‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 392 sur 639 · TE.MO · texte numérisé non relu

TE.MO

ce (ju'on sait, ce qu'on sent, ce qu'on >" dans la pensée : je témoinncrai partout ce que je lui (Il i!( faire; je le téinoiijncrai hautement.

•TÉMOIN s. m. [lé-nioiiin] (lai. teitis). Celui qui a vu ou entendu quelque fait, et qui eu peut faire rapport : témoin oculaire. — S'emploie aussi en parlant d'une femme, sans changer de penre : elle est témoin de ce qui s'est passé, ell'' en est un bon témoin.— Se dit également des personnes dont on se fait assister pour certains actes : il a été à ta mairie avee ses deux témoins. On dit, quelquefois en ce sens. Témoins i^strumentaihes, par opposition aux témoins qui déposent en justice, et qu'on nomme Témoins juDiciAinES.

— Se dit, dans un sens anal., de ceux qui accoinpasiient un homme qui doit se battre en duel : il lui ii servi de témoin. — Celui qui voit quelque chose, qui en est spectateur, ou qui l'entend : eette querelle eut l-our lémoins un grand nombre de personnes.

— .\li:s YEUX EN SONT TÉsioiNS, se dit en parlant d'une chose qu'on a vue soi-même. — Par une espèce de serment. Dieu m'est témoin. Dieu m'en est témoin. Dieu sait que ce que je dis est véritable. — Prendre quelqu'un .\ TÉMOIN, invoquer son témoignage, le sommer de déclaier ce qu'il sait. A témoin, dans cette phrase, étant pris adverb., on dit de même, lorsqu'il est question de plusieurs personnes. Je les ai pris tous a témoins. On dit aussi, Vous m'êtes tous témoins que... en faisant accorder. — Témoins nécessaires, témoins qui ne sont reçus que p.irce que la chose dont il s'agit n'a pu être cooiuie que d'eux : un enfant est quelquefois un témoin nécessaire. — Témoin muet, chose cjui peut servir d'indice, ou dune sorte de preuve, ordinairement dans une alfaire criminelle: sonépée ensanglantée, trouvée dans la chambre du mort, fut un témoin muet contre lui. — .Marque, monument, ce qui sert à faire connaitre : le Colisée est encore aujourd'hui un témoin de la magnificence romaine. — Adv. Se dit d'unechoîé qui sert à prouver ce qu'on vient d'avancer : témoin ce qui est arrivé. — pi. Petits morceaux de tuile, d'ardoise, etc., qu'on enterre sous les bornes d'un champ, d'un héritage, afin de connaître dans la suite si ces bornes n'ont point été déplacées : on a retrouvé tes véritables bornes de ce champ, par le moyen des témoiris. — Certaines buttes ou élévations de terre, qu'on laisse pour faire voir de quelle hauteur étaient les terres qu'on a enlevées tout autour : les témoins qu'on a laissés marquent quel travail il a fallu faire pour mettre toutes ces terres de niveau. — Feuillets d'un livre, que le relieur a laissés exprès sans les rogner, pour faire voir qu'il a épargné la marge autant qu'il lui a été passible. — En témoin de quoi loc. adv. et terme de piat. En témoignage de quoi, en foi de quoi. Il aveilli : on dit. £n foi de quoi.

— Législ. « On nomme témoins insirumentaircs les personnes qui doivent être présentes à un acte public, pour sa validité. Les témoins d'un acte de l'état civil doivent être du sexe masculin et âgés de 21 ans au moins ; ils sont choisis par les personnes intéressées (C. civ. 31). Les témoins instrumentaires d'un acte notarié doivent être citoyens français (c'est-à-dire jouissant des droits civils, civiques et politiques), savoir signer et être domiciliés dans la commune où l'acte est passé (L. 2o ventôse an XI, art. 9); mais s'il s'agit d'un testament, il suffit qu'ils soient français, mâles, majeurs et jouissant de leurs droits civils (C. civ. 9S0). — Les témoins judiciaires sont ceux qui sont cités en justice, soit pour fournir des attestations verbales, dans les cas où la preuve testimoniale est admise (voy. Preuve;, soit pour être entendus dans une enquête civile (C. pr. 34, 252 et s., etc.), soit en matière criminelle, pour déposer devant un maiiistrat, un tribunal ou une cour (C. inst. crim. 32, 71 et s.,

