‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 341 sur 639 · SUME · texte numérisé non relu

SUME

SUMATRA (sanscr., Snmudra, l'Océan). Ile de l'archipel Indien, sous l'Equateur, au S.-O. de la presqu'île de .Malacca à laquelle elle est parallèle, par 5° 40' lat. N. et 3° o-ï' lat. S. et par 93° et lOSoili' lon^'. E.; elle est bornée au N par la baie de Ben^'ale, au N.-E. par le détroit de Malacca, et au S.-O. par l'oc'-an Indien. Sa longueur extrême est de 1,650 kil. et sa plus grande lar;.'eur de 4S0 kil.; 4o0,0U0. kil. carr, ; 3,fi67.000 habitants. Les trois quarts de l'ile environ sont soumis à la Hollande, soit dir.clement, soit avec des chefs indigènes et dépendants. Dans la première classe sont quatre établissements coloniaux avec les îles avoisinantes : 1° la côte occidentale de Sumatra, entre i" 30' lat. N. et 1» oa' lat. S., qui comprend lesrésiJences de Tapanoli et de Padang; 1,6'20, 979 hab.; 2° Bencoolen, sur la côte du S.-O.; 3° Lampong, a l'extrémité méridionale de l'Ile; lli.27t hab.; 4° Palembang, sur la côte du S.-E.. en face Banca. (Voy" P.\lembang.J Le principal Etat indigène est Achem, qui embrasse toute la partie septentrionale de l'île, et est indépendant des Hollandais. (Voy. Achem.) Une chaîne volcanique traverse l'île d'un bout à l'autre près de la côte occidentale; mais les volcans en activité ne dépassent propablement pas le nombre de cinq. L'élévation moyenne de la chaîne est de i,'600 à 5,000 pieds; mais il y a quatre sommets qui dépassent 10,000 pieds (monts Berapi, Ophir, Indrapura et Abong-Abong) et six autres de plus de o,000 pieds. La partie de Sumatra qui se trouve àl'E. de cette chaîne est une grande région basse et relativement plate, arrosée de nombreux cours d'eau dont le plus grand. le Musi ou Palembang, est navigable jusqu'à 330 kil. dans l'intérieur. Ou trouve de l'or dans le lit des rivières; il y a aussi du fer, du cuivre, de l'étain, du soufre et du pétrole. Le climat estchaud et humide ; le thermomètre ne variant qu'entre âo» 6134°. Sur le plateau de Padang, à 2,400 pieds audessus du niveau de la mer, on compte toujours de pluie par an. Sumatra contient de vastes forêts pleines de toutes les plantes et essences des tropiques. La faune ressemble beaucoup à celle de Java et de Bornéo. Le sol, d'une fertilité remarquable, donne d'abondantes récoltes de riz, de café, de poivre et de tabac, et un peu de coton. L'agriculture n'en est pas moins dans un état primitif. Les habitants de Sumatra sont pour la plupart des Malais mahomctans. Les naturels d'Aohera trahissent cependant un mélange notable de sang hindou. Au sud d'Achem s'étend une région montagneuse habitée par les Bataks. (Voy. BAT.^KS.)Les seules iiidustiiesde quelque importance sont la fabrication d'ustensiles et de tissus pour les usages domestiques. Où exporte du poivre, de la poudre d'or, du camphre, des noix de muscade, des clous de girofle, du niacis, du benjoin, de la gultapercha, du cuivre, de l'étain, du soufre et du corail. Les villes principalessonL: Achem au N., Palembang au S.-E., Bencoolen au S.-O., et Padang sur la côte occidentale. — L'ile fut visitée par Marco Polo en 1292. Les Hollandais s'établirent à Padang en 1649, et créèrent plusieurs factoreries dans le S. En \'i95, leurs territoires tombèrent aux mains des Anglais, mais tout leur l'ut rendu en 1824.

SUMBA'WA [soumm-bà'-oua], île montagneuse ue l'archipel Indien, entre Flores et Lombok, par 9° 2' lat. S. et 1 1° 22' long. E. ; 13,307 kil. carr.; 80.000 hab. On y trouve le mont Tomboro, volcan ùe 8,9iu pieds, sujet à des éruptions terribles. Or, soufre, salpêtre, et perles. L'ile njurril une belle race de chevaux dont on exporte un grand nombre. Les six Etats indigènes de l'île sont soumis à la Hollande.

