‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 2)Chapitre 76 sur 639 · HELI · texte numérisé non relu

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« crime, le prince a rais au service de l'ori< thodoxie ses soldats et ses bourreaux. Le « résultat de cette alliance n'a été favorable, « ni à la civilisation, ni à l'Elat, ni à la reli- « gion.))(Eci. Laboulaye, L'Eglise et l'Elat en « Amérique). Le catholicisme romain chercha d'abord à échapper à la suprétnalie du pouvoir temporel, et le pape Gélase 1" écrivait, à la fin du v° siècle, dans son Traité de l'excommunication ! « Dieu a voulu séparer les « fonctions des deux pouvoirs, dételle façon « que les empereurs chrétiens eussent bcïoin « lies pontifes pour la vie éternelle, et que « les pontifes fussent soumis aux empereurs, « pour les choses temporelles. Ainsi chacun K des deux ordres est contenu dans la modé- « ration et chaque vocation est appliquée aux « choses qui lui conviennent. » On sait comment celle doctrine fut abandonnée par les papes, après que, devenus eux-mêmes souverains temporels, ils prétendirent à la domination universelle; comment au xi" siècle Grégoire VII, a près avoir abaissé l'Empire, interdit absolunientaux prêtres dese marier, et, en les détachant ainsi de toute famille et de loute patrie, assura à l'Eglise, dans les pays où le catholicisme domine, une armée de fanatiques exclusivement dévoués aux intérêls de la curie romaine. — Les rois de France ont presque toujours cherché à repousser les empiétements de l'Eglise sur leur propre autorité, mais ils souienaient en même Lempsles privilèges abusifs d'une religion d'Ëlal dont l'exislence semblait nécessaire au maintien de leur pouvoir absolu. Puis, ils sont arrivés àréduire les prêtresau rôle de fonctionnaires, et c'est ainsi que « la corruption, l'inlolé- « rancc el l'action politique du clergé ont, « depuis trois siècles, toujours aliaibli le ca- « tholicisme et ont incessamment provoqué, « selon les circonstances, les dissidences reli- « gieiises ou le scepticisme. » (Le Play, Réforme sociale, W). Diverses ordonnances de Louis IX, de Philippe VI, de Charles Vil, de Louis Xll, de Henri II, de Charles IX et de Henri 111 ont édicté des peines rigoureuses contre ceux qui, par paroles ou écrits, contestaient les dogmes de la religion catbolique.L'inloléranceredoubla, lorsque Louis.KlV, après avoir cherché, en 1682, à échapper à l'influence de Rome au moyen de la constitution d'une Eglise gallicane, se décida ensuite à renier tous les engagements que son aïeul avait souscrits à l'égard des piotestanls. L'édit du mois d'octobre dtjS.ï, en révoquant l'édit de .\anles, ordonne la démolition de tous les temples, interdit l'exercice de la religion réfoimée en aucun lieu et en aucune maison particulière, enjoint aux miiiislresde celte religion de se convertir au catholicisme ou de sortir de France, et oblige les parents hérétiques à faire baptiser leurs enfants par les curés. Ces effroyables mesures eurent pour effet d'appauvrir encore la France déjà ruinée par le luxe de la cour et par des guerres insensées. Les plus habiles ouvriers, les meilleurs citoyens durent s'expatrier, et allèrent enrichir les pays voisins, pendant que la famine et la misère achevaient de dépeupler les provinces. Louis XV. à son tour, par un édil du 14 mai 1724, défendit à tous ses sujets de pratiquer aucune autre religion que la religion catholique, apostolique et romaine; il enjoignit à tous pères et mères, notamment aux protestants, d'envoyer leurs enfents aux cathéchismes des paroisses jusqu'à l'âge de 14 ans. Les protestants qui, étant malades, refusaient de recevoirles sacrements catholiques, devaient être, s'ils recouvraient la santé, condamnés au bannissement a perpétuité : leurs biens étaient confisqués; et, s'ils venaient à mourir, un procès était fait à leur mémoire. Aucune fonction ne pouvait être atlriliiiée, aucune licence ne pouvait être délivrée que sur la présenlalion d'une attestation du curé, constatant que l'impélrant

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pratiquait la religion catholique. Suivant Domal {Droit public, liv. I), les rois devaient être a la fois les protecteurs, les gardes, les conservateurs et les exécuteurs de la religion catholique. Lorsque l'Assemblée constituante eut aboli les privilèges de cette religion, le clergé proposa néanmoins de reconnaître au catholicisme le titre de religion dominante (11 août 1789); mais cette proposition fut repoussée, sur l'observation faite par Mirabeau que « rien ne doit dominer, si ce n'est le droit et la justice » . Le concordat du 26 messidor an IX reconnut seulement que la religion catholique, apostolique et romaine était celle de la grande majorité des citoyens français. La charte de 1814 déclarait cette religion ta religion de l'Etat; la charte de 1830 a répété les termes du concordat; et les constitutions de 1848, de 1832 et de 1875 sont muettes sur ce sujet. Quant à l'Eglise ellemême, elle rejette de sa communion tous ceux qui pensent que « il ne convient plus à « notre époque que la religion catholiquesoit « considérée comme l'unique religion de l'E- « tat, à lexclusion de tous les autres cultes. » {Syltabus, LXXVII). (Voy. Syllabus). Cependant la loi Irançaise reconnaît quatre cultes dont les ministres sont rétribués par l'Etat, et qui seuls peuvent être publiquement exercés (Voy. Culte.) C'est seulement depuis la loi du 28 mars i882 que la liberté de conscience est respectée dans les écoles primaires publiques, aucune religion ne devant plus être enseignée que dans les écoles confessionnelles privées, dans les temples ou dans la famille. Celte lui devait soulever les protestations des sectaires, pour lesquels l'enseignement religieux, au lieu d'être une école de morale, est un moyen de conquérir de l'influence sur un pays au profit de la politique romaine. — La véritable religion est indépendante des lois; bcs principes éternels sont écrits dans l'âme humaine; on trouvait déjà en partie ceux du christianisme dans les maximes de quelques anciens sages, avant que l'Evaiii-'ile les eût reproduits. S'ils ont été réfiandus dans le monde par les églises chrétiennes, ce fut souvent à l'aide d'un fanatisme qui a fait disparaître ces mêmes principes dans les aberrations du mysticisme ou dans les violences les plus atroces. D'un autre cijté, lorsque la religion s'applique à des objets matériels, à des images, à des amulettes, à l'eau d'une source, à des ossements, etc., elle n'est plus qu'un grossier féticbisme, en tout semblable à celui que pratiquent les peuplades barbares de l'Afrique ou de l'Océanie. Et, sans aller aussi loin, n'est-ce pas aux époques et dans les pays où les formules vides et les pratiques matérielles sont le plus en usage que les principes chiéliens, tels que la fraternité et le pardon des injures, sont le plus en oubli. Pour l'être humain qui, par l'âge, le sexe, la maladie, l'éducation ou le caractère, est dépourvu d'énergie morale, la foi relij;ieuse est un puissant soutien contre les tentations, contre la souliiance, ou en face de la mort. Cet être chez lequel une foi aveugle a été aisément imprimée dès la première enfance, et qui se trouve saisi de terreur à la pensée de l'enfer doiiton le menace, a besoin d'être ensuite rassuré par des promesses, par des formules libératrices et par l'assistance elfective du prêtre. Mais pourquoi ceux qui se disent seuls chargés d'enseigner la religion, en ont-ils fait si souvent une cause de dissensions dans les familles, et de guerres implacables entre les enfants d'une même patrie? Chez les sectaires, la religion ne sert le plus souvent qu'à masquer les ambitions les plus ardentes. « Exposer l'Eglise à « toutes les haines, la patrie a tous les « dangers, risquer l'existence même de la « France, qu'est-ce que cela pour desliomines « qui se croient religieux et qui se disent « conservateurs '.' » (Ed. Laboulaye, toc. cit.)

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Quant à la théologie, <■ les subtilité? sansva- " leur que l'on décore de ce nom sont, dit << M. Renan [ilarc-Aurèle] , le parasite qui <( dévore les religions, bien plutôt qu'elles <• n'en sont l'âme ». La" vraie religion nedoil pas èlre surchargée de dogmes alisurdos qur repousse maJgié elle toule intelligence non atiophiée ou obscuroie: elle se borne à développer les véritables sentiments chrétiens et à soutenir la pratique des vertus, en affirmant l'immortalité de l'âme et l'existence d'un Dieu remunérateurel vengeur. Plus l'intelligence humaine s'épure et s'élève audessus de la matière, plus le sentiment religieux se dégage des formules. Au contraire, l'Eglise romaine, après avoir si longtemps troublé la pai.x du monde et fait mas-acrer ou brûler plusieurs millions d'hommes, semble aujourd'hui vouloir ramener sur notre époque la nuit du moyen âge. Au lieu de se placer en avanides sociétés humaines et de les guider dans leur marche vers le progrès, elle s'acharne aveuglément à relarder celte évolution; elle pleure la perte de ses anciens privilèges et d'un domaine temporel qu'elle ne pouvait plus conserver; et, après avoii' .jeté un dernier défi à la raison par le Syllabits (voy. ce mol), elle voit s'éloigner d'elle successivement tous les esprits qu'une instruction véritable a formés ou que le simple bon sens éclaire. Abusant des dispositions naturelles aux femmes et qui les portent d'une part à exagérer tous les sentiments et à suivre les élans les plus vaporeux de l'imagination, d'autre part, à s'attacher d'une façon inconsciente aux anciens usages elà imiter servilement les pratiques religieuses les plus vaines, le clergé a substitué le roraanisme et le marianisme à l'Evangile qui est à peu près oublié. Etc'estainsi que la religion catholique est devenue en France, aux mains du parti politique qui !a détient, un moyen d'influence et de domination, e^ une source de piofils énormes. (Voy. Superstition.) » (Ch. Y.)

• RELIGIONNAIRE s. Se disait, dans le temps des guerres de religion, de celui, de celle qui faisait profession de la religion réformée : c'était un zélé religionnaire.

RELIGIONNER v. a. Soumettre aux lois d'une religion.

•RELIGIOSITÉ s. f. Scrupule religieux :

snn exttctUit'Ie allait jusqu'à la religiosité (Vieux.) — Disposition religieuse, sentiment religieux qui ne s'applique à aucune religion particulière : il y a dans son livre plus de religiosité que de religion.

• RELIQUAIRE s. m. [-kè-]. Sorte de boîte, de colfi'cl. etc.. oii I on enchâsse des reliques : un reliquaire garni de beaucoup de reliques.

•RELIQUAT s. m. [-ka] (lat. reliquatum). Jurispr., Coniplab. et Comm. Ce qui reste dû d'après la clôture et l'arrêté d'un compte : le reliquat dun compte de tutelle. -- Les reliquats d'u.n FESTi.N, d'ln kep.is, cs quien reste : nom avons très bien diné des reliquats dit repas de noces. (Vieux.) — Se dit quelquefois des suites d'une maladie mal guérie, et principalement en parlant des maladies secrètes : il a un mauvais reliquat.

• RELIQUATAIRE s. [-ka-l. Jurispr., Comptab., etc. Oeiui ou celle qui, après son compte rendu, doit quelque chose de reste : ce tuteur est reliquataire de telle somme envers ses pupilles.

