RE.TE
Après l'assaut de Weissembourg (4 août), le prince royal de Prusse, à la tête de là :i° armée (environ 150,000 hommes), marcha rapidement en avant et surprit le corps d'armée de Mac-.Mahon (environ 47,000 hommes). La bataille, commencée à 8 heures du matin, se continua avec un acharnement indescriptible jusqu'à 4 heures de l'après-midi. Les principaux combats se livrèrent aux environs de Reischoffen et de Frœschweiller. Neuf fois, les Français se ruèrent sur les lignes compactes de leurs ennemis; neuf fois ils les brisèrent, mais toujours de nouvelles masses se présentèrent devant eux. Ils durent évacuer leurs positions sur les collines qui avoisinent Wœrth lorsqu'ils furent pris en flanc par les Bavarois et les Wûrlembergeois. Presque toutl'état-major de. Mac-.Mahon fut tué pendant l'action, et le maréchal, n'ayant plus un seul cheval à son service, s'évanouit dans un fossé, d'où un soldat parvint à le retirer, sous les balles ennemies. Il dirigea alors, à pied, la retraite sur Saverne, pour occuper les défilés des Vosges. Dans le but de couvrir cette retraite, les cuirassiers firent une charge désespérée qui est demeurée célèbre; la charge des turcos, pendant la chaleur de la bataille, mériterait d'être aussi fameuse. Les Allemands attribuèrent leur victoire à leur excellente stratégie; elle est due seulement à leur supériorité numérique. Jamais les Français, à aucune époque de notre histoire, ne montrèrent plus d'héroïsme; et aucun général allemand ne déploya plus d'habileté ni plus de valeur personnelle que le maréchal de Mac-Mahon. Les Français perdirent 5,000 hommes tués ou blessés, 5,00') prisonniers, 2 aigles, 6 mitrailleuses, 3o canons, et une grande partie de leurs bagages. Les Allemands reconnurent que plus 8,000 des leurs étaient hors de combat.— Rciss (Philippe). (V. S.)
• RÉITÉRATION s. f. Action de réitérer : la réitération de ces menaces le fit changer de conduite.
' RÉITÉRER v. a. (préf. ré; lat. iterarc, faire de nouveau). Faire de nouveau une chose qui a déjà été faite : il faut réitérer cette médecine, réitérer la saignée. — Absol. Vous avez déjà parlé en sa faveur, il faut réitérer.
' REÎTRE ou Rêtre s. m. (ail. reiter, cavalier\ On appelait ainsi, dans le svi<= siècle, un cavalier allemand i unrégiment de retires. — Fig. et fam. Vieux reItre. se dit d'un homme qui a vu beaucoup de pays, et qui a de l'expérience et même de l'astuce. Il ne se dit qu'en mauvaise part ou par plaisanterie.
•REJAILLIR V. n. [U mil.]. Se dit des corps liquides, et il signifie la même chose que jaillir : faire rejaillir de l'eau. — Se dit aussi de la lumière ; les rayons qui rejaillissent dim miroir. — Se dit aussi d'un corps solide qui, ayant frappé un autre corps, est repoussé, renvoyé sur un troisième : la pierre a rejailli du mur contre lequel elle était lancée. — Se dit, fig., de l'honneur, du déshonneur, de la gloire, de la honte, du bien ou du mal qui revient de quelque chose à une personne : l'honneur de celte action rejaillit sur lui.
' REJAILLISSEMENT s. m. Action, mouvement de ce qui rejaillit : le rejaillissement de l'eau.
REJECTION s. f. [-jèk-si-](lat. rejectio). Action de rejeter.
* REJET s. m. Action de rebuter une chose, de n'en pas vouloir, de ne pas l'agréer, l'admettre : on a ordonné le rejet de cette pièce comme inutile, falsifiée, supposée. — Fin. Renvoi d'une partie d'un compte, qui doit être portée sur un autre chapitre du même compte ou sur un autre compte : cet article de dépense ayant paru déplacé, on en a ordonné le rejet sitr un autre chapitre de compte. — Adm. fin.
REJO
Faire le rejet d'une taxe, d'une imposition, SUR UNE VILLE, SUR UNE PAROISSE, etc. l'v rejeter. (Voy. Rejeter.) — Versifie. Se dit d'un ou de plusieurs mots que l'on rejette au vers suivant.