SUMÈNE, ch.-l. de cant., arr. et à 13 kil. E. du Vigan (Gardj ; 2,756 hab.

SUPE

SDMMtJM s. m. [somm-momm] (mot lat.

qui signifie : Le plus haut). Plus haut point,

plus haut degré.

SDMMDM JUS, SUMMA INJURIA, exprossion latine qui signifie : Droit extrême, extrême injure.

SUNAM, ville de la Palestine, dans la tribu

d'is-aohar.

SUNAMITE s. et adj. De Sunam; qui appartient a cette ville ou à ses habitants.

SUNBURY [seunn'-bé-ré], bourg électoral, sur la rive orientale du Susquehanna, a 1 14 kil. . \. -0.de Philadelphie; fi. 500 hab. Un chemin de fer le relie à Philadelphie et au district minier de Shamokin. On eu exporte environ 200.000 tonnes de houille par an.

SUNDERBUNDS [seunn'-deur - beundss], région maréca^'euse du Bengale, dans l'Inde. Elle s'étend à travers la partie inférieure du delta du Ganire, depuis l'Hoogly jusqu'à l'île de Rabnadab, sur une lont:ueur de 215 kil. et une largeur de 1 20 kil. Elle est à peine peuplée. Toute la région est découpée par les cours d'eau en innombrables iles boisées, où fourmillent les tigres et les crocodiles.

SUNDERLAND [seu n n'-deur-la n ndd]. ville du Uurhaiii ; Angleterre), à l'endroit où le Wear se jette dans la mer du Nord, à 20 kil. N.-E. de la ville de Durham; 131,921 hab. Ou y construit beaucoup de navires, et le commerce y est considérable. Fa'i'ence, verres à vitré et à bouteilles, manufactures d'agi es, été.

SUNNA s. f. [sunn-na] (ar. : coutume ou réyUj. Collection de traditions arabes rappelant les paroles et les [iratiques de .Mahomet, de ses femmes, de ses compagnons et de ses successeurs immédiats. On l'appelle aussi hadis, tradition. Ceiix qui y croient sont appelés sunnis. Ce sont les mahométans orthodoxes; ils reconnaissent à la Sunna, une autorité qui n'est inférieure qu'au Korau, ce que nient les Shiahs. (Voy.CuniEs.)

* SUNNITE s. m. [sunn-ni-tej. .Mahométan orthodoxe et qui s'attache à la tradition.

SUPER [su-pèrr] (lat. super, sur). Préfixe qui entre dans la formation d'un grand nombre de mots.

' SUPER V. n. (angl. tosoop). Mar. Se boucher. S'emploie surtout dans cette phrase, La voiK d'eau a 6CPB, l'ouverture s'est bouchée, soit par l'herbe, soit par quelque autre corps que le hasard y a introduit.

" SUPERBE s. f. (lat. supcrbia). Orgueil, vaine gloire, présomption, arrogance : l'esprit de superbe.

' SUPERBE adj. (lat. superbus). Orgueilleux, ariogant, qui s'estime trop, qui présume trop iie lui : c'est un homme f'urt sup' rbe.

— S'emploie communément pour exprimer la belle apparence, la grandeur, la magnificence, la richesse, la somptuosité. En ce sens, il se dit des personnes et des choses : une ftmme superbe. — Se dit quelquefois des ouvrages d esprit dans un sens analogue : un superbe discours. — Substantiv. Dieu se plait à abaisser les superbes.

* SUPERBEMENT adv. Orgueilleusement, d'une manière ,-uperbe : plus on lui parle avec sùumUssion, plus il répond superbement.

— Avec magniticeuce : il était vêtu superbement.

* SUPERCHERIE s. f. {ital. supercheria). Tromperie, fraude avec finesse : je me fiais à lui, et il ma fait une supercherie. — Supercherie LITTÉRAIRE, ouvrage que l'on publie sous uu nom imaginaire ou que l'on donne comme venant d'une personne qui ne l'a pas lait.

SUPÉ

• SUPùRFETATION s. i. (piéf, super; lat. fœtus, fœtus). Physiol. Conception d'un fœtus, lorsqu'il y en a déjà un dans la malrice. — Redondance, double emploi de pensée et d'expression : ce chapitre est entièrement inutile, c'eH une superfélation, une véritable supcrfétntion.

