VENE
pays. Les productions minérales sont : l'or, le platine, l'argent, le cuivre, les pierres précieuses, l'étain, le zinc, le plomb, le mercure, l'antimoine, le fer, le soufre, l'alun, le sulfate de magnésie, le gypse et le salpêtre. Ou fait beaucoup de sel en différents endroils de la côte. Le sol. k l'exception des régions sablonneuses de la côte et de^ hauts et arides pàramos, est presque partout d'une fertilité extrême. Au-dessous de 3,000 pieds viennent les palmiers dont les variétés sont presque aussi nombreuses que dans les forêts brésiliennes. Les bois des vallées centrales et le? immenses forêts de l'étal de Guayana fournissent une grande variété de bois'de charpente et d'ébénislerie. acajou, bois de rose, bois de satin, ébène noir et blanc, etc. Le véritable quinquina forme des forêts entières à des élévations qui varient de "2,700 à 4,"i00 pieds au-dessus du niveau de la mer. Le cimcho, ou arbre à caoutchouc, est abondant, de même que le bois de Brésil et autres arbres et plantes tinctoriales, le célèbre dividivi, les gommes, les résines, les épices et les plantes et herbes médicinales. La faune est la même que celle du Brésil. D'immenses troupes de bêtes à cornes, de chevaux, etc., errent à l'étal sauvage dans les plaines. On fabrique dans le pays des tissus de coton, des hamacs, des chapeaux, des cordages, des tapis d'e laine, des cigares et des cigarelles, des confitures et des parfums. Le café est le plus important article d'exportation ; les autres sont le coton, le cacao, le sucre, l'indigo, le tabac, le sel, les peaux, les bestiaux, le suif, les cornes, la salsepareille, et les bois de teinture et d'ébénislerie. — Parla constitution de 1864, le Venezuela est devenu une république fédérale sur le modèle des Etats-Unis. Le pouvoir exécutif est remis à un présidentélu pour quatre ans, assisté de six ministres pour l'intérieur et la justice, les affaires étrangères, les finances, les travaux publics, la guerre et lamarine et le crédit public. Le pouvoir législatif réside dans un congrès composé d'un sénat et d'une chambre des représentants, dent les membres sont députés par les chambres correspondantes de chaque état particulier. L'université de Caracas est fréquentée par 170 a 200 étudiants. La population suit la religion catholique, mais les autres cultes sont tolérés. — L'île de Margarita et la partie orientale de la côte du Venezuela furent découvertes par Colomb en 1498, et la côte tout entière par Ojeda et Vespuce en 1499. Eu entrant dans le lac Maracaybo, ils trouvèrent un' village indien bâti sur pilotis (chose commune dans cette région sujette aux inondations), et ils l'appelèrent à cause de cela Venezuela ou Petite Venise. Le premier établissement européen se fil à Cumana, vers 1520. Lorsque Napoléon, en 180^, fil son frère Joseph roi d Espagne, le Venezuela fut une des premières colonies espagnoles qui se déclarèrent pour l'ancienne dynastie; mais le 5 juillet 18H, le pays se proclama indépendant. En 181 "2, le traité de Victoria le fil rentrer sous la domination de l'Espagne; mais en 1813, il se révolta de nouveau sous le général Bolivar, et après une longue lutte el des succès divers, la république de Gûlouibie, embrassant la Nouveile-GrenaJe, le Venezuela, el l'Ecuador, fut établie en 1819. Les hostilités avec l'Espagne ne cessèrent entièrement qu'en l!i23. En 1829-'30, les trois états se séparèrent d'un commun accord, el le Venezuela adopta une nouvelle constitution. Pendant les quinze premières années, la présidence fut tenue successivement par le général Paez, le D' Vargas et le général Soublelte. Depuis l'arrivée du général José Tadeo Monagas au pouvoir exécutif, en 1846, jusqu'à celle du général Falcon en 1863, le pays fut constamment en guerre civile. Falcon, après plusieurs années de possession Iranquille du
vf:ni
pouvoir, fut déposé par une révolution dans laquelle Antonio Guzman Blanco prit une part active et qui ne se termina que lorsque ce dernier eut saisi les rênes du gouvernement en 1869. En 1873. il fut élu président, et, sous son autorité (l873-";7', le pays devint calme et prospère. Le général JoarAina Grespo fut élu président en avril 1884.(V. S.) VÉNÉZUÉLIEN, lENNE s. et adj. Du Vénézué a; qui appartient à ce pays ou à ses habitants.
