎSicholas von der Flue. D'autres dissensions intérieures se terminèrent par une i-'uerre contre l'empereur allemand (1 i98i, laquelle aboutit à la paix de Bàle en Ii99. BAle et Shali'house furent admis dans la confédération et on y ajouta .\ppenzell en 1513. Ainsi le nombre des cantons s'était élevé à 13; il resta sans changement jusqu'en 1798. Les Suisses, prenant parti dans les querelles italiennes, furent heureux d'abord, mais en 1516 perdirent la grande bataille de Marignan contre François 1*' de France. — La réformation suscita la guerre entre les cantons réformés et les canlons catholiques; mais peu après la bataille de Rappel (Zurich), en lool, dans laquelle Zwingle périt, la paix se rétablit et chaque canton resta libre d'admettre ou de repousser la réforme. — Genève, avec l'aide de Berne, s'affranchit de la Savoie et, en 1536, devint une république protestante, sans cependant être admise dans la confédération. Berne conquit V'aud sur la Savoie en 1336 et l'acquit à la réformation. En 1586, les canlons catholiques de Lucerne, d'Uri, de Schwytz, d'Unterwalden, de Solothurn et de Fribuurg, formèrent la « ligue d or » pour la défense de la religion catholique. En 1597. Appenzell, pour prévenir une guerre de religion, fut séparé en deux demi-cantons indépendants. A la paix de Weslphalie (164s), la Suisse fut déclarée enlièrement indépendante de l'empire allemand. Dans la seconde guerre de Toggenburg, en 1712, 150,000 Suisses en vinrent aux mains les uns contre les autres, La forme oligarchique du gouvernement à Berne, à Fribourg, à Sololhurn el à Lucerne, et I état d'oppression où se trouvaient les territoires conquis amenèrent d'autres commolions intérienres.Le 5 mars 1798, les Français semparèrent de Berne et, le 12 avril, ils proclamèrent à Aarau la république helvétique, une et indivisible, avec 18 cantons, et Aarau pour capitale. Genève, Bienne (Berne; et d'autres portions du territoire suisse étaient incorporés a la republique française. Bientôt après, la Suisse fut un des principaux centre de la guerre entre les Français et les alliés- Le retrait des troupes françaises en 1802 amena immédiatement des révolutions; mais une armée française de 12,000 hommes soumit de nouveau les vieux cantons, et, le 19 lév. 1803, Bonaparte transmit aux députés suisses, assemblés à Pans, 1 acte de médiation, par lequel l'ancien système cantonal était rétabli, bien que la siLuatiun des territoires conquis vis-à-vis des cantons demeurât abolie. Aux 13 vieu$ cantons, on en ajoutait 6, savoir : Saint-Gall et les Grisons, qui étaient jadis des alliés de la confédération sans en être des membres, et .\argau (Argovie),rhurgau, le ïessin et Vaud qui étaient des territoires sournis. Après la bataille de Leipzig, les troupes des puissances alliées traversèrent la Suisse. Berne et d autres cantons aristocratiques se séparèrent du gouvernement helvétique, et il s en suivit des discordes civiles. La nouvelle constitution de 18tb reconnut les •19 cantons constitués par l'acte de médiation et en ajouta trois autres : Genève, le Valais et la principauté prussienne de Neufchàtel. Les grandes puissances ratiliéreot cette constitution qui déclarait aussi la neutralité et l'inviolabihié perpétuetip de la Suisse, dont le territoire se trouvait accru de cessions de la part de la France, de la Savoie et de l'Autriche. En 1817, la, Suisse, sur l'invitation d'Alexandre de Russie, entra dans la Sainte-.\lliauce et, de 1823 a 1828, elle restreignit la liberté de la presse et le droit d'asile. L» vév ilution française de juillet 1830 excita plHsieurs des districLs ruraux à se soulever cynlfe les villes capitales et les força à rendre plus libérales les constitutions particulières des cantons.

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