TEMP

3)3 et s). En principe, nul ne peut être cité, à titre de témoin : s'il a moins de l-o ans accomplis: s'il a été condamné à une peine afUictive et infamante, ou privé par jugertient de ses droits civils (C. pén. 42, 8°); s'il est parent en ligne directe, frère ou sœur ou allié aux mêmes degrés, ou conjoint même divorcé de l'une des parties en cause ou des inculpés. Avant de faire sa déposition, tout témoin doit s'engager par serment à dire la vérité. Les formalités concernant la citation et l'audition des témoins, les diverses conditions qui permettent de les reprocher ou récuser, et les peines qu'ils encourent en cas de non-comparution, sont longuement détaillées dans le Code de procédure civile et dans le code d'instruction criminelle. Les tarifs annexés à ces Codes fixent les indemnités qui sont allouées aux témoins judiciaires pour temps passé et frais de voyage. Le Code pénal inflige diverses peines aux faux témoins. (Voy. Témoignage.)» (Ch. Y.)

• TEMPE s. f. [tam-pe] (lat. <f7np!(s). Partie de la tète qui est depuis l'oreille jusqu'au front : la tempe droite.

TEMPE, vallée de la Grèce, dans le N.-E. de la Thessalie, entre les monis Olympe et Ossa, célèbre dans l'antiquité pour sa beauté délicieuse. C'est avec des lauiiers de la vallée de Tempe qu'étaient couronnés les vainqueurs aux jeux Pythiques.

' TEMPÉRAMENT s. m. (lat. temperamentum). Complexiun, constitution du corps, qui résulte de la proportion des principes tant solides que liquides dont il est composé. Ne se dit guère qu'en parlant des personnes : être d'un tempérament fort et robuste, d'un tempérament faible et délicat. — Se dit quelquefois du caractère, en y joignant une épi- Ihète : un tempérament violent. — Absol. Avoir du tempérament, être fort porté et fort propre au plaisir physique de l'amour. — Se dit, (ig., des expédients et des adoucissements qu'on propose pour concilier les esprits, et pour accommoder les alïaires : il y a un tempérament a prendre entre ces deux extrémités.

Vous ne gardez en rien les doux tempéraments. Mouéhb. Tartufe.

— Mus. Se dit d'une altération légère qu'on fait subir à de très petits intervalles, pour que la même corde puisse exprimer, sans dissonante choquante, l'un ou l'autre des deux sons voisins entre lesquels ces intervalles se trouvent compris ; tempérament du piano, etc. — A tempérament lue. adv. Périodiquement et pariraction : acheter, vendre à tempérament. — Encycl. Le terme tempérament est employé pour exprimer les ditl'érences dans la constitution physique et mentale des divers individus. (Julien n'admettait que deux tempéraments, le sanguin et le mélancolique. Le tempérament sanguin est marqué par la prédominance du système circulatoire, une peau lisse et blanche, une chevelure douce et légère, des yeux clairs et une grande susceptibilité nerveuse. Dans le tempérament mélancolique de Cullen, les solides prédominent; la figure est moins pleine et moins ferme, les cheveux et les yeux sont noirs, la peau est rude et brune, la physionomie refrognée et triste, le caractère sombre. Il y a d'autres tempéraments aussi nettement marqués que les deux précédents : ce sont les tempéraments bilieux, lymphatiques et nerveux. Dans le tempérament lymphatique, la chair est molle, la peau pâle et flïsque, la chevelure claire, pouls faible et les contours arrondis. Le caractère distinctif des tempéraments nerveux est une grande excitabilité du système nerveux. — Uibliogu. Voyez Temt'érainents et maladies, par le docteur Rengade. (Librairie Illustrée.)

• TEMPERANCE >. i. i lat. tcmperantia).

