‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 3)Chapitre 202 sur 503 · D à 4 CR : D'f et mat · texte numérisé non relu

D à 4 CR : D'f et mat

Chacune de ces variantes peut donner naissance aune ou plusieurs autres qui changent souvent le sort de la partie. — Mats simples. 11 est souvent embarrassant de terminer une partie quand il ne reste plus que linéiques pièces sur l'échiquier; les commençants perdent un temps précieux à poursuivre maladroitement le roi adverse. Nom allons indiquer, à l'aide d'exemples, la meilleure stratégie pour conduire rapidement un roi au mat, sans subir l'humiliation de voir annuler la partie après50 coups infructuetn ou de voir l'adversaire réussir un pat qui rend inutiles les efforts d'un joueur peu habile. On peut gagner avec les forces suivantes, quand le roi adverse est seul : 1° roi et dame; 2° roi et tour; 3° roi et deux fous; 4° roi, cavalier cl fou. Le mat n'est pas assuré avec un roi el un ou deux cavaliers, ou avec un roi et un seul fou, contre un roi seul; et, à moins de circonstances exceptionnelles dues à une fausse position du roi adverse, il est inutile de perdre son temps à chercher alors un mat i m possible ; le mieux est de déclarer que la partie est nulle. Un roi et un pion gagnent généralement contre un roi seul, parce que le pion peut presque toujours passer à dame. Pour faire mat avec un roi et une tour contre un roi seul, il faut un peu plus de temps qu'avec le roi et la dame; mais la victoire est assurée pour peu que l'on s'acharne à pousser le roi adverse vers l'un des côtés de l'échiquier et que l'on s'arrange de manière à ne pas le laisser passer. Pour réussir rapidement ce mat, il est nécessaire de pousser le roi adverse sur l'un des côlés de l'échiquierel de le forcer ensuite à se placer en face de Taulre roi. Dans le cas où le roi poursuivi se rétugle sur la case de l'une des tours c'est-à-dire

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dans un angle, quand le roi poursuivant se trouve en 3 C, on porte la tour sur la dernière ligne pour faire échec et mat. Un roi et deux fous contre un roi seul arrivent à la victoire pourvu qu'ils aient l'habileté de confiner l'adversaire sur l'une des quatre dernières lignes de cases et de le faire poursuivre par l'autre roi jusque sur une case des angles ou sur une case adjacente à l'une des cases des coins. Il est très rare que l'on ait à terminer une partie avec un roi, un fou ou un cavalier contre un roi seul. Quand le cas se présente, le mat est très difficile, si bien qu'un débutant ne le peut faire eu cinquante coups. Nous avons parlé de l'utilité des pions à la fin d'une partie et du danger de les gaspiller au commencement. Pour faire arriver le pionjusque sur l'une des cases des pièces ennemies, une grande habileté est nécessaire et le succès dépend absolument d'une manœuvre dite : gagner l'opposition, ce qui signifie que l'on doit jouer à la fin de la partie, le roi de telle sorte que le roi adverse se trouve forcé d'abandonner certaines cases importantes. Il suffit d'un mouvement pour faire gagner ou perdre la partie. Un roi et deux pions gagnent toujours contre un roi seul, à moins que les pions soient doublés sur la file de l'une des tours. Un roi et deux pions contre un roi et un seul pion gagnent généralement; mais le résultat dépend alors de la situation du jeu, qui peut donner lieu à une infinité de mouvements. La dame gagne contre une seule pièce parce que le cavalier, le fou ou la tour ne peuvent éviter de se trouver dans un moment ou dans l'autre en prise en même temps que le roi est en échec. La dame peut aussi, dans presque tous les cas, gagner contre une pièce et un pion, sauf si ce dernier est très avancé et ne peut être arrêté. Il arrive souvent que la dame gagne contre deux cavaliers, contre deui fous et contre un cavalier et un fou; mais elle ne peut prétendre qu'à une partie nulle quand elie se trouve en face d'une tour et d'un fou ou un cavalier, ou quand elle doit combattre deux tours ou trois pièces telles que tour, fou et cavalier, deux fous et un cavalier, etc. Ces pièces peuvent même gagner quand elles sont soutenues par un pion. La dame gagne facilement lorsque le roi adverse n'est soutenu que par un pion ; néanmoins la victoire est difficile à obtenir »i le pion se trouve sur le point d'arriver à dame, près de son roi, tandis que l'autre roi est éloigné. Un fou et un cavalier contre une tour annulent ordinairement la partie; à moins que la position des pièces d'un jeu lui donne la supériorité. — Une tour et un cavalier ou une tour et un fou ne remportent pas toujours la victoire sur une tour. Trois petites pièces battent une tour, sauf le cas où deux de ces pièces sont des cavaliers et si la position permet à la tour de faire un échange avec le fou ; dès lors, la partie peut être considérée comme nulle. Un seul pion peut rendre la partie nulle contre la tour, si le roi adverse n'arrive à temps pour l'empêcher de passer à dame ; deux pions unis contre une tour gagnent sûrement, pour peu que le roi adverse soit éloigné, parce que la tour est forcée de faire un échange avec l'un d'eux et que l'autre va à dame. Trois pions unis, c'est-à-dire se défendant mutuellement gagnent sur une tour quand même le roi adverse serait devant eux. Il est bien entendu que, dans tous les cas ci-dessus, les pions doivent être soutenus parleur roi. Une dame leule contre une dame et un pion peut faire partie nulle, parce qu'elle peut donner l'échec perpétuel pendant plus de 50 coups. Une tour et un pion contre une tour seule peuvent gagner ou faire partie nulle, suivant la position des rois. Cette fin de partie se présente fréquemment. — Règlement cénébal. — 1. Position de l échiquier. L'échiquier doit être placé, comme nous avons déjà dit, de façon

