TECK
frontière 0. avec son affluent la Desna, qui traverse le pays. Elle est extrêmement fertile, et possèded'excellentes races de chevaux et de bestiaux. Le pays produit beaucoup de miel, de cire et d'eau-de-vie. — IL cap. de ce gouvernement, sur la Desna, à 600 kil. S.-O. de Moscou; 27,000 hab. Belle cathédrale, et grand commerce.
TCHETCHENTZES. Voy. Caucase.
TCHIBOUK s. m. Voy. Chibooque.
TCHIHATCHEFF (Petr\ voyageur russe, né en 1812. 11 explora les montagnes de l'Altaï par mission du gouvernement, et publia : Votjiige scientifique dans l'Altaï, etc. (1846), l'Asie Mineure {iiioi-'69. 8 vol.); Le Bosphore et Constantinople liHiJi], et autres ouvrages.
TCHOUKTCHIS [Ichouk'-tchiss]. L tribu indigène de Sibérie, à l'extrémité orientale du continent asiatique, depuis le 160« méridien jusqu'au détroit de Behring. Us paraissent être parents des Koriaks, qui occupent presque le même territoire, et dont les habitudes elles mœurs sont semblables. Quelques-uns sont établis sur les côtes ; mais la plupart sont nomades, errant constamment avec de grands troupeaux de rennes, et sans avoir de chef. — Il, tribu de la famille des Indiens Koniaga dans Alaska, autrement appelés Aglegrautes, qui habitent la côte de la baie de Bristol, depuis le fleuve Nushagak jusqu'à 36° lat. N. Us sont adonnés au commerce, et habiles à sculpter et à faire différents ouvrages, mais vicieux et sales.
* TE pr. pers. 'Voy. Tu.
*TÉ s. m. Fortifie. Disposition de plusieurs fourneaux de mine en forme de T, pour faire sauter une fortification.
TÉBA, ville de la province de Séville (Espagne), à 60 kil. N.-O. de Malaga; 4,o00 hab. Vieux château. Titre d'un comté, qui appartient à l'inipératrice Eugénie.
TEBESSA ou Thebsa, anc. Thevesta, ville de la province et à 210 kil. S -E. de Constantine (Algérie), près de la frontière de la Tunisie; 6,613 hab., dont 572 français. Cette ville fut occupée par les Françai.s en 1842; elle a conservé des ruines importantes qui témoignent de son ancienne splendeur.
TECH |Le), rivière qui nait au pied du mont de lEscoula (Pyrénée^-Orientales), baigne Prats-de-iMoUi), Amélie-les-Bains, traverse la magnifique arche du pont de Céret et se jette dans la Méditerranée, après un cours de 82 kil.
* TECHNIQUE adj. [tèk-ni-ke] (gr. technikos). Propre à un art, qui appartient à un art. Se dit principalement des mots affectés aux arts : mot technique. — Veas techniques, vers faits pour aider la mémoire, en y rappelant en peu de mots beaucoup de faits, de principes, etc. : les racines grecques sont en vers techniques.
' TECHNOLOGIE s. f. [tèk-no-] (gr. techné, art; logos, discours). Traité des artsen général ; connaissance raisonnée de la théorie et de la pratique des arts industriels. Elle se divise en plusieurs branches, mais surtout en technologie chimique et technologie mécanique. Ces deux branches se combinent en beaucoup d'industries, par exemple la verrerie et l'impression sur calicot. Il y a des écoles de technologie.
* TECHNOLOGIQUE adj. Qui a rapport aux artsen général : dictionnaire technologique.
* TECK ou Tek s. m. [tèk] (de lekha,mol. indigène)'. Bot. Genre de verbenacées, comprenant deux espèces d'arbres qui croissent dans les Indes orientales. Le tectona grandis est précieux pour son bois. Il mesure plus de 100 pieds de hauteur; ses feuilles, elliptiques, ont de30à3.jcentini. de io:ig,etsont=i rugueu>ei et si dures qu'on les utilii^o rour i olir le ho;;.
TÉHÉ
Cet arbre se trouve en différentes parties de l'Inde et des îles adjacentes; son bois est un des plus remarquables que l'on connaisse pour la lourdeur, la dureté et la durée, qualités qui le font rechercher depuis longtemps en Orient, non seulement pour les temples, mais aussi pour les demeures des particuliers. On l'emploie beaucoup dans la construction des navires, car il est pour ainsi dire indestructible, et l'on a vu des navires construits en teck durer plus de cent ans. On donne aussi le nom de teck à d'autres espèces similaires.