' RELIQUE s. f . [re-li-ke] (lat. reliquix, restes). Ce qui reste d'un saint après sa mort, soit le corps eniier, soit une partie du corps : porter des reliques en procession. — Tout ce qui reste des instruments de la passion de Notre- Seigneur, de celle des martyrs, et généralement ce qui a servi à l'usage des saints, comme leurs habits, leurs ornements sacerdotaux, etc. — Prov. Garder lne chose

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coMMK UNE helioce, la garder soigneusement : ■'lie garde cette lettre commeune relique. On dit ie même. Il veut en faire une relique. —

Ie n'ai pas grande foi a ses hELIQUES, JE NE

prendrai PAS de ses reliques, se dit de quelju'un en qui l'on n'a pas de confiance. — pi. S'emploie quelquefois dans le style oratoire ou poétique, et ordinairement avec une épithète pour signifier, les restes de quelque chose de grand : ce tombeau renferme les froides reliques de vos aieux. (Vieux.)

RELIRE V. a. Se conjugue comme Lire.

Lire de nouveau : il faut tire et relire tes bons auteurs de l'antiquité.

* RELIURE s. f. Ouvrage d'un relieur, et manière dont un livre est relié : j'ai payé tant pour la reliure de ce livre. — Encycl. La reliure ou art d attacher, de lier ensemble les feuilles d'un livre et d'y mettre une couverture pour le protéger, est d'une très haute antiquité et a eu des prolecteurs zélés dans les temps anciens comme dans les temps modernes. (Voy. Livre.) C'est un art véritable qui exige une grande habileté et qui permet à l'ouvrier de déployer son talent pour les plus riches décorations. On trouve dans nos bibliothèques des exemplaires exlrêmement recherchés, qui ont coûté des prix réellement extravagants, à cause de leurs reliures incrustées d'or, de pierres précieuses, de camées, etc. Les relieurs grecs se nommaient bibliopéges; ceux des Pîomaiiis étaient des libi arii ; leur industrie consistait à établir en rouleaux les manuscrits d'écorce,de papyrus ou de parchemin. L'art de rassembler les manuscrits en livres carrés, entre deux planches de bois, de métal ou de cuir, reçut un certain développement au moyen âge et fit des progrès extraordinaires aussitôt a près l'invention de l'imprimerie. Elle eut pour principaux protecteurs le trésorier général Grollier et de Thou, en France; iMaioli, en Italie. Le livre d'heures de .Marguerite de Savoie et les livres reliés que Ion a conserves de Marguerite d'Angoulème, de Marguerite de Valois, de Henri 11, de Diane de Poiuers, de Catherine de Médicis, eldes principaux personnages de la même période, sont hr^loriés, ornés de métaux ciselés et fouillés, d'ivoire sculpté, de pieri es précieuses quneur donnait une grande valeur. L art subit une transformation radicale au XVIII" siècle. On citait alors parmi le^ artistes qui ont jelé un éclat incomparable sur l'industrie de la re iure : Ruelle, Le Gascon, Enguerrand, Hasdeloup, Uerôme, Boyet, du Seuil, Bisiaux, Biadel, Courlenval, etc. La décadence commença à la Révolution, époque où régna un incontestable mauvais goût. Depuis quelques années, la reliure manuelle s'est relevée el a repris sa place parmi les arts. .Mais aujourd'hui la plupart des voiuiiies tirés a un certain nombre d'exemplaires sont reliés mécaniquement.

— Le premier soin du relieur, après avoir débioché le volume, est d'en collationner les feuilles, de replier celles qui auraient été mal pliees, de redresser les coins, d'intercaler les gravures, les tableaux, les cartons ou feuilles à remplacer. Le pliage terminé, il bat les cahiers sur un bloc de marbre ou de pierre dure avec un lourd marteau à tête un peu convexe; puis il lespressependant un certain temps. Le grécage, a lieu en uile s'il n'a pas dé^à été opéré pour le brochage. Les cahier^ étant posés sur le cousoir, on passe des fils aulour de plusieurs licelles qui entrent dans les incisions du grécage, et dont les bouts sont ensuite rattachés aux cartons de la couverture. On passe e.'.suite à l'endossure, opération qui consiste à frotter, à plusieurs reprises, le dos des feuillets avec de la colle de farine ou de la colle forte; on polit le dos avec un frottoir; on ébarbe la tranche; on la rogne, quelquefois on la dore ou on la colorie, on pose le signet el la tranchefile et

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on procède à un second battage. Quand on a appliqué sur le dos une bande de parchemin mouillé ou de toile, on colle la couverture (parchemin, basane, maroquin, veau, satin toile, etc.). Leracinnge consiste à donner à la peau d'agréables nuances. Il ne reste plus qu'à coller les gardes, à dorer le dos et à motlre le titre. On brunit la tranche, on polit avec un fer chaud ou l'on vernit. Dans les reliures de luxe, on peut imprimer à froid, surchaquecOléde la couverture, des vignettes en creux qui produisent un bon effet. Un livre entièrement recouvert en peau à une reliure entière; si le dos seul est en peau, c'est une deini-reliure.

* RELOCATION s. f. Jurispr. Acte par lequel on reloue, on sous-loue une chose ; un principal locataire fait des retocations. On dit plus ordinairement, Sous-loc.ation.

" RELOUER v. a. Louer de nouveau : à l'exi'iraliun de mon bail, j'ai demandé au propriétaire qu'il me relouât l'appartement. — Sous-louer; louer à d'aulres un.? partie de de ce qu'on a loué : j'ai loué un trop grand appartement, mais j'en relouerai une partie.

RELUCTER v. n. (préf. re; luctare, lutter). Résister irés énergiquement.

' RELUIRE V. n. Briller, luire en réfléchissant la lumière ; les diamants, les pietreries reluisent. Piov. et flg. Tout ce qui reluit n'est PAS OR, ce qui a beaucoup d'éclat n'est pas toujours ce qui est le plus solide : il fait grande dépense, mais tout ce qui reluit n'est pas or. — Fig. Paraître avec éclat : la vertu reluit davantage dans l'adoersité. (Vieux.)

RELUISANCE s. f. Eclat. (Vieux).

* RELUISANT, ANTE adj. Qui reluit : des

armes reluisantes. — Elle a le visage tout

RELUISANT DE ROUGE, TOUT RELUISANT, Se dit

d'une lemme extrêmement fardée.

' RELUQUER v. a. Lorgner curieusement du coin de I œil : il reluque bien celle femme. (Fam.) — Il reluque ceite tlrrr, c.tie maison, cet héritage, il a des vues sur cette terre, etc., il en désire la propriélé, la possession.

RELUQUEUR.EUSEs. Personne qui reluque.

* REûJlCHER V. a. Mâcher une seconde fois : les animaux qui ruminent remâchant ce qu'ils ont déjà mâché. — Fig. et fam. Repasser plusieurs fois daus son esprit : j'ai longtemps remâché cette pUrase avant de l'écrire.

REMAILLAGE s. m. [II. mil]. Action de remailler.

REMAILLER v. a. Réparer les mailles.

REMALARD, ch.-l. de cant., arr. elàâl kiL S.-E. de Morlagne (Orne}, sur les bords de l'Huisne; 1,616 hab.

* REMANCIPATION s. f. (M.remancipatio).

Antiq. lom. Formalité juridique en usage dans les adoptions.

* REMANIEMENT ou RemaDîment s. m.

Action de renianier; résultai ae celle action. — Typogr. Tiavail que Ion fait pour modifier des pages composées lorsqu'on change de format ou lorsqu'on accomplit des corrections importantes qui exigent le morcellement de pluiieurs lignes, le transport des lignes d'une page ou d'une colonne dans une autre, etc.

* REMANIER v. a. Manier de nouveau : il a ma lié et remanié ces étoffes, sans avoir pu dé.ider laquelle était la ineiUeure. — Raccommoder, changer, refaire : remanier la couverture d'une maison. — Se dit, lig., un parlant des ouvrages d'esprit qu'on retouche, qu'on retravaille, auxquels on fait de grands changements : il y a dans celle tr'iijédie deux ou trois scènes qu'il faudrait remanier. — Typogr. Chasser ou reprendre d'une ligne sur l'autre pour la correction d'un ajouté ou d'une correclion. — Retourner en

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KEMB

divers sens, et par parties. le papier qui a , matelas BEMBOunnE avec des noyaux de pèches, été trerapé, afin que les feuilles soient toutes un siè?e. un matelas très dur.

lemenl pénétrées d'humidité.

• REMARIER v. a. Faire passer à de nouvelles noces : sa fille était veuve, il vient delà remarier. — Se remarier v. pr. Passer à de nouvftiles noces : il est tenté de se remarier.

• REMARQUABLE adj. Quise fait remarquer, qui esl ciiL-iir d ijtre remarqué. Se dit en bien el en ni.il ; l'vrnement remarquable.

' REMARQUABLEMENT adv. D'une manière remarquable ; cette f'anmc est remarquablement belle.

' REMARQUE s. f. Action de remarquer, d'observer; observation, note : les remarques de Vaugelas sur la langue française. — Fara. Ma remarque subsiste, les objections qu'on a faites ne la détruisent pas.

• REMARQUER v. a. (rad. marquer). Marquer de nouveau : on avait déjà marqué ces pièces de vin, on les a remarquées. — Observer quelque cliose, faire attention à quelque chose : remarquer le chemin. — Distinfiuer parmi plusieurs autres personnes ou plusieurs autres choses : le prince, quoique vêtu simplement, se fait toujours remarquer pur son air et sa démarche. — V» Se remarquer v. pr. Etre remarqué : ces sortes de choses se remarquent facilement.

REMARQUEUR, EUSE s. Personne qui remarque.

• REMBALLER v. a. Remettre ses marchandises en balle, an ballot : il n'a pas vendu ses marchandises, il les remballe.

• REMBARQUEMENT s. m. Action de rem'barquir, de se rembarquer : on n'a aucune nouvelle de lui depuis son rembarquement.

' REMBARQUER v. a. Embarquer de nouveau : on a remhnrqiié les troupes qu'on avait été obligé de débarqmy à cause du mauvais temps. — Se rembarquer v. pr. Se mettre de nouveau sur mer : il s est rembarqué dans le même navire, sur le même Jiavire. — Fig., el fam. Se hasarder de nouveau à que! que chose: il s'est rembarqué dans cette affaire.

♦REMBARRER v. a. Repousser vigoureusement. N'est plus ^:uère d'usage dans le sens propre. — Fig. el fam. Rembarrer quelqu'un, repousser, rejeter avec fermeté, avec indignation les discours qu'il lient, les propositions qu'il fait : il parlait mal de mon ami, je l'ai rembarré.

• REMBLAI s. ni. Terre rapportée, gravois pour élever un terrain ou pour combler un creu.x : on a employé bien du remblai pour faire cette digue. — Action même de remlilayer : en a fait unremblai dans ce vallon.

REMBLA'VER v. a. Ensemencer de nouveau.

REMBLAYAGE s. m. Action de remblayer.

• REMBLAYER v. a. [-blè-ié]. Apporter des terres, du gravois, pour combler un creui : remblayer un craix, un fossé.

' REMBOÎTEMENT s. m. Action de remboîter, uu Ir résultat de cette action.

• REMBOÎTER v. a. Remettre en sa place ce qui liait déscniboité : remboîter un os. — Se remboîter v. pr. L'os s'est remboîté de luimême.