■yertu muiale qui régie, qui nudère les pas-

TEiMP

sions et les désirs, particulièrement les désirs sensuels : la tempérance est une des quatre vertus cardinales. — Sohnélé, usage modéré du boire etdu manger : la tempérance est un des plus sûrs moyens d'entretenir sa santé. — Sociétés de tempérance, sociétés qui ont pour objet d'interdire l'usage des boissons alcooliques et fermentées. — Encycl. Le mot te npérance désigne souvent aujourd'hui le mouvement de réforme tendant à l'entier abandon de l'usage de liqueurs alcooliques. Ce mouvement date, aux États-Unis du moins, de ISI I, année où l'assemblée générale de l'Eglise presbytérienne nomma un comité qui invita tous les ministres à prêcher contre l'intempérance et à faire contre ce vice une campagne de brochures, traités, discours, etc. Depuis, des sociétés de tempérance sans nombre se sont fondées aux Etats-Unis, Elles ont été assez puissantes pour obtenir dans plusieurs états des lois restrictives ou même prohibitives de la vente des liqueurs fermentées et alcooliques. Elles ont aujourd'hui leurs candidats aux élections politiques, et les poussent jusqu'aux assemblées législatives de Washington. D'autres sociétés, plus rigides, voudraient interdire toute vente et jusqu'à la fabrication des boissons enivrantes. Tel est l'ordre des Good Templars, fondé eu 1852. et qui a des loges en Grande-Bretagne, son loyer au Canada, en Australie et en d'autres pays, et qui compte environ 740,000 membres.

En Angleterre, le mouvement commença en 1829 où le juge de paix John Dunlop fonda la première société de tempérance près de Glasgow. Elles se sont considérablement multipliées depuis et elles se groupent en deux ou trois grandes organisations, telles que la National Tempérance Society et VUnited Kingdom Alliance. La première société française de tempérance fut créée à Amiens en 1835. Une société fondée à Paris en 1872, sous le titre de Société française de tempérance, combat l'abus et non l'usaije des boissons alcooliques; elle publie un bulletin et distribue des récompenses.

" TEMPÉRANT, ANTE adj. (lat. tcmperatts). Qui a la vertu de tempérance : c'est un homme fort tempérant. — Méd. Se dit d'un remède qui a la vertu de tempérer, de calmer : poudre tempérante. — s. m. Médicament propre à calmer un excès d'irritation : les antiphlogistiques, tes antispasmodiques sont des tempérants.

■ TEMPÉRATURE s. f. ilat. temperatura).

Etat sensible de l'air qui aliecte nos organes, selon qu'il est froid ou chaud, sec ou humide ; ^(1 température de l'air est douce et agréable. — Degré de chaleur qui se manifeste dans un lieu ou dans un corps : la température de eette étuve est trop haute, trop élevée. — Encycl. Des observations terminées en 1881 ont démontré que ce n'est pas comme on le croyait, à Kzakoutsk, en Sibérie, que le thermomètre descend le plus bas, mais a Ver-, boyansk, autre localité de cette contrée. La température y descend jusqu'à — 49», En Amérique le point le plus froid se trouve sur les îles Parry.Or la ligne qui réunit ces deux lieux ne passant pas par le pôle nord, on en conclut que le maximun du froid ne se rencontre pas au pôle, de même que ce n'est pas à l'équateur que se trouve le maximun de chaleur.

• TEMPÉRÉ, ÉE part, passé de Temi-érer. — .\dj. Climats tempérés, climats où il ne fait ni Ir.Tp chaud ni trop froid. Aia tempéré, air qui u est ui trop froid ni trop chaud. Zone tempérée, chacune des deux zones placées entre la zone torride et une des deus glaciales, à vingt-trois degrés et demi de 1 équateur et du pôle : la zone tempérée du sud ou australe. — Modéré, posé, sage : c'est un homme fort tempéré. — Uhét. Se dit, particul., d un genre mitoyen entre le genre

TKlMP

simple et le irenre sublime, ol qui adnietpUis d'ornements que le pi'emicr, moins de mouvements que le second : genre tempère. — Monarchie tempérée, celle oil le niiinarquo n'exerce pas seul la puissance législative, et n'est point investi d'une autorité absolue. — Sulislaiiliv Lr iherniomètre est au tempéré.

' TEMPÉRER V. a. (lat. temperare). Modérer, diminuer l'excès d'une qualité, de quelque manière que ce soit : il s'est levé un petit vent frais qui a tempéré la grande chaleur, la grande ardeur du soleil. — Fi.ff. Tempéreb sa BILE, réprimer sa colère. — Fig. Le temps a tempéré sa douleur, son afflietion.

TEMPESTIF, IVE adj. (lat. tempestivus).

Oppuilun; qui arrive en son temps.

