‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 458 sur 639 · MAIN · texte numérisé non relu

MAIN

' TOURNEMENT s. m. Action de ce qui tourne. N't-st guère usité que dans cette locution, TouRNEUENT DE TÈTE, le vertige.

TOURNEMINE (René-Joseph), littérateur et jésuite fiançais, né à Reiine.s en 1661, mort eu 1739. Il dirigea le Journal de Trévoitx de 4702 à 1736. 11 a laissé : Tables chronologiques (1706); Réflexions sur L'athéisme; etc.

TOURNE-OREILLE s. m. Charrue à versoir mobile : </t'i tourne-oreille.

TOURNE-PIERRE s. m. Ornith. Genre d'échassiers lougirostres, voisin des bécasses, comprenant plusieurs espèces d'oiseaux, qui tournent au moyen de leur bec les pierres du rivage, pour chercher les crustacés et les vers. Le tourne-pierre à collier (Iringa interpres; strepsila^ coUaris) est chez nous un

TOUR

oiseau de passage; il est un peu plus gros qu'un merle, à corps uoir, à ventre blanc, à pieds rouges et à bec noir.

* TOURNER V. a. Mouvoir en rond : tourner une roue. — Se dit aussi de plusieurs autres mouvements, pour peu qu'ils tiennent du mouvement en rond : tourner ta tête. — Fig. Tourner une personne a son gré. manier son esprit en sorte qu'on lui fasse faire tout ce qu'on veut : il tourne cet hommc-tà, cet espritlà comme il lui plait. — Fig. Tourner quelqu'un de tous les skns, de tous les côtés, lui faire diverses questions et diverses propositions, afin de tirer de lui ce qu'il sait, ou pour découvrir quel est son sentiment, son dessein. — Chasse. Tourner un lièvre, tourner DES perdrix, tourner autour du lièvre, autour des perdrix. — Guerre. Tourner un

POSTE, tourner une MONTAGNE, TOURNER l'EN-

NEMi, etc., les prendre à revers. — Se dit également en parlant de certaines choses qu'on change de sens : tourner les feuillets d'un liv7-e. — Prov. et fig. Tournez la médaille, voyez cette personne, cette affaire du côté opposé à celui dont vous .venez de la considérer. — Traduire : tourner du latin en français. (Vieux.) — Façonner au tour des ouvrages de bois, d'ivoire, de pierre, de métal : tourner des colonnes; tourner des chaises. ■ — Arranger d'une certaine manière les paroles, les pensées dans un ouvrage de prose ou de vers, leur donner un certain tour : il tourne bien les vers. — Tourner v. n. Se mouvoir en rond : la terre tourne autour du soleil et la lune tourne autour de la terre. — Se mouvoir à droite ou à gauche, quoique le mouvement ne se fasse pas tout à fait en rond ; tourner de côté et d'autre. — Chasse. Tourner au change, se dit des chiens, lorsqu'ils attaquent un autre animal que celui de meute. — Fig. Tourner court, abréger : l'orateur a tourné court après cette réflexion, et s'est hâté de finir. — Le vent tourne au NORD, tourne au SUD, otc, 11 passe au nord, au sud, etc. — Fig. et fam. Tourner a tout