SUPERFICIAIRE adj. Qui a rapporta la supei'llcip.

SUPERFICIALITÉ s. f. (jualité de ce qui est superficiel.

•SUPERFICIE s. f. {lat. superficies). Géom. Surface ou étendue d'un corps solide, considéré quant à sa longueur et k sa largeur, sans égard àsa profondeur, à son épaisseur: la superficie des corps. — Simple surface, étendue d'une surface : ^i superficie d'un champ, d'un jardin. — Droit. La superficie CÈDE AU FONDS, la surface du terrain et, en conséquence, tout ce qui est bâti ou planlé dessus, appartiennent au propriétaire du fonds. — Surface des corps, considérée comme ayant quelque épaisseur, quelque profondeur ; enlever la superficie d'un corps. — Se dit, fig., en parlant de ceux qui n'ont ou ne prennent qu'une légère connaissance des choses : cet homme ne connaît que la superficie de benucoup de choses.

• SUPERFICIEL, ELLE adj. Qui n'est qu'à la la superficie : cette plaie n'est que superficielle. — Se dit, au sens moral, do ce qui s'arrête à l'extérieur, de ce qui effleure et n'approfondit pas : il n'a qu'une connnissance superficielle de la chose. — Se dit également des personnes : ?m homme superficiel.

■ SUPERFICIELLEMENT adv. D'une manière superficielle : ce coup ne ia touché que superficiellement. — V\g. Il ne sait ces choses que superficiellement.

• SUPERFIN, INE adj. [pvéL super; fr. fin). Comm. Un degré supérieur de finesse dans des choses de même nature : papier superfin ; liqueur superfine. — Substantiv. C'est du su- PERiiN, cela est très fin, cela est de la qualité la plus recherchée.

•SUPERFLU, UE adj. (lat. superfl'ius). Qui est lie trop : ces meubles, ces ornements sont superflus. — Inutile : des paroles superflues.

J'cnlends, épargn

-moi ces discours superflus.

jviLLE. L'Inconstant, acte III, se. i

— S. m. Ce qui est de trop, ce qui est au delà du nécessaire : les sages ne désirent que le nécessaire, ils se mettent peu en peine du superflu.

• SUPERFLUITÉ s. f. Abondance vicieuse, ce qui est suprrllu : la supeifluité est condamnabk en toutes choses.

' SUPÉRIEUR, EURE adj. (lat. superior).

Qui est situé au-dessus. Est opposé à inférieur : la région supérieure de l'air. — Géogr. Se dit, des pays les plus rapprochés de la source du fleuve ou de la rivière qui les traverse : la Germanie supérieure. — Astron. Planiîtes supérieures, celles qui sont plus rapprochées du soleil que de la terre. — Qui est au-dessus d'un autre, qui l'emporte sur les autres pour la condition, la dignité, le mérite, l'autorité, les forces, etc. : les classes supérieures de la société. — Etre supérieur AUX livÉNESiENTS, AUX REVERS, etc., avoIr un courage à l'épreuve des événements, des revers, etc. — Etre supérieur a sa place, avoir pl',:sde talents que n'en exige la place qu'on occupe.

• SUPÉRIEUR, EURE s. Celui, celle qui a autorité sur un autre, qui aie droit de commander à un autre : il faut obéir à ses supérieurs.

SUPÉRIEUR (Lac), le plus élevé des grands lais qui se trouvent entre les Etats-Unis et le Canada, et la plus grande masse d'eau

SUPE

douce du globe, entre 46" 30' et 49» lat. N. et 87» 10" et !)3» 30' long. 0. Sa plus grande longueur de l'E. à l'O. est de 340 kil. ; sa plus grande largeur de 220 kil ; 83,627 kil. carr. ; le développement de ses côtes est d'environ 2,300 kil.; sa profondeurmoyenne de 300 m.; son élévationde 020 pieds. Au S. et à l'O., il borne le Michigan, le Wisconsin et le Minnesota. De nombreux cours d'eau s'y jettent. La côte est en majeure partie rocheuse, et au N. elle est découpée on baies profondes qu'entourent do hautes falaises. Le lac contient de nombreuses îles, dont beaucoup s'élèvonlabruptement à dejtrandes hauteurs. Aucun lac de l'Amérique du Nord ne présente une nature si hardie et si majestueuse que le Lac Supérieur sur sacôte septentrionale. Sur la côte méridionale, à l'endroit où le lac est le plus large, se trouvent les murailles à pic en grès rouge, fameuses sous le nom de Roches Peintes (Pictured Rocks). Les plus grandes Iles sont l'isle Royale et Michipicoten. Les villes les plus importantes de ses rives sont Marquette dans le Michigan, et Duluth dans le Minnesota. Il se déverse par la rivière Sainte-Marie (100 kil.) dnns le lac lluron.