* TEMPÊTE s. f. (lat. tempestas). Orage, viûlenle ;uilalion de l'air, souvent accompagnée Je pluie, do grêle, d'éclairs, de tonnerre, etc. Se dit plus ordinairement des orages qui anivent sur mer : des vaisseaux agités et battus de la tempête, parla tempête. — Grande persécution qui s'élève contre quelqu'un [lour le perdre, pour l'accabler : sa fermeté ne l'a point abandonné au milieu des tempêtes suseitéis eontre lui. — Trouble violent dans un Etat, ou dans l'âme de quelqu'un : l'Etat est menacé de quelque tempête.

Que trois jo

ïndrez, .tinsi que tout le monde ; tempête ont brisé la Gironde, j. Charlotte Corday, acte II, se

— Une tempête dans un verre d'eao, beaucoup de bruit et d'agitation pour peu de chose. — E.NCYCL. Les tempêtes sont de violents troubles atmosphériques. (Voy. Vext.) Les aires des tempêtes sont généralement caractérisées par une basse pression barométrique au centre; les vents croissent en force vers le point central et montrent par leur direction que la portion inférieure de l'atmosphère se meut en spirale vers le centre et autour de lui : de lourdes masses de nuages bas sont accompagnées d'une couche plus élevée qui se meut autour et en dehors du centre; la pluie ou la neige tombe spécialement sur le côté le plus avancé ou sur le front delà tempête; la température est au-dessus de la moyenne sur le front, et audessous à l'arrière. L'aire de la tempête , avec ses traits caractéristiques, se meut sur la surface de la terre pendant plusieurs jours. Une carte montrant le nombre moyen de centres de tempêtes qui passent sur les parlies orientales des Etats-Unis, a été publiée en 187o dans l'Atlas de Statistique du Bureau de recensement. Les neuf dixièmes des tempêtes enregistrées sur cette carte se trouvent a.li delà de la Nouvelle-Angleterre et du Canada. Pour l'Océan, on n'a pas encore pp, (^'uiie façon générale, dresser une carie dÉ)»,, routes suivies par les tempêtes; néanmpf.yis, le livre de loch des navires donnent ,c^ sujet des renseignements précieux

l.'^m,ér|i,caiii AL-F.Maury a, le premier, tenté qe-|fixpr des notions exactes à ce sujet. A,\i.|0iicft'h,"i) toutes les nations, et particplièreoiei^t l'Angleterre et la Hollande, ont 4ps fonçtiofiiiaires spécialement chargés du sq'fu de r,eçu,eillir et de cla>ser ces renseigneipent,s., Uaii's le 20° degré de l'équateur, les v.çiUç, ,tg(])p,Ç''tueux sont extrêmement rares, mais le nomnre s'en accroît rapidement, à mesure qu'où approche de 50» N. ou S. de lat! '— "P;-ï(/'ï(fh'on des tempêtes. Dès le iviu"^ siècle', bii d ît^iilb prédire les tempêtes avant qûê tiiiWWtioÀ'd'p télégraphe électrique eût rfndu 'lài"ti]ô^e |iussible. C'est en Europe (jti'on ciM 'd'iîhoT& une organisation desliuèe à préJ'dHirde' l'arrivée des tempêtes; ri)^âis l'idéi-' eu Venait d'Amériijue où, dès que tes services que l'on pouvait retirer du télégraphe d'e Morse furent reconnus, des bur.'e'Jfi!? nlfexétfrplogiques se fondèrent par l'iniuiii<^ ■aes"""piifti(;uriiéVé, jusqu'à ce qu'en

TEMP

LS'O un service militaire spécial fût organisé pour cet objit.

TEMPÉTEMENT s. m. Action de tempêter.

'TEMPETER v. n. Faire bien du bruit par

méconlentement : il ne fait que crier et tenipéUr. (t'aiii ,)

TEMPÉTEUR, EUSE s. Personne qui tempête.

• TEMPÉTUEUX, UEOSE adj. Qui est sujet aux tempêtes, ou qui cause les tempêtes : une mer tempétueuse. (Peu us.)

'TEMPLE s. m. [tan-ple] flat. templam).