■ VENEZ-Y-VOIR s. m. Chose qui mérite
attention. — Iron. C'est on beau venez-yvoiR. c'est peu de chose, c'est une chose qui ne mérite pas d'être remarquée.
• VENGEANCE s. f. Action par laquelle on se venge, ou par laquelle on punit : vengeance mémorable, éclatante, pleim' et entière.
— Désir de se venger : il a toujours la vengeance dans le cœur.
• VENGER V. a. {la.1. vindicare). Tirer raison, tirer sitisfaction de quelque iujure, de quelque outrdge, de quelque acte coupable. Se dit également en parlant des choses dont on veut tirer satisfaction, et dos personnes qii on regarde comme offensées: venger une injure.
Je ne voyais de loin que le pays vengi. ;
Ce que je vois do près, c'est un bomiuo égorgé.
PoNSARD. Charlotte Corday, acte IV, se. it.
— Se venger v. pr. Se venger de ses ennemis, d'un outrage, d'une injure.
' VENGEUR. GERES SE s. Celui, celle qui venge, qui punit : cetieoutrage, ce cnmenaura-t-il point de vengeur"! — Adj. Un Dieu oeJigeur. — Le Vengeur, nom d'un vaisseau de guerre français qui, lors du combat du l''"'juin 1794, se laissa couler plutôt que de se rendre aux Anglais.
• VENIAT s. m. [vé-ni-atl] (mol lat. signifiant: qu'il vienne) Cbancell. et Palais. Ordre donné par le juge supérieur à un juge inf^;rieur, de venir se présenter en personne, pour rendre compte de sa conduite : il a reçu un veniat.
•VÉNIEL, ELLE adj. (du lat. venia, pardon;. Qui peuL être pardonné. Ne se dit que des péchés légers, et qui. dans le langage des théologiens, ne font point perdre la grâce, par opposition à péchés mortels : commettre, faire un péché véniel, une offense vénielle.
' VÉNIELLEMENT adv. N'est usité que dan celte phrase, Pechek véniellement, qui signi fie, faire une taule légère, et qui se dit pal opposition a Pécher mortellement.
• VENI-MECUM s. m. Voy. Vade-Mecum.
• VENIMEUX, EUSE adj. Qui a du venin. Il signifie la même chose que vénéneux, avec cette dilléreiice que Venimeux ne se dit proprement que des animaux : le scorpion est vcnimtux. — Se dit aussi des choses que l'on croit infectées du venin de quelque dniiiial : on dit que ies herbes sur lesquelles le crapaud et la chenille ont i-assè sont venimeuses.
' VENIN s. m. (lat. ventr.um). Sorte de poison. Ne se dit guère que de certaines liqueurs qui sortent du corps de quelques animaux : venin dangereux, mortel. — Prov. et lig. A la QL'EUE LE VENIN, c'est souvenl à. la fin de» atlaires que l'on trouve le plus de difficulté. Morte la bèie, mort le venin, on n'a plus rien a craindre d'un ennemi mort. — Principe el action des maladies contagieuses: c'est un venin qui se communique. (Voy. Virus.) — ■ Rancune, haine cachée, raaligniié: vous avez bien du venin contre lui.
' VEiMIR v. n. [venire). Je viens, tu viens, il vient; 710US venons, vous venez, ils viennent. Je venais. Je vins. Je suis venu. Je viertdrai. Je viendrais. Viens, venez. Que je vienne. Que je vinsse. Venant. Se transporter, d'un lieu a un autre dans lequel est, était, ou sera celui
VENI
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qui parle, ou à qui l'on parle, ou dan= lequel se suppose celui qui parle : il est veîiuici, ou .simplement, il est venu. — Se dit aussi du mouvement qui se fait d'un lieu éloigné à un lieu plus proche de celui qui parle : il csl venu de Rome à Lyon, et du mouvement qui se fait d'un lieu éloigné au lieu où est celui qu'on fait parler : César ordonna à Lahiénus de le venir joindre. — Arriver au lieu où est celui qui parle : quel jour vient le courrier'!