TECTRICE adj. (lat. tectrix, qui couvre). Ornith. Se dit des plumes imbriquées qui recouvrent, chez les oiseaux, les ailes et les grandes pennes, ainsi que la base des pennes de la queue. — s. f. Ondistingue lespetites, les moyennes et les grandes tectrices.
TECUMSEH ou Tecumtha, chef des Indiens Shawnee, né vers 1768, mort le 6 oct. 1813. Vers 1 SOo, il se donna comme prophète, avec son frère Elskwatawa, et essaya de réunir toutes les tribus occidentales "en une ligue contre les blancs. Défait par Harrison en 1 81 1 , il passa aux Anglais du Canada, où il devint brigadier général. Il périt à la bataille de la Thames après s'être battu en héros.
* TE DEUM s. m. [té-dé-omm]. Cantique de 1 Eglise, qui commence par ces mots lalins Te Deum laudamus; il se dit ordinairement à la fin de matines, et se chante extraordinairemenl avec pompe et cérémonie, pour rendre grâces à Dieu d'une victoire ou de quelque autre événement heureux : les deux armées s'attribuèrent ta victoire, et on chanta des deux côtés le Te Deum. — Cérémonie qui accompagne cette action de grâces : toutes les autorités furent invitées au Te Deum. — On pense que le Te Deum fut composé par saint Ambroise à l'occasion du baptême de saint Augustin. — Au plur. Des Te Deum.
TEFF s. m. [tèf]. Bot. Espèce de paturin cultivé comme céréale en Abyssinie.
TEGEE, ville de l'ancienne Grèce, dans le S.-E. de l'Arcadie. Son territoire se nommait Tegéate. L'Iliade en fait mention. Les Spartiates s'en emparèrent vers 580 av. J.-C; elle fil ensuite partie de la confédération arcadienne et de la ligue étolienne. Alaric la détruisit de fond en comble, vers l'an 400 de notre ère. Ses ruines se trouvent près du village de Peali, à 4 kil. environ de Tripolitza.
TEGETTHOFF iWilhelm von), amiral autrichien, né à Marbourg le 23 décembre i827, mort à Vienne le 7 avril 1871. Commandant de l'escadre autrichienne dans la mer du Nord, il remporta la victoire navale d'Helgoland (9 mai 1864). A Lissa (20 juillet 1866), il vainquit l'amiral italien Persano et fut nommé vice-amiral. 11 fut chargé en 1867 de ramener en Autriche les restes de l'empereur Maxlmilien.
TÉGLATH-PHALASAR. Voy. Assyrie.
* TÉGUMENT s. m. (lat. tegumentum). Hist. nat. et Bot. Ce qui sert à envelopper, à couvrir : les peaux, les écailles sont des téguments.
TÉGUMENTAIRE adj. Qui sert de tégument.
TÉHÉRAN, cap. de la Perse et de la province d'lrak-.\djemi, à 115 kil. S. de la mer Caspienne, par 35° 41' lat. N. et 49° 10' long. E. En hiver la population est d'environ 200,000 hab. La ville forme un carré irrégulier embrassanlde grands espaces vides, des jardins et des ruines considérables; mais les rues sont étroites, sans pavage, sales, et les maisons de pauvre apparence et mal bâties. Le principal édifice est le palais du roi. Les faubourgs sont tiès firands. En été la ville est malsaine, et le roi avec les deux tiers de la population campe dans lc= p'aiiK s
TEIG
TfilN
Turquie. Elle est devenue la capitale de la Perse vers 1796.
TEHUANTEPEC. I. isthme du Mexique, entre la baiii de Caiiinèche sur le ?olfe et la baie de Tehuanlepec, sur le Pacifique; sa moindre larf;eur est de 200 kil. Il est arrosé par ie Coalzacoalcos, qui se ielte dans la baie de Canipèche, et par le Tehuantepec, qui se jeltf dans la baie du même nom. On a proposé de couper cet isthme pour établir une communication entre l'Atlantique et le Pacifique. — 11, ville de l'état d'Oajaca, sur le Tehuantepec, à 22 kil. au-dessus de son embouchure, et à 175 kil. E.-S.-E. d'Oajaca; Si.irts hab. Sel, coton, pêcheries de perle.
• TEIGNASSE s. f. Voy. Tig.nabse.
