‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 511 sur 639 · OJO 1.021 3.Ï · texte numérisé non relu

OJO 1.021 3.Ï

En Afrique

L'Empire ottoman

Dont Possessions immédiates

Etats tribulaires et protectorats....

Cap., Constantiuople. Villes princ, en Europe : Salonique 100,000 hab., Andrinople 70,886. Philippopolis 34,00li, Séra'iévo 21,377. En Turquie d'Asie : Smyrne 250,000 hab. Damas 2U0.000, Alep 70,000, Beyrouth 90.000, Bagdad 175.000. Erzéroum O0,0ii0, Kaisarié 60.00IJ, Siwas aO.OOU, Manissa 40.000, Mossoul 40,000, Brousse 80,000, Homs 33,000, Marash 35,000, Trébizonde 32,000 Amasia 30,000, Ourfa 30,000, Vane 30,b00, Adana 30,000, Jérusalem 28,0U0, Tokal 25,000 hab. La Turquie d'Europe proprement dite embrasse la Thrace (Roumélie), la Macédoine, une partie de la Thessalie et de r.\lbanie et Candie. La Turquie d'Asie comprend: l'Asie Mineure, r.\rménie turque, le Kurdistan, la Mésopotamie, l'Irak .\ralii. la S\rie (y compris la Palestine), le Hedjaz et l'Yemen dans l'Arabie

occidentale, le Hedjer dans l'Arabie orientale elles îles de Scio, de Rhodes, etc. Montagnes : les Balkans et le Pinde, en Europe; le Taurus, le Liban et le^ monts d'Arménie, en Asie. Cours d'eau : le Danube el la Maritza en Europe; l'Euphrale, le Tigre et le Jourdain en Asie. L'agriculture est arriérée, et les ressources minérales peu exploitées. Les céréales, le riz, le coton, le tabac, le chanvre, le lin, les fruits et la vigne abondent dans beaucoup de contrées de l'empire. Il y a un grand nombre de chameaux, de chevaux des meilleurs races , d'ânes , de bœufs, de moutons et de chèvres, et parmi celles-ci la célèbre race d'Angora. - Le mahomélisme est la religion oflicielle. Les Turcs propres ou Osmanlis, les Turcomans, les Arabes et les Tartares sont tous mahométans; les Albanais elles Kurdes le sont pour la plupart, ainsi qu'une petile partie des Slaves. Les mahnmétans sont en grande majorité dans la Turquie d'Asie; mais en Europe ils sont partout en minorité, excepté en Albanie et dans le district métropolitain de Constantinople. Le sultan est regardé comme le successeur du Prophète el le chef de tous les croyants. Les ministres de la religion et les inlerpèles de la juris|irudence (muftis, mollahs, etc.) forment le corps des ulémas, dirigés par le sheik ul-Islam. Les chrétiens de Turquie (vulgairement appelés rayahs) appartiennent, pour la plupart, à l'Eglise grecque; ils sont environ 6,000,000 de membres, presque tous reconnaissant le patriarche de Constantinople. Une partie des Grecs et des Arméniens, des iN'estoriens et des Jacobites se sont réunis à l'Eglise catholique romaine, mas en conservant une orgaiiisation séparée sous le nom de Grecs unis, etc. Parmi les iiombieuses sectes particulières, on remarque celle des Druses et des Ansaries, en Syrie. L'instruction a fuit récemment de grands progrès, el une université a été ouverte à Constantinople en 1870. Les Grecs et les protestants ont les meilleures écoles. La Turquie contient un certain nombre de communautés étrangères, qu'on appelle franques, et qui sont en dehors du territoire de l'Etat sous la protection de résidents diplomatiques el d'agents consulaires. Les puissances étrangères y ont des représentants depuis le svi° siècle ; ils y sont .«ous la garantie de ce qu'on appelle les capitulations el de stipulations postérieures, qui les révèlent de l'autorité judiciaire. — Le gouvernement turc ou Sublime Porte, a été, jusqu'en décembre 1876 une monarchie absolue, dont le chef était le sultan, de la dynastie d'Othman , portant le titre officiel de padischah, chef suprême. Son bon plaisir n'avait aucun frein excepté dans les questions de religion et de législation, où il fallait l'acquiescement du sheik ul-lslam ou grand multi. La succession au trône appartient, en tout cas, au plus âgé des mâles de la famille régnante. L'empire est divisé on vilayels, sous des gouverneurs généraux. Le gruïid vizir préside au conseil des ministre*. En.ISfiS, une cour suprême pour les cas civils et criminels, remplaça l'ancien grand conseil de justice. Les droits civils étaient garantis par le hatti-sherif de 1839, et surtout par le hatii-humayoun de 1850, mais le 23 déc. 1876 une nouvelle constitution fut promulguée, établissant un gouvernement représentatif régulier; le premier parlement turc, composé de mahométans, de chrétiens et de juifs s'assembla au printemps de 1877, mais il ne tarda pas à se dissoudre. — La dette turque monte à 3 milliards environ. Le 8 oct. 1875, le gouvernement déclara son insolvabilité partielle, et promit de payer comptant la moitié de l'intérêt dû sur la dette étrangère, et le reste en obligations nouvelles à émettre jusqu'à concurrence de 830 millions de fr. environ. Il a pris de nouveaux ar-