— Se dit, quelquefois, du mouvement qui se fait d'un lieu proche à un lieu éloigné; mais seulement lorsque celui qui parle invile un autre à l'accompajiner : je m'eyi vais à Rome, voulez-vous venir avec moi? — Fig. Je le verrai venir, il faut le voir venir, je verrai, il faut voir ce qu'il fera, quel est son dessein. On dit aussi, Je vous vois venir, je devine ce que vous pensez, ce que vous allez faire ou dire. — L.iissEZ venir, voir venir. attendre, ne se pas presser : laissons-le venir ut nous verrons quel parti nous devons prendre.
— Faire ve.mb quelqu'un, le mander, lui donner ordre ou avis pour qu'il vienne. — Venir de faire une chose, avoir fait une chose depuis très peu d'instants.
Contre son colonel ,
Il vient dirnièrenicnt de se battre en duel
Colin d'Harlbvillb. Monsieur de Crac, se. ivi.
— Se dit aussi des choses inanimées. Dans ce sens, on l'emploie souvent comme verhe impersonnel : ces eaux viennent des montaijnes. — Faire venir quelque chose, donner orilre ou commission pour qu'une chose soit cuv03ce d'un lieu quelconque au lieu où l'on
est. — Cette DICNRÉK, cette marchandise VIENT, NOUS VIKNÏ DE TEL PAYS, DE TELLE VILLE, elle
nous est apportée de tel pays, de telle ville. On dit dans un sens anal. : les arts sont venus de telle contrée. — Se dit encore des cho.ses qui arrivent l'oituitement, iiar accident, inopinément. Dans ce sens, on l'emploie souveiitaussi coinine impersonnel : illuivintune ijrosse fièvre. — 'Venir, se dit particul. dans un sens anal, au précédent, de ce que l'esprit (•oiig,oit, imagine, ou se rappelle : il rne vient une idée, un souvenir. — Arriver par succession, par quelque hasard, échoir : après ta mort du père et de la mèie, les biens viennent aux enf'iints. — Succéder, arriver suivant l'ordae des choses : le printemps vient après ikiver. — L'année, le mois, la semaine qui VIENT, l'année prochaine, le mois prochain, lasemaine piochaine. — Etre issu, être sorti: il vient de cette maison par les femmes. — Ce
MOT VIENT DE TEL AUTRE, il CH est dérivé. Ou
dit de même. Ce mot, cette expression vient DU grec, vient DE l' ESPAGNOL, etc. — Naître, (■roitre, être produit : les oliviers ne viennent pas dans cette province. — Venir bien, protîter, -croître comme il faut, réussir; et, dans un sens contraire : venir mal; cet arbre vient bien, vient mal ,- cet enfant ne vient pas bien. Ou dit aussi : il a de la peine à venir. — Si' dit quelquefois des choses liquides qu'on tire d'un vaisseau où elles étaient contenues; sortir : cela ne vient que goutteé goutte. — Procéder, émaner : de là vient qu'il y a sipeu de bonne foi dans le monde.
Cette feinte douceur, celte ombre d'amitié Vient de ta politique et non du ta pitié.
CoRNuiLLR. Héraelius, acte !*•■, se. ii. Lorsque notre boulieur nous vient delà vertu, l.a gaieté tiienf bientôt de notre caractère.
— .Monter, s'élever : ces bottines ne me viennent pas à mi-jambes. — S'en venir, venir.
Un jour, au dévot personnage Des ilépulés du peuple rat S'en vinrent demander quelque aumône légère
La FoKTAiNB. Le Jiut gui s'est retire du monde.