• TEIGNE s. f. [lè-nieu; gn mil.] (lat. iinca). Eruption chronique qui se manifeste presque eiclusivemenl au cuir chevelu et qui donne lieu à des écailles ou à des croûtes plus ou moins épaisses et de formes va rires. La teigne est une maladie cutanée chronique caractérisée par des croûtes d'une odeur nauséabonde, d'un jaune de miel, sèches, adhijrentes, circulaires, déprimées en },'odet, isolées ou agglomérées en larges incrustations. Cette affection, produite par un parasite, est contagieuse surtout chez les enfants. On la traite par la pommade soufrée ou mercurielle, etc. (Voj'. Impétigo.) — Espèce de galle qui vient à l'ècorce des arbres. — Cela tient comme teigne, se dit d'une chose qui tient bien, qu'on ne peut aisément enlever. — Entom. Genre de lépidoptères nocturnes qui oui pour larves des petits vers glabres, jaunâtres ou blanchâtres a 6pattesecailleuseset 8 membraneuses. Ces vers se nourrissent en général de substances organiques séchées dans lesquelles elles se creusent des tuyau.\. On distingue la tcijne des lapisseiies (linea tapetzellu], la teigne des draps [tinea sarcitMa), la teigne des ptileteries (tinea \iellioiieUa), la teigne du crin (tinea ainella), la teigne des grains (linea granella} ou fausse teigne des blés, etc. Les larves de tous ces papillons se rendent extrêmement nuisibles,
* TEIGNE s. f. Art vétérinaire. Maladie qui consiste dai;s la pourriture de la fourchette du pied du cheval; pourriture occasioiinee par une sérosité fort acre, et qui se décelé par une odeur fétide, par une démangeaison
de SuUanieh. Des tils télégraphiques relient 1 violenle, par If heurt continuel du pied conirc Téhéran auK frontières du Caucase et de la terre, et par la chute ue la partie pourrie.
' • TEIGNEUX. EUSE adj. Qui a la teign • : X I est devenuteigneux. — Prov.ei par Tnè-\n\<.
■Ij 11 n'y a que trois teigeux et u.n PELft, se dit
'} ■ d une assemblée où il y a peu de personnes,
et où il n'y a que des gens méritant peu de considération. — Imprini. Balles teigkei-s[;s, balles dont le cuir est trop gras, et sur lesquelles l'encre ne peut pas prendre. — Snbscaiùiv. U» teigneux.
TEILLAGE s. m. Action de teiller.
* TEILLE s. f. Voy. Tille.
* TEILLER V. a. 'Voy. Tillkr.
TEILLEUL (Lei, cU.-l. de cant., arr. et à
14 kil. S. -E. de Mortain (.Manche); 2,104 h.
TEILLEUR. EUSE s. Personne chargée de
l'opération du teillage.
* TEINDRE v. a. [lain-dre] (lat. tinga-e'.Je teins, tu icins, il teint; nous teignons, vf^us teignez, ils teignent. Je teignais. Je teignis. J'ai teint- Je teindrai. Je teindrais. Teins, teignez. Que je teigne. Que je teignisse. Teignant. Faire [■rendre à une étotlé ou à quelque autre chose, nue couleur dilférenle de celle qu'elle avait, en la plongeant dans une liqueur préparée et chargée d'une substance colorante qui la pénètre et qui s'y arrête : teindre dup, de la laine, de la soie, de la toile, du drap, etc. — Drap teint e.n laine, drap dont la laine a été teinte avant d'être employée à fabriquer l'étoô'e. — Se dit aussi des choses qui colorenll'eau et les autres liqueurs où on les jette : le Lois de Brésil teint en rouge Veau dans laquelle on le plonge. — Se dit encore de plusieurs autres choses qui impriment ordinairement une couleur qu'il est diflicile de faire dl^parait^e : les mitres teignent les mains, le linge.
' TEINT s. m. [tain] (rad. teindre). Manière de teindre. Le grand teint, ou Le bon teint, le teint qui se fait avec des drogues chères, propres à donner une couleur solide ; et, Lf. petit teint, ou Le faux teint, ou Le mauvais teint, celui qui se fait avec des drogues de moindre prix, dont la couleur tient peu.
* TEINT s. m. Le coloris du visage : tcini brun.
•TEINTE s. f. [tain-te]. Peint. Se dit des nuances qui résultent du mélange de deux ou de plusieurs couleurs : teinte Ideue-violdtre.
— Degré de force que le peintre donne au.\ couleurs : teinte forte. (Voy. Ton.) — Teinte PLATE, teinte uniforme : on colorie les plans en teiiites plates. — Demi-teinte, teinte extrêmement faible; et, plus ordinairement, ombre légère, ton moyen entre la lumière et l'ombre : ces figures sont dans la demi-teinte
— Apparence légère ■■ il y a dans tout ce qu'il dit une teinte d'amour-propre, une teinte de malice.