REMBOLT (Berthold), l'un des plus anciens imprimeurs de l'iiris, né à Strasbourg au xV siècle. 11 fut associe, vers M7S, et successeur, en 1:jiO, du fameux Gering. Il avait épousé Charlolle Guillard qui, après sa mort, dirigea avec intelligence son établissement pendant un demi-siècle.

REMBOUGER v. a. (rad. bouge). Ouiller.

REMBOURRAGE s. m. Actionde rembourrer.

• REMBOURRÉ, ÉE part, passé de Rembourrer ; un siège mal rembourré. — Un siège, un

* REMBOURREMENT s. m. Action de rembourrer, iiu n --uliat de cette action : le rembourrcmcnt d'un bât de mulet.

* REMBOURRER v. a. Garnir de bourre, de laine, de crin, etc. : il faudra rembourrer ce fauteuil. — Se rembourrer v. pr. — Fig. et pop. Il s'est bien rembourré, se dit d'un homme qui a beaucoup mangé dans un repas.

REMBOURRURE s. f. Matière qui sert à rembourrer.

REMBOURSABILITÉ s. f. Caractère de ce qui est remboursable.

* REMBOURSABLE adj. Qui doit être remboursé, qui est susceptible d être remboursé: cette rente est remboursable datis dix ans.

* REMBOURSEMENT s. m. Action de rembourser ; payement qui se fait pour rendre une somme que l'on doit : faire un re:nboitrsement. — Le remboursement est tout prêt, j'ai le remboursement tout prêt, se dit pour exprimer qu'on a tout l'argent comptant qu'il faut pour rembourser la somme qu'on doit. — Remboursement forcé, acte par lequel l'Etat ou tout autre débiteur d'une rente perpétuelle, rend à ses créanciers, qu'ils le veuillent ou non, l'argent qu'il leur doit.

* REMBOURSER v. a. Rendre l'argent qui a été débourse, payer à quelqu'un le prix de ce qu'il avait acheté et qu'il cède ; dédommager des dépenses qu'on a fait faire ou des perles qu'on a causées : rembourser une somme. — Rembourser une rente, en acquitter le principal. — Fig. et fara. Rembourser des épigrammes, DE mauvais compliments, DES INJURES, DES COUPS DE POI.NG, UN SOUFFLET, UN COUP

DÉPÉE. etc., les recevoir. — Se rembourser V. pr. Se payer : remboursez-vous de ce qui vous est dû.

REMBRANDT VAN RYN (Paul-Harmens) [renim'-braniilt-fan-riniil, peiiilre hollandais né àLeydele 15 juillet 1607, raorl à Amsterdam le" 8 oct. 1669. Après avoir éludié à Levde et à Amsterdam, il s'organisa, vers 1623, un atelier dans le moulin à vent de son père, sur le bord du Rhin. En 1628, ilexécuta son premier grand ouvrage, qui est un por- Irait de sa mère; et, en 163U, il s'établit à Amsterdam. Ses peintures elses eaux-forles, qui déployaient les effets les plus puissants de la lumière et de l'ombre, étaient très appréciés, el il eut un grand nombre d'élèves. Il préférait limitation de la nature commune à la culture d'une beauté idéale. Son faire esl tout entier caractérisé par l'entente particulière qu'il eut du clair-obscur. Parmi ses peintures historiques, on cite : Le Sacrifiée d'Abraham, la Femme adultère, la Descente de croix; parmi ses portraits : le Marchand juif, et la Ronde de nuit. C'est peut-être dans ses eaux-fortes que le caractère spécial de son talent se manifeste le mieux ; et surtout dans le C/«n'sf guérissant les malades. Il se maria deux fois. Son second mariage l'enlraiiia dans des difficultés d'argent, el il fit banqueroute en 16a6. lia l'ait plus de 600 tableaux, dont la valeur varie aujourdhui entre 2.500 et 100,000 fr. pièce. Parmi ses tableaux possédés par le Louvre, on admire surtout : l'Ange et Tobie; le Ménage du menuisier, les Fèlerins d'Emmaùs, et le poitrail de ce grand artiste. REMBRANESQUE adj. Qui appartient à la niuniere de Rembrandt.

* REMBRUNI, lE part, passé de Rembrunir : des tons rembrunis. — Fig. et fam. Un air REMBRUNI, un air sombre et triste.

• REMBRUNIR V. a. Rendre brun, rendre plus brun ; le fvud de ce tableau est trop clair, il faut le rembrunir. — Attrister, rendre sombre : cette nouvelle a rembriffii mes idées.

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mon imagination. — Se rembrunir v. pr. Une cotdcur qui se rembrunit.

' REMBRUNISSEMENT s. m. Etat de ce qui est rembniiii. drorqui s'est rembruni :iercmbrunissemmt def rot/leurs.

* REMBUCHEMENT s. m. Vén. Rentrée du cerf dans son fort.

* REMBUCHER (Se) v. pr. Vén. Se dit des bêtes sauvages lorsqu'elles rentrent dans le bois : la béte s'est rembuchée.

■ REMEDE s. m. (lat. remcdium). Ce qui sert à guérir quelque mal, quelque maladie, ce qu'on emploie dans ce dessein : la diète, l'exercice, le bon air, la gaieté, sont d'excellents remèdes. — Il y a remède a tout, fors a la

MORT. — Le REMÈDE est PIRE QUE LE MAL, Se dit

d'un remède qui parait très désagréable, ou dangereux, ou nuisible. Se dit aussi ûg. — C'est un remède a tous maux, se dit d'un remède dont on ne fait point de cas. — Remède DE bonne femme, remède simple et populaire : c'est un remède de bonne femme qui m'a guéri. — Etre dans les remèdes, se mettre dans les REMÈDES, prendre des remèdes, commencer à prendre des remèdes. — Le gr.\nd remède, le mercure qui se donne pour la guérison des maux vénériens : il a passé par le grand remède, par les grands remèdes. — Aux grands maux les grands remèdes. On le dit au propre et au figuré. — Partie. Lavement : prendre un remède. — Fig. Ce qui sert à guérir les maladies de l'âme : se faire une occupation est un grand remède contre l'ennui. — C'est u.v REMÈDE d'amour, se dit d'une femme vieille ou laide. — Fig. Tout ce qui sert à prévenir, à surmonter, a faire cesser quelque malheur, quelque inconvénient, quelque disgrâce : la sagesse est un remède contre les accidents de la vie. — Monnayage. Remède de loi, quantité d'alliage dont la loi tolère l'emploi dans la fabrication des espèces d'or et d'argent au delà de ce qu'elle a réglé; et. Remède de poids, quantité de poids dont la loi permet aux monnayeurs défaire les espèces plus légères qu'elle ne l'a prescrit : cet édit accordait tant de grains de remède de loi. et tant de grains de remède depoids,dans la fabrication des nouvelles espèces. On dit aujourd'hui, 'Iolérance. ■ — Remèdes secrets. (Voy. Codex, Pharmacie, etc.)

* REMÉDIABLE adj. A quoi on peut remédier : /' med était heureusement fort 7-emèdiable.

■ REMÉDIER v.n. Apporter remède, apporter du remède ; avec un bon régime, on remédie à la plupart des incommodités. — Fig. La sagesse remédie aux troubles de l'âme.

REMEIL s. m. [/ mil.]. Chasse. Cours d'eau qui ne gèle pas et où se réfugient les oiseaux aquatiques, pendant le froid.

* REMÉLER V. a. Mêler de nouveau : il faut reméler /es cartes.

REMÉLEUSE s. f. Appareil qui prend la pâte de chocolat et la pousse dans le moule.

* REMEMBRANCE s. f. (rad. retnèmorer).

Souvenir :,;'(•» aiquclquc rcinembrance. {\ieu%.)

' REMÉMORATIF. IVE adj. Qui sert à rappeler la mémoire : les fêtes sont 7-emémoratives de quelque événement, ou simpL, sont remémoratives. |Peu us.)

REMÉMORATION s. f. Action de remémorer.

* REMÉMORER v. a. (lat. remcmorare). Remettre en mémoire : je vais vous remémorer tout ce qui se passa dans celte bataille. (\'ie\i:i.) — Se remémorer v. pr. — Se remémorer quelque chose, le rappeler dans sa mémoire: je vais tâcher de me remémorer ce que vous dites. (Vieux.)

* REMENER v. a. Mener, conduire une personne, un animal au lieu où il était auparavant : vous m'avez amené, vous me remènerez. — Eu parlant de choses qui se voiturent. les revoiturer où elles étaient aupara'

REME

vont : (7 avait mené des marchandises à la foire, il II Ole obliijé de les remencr à son magasin.

• REMERCIEMENT on Remercîment s. m.

Aiiion de f:i-àces, di>ooiii-s par lequel on leniciTic : cela vaut bien «n rcmcrcimerd.

' REMERCIER v. a. (rad. merci). Rendre yrÙLe : remenier Dieu de ses bienfaits. — Il

PCUT BIEN REMERCIER DiEU QUE JE NE ME SOIS PAS

TROUVÉ LA, il est bien heureux de ce que je lie me suis pas trouvé là. — Refuser honnêtement : il s'offrait pour exercer cet emploi, mais on Va remercié. — Se dit aussi, par civilité, pour marquer le refus qu'on fait d'accepter quelque chose : je vous remercie de vos offres. — Je vous remercie de vos conseils, se dit |)our marquer qu'on n'est pas disposé à l(!s suivre. — Fam. En vous remerciant, je vous remercie. — Congédier, révoquer, destituer quelqu'un honnêtement : il exerçait tel eiiipl li, mais il vient d'être remercié.

' REMERE s. iTi. (préf. re; lat. emere, acheter;. Juiispr. Rachat, recouvrement d'un immeuble vendu, et dont on rend le pri-x à l'aicheteur. Faculté de réméré, droit, faculté de racheter dans un cei tain délai la chose qu'on vend, en remboursant à l'acheteur le pi'i.\ principal et les frais de son acquisition. .■\CT10N DE RÉMÉRÉ, action qui tend à exercer le droit, la faculté de réméré. Vente a réméré, AVEC FACULTÉ DE nÉMÉRÉ, Vente d"un immeuble faite sous la condition que le vendeur pourra rachiHer dans un délai convenu.

Pacte DE RÉMÉRÉ, condition par laquelle on se réserve la faculté de réméré. Rentrer

DANS UN HÉRITAGE EN VERTU DU RÉMÉRÉ, rentrer

dans un bien qu'un avait vendu, en exerçant la faculté du rachat qu'on s'était réservélors de la vente. — La vente à réméré est celle qui est faite sous la condition que le vendeur pourra rentrer en possession de l'objet vendu, pendant un délai convenu, lequel délai ne peut dépasser cinq ans. (Voy. Rachat.)

RÉMÉRER V. a. Reprendre en vertu d'un pai.'le de réméré.

REMETTAGE s. m. Techn. Action de passer un a un chaque fil de la chaîne dans les mailles et maillons qui composent les liises.

REMETTEUR, EUSEs. Personne qui remet.

