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après avoir constaté la possibilité de franchir uue petite chaîne de dunes de 1,.iOO mètres de traversée, située entre El Goléa etle louât. La troisième mission, composée de 105 personnes dont 22 Européens, l'ut dirigée parle colonel Flatters ; elle devait étudier l'itinéraire (avec variante) proposé par nous, c'està-dire, parlant de Biskra, remonter l'oued Rirhjusqu'à Touggourt, puis l'oued Miyà^jusqu'à Ouargla, et enfin l'Igharghar jusqu'au Hoggar. Éile s'avança directement jusqu'à Teraassiûine, à. ÏI.Ï kilomètres S. -S. -E. d'Ouargla, et ensuite jusqu'au lac d'El Meiikhough, à 2,ï0 kilomètres S.-E. de Temassinine Ayant évité, au S.-E. d'Ouargla, les massifs dedïines que nous avions rencontrés dans notre premier voyage (voy. le Sahara algérien, Paris, Hachette et C''), elle constata que, jusqu'au 26' degré de lat. N., il existe une voie unie, ferme et sans un grain de sable ; les renseignements recueillis lui permirent même d'affirmer que cette voie se prolongeait dans les mêmes conditions jusqu'au faîte de séparation des bassins de l'Igharghar et du Niger. La mission, ne se sentant pas assez forte pour aller plus loin, rentra à Ouargla le 17 mai 1880. En résumé, les résultats techniques furent les suivants : exploration complète du régime de l'Erg ou grandes dunes au S. d'Ouargla; découverte d'unlarge passage par lequel une voie ferrée peut franchir l'Erg en terrain ferme et plat sans avoir à surmonter un seul instant l'obstacle des sables; eau facile à trouver partout en creusant des puits dont le maximum de profondeur ne paraît pas devoir dépasser 15 mètres; possibilité d'établir la voie la plus économiquedumonde sans aucune difficulté jusqu'à plus de 1,000 kilomètres au S. d'Ouargla parle ghassi de l'Erg, la hamada l'ocheuse et plate, et le reg à fond de ballast de l'Igharghar : ligne de Tharfaya, Bou-Nemel ou variante, Mokhanza, El Biolïd, Ami-'hid, Tabohait.... cartes très exactes, etc. (Rapport du colonel Flatters, Bulletin de la Société de géographie de Lyon, n" 18. 1880. Une seconde mission, organisée par le colonel, quitta la France au mois de novembre 1880; elle comprenait, sauf le capitaine Bernard, les mêmes chefs de service que la précédente : M.\l. le capitaine Masson, commandant en second; Béringer, Roche et Sanlin, ingénieurs; Guiard, médecin aide-major, et Dianous, lieutenant; deux sous-officiers, MM. Pobéguin et Dennery, et 48 tirailleurs indigènes escortaient la mission qui comprenait, en outre, 30 Arabes étrangers à l'armée, mais presque tous anciens soldats, plus d'autres Arabes Châamba, guides ou chameliers. Malheureusement, le guide principal était Ceihir ben Cheikh dont la fourberie nous était, pour notre part, depuis longtemps connue et dont nous avions refusé les services en 1S77. On ne uous fit point l'honneur de nous proposer de faire partie de la première ni de la seconde mission Flatters, pas plus, du reste, qu'à tout autre homme ayant l'expérience des choses du Désert; mais, l'eût-onfait, que nous nous serions empressé de refuser, sachant que Cerhirbeu Cheikh avait étéchoisipour guide principal. iNous avions, du reste, dès le debut, manifesté nos appréhensions à plusieurs de nos amis, et notamment dans une lettre adressée à l'honorable M. Adert, direcleurdu Journal de Genève. Nous empruntons à M. le capitaine Bernard (Quatre mois dans le Sahara, Paris, Delagrave) le résumé suivant : La mission quitta Ouargla dans les premiers jours de décembre et s'engagea, cette fois, dans la vallée de l'oued Miyâ qu'elle explora, au delà du hhassi Inifel, jusqu'à loO kilomètres en aval d'Aîn-Çalahh; elle obliqua ensuite à l'E. pour arriver, vers le o janvier 1881, au hhassi el Messegueiu, sur la route d'Aïn-Calahh à Rhadamès, après avoir reconnu le plateau de Tadinaït.