— 'Venir à, s'emploie dans un grand nombre de phrases. — En venir aux mains, commencer à se battre. — En venir aux reproches,
AUX MENACES, AUX GROSSES PAROLES, AUX INJU- RES, AUX cours, AUX PRISES, ctc, pousser l'aigreur de la couversulion, porter la dispute
jusqu'aux reproches, aux menaces, aux injures, aux coups, etc. — Il faut en venir la, se dit de la mort et de tout ce qu'on regarde comme nécessaire, comme inévitable. On le dit aussi de ce qu'on regarde comme plus expédient. — C'est la que j'en voulais venir, c'est ou j'en voulais venir, c'est à ce but que tendaient mes actions, mes discours. On dit de môme, Ou veut-il en venir? — Venir au fait, a la question, a la discussion d'une affaire A LA conclusion, parler de la chose dont il s'agit, agiter la question, discuter une affaire, conclure. — Venir a une succession, tiériter. — Cet enfant est venu au monde tel jour, il est né tel jour; Il est venu a terme. il est né à l'époque ordinaire de la naissance; et. Il est venu avant terme, il est né avant l'époque ordinaire de la gestation. — Impr. Cette feuille, cette estampe est bien venue, EST mal venue, elle est sortie bien tirée, mal tirée de dessous la presse. — Venir a rien, diminuerbeaucoup, se réduire presque à rien. — Fig. Tous ces grands projets viendront A RIEN, tous ces grands projets n'auront aucune suite, aucun succès. — Venir a bout de
SES DESSEINS, DE SES ENTREPRISES, y réuSsir. —
Venir a son but, a ses fins, arriver à son but, à ses Ans, réussir. — Venir, suivi de la préposition à, se construit avec toutes sortes de verbes à l'infinitif, comme venir à faire, venir à dire, etc., pour marquer ce qu'une action a d'iniiatlendu, de fortuit, ou pour e.xpriiner le dernier terme d'une gradation, etc. S'il VENAIT a mourir, s'il arrivait qu'il mourût. Si
le SECRET venait A ÊTRE DÉCOUVERT, si, par
hasard, le secret était découvert. Je vins
TOUT A COUP A ME LE RAPPELER, tOUt à COUp je
me le rappelai. Nous vînmes a parler de telle CHOSE, Nous parlâmes de telle chose, la conversation tomba sur tel sujet. Il vint jusqu'à ME déclarer..., il poussa l'enlêlcnient, l'audace, jusqu'à me déclarer... — a venir loc. qui tient lieu d'adjectif, et dont on se sert pour dire, qui doit venir, qui doit arriver : le temps à venir.
Le sénat demanda ce qu'avait dit cet homme. Pour servir de modèle aux parleurs à venir.
La Fontaine, fable '2il.
Le corbeau sert pour le présage, La corneille avertit les malheurs à venir. Le même, fable 39.
* 'VENIR s. m. Retour : l'aller et le venir.
VENISE (ital. Venezia). 1, province de N.-E. de rilalie, dans la Vénétie, sur l'Adriatique; •J,l9ïi Uil. earr.; 400,000 hab. La moitié du territoire est occupée par des lagunes, séparées de la mer par une langue de terre, longue déplus de 20 kil., et coupée d'ouvertures de place en place. Les principaux cours d'eau sont : l'Adige, la Brenta et la Piave.— II, capitale de cette province, sur le golfe de Venise, au N.-O. de l'Adriatique, à 400 kil. N.-O. de Rome; 133,000 hab. Elle est bâtie sur pilotis dans les îles des lagunes; les communications sont facilitées par plus de 100 canaux et par une centaine de ponts, outre les rues, ruelles, allées et passages ; un viaduc de 2 kil. de long, avec plus de 200 arches, relie Venise aux grandes lignes de chemin de fer à l'embranchement de Mestre. Les deux plus larges canaux, le canal Deila Giudecca et celui de San Marco, séparent la ville proprement dite de l'île et du laubuurg de Giudecca et de l'île de San Giorgio. Celui qu'on appelle le grand canal sépare la ville en deux parties et est traversé par deux pools de fer construits en 18')4 et en 18b8, et par le pont du Rialto, bâti en marbre par Antonio da Ponte (15S8-'91) et qui lire son nom de la plus grande île (isola del Rialto, de il rivo tUto, le cours d'eau supérieur). Le grand canal est bordé d'édifices magniliques dont le pied baigne dans l'eau du canal, et d'où l'on entre directement en gondole. La villi' a environ 8 kil. de circuit, l.a partie la plus belle est la place de Saint-Marc, longue