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rangements en 188). — L'armée compte à peu près 6)0.000 hommes sur le pied de guerre. Elle est distribuée en 7 corps. Les non-musulmans ne sont pas obligés au service, mais ils paient une taxe d'exeiriplioii raililaire appelée bedel. L'armée tur- (jue compte beaucoup d'étrangers. ,\vant la guerre de )877, la flotte se composait de 20 iiavires cuirassés et de 99 transports montés par 34,000 matelots et soldats. Elle ne compte plus que l.ï cuirassés. — Après Conslantinople, les ports principaux sont Smyrne et Salonique. Les CAportations portent principalement sur les céréales, le coton, les fruits, le vin, le tabac, le café, le miel et la cire, la soie, l'émeri, les lapis et la garance. A part quelques grandes voies, il n'y a guère de routes dignes de ce nom dans tout l'empire. Les chemins de fer turcs ont en Europe un développement de 1,400 kil. environ ; en Asie, ils n'ont pas encore plus de 5bo kil. La gi-aiide artère commerciale de la Turquie d'Europe est le Danube avec ses affluents. Les lignes télégraphiques ont une longueur totale d'environ 24,000 kil. Depuis le 1" mars 1 866, le service des postes est entre les mains du gouvernement. — L'empiie ottoman , avec ses dépendances, correspond presque exactement à l'empire byzanlin, à l'époque de sa plus grande extension. Il tiie son nom (i'Othman ou Osman, successeur des sultans seldjoucides d'Ieonium ou Roiim. Ce prince fionquit Nicée en Bithynie (I ;!99) et plusieurs autres districis avoisinanls (Voy. Turcs). Son lils, Orkhan, s'empara de Brou>so, capitule delà Bithynie (1326) et envahil la Thraco. Le petit-fils d'Othman, Amuiat I", prit Andrinople en )36l, donna une organisation aux janissaires (voy. Janissairks) , vainquit les princes de Bulgarie et de Serbie, et fut lue au moment oi'i il remportait une victoire signalée sur les Serbes à Kosovo en )389. Son fils. Bajazet !<"•, envahit la Valachie et la Hongrie, assiégea Constantinople pendant plusieurs années, battit Sigisraond de Hongrie à Nicopolisen 1396, acheva la conquête de l'Asie Mineure, et fut battu et pris par tainerlanen 1402. Son petit-fils, Amurath II (I421-'5I), fils de Mohamed 1", conquit The.ssalonique et Janina. Battu par Hunyade à Belgrade (1439) et dans d'autres reai;bntres, il remporta une grande victoire en 1444 sur lui et Ladislas, roi de Pologne et de Hongrie , à Varna. Dans une seconde bataille, à Kosovo, en 1448, il écrasa les Hongrois. Son lils, Mohamed, ou Mahorae' II (l4ol-'8)) donna le coup final à l'empirp, liyzantin en s'emparant de Constantinople, après un siège de 53 jours, le 29 mai li.ïS ; en 14S4, il acheva la conquête de la Serbie. Hunyade le repoussa devant Belgrade (l4o6); mais il soumit la plus grande partie de la Morée ( 1460), et, peu après, Trebizonde, la Valachie, et presque toutes les îles de l'archi-

Eel. Battu à plusieurs reprises par Scandererg, en Albanie, il ne put soumettre ce pays qu'après la mort du héros (1467). Sélim i" ()512-'i0), fils de Bajazet H, élendit son autorité sur la Mésopotamie, l'As.syrie, la Syrie, et l'Egypte, et établit une flotte régulière. Son fils, Soliman II le Magnifique, prit Belgrade en 1o21 et Rhodes en I52"2 ; il délit les Hongrois il Mohacz en to26, prit Buda en 1329 et marcha sur Vienne; mais il en fut repoussé avec de grandes pertes une première fois, et une seconde en 1532. 11 ajouta à ses conquêtes l'Arménie, la Croatie, ï'Vémen, le Chirvan et la Géorgie; mais ses forces navales, qui avaient porté son empire jusque sur la côte barbaresque, furent défaites à Mal te en liie'i; enfin Sziget, qu'il assiégeait, ne tomba qu'après sa mort (1606). Son fils, Sélim 11, fut le premier des sultans qui n'alla pas lui-même commander ses troupes et qui mena une vie voluptueuse. Après avoir conquis Chypre, il

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Lépante. Il eut pour successeurs une série de monarques plus insignifiants que lui-même, et sous le.-quols les janissaires devinrent tout puissants. Les plus importants à citer sont Âniuralh III et IV, Mohamed IV qui s'empara de Candie après unetrèslongue lutte, et Mahmoud !'■'. Des guerres fréquentes s'engagèrent avec la Pologne, l'Autriche, la Perse, Venise et la Russie, mais rarement avec succès. Montecuculli, Sobieski, qui mit l'armée de Mohamed IV en déroute devant Vienne (1683^, Louis de Bade et le prince Eugène détruisirent la puissance turque sur le Danube; et à la paix de Carlowitz, en !699, Mustaphall rendit presque tout ce qu'il possédait en Hongrie à l'Autriche, Azof à Pierre le Grand de Russie, la Podolie et l'Ukraine à la Pologne, et la Morée à Venise. Pendant presque tout le xviije siècle, la Turquie fut en guerre avec la lîussio, et souvent aussi avec l'Autriche. Malgré des succès parliels, tels que la reconquête delaMorcesonsÂhmed 111(171-;), celle lutte prolongée fut désastreuse pour la Turquie; elle y perdit la Crimée, toutes ses possessions au ÎS. de la mer Noire, et la navigation exclusive .sur cette mer et les détroits qui en dépendent. Sélim 111 ()789-)807). fut un monarque éclairé, mais il ne put arrêter le cours de ces désastres. La paix, conclue avec la Russie à Jassy en 1792, fit du Dnicsler la frontière entre les deux empires. La conquête de l'Egypte par Bonaparte, amena une guerre avec la Fi-ance, qui se termina par des concessions importantes faites ;i celtepuissance; d'autres guerres avec la Russie et l'.Angletcrre et la révolle dos janissaires aggravôreirt la crise. La Serbie se souleva sous Czei'ny George ()80-'i), et acquituncdemi-indépendancesous Milosh Obi-enovitch. A Sélim. déposé en 1807, succéda Mustapha |V. grâci- à l'inlluence des janissaires ; mai, il fut renversé et mis à mort en 1808, par son frère Mahmoud ll,qu"