■ TEINTER V. a. Peint, et Archit. Colori d'une manière plate, plus ou moins lonce. teinter de rouge.
* TEINTURE s. f. Liqueur préparée pour teindre : préparerde lateinture. — Impression de couleur que celte liqueuf laisse sur les étoiles elsurlcs autres choses que l'on teint; du drap d'une belle teinture. — Pharm. et Chim. Dissolution d'une substance colorée dans lesprit-de-viu ou dans quelque antre liqueur: teinture de roses, de safran, de Mars. etc. — Connaissance superlicielle dans ipielque science, dans quelque art : il avait déjà quelque teinture de philosophie. — Impression que la bonne ou mauvaise éducation laisse dans l'âme : il a été noïtrri parm. des gens de mauvaise vie, il lui en est resU une tiinture, quelque teinture de libertinage
' TEINTURERIE s. f. Métier, atelier du teinturier.
TELE
■ TEINTURIER. 1ERE >. Celui, celle qui exerce larl de teindre : eneoijer du drap <i:i teinturier. — Prov. et lig. Il a fait cela avec SON teinturier, se dit d'un homme qui s'altriliue un ouvrage d'esprit uu'il n'a poiiil fait, ou qu'on l'a beaucoup aidé à faire.
TEINT-VIN s. m. Nom vulgaire de l'airelle myrtille.
TEJADA 'Lerdo de . Voy. Lerdo.
TÉKÉDEMPT ou Tagdempt, village de la prov. et à < 40 kil. E.-S.-L. d Uraii (Algérie), près des sources du Chélif. C'était l'un des établissements d'Abd-el-Kader; les Français l'ont incendié en 1841.
• TEL, ELLE adj. (lat. talis). Pareil, semblable, qui est de même, de la même qualité : il n'y a pas en ce puys-ei de telles loutumes. — Se conslruitavec que, lorsqu'il sert à marquer le rapport, la ressemblance de deux choses que l'on compare ensemble : il est tel que son père. — Se construit de môme avec que, dans plusieurs autres phrases où il tient lieu d'un adjectif qui serait joint à la particule Si : soncrédit est tel, que vous devez y avoir beaucoup de confiance. On le met quelquefois au commencement de la phrase : telle est sa bonté, qu'il se fait chérir de tout le monde. — Tel est le caractère ues hommes.
QU ILS NE SONT JAMAIS CONTENTS DE CK QU'iLS
POSSÈDENT, les hommes sont faits de telle manière, que... — Un homme tel que lui, un homme de son mérite, de son rang, etc. ; un homme tel que vous méritait bien cette distinction. — Prov. Tel maître, tel valet, ordinairement les valets suivent l'exemple de leur maître. — Prov. Telle vie, telle fin, d'ordinaire on meurt comme on a vécu. — S'emploie souvent dans le style soutenu, pour exprimer une comparaison : il est tel qu'un lion. — S emploie quelquefois en poésie, au lieu de la conjonction ainsi, pour indiquer une comparaison : tel Hercule filant rompait tous les fuseaux, pour Ainsi Hercule, etc. Quelquefois on répète l'adjectif tel, lorsqu'on fait l'apidication de la comparaison : tel qu'un lion rugissant met en fuite les bergers épouvantés, tel Achille... — Se dit en outre des personnes, des lieux, des choses qu'on ne veut ou qu'on ne peut désigner qu'indéterminément : ;/ est tantôt chez un tel, tantôt chez une telle. — Employé seul, désigne quelqu'un indeterminément ; l'orage tombera sur tel qui n'y pense pas. — S'emploie encore par rapport aux choses qu'on a déjà dites ; tel était alors l'état de ses affaires. — Tel quel, manière de parler dont on se sert pour signifier aussi mauvais que bon, et même plus mauvais que bon. de peu de valeur, de peu de considération : il y mail dans cette chambre un lit tel quel. — Tel quel signifie quelquefois, sans changement, dans le même état, ou do la même valeur : je vous rends votre livre tel quel, voire somme d'argent telle quelle. — De telle sorte, que . en telle sorte, que, loc. conj. A un tel point que: il s'est compromis de telle sorte qu'il lui sera bien difficile de se tirer d'embarras.
•TÉLAMONS s. m. pi. (gr. telamon; de toilaô, je supporte). Statues employées daii^ l'architecture pour porter les corniches et les entablements.
