FEMME A LE BRAS, LA MAIN, LA GORGE FAITS AU
TOUR, elle les a parfaitement bien faits. — Espèce d'armoire ronde et tournant sur un pivot, qui est posée dans l'épaisseur du mur, et qui sert aux religieuses pour faire passer ce qu'elles reçoiventdu dehors, oucequ'elles y envoient : faire passer quelque chose par le tour. On se sert également d'une fiarcille machine au conclave, dans certains hospices et dans les prisons. — Tour à tour loc. adv. L'un après l'autre, alternativement, à diverses reprises : ces deux généraux commundent tour à tour. — Adm. « Nous avons parle plus haut (voy. Enfantj des tours d'exposition dont l'ouverture aétéurdonnéo par Icdéciel du 19 janvier 18 M. Ces tours, établis dans les hospices dits dépositaires, pour y recevoir tous les enfants nouveau-nés que l'on y a(iportait, ont été fermés successivement, par mesure administrative, mais diverses propositions de loi en demandent le rétablissement. Nous ne pourrions que nous répéter ici en faisant valoir les considérations
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morales qui s'opposent à l'adoption de ces projets de loi, et que nous avons déjil résumées. Redisons seulement qu'une telle mesure aurait des résultats absolument opposés à ceux qu'en attendent ses partisans. En effet, la mortalité a toujours été beaucoup plus élevée parmi les enfants confiés aux hospices que parmi ceux qui sont élèves par les mères assistées. D'un autre côté, il résulte des renseignements donnés à l'Académie des sciences morales {séance du 25 mai 1878) par un savant économiste, M. Frédéric Passy, que les crimes et délits contre les nouveau-nés (infanticides, avorlements , expositions) n'ont pas augmenté et ont au contraire diminué de plus d'un tiers, depuis l'époque où les tours ont été fermés. Enfin le congrès international de la protection de l'enfance, qui s'est réuni à Paris en IS'iS, a formulé le vœu que les tours ne fussent pas rétablis; mais il a fait cette réserve que la fille-mère qui a été séduite devrait pouvoir, avec l'assurance du secret, faire ses couches à l'hospice et y laisser l'enfant qu'elle est hors d'état délever. Nous croyons qu'il est désirable, à tous égards, que cet abandon ne puisse avoir lieu qu'exceptionnellement, et nous pensons que l'on doit maintenir le régime actuellement en vigueur, lequel consiste à donner à la mère un secours ^uffisant pour que son entant puisse être élevé sans êtreentièrementséparé d'elle. M. JulesSimon, dans son beau livre L'Ouvrière (IV» partie, ihap. 2) a condamné l'ouverture des tours, lesquels, ne servent pas pour l'orphelin, mais encouragent les abandons. « L'amour ma- « leriiel lui-même, dit-il. a ses défaillances. i< Parmi les mères qui viennent furtivement c déposer leur nourrisson aux enfants trou- " vés, il y eu a à qui rien ne manque, excepté « le cœur... La société française ne con- » tracte-t-elle pas une dette envers les filles «séduites, en interdisant absulument et «durement la recherche delà paternité? « Voilà le sens et l'e.\cuse de l'institution des « tours ; il est dur, après cela, de les con- « damner; il le faut. La fortune publique ne Il doit pas se faiie la complaisante du vice, u Qu'on ne dise pas qu'abolir les tours, c'est « protéger le mariage au prix de la vie des « enfants; car le nombre des infanticides « n'augmente pas avec la suppression des (1 tours. Qu'on ne pense pas uniquement « au mariage, aux filles déshonorées et honte teuses de leur déshonneur ; mais aux pères « et aux mères qui repoussent leurs enfants « commo un fardeau et non comme une (i honte, et qui, grâce à cette connivence de i< la charité mal entendue, se font presque « infanticides par économie. Qu'on craii:ne « d'exciter les lilles-nières, par une promesse « d'impunité, à dissimuler leur grossesse et « à risquer un avortement. Qu'on se garde Il surtout d'invoquer l'autorité de saint Vin- « cent de Paul. Il a donné ses lilles pour « mères aux orphelins; mais il aurait pris « dans ses bras, pour le reportera sa mère, c< l'enfant délaissé. » Nous pensons aussi que la loi devrait être sévère à l'égard du séducteur en le condamnant à réparer le mal qu'il a cause; mais la reouverture des tours favoriserait la séductiou, profilerait au vice et serait une cause de décadence morale.»