de 191 m. environ et large de G! et 92 m. Elle est entourée d'arcailes et contient, outre la cathédrale et le palais du doge, de grandioses édifices. Beaucuup d'entre les églises sont remarquables par leur splendeur et leurs reiivres d'art. Les plus imporlaiites sont celles de Saint-Marc sur le coté oriental de la place: elle était autrefois la chapelle ducale, mais elle a été remplacée comme cathédrale par San Piétro di Castello. Sa façade principale a 500 colonnes de marbre do formes et de couleurs variées. Le palais des doges contient la magnifique salle du grand conseil, où l'on a installé aujourd'hui des services publics, et celle du formidable conseil des Dix. Tout en haut [sotto piombi, sous les plombs), exposés à une chaleur ardente en été et au froid en hiver, languirent pendant longtemps des prisonniers politiques et autres, au milieu de soulîrances atroces. Le fameux pont des Soupirs [Ponte dei Sospiri) fait communiquer le palais avec la prison publique. L'arsenal et le bassin de construction, à l'extrémité orientale de la ville, a été pendant longtemps le monument caraclérislique de la grande puissance navale de la République. L'académie des beaux-arts contient une des plus grandes et des plus belles galeries italiennes de peinture, et l'opéra (La Fenice) qui est un des plus renommés d'Italie. Les produits de l'indualrie comprennent la verroterie, les perles, les grains de verre (qui se font en partie dans l'Ile de Murano), les tapisseries brochées, les imilations de vieux meubles, la dentelle (dans l'Ile de Uurano), les machines, les ouvrages en fer et en bronze, la vaisselle d'or et d'argent. Depuis que Venise est une grande station des steamers péninsulaires et orientaux, son commerce s'est beaucoup accru. Son port a été longtemps un port franc avant le l^'janv. 1874. — Dans la.piemière partie du V siècle, le territoire romain de la 'Vénétie fut envahi (lar Attila qui en détruisit de fond en comble la capitale, Aquileia, et brûla les autres villes en massacrant un grand nombre d'habitants. Les fugitifs se réfugièrent dans les lagunes et sur les îles du golfe de Venise. Ils étaient de fait indépendants, et se gouvernèrent d'abord par trois consuls élus, puis par 1 2 tribuns. Des discordes éclatèrent, qui amenèrent à remettre l'autorité entre les mains d'un seul ; en mars 697, Paolo Luca Anafe.sto fut choisi pour premier doge (duc). (Voy. Doge.) Les familles des tribuns déposés formèrent une aristocratie. Eu 810 le siège du gouvernement fut délinitivement fixé sur l'île du Rialto, qui devint un centre de commerce célèbre. En 29, d'après la tradition, les os de saint Marc, lurent transférés d'Alexandrie à Venise.
Saint Marc devint le patron de la ville qu'on a souvent appelée le « république de saint Marc ». Avant la première croisade, la république avait acquis des terres en Italie, ainsi qu'en Dalniatie, en Croatie et en Istrie, et presque tout le trafic de transit du monde était entre ses mains. En 1098, elle envoya une grande flotte au secours de Gudefroy de Bouillon. Elle entra dans la ligue lombarde contre l'empereur d'Allemagne, et, en H77, remporta une grande victoire, en défendant le pape Alexandre 111, sur Othon, lils de Frédéric Barberousse. Le pape donna en récompense au dogeZiani un anneau pour célébrer la cérémonie de son mariage avec l'Adiiatique, et Frédéric fut forcé de faire la paix au congrès de Venise. Eu 1202, les soldats de la quatrième croisade, rassemblés à Venise, aidèrent à la répression d'une insurrection en Dalmatie, puis, sous la conduile du doge Enrico Dandolo, emportèrent d'as-aul (ionslantinoplc. La plus belle partie de l'empire d'Orient, comprenant des portions du Pélopoiièse, la Crète, Eubée et d'autres Iles, el aient sous la domination de Venise. EnliS9, l'iuquisilion y fut élablie, mais toujours sou-
VENI
miseatipoiivoircivil.Aprèsdepelites querelles avec Gênes, une sruerre sérieuse éclata lorsque les Paléolosues" occupèrent Conslaiilinople avec l'aide des Génois (1261). Jusque vers la fin du xivf siècle, les deux républiques furentsouvent en lutte, el Venise se trouva une t'ois à deux doiîïts de sa ruine. (Voy. GÈNKs.)Par des changements successifs, Venise était devenue une oligarchie jalouse ; l'hérédilé de la noblesse et son livre d'or, avec l'établissement du conseil dé>Dix. dotée d'une autorité sans appel, irresponsables, el juges du doge luimême, complétèrent cette orgaii isatio n . CetI e période ne l'ut pas sans convulsions intérieures. 1.3 conspiration et l'exécution du doge Marino Fnlierien 1333 est le plus considéiable de ces épisodes. Venise reprit promplenient le dessus, et à la mort du duf;e Mocenigo. en 1423, elle avait atteint l'apogée de sa prospérité. Pendant ses luttes avec Gènes elle se rendit ni.-iilr'^^-e .ii' Triesie et d'autres leiriloiies siu' la lene leiiuei el.