après une lutte' terrible. Unit par licencier et dissoudre le corps des janissaires on ) 826. En même temps, il écrasait. Vli pacha de Janina (1822); mais la révolution grecque lui fut fatale ; car, n'ayant pas tenu compte des remontrances des puissances européennes, à propos des cruautés commises en Grèce par Ibrahim pacha et d'autres, les escadi'es aniilo-franco-russe, anéantirent la flotte turcoégvptienne .à Navarin (20 oct. 1827). Les hostilités cessèrent de fait en 1829. La Grèce compléta l'œuvre de son indépendance, et, après une victoire remportée par les Russes, commandés par Dicbitsch, qui avait franchi les Balkans, le traité d'Aiidrinople (14 sept. 1829), rélal)lit la paix entre la Russie et la Tui-quie. C'est en 1832 que commença le conflit entre la Porte et le vice-roi d'Egypte, Méhémet-Ali. Le sultan fut baitu à plusieurs reprises, et la lutte ne se termina que par l'intervention de l'Angleterre et de ses alliés dans l'intérêt delà Porte,' dont l'admission dans le système politique des Etats européens fut pour'la première fois officiellement concédée par les traités du 15 juillet 1840, et du 14 juillet 1841. L'intégrité de la Turquie deviut un principe essentiel de la diplomatie européenne, principe qui reçut une nouvelle force de la coalition de l'Angleterre, de la France et de la Sardaigne avec la Turquie dans la guer re de Crimée (1 853-'ô.=)), qui aboutit à la défaite de la Russie et à la neutralisation de la mer Noire par le traité de Paris (18:i6). Une armée française, et une flotte anglaise intervinrent de nouveau en 1860, pour terminer la lutte errtre les Dnises et les Maronites, après les épouvantables massacres des chrétiens a Damas et dans le Liban : Abdul-Medjid eut pour successeur, en 1861, son frère Abdul-Aziz; et en 1866, Charles h' de Hohenzullern et futélu prince héréditaire de Roumanie. Une insurrection éclata la même année en Crète , et amena de

perdit, en lij71, la grande bataille navale de graves chocs avec la Grèce ; la conférence

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des grandes puissances i9 janv. 1869), réunie k Paris, mit fin à ces dissensions. Ci'pendant la Serbie avait profité de ces complications pour obtenir l'évacuation di! toutes ses 'places fortes (1867). Dans l'été de 1873, une insurrection éclata dans l'Herzégovine. Soutenue par des volontaires venus des différents pays slaves, elle se propagea jusqu'en Bosni.;. Après quelques combats près de Trebigne et ailleurs, la Porte Vit des concessions et l'Herzégovine fut constituée en un vilayet particulier. Des consuls étrangers essayèrent vainement d'interposer leur médiation, et le comte Andrassy, ministre des aU'arres étrangères, formula sans succès les réformes demandées par les g-rari- . des puissances. Les insurgée refusèrent de se soumettre. Apr'ès le massacre des consuls allemands et français à Salonique par la populace turque, au commencement de mai, une conférence tenue à Berlin entre la Rus- !-ie , l'Autriche et l'Allemagiie chercha des mesures plus efficaces pour la protection des chrétiens. La France et l'Italie y adhérèrent mais l'Angleterre se tint à l'écart. Vers le même temps, le vieux parti turc conspirait contre le grand-vizir, accusé d'être acquis à la Russie, et contre le sultan. Le grand-vizir fut congédié et un nouveau ministère fut formé ; néanmoins, le 30 mai, des soflas (étudiants) provoquèrent la déposition d'Abdul-Aziz ; son neveu, Amurath V, lui succéda et, le 4 juin, il annonça le suicide deson oncle. Amurath fut renversé du trône le 3), sous prétexte d'infirmités, et son frère le remplaça sous le irorn d'Abdul-Hamid II (né le 22 sept. 1842). Dans l'iiitervalle, l'opinion [uiblique en Angleterre s'était profondément émue des atr'oces massacres commis au mois de mai dans quelques dislrictsbulgares, oiis'étaient manifestés des mouvements insurrectionnels. La lutte continuait d'être très vive dans l'Herzégovine, surtout dans le voisinage de Gatchko et de Niksitch. Comptant sur les sympathies russes, la Serbie et le Monténégro déclarèrent la guerre à la Turquie au commencement de juillet. Les Monténégrins remportèrent des succès, mais les Serbes, commandés parle général russe Tchei'iiayeli. essuyèrent à plusieurs reprises de lourdes défaites, et, vers la fin d'octobre, ilétait évident que leur cause était désespérée et que le chemin de Belgrade était ouvert à la Turquie. La Russie alors envoya un ultimatum à la Porte, et l'on conclut un armistice de deux mois, prolongé jusqu'au 1" mars 1877. Le 23 déc. 1876, une conférence des grandes puissances se réunit à Constantinople sous la présidence du général Ignatielf, ambassadeirr de Russie. Le même jour était pr'oclamée la nouvelle constilution sous les auspices du grand-vizir, Midiuil Pacha. Le 19 janv. 1877, le grand conseil turc rejeta les propositions de la conférence comme incompatibles avec l'indépendance de la Porte. La Russie concentra de grandes forces sur ses frontières méridionales, en Europe et en Asie, et, après quelques tentatives de négociations, déclara la guerre à la Turquie (24 avril). Aussitôt, ses armées franchirent les frontières, et le Monténégro reprit les hostilités ; la Serbie restait neutre. La Roumanie conclut m\a convention militaire avec le czar, puis proclama son indépendance et fit franchir le Danube à son armée. En Russie, dès le début de la campagne, le grand-duc Michel poussa au cu^ur de l'Arménie turque. Bayazid et Ardahan furent prises, le siège mis devant Kars et Ratoum; et Erzeroum menacée par trois colonnes convergentes . Le général turc , Mukhtar Pacha, battit en retraite, il réussit cependant à refouler la colonne de gauche, et repoussa à Zevin l'attaque faite contre ses positions, par la colonne centrale, sous le général Mélikoff (25 juin). Toute l'armée russe recula; le siège de Kars et celui de