Edilice public consacré à Dieu, ou à ce qu'on révère comme Dieu : les temples du vrai Dieu. — Se dit absol. et par excellence, du temple que Salomon bâtit à Jérusalem par ordre de Dieu : le parvis du temple. — Se dit aussi absol. des lieux où demeuraient, en certaines villes, les chevaliers nommés chevaliers du Temple, ou templiers : le faubourg du Temple, à Paris. — Se dit particul. des lieux où les protestants s'assemblent pour l'exercice de leur religion. — Se dit quelquefois d^s églises catholiques, mais seulement en poésie et dans le style soutenu. — Poétiq. Son

NOM est ÉCRIT DANS LE TEMPLE DE LA GloIRK. AU

TEMPLE DE .MÉMOIRE, il cst assuré d'une réputation immortelle. — Fig. Dans le style de la chaire : les fidèles sont les temples vivants, les temples du Saint-Esprit.

TEMPLE ( SIR William ) [ temm'-peul ] , homme d'Etal anglais, né en 1628, mort en 1699. En 166o, il fut envoyé en mission secrète à l'evêque de Munster, créé baronet et nommé résident à Bruxelles. En 4 667, il alla en Hollande, et en 1668 conclut la triple alliance de l'Angleterre, de la Hollande et de la Suède contre la France. Ambassaaeur à la Haye en 1668, il lut rapiielé en 1671, et y retourna en 1674. En 1679-'S0, il l'ut membre du conseil privé de Charles H, et vécut ensuite dans la retraite. Ses œuvres, (éditées par Swift en 1720; nouv. édit., 1814, 4 vol., comprennent des Observations upon the United Provinces of the Nctherlands. des études sur l'origine et la nature du gnu\(trnement, Ancient and Modem Learning, Gardeninij, etc., et des écrits politiques nombreux.

' TEMPLIERS, m. Nom des chevaliers d'un

ordre militaire et religieux, institué au commencement du xii" siècle, pour défendre contre les infidèles les pèlerins qui allaient visiter la terre sainte : la première habitation des templiers était près du temple deJéru.saU-.m, dont ils avaient la garde. — Prov. Boire comme UN templier, boire beaucoup, boire avec excès. — Encycl. L'ordre des Templiers ou Chevaliers du Temple fut le plus célèbre et le plus puissant des ordres religieux militaires de la chrétienté au moyen âge. Il date de 1 117, époque où deux chevaliers français, Hugues des Pa'iens et Geoll'roi de Saint- .Adémar ou de Saint-Omer, s'imposèrent la tâche d'escorter les pèlerins qui voyageaient cuiistamment entre Jérusalem et le Jourdain. D'autres ne tardèrent pas à se joindre à eux. En outre des trois vœux monastiques ordinaires, ils en formèrent un quatrième par lequel ils s'obligèrent à défendre le saint sépulcre et à protéu'er les pèlerins de Palestine. Baudouin 11, roi de Jérusalem, leur donna un logement dans son palais près de l'endroit désigné par la tradition comme étant l'emplacement du temple. Leur nombre ne dut pas excéder neuf, jusqu'au concile do Troyes (llSi7-'2S), qui donna mission à saint Bernard de Clairvaux de rédiger pour eux une règle et de déterminer le costume convenable à leur genre de vie. On donna aux chevaliers une tunique et un manteau blancs pour les distinguer des hospitaliers, et en H46 ils furent autorisés à porter une croix

