TOUT
les autres : il faut faire à tout. — On en fait aussi un seul mot, Atout: et alors il s'emploie comme substantif masculin : jouer «n atout, l'ai deux atouts. — A tout prendre loc. adv. A considérer tout l'ensemble des qualités d'une personne ou d'une chose, tout ce qu'elle a de bien et de mal : cette maison a ses défauts; mais, à tout prendre, elle est belle et commode. — Après tout loc. adv. Dans le fond, tout bien considéré : vos raisons sont spécieuses; mais, après tout, le parti que vous proposez pourrait avoir de fâcheux résultats. — Sur-tout loc. adv. (Voy. Surtout). — Du tout loc. adv., qui se joint avec Rien, point, pas, pour rendre la négative plus forte, et signifie, en aucune façon, nullement, absolument rien, non : iln'aura rien du tout. — En tout loc. adv., on s'en sert pour supputer, pour compter: et il signifie, sans rien omettre, tout étant compris : cela lui revient en tout a mille francs. — Fara. En tout et par tout, entièrement: je suis de votre avis en tout et par tout. (Voy. Partout.)
• TOUT adv. Entièrement, complètement, sans exception, sans réserve : je suis tout à vous. — Mis immédiatement devant un adjectif féminin qui commence par une consonne ou par une H aspirée, reçoit le genre et le nombre du nom ou du pronom auquel cet adjectif se rapporte : elle est toute malade; elles furent toutes surprises de le voir. Mais devant les adjectifs féminins qui commencent par une voyelle ou par une H non aspirée. Tout redevient invariable : sa maison est tout autre qu'elle n'était; tm. chien qui aies oreilles tout êcorchées. — Il y a néanmoins certains cas où Tout, placé devant un adjectif féminin singulier, commençant par une voyelle ou une H non aspirée, reçoit également le genre du nom ou du pronom auquel cet adjectif se rapporte, et redevient luimême un véritable adjectif : c'est lorsqu'il sert moins à exprimer une sorte d'excès ou d'intensité, qu'à désigner l'ensemble, la totalité des dlll'érentes parties d'une chose : la foret lui parut toute enflammée. Souvent l'adjectif féminin est remplacé par une expression équivalente; on observe alors la même distinction. Ainsi dans les phrases qui suivent, on emploie Tout adverbe, parce qu'il s'agit d'exprimerl'excès, l'intensité : Elle était tout EN LARMES, elle pleurait béaucQup, excessivement; Elle est tout a son devoir, elle est entièrement occupée de son devoir. Au contraire, dans les deux suivantes, on emploie l'adjectif toute, parce qu'on veut exprimer la totalité. La maison était toute en feu, toute la maisoa brûlait. Cette maison est toute a LUI, il n'y a aucune partie de celte maison qui ne lui appartienne. — Il faut aussi distinguer entre ces deux locutions : C'est tout autre chose, et Demandi;z-moi toute autre chose. Dans la première, tout est adverbe et signifie entièrement, tout à fait; il doit s'écrire, tout. Dans la seconde, toute est adjectif : dem.andez-moi toute chose autre que celle que vous me demandez; et il faut écrire TOUTE. — Si une femme écrit, je suis tout à vous, c'est une expression de politesse, qui signifie : je suis entièrement à vous; je suis toute disposée à vous rendre service. Mais si elle écrit, je suis toute à vous, c'est une expression de tendresse qui veut d\re, je vous consacre ma vie, mon existence entière. — On écrivait et l'on imprimait autrefois Toute devant les tnijeciifs teiuinins commençant par une voyelle ou par une H non aspirée ; elle était toute inquiète, toute alarmée. Quelques personnes suivent encore cette ancienne orthographe. — Dans Tout entier, employé comme une seule expression, TouTreste invariable, soit qu'on veuille indiquer la totalité ou l'intensité de quelque chose : ce pâté, ce pain est encore tout entier. — Tout reste également invariable dans les locutions. Tout CŒUR, TOUT esprit, TOUT ZÈLE, etc, plein de