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Baloum furent levés, et Bayazid retomba aux mains des Turcs. Plusieurs cdnilial? se livrèrent en juillet et en août ù l'K. de Kars, dont i'is^ue fut généralement favorable aux Turcs qui entrèrent à leur tour dans l'Arniénie russe. Cependant un mouvement insurrectionnel, qu'ils avaient provoqué dans le Caucase, où ils prirent Soiiidioum et Kalé, fut étoulle En Europe, les Russes parvinrent, à la fin de juin, à franchir le Danube en deux (Midroils, près de son embouchure, où ils s'avanceront dans la Dobrudja, et à Sistova, au-des<us de Roustchouk (2(i-27 juin); de là, les deux armées principales, commandées par le prince héritier et par le grand-duc Nicolas, entrèrent dans la Bulgarie centrale, accompagnées du czar en personne. Tirnova fut occupée, Nicopolisprise, Roustchouk assiégée. Une colonne, sous le général Gourko, franchit les Balkans par le pas de Khan, occupa le passage plus important de Sbipka. et se répandit dans la vallée de la Tunja. Méhérnet- Ali Pacha, fut alors donné pour successeur à .Abdul-Kerim , dans le commandement en chef. L'armée de Soliman Pacha, arriva du Monténégro, et Osman Pacha s'avança de \Yidin jusqu'à la Vid. C'est là, à Plevna, que le^ Russes éprouvèrent, pendant la seconde pai'tie de juillet, des échecs répélés, aboutissant à une grande défaite a la fin du mois. Les Tui'cs prirent à leur tour l'oll'ensive. Soliman Pacha chassa Gourko de la Roumélie, et une lutte terrible, qui dura huit jours, s'engagea pour la possession du défilé de Sbipka, qui resta aux Russes. M hémel-Ali, chassa le prince héiitier de toutes ses positions en face de Roustchouk, de Razgrad, de Sliumla, et d'O.Nman-Bazar. Au commencement de sept., le grand-duc Nicolas et les lioumains, commandés par leur prince, attaquèrent Plevna, qu'Osman Pacha défendit vigoureusement. Pour la suite de la guerre russo-turque et pour la paix (|ui la termina, voy. Russo-Tunc et Beulin. La Turquie, démembrée par le traité de Bei-lin [13 juillet !ST8), dut encore abandonner Chypre à l'Angleterre, sa protectrice. Ruinée pai' la guerre, et incapable de payer l'intérêt de son énorme dette, elle prit des arrangements avec ses créanciers en 1881. Presque en même temps, la suzeraineté de la Tunisie lui échappait, et il lui fallut souscrire à l'occupaliou de l'Egypte par les Anglais, qui finiront, sans autre secours que l'adresse de leur diplomatie, par hériter de la meilleure part des dépouilles de ce moribond.

LlSTR DES SULT.^NS OTTOMANS.

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poids et mesures do Fiance, avec les anciens noms des poids et mesures turcs. Ce qui a produit une grande confusion. Ces noms sont :

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Ii99.

Olhman.

Orkaii.

Amu.at 1".

Bajajell".

i4ui.

Soliman 1".

i4IO.

Musa-Clalebi.

Mahomet 1".

Aniurat U.

Mahomet il.

i4àl.

Bajazet If,

l.îli.

Selim 1'.

Soliman 11.

Sélim H.

Amurat lll.

lô'.iô

Uahomet III.

Achmct 1".

Must.pha I-.

Olhniaii II.

iOîi

Mustapha 1° iH fois).

Aniural IV.

Ibrahim.

Mahomet IV.

Soliman 111.

Achmet II.

Mustapha 11.

AchemetllI.

Mahmoud l'i.

Olhman III.

Mustapha lit.

Abdul-Hamid I'

Sélira m.

isor.

Mustapha IV.

Mahmoud II.

Abdul-Midjid.

Abdul-Aziz.

Amurat IV.

Abdul-Hamid II

Olic = kilogr.

t!alman= 10 kilogr Canl.nr = 100 kilog) Trhiïki = l.onO kilc Chinik = décalitre.

Kileh =^ hectolitre.

Evlck = are. Djeril -- hectare.

Aichin ^^ mètre.

Nul = kilom.

Farsang = 10 kilom.

— Mo.NNAiES. On compte par piastres 1=40 paras = 100 aspres. Il existe : en or, des pièces de 2.Ï piastres =z 3 fr. 70 ; de 50 piastres z= I I fr. 40 ; de 100 piastres = 22 fr. 80; de 250 piastres = 56 fr. 99 et de .'iOO piastres =: 113 fr. 97. En argent, des pièces d'une demipiastre = 0 fr. U ; la piastre = 0 fr. 22 ; des pièces de 2, de 5, de 10 et de 20 piastres = 4 fr. 44. — La bourse d'or vaut 30,000 piastres ; la bourse d'argent vaut oUJ piastres. Le medjidié uu livre turque vaut 100 piastres.