VENT, tourner COMME UNE GIROUETTE, avolc

l'esprit variable et inconstant, changer souvent de sentiment, d'opinion. — La tète lui TOURNE, .-' lit en parlant d'une personne qui se trume étourdie pour avoir regardé en bas d'un lieu fort élevé : ne regardez pas en bas de peur que la tête ne vous tourne. — La tète lui a tourné, se dit de même d'un homme qui est devenu fou. Se dit aussi fig. d'un homme qui se méconnaît dans la bonne fortune, ou à qui quelque malheur imprévu a troublé l'esprit, ou qui, par crainte, par vanité, ou par quelque autre passion, fait des choses extravagantes. — Fig. Ne savoir PLUS DE QUEL CÔTÉ TOURNER, ne savolr plus que taire, que devenir, n'avoir plus de ressource. — Fis. Cette maladie, cette affaire TOURNE mal, il y a lieu de craindre qu'elle n'ait une issue fâcheuse. — Fig. Ce jeune HOMME TOURNE MAL, il ne soutlent pas les bonnes espérances qu'on avait conçues de lui. — S'altérer, changer en mal : ce vin ne sera pas de garde, il tournera, il commence à tourner. — Jeux de cartes. Il tourne cœur, IL TOURNE carreau, etc., la carte qu'on découvre, qu'on montre, est de la couleur nommée cœur, carreau, etc. : de quoi tournet-ilf — Se tourner v. pr. Se changer, passer, d'un étal à un autre : la verdeur de ce vin se tournera en force. — Sa fièvre tierce s'est TOURNÉE EN QUARTE, EN CONTINUE, elle est devenue quarte, continue. On dit aussi, Tout CE qu'il mange setourneen bile, etc., devient bile, etc.

* TOURNESOL s. m. [tour-ne-sol]. Bot.

Genre d'eupborbiacées crolonées, comprenant plusieurs espèces d'arbustes et d'herbes à fleurs en grappes. Le type de ce genre, le croton des teinturiers {crozophora tinctoria, crolon tinctorium), commun aux environs de

TOUR

Montpellier, est une plante à grande fleur radiée ; on a prétendu que cette fleur se tournait du côté du soleil. — Espèce de teinture bleue dont la graine du tournesol est la

base.

* TOURNEUR s. m. Artisan qui fait des ouvrages au tour : excellent tourneur. — Adjectiv. Celui qui tourne longtemps et rapidement sur lui-même ; il y a des derviches qu'on appelle derviches tourneurs. — L'art du tourneur est l'art de façonner le bois, le métal et autres substances dures en formes ayant des contours ordiuairementcourbesetleplus souvent circulaires, etaussi d'exécuter des figures composées de lignes courbes sur des surfaces planes ou cylindriques, au moyen d'outils appropriés et d'une machine appelée tour. Le principe sur lequel repose ' ut du tourneur i simple. Une ■ce de bois ou u au tre matière dure étant fi.\ée dans une position r horizontale par à détenit. des pivots ou autrement a ses deux e.vtrémué;, de manière à lui permettre de lourner librement sur un axe, et étant mise rapidement en mouvement, pendant qu'on approche un ciseau ou tout autre instrument tranchant de la pièce et qu'on l'y maintient fortement, l'instrument coupera la pièce à cet endroit. Des tours d'une construction

Nouveau tour de tourneur anr bois.

particulière permettent de lunrner en creux, de forer, d'élargir les trous déjà faits, de tourner à la fois en dedans et en dehors. U est souvent utile de pouvoir couper dans différents axes. On y arrive facilement et simplement en fixant la pièce à travailler successivement aux différents axes et en la tijuruaut en deux ou plusieurs opérations. Mais on construit des machines spéciales, à centre variable, excentrique, géométrique, ovale, etc. La machine de Blanchard, grâce à laquelle on exécute des travaux de formes irrégulières, est peut-être la plus connue et la plus commode. Elle permet de reproduire une grande variété d'objets, de bustes, de formes de cordonnier, de manches, d'échelons, de bois de fusil, etc.

TOURNE-VENT s. m. Tuyau mobile qui se place sur le haut des cheminées pour empêcher le vent de s'opposer à la sortie de la fumée.

* TOURNEVIS s. m. [tour-ne-viss]. Arts.

Instrument de fer ou d'acier avec lequel on serre et l'on desserre des vis.

TOUR

TOURNIOLE s. f. Nom vulgaire d'une espèce de panaris (voy ce molj qui se développe entre lépiderme et la peau.