* SUPÉRIEUREMENT adv. D'une manière supérieure : ces deux auteurs ont écrit sur la même matière, mais l'un bien supérieurement à l'autre. — Très bien, parfaitement: cet homme écrit supérieurement.

* SUPÉRIORITÉ s. m. Prééminence, autorité , élévation, excellence au-dessus des autres : sa charge lui donne une grande supériorité. — Emploi, dignité de supérieur dans un couvent, dans une communauté : H aspire à la supériorité de cette maisonreligicvse.

* SUPERLATIF, IVE adj. (lat. suprrlativus). Gramm. Qui exprime la quantité bonne ou mauvaise, portée au plus haut degré : adjectif, adverbe superlatif. — s. m. llluslrissisme. Sérénissime, etc., sont des supcrlalifsempruntés de l'italien, qui les a pris du latin. A l'imitation de ces mots, on fait quelquefois en plaisantant des superlatifs terminés de même: S'ivanlissime, ignorantissime, fourbissime. — Superlatif absolu, celui qui exprime la qualité portée à un très haut degré, sans rapport à autre chose ou à autre personne; et. Superlatif relatif, celui qui exprime la qualité avec rapport à autre personne ou a autre chose. Très sage est un siiperlatif absolu; Le plus sage est un superlatif relatif. — Cela est bon, est mauvais au superlatif, cela est extrêmement bon, extrêmement mauvais.

* SUPERLATIVEMENT adv. Au superlatif.

Peu usité, et ne se dit guère que par plaisanlerie : elle est superlalivement laide.

SUPERNATURALISME s. m. Doctrine qui admet le surnaturel; naiure des choses surnaturelles.

SUPERNATURALISTE s. m. Celui qui croit à I e.xisiriice du surnaturel. — Adjectiv. ûoctrine supemulnratiste.

' SUPERPOSER V. a. Didact. Poser une ligne, une surface, un corps sur un autre.

SUPERPOSITIF. IVE adj. Qui est superpose.

•SUPERPOSITION s. f. Didact. Action de superposer, ou état des choses superposées : on démontre quelquefois en géométrie par superposition.

' SUPERPURGATION s. f. Méd. l'iiigation excessive: les superpurgations sont dangereuses.

* SUPERSÉDER V. n.Jurispr. Surseoir, différer pour uu temps: superséder aux poursuites, à l'exéeution d'un arrêt.

' SUPERSTITIEUSEMENT adv. D'une ma-

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nicre superstitieuse : il y a des gens qui s'attachent superstitieusement à de certaines pratiques, à de certaines dévotions. — Se dit, fig., en parlant de toutes les choses oi'i l'on porte jusqu'à l'excès l'attention, l'exactitude, le scrupule : i/ fst bon d'être exact, mais il ne faut pas s'attacher superstitieusement aux choses indifférentes.

♦ SUPERSTITIEUX, EUSE adj. Qui a de la superstition : un dévot superstitieux. — Se dit aussi des choses où il y a de la superstition : culte superstitieux. — Se dit, fig., de ceux qui pèchent par excès d'exactitude en quelque matière que ce soit : il est si exact, si ponctuel sur toutes choses, qu'il en est presque superstitieux. — Substantiv. Les superstiti'nix.

•SUPERSTITION s. f. (lat. superslitio).

Fau>se idé; que l'on a de certaines pratiques de religion, auxquolleson s'attache avec trop de crainte ou trop de confiance : les esprits faibles sont sujets à la superstition:

Lorsqu'un mortel alrabilairc,

Nourri de superstition.

A, par colle alTicuse chimère,

Corrompu sa religion,

Son âme .ilois est endurcie.

Sa raison s'enfuit obscurcie.

Rien n'a plus sur lui de pouvoir,

Sa ju>licc est folle et cruelle;

Il est dénaturé par zèle.

Et sacrilège par devoir-.

Voi-Tims.