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que la case angulaire à la droite de chaque joueur soit une case blanche. Si, pendant une partie, l'un des joueurs s'aperçoit que celte condition n'a pas été observée, il peut faire recommencer la partie, pourvu qu'il n'ait pas encore joué son quatrième coup. Après le quatrième coup joué de part et d'autre, la partie doit so continuer. — 2. De la couleur et du trait. On tire au sort, avant la première parlie, la couleur que doit avoir chaque joueur. Le sort désigne aussi quel sera le joueur ayant le trait, c'est-à-dire devant jouer le premier. Ensuite, la couleur et le trait alternent de partie en partie entre chaque joueur, à moins de conventions contraires. — Après une parlie nulle, la couleur et le trait restent comme au commencement de cette parlie, qui est considérée comme n'ayant pas été jouée. — Sauf convention contraire, celui qui fait avantage d'un pion ou d'une pièce, a, de droit, le trait et le choix de la couleur. — 3. Mauvaise position ou oubli d'une pièce. Une partie est nulle et considérée comme si elle n'avait pas été commencée, lorsque l'un des joueurs prouve, à n'importe quel moment de la partie, qu'une pièce quelconque avait été mal placée au début, ou qu'elle avait été oubliée. — 4. Commencer sans droit. Quand un joueur commence le premier sans avoir le trait, le coup est nul et les coups suivants sont nuls jusqu'au quatrième. Si l'on ne s'aperçoit de cette erreur que lorsque chaque joueur a fait quatre mouvements, la partie continue. — 5. Jouer deux fois de suite. Si, dans le cours de la partie, un joueur fait un second mouvement avant que son adversaire ait joué à son tour, la pièce indûment jouée doit revenir à la place qu'elle occupait. Ensuite, lorsque le second joueur a fait son mouvement, il peut forcer son adversaire à jouer la pièce indûment dérangée et à la placer sur la case où elle avait été mise indûment, à moins qu'elle ne puisse être dérangée sans laisser son roi en échec ou qu'elle soit légalement immobilisée. Le second joueur perd le droit de faire jouer la même pièce au premier joueur, si lui-même avait touché une de ses pièces avant de s'apercevoir de l'erreur. Le double mouvement de l'un des adversaires peut toujours se rétracter à la volonté du second joueur, quand même il y aurait eu plusieurs coups joués ensuite; alors on rectifie la parlie par un giuco a monte, c'est-à-dire que l'on rétablit le jeu au point où l'erreur a eu lieu. — 6. Pièce touchée, pièce jouée. Le joueur qui touche l'une de ses pièces, lorsque son tour est venu de jouer, est ensuite forcé de la mouvoir, à moins qu'elle ne puisse bouger sans laisser le roi en échec ou qu'elle soit légalement immobilisée par toule autre raison. Le joueur qui touche une pièce au moment de jouer échappe à l'obligation de mouvoir celte pièce, s'il a la précaution de dire: J'adoube; ou bien: Je remets en place (adouber une pièce, c'est la remettre en place). — De même, un joueur qui, au moment où son tour est venu de jouer, touche, sans dire J'adoube ou Je remets en place, l'une des pièces de son adversaire, est ensuite tenu de la prendre, à moinsd'impossibilité légale. — Lorsque le coupable se trouve dans l'impossibilité légale de jouer ou de prendre la pièce touchée par lui, son adversaire peut le contraindre à mouvoir son roi ; et si le mouvement du roi est impossible, l'adversaire peut désigner toute autre pièce, qui doit être jouée, à moins d'impossibilité légale. — Le joueur qui touche une pièce échappe à toute obligation lorsqu'il agit en conséquence d'un échec faussement annoncé ou lorsque, après avoir touché une pièce, il s'aperçoit d'un échec que son adversaire n'a pas annoncé; il peut même, dans ces deux cas, remettre en place la pièce, s'il l'a jouée; et l'adversaire ne doit réclamer aucune pi5" ''ité. — 7. Pièce

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jouée. Une pièce est irrévocablement jouée dès que le joueur cesse de la toucher du doigt; mais tant qu'il la touche, il peut l'enlever de la case où il l'avait mise pour la placer sur n'importe quelle autre des cases qu'elle commande. Un joueur qui a fait faire à une pièce un mouvement illéçal, comme, par exemple, de mettre son roi en échec, a toujours le droit de recommencer le coup ; mais il faut qu'il joue la même pièce, si cela est possible légalement. — 8. Faux mouvement. Si un joueur, manœuvrant mal une pièce, la place sur une case où elle ue pouvait légalement arriver, ou si, par un mouvement illégal, il prend une pièce adverse, il est passible de l'une des trois pénalités suivantes, au choix de l'adversaire: 1° jouer la pièce légalement ou prendre légalement la pièce adverse ; 2° perdre son lourde jouer ; 3° jouer ou prendre n'importe quelle pièce qu'il plaît à 1 autre joueur, pourvu que celte pièce puisse légalement être jouée ou prise. — Mal roquer est un faux mouvement. — Si l'adversaire a joué après le faux mouvement, il est ensuite trop tard pour réclamer, et le coup illégal est considéré comme juste. — 9. Toucher plus d'une pièce. Quand le joueur dont c'est le tour de jouer touche du doigt plus d'une de ses pièces, il est tenu de jouer celle des deux que désigne son adversaire, à moins d'impossibilité. S'il touche plus d'une pièce adverse, il est forcé de prendre celle qu'il plaît à l'autre joueur, à moins d'impossibilité. Si aucune des deux pièces louchées ne peut être jouée ou prise, le coupable est condamné à jouer son roi ; et si le roi est dans l'impossibilité de se mouvoir, la pénalité consiste à jouer une pièce quelconque, au choix de l'adversaire. — 10. Pénalités. Une pénalité ne peut être prononcée contre un délinquant, si l'adversaire a joué ou seulement touché une de ses pièces après le délit. L'illégalité n'en est plus une dès que l'adversaire a joué ou touché une de ses pièces; il suffit alors de rétracter l'erreur en rectifiant le jeu, c'est-à-dire en remettant les pièces dans l'état où elles étaient immédiatement avantla faute. — Dans certains cas, on ne peut découvrir la source de l'illégalité, quand plusieurs coups ont été joués depuis qu'elle a été commise : alors la partie est nulle. — Lorsque le délinquant est condamné à jouer son roi, il ne peut en profiter pour roquer. — H. Echec. Tout joueur qui attaque le roi adverse doit dire à haute et intelligible voix ; Echec, ou : Echec au roi, ou encore : Au roi. Cet ave1 tissement n'est pas une obligation pour lui de faire échec; mais s'il se trouve que le coup annoncé par lui ne donne pas échec, l'adversaire peut le forcer de remettre ea place la pièce jouée et d'en jouer une autre. — Un joueur devient passible des pénalités édiclées en l'art. 6, dans les cas suivants: 1° quand il met lui-même son roi en échec; 2° quand il joue une pièce dont le départ livre son roi à l'échec ; 3° si, son roi étant en échec, il touche une pièce qui ne peut couvrir cet échec. — L'annonce de l'échec n'est obligatoire que pour le roi ; mais, par courtoisie, on annonce aussi quelquefois l'échec à la dame, à la tour, etc., quand l'une de ces pièces se trouve en prise. — 12. Roi demeurant en échec. Il arrive que l'échec au roi n'est pas aperçu et, par conséquent, n'est pas annoncé jusqu'à ce que l'on ait fait un ou plusieurs mouvements. C'est ce que l'on appelle un échec aveugle. Tous les mouvements faits après l'écb.ic aveugle sont nuls de plein droit , et le jodeur qui a manqué d'annoncer l'échec peivt être forcé, si son adversaire le désire, de jouer avec une autre pièce que celle qui a attaqué le roi. — Si, au contraire, un joueur a annoncé l'échec et que l'adversaire ait négligé de le parer, les coups

I subséquents sont nuls jusqu'à celui où a été donné l'échec, oui conserve son effet ;