* TÉLÉGRAMME s. m. (gr. télé, loin ; gramma, écriture). Dépêche transmise par le télégraphe.
* TÉLÉGRAPHE s. m. [té-lé-gra-fel (gr. tête, loin, de luiii, au loin; graphein. écrire). Mol qui fut crée en M'Ji par l'inventeur français Chappe, pour désigner son appareil de coiiiiiiunication aérienne, et dont la signilicalion fut ensuite étendue atout appareil qui permet de correspondre à de grandes distances, ave une extrême rapidité. — Pup. Faire le télé- GiiAPHK, gesticuler beaucoup, par allusion au
TELE
télécraphe de Chappe. — Télégraphe aérien, tout appareil placé sur un lieu iMev.' t-t exécutant certains signaux convenus, que peuvent répéter, l'un après l'autre, des appareils semblables, placés de distance en dislance, de manière à transmettre au loin et rapidement un avis, une nouvelle. — [,a télégraphie aérienne est. à proprement parler, l'art des signaux. (Voy Signal.) Dans sa pièce intitulée Agatnemnon (500 av. J.-C.l, Eschyle décrit un système de correspondances au moyen de torches allumées. L'historien grec Polybe donne le nom de pyrsise aux divers instruments employés par les anciens pour leurs correspondances, parce que les signaux se faisaient toujours à l'aide du feu. Le mot télégraphe est une création de Chappe (voy. Chappe), l'inventeur, en 1792, du premier système pratique de télégraphie aérienne. La machine de Chappe. adoptée en France ^u début des guerres de la Révolution, mit, avec une rapidité jusque alors inconnue, le gouvernement en rapport continuel avec ses quatorze armées et ne fut pas étrangère au triomphe de la France. Elle se compose d'une grande tige de bois ou perche, dressée verticalement au sommet d'une tour ou d'un lieu élevé. A son extrémité supérieure se trouve une pièce de bois, longue de 4 m. 60 et tournant, en son milieu, sur un pivot, qui lui permet de prendre 4 positions ditférentes; cette barre se nomme régulateur. A chacune de ses extrémités, elle porte une branche de bois, longue de 2 m. et chacune des deux branches peut prendre, en pivotant. 8 positions distinctes, ce qui donne 8X8X4^=: l!o6 signaux. Ces trois pièces de bois sont faites comme des persiennes et peintes en noir. Au pied de la tige, se trouve la maisonnette du stationnaire ou employé, qui met la machine en mouvement, à l'aide d'un manipulateur qui commande les pièces de bois au moyen de cordes. Cette machine si simple fut presque aussitôt adoptée dans la plupart des Etats européens; elle est aujourd'hui partout remplacée par le télégraphe électrique. — Parmi les autres systèmes de télégraphie aérienne, on emploie encore celui d<-s Sémaphores, adopté en France dès 1803 et en Angleterre en IS16 seulement. Les sémaphores sont de véritables imitations du télégraphe de Chappe; ils se composent d'une tige verticale portant plusieursbras, capables de se mouvoir dans toutes les directions à l'aide de pivots, et figurant, par leurs divei'ses positions, soitdessignes, soitdesmots, soit des lettres. — La télégraphie aérienne se fait, en mer, au moyen de signaux dont nous avons parlé a notre article Sig.n.vl. On trouve, dans le même article, des détails sur la télégraphie aérienne dans les armées, sur les lignes de chemin de fer, etc. Les principaux désavantages de toutes ces méthodes sont que les signaux ne laissent aucune trace, qu'ils exigent l'attention constante d'un observateur, et qu'ils ne peuvent être employés qu'à des distances limitées et par un temps favorable. — Télégraphe électrique. Appareil qui fonctionne au moyen de courants électriques, et qui transmet au loin des communications, à J'aide de flls conducteurs en métal. La découverte faite par le D' Watson en 1747, que 1 électricité passe le long des filsmétalUques d'une longueur considérable, et que la terre et l'eau peuvent prendre la place du fil pour compléter le circuit, a été le premier fait de quelque importance dans l'histoire du télégraphe électrique. Watson transmit des chocs électriques à travers la Tamise et la New. En 1794,r.Mlemand Reizen se servit de l'étincelle électrique pour télégraphier. La pile voltaïque, découverte en iSOo, offrait dans son courant continu un agent mieux approprié, pour transmettre les lummunieations, que la décharge subite et paisagère delà machi;;e à iroltcment. Sœm-
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mering commença ses expériences en IS09; il employait 3o fils, et il trouva que l'action voltaïque se développait instantanément sur une distance de 3.000 pieils. En 1810, le professeur Coxe, de Pennsylvanie, indiqua une méthode de communiquer télégraphiquemenl à l'aide de l'cllet chimique' de l'électricité. Schweiirer perfectionna la disposition inventée par Sœmmering. et permit de ne garder que deux flls. Jusque alorsles batteries étaient insuffisantes pour transmettre les courants à de grandes distances, et leur puissance n'était, en outre, que de peu de durée. Il fallut le développement des principes de l'électro-magnétisme pour imprimer une nouvelle impulsion à la télégraphie électrique. (Voy. Electho-Magnétisme.) Entre 1828 et 1830, le professeur