•REJET s. m. A^tIc. Nouveau bois, nouvelle pousse d'une plante, d'un arbre : voila le rejet de cette année. — Rcieton : les rejets de cet iirbre empêchent qu'il ne profite.
* REJETABLE ndj. Qui doit être rejeté : cette i(i'».sc ne peut être que rejelable.
' REJETER V. a. Jeter de nouveau ; vnus n'avez pus pu prendre la balle quand je vous l'ai jetée. — Repousser, renvoyer : on lui avait jeté la balle, il la rejeta avec la même force. — Jeter une chose dans l'endroit d'où on l'avait tirée : comme il n'avait pris que du petit poisson, il le rejeta dans l'eau. — Jeter dehors, pousser hors de soi : la mer a rejeté sur ses bords les débris du naufrage. — Se dit, particul., des arbres qui repoussent après avoir été coupés : depuis qu'on a étété cet arbre, il a rejeté beaucoup de branches. Ou dit de même, absol., cet arbre rejette parlepied.
— Mettre une chose en un endroit, après l'avoir ôtée de celui où elle était : il faut rejeter l'eau de ce bassin dans cette cuve, la terre de ce fossé sur cette couche. — Fig. . dans l'ancienne adm. lin. Rejetkr une imposition, une taxe sur une ville, sur lks habitants, taire une réimposition pour achever le payement d'une taxe qui n'a pu être payée entièrement par ceux sur qui elle avait été imposée. — Fig. Rejeter un crime, une faute, UN tout sur quelou'un, l'en accuser pour se disculper : il a rejeté sa faute, son tort sur cet homme, qui en était bien innocent. — Fig. Rebuter, n'agréer pas, ne vouloir pas recevoir : ce banquier rejette toutes les monnaies étrangères. — Ecrit. Le Seigneur l'a rejeté, le Seigneur l'a repoussé. — lîcarter, éloigner : cela nous rejette bien loin de notre sujet. Nous voila rejetés bien LOIN, MOUS voïlà fort éloignés de notre but. — Se rejeter v. pr. Se reculer, se porter en arrière : il se rejeta au fond de sa voiture. — S'excuser : ne sachant plus que dire pour sa justification, il se rejeta sur les circonstances.
' REJETON s. m. Nouveau jet que pousse une plante, un arbre par le pied ou par le tronc, ou par la tige : voilà un beau rejeton.
— S'emploie, fig., dans le style soutenu et en poésie, pour sii;nirier, enfant, descendant : rejeton dégénéré d'une illustre famille.
* REJOINDRE v. a. Se conjugue comme Joindre. Réunir des parties qui avaient élé séparées : rejoindre les deux lèvres d'une plaie.
— Rutteindre, retrouver des gens dont on s'était séparé : où pourrai-je vous rejoindre'? Cet officier a reçu l'ordie de rejoindre ion régiment (de s'y rendre), et absol., u reçu l'ordre de rejoindre. — Se rejoindre v. pr. Les deux ji'xrties de l'os se sont rejointes.
REJOINTOIEMENT s. m. Action de rejointoyer.
* REJOINTOYER v. a. Archit. Remplir d'un nouveau iiioitier les joints des pierres d'un vieu.x bàliment : il faut rejointoyer ce mur.
' REJOUER V. n. Jouer de nouveau, se remettre a jouer: il voulut rejouer, et perdit tout ce qu'il avait gagné. — v. a. Rejouons la partie. — Se dit des pièces de théâtre qui sont reprises : on va rejouer très prochainement celte comédie.
' RÉJOUI. lE part, passé de Réjouir. — L'ne figure KiijouiK. une ligure gaie. — Substunliv. cl fain. Une personne grasse, d'une physionomie gaie elde bonne humeur : un gros réjoui; une grosse réjouie.
' RÉJOUIR V. a. Donner de la joie : cette nouvelle doit vous réjouir. — Fig. Cette couleur réjouit LA VUE, elle est agréable, elle
RELA
plalt aux yeux. — Fam. Le vin réjouit le CŒUR, il réconforte, il égayé. — Donner du divcrlissenienl : il fit venir des musicienspour réjouir la compagnie qui était chez lui. — Ri.-