— Poids et mesures. En mars 1S82, les poids et mesures des Turcs ont été assimilés aux

Langue et Littérature Turques. — Les

idiomes parlés par le< dilt'érentes tribus d'origine turque ou tartare forment une des divisions principales de la grande famille ouralo-altaîque ou touranienne. Les dialectes tartare^ sont pour la plupart remarquables par la pauvreté de leur vocabulaire; trois ou quatre comme l'ouigour, le jairatai ou turc oriental, et l'osmanli, qui est la langue de la Turquie, ont reçu une culture littéraire. De ceux-ci, le turc osmanli est de beaucoup le plus important. Il a des particularités qui résultent naturellement de sa situation et desa culture sous la puissante influence de l'arabe et du persan; il présente le remarquable et unique spectacle d'une langue formée de matériaux dérivant des familles touranienne, sémitique et aryenne, au détriment de son caractère original. Ceci est surtout vrai de la langue littéraire: l'idiome vulgaire est plus purement turc. L'osmanli s'écrit ordinairement avec l'alphabet arabe qui lui est excessivementmal approprié. L'alphabet arménien, beaucoup plus capable de le figurer, s'emploie aussi quelquefois, lia neuf voyelles: quatre dures: ao u (oji) et un i guttural particulier; et cinq douces : &{a bref se rapprochant de é), e, i, o; (eu) et ti. Les consonnes sont : y, r, /; îir/, îî, m; s,z, sh, zh; kh, gh, f, v; k, g, f, d, p, 6; h, et les composés tch, j. Les changements grammaticaux se font par agglutination. Il n'y a pas d'article proprement dit, ni de genre pour les noms. Le pluriel se marque par lar ou 1er. Les dix premiers nombres sont : bir, iki, ùtch, dort, besh, elti, yedi, sckiz, dokoiiz, on. L'affixe m/isert à former les nombres ordinaux. Les affixes verbaux usités dans la conjugaison sont très nombreux et forment, en théorie, jusqu'à 36 thonifs avec une seule racine, chacun se conjuguant comme laracine simple, ex. : de sei;mek, aimer (mek est l'affixe de l'infinitif), \ienncnl sev-il-me-mek, n'être pas aimé, sevder-il-mek, être amené à aimer, etc. — Littérature. La littérature la plus ancienne sortie d'un des idiomes turcs est celle des Ouigours, branche orientale et éloignée delà famille. Les détails manquent sur son compte. La littérature turque orientale d'une plus récente période, celle qui s'est produite au delà de la mer Caspienne, estd'ordinaire désignée sous le nom de littérature jagataienne, du nom donné au pays à 1 E, de l'Oxus dans Je partage de l'empire mongol. Son époque la p us florissante va du temps de Tamerlan (|4U0) à celui de Baber (mort en laSOl. L'auteur le plus admiré de celte période est Mir Ali Shir, vizir du sultan Hussein. Le sultan Baber a écrit avec simplicité et naturel des mémoires sur sa vie et son temps. Les travaux astronomiques rédigés àSamarcande, sous le patronage d'Oulough Beg (moil en 1449) méritent d'être cités bonorablement. — La littérature des Turcs occidentaux ou osmaulis est excessivement riche. Elle imite surtout les modèles persans, mais aussi quelquefois l'arabe. Parmi les grands noms de la première époque de cette littérature, on remarque ceux de Sheikhi, le poète romantique, de Solyman Tchelebi, et de Nesimi, le libre-penseur. .Mais le xvr siècle est l'époque la plus florissante. Meshihi, poète élégiaque renommé, et Kemal Pacha Zadeh, qili s'exerça avec un égal succès en dill'éreuts genres, mais surtout en histoire et dans la jurisprudence de l'Islam, écrivaient au commencement de ce siècle. En histoire, outre

esauteurs généraux et indépendants, lelsque Mohammed Efl'ondi, Bctchevi, et Hadji Khalfa la série des historiographes officiels et des annalistes nationaux qui commencent avec Saad ed-Din, mérite une mention spéciale. Saad ed-Din écrivait sous Soliman II ; il a raconté l'histoire de la naissance et de la croissance de la puissance turque jusqu'en 1326. Aiirés lui, on trouve Naima, Rechid, Izzi et Vasif. A la même époque appartient Lami'i, un des écrivains turcs les plus estimés, en prose et en vers. Fasii (mort en 1563) se distingua par la profondeur de la pensée et la tendresse du sentiment. Muis lagrande gloire du siècle est Baki, recon.iu le prince des lyriques grecs, qui mourut liés âgé en 1600. Ceux qui méritent le plus d'être nommés parmi les auteurs du xvii' siècle sont : Nebi^ le plus grand poète du temps; Nefi, le premier des satiriques turcs; Naima, l'historien, et Hadji Khalfa, historien, géographe, biographe et encyclopédiste. Au xviii" siècle, il en est peu qui soient dignes d'une mention particulière : nous nommerons seulement Said Rufet Elfendi, Ani Elfendi, et Pertev EU'endi, qui sont les poètes les plus estimés. La presse fut introduite à Constantinople au commencement du xviii" siècle. Parmi les œuvres originales publiées récemment, citons une histoire des sultans turcs par Hajruhali Efl'endi (1854 et s.), les travaux biographiques de Resnu Ahmed EU'endi et Eaik (I8.Ï3), les relationsde voyage de Mehemed Khurshid EU'endi (1861) et le's écrits du prince Saubti's sur la numismatique (1862). — Bibliogr.

Boue (Ami), La Turquie d'Europe (Pans, i voL in-8», 1840), WtwichVxag, L'Empire de Turquie d'après ses derniers traites (Bruxelles, ■l8o9); Iskender, La Dette ottomane (Constantinople, 1872); Millingun, La Turquie sous le régne (i'Ahdîd-Aziz (Paris, I86S); Paoli (Sim.), La Turquie devant l'Europe (Paris, 1868); Perrin (D'' T.), L'hlamisme., S07i institution, son influence et son avenir (Paris, IS78); Heolus (Elisée), Géographie universelle (Paris, 1876, I" vol.); Tchihatchet, Lettres sur ta T((r(/uj'(; (Bruxelles, 1859); Uhicini (A.), Lèpres sur la Tui-quie {Psins, ISoS, :' vol. in-S»), etc.

*TURQUIN adj. m. (ital. Itirchino; àeturco,

turc). Ne s'emploie qu'avec Bleu, et signifie, foncé, couvert : taffetO.s bleu twquin.

•TURQUUISE3.f.(rad.T«rc).Pierreprécieuse qui e^t de couleur bleue, et qui n'est point transparente. Turquoise de la vieille rochk, turquoise tirée d'une mine ancienne. — La turquoise est un phosphate hydraté naturel d'alumine, très estimé comme pierre précieuse. Les plus belles turquoises se trouvent dans les montagnes avoisinant Nishapuur, dans le Khorassan (Perse). La couleur ea varie depuis un vert bleuâtre d'une teinte particulière, jusqu'au bleu azur et au blanc.