REMETTRE V. a. Se conjugueeomme UTettre. Mettre une chose au même endroit où elle était auparavant : remettre l'épée dans le fourreau. — Mettre de nouveau : remettre à la voile. — Remettre une chose a quelqu'un devant LES YEUS, sous LES YEUX, la lui présenter, la lui remontrer, la lui faire considérer de nouveau : j'ai eu beau lui remettre devant les yeux le péril oii il s'exposait. — Rétablir les personnes, les choses dans l'état où elles étaient auparavant : remettre les lieux dans l'état oii on les a trouvés. — Remettre bien

E.NSEMBLE DES PERSONNES QUI ÉTAIENT BROUIL- LÉES, les réconcilier, les raccommoder. — Raccommoder, remboiter un membre, un os démis, disloqué cassé : le chirurgien lui a remis le bras. On dit communément, dans un sens anal., Remettre la luette. — Rétablir la santé, redonner des forces : l'usage du lait est ce qui l'a remis. — Rassurer, redonner de l'assurance, faire revenir du trouble, de l'inquiétude, de la frayeur où l'on était : ce que vous lui avez dit lui a un peu remis l'esprit. — Remettez-vous, commencez par vous remettre, se dit d'une personne agitée de quelque passion, ou fatiguée d'un exercice violent, pour l'enj-'ager à se calmer, à reprendre ses esprits. — Rendre une chose à quelqu'un à qui elle appartient, ou à qui elle est destinée, adressée, de quelque manière qu'on l'ait eue, ou qu'on l'ait prise : on lui a remis sa montre, qui lui avait été volée. — Remettre un bénéfice, une charge, se dessaisaisir d'un bénéfice, d'une charge entre les mains de celui à qui il appartient d'y pour-

REMI

voir : il remit son bénéfice entre les mains du collateur. — On dit, dans un sens anal., Le chancelier, le ministre de la justice a remis LES sceaux, il a reçu ou il a donné sa démission de la fonction de garde des sceaux.

— Comm. Remettre de l'argent dans une VILLE, faire tenir de l'argent par lettre de change ou autrement : il a fait remettre cinquante mille francs à Lyon. — Différer, renvoyer à un autre temps : on a remis la partie à demain. — Obliger à recommencer une étude, un apprentissage, un exercice : remettre quelqu'un à l'A b c. — Jeu d'échecs. Remettre une partie, se dit lorsque, ni l'un ni l'autre des joueurs ne pouvant donner échec et niai à celui contre qui il joue, la partie reste indécise, et qu'il faut là recommencer : la partie est remise.— Fig. et fam. La partie est remise, c'est partie remise, il faut recommencer comme s'il n'y avait rien de fait. —Jeux. La partie est remise, ou elliptiq., Remise, se dit lorsque, à la fin de la partie, les avantages restent égaux entre les joueurs. — Jeu de paume. Au dernier a remettre, signifie que la chasse est au dernier, et que, si celui contre qui on joue met aussi au dernier, il faudra recommencer le coup, r- Faire grâce à une personne de quelque chose qu'on était en droit d'exiger d'elle : de mille écus qu'il devait, on lui en a remis cinq cents. — Jeu d'échecs. Remettre un coup a quelqu'un, l'autoriser à recommencer un coup qu'il avHit mal joué. — Pardonner :î/ n'y a que Dieu qui ait le pouvoir de remettre les péchés. L'Ecriture sainte dit en ce sens. Remettez, et il vous SERA REMIS, si nous pardounons les offenses que nous avons reçues. Dieu aussi nous pardonnera nos péchés.- .Mettre comme en dépôt, confier au soin, à la prudence de quelqu'un : je lui ai remis entre lesmains tout l'urgent que j'avais. — Remettre une affaire A quelqu'un, lui en confier l'inspection, la disposition : le ministre remet ordinairement ces sortes d'affaires à un tel. — Remettre une

AFFAIDE AU JUGEMENT, A LA DÉCISION DE QUEL- QU'UN, consentir qu'elle soit réglée, suivant qu'il en jugera, qu'il en décidera. — Remettre

UN CRIMINEL ENTRE LES mains DE LA JUSTICE, le

livrer, l'abandonner à ceux qui sont préposés pour rendre la justice. — Se remettre v. pr. Recouvrer la santé, les forces : il a eu bien de la peine à se remettre de samaladie. — Chasse, Uni; perdrix qui se remet, se dit d'une perdrix, lorsque, après avoir fait son vol, elle s'abat en quelque endroit; elle vient de se remettre. On dit aussi, Jb l'ai vue remettre.

— Recommencer une chose : se remettre à table. — Se remettre quelque chose, se remettre quelqu'un, s'en rappeler l'idée, le souvenir : quand je me remets l'état où je l'ai vu. — Se remettre entre les mains de quelqu'un, avoir recours à lui en se mettant k sa disposition : il se remet entièrement entre vos mains, et vous laisse disposer de son sort. Etre prêta faire tout ce qui convieudra à la personne entre les mains de qui on se remet : il se remet entre vos mains, et ne fera que ce que vous voudrez. Ou dit dans le même sens. Se

REMETTRE ENTRE LES MAINS DE DiEU, ENTRE LES

MAINS DE LA Pkovidence, se résigner, s'abandonnerentre les mains de Dieu. — Seremettre DE QUELQUE CHOSE A QUELQU' UN, et plus Communément, S'en remettre a quelqu'un, s'en rapporter à lui, à ce qu'il dira, à ce qu'il fera : du reste je me remets à ce que vous dira mon frère. Ouditaussi, Jem'en remets aujugeuent, a la décision de telle personne.

* REMEUBLER v. a. Regarnir de meubles : il a fait remeubler ses appartements à neuf.

REMI ou Rhemi, ancien peuple de la Gaule (IP Belgique]; villes pnuc. Durocortorum {ReiTa}]," Duroc(Ualaurum (Châlons), Laudanum (Laon).

REMI ou Remy (Saint'', Remigius. appelé « l'apôtre dea traiics », ne vers 439, mort

REMI 65

en 53.'5. Elu évêque do Reims dans sa vingtdeuxième année, il propagea, avec l'aide de Clovis qu'il avait baptisé, les notions du christianisme dans le peuple, et établit des évêques à Tournay, il Laon, à Arras, à Thérouanne, et à Cambrai. Sa fête se célèbre le l^"' oct.

REMI (Saint-). I, ch.-l. de cant., arr. et à 25 kil. N.-E. d'Arles (Bouches-du-Rhône) ; b.976 bah. — II. (-Remi-sur-Durolle), ch.-l. de cant., arr. et à 8 kil. N.-N.-E. do Thiers Puy-de-Dôme); 5,433 h. — 111. (-Remi-en- Bouzemont). ch.-l. de cant., arr. et à U kil. S.-S.-E. de Vitry (Marne) ; 727 hab.

REMIAGE s. m. Action d'écraser de nouveau les pommes à cidre pour les soumettre une seconde fois à l'action de la presse.

REMIERv. a. (rad. émier). Ecraser une seconde fois les pommes à cidre.

RÉMIFÉRE adj. (lat. remus, rame ; /'«•o, je porte). Zool. Qui a des organes en forme de rame.

REMIGE s. f. (lat. remigium; de remex, qui rame). Nom donné aux grosses plumes des ailes chez les oiseaux, parce qu'elles fonctionnent commodes rames pendant le vol. — RÉMIGES primaires, ponnos extérieures , au nombre de dix. dontquatre garnissent lelong doigt. — Rémiges secondaires, pennes qui se distribuent le long de l'avant-bras et dont le nombre est variable. — Rémiges bâtardes, pennes longues et étroites insérées sur le pouce, au nombre de 3 à 3.

* RÉMINISCENCE s. f. | -niss-san-] (rad. lat. reminisci. se souvenir). Ressouvenir, renouvellement d'une idée presque effacée ; j'ai quelque réminiscence de ce qui eut lieu à cette époque. — Pensée, expression, etc., de quelque auteur, qui s'offre à la mémgiife, et qu'on emploie involontairement ouà dessein, -dans un ouvrage, comme si on l]^eût' conçue ou trouvée soi-même : un ouvrage plein de réminiscences.

REMINISCERE s. m. (lat. reminiscere, souvenez-vous), second dimanche de carême, ainsi appelé parce que l'intro'it de la messe du jour commence par ce mot.

RÉMIPÈDE adj. (lat. remus, rame; pes, pedis, pied). Dont les pattes ont la forme de rames.

REMIRE, îlot de la Guyane française, arr. de Cayenne ; lieii de déportation.

REMIREMONT, Romarici Mans; Libre-Mont, pendant la Révolution, ch.-l. d'arr.,à 28 kil. S.-S.-E. d'Epinal ('Vo>ges), au pied des Vosses, sur la rive gauche de la Moselle, par i8''Ô'o8"lat.N.et4° 15' I8"lung, E., 10,479 h. Toiles, tissus de coton, fromages, pâtés de truites. La ville a reçu son nom de saint Romaric, qui y fonda une abbaye en 620. lillc fut prise par Louis .XHI en '1037 et rebâtie par .\nne de Lorraine en 1732.

' REMISAGE s. m. Action de remiser : le remisage d'une voiture.

* REMISE s. f. (fr. remettre). Action de remettre, de rendre, de livrer, etc. : la remise des prisonniers s'est effectuée tel jour. — Jurispr. et Admin. : la remise d'un gage, d'un nantissement, d'un cautionnement . — Se dit aussi en parlant de l'argent que des négociantsfonl remettre à leurs correspondants, soil par lettres de change, soit autrement : il a fait une grande remise d'argent dans telle ville. — Délai, retardement, renvoi a un autre temps : c'est un homme qui use toujours de remise. — Grâce que l'on fait à un débiteur, en lui remettant une partie de ce qu'il doit : on lui a fait remise, une remise de la moitié des intérêts. — La remise volontaire d'une dette est souvent une sorte de donation (elle peut aussi être faite a titre onéreux) que le

REMI

REMO

REMO

Code civil a classée parmi les modes d'extinction dos obli;;alions (art. <Î34). Cotte remise volontaire peut être justifiée par de simples présomptions, telle que la remise du titre de la créance faite par le créancier au débiteur. (Voy. Preuve.) — Se dit aussi en parlant des peines : le roi lui a fait remise de l'nmend(\ de la prison. — Somme que l'on abandonne à celui qui est chargé de faire une recette, un recuuvrcmcnt. une commission, et qu'il ajoute à ses appointements, ou qui lui en tient lieu : ce receveur a cinq centimes par franc de remise. — Rabais que leslibrairesaccordenl à certaines personnes, sur le prix porté au catalogue : t'oitvraiifi se vend douze francs; 7nais j'ai obtenu deux francs de remise. — Jeu duRevcrsi, du Boston, etc. Amende qu'on nomme Bète il divers autres jeux : faire laremise. — Lieu pratiqué dans une maison pour y mettre à couverllescarrosseset autres voitures : mettre une calèche, un cabriolet sous la remise dans la remise.— Voiture deremise, voiture à quatre places, sans numéro, qui se loue ordinairement par jour ou par mois : il a loué une voiture de remise. — Il est sous la remise, on l'a MIS sous LA REMISE, se dit d'un homme qui a perdu sa place. Il est sous la remise, se dit aussi d'un homme à qui son âge ou ses infirmités ont fait cesser tout travail. O.n le laisse sous LA REMISE, se dit d'un homme qu'on pourrait employer avec succès, et qu'on n'emploie pas. — Endroit où une perdrix se remet après avoir fait son vol : tuer des perdrix à la remise. — Taillis de peu détendue, planté dans une campagne, pour servir de retraite aux lièvres, aux perdrix, etc. : il y a quantité de remises dans cette plaine.

* REMISE s. m. Voiture de remise : louer un ri'misc.

• REMISER V. a. Placer sous une remise : îl fiiut remiser cette voiture. ■ — w Jargon. Conduire en prison. — Envoyer au diable. — ' Absol. Ce cocher a eu bien de la peine à remiser.