Henry, de Princeton (New-Jersey, Etats-Unis), ajiporta de grands perfectionnements dans la construction des électro-aimants. En 1831. il imagina un instrumentquiestessentiellementle mêmequela machine de Morse. En 1836, Daniell inventa la batterie à effets constants. La découverte de l'électricité magnétique par Faraday en 1831 et l'introduction, beaucoup plus tard. de la bobine d'induction, fournirent des sources constante.s d'électricité intense adaptée au télégraphe. Le télégraphe deSteinheil. terminé en 1837, avait une longueur de 18 kil., n'avait qu'un seul fil et employait la terre pour compléter le circuit. Les signaux étaient des sons produits par une série de sonnettes de différents tons que l'oreille arrivait facilement à distinguer par l'exercice: les mêmes mouvements de l'aiguille qui causaient les sons faisaient aussi tracer à l'encre des lignes et des points sur un ruban de papier se déroulant avec une vitesse uniforme : l'alphabet ressemblait de loin à celui qu'avait inventé Swains en 1829. Steinheil se servait d'une machine électro-magnétique, avec des aimants fixes et des bobines d'induction tournant près des aimants. Quel que soit le système, on est toujours forcé d'ajouter au récepteur une soiiuerie, composée d'une tige de fer frappant sur un timbre lorsqu'elle est mise en mouvement par les actions alternatives et rapides d'un électroaimant qui l'attire, et d'un ressort qui la remet en place. On emploie soit des piles de Daniell, soit celles de Calland, de Davy, de Leclanché. — Téléguaphes anglais. Le télégraphe anglais, ou à aiguille, est le résultat des admirables découvertes d'CErsted, relativement à l'influence des courants électriques sur l'aiguille aimantée (1819). Cette découverte ne reçut pas de suite ses applications pratiques; mais, en 1836, Wheatstone construisit son appareil électro-magnétique, au moyen duquel il envoyait à 6 kil. des signaux ayant un sens déterminé. L'année suivante, il s'associa à William -F. Cooke pour l'établissement de la première ligne télégraphique, qui fut créée le long de la voie ferrée, entre Paddiiigton (faubourg de Londres, au N.-O. de cette villej et Drayloii (station du Great Western Raiiroad, à quelques kil. 0. de Paddingtoii). -Nous allons donner une description succincte de l'appareil à aiguille le plus simple. — Un courant d'électricité possède le pouvoir de faire dévier une aiguille aimantée, de sorte que la pointe nord de cette aiguille tourne à droite ou à gauche suivant Ta direction du courant dans le fil. Il est facile de s'en convaincre en réunissant deux fils sur un galvanomètre et en mettant leurs extrémités opposées en contact avec le zinc et le cuivre d'un élément de Daniell. Instantanément, l'aiguille dévie, par exemple, à gauche; si l'on croise ensuite les fils et si l'on place en contact avec le zinc, l'extré-mité qui touchai', au cuivre, et en contact avec le cuivre celle qui touchait au zinc, on renverse le courant, c'est-à-dire qu'on l'envoie dans une direction opposée à
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la précédente et on voit l'aiguille osciller vers la droite. 11 est f.ncile de concevoir que si l'on a un galvanomètre à Paris, relié à une batterie à Saint-Denis, un correspondant peut manœuvrer les lils dans cette dernière ville de manière à faire tourner l'aiguille à volonté, soit à droite, soit à gauche sur le i;alvanomètre que l'on a devant les yeux à Paris; il ne restera qu'a convenir qiïe tant de coups à gauche et tant de coups à droite signifient telle ou telle chose pour être en état de tenir une conversation. Tel est, en peu de mots, le principe du télégraphe à aiguilles; mais, dans la pratique, on remplace le galvanomètre par un appareil ad hoc et i^n emploie un inverseur ou commutateur qui permet de renverser le courant sans qu'il soit nécessaire de porter les fils du zinc au cuivre de la batterie, et viz-e verfd. Notre fig. 1 montre le commutateur à un seul courant. Une épaisse planche de bois sert de supporta l'appareil. Deux minces plaques de laiton C et D, longues de 8 centim.,
et larges de 12 niillim., y sont fi.xées à leurs extrémités (C et D) à l'aide de vis qui les maintiennent parallèles, à une distance de 10 à 12 millim., l'une de l'autre. Une troisième lame de laiton, BF, quatre fois coudée à ani-'les droits, est également fixée à ses extrémités (B el F), au moyen de vis, de manière que les extrémités des plaques G et D viennent la loucher et y restent en contact métallique. Une quatrième plaque de laiton, A E, est fixée sur la planche par des vis, de telle sorte que quand on appuie sur l'une ou sur l'autre des e.<:trémités I et 2 de C et de D, cette extrémité entre en contact métallique avec elle. Pourfacilitercette pression, on place des boutons de bois en 1 et 2. Les fils de la batterie aboutissent en A et B ; ceux du galvanomètre se terminent en C ec D ; ils peuvent être soudés ou maintenus par des vis. Pour faciliter l'inleliigence .le ce que nous venons d'expliquer, nous avons la lig. 2. qui donne
Kig. 2. — Plan du commutateur à simple couranl.