(Gh. y.) TOURAILLE s. f. [II. mil.] (du lat. torrere, brûler, sécher). Etuve de brasseur; grain que l'on .--èche dans l'éluve.
TOURAILLON s. m. Germe d'orge séchéeà la louraille.
TOURAINE, Turonia, anc. prov. de France, com|iri.-.e en majeure partie dans le departeinent actuel d'Indie-ct-Luiie Ses pieiniers liubitanls furent les Gauiois Turones. Elle fit partie des domaines de la couronne d'Angleterre à l'avèuenienl de Henri II eu lo2i, et
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elle fot conquise par Philippe Auguste en 1202. Elle forma un duché de 1336 jusqu'à sou annexion définitive aux domaines de la couronne de France en 1584. Cap, Tours. La Touraine fournit des vins estimés; ses principaux vignobles sont ceux de Vouvray, de Rochecaibon, de Vernon, etc. La Touraine, si favorisée qu'elle soit de la nature, a éfirouvé pendant le moyen âge et jusque dans les temps modernes, de fréquentes et meurtrières famines. Grégoire de Tours rapporte qu'au vi^ siècle, les populations de cette province étaient souvent réduites à faire du pain avec des pépins de raisin et des racines de fougère, ce qui les faisait mourir promptement. Ces famines avaient aussi pour résultat l'accroissement du servage, parce que les pauvres se mettaient en servitude, alin de recevoir quelques aliments. Au xvii"^ et au xviii" siècle, la Touraine eut beaucoup à souffrir de la mauvaise administration du royaume, et elle fut cruellement éprouvée par la famine. Vaiibau le constate, comme l'avait fait précédemment Grégoire de Tours. Les mémoires des intendants nous disent aussi à quel point la Touraine fut atteinte par les désastreux elfets de la révocation de l'édit de Nantes. Ce fut, pour cette province, une véritable décadence. Les industries jusqu'alors si prospères de la soif rie, de la drapeiieet de la tannerie subirent d'irréparables dommages; et l'agriculture perdit un débouché de consommation considérable, par suite de l'émigration en masse des manufacturiers, de leurs ouvriers et de leurs capitaux. Le nombre des ouvriers fut réduit au-dessous du cinquième de ce qu'il avait été avant 1685. (Voy Baudrillard,Popu/a(io/ls de la Touraine. Académie des sciences morales, séance du 5 janv. 1885.)
TOURANE, l'une des plus grandes et des plus belles baies de la côte de l'Aniiani, à 85 kil. S.-E. de Hué, dont elle est le port, et auquel elle est reliée par une belle route, passant au col des Mages, à 470 m. d'altitude. C'est un immense bassin presque fermé, où les plus gros bâtiments trouvent un excellent mouillage. Le port de Tourane avait été promis aux Fiançais, en 17X7. (Voy. Behaine) ; mais le traité resta sans etlét. Le 31 août 1858, l'amiral Rigaultde Genouilly y débarqua à la tête d'un petit corps expéditionnaire qui fut décimé par la fièvre et la dysenterie.
TOURANGEAU, ELLE s. et adj. De Tours ou de ia Touraine; qui appartient à cette ville, à ce pays ou a leurs habitants.
TOURANGETTE s. f. Nom générique de plusieurs espèces d'étoffes qui se fabriquaient dans l'Orléanais et le pays chartrain.
• TOURANIEN, lENNE adj. Se dit des peuples répandus de la mer Caspienne à la mer du Japon et des langues que parlent ces peuples : tes peuples towankns; les langties toitraniennes. — Encycl. Les membres de cette race (ainsi nommée du Touran des Perses, pays des nomades septentrionaux, opposé à l'Iriin) sont : 1° la branche finno hongroise ou ouralo-ûnnoise (voy. Finnois); t" la branche samoyède ; 3° la branche turque ou tartare (plus proprement tatare); 4° la branche mongolienne, composée de trois familles ; les Mongols orientaux, les Mongols occidentaux et les Buriats, 5» la branche toungouse, dont le principal représentant est la famille Mandchoue. La parenté de ces différentes branches ne fait pas de doute. Pour les désigner, on se sertie plus souvent du mot touranien ; certains savants prêtèrent les appellations de mongol ique (dans le sens le plus large), douralo-altaique, et de scylhe ou de tartare. Les langues touraniennes sont toutes formées dans lesystèmeagglutinatil. Chacune de ces langues n'a qu'une seule déclinaison
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et (à part quelques exceptions insignifiantes) une seule conjugaison. Le genre grammatical est inconnu. Les cas sont nombreux. Elles ont des vocabulaires riches et bien développés, au point de vue de la phonétique, et elles abondent pour certaines choses en expressions délicatement disliuetives des nuances.