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et, de plus, le premier joueur a le droit de punir son adversaire en désignant lui-même la manière dont il veut que l'échec soit réparé. — Dans les deux cas, si l'on ne peut se souvenir des coups joués après l'échec non annoncé ou non garanti, et si l'on ne peut rétablir le jeu, la partie est nulle. — 13. J'adoube. Nous avons dit (art. 6) ce que l'on entend par le mot adouber. On doit employer cette expression lorsqu'on touche une pièce pour la remettre en place; mais il est trop tard quand on a touché la pièce, et dans ce cas, la pièce doit être jouée ou prise. |Voy. art. 6). — 14. Les cinquante coups. Si, i n'importe quel moment de la partie, l'un des joueurs persiste à répéter un échec particulier ou une série d'échecs toujours les mêmes, ou si, pour préparer un échec, il s'acharne à répéter un ou plusieurs mouvements, toujours les mêmes, l'adversaire a le droit de demander que ces échecs ou ces mouvements soient limités au nombre de cinquante, à partir du moment où il fait sa réclamation ; et si, dans cette limite, ni l'un ni l'autre n'a gagné, la partie est nulle. — Tout joueur qui ne possède plus que le roi peut exiger que son adversaire ne le poursuive pas plus de cinquante coups, après quoi la partie est remise si le mat n'a pas été fait. — Un joueur qui ne possède plus que son roi et sa dame, son roi et une tour, son roi et un fou, ou son roi et un cavalier, contre une force égale ou supérieure, peut exiger que le jeu se terminera en cinquante coups; et alors, s'il n'y a pas eu de mat, la partie est remise. Néanmoins, la limite des cinquante coups n'est pas de rigueur, si l'un des joueurs, opposé à cette limitation, en appelle à la galerie qui lui donne raison. On peut aussi avoir recours à des arbitres. — 15. Bouleversement du jeu. 11 arrive que l'un des joueurs remue un peu vivement l'échiquier et renverse ainsi une ou plusieurs pièces, ou bien qu'il renverse ou déplace des pièces en jouant. On répare cet accident en remettant les pièces en place. En cas de contestation sur la position des pièces, l'opinion du second joueur doit prévaloir sur celle du maladroit qui a causé le dérangement du jeu. — Le bouleversement volontaire dujeu équivaut à l'abandon de la partie; et l'adversaire est considéré comme ayant gagné. — 16. Pièce tombée. Si une pièce tombe de l'échiquier, on doit la replacer. Dans le cas où l'on ne s'apercevrait de sa disparition que lorsque plusieurs coups auraientété joués, il faudrait rétablir la partie comme elle était au moment de sa chute. Quand il y a contestation sur la restauration du jeu, la partie est nulle. — 17. De la galerie et des arbitres. Toute contestation sur i'interprétation des lois peut être soumise aux spectateurs, sur la demande de l'un des adversaires. La galerie peut intervenir d'ellemême quand les règles fondamentales dujeu sont violées par l'un des joueurs. Si les avis des spectateurs sont partagés, on peut avoir recours à des arbitres, dont le jugement est sans appel. — Observations de Philidor sur les fins de partie. Un pion seul ne doit pas gagner si le roi adverse se trouve en opposition. Un pion seul doit gagner si son roi se trouve en avant de lui. Deux pions contre un seul doivent gagner dans presque tous les cas, mais il faut que celui qui a les deux pions évite d'échanger l'un de ses pions contre celui de l'adversaire. Un pion et une pièce quelconque doivent gagner : excepté si le pion se trouve sur là file de l'une des tours. Il faut alors que la pièce soit un fou, et que ce fou règne sur la case où le pion doit faire dame, sinon la partie est remise. Deux cavaliers seuls ne peuvent faire mat. Deux fous seuls peuvent faire mat. Une tour contre un cavalier fait partie remise. Une tour contre un fou fait partie remise. Une tour et un caralier contre une tour, partie remise. Une

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tour et un fou contre une dame, partie remise. Une tour et un cavalier contre une dame, partie remise. Une tour contre un fou et deux pions, partie remise. Une tour contre un cavalier et deux pions, ou contre un fou et deux pions, partie remise, parce que la tour peut toujours se sacrifier pour faire prendre les deux pions. Une dame contre une tour et deux pions, partie remise. Une dame peut gagner contre un fou et un cavalier. — Notice historique. Pour employer une expression consacrée, l'origine des échecs se perd littéralement dans la nuit des temps, et 1 obscurité est encore augmentée par l'érudition grecque et latine que les écrivains ont répandue à profusion sur ce sujet. Les hellénistes surtout se sont montrés ingénieux pour attribuer une si belle invention aux compatriotes d'Homère. Ayant lu dans nous ne savons quelle histoire fabuleuse que Palamède occupait ses loisirs, pendant le siège de Troie, à jouer devant sa tente, au moyen de petits cailloux qu'il faisait manœuvrer dans une figure carrée, tracée sur le sable, ils en conclurent de suite que ce prince des Abantes avait imaginé le jeu sublime des échecs. Les héros de l'Iliade étaient, sans doute, de braves guerriers, mais leurs conceptions, en fait de jeux, ne devaient guère s'élever au-dessus de l'enfantine marelle. Et d'ailleurs, les échecs étaient déjà populaires sur les bords du Gange mille ans avant les événements plus ou moin3 mythiques qui suivirent l'enlèvement de la belle Hélène; et tous les peuples orientaux, même les Chinois, s'accordent à en attribuer l'invention aux habitants de l'Inde. Les écrivains arabes, dont l'imagination a toujours brillé par sa fécondité, nous font connaître par l'historiette suivante, dans quelles circonstances ce jeu fut créé et c'est surtout ici le cas de dire : — Si non e vero... Environ trois mille ans avant l'Hégire, régnait sur les Etats situés à l'embouchure du Gange un jeune monarque enivré de sa puissance, qu'il croyait inébranlable. Méprisant les sages conseils des hommes vertueux, et poussé par les flaf'iries pernicieuses de ses courtisans, il commit toutes sortes d'excès, accabla le peuple sous le poids de sa tyrannie et se rendit tellement odieux que ses sujets conspirèrent de le renverser. C'est alors qu'un nommé Sissa, brahmane ou prêtre du brahmanisme, entreprit de faire ouvrir les yeux au prince sur les funestes ell'ets que sa conduite allait produire. Mais redoutant le sort de plusieurs honnêtes personnages mis à mort pour avoir dit au roi la vérité un peu crûment, il pensa que sa leçon ne deviendrait utile que si le monarque se la donnait lui-même, sans croire la recevoir d'un autre. Dans ce but, il imagina le jeu du roi (schah trak, dont nous avons fait échecs), jeu dans lequel le roi (schah), quoique la plus importante des pièces, est impuissant pour l'attaque et même pour sa propre défense sans le secours de ses officiers et de ses soldats. Le nouveau jeu ne tarda pas à devenir célèbre; et le jeune souverain voulut l'apprendre Le brahmane Sissa, sous le prétexte de lui en enseigner les règles, lui fit goûter des vérités importantes qu'il avait toujours refusé d'entendre. Le prince, comprenant que l'amour du peuple fait toute la force d'un roi, changea de conduite et prévint, par la, les maiheurs qui le menaçaient. Touché de reconnaissance, il dit au prêtre ingénieux : — t Je te lairse le choix de ta récompense; demande-moi tout ce que tu voudras et je te l'accorderai. — Seigneur, répondit le savant, je vous demande de me donner le nombre de grains de blé que produira le nombre des cases de l'échiquier, un seul pour la première, deux pour la seconde, quatre pour la troisième et ainsi de suite jusqu'à la soixante-quatrième. » Le roi, étonné de la modicité apparente de celte demande, l'accorda sur-le-champ ; mais quand les tré-