— Se dit aussi des pratiques superstitieuses: la confiance qu'on avaitaux devins, aux oracles, était une superstition païenne. — Vain présage qu'on tire de certains accidents qui sont purement fortuits : il y a de la superstition à croire que la rencontre d'une belette, qu'une salière renversée, et le sel répandu sur la table, présagent un malheur. — Tout excès d'exactitude, de soin, en quelque matière que ce soit: il est si jaloux de l'exactitude grammalicalc, qu'il va sur cela jusqu'à la superstition.

— Encycl. " Il existe encore des pauvres (c d'esprit, dépourvus même des notions les « plus élémenlaires, et qui sont parmi nous n les représentants attardés des époques de

I la plus complète ignorance. Pour ces dé- « shérités, à qui tout demeure inconnu de i< ces rapports que la science a découverts et « découvre tous les jours, et qui constituent

II les lois des phénomènes, rien n'est incroya- « ble de ce qui est absurde, et il ne leur ré- " pugne pas d'admettre qu'il est au pouvoir (I de certains hommes d'évoquer des esprits « malfaisants, de les faire agir à leur com- « mandement et de conjurer leur puissance (c par des paroles et des gestes. » Ainsi s'exprimait le savant M. Bouley, à la leçon d'ouverture de son cours de pathologie comparée (nov. 1880). Tout à l'opposé, Joseph de Maistre, qui a émis tant de jiaradoxes insoutenables, considérait la superstition comme une chose utile, comme un supplément indispensable à la religion catholique (Soirt'cs de Saint-Pétersbourg, tome II, p. 238). C'est elle au contraire, qui détruit le sentiment religieux, auquel elle substitue l'idolâtrie et le culte matérialiste. Dans la plupart des religions humaines, la superstition est entretenue avec soin par les prêtres, parce qu'elle leur |irofite. Aussi la fin du moyen âge n'a pas été colle des superstitions. « 11 y a, disait « Saint-Simon en parlant de l'Espagne, des (I pays où la science est un' crime, l'igno- « rance et la stupidité la première vertu.» Louis XIV, qui défendait à ses sujets de se livrer à des pratiques superstitieuses (Edit de juillet 1602) n'était pas exempt lui-même de ce vice; et Fénelon osait lui en adresser le reproche : « Votre religion, lui écrivait-il en « 1682, ne consiste qu'en superstitions et en (( pratiques supeificielles. » A notre époque, n'est-ce pas le retour du catholicisme aux pratiques superstitieuses qui en éloigne désormais tous les esprits que le fanatisme n'a-

SUPI

TPiigle pas? La supeislition est de plus en plus répandue par les efforts du clergé romain, au moyen des publications si nombreuses, livres, annales, manuels de piété, etc., qui foisonnent dans les écoles catholiques et dans les couvents. « Cette pitoyable a littérature des Mois de .Marie et toute cette « mesquine dévotion de notre époque célè- « bientle culle de la sainte Vierf;e avec une n fausse théologie, de faus.^es fleurs, des mé- « lodies fausses et des vers faux. » (Louis Veuillot. Parfums de Rome, 3» édit. p. 62.) C'est là l'une des causes qui ont rendu si nécessaire la laïcisation des écoles primaires publiques; car c'est seulement en répandant la véritable instruction que l'on peut combattre la superstition qui dégrade l'être humain. « Il faut, écrivait d'Alembert dans une « lettre à Voltaire, il faut attaquer la supers- « titiou indirectement, avec linesse et pa- « tience; il ne faut pas braquer le canon « contre la maison, parce que ceux qui la « défendent tireraient des fenêtres une grêle « de coups de fusil; il faut, petit à petit, éle- « ver à côté une autremaison plus habitable; « tout le monde y viendra et la maison « pleine de léopards sera désertée. » Les superstitions qui ont été récemment introduites dans le catholicisme , surtout en France, ont été décrites d'une manière à la fois consciencieuse et caustique par Paul Parfait, dans trois ouvrages qui sont en grande partie formés de textes extraits des auteurs les plus vantés de la doctrine ultraniontaine. Ces livres sont : ['Arsenal de la dévotion, le Dossier des pèlerinages, et la Foire aux reliqui's. Dans la préface du premier de ces ouvrages (Paris, G. Decaux, édit.i, nous trouvons les passages suivants ; « 11 semble