TOURBAGE s. m. Exploitation de la tourbe.
* TOURBE s. f. (aiic. haut ail. torff). Substance combustible spongieuse, légère, brune ou noirâtre, qui est formée par l'accumulation des débris des végétaux : tourbe des marais. — Encycl. La tourbe se compose des restes de végétation partiellement décomposés qui s'accumulent dans les lieux toujours humides ou marécageux. La masse en est formée de racines eiichevêlrées, de feuilles, de tiges, et s'étend en couches de plusieurs pieds d'épaisseur; en certains lieux, ces couches se superposent en alternant avec des couches de sable. Il v a d'immenses dépôts de tourbe en Irlande ; elle abonde aussi en Ecosse et sur le continent le long des côtes de la mer du Nord. On en trouve dans le Labrador, laTerre-Neuveet Anticosti. Aux Etats- Unis, on ne connaît guère la tourbe au sud de l'état de New-York; mais on en rencontre des masses considérables dans la partie septentrionale de cet état, dans la Nouvelle-Angleterre, et à rO. et au N. jusqu'aux états de lowa et du Minnesota, et jusqu'au Canada. Elle est à peu près limitée aux zones tempérées et aux localités où le climat est humide et le sous-soi imperméable à l'eau. Darwin dit que dans l'hémisphère méridional, le 45° degré est l.", limite extrême où on la rencontre en s'approchant de l'équateur. — Certaines tourbes sont grises, d'autres rouges et noires; la plupart, une fois sèches, sont d'un ruuge brun foncé, ou couleur ae tabac à priser. La tourbe est très souvent fibreuse, et forme alors, quand elle est sèche, une masse élastique.En Allemagne, la tourbe la plus» mûre», la plus parfaitement formée, s'appelle tourbe grasse ; elle est d'un brun foncé ou noire, et comparativement lourde et dense. Lorsqu'elle est humide, elle est ferme, poisseuse et adhérente, ressemblant à de l'argile ; on peut la couper et lui donner toutes les formes. En séchant elle devient dure, et sa surface prend l'éclat de la cire ou de la pois. La proportion des parties combustibles de la tourbe varie considérablement suivant sa composition. C'est un mélange mal délini, d'un grand nombre de corps composés, dont la nature précise est souvent inconnue. Ou leur a donné le nom collectif d'humus et de géine ; ce sont des matières résineuses et bitumineuses, des acides créniques, apocréniques, ulmiques, humiques et géiques, en combinaison avec de la chaux, de la magnésie, du fer et du manganèse, et formant les ulmates, les humâtes, etc., de ces bases. En-général, la tourbe la plus mûre et la plus lourde contient 10 ou 12 p. 100 de plus de carbone, et 10 ou 12 p. 100 de moins d'oxygène, que les matières végétales qui l'ont produite. D'ordinaire, il s'y trouve une partie de sable, et c'est quelquelois la plus considérable. Certaines tourbes laissent en brûlant beaucoup de carbonate de chaux ; d'autres, surtout du sulfate de chaux; d'autres principalement de 1 oxyde de fer. Les acides siliciques et phosphoriques de la magnésie, de la potasse, de la soude, de l'alumine et du chlore se trouvent aussi en petites quantités dans la cendre de toutes les tourbes. Comme engrais, la valeur de la tourbe tient à son remarquable pouvoir d'absorber et de retenir l'eau, à l'état de liquide ou de vapeur, et à celui d'absorber lammoniaque. En France et dans le nord de l'Europe, la tourbe sert depuis longtemps de Combustible. La meilleure pour cet usage est celle qui a le moins de matières végétales