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soriers eurent calculé, ils trouvèrent que l'Inde entière ne saurait produire en vingt ans le blé promis au brahmane; il faudrait, pour contenir la somme des grains, 16.384 villes, ayant chacune 1.024 greniers, dans chacun desquels il y aurait 174.762 mesures et dans chaque mesure 32.768 grains. Le prêtre, profitant de l'occasion, fit sentir au souverain combien il est dangereux pour les rois de s'engager dans des entreprises inconsidérées dont ils ne peuvent prévoir l'issue. L'histoire des transformations du jeu des échecs peut se diviser en trois périodes : 1° âge du schah touranga ou jeu primitif, s'étendant depuis l'origine des échecs jusque vers le vi« siècle après J.-C. Dans le schah touranga, on jouait à quatre personnes, et les adversaires déterminaient, en jetant un dé, quelle pièce devait être déplacée. C'était le vrai jeu indou, celui dans lequel le fierz, dont nous avons fait vierge, puis dame, ne faisait qu'un seul pas, comme le roi. Le hl ou éléphant (transformé en fol puis en fou) ne faisait également qu'un seul pas, en diagonale. Il est même probable que le rokh ou chameau (dont nous avons d'abord fait roc, puis tour) n'avançait pas plus vite dans sa ligne verticale ou horizontale. Quant aux cavaliers, qui ont toujours porté le même nom, ils ont conservé dans tous les temps leur marche bizarre et savante, qui est le trait le plus caractéristique du jeu des échecs. Les pions ou fantassins prenaient devant eux et non en diagonale, et la prise en passant était inconnue; 2° âge du schah tranj, ou jeu moyen, embrassant la période entre le vi9 et le xvia siècle ; la lutte n'eut plus lieu qu'entre deux adversaires et l'abandon du dé fit disparaître tout eflet du hasard. C'est au début de cette période que ce jeu se répandit en Chine, au Japon et en Europe (par la Perse et Constantinople) ; 3° période du jeu moderne, depuis le commencement du xvi9 siècle jusqu'à nos jours. Celte période se distingue par de profondes modifications dans les lois fondamentales des échecs, telles que l'augmentation du pouvoir de la dame et du fou, l'introduction du roquage (d'aucuns disent le roque ou le roquer), la manière de prendre adoptée pour les pions, surtout la prise en passant, de sorte que ce jeu, en devenant beaucoup plus savant, devint beaucoup plus compliqué.

ECLAIRAGE. — Encycl. Les premiers hommes, contraints de s'éclairer, pendant la nuit, au moyen de bois résineux, durent cherche» une autre méthode, quand les forêls devinrent plus rares. On inventa les lampes à l'huile, dont toutes les civilisations primitives nous ont laissé des spécimens. Ces lampes se composaient d'un récipient peu élevé, muni d'un ou plusieurs becs et d'un crochet qui servait à le suspendre. On l'emplissait d'huile dans laquelle trempait une mèche qui brûlait à l'une de ses extrémités sortie du bec. Des jeunes filles étaient chargées de veiller nuit et jour à la conservation du feu, car il était très difficile de rallumer les lampes éteintes. Dans plusieurs pays, ces jeunes filles avaient le rang de prêtresses, et des lois cruelles les frappaient lorsqu'elles ne remplissaient pas exactement leur office. L'histoire légendaire de la fondation de Rome nous en fournit un exemple. — Plus tard, le cierge devint l'éclairage des riches, et, pendant la nuit, au commencement du moyen âge, on laissait brûler une torche de cire dans les habitations des nobles. Les jours de fêle, on plaçait des luminaires aux quatre coins des salles de festin; des mortiers de cire brûlaient dans les chambres à coucher. Les pauvres employaient des chandelles de suif. Plus tard encore, sous Philippe le Bel, des lois somptuaires réservèrent la cire à l'usage des personnages élevés en dignité; bientôt même les cierges ne fuient plus employés que dans les églises; les riches

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eurent recours aux torches, les pauvres aux chandelles. La bourgeoisie des villes connut les bougies dès le xi° siècle. Au xviii6 siècle seulement on songea sérieusement à perfectionner les lampes et l'huile à brûler : ce fut une véritable révolution dans l'éclairage domestique. Le quinquet régna dans toutes les maisons de personnes aisées. Mais déjà les Anglais, trouvant ce moyen insuffisant, en cherchaient un autre : ils trouvèrent le gaz, qui a été le mode d'éclairage public le plus répandu pendant une grande partie du xne siècle. Aujourd'hui, les recherches et les perfectionnements se tournent vers l'électricité. — L'éclairage des rues est moderne. Au ivi° siècle, les propriétaires des maisons devaient placer, après neuf heures du soir, une lanterne allumée sur la fenêtre du premier étage. — Econ. dom. Si vous pouvez avoir le gaz dans toutes les pièces de votre appartement, c'est encore le système le plus sûr, le plus convenable et le moins cher, la dépense d'installation exceptée, naturellement. Mais partout où vous emploierez la lumière du gaz, ayez soin d'assurer une ventilation plus considérable, car non seulement le gaz dégage une chaleur parfois insupportable, mais encore il exhale une vapeur méphitique, et prenez les précautions les plus minutieuses pour éviter les fuites ou plutôt pour les arrêter à temps. N'employez pas de becs mal construits, donnant passage à une certaine quantité de gaz non brûlé, dont le moindre désagrément est de provoquer des migraines et des nausées. Une fuite de gaz sans importance est facilement découverteà l'odeur nauséabonde qu'elle répand aussitôt et n'otïre pas d'ailleurs un danger sérieux ; mais si la fuite est abondante, la quantité de gaz répandue forme avec l'air ambiant un mélange éminemment explosible et les plus grands malheurs sont à craindre, si l'on n'apporte pas à la recherche de cette fuite tous les soins commandés par la prudence. — Fuite de gaz; moyen d'y remédier sans danger. Toutes les fois qu'il y a lieu de redouter une fuite de gaz dans une pièce, il faut s'y rendre sans lumière, ouvrir dans toute leur largeur les portes et les fenêtres et les laisser ainsi assez longtemps pour que l'air saturé de gaz de l'intérieur ait été renouvelé par l'air relativement pur du dehors, ce qu'on peut reconnaître par une diminution notable de l'odeur de gaz dans la pièce où la fuite s'est déclarée. Un peu de graisse épaisse ou un chiffon trempé d'huile appliqué sur l'endroit percé du conduit lui constituera un pansement suffisamment efficace. — Le gaz est encore employé comme chauffage et pour la cuisson des aliments. Son emploi, dans les deux cas, est plutôt un élément de propreté que d'économie; à la cuisine cependant, je crois qu'il y a économie certaine, sans parler de l'avantage de pouvoir régler exactement le degré de chaleur que réclame telle ou telle préparation culinaire, ce qu'on ne peut faire avec aucune autre matière combustible, et d'obtenir du feu instantanément. Cet avantage est surtout appréciable lorsqu'on a des malades chez soi. Mais c'est en pareil cas surtout qu'il faut veiller aux fuites possibles et y remédier prompfement. Outre le danger menaçant, il y a encore à craindre que l'infection n'atteigne, pour si peu que ce soit, les aliments en train de cuire, car tout aliment imprégné d'odeur de gaz est radicalement perdu. — Eclairage à l'huile. Comrnençonspar les préceptes fondamentaux. La meilleure huile à brûler est claire et presque incolore. 11 faut avoir soin de tenir l'huile à l'abri de toute exposition à l'air atmosphérique, à raison de sa grande affinité pour l'oxygène de l'air dont elle absorbe une quantité énorme, en d'autres termes, à raison de sa facilité à s'éventer. Si votre huile est devenue épaisse et visqueuse et que vous ne vouliez néanmoins pas renoncer à vous en servir, vous y ajouterez quelques gouttes de térében-