VENT
Vénétie furent cédées par r.\utriche à Napoléon 111 qui en remit aussitôt le gouvirnement aux mains des autorités municipales; en oct. >ur ôoCOGO votes exprimés, tous, moins 19, se déclarèrent en faveur de l'an nexion .ni royaume d'Italie.
VENISE Golfe de), nom de la partie N.-O. de la niei- Aiiriatique, où elle échancre la côte de la Yénetie, sur une étendue de 30 kil. environ, do l'embouchure du Tagliamento au delta du Pô. Le golfe de Trieste en est, au N.-E., la prolongation. Il n'a pas plus de 12 brasses de profondeur. - Blanc de Venise, de llambourij o» de Hollande, blnnc de [ihiuib employé en peinture et plus ou moins mélangé de sulfate de baryte.
VÉNITIEN. lENNE s. el adj. [-si-ainj. Ue Venise ou de la Vénétie", qui appartient à cette ville, h or pays ou à leurs habitants.
VENI. VIDI. Vn. mots la t. qui sigiiinent. jt SUIS vaiiu, j'iu eu, j'ai vaincu, paroles de
VENT
après la paix de 1381, elle prit Vicence, Vérone et Padoue. Sous le successeur de Mocenigo, Francesco Foscari, elle fut engagée pendant environ trente ans dans des guerres le plus souvent heureuses avec les ducs de Milan, et, pendant le reste du siècle, avec les Turcs, avec lesquels elle conclut une paix désavantageuse en 1303. Pendant les xvi' et xvii" siècles, Venise comliattit alternativement pour et contre presque tous les puissances européennes. LesTurcs lui prirent une partie de ses possessions en Grèce dans une guerre qui se termina en 1540. puis, en 1669, Candie, après une longue lutte. En 1715, elle avait perdu >on dernier pieden Morée. D'un autre côté, la découverte de l'.^mérique et de la route du cap de Bonne-Espérance avait détourné vers de nouvelles routes le commerce et l'industrie. Veni^e finit par perdre son indépendance nationale après rocrupalion française en mai 1797, et le traité de Campo- Formio la livra à l'Autriche avec une grande partie de son territoire. Par la pai.\ de Presbourg, elle fut annexée au royaume d'Italie (1805). Après la chute de Bonaparte, elle fut rendue à l'Autriche, et forma une partie du l'oyaume lombard-vénitien. En mars 1848, Venise se révolta contre les .\utrichiens, et, avec Manin à sa lète, proclama le rétablissement de la république. Mais après un long siège el un bombardement terrible, elle capitula le 23 août 1849, et resta en état de siège jusqu'au P'^mai 1854. A l'issue de la L'uerre austio-prussienne de Is06, Venise et toute la
César, après sa rapide victoire sur Pharuace, roi de Pont.
VENLOO (venn-lo'|. ville forte duLimbourg (Pays-l!asi,sur la Meu=e. à 60kil.iN.-N.-E.de ^Iae^t^icht ; 8,000 hab. Deux arsenaux ; manufactures de tabac et d'autres produits. Grand commerce de porcs. La ville a soutenu plusieurs sièges. Elle se rendit a Marlborougli le 23 sept. 1702 et à Pichegru, le 26 oct. <794.
' VENT s. m. [vanj (lat. ventus). Mouvement plus ou moins rapide de l'air suivant une direction déterminée : vent impétueux.
— Vents souterrains, vents qui se forment dans les concavités de la terre. — Vent coulis, vent qui passe par de petites ouvertures.
— Mar. Vent fait, vent qui ne varie plus, et qui parait devoir durer. — Air agité par quelque moyen particulier : faire du vent avec un chapeau, avec un soufflet, avec un évtntail. — Instruue.nts a vent, instruments de musique dont le son est formé par l'air qu'on y introduit; se dit par opposition aux instruments à cordes, où le son est formé par les vibrations des cordes : la trompette, le hautbois^ la flûte, la clarinette, l'orgue, etc. sont des instruments à vent. — Air ou plutôt gaz retenus dans le corps de l'homme ou des animaux : être plein de vents. — Po{). Respiration, souffle, haleine : on lui donna un coup dans l'estomac qui lui fit perdre vent. — Vén. Oileur qu'une bêle laisse dans les lieux où elle été, ou elle a passé : te cerf est de plus grand
vent que le lièvre. — Odeur qui vient des émanations d'un corps : Le sanglier prend