TURREAU DE GARAMBOUVILLE ( Louis -

Marie;, générai, né a Evreux en I7a6, mort en islb. Maire desa viile natale en 1789, il marcha aux frontières à la tête du bataillon de l'Eure, fut fait colonel et chargé de la défense des côtes de la Rochelle. Le comité de Salut public le créa général de division et lui donna le commandement de l'armée de l'Ouest ; il défit Charette et La Roche.jacquelein à Montevrault et fut arrêté après le 9 thermidor. Rendu à la liberté, il servit sous Masséna (1799), se distingua à Marengo, obtintle gouvernementmilitaire du Piémont, s'opposa à l'élévation de Bonaparte à l'Empire, fut alors envoyé comme ambassadeur aux Etats-Unis, d'où il ne revint qu'en 1810. Il prit une part active à la campagne de 1813 et quitta le .service à la seconde Keslauratiou. 11 a laissé des lUémoi'res pour servir à l'histoire de la guerre de Vendée (1815, in-8°).

TORRETIN ou Turretini l. (Fba.nçois;.

théologien suisêie, lié en 1623. motl 0lH687,

TUTE

II fulprofesseurde Ihéolog-ie à Genève. Ses /«stituliones theologiso Elenchticx (1679-'8o) sonl une des expositions les plus claires des doctrines calvinistes. On a recueilli ses œuvres on 4 vol. in-4° (1688). -II. (Jean Alphonse), ffin fils, né en ie7l, niorlen 1737. Professeur d'histoire ecclésiastique à Genève, il a publié Euriti, sur la vérité de la reliijioyi judaïque et de la religion chrétienne (5 vol.), etc.

TORRIERS, ch.-l decant., arr. età42kil.

N.-E. dr Sisteron (Basses-Alpes); 443 hab.

TUSCALOOSA [teuss'-ké-lou'-sa], ville de l'état ii'Alahania (Etats-Unis) et capitale de l'état (de IS26 à 1846). sur le lilack Warrior, à l'endroit où il commence à Être navii/alile pour les bateaux à vapeur, à IbO kil. N.-O. de Montf-'omery ; 6,500 hab., dont787 de couleur.

TUSCARORAS, tribu d'Iroqiiois, qui s'établit dans la CHioline du iSord. Vers 1700, ils avaient lo villaf,'es et 1,200 guerriers. Sétant révoltés contre les blancs, ceux qui ne lurent pas ex termines s'enfuirent au Nord, où ilss'établirent comme sixième nation dans la lifiue iroquoise. Dans les guerres avec les Français, ils servirent les An^'lais. Pendant la f^uerre d'indépendance, ils prirent parti pour le congrès. Kn 1876, il y avait encore 412 Tuscaroras dans l'état de New-York, sur une réserve près du ÎNiagara. Il y en a un cerlain nombre au Canada.

TUSCULUM, auj. Frascati, ville de l'ancien Latium (Italie), au milieu d'un pays délicieux, que les riches Romains couvrirent de villas. Ce fut là que le grand orateur romain Cicéron composa ses Tusculanes. — De cette antique et gracieuse cité il ne reste plus aujourd'hui que des ruines.

TUSCUMBIA, ville de rAlabama(Etats-Cnis), à 3 liil. S. de la rivière du Tennessee, et à environ iSO kil. N.-N.-O. de Montgomery; 1,214 hab. dont 450 de couleur.

TUSSlCULATIONs.f. (rad. lai. tussis, toux). Pathol. Petite toux sèche caractérisée par de petites sei'ousses.

'TUSSILAGES, m. (lat. tussis, toux; ago, je chasse). Hot. Genre d'astéroïdées eupatoriées, Uout l'espèce type, appelée vulgairement pas-c^dne (<wssî/u^o/'ar/'ara), croît dans les tei-rcs argileuses de toute lEurope. Ses Heurs, d'un jaune d'or, groupées en capitule solitaire à l'extrémité d'une hampe cotonneuse, paraissent au printemps, avant la formation de ses feuilles; on les emploie en infusion théiforme dans les irritations légères de la membrane des bronches. Il faut avoir soin de passer finement cette infusion, à cause des soies de la fleur.

TUTAMINAL, ALE adj. Qui se rapporte àla tutaminiihoi).

TUTAMINATION s. f. (lai. tutamen, protection;. Auat. Protection, en parlant de certains appareils naturels servant à protéger les organes.

* TUTÉLAIRE adj. (lat. tutelaris). Qui tient sous sa garde, sous sa protection : un Dieu IrUéiairc.

" TUTELLE s. f. (lat lulela). Autorité donnée conforniénient à la loi, pour avoir soin de la personne et des biens d un mineur, ou d'un interdit : leuforxle est chargé de leur tutelle. — Etre dispensé de la xuiiiLLE, se dit de ceux que la loi dispense d'être tuteurs ou curateurs. On dit de même, Etrk exempt de tutelle ET DE CURATELLE, elc. — TUTELLE OFFI- CIEUSE, protectiou légale accoraéeà un enfant mineur par une personne qui se propose de l'adopter, lorsqu'il sera devenu maieur. —

Ces ENFANTS SONT EN TUTELLE, SONT HORS DE TU- TELLE, ils sont encore, ils ne sont plus sous l'autorité d'un tuteur. — Fig. Il est en tutelle, COMME en tutele; on le tient en tutelle, se dit d'un homme qui est L'èné et