• qu'à mesure qu'une religion s'éloigne de

• son origine, elle devrait, se dégageant des 0 pratiques absorbantes ou bizarres qui ont « pu entourer ses premiers pas, prendre vers « les sphères de la morale éternelle un vol a de plus en plus élevé. Le catholicisme pa- « rait pourtant s'ingénier à donner le spec- « tacle contraire. Austère et simple à ses 0 débuts, on le voit avec surprise accroître « d'âge en âge son bagage de superstitions, (I au point qu'il est à présent douteux qu'on a y puisse lien ajouter de plus,.. Au lieu de « se mêler, en y puisant de nouvelles forces, « au large courant des idées modernes, c'est i( à coup d'amulettes, que le néocatholicisme « prétend les combattre. Ces scapulaires, « ces eaux, ces chapelets, ces cordons, ces « médailles que l'Eglise fait surgir plus « nombreux tous les jours, sont présentés « par elle comme autant d'armes puissantes i< destinées à protéger la société contre le (I grand ennemi, contre le Malin, sans cesse « occupé à soulUer autour de nous les tem- « pètes, à nous livrer en proie aux maux du « corps, aussi bien qu'àceux de l'âme, et à ce « mai détestable par dessus tous les autres, « l'esprit de discussion et de libre examen... " Nous ne confondons pas l'éducation cléri- » cale et l'éducation i-eligieuse, n'oubliant « pas que, derrière ces pratiques du fana- « tismo qui nous reportent à la barbarie des « premiers âges, se dresse la grande et se- « reine religion du Christ, cette religion, « digne de tous nos respects. Nous pensons « fermement que la défendre contre les em- « piètements tous les jours plus hardis du jé- « suitisme, c'est la protéger mieux que ne « font ceux qui. en la dénaturant, croient la i< servir. » |Voy. Heligion.) (Ch. Y.)

SUPERSTITIOSITÉ s. f. Tendance à la superstition.

SUPERSTRUCTURE s. f. Construction inutile.

SUPERVOLUTIF, IVE adj. Bot. Qui est enroulé eu dessus.

'SUPIN s. m. {lal.supinum). Gramm. lat.

SUPP

Partie du verbe latin qui sert à former plusieurs temps, et qui est une sorte de nom substantif verbal.

, • SUPINATEUR s. m. (du lat. supinatus, couche sur le dos). Anat. Se dit dedeux muscles qui font mouvoir i'avanl-bras et la main de manière que, lorsqu'ils se contractent, le plaide la main se tourne en dehors : le long supin ateur

* SUPINATION s. f. Physiol. Mouvement de supiNATiuN. mouvement que les muscles supinateurs font exécuter à lavant-bras et à la main. — Pathol. Position d'un malade couché sur son lit, la tête jetée en arrière, les bras et les jambes étendus.

SUPPLANTATIONs.f. Action de supplanter.

'SUPPLANTER v. a. [su-plan-] (lat. supplantare, renverser par un croc-en-jambe). Paire perdreà quelqu'un le crédit, la faveur, l'autorité, l'établissement qu'il avait auprès d'une personne, le ruiner dans l'esprit de cette personne, et se mettre à sa place : il a supplanté son rival.

' SUPPLÉANCE s. f. Action de suppléer.

* SUPPLÉANT, ANTEs. Personne qui remplace quelqu'un, qui le représente, qui fait ses fonctions à son défaut : je serai votre suppléant, cette dame est sa suppléante au bureau de charité. — Adjectiv. Juge suppléant.

* SUPPLEER V. a. (lat. supplere, compléter). Ajouter ce qui manque, fournir ce qu'il faut de surplus : ce sac doit être de mille francs, et ce qu'il y aura de moins, je le suppléerai, je suppléerai le reste. — Ajouter à une phrase ce qui y est sous-enlendù : daiis rette phrase. Il est allé à Notre-Dame, il faut suppléer, l'église de. — Suppléer v. n. Réparer le manquement, le detaiil de quelque chose : suppléez à mon défaut.

' SUPPLÉMENT s. m. (lat. supplementum).