' TOURNIQUET s. m. (rad. tournsr). Croix de bois ou de fer mobile, et posée horizontalement sur un pivot, dans une rue, dans un chemin, pour ne laisser passer que des liens de pied : on a mis des tourniquets à ces barrières. — Menuis. Morceau de bois tournant qui sert a soutenir un châssis à coulisse lorsqu'il est levé. — Instrument de chiruri-'ie qui sert à comprimer les vaisseaux dans certaines opérations.

* TOURNIS s. m. [tour-nî]. Art vétér. Maladie des moutons qui est produite par le vers-coquin, et dans laquelle ils tournent et exéculent des mouvements convulsifs. On dit aussi Tournoiement.

* TOURNOI s. m. (du franc, tourner). Fête publique et militaire du moyen âge, où il y avait ordinairement un grand concours de princes, de seif-'neurs, de chevaliers etc., et où l'on s'exerçait à plusieurs sortes de combals, soit à cheval, soit à pied : le prince fil publier le tournoi. - Encycl. Ce jeu prit nals^ance après l'établissement du système féodal; il semble avoir été introduit dans l'Europe septentrionale dés le milieu du ix° siècle, bien qu'il ne soit devenu habituel et à la mode que plusieurs siècles plus tard. L'Eglise , qui refusa d'abord la sépulture chrétienne à ceux qui trouvaient la mort dans les tournois, finit par se relâcher de sa rigueur, et jusqu'à la fin du xv= siècle, ces jeux restèrent dans toute leur vogue. A partir de cette époque, ils se transformèrent peu à peu en spectacle de cour, souvent du genre le plus magnifique et le plus coûteux; mais la mort du roi de France Henri II, à la suite d'une blessure reçue dans un tournoi, en 1.0.Ï9, fit abandonner ce divertissement dans presque toute l'Europe. Unejoiite était, a proprement parler, un combat entre deux chevaliers; tandis que le tournoi comprenait plusieurs joutes ou une rencontre entre plusieurs chevaliers de chaque côté. A l'époque où les tournois étaient dans tout leur éclat, on se servait de deux sortes d'armes : celles qui étaient faites expressément pour cet usage, c'est-à-dire des lances à pointe émousséc ou recouverte de morceaux de laine, et d'épées émoussées ou détrempées; et les armes de guerre ordinaires, qu'on appelait armes à outrance. Quelquefois, des chevaliers démontés combattaient à l'épée ou à la hache. Les pn.? étaient proclamés par des juges choisis parmi les plus vieux chevaliers, mais c'étaient les dames qui les décernaient.

* TOURNOIEMENT ou Tournoîment s. m.

Action de ce qui tournoie : le tournoiement de l'eau. (Voy. Tournis.) — TounNoiEUENi dk TÊTE, certaine indisposition de cerveau, durant laquelle il semble à celui qui en est atteint, que tous les objets tournent,

* TOURNOIS adj. Nom que l'on donnait à

la monnaie qui se frappait autrefois à Tours, et qui était plus faible d'un cinquième que celle de Paris. S'est dit ensuite des livres valant vingt sous, à la dill'érence des livies parisis, qui en valaient vingt-cinq. S'est dit également des sous valant douze deniers la dilîérenee des sous parisis, qui en valaient quinze : payer en livres tournuis.

TOURNON {Tornomagus), ch.-l. d'arr., à 55 kil. iN.-lN.-E. de Privas (Ardèche), sur la rive droite du Kliûiie; par 45° 4' a" lat. N. et "2° '.*9' 56" long. E. ; 5.344 hab. Vins, soieries, étoffes de laines; foires importantes. Vieux l'Irâteau des ducs de Soubise. Tournon eut di's seigneurs particuliers dès le xii" siècle.

TOURNON (François de), prélat français, né à Tuiirnon m tiS'J. mort en 1562. A l'âge de 2S ans, il fut nommé archevêque d'Em-

TOUR

brun, puis devint successivement archevêque de liourgps, d'Auch et de Lyon. Il négocia le tr.iité de Madrid à la suite duquel François I" fut mis en liberté (1526) et dirigea avec Anne de Montmorency la guerre contre Ciiarlo^-Quint (1536); il signa la paix do Nice (1538) et fut ambassadrur à Rome sous Henri IL II avait reçu le chapeau de cardinal en 1525. C'est à lui que l'on doit l'entrée des jésuites en France.