TEMP

rouge sur le sein gauche. Leur bannière était ili' toile blanche rayée de noir, et fut appelée beauséant, fiarce que c'était le nom qu'on donnait alors aux chevaux marqués de noir et de blanc. Beauséant devint aus.-i leur cri de guerre. En HG6, on ajouta sur celte bannière une croix rouge. L'ordre était divisé en provinces, les provinces en prieurés ou en bailliages, et ceux-ci en piéceptoreries. A la tête était le maître ou graiid-niaitre, résidant à Jérusalem. L'ordre finit par ne relever que de lui-même et par avoir les privilèges du souverain. Le grand-inaître ne dut allégeance à aucun prince, et ne dépendit que du pafie au spirituel. La petite troupe des neuf avait mulliplié en autant de milliers. En Orient, outre la province de Jérusalem, l'ordre possédait les provinces de Tri['oli et d'.-\ntioche; en Occident.il y avait celles de France, d'Auvergne, de Normandie, d'Aquitaine, du Poitou, de Provence. d'Angleterre ( y compris l'Irlande et l'Ecosse) , d'Allemagne, d'Italie septentrionale et centrale, d'Apulie,de Sicile, de Portugal, de Castille, de Léon et d'Aragon. Avec le temps, les templiers prirent plus d'intérêt à étendre leurs possessions qu'à protéger les pèlerins, et devinrent fameux par la licence de leurs mœurs et leur avidité. En 1291, lorsque la puissance latine prit fin en Palestine, ils furent contraints de se retirer à Chypre, qu'ils avaient achetée à Richard l" d'Anirlelerre. Mais leur organisation ne témoignait d'aucune décadence, et leurs immenses richesses excitaient la cupidité des princes de l'Europe. Philippe le Bel, roi de France, résolut de les détruire. 11 amena le pape Clément V à commencer une enquête judiciaire sur l'orthodoxie et la moralité de l'ordre. En 1306, le grand-maître, Jacques de Molay, fut attiré à Paris, et le 13 octobre (1397) tous les membres de l'ordre en France, y compris de Molay, furent arrêtés; leurs maisons et leurs biens furent confisqués. L'archevêque de Sens, dont la juridiction embrassait l'éyêché de Paris, convoqua dans cette dernière ville un conseil provincial, le lu mai 1310, et le 13, par son ordre, oi templiers furent brûlés sur le bûcher. L'exemple fut suivi ailleurs, et le 'i mai 1312, Clément V lança une bulle abolissant l'ordre des Templiers. Finalement, de Molay, Guy d'Auvergne et d'autres hauts dignitaires de l'ordre montèrent sur le bûcher, le 18 mars 1314. L'ordre fut du coup supprimé par toute la chrétienté, excepté en Poriugal, où il existe encore sous le nom de chevaliers du Christ. TEMPO s. m. [tèmm-po] (mot. ital.). Mus. On emploie ce mot pour marquer les divers inouvemenis dans lesijuels un morceau est écrit. — Tempo moderato, mouvement modéré. — Tempo allegretto, mouvement rapide. — Tempo di uarcia, mouvement de marche. — Tempo giusto, mouvement bien réglé.

— Tempo couodo, mouvement aisé. — Tempo DI CAPELLA, mouvement de musique d'église.

— Tempo di valse, mouvement de valse. — TE.MPO PRIMO, mouvement précédent, quand il a été altéré. — A tempo. (Voy. A lempO, dans la leltre A.)

' TEMPORAIRE adj. Qui est pour un temps: pouvoir temporaire. — Admissionstkmporaires, faculté d'introduire en franchise des droits de douane, un produit étranger sous la condition de le réexporter, après lui avoir fait subir une main-d'œuvre.

* TEMPORAIREMENT adv. Pour un temps.

•TEMPORAL, ALE, AUX adj. Anat. Qui a rapport aux tempes : on temporal; muscles temporaux.

' TEMPORALITÉ s. f. Nom qu'on donnait à la juridiction du domaine temporel d'un evêche, d'un chapitre, d'une abbaye, etc. : il était juge de la te.miioralité.

' TEMPOREL. ELLE adj. (lat. temporalis).

TEMP

Qui pa=?e avec le ïemps; périssable. Est opposé :i étemel et à spifituel : Us hiens temporels ne doivent pas être comparés à ceux de l'éternité.

L'amour qui nous attache aux beautés éternelles ITétoufle pas en nous l'amour des temporelles. Tartufe, acte 111, se. m.

— Séculiei', et il se dit par opposition à ecclésiastique : puissance, juiidiition temporelle.

— Pouvoir temporel, s'est dit du pouvoir des papes sur Rome et une partie de l'Italie. — Subslantiv. Revenu qu'un ecclésiastique tire de son bénélice : il fut conlraitH par saisie de son temporel. — Puissance temporelle des rois : les rois, quant au temporel, sont indépendants de la puissance spirituelle.

' TEMPORELLEMENT adv. Se dit par opposition à élernellement : les méchants ne peuvent être heureux que tcmporetlement, et les bons léseront éternellement.

' TEMPORISATEUR. TRICE adj. Qui temporise ; (/énéral temporisateur. — Substantiv. C'était un habile temporisateur.

• TEMPORISATION s. f. Action de temporiser.

• TEMPORISEMEKT s. m. Retardement, dans l'attente d un moment plus favorable : ce limporisement pensa tout perdre. (Peu us.)

' TEMPORISER v. n. Retarder, diflérer, dans l'attente d'une occasion favorable, d'un temps plus favorable : ne vous hâtez pas, il est bon de temporiser.

' TEMPORÎSEUR s. m. Celui qui temporise, qui est dans i habitude de temporiser : le dictateur Fabius a été surnommé le Temporiseur.