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non décomposées, et qui, par conséquent, a un aspect homogène, brun ou noir; il faut aussi qu'elle soit exempte de mélange de matières terreuses. — On prépaie la tourbe soit à la main, soit à l'aide de machines; on la réduit aussi en charbon et on la distille pour en tirer du gaz déclaiiage. La préparation mécanique se fait soit par pression, soit par dessiccation, et quelquefois par une combinaison de ces deux moyens. On a quelquelois pressé la tourbe fraîche par pression directe et entre des cylindres. Weber, de Staltach, en Bavière, a trouvé une méthode pour réduire la tourbe en pâte dans un pétrin mécanique, et pour la mouler ensuite et la -écher. Sa machine et son procédé ont subi de nombreuses uioditîcations en Europe et en Amérique. Parmi les plus récents mécanismes est celui de Thomas-G. Walker, qui broie et sèche la matière. La tourbe mouillée, après avoir été brassée dans la cuve d'un moulin à pétrir et échauffée par la vapeur en excès, est enfoncée de force dans un récipient, où un jet de vapeur la repousse dans un tuyau de fonte de 6 pouces et d'un développement de 4(H) pieds, replié dans le fourneau, sous la chaudière; par ce moyen elle est complètement des>échée. Elle passe alors, à travers un tuyau plus gros, dans un récipient d'où elle tombe dans un moule qui la presse et lui donne forme. Franklin Dodge, d'Oswego, dans l'état de New-York, a inventé un procédé simple pour condenser la tourbe. Il emploie un moulin cylindrique avec des disques perforés pour triturer la matière; l'appareil est placé dans un bateau plat, et opère dans la couche même. La tourbe est broyée jusqu'à consistance de pâte, étendue sur une plateforme, exposée a l'air pendant plusieurs jours, puis coupée en blocs, retournée, et entin séchée dans des cribles. — Di-tillée dans une cornue de fer, et les matières volatiles ayant été passées à travers un tube de fer chauffé au rouge pour convertir la paraffine et les éléments du goudron en hydrooarbones gazeux, cent parties de tourbe ont donné : charbon poreux ou coke de tourbe, 36 ; liquide ammoniacal, 18,86; goudron épais contenant de la paraffine, 5, 14 ; gaz d'éclairage, 40.
' TOURBE s. f. (lat. turba). Multitude conl'use composée de menu peuple.
' TOURBEUX. EUSE adj. Qui contient delà tourbe : Uirain tourbeux.
TOURBIER, 1ÈRE adj. Qui contient de la tourbe.
'TOURBIÈRES, f. Endroit d'où l'on tire de la tourbe. — La législation actuelle assimile les tourbières aux carrières à ciel ouvert, et il suffit à celui qui veut commencer l'exploitation d'une tourbière d'en faire la déclaration au maire de la commune. (Voy. C.^r-
UIÈRE.)
" TOURBILLON s. m. [Il mil.] (dimin. du lat. turbo, trouble). Vent Impétueux qui va en tournoyant : ce louibiUon uf'ait bien du déyât. — Se dit quelquefois de l'eau qui touiuuie avec violence : il y a dans cette rivière plusieurs tourbillons fort dangereux. — Philos, cartésienne, quantité de matière qu'on suppose tourner autour d'un astre Descartes a imaginé les tourbillons pour ex,diquLT te système du monde. — Tout ce qui eutiaine les hommes : c'est un homme emporté par le tourbillon du monde, des plaisirs, dis affaires. On dit, absol., Etre dans le tourbillon.
TOURBILLONNEMENT s. m. Action de tourbillonner.
* TOURBILLONNER v. n. Aller en tourbillon : l'eau tourbillonne dans cet endroit de la rivière.
TOURCOING [tour-kouain] (celt. tur ker, tour élevée), ch.-l. de cant., arr. et à'14 kil.
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N.-E. de Lille (Nord); 89,092 hab. C'est une ville de fabriques et de manufactures. Elle possftde des centaines de fabriques de luinage- . de colonnades, de toile, de tapis (450,000 broches, produisant pour 170 millions de l'r.), etc. Les Français, commandés parPichegru, y battirent les Anglais, le 1S mai 1794. lîgfise ogivale Saint-Christophe, restaurée en 1862 ; hôtel de ville; pyramide cotnmémorative de la bataille de 1794.
* TOURD s. m. Hist. nat. Poisson de mer. TOURD s. m. ou Tourdelle s. f. (lat.
Uinlua, grive). Nom donné à une espèce de grive.
• TOURDILLE adj. [Il mil.] (lat. lurdillus ; de turdus, giive). Ne s'emploie que dans cette loc. , Gris TounoiLLE , la couleur du poil d'un cheval qui est d'un gris sale approchant de la couleur d'une grive.