le plan de l'appareil, vu de prolil dans la fig. 1. Lorsque le commutateur est ainsi réuni à la batterie et au galvanomètre, on peut dirii-'er le courant dans le sens voulu; pour cela, il suffit d'appuyer sur l'un ou sur l'autre bouton. Si nouspressons, par exemple, sur le bouton 1, le courant va dans le sens des llèches marquées 1 ifig. I), tandis que si nous abaissons le bouton 2, le courant va dans la direction indiquée par les flèches
TELE
marqués 2. Jusqu'ici, nous avons supposé que le commutateur communique avec le galvanomètre; mais on conçoit que. dans la pratique, le galvanomètre peut être remplacé ^^ par une bobine et par
une aiguille placéesverticaleraent au lieu de l'être horizontalement. On fixe (fig. 3), la bobine c sur une planche verticale a 6. L'aiguille placée au milieu de la bobine entraîne, dans son mouvement, une tige e d qui porte un index en son extrémité d et qui repose en son autre extrémité (e) sur un fil de fer qui lui sert de support. Les fils w et w' (fig. 4) font commu-
niquer la bobine avec
' le commutateur. Pour
"iîle. empêcher l'index d'oscillertroploin, onplace en f et en g des butoirs ou arrêts qui font saillie sur la planche. — Dans la pratique, on emploie ordinairement des appareils à deux ou à plusieurs ai
Fig. 3.
lélégraph(
- Scctio simple
guilles. En !837, Cooke et Wheatslone seservaienl de cinq aiguilles et de cinq bobines magnétiques et de cinq ou six fils, avec un clavier particulier, de l'invention de Wheatstone. Sur ce clavier étaient disposées des leti très. Plus tard, on simplifia l'appareil pour l'emploi d'une seule aiguille ou de deux aiguilles, chaque aiguille ayant son fil spécial. Le télégraphe à deux aiguilles est encore en usage sur les chemins de fer anglais; on lui reproche de ne garder aucune trace de la communication transmise, l'opérateur observant les signes et les notant sur le papier, à mesure qu'ils sont transmis. — Télégiia- PHE FK.4NÇA1.'*. On appelle télégraphe français le pre- - - mier appareil qui fut em-
X i ployé en France. Bien
\ y 'qu'ilsoitaujourd'huiaban-
^ \ donné, il demande une
. explication parce que le
'^' ■ principe sur lequel ii re-
pose est encore appliqué dans les systèmes qui l'ont remplacé. 11 est basé sur la découverte des etlels d'un courant électrique sur le
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de fer, un fil de métal enveloppé de soie; réuni.'sons les extrémités des fils chacune à l'un des pôles d'un élément de Daniell, et il nous sera facile de constater que le morceau de fer doux est devenu un aimant, qui attire à lui les pièces de fer placées à sa portée. Notre fig. 6 représente la disposition de l'appareil. Le courant d'électricité positive provenant du cuivre (c)' crée le pôle nord (n) de l'aimant, coule autour du morceau de fer, dans la direction des petites tlèches dessinées en cercle, forme le pôle sud (s) et revient au zinc.