REMISEUR s. m. Loueur de voitures deremise.

REMISIER s. m. Bourse. Personne à qui les agents de change font des remises sur les atlaires qu'elle apporte.

RÉMISSIBILITÉ s. f. [-mi -si-]. Qualité de ce qui ol léiiiis-ible.

■ RÉMISSIBLE adj. (lat. remissibilis; de remittere, remettre). Qui est pardonnable, qui est digne de rémission : c'est une faute remissihlc.

' RÉMISSION s. f. (lat. remif^sio). Théol. Pardon : obtenir de Dieu la rémission de ses péchés. — (irâce que le prince fait à un criminel, en lui remettant la peine qu'il a encourue suivant les lois : il a eu beaucoup de peine à obtenir sa rémission. Dans ce sens, il est moins usité que Grâce. — Letthes de RÉMISSION, ou absol. Rémission, lettres patentes expédiées en chancellerie, et adressées aux juges, par lesquelles le roi accordait à un criminel la rémission de son crime, en cas que ce qu'il avait exposé a sa décharge se trouvât vrai : obtenir des IMres de rémission. — Adoucissement, miséricorde, indulgence dont use une personne qui a droit, autorité ou avantage sur une autre : j'ai usé de rémission envers ce fermier. — Un homme sans rémission, un homme implacable, qui ne pardonne point, qui exige à la rigueur tout ce qui lui est dû. — Méd. Diminution, relâchement; se dit en parlant de la fièvre, des maladies aiguës, lorsqu'elles perdent de leur force, de leur intensité : la violence du mal parut éprouver quelque rémission.

• RÉMISSIONNAIRE s. m. Jurispr. Celui qui était porteur de lettres de rémission, qui avait obtenu des lettres de rémission : tout réiitissionnaire était obligé de se mettre à genoux

qi/and il présentait ses lettres de rémission àlpnprsse .leanne (Lyon, 1o9o); l'Antéchrist

l'oudien

RÉMITTENCEs. f. [-mi-tan-]. Pathol. Caractcrr lir- .illf.-tions rémittentes.

•RÉMITTENT, ENTE adj. [-mi-tan]. Méd.

Se dit des maladies, et principalement des fièvres qui éprouvent des rémissions, de la diminution, du relâchement.

RÉMIZ s. m. [-miz]. Ornilh. Nom donné, en Poingnn, à la mésange pendidine (paroides penduiintcs], qui se distingue des mésanges proprement dites par un bec plus grêle et plus pointu. Cet oiseau mesure de <0 à 12 centim. de long. Il est d'un gris rougeâtre

Réiiiiz (Paroides penduli

en dessus, avec les ailes et la queue noirâtres et les parties inférieures d'un blaiu- li'gèreinent rosé. Il construit artistenicnt son nid en le tissant avec les libres de l'écorce et le coton des graines du saule, et, en l'attachant à une petite i)ranche au milieu d'un buisson.

REMMAILLAGE ou Remmaillement s. m.

Action lif remmailler.

REMMAILLER V. a. Refaire les mailles.

* REMMAILLOTER v. a. [ran-]. Emmailloter de nouveau : remmaillotez cet enfant.

' REMMANCHERv. a. [ran-]. Emmancher de nouveau. — Fig. et fam. Emmancher une né- GOOATiON, l'engager de nouveau api'ès qu'elle a été rompue, la rajuster : l'affaire se remmancha.

* REMMENER v. a. [ran-]. Emmener ce qu'on avait amené. Se dit en parlant des personnes et des animaux : remmenez cet homme.

RÉMOIS, OISE s. et adj. De Reims; qui appailieiil a cette ville ou à ses habitants.

RÉMOIS (Le), petit pays de l'ancienne France, entre le Laonnais, le Sois^ioiuiais, le Cbâionnais et la Brie; cap. Reims; villes princ. : Sainte-Menehould et Epernay. Le Rémois a formé la partie N.-O. du dép. de la Marne.

* RÉMOLADE. Voy. Rémoulade.

* REMOLE s. f. Mar. Tournant d'eau qui est quelquefois dangereux pour les navires. (Peu us.) (Voy. Remous.)

RÉMOND (Florimond de), conseiller au parlement de Bordeau.v, né à Agen en l.")40, mort à Bordeaux en 1002. 11 fut élève de Ramus, se convertit au catholicisme et se signala dans la suite par de violents écrits contre les protestants, ses anciens coreligionnaires. 11 a laissé : Erreur populaire de la

REMONTABLE adj. Qui peut être remonté :

jné' iinismc reinoiitable.

REMONTADOIRE s. m. Tech. Espèce d'écuelle :\ l'usage des papetiers.

* REMONTAGE s. m. Cordonnier. Action de remonter des bottes; ouvrage qui en résulte : payer tant pour le remontage d'une paire de bottes. — Techn. Travail d'ajustement des pièces qui ont été démontées.

* REMONTE s. f. Se dit en parlant des chevaux qu'on donne à des cavaliers, pour les remonter : on acheta dix mille chevaux pour lu, remonte delà cavalerie. — Se dit aussi de l'achat des chevaux nécessaires pour la remonte : officier chargé de la remonte. — Haras. Se dit de tous les sauts que l'étalon donne à la jument après le premier : cette jument a eu Iruis rciitoiites.

* REMONTER v. a. Monter une seconde fois, monter de nouveau ; retourner où l'on était avant de descendre : remonter sur son cheval. — Fig. Remonter sur le trône, recouvrer l'autorité royale. — Remonter sur l'eau, reprendre crédit. — Prov. et fig. Remonter sur sa liÊTE, regagner ce qu'on a perdu, reprendre un emploi, un avantage qu'on avait cessé d'avoir ; il avait perdu au jeu, mais il a remonté sur sa bête. — Se dit aussi des choses qui retournent vers le lieu, vers le point d'où elles étaient descendues : la rivière remontera vers sa source avant que cela arrive. — Cette maison remonte, la généalogie de cette maison

REMONTE jusqu'à TELLE PERSONNE, JUSQU'a TEL

TEMPS, la descendance de cette maison est bien prouvée depuis telle personne, depuis tel temps.

Ses aïeux remontinent aux comtes de Bi{;orre.

CoLLiN D'HinLEviLLE. Monsieuv de Crac. se. X¥i.

— Le SOLEIL REMONTE, COMMENCE A REMONTER,

se dit lorsque, après le solstice d'hiver, les jours commencent à croître. — La rente remonte, le prix du capital, qui était descendu, redevient plus élevé. On dit, dans un sens anal., que Les effets publics, que des actions remontent. — Ses actions remontent, se dit en parlant d'un homme qui commence à recouvrer du crédit, de la faveur, de l'aisance. — Sa goutte remonte, est remontée, 1 humeur de la goutte, qui se portait aux extrémités de son corps, est rentrée, s'est reportée au dedans.— Remonter vers la source d'un fleuve, d'une rivière, aller vers leur source, soit en naviguant, sur leurs eaux, soit en suivant à terre un de leurs bords. — Fig. Reprendre les choses de plus loin : pour entendre cette affaire, cette histoire, cette vérité, il faut remonter plus haut. — Par exag. Remonter au déluge, a la création, etc. reprendre les choses de trop loin dans un récit. — Fig. Remonter a la source, a l'origine, a LA CAUSE, AU PRINCIPE, considérer une chose dans son origine, dans son principe, dans son commencement: remontez à la source de telle chose, et vous trouverez que... — Jurispr. anc. Les propres ne remontent point, les ascendants ne succèdent point aux propres, mais seulement aux meubles et acquêts. — S'élever, taire un mouvementde basen haut: au jeu de la bascule, quand un des cùtés s'abaisse, l'autre côté remonte. — v. a. Remonter LA montagne, remonter l' ESCALIER, LES

DEGRÉS, etc., monter une seconde fois, monter de nouveau la montagne, l'escalier, les degrés, etc. — Remonter le cours d'un fleuve,

DUNE RIVIÈRE, ou siuipl., REMONTER UN FLEUVE,

UNE RIVIÈRE, naviguer contre le courant d'un fleuve, dune rivière. — Remonter un fleuve, UNE RIVIERE, signifie aussi côtoyer un fleuve, une rivière, à pied ou eu voilure, en remontant vers sa source : quand on va de Saumur à Tours sur la levée, on remonte la Loire. — Remonter une compagnie de CAVALtniE. donner

REMO

des chevaux à une compagriie de cavalerie quiétaitdemontée. Ou dit de même. Remonter

UN CAVALIER. — ReMONTKR ON LABOUREUR, i'é-

quiper de nouveau; et, Remonter une ferme, UNE MÉTAIRIE, remettre dans une ferme tout ce qui est nécessaire pour la faire valoir. On dit de même, REMONTen une fabrique, une imprimerie, etc. — Remonter un magasin de marchandises, une maison de meubles, une bibliothèque de bonnes éditions, etc., les en regarnir.

— Remonter des bottes, y mettre une erapeifrne et des semelles neuves. — Remonter un fusil, DES pistolets, mettre un bois neuf : il a fait remonter son fusil, parce que le bois en était cassé.

— Remonter un violon, une guitare, une BASSE, les garnir de cordes neuves. — Remonter une montre, ONE PENDULE, ON TODRNE-

BROCHE, etc., les remettre en état d'aller. — Fig. Remonter la tête de quelqu'un, le ramener à la raison, le guérir de fausses alarmes. On dilde même. Loi remonter l'imagination, LE COURAGE, relever son imagination, son courage, qui étaient abattus. — Se remonter V. pr. Se fournir de nouveau de toutes les choses nécessaires pour une exploitation.

— Fig. Reprendre des forces: il s' est un peu remonté.

REMONTEDR, EUSE s. Personne qui remonte.

* REMONTOIR s. m. Horlog. Carré qui, à l'aide d'une clef, sert à remonter une pièce d'horlogerie. — Mécanisme qui remplace la clef.

* REMONTRANCE s. f. Discours par lequel on représente à quelqu'un les inconvénients d'une chose qu'il a laite, ou qu'il est sur le point de faire : la remontrance fut écoutée, fut lien reçue. — Avertissement qu'un père donne à son enfant, un supérieur à son inférieur, etc., pour lobliger à se corriger : remontrance paternelle. — pi. Certains discours adressés aux rois par les parlements et autres compagnies souveraines, surtout par les parlements, et dans lesquels ils exposaient les inconvénients d'an édit, d'une loi fiscale, d'un abus d'autorité, etc. : le parlement arrêta qu'il serait fait des remontrances au roi.

' REMONTRANT s. m. 'Voy. Arminien.

* REMONTRER v. a. Montrer de nouveau.— Représenter à quelqu'un les inconvénients d'une chose qu'il a faite ou qu'il est sur le point de faire : vous me permettrez devons remontrer que... — Remontrer a quelqu'un le tort qu'il a, lui remontrer sa faute, lui remontrer SON DEVOIR, faire connaître à quelqu'un le tort qu'il a, lui donner des avertissements touchant sa faute, louchant son devoir.

— Prov. et tig. C'est gros jean qui en remontre A son curé, se dit lorsqu'un ignorant veut donner des leçons à quelqu'un qui en sait plus que lui. — Vén. Donner connaissance de la bêle qui est passée. — Se remontrer v. pr. Se montrer de nouveau : comment ose-t-il se remontrer?