Cequ^on donne poursuppléer, et quelquefois ce qu'on donne en sus : on lui a donné tant en argent pour supplément, pour supplément de fartage. — Thi:'àtre. Prk.ndre un supplément, échanger le billet qu'on avait acheté, contre un autre d'une place supérieure, et payer le surplus du prix : Burkau de supplément ou DES suppléments, bureau où l'on fait cet échange. — Le supplément d'un auteur, d'un LIVRE, ce qu'on a ajouté à un livre, pour suppléer à ce qui y manquait : le supplément de Tite-Live par 'Preimhemius,de Tacite par Brotier. — Le supplément d'un journal, feuille ou feuillet que l'on ajoute quelquefois à un journal, lorsque son étendue ordinaire ne sul'lit pas pour contenir tout ce qu'on veut publier: le supplément du Moniteur detel jour. — Géom. Le supplément d'un angle, ce qu'il faut ajouter à un angle pour former deux angles droits. — Gramm. Se dit des mots que la plénitude du sens veut qu'on ajoute à ceux qui composentla phrase usuelle et elliptique. dans cettephrase, A la Saint-Martin, les mots fête de sont le supplément; il y a certaines ellipses dont il est difficile de donner le supplément. (Vieux.)

' SUPPLÉMENTAIRE adj. Qui sert de supplément : ouvrir à queliju un un crédit supplémentaire. — Jurés supplémentaires, ceux qui sont désignés pour su|ipléer les jurés titulaires en ca« d'ab.-ence ou de maladie.

•SUPPLÉTIF, lYE adj. (lat. supplelus, supplée). Qui complète, qui sert de supplément: articles supplétifs.

' SUPPLIANT, ANTE adj. Qui supplie : il était si fier autrefois, le voilà devenu bien sup. pliant. — s. En posture de suppliant.

* SUPPLICATION s, f. Prière avec soumission : très humble supplication. — pi. Se dit, particul. dans l'Histoire romaine, de certaines prières publiques ordonnées par le sénat en

SUPP

diverses occasions importantes, et accompagnées de cérémonies religieu.ses dont le rit était prescrit. — Se dit aussi des remontrances de vive voix que le parlement faisait au roi en certaines occasions.

SUPPLICATOIRE adj. Qui a le caractère de la supplication.

SUPPLICE s. m. (lat. supplieium). Punition corporelle ordonnée par la justice : le supplice de la croix. — Condamner quelqu'un AU DER.NiER SUPPLICE, le condamner à mort. Mener quelqu'un au supplice, le mener à uri supplice qui est suivi de la mort. — Les suppucçs éternels, les peines de l'enfer. — Tout ce qui cause une vive douleur de corps, et qui dure quelque temps : la gravelle, la goutte est un supplice cruel. — Tout ce qui cause une peine, une affliction, une inquiétude violente et do quelque durée : c'est un supplice pour moi d'entendre cet homme-là. - Fig. et fam. liTRE AU supplice, soulînr beaucoup de quelque mal, de quelque incommodité, de quelque peine : depuis que j'ai cet accès de goutte, je suis au supplice.

' SUPPLICIÉ, ÉE part, passé de Supplicier. — Sulistantiv, C est ici que l'on enteire les

suppliciés.

• SUPPLICIER V. a. Faire souffrir le supplice de la mort : on a supplicié aujourd'hui trois assassins. On dit plus ordinairement,

Exécuter.

* SUPPLIER v. a. (lat. supplicaré). Prier avec soumission, avec instance : je vous supplie, monsieur, d aller le voir, de faire telle chose.

' SUPPLIQUE s. f. Requête qu'on présente pour demander quelque grâce : présenter sa supplique. — Fig. et fam. Ayez égard a ma supplique, ayez égard à ma prière, à ma demande.

'SUPPORTS, m. Ce qui soutient unechose, ce siirquoi elle pose : sivous ôtcz cette colonne, la voûte tombera, car elle n'aura plus de support. — Aide, appui, soutien, protection : ce fils est le support de sa famille. — Blas. Se dit

des figures d'anges, d'hommes ou d'animaux qui soutiennent un écusson; et, en ce sens, il n'est guère d'usage qu'au pluriel : avoir deux lionspour supports dans ses armes.

' SUPPORTABLE adj. Tolérable, qu'on peut supporter, soulfrir -.je sens de la douleur; mais c'est une douleur supportable. — Excusable, qu'on peut tolérer, excuser : cela n'est jias supportable à un homme, dans un homme de son âg\ de sa qualité, de sa profession.

• SUPPORTABLEMENT adv. D'une manière supporiable. tolérable : cela est écrit supportablement. (Peu us.)