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:hine. — Lampes à l'huile. 11 y a quelques considérations à observer, en apparence insignifiantes, mais dont on ne s'écarte pas impunément, dans le maniement d'une lampe. Si la mèche est trop montée, l'huile ne montera que lentement, de même si elle est trop serrée sur le bec de la lampe; si elle est trop lâche, trop large, la puissance d'attraction capillaire en sera augmentée et il montera trop d'huile; une mèche taillée inégalement ou insuffisamment produira une lumière inégale, tremblotante, la lampe filera et fumera. — Pour prévenir la fumée des lampes. Indépendamment d'une taille imparfaite de la mèche et de la mauvaise qualité de l'huile, une lampe peut fumer, si la mèche elle-même n'est pas de qualité irréprochable. Dans ce cas, trempez votre mèche dans du vinaigre fort, faites-la bien sécher, puis employez-la comme à l'ordinaire. Elle donnera alors une lumière claire et brillante qui vous dédommagera de l'embarras insignifiant résultant de cette préparation fort simple. — Economie dans la combustion de l'huile. Dans les maisons laborieuses, où l'on veille tard l'hiver, l'huile d'éclairage constitue une dépense fort lourde, que bien des ménagères se désolent de ne pouvoir diminuer par quelque moyen.

Voici ce moyen : faites dissoudre du sel de cuisine dans de l'eau, filtrez cette dissolution et plongez-y votre mèche de lampe, que vous ferez naturellement bien sécher ensuite. Après cela, mélangez avec la solution saline une quantité d'huile équivalente, agitez quelque temps, puis laissez reposer; l'huile reviendra à la surface; décantez pour recueillir facilement celle huile. La mèche préparée de celte manière donnera une flamme brillante et sans fumée; et l'huile, ainsi traitée, durera beaucoup plus longtemps, c'est-à-dire brûlera beaucoup plus lentement, sans préjudice pour la lumière, que l'huile non préparée. — Huiles minérales. — Danger de l'emploi des huiles minérales. Toutes les huiles minérales dégagent un gaz extrêmement inflammable lorsqu'elles sont eiposées à la chaleur. Certaines de ces huiles émettent ce gaz même à une température relativement basse, et il arrive parfois, dans ce cas, que l'huile, s'échaull'ant à la tlamme de sa propre lampe, dégage son gaz, lequel arrivant en contact avec la flamme provoque aussitôt l'explosion. C'est pour éviter ce danger qu'on a construit, pour l'emploi du pétrole, des lampes spéciales, à long col, isolant la flamme du récipient à l'huile. Malgré ces précautions, des explosions se produisent encore assez souvent, que la prudence des personnes qui emploient cette substance dangereuse suffirait à éviter. — Il ne faut jamais, sous aucun prétexle, remplir sa lampe d'huile minérale à la lumière ou près d'un feu ouvert. Le gaz extrêmement volatil de l'huile minérale s'enflamme aussitôt et l'incendie s'empare au moins de la malheureuse imprudente dont la vie est dès lors en danger. Un accident de ce genre est arrivé chez moi où, malgré mon aversion pour toules les huiles minérales, j'avais dû consentir à ce qu'il en fût brûlé à la cuisine. Un soir, la satanée lampe (une de ces petites lampes de cui-ine fort ingénieuses où l'huile est recueillie par une éponge qui alimente la mèche) était à sec, malgré mes recommandations expresses, la cuisinière se dispose à la remplir, à plus d'un mètre et demi de sa table, sur laquelle brûlait une bougie; la première goutte était à peine sortie de la burette que le gaz prend feu et que la malheureuse a les deux mains enveloppées de flammes. — Elle en fut quitte pour quelques brûlures, ayant eu l'incroyable fortune que ses vêtements ne prissent pas feu à leur tour; mais ce lui a été, j'espère, une leçon profitable. — Economie. Comme, somme toute, l'économie de l'éclairage est une nécessité souvent impérieuse, au point

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que l'huile de pétrole elle-même peut devenir coûteuse à de trop petites bourses, nous donnerons la recette suivante, expérimentée en Belgique l'an passé, et qui donne un liquide éclairant dont le prii est d'environ 7 centimes le litre : faites dissoudre 00 grammes de sel de soude dans un litre d'eau de pluie; ajoutez à cette solution 14 gouttes denaphte; agitez. Celte composition brûle avec un pouvoir éclairant aussi grand que l'huile minérale, donne une lumière aussi blanche et son emploi est absolument sans danger. — Nettoyage des lampes et bidons à pétrole. On prépare un lait de chaux avec de la chaux éteinte et de l'eau, et l'on lave avec ce lait de chaux qui, se combinant avec le pétrole, forme une sorte de savon. Si l'on veut obtenir une netteté plus grande, enlever jusqu'à la moindre trace d'odeur, ce qui peut être indispensable, par exemple, lorsqu'il s'agit d'un vase que l'on veut employer à un autre usage, — on lave une seconde fois dans un lait de chaux où l'on a jeté une petite quantité de chlorure de chaux. En chauffant le lail de, chaux, on rend l'opération plus rapide. — Eclairage électrique Depuis quelques années, on s'occupe

Eclairage électrique. — Pile de Dun.=en.

de l'éclairage électrique domestique, avec deux ou trois lampes de 10 bougies d intensité, pouvant êlre allumées ensemble ou séparément. On a essayé, pour cet usage, la pile-bouteille de Grenel; mais elle s'affaiblit trop rapidement. La pile de Bunsen pourrait suffire, mais on lui préfère l'appareil de G. Trouvé, composé de six éléments formes chacun d'une auge en verre ou en ébonitn, qui renterme deux lames de charbon serrées par une pince, et une lame de zinc amalgamé. Le liquide dans lequel plongent les lames est formé de 130 gr, de bichromate et de 450 gr. d'acide sulfurique par litre d'eau. Deux batteries de ce système maintiennent allumées pendant 5 heures 10 lampes à incandescence. Un treuil, mû par une manivelle, plonge à volonté ou en retire les zinc et le charbon. — Deux 111 d'assez fort diamètre partent des pôles de la pile et aboutissent à la dernière lampe di circuit. Des fils plus petits portent le courant aux autres lampes. Le choix de ces dernière! n'est pas indifférent. On préfère toujours les lampes àiucandescence comme celle d'Edison ou celle de Maxim. — Eclairage électiuque des villes. New-York a été la première ville qui fit usage de l'électricité pour l'éclairage de ses rues. Dès 1882, le célèbre inventeur américain Edison y créa la première station centrale. Cette stalion, colossal réservoir de force puisqu'on y produit des milliers de chevauxvapeur, sert à l'éclairage de tout un quartier entre Wall-Slreet, la grande artère commer-

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eiale de New-York et le quai du Sud, qui fait face au port. Ce quadrilatère a plusieurs kilomètres carrés de superficie. De l'usine rayon-

Edalrage électrique. — Me électrique TrouT*.

nent en tous sens des fils conducteurs qui se bifurquent à droite et à gauche pour longer toutes les rues. C'.aque maison est reliée par

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Zinc et charbon de la pile Trouté.

un fil spécial qui aboutit à un compteur. De 12,000 lampes qu'elle comptait en 1884, celte station en alimente maintenant 27,000 envi-

lairage électrique. — Lampe à incandescence de Maiini.