TOUR-DU-PIN (La, ch.-l. d'arr. à 56 kil. N.-N.-O. de Crenoble (Isère), sur la Boiirbre, au pied du coteau de Saint-Claire, pa'' 4;)" 33' ,^0" lat. N. et 3° 6' 44" long. E.; 3,704 hab. Filatures.
• TOURELLE s. f. Dimin. Petite tour. — Tuiiiellc cnirassée. (V. S.)
* TOURET s. m. (dimin. de tour). Petite roue qui, dans les machines à tourner, reçoit son mouvement d'une plus grande. — Pièce mécanique de fer, de cuivre, etc., ayant deux branches parallèles unies en haut et en bas par une partie pleine qui reçoit un tourillon et une vis, dont l'ellet est de tendre ou de détendre une corde, etc.— Sorte de dévidoir ou de rouel à l'usage dps cordiers. — Rouet à filer. — Petit tour à l'usage des graveurs en pierres fines.
TOURGUENEFF ou Turgeneff. L (Alexei), historien russe (l78o-184bJ. Son ouvrage principal est Historise Russix Monumeiita (2 vol. l84l-'42; supplément en 1848). — II. (Nikolai), frère du précédent (1790-1871). Député, secrétaire de l'intérieur et de l'agriculture, il s'intéressa à l'émancipation des serfs et fut compromis dans le mouvement révolutionnaire de 1825. Condamné à mort, il s'enfuit à Paris où il passa le reste de sa vie. Il a laissé en français : La Russie et les Russes (3 vol. 1847).
TOURGUENEFF ou Turgeneff (Ivan), romancier russe, né à Orel, le 9 nov. 1818, mort a Bougival le o sept, i 883. Employé au ministère de l'intérieur, il consacra ses loisirs à la poésie et à la littérature. Le libéralisme de ses sentiments le fit exiler de la capitale; il passa presque toute sa vie à Bade et dans les environs de Paris et ne rentra point dans sa patrie, bien qu'il eût le droit d'y habiter. Ses Souvenirs d'un chasseur (l8o2, 2 vol.), vigoureux tableau de la misère des paysans russes, ne furent pas étrangers au mouvement d'opinion qui amena l'affranchissement des serfs. Tourguenetf donna successivement : Mémoires d'un seigneur russe, Une nichée de gentilshommes., pères et enfants (1862), les Terres vierges (1877), etc.
* TOURIE s. f. Grosse bouteille de grès, entourée le plus souvent d'une garniture d'osier, et dans laquelle on transporte des acides ou des spiritueux.
* TOURIÈRE s. f. (fr. tour). On appelle ainsi, dans les monastères de filles, une domestique de dehors, qui a soin de faire passer au tour toutes les choses qu'on y apporte : la tuurière du convent. — Mèretouriisiii;, religieuse préposée pour avoir soin du tour en dedans.
* TOURILLON s. m. [Il mil.] (rad. tour). Se dit des axes de fer sur lesquels se meuvent les treuils, les bascules, etc. ; et, particul., du gros pivot sur lequel tourne une porte cochére, une grille, un pout-levis. — Se dit
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aussi des deux parties rondes et saillantes qui sont vers le milieu d'un canon, et qui servent à l'assujettir sur son all'ùt. — Partie mobile d'un touret qui sert à tendre et à détendre une corde, etc.
* TOURISTE s. m. Personne qui voyage par agrénifnt ou par curiosité.
TOURLOUROU .s. m. Pop. Soldat de la ligne.
• TOURMALINE s. f. Sorte de pierre cristallisée qui, étant échauffée, devient électrique, et attire la poussière de charbon, les cendres et autres corps légers. — Les tourmalines forment un groupe de silicates doubles rhomboédriques, composé de silice, de fluor, d'acide borique, d'alumine, d'oxydes manganique, ferrique et ferreux, de magnésie, de chauv, de soude, de potassse, de lithium, et quelquefois d'acidephosphorique. La couleur des lourmalinesvarie avec leur composition : les rouges, appelées rubellites, sont des tourmalines de manganèse, contenant du lithium et du manganèse, avec peu ou poinlde fer; celles d'un bleu violet (appelées indicolites) el les vertes sont des tourmalines de manganèse el de fer; et les noires sont des tourmalines de fer ou des tourmalines de fer et de magnésium. Quelquefois les cristaux sont rouges à une extrémité et verts à l'autre, ou verts intérieurement el rouges extérieurement, ou vice versa. La tourmaline se trouve d'ordinaire dans le granit, le gneiss, la syénite, dans les schistes micacés, chloritiques el lalqueux, el dans le calcaire dolomite el granulaiie. La tourmaline est un cristal à double réfraction, mais elle a la propriété particulière de polariser la lumière. Elle n'a pas, comme le spath d'Islande, le pouvoir de séparer et de transmettre à la l'ois le rayon ordinaire elle rayon extraordinaire; mais lorsque la plaque est coupée avec ses faces parallèles à l'axe optique du cristal et exposée à un rayon de lumière, le layon ordinaire passe au travers, tandis que le rayon extraordinaire est absorbé.
