VAUD
suivant Boileau, qui dit, après avoir donné les règles de la satire :
D'un trait de ce poème, en bons mots si fertiles, Le Français, né malin, forma le vaudeville. Agréable, indiscret, qui. conduit par le chant. Passe de bouche en bouche, et s'accroît en marchant. La liberté française en ces vors se déploie; Cet enfant de plaisir veut naître dans la joie. Art poétique.
— Vers le commencement du xviu^ siècle, des couplets fui ent admis dans les pièces du théâtre b'ger, et l'on s'habitua peu à peu à donner le nom de vaudevilles à ces pièces mêmes.
* VAUDEVILLISTE s. m. Celui qui écrit des vaudevilles pour le théâtre. Nos principaux vaudevillistes ont été : Fuselier, d'Orneval, Piron, Vadé, Favart, Le Sage, Piis, Barré, Radet, Dieulafoy, Desfontaines, Désaugiers, Rougemont, Dumersan, Dupaty, Merle, Dupin, Mélesville, Garmouche, Scribe, Brazier, Rochefort, Bavard, Saintine, etc.
* VAODOIS, OISE s. Membre d'une secte chrétienne d'Italie qui parut au xil^ siècle. On fait communément dériver le nom de cette secte de Petrus Waldus,ou Peter Waldo, ou Pierre de Vaux, opulent bourgeois de Lyon (vers 1 170), que l'on regarde comme son fondateur. En lisant la Bible, il fut pris d'un ardent désir de ramener l'Eglise à la pureté primitive et apostolique; il donna tous ses biens aux pauvres, se mil à prêcher et réunit une masse d'adhérents Les vaudois devinrent nombreux dans les vallées du Piémont, uù, comme ailleurs du reste, ils eurent à subir des persécutions qui ne se relâchèrent qu'à de rares intervalles pendant le xvi^ et le xvii" siècle. En 1680, une armée de Français et d'Italiens les attaqua : 3,000 périrent; 10,000 furent jetés en prison, el 3,000 de leurs enfants distribués, dans les villes el villages catholiques. Des milliers quittèrent leurs vallées pour se réfugier en Suisse, en Hollande, dans le Brandebourg, la Hesse et le Wurtemberg. En 1848, la Sardaigne leur garantit une complète liberté religieuse et l'égalité des droits civils et politiques. Ils ont depuis organisé de nouvelles congrégations dans toute l'Italie. Par la doctrine el la constitution de leur Eglise, les vaudois se rapprochent plus de l'Eglise réformée de France que d'aucune autre. Ils reconnaissent la Bible comme seule règle de leur foi, el croient que leur « Profession de foi « de 1655 est la plus fidèle expression de la théologie biblique,
VAUDOU s. m. Culte des nègres aux Antilles. D'après quelques auteurs, le vaudou serait la plus étrange des superstitions que l'Afrique ail importées en Amérique et particulièrement à Haïti, Mais cette opinion est fausse. Le vaudou n'est autre chose que le votau, dieu-serpenl adoré par les indigènes des Antilles au moment de la conquête par les Européens. Les noirs recrutés en Afrique, trouvant celte religion du dieu-serpent encore en vigueur chez les débris de la race vaincue, l'adoptèrent avec d'autant plus d'empressement que la vénération des serpents existe en Afrique. Les vaudoux de Haïti forment un société secrète, dont les membres ne cessent pas, pour cela, de pratiquer avec ferveur el sincérité le culte catholique. Ils considèrent leur dieu, Vaudou, comme une sorte de sous-dieu protégé par celui des chrétiens. Ce Vaudou est symbolisé par une couleuvre confiée à la garde d'un grand-prêtre (le Papa-Loi), ou d'une grande prêtresse (la Maman-Loi), dans un temple nommé le Huumfor. Cette couleuvre nourrie à discrétion de lait et de poulets, atteint souvent la grosseur d'un boa. Les prêtres (houugans), les initiés ordinaires (houssi-francs) et les initiés invulnérables (houssi-canzo) sont admis à la visiter. On l'invoque humblement pour la décider a sortir la tête du
VAUN
vase de terre cuite qui lui sert de demeure. Mais commi' les supplications ne suffiraient pas, on l'agace par le bruit monotone de tiges de fer frappées sur du fer. Les jours de grande cérémonie, on tue une poule noire et un cabri, dont les affiliés boivent le sang; apçès quoi la foule se livre à mille contorsions extatiques et pousse des cris efi'royables. On prétend que ces fêtes sont terminées par le sacrifice de petits enfants dont les prêtres se partagent les membres sanglants dans un horrible repas.