ron ; c'est dire quel succès elle a obtenu. Aussi, depuis celte époque, des capitalistes, des groupes de citoyens, ont, avec l'initiative

qui caractérise les Américains, créé dans presque toutes les villes du nouveau monde de semblables stations. Pour se rendre compte de l'importance que cette industrie a prise aux Etats-Unis, il suffit de jeter un coup d'oeil sur le tableau des valeurs d'électricité publié cbaque semaine par les revues spéciales; on est véritablement surprisdevoir le nombre considérable de Compagnies qui s'y sont fondées, ainsi que les énormes capitaux dont elles disposent. L'Europe suivit l'exemple de l'Amérique. Londres possède plusieurs stations dont la principaleéclaire lequar- | lier de Paddington, 24 1 hectares environ. La lu- { mière totale de cette ; station équivaut â 30,0(10 j becs de gaz. A Milan, l'u- I sine centrale de Saiutej Radegonde , qui a été construite sur le modèle de la station de New- York, est une des plus remarquables. Son développement a été très rapide. En 1883, elle comptait 5,500 lampes. Aujourd'hui, elle a 8,921 lampes à incandescence et 141 lampes à arc d'installées. Ces lampes sont distribuées dans les quartiers du centre de la ville; le théâtre de la Scala, le théâtre Manzoni, l'Hôtel de Ville, etc., etc., reçoivent leur éclairage de cette station. De. plus, cette usine s'agrandit d'une manière considérable en ce moment par l'emploi du système Zipernowsky , électricité à grande distance. Les usines centrales de Vienne, ,1e Rome, de Berlin, de Munich, de Bie.-lau, de Slullgard. de Luccrnc et de Lausanne sont également remarquables à des titres divers, mais la France est restée singulièrement en relard, et c'est avec modestie que nous devons parler des établissements de Saint Etienne, de Dijon, de Tours, etc. — Paris occupe le dernier rang parmi les grandes villes de l'Europe, au point de vue de l'éclairage électrique. Notre capitale s'est mène laissée levancer par une petite ville de la Lozère, Mendc, qui n'avait jamais été éclairée ai gaz et qui vient d'échanger tout à coup ses fumeuses lanternes contre la lueur éclatante de l'électricité. L'usine centrale est installée dans une très curieuse maison qui date de la Renaissance. La canalisation est aérienne:

les câbles principaux sont fixés aux maisons, suspendus aux cheminée5, on cachés sous les auvents; de ces câbles partent des « dérivations» sous plo;ul> qui amènent le coûtant aux lanternes municipales. La distribution se fait | ai le système Edison, à 100 volts, avec des lampes de Khotinsky; la plus grande distance depuis l'usine est d'environ 850 mètres. Toutes les rues et une partie des boulevards sont éclairés par des lanternes au nombre de 160, placées aux carrefours, sur les fontaines et devant les bâtiments publics : la préfecture, l'Hôtel de Ville, le tribunal, qtli, tous, sont éclairés à l'électricité; il en sera de même des casernes, d'après une décision du ministère de la guerre. L'éclairage public commence à la chute du jour et finit à minuit; à partir de ce moment, les abonnés qui usent du courant sont servis par une batterie d'accumulateurs cuargés pendant la soirée. — Eclairage électrique des édifices. A la suite de la catastrophe de l'Opéra-Comique, le

25 mai 1887, la préfecture de police prescrivit un ensemble de mesures destinées à assurer la sécurité des spectateurs, mais elle n'imposa pas aux directeurs l'obligation de faire usage de l'éclairage électrique. Les directeurs, mieux inspirés que l'administration, ont fait, de suite, installer des appareils électriques sur leurs scènes et dans leurs salles. En cela, ils ne firent qu'imiter l'exemple des principaux directeurs de province, tels que ceux de Lyon, de Marseille, de Bordeaux, etc. La catastrophe du théâtre d'Exeter (Angleterre), peu de temps après l'incendie de l'Opéra-Comique, donna une nouvelle force à l'opinion de ceux qui voientdansl'éclairageélectriquele seul moyen de préserver du feu les salles de spectacle. Tous les théâtres, les grands cafés et les grands magasins de Paris sont aujourd'hui éclairés par des becs électriques. La plupart de ces établissements possèdent des appareils particuliers, ordinairement installés dans les soussols. L'immense salle de l'Hippodrome est pourvue de 20 lampes voltaïques à régulateur Serrin et de 60 bougies Jablochkoff, disposées en deux lignes sur le pourtour, avec quatre corbeilles couronnant les colonnes centrales. L'électricité est produite à l'aide de deux machines à vapeur, système Compoimd, de la force de 10C chevaux chacune et alimentées par trois vastes chaudières à retour de flamme. Le volant de la machine à vapeur met en mouvement quatre rangées de machines dynamoélectriques Gramme, à sept machines par rangées. Les fils conducteurs, qui amènent l'électricité aux différents brûleurs disséminés dans la salle, sont rattachés à 50 commutateurs. Le théâtre des Variétés, éclairé à l'électricité depuis 1887, fait usage d'une machine dynamo-électrique qui sert, en même temps, à éclairer quelques boutiques du passage des Panoramas, soit un ensemble de près de

Eclairage électrique. — Macmues Compuuuu.

600 lampes à incandescence Woodhouse el Rawson de OS volts. Le courant électrique est produit par des générateurs de vapeur du système Collet (Belleville). La vi-peur passe dans deux machines à condensation Compound, de la force de 75 chevaux chacune. Chaque machine à vapeur actionne directement,par une courroie, une machine dynamoélectrique Gramme de 400 ampères et 110 volts, tournant à 625 tours par minute. Tout l'appareil est installé dans les caves d'une maison de la rue Montmartre. — L'installation électrique du Palais-Royal peut être considérée comme un modèle en sou genre.

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Tous les appareils, soit à vapeur, soit électriques, sont en double, la moitié d'entre eux étant toujours gardée on réserve, prête à

Eclairage électrique — Machines dynamo-elecu i^u,-» li

remplacer l'autre, le cas échéant. On les a placés dans le sous-sol, au-dessous du péristyle. Ils se composent de deux machines dynamo-électrique Edison, marchant à 900 tours et produisant chacune 55 volts et 450 ampères. Ces machines sont respectivement actionnées par deux machines à vapeur à condensation Compound, d'une force de 35 chevaux ; elles font 300 tours par minute et sont alimentées par des chaudières inexplosibles Belleville. L'installation comporte 430 lampes à incandescence, dont 285 de 10 bougies et 145 de 20 bougies. — Depuis 1830 jusqu'en 1888, on n'a cessé de faire des essais multipliés d'éclairage électrique pour le vaste édifice de l'Opéra. Après de nombreux changements et des modifi cil ions répétées, on a fini par adopter l'éclairage par incandescence. Les gigantesques sous-sols de cette vaste construction ont reçu 3 chaudières inexplosibles Belleville, fournissant par heure 2,450 kilogrammes de vapeur chacune. Le service d'éclairage journalier est assuré par 2 machines à vapeur Corliss, jumelles, de 150 chevaux chacune et à condensation. Elles font 65 tours à la minute, et actionnent, à 200 tours, une transmission principale commandant 5 machines dynamo-électriques Edison, de 500 lampes. Une machine Gramme, à courants alternatifs, alimente les foyers Jablochkoff de la façade. — Eclairage électrique sous-marin. On a tenté, ces dernières années, beaucoup d'expériences d'éclairage électrique sous-marin, pour la pêche ou pour les travaux qui se font sous l'eau. Le Scientific americun a l'ait connaître dernièrement un projet d'éclairage électrique sous-marin pour la défense des navires cuirassés qui peuvent Être menacés, en temps de guerre, par les torpilles. Ce projet est de M. Celis, qui propose de ménager dans la caréné des navires, audessous de la ligne de flottaison, des postes de défense qui comprendraient trois ouvertures. La première, garnie d'un verre lenticulaire, laisse passer les rayons d'une lampe électrique projetés par un "fort réflecteur et illumine la masse des eaux autour du navire. Derrière la seoonde , fermée d'une glace puissante, se tient en permanence un veilleur qui inspecte cet horizon sous-marin. La troisième est la bouche d'un tube lance-torpille, dans lequel est loge*! une torpille toujours