'TOURMENT s. m. {\a.Ltormenlum). Grande.
violente douleur corporelle : la goutte, lu pierre, la néphrétique, sont de cruels tourments. — Su[>plice, torture qu'on fait soufl'rir à quelqu'un : les tourments des martyrs. — Fig. Grande peine d'esprit : cette affaire »«'o bien donné du tourment, de la peine et du tourment.
' TOURMENTANT, ANTE adj. Qui tourmente : c't.sf un homme bien tourmentant.
"TOURMENTE s.f. Orage, bourrasque, tempête sur la mer : grande, furieuse, horrible tourmente. — Se dit aussi des ouragans qui s'élèvent dans les hautes montagnes : en passant le mont Cenis, il a été assailli par une tourmente. — S'ejnploie quelquefois, fig., en parlant des troubles qui agitent un pays : pendant la tourmente politique.
• TOURMENTER v. a. Faire souffrir quelque lourmcnt de corps : on l'a si horriblement tourmenté, qu'il en est mort. — Se dit des douleurs causées par quelque maladie, ou par une opération de chirurgie, ou par la piqûre de quelque insecte, etc. : il est tourmenté de la goutte, de la néphrétique. — Donner de la peine, faire soutirir quelque peine desprit: ces enfants tourmentent fort leur père. — Importuner beaucoup, harceler : cet homme me tourmente avec ses visites, ses iettrea, ses demandes continuelles. — Agiter violemment : te vent tourmenta longtemps notre vaisseau. — Tourmenter un ouvrage, le retravailler avec un elfort qui se fait sentir : cet ouvrage, ce tabh'iu a été tourmenté. — Se tourmenter v. pr. S'agiter, se remuer : tenez-vous en repos, ne vous tourmentez pas tant. — Fig. Ce bois se TOURMENTE, il SB déjelte. — S'inquiéter, se
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donner bien de la peine de corps et d'esprit :
à quoi sert de vous tourmenter si fort^
TOURMENTEUR s. m. Celui, celle qui tourmente : les Kuménides étaient les tourmcnteurs des méchants.
' TOURMENTEUX, EUSE adj. Mar. Se dit de certains parages fort sujets aux tempêtes. (Peu us.)
* TOURMENTIN s. m. Mar. Petit foc qu'on nomme ainsi, parce que, dans les graiuls bâtiments, on ne s'en sert que durant les tourmentes. CVoy. Trinquette.)
TOURNAGE s. m. Action de tourner, de travailler au tour.
* TOURNAILLER v. n. Faire beaucoup de tours el de détours sans s'éloigner du mémo lieu, du même point : le cerf n a fait guetournailler. — Rôder autour.
TOURNAISIEN, lENNE s. et adj. De lournay; qui appartient à celte ville ou à ses habilanls.
TOURNAISIS (Le), ancien pays de Belgique (Flandre) dont Tournay était le ch.-l.
TOURNAN, ch.-l. de canl., arr. et à 28 kil. N. de Mclun (Seine-et-Marne); 2,032 hab.
* TOURNANT s. m. Coin des rues, coin des chemins, el endroit où le cours d'une rivière fait un coude : il fut attaqué au tournant de telle eue, mi tournant du chemin. — Espace où l'on fait tourner un carrosse, une charrette, etc. : iln'yapus assez de tournant. — Endroit dans la mer, dans une rivière, où l'eau tournoie continuellement, el qui est dangereux pour les bâtiments : il y a là un tournant qu'il faut éviter. — Moulin a deux tournants, moulin a deu.x roues qui font tourner deux meules. — Moyen déluuriié employé pour réussir : je prendrai un tournant pour arriver jusqu'à lui.