' TEMPS s. ra. [tan] {Ul. tempus). Durée des choses, marquée par certaines périodes ou mesures, et principalement par le mouvement et la révolution apparente du soleil: compttr, mesurer le temps.

Le temps est un grand uKtitre: il règle bien des choses.

C0R^£1LLS.

Sur les ailes du temps, la tristesse s'envole.

— U.N TEMPS, un certain espace de temps: cela n'a pas laissé de durer un temps, un certain temps. — Cel.\ n'a qd'u.\ temps, se dit d'une chose qui ne dure que fort peu. — L.\ps DE TEMPS. {Voy. Laps.) — Astron. Temps VRAI ou apparent, temps mesure par le mouvement réel et inégal de la terre autour du soleil; et, Temps moyen, temps mesuré par un mouvement uniforme, réglé sur la vitesse moyenne de la terre. — Particul. Succession des jours, des heures, des moments, considérée par rapport aux ditlérents travaux, au.v diverses occupations des personnes : c'est un homme qui ne connaît pas le prix du temps.

— Perdre le temps, ou Perdre son temps, ne rien faire, ou faire des choses inutiles. Je n'ai pas de temps a perdre, je n'ai pas de temps à employer inutilement. Je n'ai pas de temps .\ perdre pour arriver .% tel endroit, je n'ai que le temps nécessaire pour ne pas y arriver trop tard. — Réparer le temps perdd, réparer la perte du temps, profiter mieux du temps qu'on n'a fait par le passé, en faire un meilleur usage; redoubler son travail pour faire en peu de temps ce qu'on avait négligé jusqu'alors. — Absol. Passer le temps, se distraire en attendant l'heure marquée pour quelque chose : je m' ennuyais à l'attendre, j'ai pris un livre pour passer le temps. — Tuer le temps, faire des riens, des inutilités pour se désennuyer. Couler le temps, laisser écouler le temps, dans l'attente de quelque occasion plus favorable. Pousser le temps avec l'épaule, se dit prov., dans des sens anal, à ceux des deux phrases précédentes. — Terme préfixe, ou durée limitée : payer dans le temps porté par t'oblii/ation. — Il À fait son temps, se dit d'un homme qui sort d'un em|iioi dont le temps éiait limité, ou qui n'est plus propre aux choses dont il s'est mêlé auireiois avec

TEMP

succès. Cet habit a p.vit son temps, il a été porté autant qu'il pouvait l'être, il ne peut plus servir. — Délai :je vous demande encore un peu de temps pour vou-: payer. — Prov, Qui a temps, a vie, quand le terme où l'on doit satisfaire à quelque chose est encore éloigné, on a du loisir pour se préparer à remplir son obligation. — Loisir: je n'ai pas le ti mps de vous parler. — Prov. Le temps est A Dieu et a nous, nous avons le loisir de faire ce dont il s'agit, ou, en général, de faire ce qu'il nous plait. — Conjoncture, occasion propre : il n'est pas encore temps de songer à cela. — Prendre son temps, prendre bien son TEMPS, prendre MAL SON TEMPS, prendre ou ne pas prendre le moment favorable pour faire quelque chose. Prendre quelqu'un sur le TEMPS, saisir une occasion subite et favorable pour lui faire faire quelque chose, ou ne lui pas laisser le temps de laréflexion, — Prendre SON TEMPS, faire une chose à loisir, sans se presser. Prendre le temps de quelqu'un, attendre le moment qui convient à quelqu'un dont on a besoin. — Prov. Tout vient a temps POUR QUI PEUT ATTENDRE, avec le temps et la patience on vient à bout de tout, — Un temps VIENDRA, il arrivera une circonstance, une conjoncture favorable, — Saison propre à chaque chose : le temps des vendanges. Dans LE TEMPS des perdreaux, dans le temps où l'on va à la chasse des perdreaux. — Le temps de Pâques, le temps pascal, les jours pendant lesquels se célèbrent les fêtes de Pâques. Le TEMPS DES vacances, l'époque de l'année où les tribunaux, les collèges, etc., sont fermés.

— Se dit en outre des .-lècles, des différents âges, des diflérentes époques, et par rapport à la chronologie : du temps du déluge. — La NUIT DES TEMPS, les tcuips Ics plus éloignés, et dont on n'a aucune connaissance certaine : cela se perd dans la nuit des temps. — Avant

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