TOURNON-D'AGENAIS, ch.-l. de cant., arr.

et i 2(1 kil. E. de Villeneuve-d'Agen (Lot-et- Garonne), sur le Baudusson ; | ,077 hab.

TOURNON-SAINT-MARTIN, ch.-l. de cant., arr. et à 16 kil. N.-O. du Blanc (Indre), sur la rive droite de la Creuse ; l ,5S1 hab.

* TOURNOYANT, ANTE adj. Qui tournoie :

le vol tournoyant d'un oiseau.

* TOURNOYER v. n. Se conjugue comme Employer. Tournoyer en faisant plusieurs tours : cet homme ne fait que tournoyer. — Fig. et fam. N'aller pas droit à la conclusion d'une afl'aire, biaiser, chercher des détours : à quoi sert de tournoyerl il faut aller au but.

TOURNOYEUR s. m. Chevalier qui prenait part a un tournoi.

* TOURNURE s. f. Tour. Ne se dit qu'au figuré ; le succès de votre affaire dépend de la tournure qu'on y donnera. — Taille, habitude du corps ; ce jeune homme est d'une jolie tournure.

TOURNUS, Tinurtium castrtm, ch.-l. de cant., arr. et a 30 kil. N. de Mâcon (Saôneet-Loire), sur la Saône; 4,S66 hab. Commerce de vins; fabrique de sucre. Patrie de Greuze. Vieille église abbatiale de Saint-Philibert (mon. hist.)

TOURNY (Louis-Urbain-Aubert, marquis de) administrateur français, né aux Andelys en 1699, mort à Paris en 1761. Envoyé à Bordeaux comme intendant de Guyenne, il se signala dans cette ville par des améliorations de tout genre qui lui ont valu la reconnaissance des Bordelais. Ils ont donné son nom à une promenade et à une place sur laquelle s'élève sa statue.

TOUROUVRE, ch.-l. de cant., arr. et à 12 kil. IS.-E. de Mortagne (Orne); 1,660 hab.

TOURQUENOIS, OISE s. et adj. De Tourcoing; qui appartient k cette ville ou à ses

habitants.

TOURS, Cœsarodunum, Civitas Turonum, ch.-l. du dép. d'Indre-et-Loire et ancienne ca]). de la Touraine, à 236 kil. S.-O. de Paris, sur la rive gauche de la Loire, entre ce fleuve elle Cher, par47»23' 47 " lat.N. etl''38'36 ' long. 0.; 63,267 hab. [.La ville, grande et bien bâtie, est dans une situation admirable, au milieu d'un pays dont la beauté et la richesse sont renommées. Un peu au S. de la ville se trouvent les ruines du château de Plessis-les-Tuurs, où mourut Louis XI. Les premiers évêques de Tours furent saint GatiBii (25i), saint Lidoire (254), saint Martin de Tours (374), et plus tard Grégoire (572), l'auteur d'une précieuse chronique, l'ours fut la première ville de France où l'on be livra à la manufacture de la soie. Son pont sur la Loire est un des plus beaux de la France. On remarque aussi le palais de l'archevêché. De la fameuse cathédrale de Saint-Martin il ne reste que deux tours. Fabriques de draps, de tapis, de soieries, etc. — Plusieurs conciles importants se tinrent à Tours; les états généraux y siégèrent plusieurs fois, elle 18 se] 1 1. 1870, une partie du gouvernement de la Uéfensc nationale s'y transporta. Les Allemands l'occupèrent le 19 jaiiv. 1871 ; déjà, depuis le 11 déc, la délégation de Tourss'etail transportée à Bordeaux. Patrie de Gabrielle d Estrées, de Boucicaut, de Rapin, de Grécourt,

Page 1