ËCL1

prête à partir, et qui, munie des appareils de direction connus, se trouve sous la main du veilleur. Un bateau sous-marin se montre-t-il dans le champ illuminé, tous les veilleurs dirigent sur lui les torpilles dont ils disposent et le détruisent à une distance telle que cette opération n'a aucune influence sur le navire qu'ils sont chargés de sauvegarder. Ce projet de vigies sous-marines nous semble, en dehors du cas des navires de guerre, pouvoir être aussi appliqué aux navires de commerce, dans les parages dangereux. Enfin, et ceci serait à expérimenter, en temps de brouillard, la vision à travers l'eau éclairée permettrait-elle de voir un second navire muni aussi d'un fanal sous-marin?

Cette question est importante, bien nombreux sont les sinistres arrivés par .'abordage de navires pendant la nuit •t en temps de brouillard.

ECLIPSE. — Les éclipses de soleil Mit une grande importance pour les astronomes, à qui elles permettent d'éludier les panaches lumineux d'autant plus brillants que l'obscurité est plus complète. On croyait aulrefois que ces magnifiques jeux" de lumière étaient uniquement produits par des illusions d'optique ; mais Arago comprit que l'on se trompait et il engagea les astronomes à étudier soigneusement des phénomènes qu'ils avaient dédaignés jusqu alors. Depuis cette époque, les éclipses

ÉCLI

l'histoire grecque. Grâce à cette éclipse, on établit la concordance de l'ère des Olympiades avec l'ère chrétienne, et l'on eut l'époque exacte des jeux dans lesquels fut décerné le premier prix dans la course du stade. — Le.éclipses totales sont as?ez rares : le xixe siècle

Fig. 2.

Eclipse du 12juin 1890, telle qu'elle fut visiul à Paris, au lever du soleil.

n'en a que 49 sur 341 éclipses. Parmi ces 4& nous comptons celles de 1891, de 1894, de 1895 et de 1898. L'Académie des sciences de. Vienne a récemment publié un volume rédigé par Oppolzer, et qui renferme le canon de 8.000 éclipses de soleil, survenues depuis l'an

Fig. 1. — Variations des protubérances solaires pendant une éclipse totale.

totales ont été observées avec le plus grand soin. C'est à l'occasion de l'une d'elles que Janssen découvrit une méthode pour explorer» les environs du soleil à l'aide d'un spectroscope, et que Laussedat appliqua pour la première fois l'instrument perfectionné par Léon Foucault, sous le nom de sidérostat. Enfin, c'est encore à l'occasion des éclipses de soleil qu'on a appliqué, pour la première fois, la photographie à l'étude des phénomènes célestes. — On est d'accord aujourd'hui que les protubérances et les rayons extraordinaires, qui se montrent lorsque le disque de la lune cache complètement le soleil ne sont pas de simples illusions. Mais la rapidité avec laquelle les formes de ces singuliers objets sont modifiés est si grande, qu'il est impossible de ne pas se demander s'il est bien vrai qu'ils fassent, en réalité, partie du soleil. La figure 1 montre combien sont différentes les formes aperçues à peu près au même instant, par divers observateurs.— A tous les progrès qu'il faut inscrire à l'actif des éclipses, on doit ajouter la fondation de la chronologie scientifique. C'est, en elîet, une éclipse totale, survenue 770 années avant la naissance du Christ qui a permis aux savants modernes de fixer d'une manière authentique la première date de

1707 avant J.-C. jusqu'à nos jours, et celles qui se succéderont jusqu'en 2161. Cette période de 3,868 années ou 1.021.185 jours ne

Fig. 3. — Eclipse du 12 juin 1890, telle qu'elle fui à Paris, lors de sa plus grande pbase.

visibta

contient que 1,000 éclipses totales. — Le volume d'OppoIzer contient également un canon de 5,200 éclipses àe lune, pendant la

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même période de 3,868 ans. — L'éclipsé annulaire de soleil du 12juin 1890 a été visible dans une grande partie de l'Afrique boréale, de la Méditerranée, de l'Asie Mineure, de la Perse et de l'Inde. A Paris, l'observation de cette éclipse ne put avoir lieu que dans des conditions assez mauvaises. En effet, elle était commencée depuis longtemps lorsque le soleil se leva, et elle cessa avant que le disque de la lune eût recouvert la moitié du disque solaire.

ÉC0OFFE s. m. Ancien nom du cerf-volant; rue des Êcouffes. — On disait aussi Ecouiles :

b La rue de VEcoufte est près Et la rue des Rosiers près... »

Goillot.

ÉCREVISSES. (Econ. dom.). Enlevez la nageoire du milieu, que devra suivre un petit boyau noir; lavez à grande eau, en changeant plusieurs fois; faites cuire dans un courtbouillon; laissez bouillir un quart d'heure, la casserole couverte. Retirez-les du feu, faites égoutler. Servez sur une serviette, disposées en buisson et parées de persil vert.

ÉDUCATION. Le tableau que nous publions ci-dessous fait connaître le nombre des illettrés qui n'ont pu signer leur acte de mariage depuis quelques années, dans certains pays où existe la statistique :

Prusse

Ecosse .

Angleterre et Galles

Uollande

France

Irlande

Italie

nOHDRB DB FBRSONNRS

qui h'okt pd siansn lbur

1CTB OB MARliGB

(pour 100 mariés)

Hommes

Femmes

Mojenne

— Encycl. Dans l'éducation de la jeunesse de notre pays, on a pendant longtemps négligé le développement du corps, qui doit toujours marcher de pair avec le développement intellectuel. On commence à peine à reconnaître aujourd'hui que cette partie de l'éducation n'est pas la moins importante. La nécessité où l'on se trouve de faire passer tous les hommes valides sous les drapeaux fait ressortir la faiblesse physique de la plupart des jeunes gens élevés dans les villes. En Angleterre et en Allemagne, on attache une grande importance aux exercices corporels; mais c'est depuis peu d'années seulement que l'on se préoccupe, en France, de prescrire ces exercices dans les écoles. — Grâce à l'initiative de M. Paschal Grousset, écrivain de grand mérite, il s'est produit enfin un mouvement général de l'opinion, et la Ligue nationale de l'Education physique a été fondée à Paris, en 1888. Cette association est reconnue d'utilité publique; et, aux termes de ses statuts, la Ligue a pour objet : 1° de développer gratuitement dans les écoles de tout ordre, la force et l'adresse de ceui qui devront un jour le service militaire au pays, ainsi que la santé vigoureuse, d'où dépend l'équilibre intellectuel et moral; 2° à cet effet, d'élargir et de rehausser à sa dignité véritable la culture pédagogique du corps humain; 3° d'introduire, dans les établissements d'instruction primaire, secondaire et supérieure, à côté des exercices méthodiques de la gymnastique classique, les jeux de plein uir et les récréations actives qui en sont le complément nécessaire; 4° d'intervenir auprès des pouvoirs publics pour qu'un nombre d'heures suffisant soit consacre à ces exercices ou à ces jeux, dans la vie scolaire de toupies âges; 5° d'étudier, de formuler ou de