' RÉMORA s. m. ou Rémore s. f. Espèce de petit poisson ainsi appelé du latin rémora, parce que les anciens lui attribuaient le pouvoir d'arrêter les vaisseaux dans leur course.

— Fig. et fara. Obstacle, retardement : l'affaire était prés de se terminer, quand il est survenu un rémora.

' REMORDRE v. a. Mordre de nouveau : il l'a mordu et remordu. — Fig. Reprocher quelque faute, quelque crime. Il n'est d'usage qu'en parlant des reproches que fait la conscience ; et ne se dil a;uère qu'à la troisième personne du présent de l'indicatif : les méchants n'ont point de repos, leur conscience les remord à tous moments. — v. n. Cette poire est si âpre, que quand ony a mordu une fois, on n'y veut plus remordre. — Fig. et

REMP

Fig. et fam. Il n'y veut plus remordre, il a

BIEN DE LA PEINE A Y IIEMOUUIIE, SC dit d'un

homme qui est rebuté de quelque entreprise, de quelque travail, de quelque étude, et qui ne veut plus s'y remettre, qui a de la peine à s'y remettre.

■ REMORDS s. m. [re-mor] (rad. remordre). Reproche violent que le coupable reçoit de sa conscience : il est endurci, il n'a plus de remords.

La îicloire, Créon. n'est pas toujours si belle; La honte et les remords vont souvent après elle.

J. Ricins. La Thébaîde, acte I", se. v.

* RÉMORE S. f. Voy. Rémora.

' REMORQUAGE s. m. Action de traîner à la

remorque.

* REMORQUE s. f. (lat. remulcus). Mar.

Action de remorquer : la remorque est d'un grand secours en plusieurs occasions. — Se METTRE A LA REMORQUE, Se faire remorquer. — Cable de remorque, ou absol., Remorque, câble par lequel un bâtiment est attaché à celui qui le remorque : donner, prendre la remorque. — Bateau de remorque, bateau qui sert à eii remorquer un autre, c'est-à-dire à aider et à activer sa marche. Les navires à vapeur sont employés aujourd'hui, dans certaines circonstances, à diriger ainsi les plus gros vaisseaux, sur les mers dangereuses et dans les mauvais temps. Briesta de Bouval inventa, en 1816, un bateau spécial de remorque.

•REMORQUER V. a. Mar. Se dit d'un bâtiment qui en traîne un autre derrière soi, pour le faire marcher, pour en accélérer la vitesse, pour l'empêcher de s'écarter, etc. : un bâtiment à vapeur remorqua notre navire jusqu'àtel endroit.

'REMORQUEUR s. m. Mar. Bâtiment, bateau qui donne la remorque, qui remorque : un bon remorqueur. On l'emploie surtout en parlant des bâtiments, des bateaux qui servent habituellement à remorquer.

* REMORQUEUSE s. f. Chemin de fer. Voiture chargée d'une machine à vapeur, pour traîner après elle un convoi de voyageurs ou de marchandises.

' RÉMOTIS (À) [-tiss]. Expression empruntée du latin, qui signifie à l'écart : /ai mis cet habit àrémotis. (Fam. et peu us.)

REMOUCHAMPS, hameau de la province de Liège (Belgique), sur la rive droite de \'.\mblève; célèbre par une grotte remarquable.

' REMOUDRE v. a. Moudre de nouveau. Voy. Moudre.

'RÉMOUDRE V. a. Eraoudre de nouveau.

Voy. Emoudhe.

* REMOUILLER v. a. Mouiller de nouveau : il faut nrmouiUer ce linge.

' RÉMOULADE ou Rémolade s. f. Espèce de sauce piquante, obtenue en mêlant de l'huile à du jaune d'œuf cru, du vinaigre, sel, poivre moutarde, câpres, etc.

* RÉMOULEUR s. m. Celui qui éraoud les couteaux, les ciseaux, etc. On dit autrement. Gagne-petit.

REMOULINS, ch.-l.de cant., arr. et àl6kil. S.-E. d'Uzès (Gard), près du fameux pont du Gard; d,323 hab. Ancien château; beau pont suspendu.

* REMOUS s. m. Mar. Tournoiement d'eau occasionné par lemouvement d'un navire. — Tournoiement d'eau causé par un obstacle, par un corps solide quelcon(jue. — Contrecourant formé sur les bords d'une rivière.

' REMPAILLAGE s. m. Action de rempailler; résultat de cette action : le rempaillage d'une chaise.

REMPAILLER v. a. Empailler de nouveau.

REMP

fam. Attaquer de nouveau : ce dopt/e a é«é | garnii d'une nouvelle paille : rempailler des il maltraité, qu'il n'a pas voulu remordre. — chaises.

•REMPAILLEUR, EUSE s. Celui, celle qui

regaiiiiL Uoi. 5ici;c,-. ili- paille.

'REMPARER(Se) v. pr. Se faire une défense contre quelque attaque : se voyant surpris par les ennemis, ils seremparèrent avec des chariots, et avec tout ce qu'ils purent ti-ouver.

• REMPART s. m. Levée de terre qui environne et défend une place: les remparts d'une ville, d'une forteresse. — Ce qui sert de défense : cette place est le rempart de toute la province.

REMPLAÇAELE adj. Que l'on peut remplacer.

• REMPLAÇANT s. m. Celui qui remplaçait un jeune homme appelé au service militaire: les remplaçants ne sont pas admis dans la nouvelle loi militaire. — Toute personne qui en remplace une autre dans une fonction, dans une occupation quelconque : je suis obligé de m'absenter quelque temps, veuillez être mon remplaçant.

• REMPLACEMENT s. m. Action de remplacer une chose par une autre; résultat de cette action : ces meubles sont vieux, sont brisés, j'en ai ordonné le remplacement. — Se dit aussi en parlant des personnes : pourvoir au remplacement d'un juge. — Emploi utiledes deniers quiproviennent d'un immeuble vendu, d'une rente rachetée, etc., et qu'on est obligé de placer ailleurs : l'obligation de faire le remplacement des biens dotaux est une clause ordinaire des contrats de mariage. (Voy. Remploi).

' REMPLACER v. a. Succéder à quelqu'un dans une ))lace, dans un emploi : c'est son fils qui le remplace dans son emploi, dans ses fonctions. — Particul. Faire à la place de quelqu'un le temps de service militaire imposé par la loi : n'ayant pu se faire réformer, il s'at fait remplacer. — 'Fenir lieu d'une personne, d'une chose : de tous mes amis il ne me reste plus que lui, mais il remplace seul tous les autres. —Donner poui' successeur, mettre à la place : on l'a remplacé par son fils. — Il est difficile de remplacer un tel capitaine, un tel ministre, etc., il est difficile de trouver un sujet qui ait sa capacité, qui puisse dignement remplir sa place. — Faire un emploi utile des deniers provenant d'une rente rachetée, d'une terre vendue, etc. : il a vendu une propriété de sa femme, maisilen a remplacé le prix par l'acquisition d'un autre immeuble. — Seremplacerv. récipr.iivie remplacent l'un l'autre. — v. pr. Conira. Acheter de nouvelles marchandises pour remplacer dans le magasin celles qu'on a vendues.

* REMPLACES, m. Action de remplir une pièce de vin qui n'est pas tout à fait pleine : d faudra prés d'un mitid de vin pour le remplage de toutes ces pièces-là. — Vm de remplace, vin dont on remplit les pièces qui en ont besoin. — Maçonn. Blocage de moellons ou briques et de mortier, dont on remplit l'espace vide entre entre les deux parements d'un mur en pierre : faire le remplage. — Se dit aussi des cailloux qu'on jette entre un mur de revêtement et les terres : ceremplage préserve le mur de l'humidité des terres. — Charpent. Se dil également des petits bois qui garnissent un pan de bois, une cloison ou une ferme.

' REMPLI s. m. Taill. Tapiss. et Coutur. Pli que l'on fait à du linge, à de l'étoffe, à une tapisserie, pour les rétrécir ou pour les accourcir, sans en rien couper : on a fait un rempli à cette tapisserie, à cette serviette, à ce rideau, à cette robe.

* REMPLI, lE part, passé de Remplir. — Adjecliv. Plein, qui abonde en quoi que ce soi : une ville remplie d'étrangers. — Etre rempli de soi-même, avoir une trop haute opinion de ce qu'on vaut : c'est un homme remplide lui-même, tout rempli de lui-même.— Etre rempli, se disait d'un induUaire ou d'un

REMP

i.'radné, lorsqu'il riait pourvu d'un hénéficf assez considéi aille pour n't'lrc pas en droit d'en requérir un autre en vertu de son induit ou de ses grades.

• REMPLIER V. a. Taill., Tapiss. et Coutur. Faire un rempli : il faut porter l'hahit de cet enfant chez le tailleur, pour qu'il le remplie.

■ REMPLIR V. a. lùnplir. de nouveau : ce tonneau, qui était plein, a fui; il faut le remplir. — Emplir, rendre plein : la bouteille est à moitié, il faut la remplir ou la vider. — Pop. Cette nourritork remplit beaucoup, elle rassasie promptement. Cette nourriture ne remplit p.^s assez, elle est trop légère. — Remplir le nombre de ceux qui doivent former UN corps, une compagnie, PAC.., en rendre le nombre complet. — Remplir un corps, une compagnie, une si)ciété, de personnes capables, d'ignorants, etc., y admettre, y faire entrer beaucoup depersonnes capables, d'ignorants, etc. — Remplir une transaction, une quittance, etc., écrire ce qui manquait à l'endroit qu'on y avait laissé en blanc. — Remplir UN BLANC-SEING, écrire les stipulations d'un acte sur un papier signé d'avance. — Remplir des bouts rimks, faire des vers sur des rimes données. — Remplir du point, de la dentelle, refaire à l'aiguille les tleurs qui sont rompues à du point, à de la dentelle, ou y en en ajouter de la nouvelle. -- Remplir UN CANEVAS, UNE TOILE, UN DESSIN, faire deS

points il l'aiguille pour couvrir ce canevas, cette toile, pour exécuter ce dessin. — Fig. Ces VERS remplissent bien l'oreille, ils sont bien cadencés, bien nombreux, ils frappent l'oreille agréablement. On dit de même d'un discours en prose, qu'lL est nombreux, qu'lL remplit bien l'oricii.le. — Fig. Remplir une place, occuper une place, unecharge, un emploi : c'est un homme très digne de la place qu'il remplit. On dit, dans le même sens, Remplir une fonction, un emploi. — Remplir, NE PAS remplir sa PLACE, s'acquilter, ne pas s'acquitter des devoirs, des obligations qu'elle impose : il remplit sa place imparfaitement, i inUirjnement. — Se dit, fig. et par exai;. en parlant de ce qui abonde dans un lieu, ou qui s'y étend beaucoup, qui en occupe une grande partie : tes étrangers remplissent la ville.

Deprioces égorgés la chambre était remplie, Atliahe. acte I*', se. ii.

— S'emploie au sens moral, dans la même acception : remplir les peuples de crainte, d'étonnement, de joie. - S'emploie aussi lig. en parlant du temps, de la durée et signifie, occuper, employer : cette guerre a rempli une période de trente années. — Fig. Kxecuter, accomplir, eU'ectuer, réaliser : remplir une i.ûclie, une mission.

D'un oncle, d'un ami je remplis le devoir.

CoLLiN d'Hableville. L'Inconstatit, acte I"', sc.x.