•TOURNANT, ANTE adj. Qui tourne : un pont tournant. — Art inilit. Se dit d'un mouvement l'ail pour tourner une position, un corps ennemi. — ■ Tables tournantes, tables qu'on croyait tourner au contact des doigts, sous certaines intluenees magnétiques.
TOURNASSER v. a. Façonner sur le tour.
TOURNAY ou Tournai (anc. Turnacum, Tornacumou Turris Neroiorum; flam. Dooriiick), ville du Ilainaut (Belgique), sur diverses rives du Scheldt (.Escaut), à 68 kil. S.-O. de Bruxelles; 35,761 hab. y compris les sept faubourgs. L'église de Sainl-Brice contient le tombeau de Childéric 1°'. Fabriques de tapisseries, de draps, de bonneterie el de toiles. — Après avoir successivement appartenu à la Flandre el à la France, Tournay fit pallie des Pays-Bas espagnols en 1526. Elle épousa la cause prolestante, et fut héroïquement, bien que sans succès, défendue par Marie de Lalaing, princesse d'Epiiioy, en loSl. Prise par les alliés en 1709, elle fut cédée à la maison d'Autriche par le traité d'Utrechl; mais les Hollandais furent autorisés à y tenir garnison, parce qu'on la considérait comme une de leurs villes barrières. Le général français La Bourdonnaye, s'en empara le 8 nov. 1792; plusieurs batailles se livrèrent dans ses environs en mai 1793 et en mai 1794.
TOURNAY, ch.-l de cant., arr. et à 18 kil. S.-E. de Tarbes (Hautes-Pyrénées), sur l'Arros; 1,171 hab.
TOURNE s. f. Position du joueur de mail qui a passé la ligne des ais, vis-à-vis du tambour.
■ TOURNÉ, ÉE pari, passé de Tourner. — Un homme rien tourné, qui est bien l'ait, qui a bon air. — C'est un esprit mal tourné, .^e (lit d'un homme qui prend ordinairement les choses de travers. — Cettb maison est
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BIEN, EST MAL TOURNÉE, elle Bst dans une bonne, tian< une mauvaise exposition.
TOORNE-À-GAnCHE s, m. Techn. Double levier qui sert à faire virer une tige sur ellemême. Cet outil sert aux forperons et aux ajusteurs : des tourne-à-gauche.
"TOUNEBRIDE s. m. Espèce de cabaret établi auprès d'un château ou d'une maison de campagne, pour recevoir les domestiques et les chevaux des étrangers qui y viennent.
• TOURNEBROCHE s. m .Machine servant à faire tourner la broche : townebroche à ressort. — Se dit également des petits garçons qui tournent la broche. — Chien qu'on met dans une roue pour faire tourner la broche.
TODRNE-CASE s. m. Sorte de trictrac simplilie.
• TOURNÉE s. f. Voyage qu'on fait en divers endroits. Ne se dit proprement que des courses que certains fonctionnaires publics font avec autorité dan^ leur ressort, dans leur département : le préfet, le général de la dixHsion a fait sa tournée. — Se dit aussi de certains voyages annuels ou périodiques qu'un particulier fait pour ses alfaires ou pour celles d'une compagnie : ce marchand est allé faire sa tournée en Hollande. — Se dit, farn., des petites courses qu'on fait dans différents endroits : il fait tous les matins plusieurs tournées.
TOURNE-FEUILLE s. m. Appareil qui sert il tourner lapideuient les feuilles d'un cahier de musique : des tourne-feuille.
TOURNE-FIL s. m. Instrument qui sert à lourner le fil des outils tranchants : des tourn:-fil.
TOURNEFORT (Joseph Pitton de), botaniste français, né à Aix en 1656, mort en 1708. Il fut professeur au Jardin des Plantes (16.S.3- 1700); il explora ensuite le Levant et, à partir de 1702, fut professeur de médecine au collège de France. Parmi ses œuvres, on cite Eléments de botanique (1694, 3 vol.) et Voyage du Levant (1717, 2 vol.). Tournefort, précurseur de Linné, adopta une nomenclature botanique longtemps acceptée, et basée sur la forme de la corolle. Ses descriptions sont parfaites.
* TOURNELLE s. f. Petite tour. Ce mot est vieux dans ce sens : on l'emploie en parlant de quelques anciens bâtiments, comme Le