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contraint par ([uelque personne qui a pi'is une grande autorité sur lui, en sorte qu'il ne peut pas faire librement ce qu'il veut. — Prolection : les citoyens sont sous la tutelle des lois. — Législ. « La tutelle est une charge personnelle etgratuite qui consiste à prendre soin de la personne et des biens d'un incapable cl à le représenter dans les actes de la vie civile. Sont soumis à la tutelle : Pies enfants mineurs, après le décès de leur père ou de leur mère, et jusqu'à leur majorité ou leur émancipation; 2" toute personne interdite judiciairement (voy. Intebdiction); 3» pour la gestion de ses biens seulement, tout individu qui, ayant été condamné soit à une peine aflliclivo perpétuelle (L. 31 mai 18o4, art. 2), soit à la déportation (L. 8 juin ISoO, art. 3), soit aux travaux forcés à temps, à la détention ou à la réclusion, se trouve pendant la durée de sa peine en élat d'interdiction légale (C. pén. 29); 4° les enfants mineuis [ilacés sous une tutelle officieuse (C. civ. 3<)o); 5° le grevé de substitution, pour ce qui concerne l'exécution de la substitution (id. 1055 et s.). (Voy. SuB-TiTUTioN.) — Il y a, pour les enfants mineurs, plusieurs espècesde tutelle. La TUTELLE légale proprement dite, appartient de droit au survivant des père et mère. Les pouvoirs de la mère, comme tutrice légale, peuvent être restreints, en vertu de la volonté exprimée par le père, lorsque celuici a dé>igné, dans son testament ou par un acte autlienlique, un conseil composé d'une ou de plusieurs personnes et sans l'assislance desquel les la tutrice ne peut faire, soit certains actes, soit aucun des actes relatifs à la tutelle. La mère n'est pas tenue d'accepter la tutelle ; mais, si elle la relusc, elle doit en remplir tous les devoirs jusqu'à ce qu'elle ait lait nommer un tuteur. Dans le cas où la mère tutrice veut se remarier, elle doit, avant le mariage, faire décider par le conseil de famille si la tutelle lui sera conservée, et à défaut de cette convocation, elle perd la tutelle de plein droit. Lor.-qiie la tutelle est conservée àla mère, son second mari devient coluteur du mineur et par suite solidairement re-ponsable de la gestion postérieure au mariage (id. 389 à 396). — La tutelle testamen- TAiiiE est celle qui est déférée par le dernier mourant des père et mère à un parent ou à un étranger, soit dans un testament, soit par déclaration faite devant le .luge de paix ou devant notaires. Cette faculté de déférer la tutelle est retirée par la loi dans certains cas; elle est toujours enlevée à la mère survivante et remariée, lorsque celle-ci n'a pas été maintenue en possession de la tutelle légale (id. 397 à 401). — La tutelle DES ASCENDANTS est, comiiie celle des père et mère, une tutelle légale. Lorsque les deux tutelles précédentes font défaut, la tutelle des enfants mineuis appartient de droit à l'aieul paternel; à dçfaut de ce'ui-ci, à l'aieul maternel; et ainsi en remontant, de manière que l'ascendant paternel soit toujours préféré à l'ascendant maternel du même degré' (id. 402 à 404). — La tutelle dative est celle qui est déiérée par le conseil de famille, lorsqu'il s'agit : l" d'un mineur non émancipé, resté sans père, ni mère, ni tuteur élu par ses père et mère, ni ascendant mâle en élat d'être chargé de la tutelle; 2» d'une personne interdite judiciairement ou en élat d'interdiction légale (id. 40.t et s.). Le conseil de famille est convoqué par le juge de paix, soit doflice, soit sur la réquisition d'un pa.rent, d'un créancier ou de toute autre personne intéiessée, et il est appelé à délibérer dans les formes prescrites par la loi. (Voy. Conseil.) — Lorsqu'un mineur domicilié en France possède des biens dans une colonie française, ou réciproquement, le conseil de famille nomme pour radminislration spé::iale de ces biens, un second tuteur qui est indépendant du premier et que l'on désigne sous

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le nom de proluteur. — La tutelle des enfants assistés mineurs (trouvés, abandonnés ou orphelins) est attribuée par la loi à la commission administrative de l'hospice auquel ils appartiennent. L'un des membres de cette commission remplit les fonctions de tuteur, et les autres forment le conseil de famille (L. VA pluviôse, au XIII). — La tutelle d'un interdit est soumise aux mômes règles que la tutelle des mineurs, soit que l'interdiction ail été prononcée par un jugement passé en force de chose jugée, soit qu'il s'agisse d'un condamné en état d'interdiction légal e. — Le mari est de droit le tuteur de sa femme interdite; mais la femme ne peut êlre la tutrice de son mari que si le conseil de famille lui confè-e cette charge (C. civ. aOo et s. ; G. pén. 29ets.).— On donne le nom de tuteur ad hoc à celui qui est nommé par le tribunal pour représenter un mineur dans une allaire déleiminée. par exemple dans le cas où le père a introduit une instance en désaveu de paternité (C. civ. 3 18). — La charge de la tutelle est obli;.'atoire et ne peut être refusée. Cependant sont dispensés de la tutelle, c'est-à-dire peuvent la refuser ou s'en faire décharger, savoir : i° certains fonctionnaires désignés par les lois; 2" les militaires en activité de service ; 3» tout citoyen, non parent ou allié du mineur ou de l'interdit, dans le cas où il existe, dans la dislance de 4 myriamèties, des parents ou alliés en état "de gérer la tutelle; 4° tout individu qui est âgé de 63 ans accomplis au moment où la tutelle lui est déférée, ou de 70 ans en cours de sa charge de tutelle; b» toute personne atteinte d'une infirmité grave et dûment jusliliée; 6° tout individu qui se trouve déjà chargé de deux lutelles, ou qui, étant époux ou père, est chargé d'une lui elle (à moins qu'il ne s'agisse de prendre la tutellede ses propres entants); 7" toute personne ayant cinq enfants légitimes vivants; les enfants morts eq activité de service sonl comptés comme s'ils existaient, et il en esl de même des enfants décèdes qui ont laissé des descendants vivants. Ces dillérentes causes de dispense de la tulelle doivent être proposées au conseil de famille par le tuteur lui-même, s'il est présent à la délibération. S'il en était absent, il doit, dans les trois jours de la notification qui lui est faite de sa nomination, requérir une nouvelle convocation du conseil de famille pour lui proposer ses excuses. Dans le cas où le conseil les rejette, le tuteur peut se pourvoir devant les tribunaux; mais il est tenu d'administrer provisoirement la tutelle pendant le litige (id. 427 et s.). Sont b\capubles d'être tuteurs : 1° les mineurs, excepté le père ou la mère; 2° les interdits; 3° les femmes, à l'exception de la mère et des ascendantes, et sauf, pour la tutelle d'un intirdil, sa femme légitime (id. b07); 4° tous ceux qui ont ou dont les père et mère ont avec le mineur un procès dans lequel l'état de ce mineur, ou sa fortune, ou une partie notable de ses biens sont compromis. Sont exclus de la tutelle : 1° les individus qui ont encouru une peine aftlictive ou infamante; !•> ceux qui ont été privés par un jugement correctionnel du droit d'être tuteurs, sinon de leurs enfants lorsque le conseil de famille les maintient dans cette tutelle; 3° les gens d'une inconduiie notoire; 4° ceux dont la gestion atteste l'incapacité ou l'inlidélité. Les deux dernières causes d'exclusion pernietleiil au conseil de famille de prononcer la deititution d'un tuteur en exercice (id. 442 a 449 ; C. pén. 42, 0°). — La tutelle oFiiciEUSE est une charge volontaire qui est contractée de la manière suivanle. Toute personne âgée de plus de '60 ans , sans enfants ni descendants légitimes, et qui veut s'attacher un mineur de moiiif de 15 an3 et en prendre la tutelle, en s'obligeant à le nourrir,