VAUDREUIL. I. (Philippe de Rigaud, marquis dc\, homme de guerre canadien, né en France vers 1641, mort en iTio. Il alla en Amérique en 1687; en 1698, il devint gouverneur de .Montréal, et, en 1703, gouverneur général du Canada. Il fit la guerre aux Renards [l'oxes), obtint la neutralité des Iroquois, déjoua l'intluence anglaise dans l'O. et repoussa la flotte de sir Hovedea Walker.— II. (Pierre de Rigaud. marquis de], fils du précédent, né à Québec en 1698, mort en 1764. Gouverneur des Trois-Rivières en 1733, de la Louisiane en 1742, il fut nommé, en 17.53, gouverneur L'énéral du Canada. Après la victoire de Reaujeu sur Braddock, il éleva le fort Carillon (Ticonderoga)et mit garnison dans les forts de Frontenac, du Niagara et de Gaspé. Québec perdu, il essaya vainement de la reconquérir et finit par rentrer en France. — III. (Louis- Philippe DE Rigaud, tnarquis de), neveu du prfceuent, né en France en )72i. mort en !8U2. Officier de marine, il se distingua en plusieurs occasions, particulièrement dans la flotte de De Grasse, au combat qu'il livra à Graves, à la hauteur des caps de Chesapeake ; dans la rencontre avec Rodney, le 12 avril 1782, il sauva une partie de la flotte, dont toute son escadre. Il fut membre de l'Assemblée constituante, défendit la famille royale les 5 et 6 oct. 1789, el se retira en Angleterre.
VAUGELAS (Claude Favre de) [vô-je-là], éminent grammairien, né à Meximieux en ISsii, mort en 16.o0. H a publié Remarques sur la langue française (Paris, 1647), ouvrage qui a contribué à fixer noire langue et dont la meilleure édition est celle de 1738 (3 vol. in-12). Vaugelas fut chambellan du duc d'Orléans. L'un des fondateurs de l'Académie française, il a été l'un des principaux collaborateurs du premier Dictionnaire de celle sociuté. Il a laissé une traduction de Quinte- Curce. raw^/»an (Cardinal). (V. S.)
VAUGIRARD, vallis Gerardi , ancienne comni. du dép. de la Seine, aujourd'hui comprise dans le XV° arr. de Pans.
VAUGNERAY, ch.-l. de cant , arr. et à 14 kil. 0. de Lyon (Rhône); 2,100hab.
VAUJOURS, village du cant. de Gonesse, arr. et u 4S kil. S.-O. de Pontoise (Seine-ct- Oise'i ; 1 ,600 hab. Beau château qui appartint a Mi'= de la Vallière.
VAULABELLE. I. (Achille Tenaille de), historien et homme politique, né à Châtel- Censoir (Yonne) en 1799, mort le 24 mars 1879. U devint rédacteur en chef du National à Paris, en 1838, membre de l'Assemblée constituante en 1848, et ministre de l'instruction publique. Le plus important de ses ouvrages est ['Histoire des deux liistaurations (3° édil. i86i, 8 vol.). — II. (Eléonore de), frère du précédent (1802-'-j9, a écrit M. de Similor en Californie (2° édit., 1856); il a, en outre, collaboré à des vaudevilles sous le pseudonyme de Jules Cordier.
* VAU-L'EAU (À), suivant le courant de l'eau. — L'affaire est a vau-l'eau, elle n'a pas réussi.
VAUNÉANT, ANTE adj. Qui est sans valeur.
VAUNKS, Voy. Segovia (Zt/o de).