Aussitôt que le courant est interrompu, le morceau de fer cesse d'être magnétique; ce n'est donc pas un aimant permanent, mais un électro-aimant. (Voy. Electroaimant.) La force de l'électroaimant est indépendante de la longueur des branches; mais ^ elle croit proportionnellement au t diamètre du cylindre, au nombn ^ des spires formées par le fil au-r:
tour du cylindre et à la puissance ' - de la pile ou de la batterie. Notre lig. 7 montre un gros électroaimant capable de soutenir des poids énormes. Dans l'ancien télégraphe français, une plaque de fer doux était placée en face d'un élecLro-ainiant po.';éhorizonl,ilement. A l'aide d'une roue dentée en métal dont chaque
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secondaires. La roue déniée du manipulateur se compose de 13 dents; entre cette roue et la manivelle qui la fait tourner, il y a un cadran marqué de 26 lettres ou de chiffres. L'opérateur arrête la manivelle sur chaque lettre du mot à écrire. A la station d arrivée, une tige de métal est alternativement
Fig. 7.~— Eledro-nimant rtargé de \o'uU. dentportaitsuecessivenientsur une languette de métal, on établissait et on interrompait alternativement !e courant, électrique: on faisait tourner cette roue au moyen d'une manivelle. Dès que le courant s'établissait, la plaque s'approchait de l'aimant; quand il était interrompu, un ressort éloignait la plaque, qui recevait ainsi un mouvement de va-et-vient.
Une roue d'échappement et un mouvement d'horlogerie transformaient le mouvement de la plaque en différents mouvements circulaires qui faisaient agir des aiguilles; les positions des aiguilles composaient des y-"^ signaux semblables à ceux du "-...-• télégraphe aérien de Chappe.
Ce télégraphe travaillait rapidement; mais il ne laissait aucune trace du télépramuu
" °" — TÉLiÏGRAPBE A CADRAN, pcr-
fer doux. Prenons, par exemple, un morceau I feclionnement du télégraphe français, ein de fer doux replié en fer à cheval (lig. o). ployé en France sur les lignes de chemin Enroulons, d'un bout à l'autre de ce morceau I de fer et dans un grand nombre de stations
Ijinc-
Récepteur du télégraphe à cadrau.
attirée par un électro-aimant et remis dans sa position verticale par un ressort; une roue d'échappement et un mouvement d'horlogerie transforment ce mouvement de la tige en un mouvement circulaire imprimé à un arbre qui entraîne une aiguille tournant sur un cadran marqué de lettres et de chiffres. L'aiguille de ce récepteur s'arrête exactement sur les mêmes lettres que la manivelle du manipulateur. Le signal est donné par une sonnerie. On apprend à manœuvrer cet appareil en quelques heures, e qui permet de le faire utiliser par le premier employé inoccupé. Ce télégraphe est encore le plus simple et le plus rapide dans indications. Les troubles électriques de l'atmosphère ne l'affectent pas; il n'exige, pour être mis en action, que l'usage d'une petite batterie. Le seul reproche qu'on puisse lui faire est de ne s'adresser qu'à la vue. — TÉLÉGRAPHE MoRSK. Le télégraphe Morse, aujourd'hui adopté partout a été exposé pour la première fois en public à l'université de New-York en 4837 et appliqué, entre Washington et Baltimore le 27 mai isii. Nos
Fig
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8 Manipulateur de "M r e — a p( __ntact; n contact de platine suppléir de platine inférieur; (>' deuiième conl;icl de platine supplémentaire; L, levier; S, levier supplémentaire
fig. 8, 9, 10, M le représentent tel qu'il est employé aux Etats-Unis; mais dans chaque pays, on l'a modifié, quant à la construction, si bien qu'à première vue, il ne ressemble pas toujours au véritable appareil américain ; il reste néanmoins essentiellement composé des parties suivantes : i" Manipulalcur lU^.S). 11 se compose d'un levier en laiton L suspendu sur un pivot et muni, en son extrémité, d'un bouton sur lequel on appuie pour faire descendre le levier et établir le contact entre les deux pointes de platine a et 6; le courant électrique est alors établi. Dès que la pression vient à cesser, un ressort relève le levier, sépare les poinics de platine, et le courant est interrompu. Quand le message est envoyé,
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Topéraleur ferme le circuit d'une manière permanente, en poussant le levier supplémentaire S, qui met en contact les deux pointes o' 6'; i" Relais. Le relais est une heureuse innovation qui permet de donner une nouvelle force au courant, tellement alfaibli par la résistance, sur les grandes lignes, qu'il ne pourrait plus agir sur le réoopleur. Dans le relais (fie. 9), le coiirant açit «ur un électro-