— Remplir l'idée qu'on doit avoir ou qu'on s'est faite de quelque chose, de quelqu'un, otlrir l'accomplissement de tout ce que cette idée promet, de tout ce qu'elle renferme : cet ouvrage remplit parfaitement l'idée qu'on doit avoir d'un poème, d'un traité. — Cet

HOMME A rempli SON SORT, A REMPLI SA DESTINÉE,

il a fait les actions, il a éprouvé les événements auxquels il paraissait destiné. — Jurispr. ctCompt. Restituer, donner i quelqu'un ce qu'il a avancé, ce qu'il a droit de reprendre, de réclamer : il faudra d'abord me remfjlir de mes frais, de mes avances, de mes délioursés. — Jeu de trictrac. Se dit lorsque l'on complète les cinq cases du petit jan, ou les six cases du grand jan, ou enfin celles du >iin de retour : je ne remplirai pas. — Se remplir v. pr. Devenir plein : le tonneau se remplit.

• REMPLISSAGES, m. Signifie la même chose que remplagc, lorsqu'il s'agit de vin ou de maçonnerie. — Ouvrage que fait une

REMS

ouvrière en fil, en remplissant du point, de la dentelle : on a donné tant pour Icrcmylissage de i:cs dentelles. — En parlant des ouvrages d'esprit, se dit, fig. , de tout ce qui s'y trouve d'inutile, d'étranger au sujet : il y a beaucoup de remplissage dans fel ouvrage. On dit dans un sens anal . en termes de peinture. Figure de remplissage. — Mus. Parties DE bkuplissage, parties du milieu, c'est-à-dire, celles qui sont entre la basse et le dessus.

* REMPLISSEUSE s. f. Ouvrière qui remplit et raccommode des points, desdentelles: portez CCS loiiits à la remplisseuse.

REMPLISSURE s. f. Travail qu'on fait pour remplir.

* REMPLOI s. m. Jurispr. Remplacement, nouvel emploi : te remploi des biens dotaux est stipulé d'ordinaire dans les contrats de mariage. — Législ. « Le remploi est l'ali'ect.ition de la qualité de propre à un immeuble qui a été acquis pendant le mariage, pour tenir lieu d'un immeuble propre aliéné. (Voy.

Propre.) S'il s'agit d'un propre du mari, il suffit que l'origine des deniers et l'alfectation de remploi soient déclarées dans l'acte d acquisition; mais, s'il s'agit d'un propre delà femme, le remploi doit pour être valable être accepté expressément par elle. (C. civ. 4434 et s.). Le remploi des biens propres peut être effectué en rentes sur l'Etat, même dans le cas où le placement en immeubles est prescrit par un acte ou un jugement (L. 2 juillet 1862, art. 46; L. 16 sept. 18^1, art. 29; L. 11 juin 1878, art. 3). Les actions de la Banque de France qui sont inimobili?ées, conformément aux dispositions du décret du 16 janv. <s08etdela loi du 17 mai 183i, peuvent servir de remploi immobilier. Il en était de même dos actions de la compagnie des canaux d'Orléans et du Loing. en vertu du décret du 1B mars 1810, » ' (Cn. Y.)

* REMPLOYER v. a. Employer de nouveau.

* REMPLUMER v. a. Regarnir de plumes.

N'est guère d usagequ'en parlantd'un clavecin qu'on regarnit de plumes : il faut remplumer ce clavecin. — Se remplumer v. pr. Se dit des oiseaux à qui les [dûmes rrvieiinenl. — Fig. etfam. Rétablir ses allai les, regagner ce qu'on avait perdu : il était ruiné, on lui a donné un emploi où, il s'est bien remplumé. — Reprendre de l'embonpoint après une maladie : il est en pleine convalescence, et ne tardera pas à se remplumer.

•REMPOCHER v. a. ReLiettre dans sa poche : vaux ne V'julez pas me donner cette marchandise à tel prix, je rempoehe mon argent.

* REMPOISSONNEMENT s. m. Action de rempoissonner, et résultat de cette action.

* REMPOISSONNER v. a. Empoissonner de nouveau, repeupler de poisson un vivut. un étang : les fermiers sont tenus de rempoissonner les étangs à la fin de leur bail.

' REMPORTER v. a. Reprendre et rapporter de quelque lieu ce qu'on y avait appni (é : vous pouvez remporter votre livre. — Enlever d'un lieu : on le remporta tout percé de coups. — - Gagner, obtenir • remporter un grand avantage sur ses ennemis. — Remporter la palme. (Voy- Palme.)

* REMPOTAGE s. m. Jard. Action de rempotei'.

' REMPOTER V. a. Jard. Remettre une piaule dans un pot; changer une plante de pot.

REMSCHEID [remm-chaïtt], ville de la Prusse rhénane, à 9 kil. S.-S.-E. d'Elberfeld; uU,000 hab. Fabriques de fer et d'acier, de serrurerie, de clouterie et de coutellerie. On connaît dans le commerce les articles de cette fabricaVion, qui sont au nombre de 2,000 environ, sous le nom de Remscheider Waaren.

r.EMU

REMUABLE adj. Que l'on peut remuer.

■ REMUAGE s. m. Action de remuer un" chose : lereniuagc du blé, du vin.

■ REMUANT, ANTE adj. Qui est sans cesse en inouvement . cet enfant est très remuant. — Fig. Un esprit remuant, un esprit actif, ennemi du repos, propre à e.xciter des troubles dans un Etal, dans une société, dans une famille. On dit aussi fig. Une nation REMUANTE. Une ualioD facile à agiter elavidii de changements.

• REMUÉ, ÉE part, passé de Remuer. — Fig. et pop. Cousin remué de germain, cousin issu de germain.

* REMUE-MÉNAGE s. m. Dérangement de plusieurs meubles, de plusieurs choses que l'on transporte d'un lieu à un autre : voila un grand remue-ménage. — Se dit, fig., des troubles et des désordres qui arrivent dans les familles, dans les villes, dans les Etats, par des changements subits : il y a bien du remue-ménage dans cette maison, dans cette province. Il est familier dans les deux acceptions. — pi. Des remue-ménage.

' REMUEMENT ou Remûment s. m. Action de ce qui remue : remuement d'humeurs. — Remuement des terres, transport de beaucoup de terres d'un lieu à un autre : le remuement des terres coûte beaucoup. — Fig. Mouvement, trouble excité dans un Etal, dans un pays, dans une maison : il y a eu de grands remuements dans cette province.

•REMUER V. a. (préf. re ; fr. muer). Mouvoir quelque chose : remuer une chose de sa place. — Il ne remue ni pied ni patte, il est sans mouvement. Il ne saurait remuer ni PIED NI patte, se dit d'un homme qu'une grande faiblesse, ou une grande la.ssitude. empêche de marcher. — Remuer delà terre. transports de la terre d'un lieu à un autre : il lui a fallu remuer bien de la terre pour faire ce jardin. — Fortifie. Remuer la terre, fouir et porter de la terre pour faire des retranchements, etc. : partout où les Romains campaient, ils remuaient la terre, et faisaient des retranchements. — Remuer un enfant, le nettoyer et lechanger de langes. (Voy. Remueuse.)

— Remuer ciel et terre, faire agir tomes sortes de ressorts, employer toutes sortes de moyens : il a remué ciel et terre pour obtenir cet emploi. — Remuer une affaire, poursuivre ou réveiller une allaire négligée ou interrompue : si vous m'en croyez, vous ne remuerez pa.? cette affaire. — Il ne faut point remuer les cendres des morts, il ne f.int point rechercher leurs actions pour les blâmer, ptnir flétrir leur mémoire. — Fam. Il ne faut point remuer l'ordure, il y a des choses dont la décence, le bon goût, ou les bienséances, ne permettent pas déparier. — Remuer beaucoup d'argent, l'aire beaucoup d'alfaires d'argent. Remuer l'argent a la pelle, avoir beaucoup d'argent. être fort riche. — Emouvoir, exciter quelque sentiment, quelque mouvement dans I âme : les grands mouvements de l'éloquence remuent idme, remuent le cœur. — Ahsol. Faire quelque mouvement, changer de place : ne remuez pas de là. — Tenter, agir : on ne vous conseille pas de remuer. — Exciter des troubles, des mouvements dans un Etat : i:'est fournir un prétexte à ceux qui veulent remuer. — Se remuer v. pr. Se mouvoir : il est si tas. qu'il ne peut se remuer. — Se donner du mouvement, faire des démarches, des elforts pour réussir à quelque chose : quoi qu'on lui dise, il ne se remue pas.

Hercule veut qu'on se remue.

La FoNTAlKK.

— Faire remuer les puissances, faire que les PUISSANCE SE REMUENT , fairc agir les personnes qui ont l'autorité en main. — L'argent SE REMUE, se dit lorsqu'il se fait beau coup de payements ou d'acquisitions, lorsque

RENA

l'argent roule dans le commerce : depuis

i/!/V,)/ ,1 /,] paix. L'argent sf remue.

'REMUEUSE s. f. Femme qui est spécialement chargée de remuer un enfant, c'est-àdire, de le nettoyer et de le changer de langes : la 7-emueuse du prince, de laprinfesse.

' REMUGLE s. m. Odeur qu'e.xhale ce qui a été long-temps enfermé, ou dans un mauvais air : rela >'<'«( />' remuf/le. (Vieux.)

•RÉMUNÉRATEUR. TRICE s. Celui, celle qui récompense : Dieu est le $ouvei'ain rémunérdteur , le juste rémunérateur des bonnes œuvres. — Adjectiv. Ce qui procure un bénéfice suffisant : prix rémunénitcur.

RÉMUNÉRATIF, IVE adj. Qui sert de récompense'.

• RÉMUNÉRATION s. f. Récompense : il attend de Dieu ta rémunération de ses bonnes œuvres.

• RÉMUNÉRATOIRE adj. Jurispr. Qui tieut lieu de lécompense ; contrat, donation, legs rémunératoire .

' RÉMUNÉRER v. a. (lat. remunerare). Récompenser : (7 est d'un grand roi de rémunérer les belles actions.

RÉMUS [ré-mussl. Voy. Romulus.

REMUSAT ou Remuzat, ch.-l. de cant., arr. et à 27 kil. N.-E. de iXyons (Drôme), sur l'Eygues; 555 hab

REMUSAT [ré-mu-za] I. (Claire-Elisabeth- Jeanne Gravier de Verge.nnes, cuynleste de), temme de lettres française, née à Paris en 1780, morte en 1821. Epouse d'nn chambellan de Napoléon, elle devint l'amie intime en même temps qu'une des dames d'honneur de Joséphine. Son essai sur l'éducation des femmes a été publié par son fi lsilS24:nouv. éd., 1842;. — 11. , Charles-François-Marie, comte de), fils de la précédente, homme politique et publiciste, né et mort à Paris (14 mars 1797-6 juin 1873). Elu à la Chambre des députés e[i 1830. par les électeur.-, de Muret, il arriva aux affaires sous Mole en 1833, et fut ministrede l'intérieur en 1S40 sous Thiers, dont il resta l'ami jusqu'à la mort. Il fit partie de la Chambre et des assemblées qui suivirent jusqu'au i déc. 1851, époque où il fut banni ; il rentra en sept. 1852. Ministre des affaires étran:;ères en 1871, il se retira avec Thiers, le 24 mai 1873. Il a écrit, entre autres onvruges : L'Angleterre ait xviii= siècle {i8'66,

2 vol.); Histoire de la philosophie en Angleterre depuis Bacon jusqu'à Locke (1875, 2 vol.); Essais de philosophie (1842, 2 vol.) ; Abélard (1845, 2 vol.): Saint Anselme de Cantorbéry (S^édit.'ISeS); Bacon, sa vie. etc. (2= éd. 1858); Channing. sa vie, etc. (ï'édit. 1862); Politique libérale ['2'= édit. 1873).