TUTE

à l'élever et à le mettre en état de gagner «a vie, peut être investie du titre lég-ai de tuteur officieux dudit mineur. Cette personne doit préalablement obtenir le consentement des père et mère de l'enfant ou du survivant d'eux, ou, à leui- défaut, du conseil de t'ainille. Si l'enfant n'a pas de parents connus, le consentement est donné par les administrateurs de riio-pice auquel il appartient, et s'il n'appartient pas à un hospice, le consentement est donné par la municipalité du lieu de la résidence. Un époux ne peut devenir tuteur officieux sans le consentement de son conjoint. Le juse de paix dressé procès-verbal des demandes et des consentements relatifs à la tutelle oflicieuse ; et c'est là un contrat de bienfaisance qui permet au tuteur olficicux d'adopter son pupille, soit daus les formes oi dinaires de l'adoption, si celui-ci y consent à l'âge de sa majorité, soit même avant cet âge par testament, lorsque la tutelle a duré cinq années au moins et que le testateur ne laisse pas de descendants léi:itimes {0. civ. 361 et s.). — L'autorité dévolue au tuteur, quel qu'il soit, sur la personne du mineur est moins étendue que celle du père. (Vov. Puissance.) Les devoirs de tout tuteur consistent : à faire convoquer le conseil de famille du mineur ou de l'interdit, pour faire nommer un subrogé-tuteur fvoy. Slbrogéi ; à requérir, dans les dix jours de sa nomination, la levée des scellés, s'il en a été apposé; à faire procédera l'inventaire des biens de sou pupille, en présence du subrogé-tuteur; à faire vendre aux enchères les objets mobiliers que le conseil de famille ne l'a pas autorisé à conserver en nature, ou, s'il en a la jouissance légale, à faire estimer ces objets par un expert choisi par le subrogé-tuteur (id. -ioO et s. . Il doit aussi, dans les trois mois qui suivent l'ouverture de la tutelle ou de la mise en possession des titres, se conformer a la loi du -27 février fSSO, en faisant convertir en titres nominatifs les titres au porteur qui appaitiennent à son pupille et dont le conseil de famille n'a pas cru l'aliénation nécessaire ou utile; et il doit dans le même délai, faire emploi des capitaux disponibles. Le tuteur fait seul tous les actes d'administration concernant la per.-onne ou ies biens de son pupille; mais il doit, pour les autres actes, être autorise par le conseil de famille. Dans certains cas, cette autorisation doit être homologuée par jugement, notamment lorsqu'il s'agit, soit d'emprunter pour le mineur ou l'interdit, soit d'aliéner ou d'hypothéquer ses biens immeubles (C. civ. 437 et s., 1.3)4; C. pr. 8.s i et s. 933 et s.) Le tuteur ne peut se rendre acquéreur des biens de son pupille, ni accepter la cession d'aucun droit contre lui; mais le subrogé-tuteur peut, avec l'autorisation du conseil de famille, passer bail au tuteur des biens du pupille (C. civ. 450, 1596 . — Tout tuteur doit rendre compte de sa gestion, savoir : au mineur, lorsque celui-ci a atteint l'âge de majorité ou a été émancipé; et à l'interdit lorsque linlerdiction a cessé. En cas de décès du pupille, le compte est rendu a ses réprésentants. Aucun tiaité ne peut intervenir entre le tuteur et son pupille, et aucune décharge de la tutelle ne peut être donnée, avant qu'il se soit écoulé un délai de de dix jours depuis le moment où l'ayant droit a reconnu, par un récépissé, avoir été nus en possession du compte détaillé de la tutelle et des piècesjustitica'tives. Le reliquat dû par le tuteur porte intérêt, de plein droit, a compter de la clôture du compte. Toute action du pupille contre son tuteur relativement aux faits de la tutelle se prescrit par dix ans à compter de la cessation de la tutelle (C. civ. 3;0, 469 à 475; C. pen. 3u). Les immeubles d'un tuteur sont grevés d'une hypothèque légale pour la i;aranlie de sa gestion (C. civ. 2121) et c'e'it an subroge

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