' SUPPORTER V. a. Porter, soutenir : ces piliers, ces colonnes supportent toute cette maison. — Souffrir, endurer : il supporte le froid, le chaud, toutes les injures de l'air. — Souffrir avec patience: il y a de la charité à supporter les défauts, les infirmités de son prochain. — Etre à l'épreuve de ; ce vase peut supporter le feu.

SUPPORTEUR, EUSE s. Personne qui supporte.

' SUPPOSABLE adj. Qu'on peut supposer : cela n'cft p'is supposable.

• SUPPOSÉ, ÉE part, passé de Supposer: se

SUPP

pri;$enter 50?(s un wim supposé. — Cela supposé, dans celte supposition. On dit aussi, Supposé que, dans la supposition que. On dit encore : supposer tel événement.

' SUPPOSER V. a. [su-pozé] (lat. supponcre). Poser uDf chose pour établie, pour reçue; l'aire une hypothèse, afin d'en tirer ensuite quelque induction : vous commencez par siipposer C('. qui est en queslioti. — Former une conjecture, présumer en bien ou en mal : je Si/ppose qu'il sera bientôt las de ce genre de vie. — Alléguer ou produire pour vrai quelque chose de taux, de controuvé : supposer des faits, un complot. — Supposer un enkant, vouloir le faire passer, le faire reconnaître pour lils uu fille deceux dont il n'est pas iié : on supposa nn enfant pour frustrer les héritiers collaléraux. — Se dit, en outre, d'une chose qui demande, qui exige que quelque autre chose soit ou ait été : la justification suppose une accusation.

SUPPOSITIF, l'VE adj. Qui a les caractères d'une sup|iOsitioii.

* SUPPOSITION s. f. [su-po-zi-si-on]. Proposition que l'on suppose comme vraie ou comme possible, afin d'en tirer quelque induclion : dans la supposition que vous faites, il faudrait que... — Conjecture, opinion favorable ou défavorable qui ne résulte pas de preuves positives : ce qu'il dit là est une pure supposition. — Production d'une fausse pièce, alléf-'alion d'un fait controuvé : la supposition d'un contrat, d'un testament, d'un titre. — Supposition de nom, de personne, action de mettre un nom, une personne a la place d'une autre. — Supposition d'un enfant, action de celui qui veut faire passer, faire reconnaître un enfant pour fils ou fille de ceux dont il n'est pas né. — Jurispr. Supposition de part, crime qui se commet en attribuant un enfant à une femme qui n'est point accouchée, ou en en substituant un à celui dont elle est mère.

* SUPPOSITOIRE s. m. Espèce de médicament en forme de cône long et gros comme le petit doigt, que l'on met dans le rectum pour lâcher le ventre ou pour agir comme adoucissant : user de suppositoire.

* SUPPÔT s. m. (lat. suppositus). Celui qui est membre d'un corps, et qui remplit de certaines fonctions pour le service de ce corps : anciennement, les imprimeurs et les libraires Étaient suppôts de l'Univtnité. — Celui qui est fauteur et partisan de quelqu'un dans le lual, qui sert aux mauvais desseins d'un autre : (/ n'y a que les émissaires et les suppôts d'un scélérat qui puissent répandre de pareillei calomnies. — Fig. et fam. C'est un suppôt de Satan, se ditd'un méchant homme. — Philos. Ce qui sert de fondement, de soutien, de sujet

SUPPRESSIF, IVE adj. Qui tend à supprimer.

* SUPPRESSION s. f. Action de supprimer: il suppression d'un libelle. — Kdit de supl'RKSsioN, edit qui éteifiuait et suppriniail quelque cliarj;e,iiuelque impôt, etc. — MéJ. Sus[ie;ision d'une évacuation accoutumée : suppression d'urine. — Jurispr. Suppression DK part ou d'enfant, criniB de celui ou de celle qui l'ait disp^iraitro les traces de la naissance d'un enfant, ou qui ôte la connaissance de son existence et de son état. — Suppression d'état, crime qui consiste à supprimer les preuves de l'étal d'une personne.

SUPPRIMABLE adj. Que l'on peut suppripiiiiier.

* SUPPRIMER V. a. (lat. supprimere). Rm- I ■^cbrr de pmaitre, ou faire cesser de paraî- Ue, ne pas publier un écrii, un livre, un libelli- : on supprima tel livre, tel journal. — Jurispi'. Blâmer un écrit et en défendre la publication : on a supprimé son mémoire

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