REMUSAT (Jean-Pierre-Abel), orientaliste français, né à Paris le o sept. 1788, mort le

3 juin 1832. Il apprit les dialectes tarlares et d'autres langues tout en étudiant et en pratiquant la chirurgie, et en 1814, il devint titulaire de la nouvelle chaire de chinois et de mandchou au collège de France. Il a écrit d'importants ouvrages, entre autres des Re- ■ herches sur les langues tartares (1820), une Grammaire chinoise (1822; nouv. édit. 1838), liantes chinois (1 827), Mélanges d'histoire et de littérature orientales (lts43l. Il fonda la Société asiatique de Paris. Sa biographie a été écrite par S. de Sacy (1834).

REMY (Saint). Voy. Remi.

REMY ^Jcseph). pisciculteur célèbre, né à la Bresse, près de Remi remont, en 1804, mort en 18oo, Quoique pauvre et illettré, il consacra sa vie à la recherche des secrets de la fécondation des poissons et fut le premier uui réussit dans la pratique de la fécondation artificielle. (Voy. Piscicultcre).

'RENÂCLER V. n. Faire certain bruit en re-

RENA

tirant impétueusement son haleine par le, nez, lorsqu'on est en colère : il tempête, il jure, il renâcle. (Pop.) — Se dit aussi, fig. et fam.,de ceux qui témoignent de la répugnance pour quelque chose : on voudrait qu'il se décidât mais il renâcle.

RÉNAIRE adj Qui a la forme d'un rein.

RENAISON, station minérale, cant. de Saint-Haon-le-Chàlel (Loiie), à 11 kil. de Roanne. Eaux bi-carbona(ées calciques froides, bonnes surtout comme eaux de table.

•RENAISSANCE s. f. Seconde, nouvelle naissance, renouvellement : larenaissance du phénix est une fable. — Renouvellement : la renaissance dupri}jtemps. — Fig. Notre renaissance en J.-C. — Se dit aussi des choses morales ou intellectuelles qui apparaissent de nouveau après une interruption : la renaissance des lettres. — Absol. Epoque qui s'étend depuis la prise de Constantuiople jusque vers le milieu du xvi« siècle : les hommes illustres de la Re'iaissance; la Renaissance vit le retour aux études classiques et au sentiment des beauxarts en Europe. — Style particulier d'architecture et d'ornementation fondé sur l'antique, et qui tire son orisine d'Italie au commencement du xv" siècle. (Voy. Pater, Studies in the Hislory of Renaissance H S' Z); John Addingtoii Symonds,ile»nîssimcem Italy (1873); la Renaissance, par Michelet. — *» Laine obtenue en effilant les haillons, les vieilles couvertures, les bas usés, les flanelles, les rognures de drap et autres ob.els de laine que ramassent les chitfonniers et que l'on ne peut employer autrement. Celte laine est courte, brisée et sans solidité. On l'emploie, seule ou plus ordinairement mélangée avec delà laine neuve, pour faire des couvertn-es, et quelquefois même de-étoffes de vêtemeuîs.

• RENAISSANT, ANTE adj. Qui renaît : la

nature }en'iissanle.

• RENAITRE v. n. (prof, re : l'r. naitrc .Naître de nouveau: selon les anciens, le phénix renaissait de ses cendres. — Par exag.. Renaître A LA vie, recouvrer la santé après une maladie qui avait semblé mortelle. — Fig. Re.naître AL' BONHEUR, redevenir heureux, après avoir éprouvé beaucoup d'afflictions, d infortunes. — Rknaîtbe par le bapté.me, par LA pénitence, rentrer en élat de grâce, elc : il faut mourir au péché pour renaître à la grâce. — Se dit aussi de certains êtres animés et de certains objets qui prennent la place des êtres, des objets de même nature qu'on a détruits, qui ont péri : la Fable dit qu'aussitôt qu'Hercule avait coupé unedes télés de l'hydre, il en renaissait d'autres. — Se dit également des végétaux, et signifie, repousser, croître de nouveau : il faut otcr les bestiaux de cette prairie pour laisser à l'Iierbe le temps de 7-enaître. On dit à peu près dans le même sens, Toute la nature renaît au printemps. — Reparaître, se remontrer : cette source, celte rivière se perd sous la terre et 7'enait en tel endroit. — Fig. et au sens moral : cet événement fit renaître les espérances, la jalousie, la haine, l'amour, etc.

RENAIX, flam. Bouse, ville de la Flandre Orientale iBelffique), à 12 kil. S. d'Oudedenarde; 17.602 hab. Commerce important de tissus, de dentelles et de bière.

• RÉNAL, ALE, AUX adj. Anat. Se dit des parties qui ont rapport aux reins, qui appartiennent aux reins: nerf rénal.

RENAN (Ernest), écrivain et philologue français (I823-Ib92). (V. S.)

" RENARD s. m. (ail. reinhart). Mamm.

Quadrupède carnassier du grand genre chien ou de la famille des canidés, dont la ruse est proverbiale :

Certain renard g.iscon, d'autres disent normand, Mounint presque de faim, >it an ti.iut d'une treille Des raisins murs apparcnimeiit,

La roM.ti*r.

RENA

— Cet homme est in renard, un fin RENAnn,

LN vrai renard. LN VIEUX RENARD, il esl cau-

teleux, fin, rusé. — Faire la guerre en renard, AGIR en renard, faire la guerre avec ruse, agir finement. — Un bon renard ne

MANGE POINT LES POULES DE SON VOISIN, tout

homme rusé et habile qui fait une action blâmable la fa t plulôt dans un quartier éloii-'né que dans son voisinage — Il fait

COMME LERENARD DES MURES, DES RAISINS, Se dit

d'un homme qui fait semblant de mépriser une chose, parce qu'il ne peut l'avoir. —

— Coudre la peau du renard a celle du lion, ajouter la ruse, la finesse à la force. — Prendre martre pour renard, se méprendre, se tromper, prendre une chose pour une autre, d'après une sorte de ressemblance. — Se confesser au renard, découvrir son secret à un homme qui est intéressé à en tirer avantage contre nous. — Jeu du renard, jeu où une pièce pri ncipale. qu'on appelle Renard, en attaque douze autres qu'on appelle Poules.

— Renard marin, gros mammifère de l'ordre des cétacés. — En parlant de canaux, se dit fig. des fentes, des trous par lesquels les eaux d'un bassin ou d'un réservoir se perdent, et qu'il est difficile de trouver : bouclier un renard. — Queue-de-renard, certaines ton lies de racines qui se forment quelquefois dans les tuyaux des fontaines, et qui les bouchent : votre fontaine ne va pas, il faut qu'il y ait dans les tuyaux quelques qutues-de-ren,ird qui arrêtent l'eau. — iVoin d'une plante qui croit dans les lieux humides, et qui a quelque ressemblance avec une queue de renard ; ce pré est plein de queues-de-renard. — Encvcl. Suivant quelques naturalistes, les renards forment un genre de canidés, qui se dislingue du chien domestique, du loup et du chacal, par la conformation de son crâne, la longueur de sa queue très loulfue, par une pupille ovale et un peu oblique, par des oreilles triangulaires et pointues et par un museau très allongé. Les renards émettent une odeur très forte qui provient de plusieurs glandes placées près de la racine de leur queue; ils sont prudents, rusés, soupçonneux, propres, insociables et incapables de se familiariser en domesticité. Leurs sens de la vue, de l'odorat et de l'ouie sont d'une finesse exlraordinaire. La rapidité de leur course est très grande. Ils passent leur journée à dormir aux environs de leur ter:ier dans lequel ils se réfugient au moindre danger ;

Renard d'Europe (Vulpts uurauiuuisj

la nuit venue, ils suivent la piste des petits animaux : lièvres, lapins, rats, mulots, perdrix, cailles, faisans, etc. Ils dévorent au ^es(>in les fruits, part'cnlièrement les raisins; ils sont aussi 1res friands de miel, de lait, d'œufs, de reptiles et mêmes de cadavres d'animaux. Les renards sont la terreur des poulaillers et des garennes. La seule espèce connue en France est le renard d'Europe ivutpes communis), type du genre, d'un fauve plus ou

RENA

inninp roux en dessus, blanchritre en fl"e«nns, :ivec le derrière des oieilles noir. .Su queue touffue est terminée par un bouquet de poils lilancs; son museau est effilé; son front aplati. Il a produit plusieurs variétés dont la principale est le renard charbonnier qui a du noir au bout de la queue, au dos, au poitrail et .sur les pattes de devant. La Suisse possède le renard muaqué, autre variété de notre renard dEurope. Ces animaux s'emparent ordinairemenl, dans les bois ou les rochers, (l'un terrier dont il bannissent les léfritimes inopriétaires en l'infectant de leur urine et qu'ils accommodent ensuite à leur taille et à leur usage. Ce logis a plusieurs entrées. Le ravisseur y creuse trois pièces distinctes : aiilicliambre appelée mèe; salle à manger nommée fo&se ou fusée; enfin chambre à coucher dite accul. C'est là que le renard vit avec sa femelle. Celle-ci met bas vers le mois d'avril 4 ou 5 renardeaux, quelle allaite ju.squ'au mois de juin et que le père et la méro défendent courageusement. Vers l'âge de G mois, les petits pourvoient eux-mêmes à

Keaard arctique (Vulpes lagupu-' .

leurs besoins. Pendant l'hiver les parents reprennent leurs allures solitaires, passant leurs journées tapis dans quelques fourrés près de leur logis, rampant la nuit sous les buissons, le long des haies, l'œil au guet, à la recherche de leur proie. Deux de ces maraudeurs nocturnes s'associent quelquefois pour chasser le lièvre; l'un rabat vers l'autre qui reste à l'affiit. Dans plusieurs pays, surtout en Angleterre, on chasse le renard à courre. Il est préférable de le chasser au chien courant et au fusil. Blessé, il se défend avec acharnement; il déploie alors une grande vigueur musculaire et ses morsures sont très graves. Les principales des 13 autres espèces sont : le renard arctique {vulpes laijDjius) ou renard bleu; et le renard des Etats- Unis ou renard rouge. Le premier abonde dans les reliions arctiques et est remarquable par les changttments que subit, suivant les saisons, sa robe qui est brune ou bleuâtre en été et blanche en hiver.

* RENARDE s. f. Femelle du renard : on 2}rit La renarde et ses petits.

' RENARDEAU s. m. Petit renard : on prit la renarde et tous ses renardeaux.

RENARDER v. n. Imiter les (inesses du renard.

RENARDERIE s. f. Ruse, finesse, trait de

renard.

* RENARDIER s. m. Celu terre, a le soin de prendre 1

* RENARDIÈRE s. f. Tanière du renard.

RENAD DELIÇAGARAY (Bernard), ingénieur et oflioier de marine, né dans le Béarn en 16o2, mort àPougues en 1719.11 imagina un mode nouveau de construction maritime, inventa les galiotes à bombes avec lesquelles un bombarda Alger eu 4t)S2, Joignit Vaubau

,11, dans une renards.

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