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'Vers ie 18 janvier, elle campait à Amghid, dans la vallée de l'Igharghar (26» lat. N., 3° long. E.). Dix jours après (vers le 28)^ elle était à Inghelmann-Tighsinn (25° ■<3' lat. N., 3° 38' long. E.) sur l'oued Tedjert. Là, elle fut ralliée par Chikkat, parent d'Ahitairhel, chef des Hogi,'ar, qui, avec d'autres Touareg, devait conduire les voyageurs jusqu'à l'extrémité méridionale du pays et, au besoin, jusqu'au pays d'Aïr. La mission traversa sans encombre le Hoggar et arriva, vers le 16 février, près d'un puits appelé bir el Ghararaa, creusé dans le lit desséché d'une rivière, à huit jours de marche de l'Aïr, par conséquent dans la direction du S. -S.-E. Le colonel, écoutant les perfides conseils de Gerhir ben Cheikh et des guides touareg, fit camper sa troupe à une très grande dislance du puits qu'il alla ensuite reconnaître accompagné des chefs de service. La prudence la plus élémentaire lui commandait de faire explorer d'abord les alentours; il n'en fit rien. Les chameliers et quelques tirailleurs suivirent touchant devant eux les chameaux altérés. Le site était très accidenté; nous savons ce qui se passa alors par le récit d'un témoin survivant. Le colonel venait de mettre pied a terre, ainsi que les autres membres de la mission, pour commencer les observations scientifiques, lorsqu'un notable Châambi, Cheikh Bou Djemâa, accourut lui criant qu'il était trahi; il n'en voulut rien croire et repou-sa le Châambi en l'injuriant. Celui-ci revint au bout de quelques instants en criant de nouveau : « Colonel, tu es trahi! » Au iiiêroe instant des Touareg débouchèrent, en masses serrées, des ravins avoisinants en brandissant leurs armes. Le colonel et ses compagnons se défendirent énergiquement, mais ils succombèrentécrasés parie nombre. Le premier coup porté le fut par Gerhir ben Cheikh sur le colonel Flatters. Là périrent, avec le chef de la mission, le capitaine Masson, le docteur Guiard, le maréchal des logis Dennery, MAI. Roche et Béringer, ingénieurs, plus 7 chameliers et plusieurs tirailleurs algériens qui tombèrent successivement à mesure que s'épuisèrent leurs cartouches. Tous les chameaux lurent pris. Un tirailleur, témoin éloigné de la scène, courut au camp porter la terrible nouvelle. Le lieutenant Dianous et le troisième ingénieur, M. Santin, se portèrent aussitôt v.ers le puits avec une vingtaine d'hommes; mais, voyant que le massacre était consommé, l'officier ne crut pas devoir engager sa petite troupe dans une lutte inégale et du reste maintenant sans objet, contre 600 ou 700 Touareg; il rétrograda. Alors (le 16 février au soirj commença cette retraite terrible de 41 jours pendant laquelle les survivants, au nombre de 63 au départ, eurent à endurer les plus cruelles privations et jalonnèrent la route de leurs cadavres. La nouvelle de cette catastrophe causa en France la plus vive et la plus pénible émotion. Chacun sentait que notre honneur national et notre prestige en Afrique venaient de recevoir une cruelle atteinte. Ou cria vengeance et nul ne doutait que ce crime atroce ne fût suivi d'un prompt et juste châtiment. Il n'en a rien été cependant jusqu'à ce jour, grâce à la mobilité d'esprit propre à notre race; lémoLion, d'abord si vive, promptement s'est calmée, puis s'est eûacée pour faire place à loubli. Mais les Touareg et les gens d'Aïn-Çalahh, leurs complices, eux, se souviennent; ces gens n'estiment et ne respectent que la force : avant le massacre, ils nous craignaient; aujourd'hui ils nous méprisent. Mais une force irrésistible nous pousse vers le sud et, quoi qu'on fasse et qu'on dise, c'est en Afrique et non point uans l'extrême Orient que doit s'accomplir la mission civilisatrice qui nous est dévolue, et le jour n'est pas
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éloigné 0(1 fatalement les barbares Sahariens deviont, conime l'ont, fait déjà tant d'autres de leurs coreligionnaires, courber la tête sous notre joug. Le chemin de fer transsaharien, du reste, est sorti de sa péliode de pestation : il est commencé par «es deux extrémités. Au Sénépal une section est aujourd'hui terminée, ou à peu prés, entre Kayes et Bafoulabé. sur le haut fleuve; la conlinuation s'imposera jusqu'à Baniakou, ,Mu- le haut Niccr. et de là le lonp du fleuve .Noir jusqu'à Tombouktou. D'autre part, nous vovons qu'en Algérie le chemin de fer de Philippeville à Conslanline a été, dans ces dernières années, prolongé jusqu'à Batna; une troisième section lellieniie, de Batna à Bi.skra, est, au moment où nous écrivons, sur le point d'être livrée à l'exploitation, et les études sont faites pour une première section saharienne, de Biskra à Touggourt. Ici, cependant, une certaine hésitation semble encore se produire: les partisans de la ligne de l'Ouest n'ont pas cessé de lutter pour l'adoption de leur projet, et nous croyons savoir que l'honorable et sympathique gouverneur général de l'Algenej M. Tirman, leur serait lavorable. La ligne de l'Ouest, nous l'avons déjà exposé, serait plus courte et non moins productive au point de Vi;e commercial; mais elle traverserait, sur un long parcours, un territoire qui ne nous appartient pas. Si une rectification de frontières entre la France et le Maroc venait à donner l'oued Messaoud pour limite occidentale à nos possessions sahariennes, nous n'hésiterions pas à nous y rallier; mais, jusque-là, nous soutiendrons qu'il serait impolitique d'emprunter un territoire étran^ei- pour lexéculion d'un projet essentiellement français. (V. Laugeau.)
TRANSSÉQUANIEN, lENNE adj. [-sc-koua-].
Qui est au delà de la Seine.