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faire connaître les moyens pratiques pouvant conduire à ces résultats; de déterminer dans quelle mesure ils doivent être appliqués à l'éducation des jeunes filles; 6° d'amener les communes à ouvrir, pour l'usage de la population scolaire, des terrains appropriés aux jeux et exercices publics, et aies pourvoir du matériel peu coûteux que comportent ces exercices; 7° d'instituer tous les ans un grand concours de force et d'adresse entre les champions des écoles de France, désignés par voie de sélection régionale, et de constater ainsi périodiquement la condition physique des générations qui se succèdent. > La Ligue a son siège à Paris, rue Vivienne, SI. La cotisation annuelle des adhérents est de trois francs, au minimum. — Le plus grand nombre des recteurs et des inspecteurs d'Académie, des proviseurs île lycée et des principaux de collège ont adhéré aux statuts de la Ligue; il en est de même des directeurs des principales maisons d'éducation. Le grand concours nalional a lieu chaque année au mois de juillet ; des prix sont décernés aux lauréats pour chaque genre d'exercices (marche, course, saul, bicycle, aviron, natation, équitation, escrime, boxe, tir, etc.). Une coupe en argent, offerte par le Président de la République, est donnée en dépôt, pour un an, à l'institution dont les élèves ont obtenu, au concours annuel, la plus grande somme de récompenses. Ch. Y.

ÉGRAIN s. m. (préf. é; franc, grain). Plant d'arbre fruitier qui provient de graines et qui sert le plus souvent de sujet pour grelfer les bonnes variétés. Pour le poirier, on dit qu'il est greffé sur franc, quand la greffe a été appliquée sur un plant de poirier ou égrain.

EGYPTE. — La superficie et la population de l'Egypte ont beaucoup diminué depuis que la Grande-Bretagne s'est donné la tâche de régénérer ce pays. La domination anglaise s'étend jusqu'à Ouady-Hallah (2° cataracte du Nil). En dehors de la vallée du Nil et de son delta, l'Egypte comprend, à l'E. plusieurs provinces sur la mer lîouge, en Syrie, dans l'isthme de Suez; à l'O., les oasis du désert libyque; au S., une partie de la Moudirieh de Dongola. Elle a perdu ses anciennes possessions du Soudan et ses prétentions sur l'Afrique centrale.

TABLKAU STATISTIQUE DE l'ÉGYPTE

ÉGYP

DIVISION» IDHjniSTRlTITBI

KIL. C1RRBS

d'après

le recensi-mcnl du 3 mai 1*82

par KIL.C.

Goût. Caire

— Alexandrie.

— Daraictlc. , .

Rosette. . . .

Beherah . . .

CharkiL-h . .

Dakahliell..

Gharbieh . .

Kalioubieh.

Meooulieh .

Moud.

Basse-Egypte.

Liaulc-Égypte.

Gouv. Kosseir

Moud. Assiout

— Beni-Souêf. . . .

— Fayoum 1.277,0

— Guizeh . 956,4

— Minia 1.999,7

— Esna | 861,6

— Guerga 1.688,6

— Kcna I 1.409,9

Isthme.

Gouv. Isthme de Suez | 27, 7 |

Est.

Gouv. El-Arich I 0,5 \

Oasis.

Oasis Sioua | 7 I

Egypte I 27.687,4 I 6.817.265 I 240

La population de l'Egypte ne compte pas moins de 90,000 étrangers, dont 37,000 Grecs, 19,000 Italiens, 16,000 Français, 8,000 Austro-Hongrois, 6,000 Anglais ou sujets britanniques, 1,000 Allemands, etc. — Capitale, le Caire, 374,000 hab. (dont 22,000 étrangers). Villes principales : Alexandrie, 227,000 hab. (dont 48,000 étrangers) ; Damielte, 34,000; Tanta, 33,000; Asshut, 32,000. — Recettes (en 1889), 9,690,000 livres égyptiennes; dépenses, 9,682,000 livres; excédent de receltes, 8,000 livres. — Dette publique, 106,012,300 livres sterling. — Commerce, importation, 7.021,000 livres égyptiennes ; ex portalion, 11, 953,000 livres. Transit, 749,568 livres. La plus grande partie du commerce se fait avec l'Angleterre, la Turquie et la France. — Chemins de for, 2,012 kilom. — Télégraphes, 5,841 kilom. de lignes, 10,727 kilom. de fils. — Armée, 10,790 officiers et soldats, sous les ordres d'un major général anglais et de 60 officiers anglais; 745 chevaux, 307 chameaux, 236 mulets et 14 pièces de campagne. On doit ajouter à l'armée 6,250 hommes de police. — Marine, 2 bateaux à vapeur armés de canons et plusieurs petits croiseurs. Le yacht khédival El Mahroussa est également considéré comme bâtiment de guerre. — Notice historique. Jusqu'à ces dernières années, l'Egypte put être considérée comme un champ ouvert à l'expansion colonisatrice de la France, comme une sorte de protégée, d'alliée, et, pourainsi dire,de cliente de notre pays. Cette influence de la Franc* portait naturellementombrage à l'Angleterre, pour qui la possession de Gibraltar, de Malte et ensuite de Chypre, semblait insuffisante pour contre-balancer notre prépondérance sur la Méditerranée, surnommée le < lac français ». Dès 1841, la Grande-Rrelagne prit une position hostile en imposant à l'Egypte une espèce de condominium, où elle partagea l'influence avec la France, en vertu du traité de Londres, qui rendit la Syrie à la Porte et assura à Méhémet-Ali et à ses héritiers la souveraineté de l'Egypte, avec le titre de vali ou vice-roi : tsmaïl-Pacha, qui arriva au trône en 1863, vit s'accroître d'une manière énorme les produits du sol et les revenus de son gouvernement, en raison du haut prix du coton, que l'Amérique du Nord, plongée dans la guerre civile, ne pouvait plus fournir à l'Europe. Croyant, ainsi que beaucoup d'autres hommes politiques, que l'émancipation des esclaves allait mettre lin à la production du coton aux Etats-Unis, il se lança dans d'immenses entreprises : création de canaux de drainage et d'irrigation, agrandissement du port d'Alexandrie, construction de chemins de fer et de télégraphes, établissement d'écoles publiques, de banques, de factoreries de sucre, érection de palais, de théâtres; il dépensa des sommes énormes pour obtenir du sultan le droit de prendre le titre de khédive (roi) et d'introduire dans sa dynastie l'ordre de succession comme chez les nations européennes. Escomptant l'avenir dont il se croyait assuré, il emprunta à gros intérêt et emprunta de nouveau pour terminer ses travaux et payer l'intérêt de sa dette. Le travail reprit aux Etals-Unis, si bien que le coton diminua de prix; en 1879, le khédive devait 2 milliards et demi, à 7 p. 100. La corruption administrative fit qu'il paya les travaux le double de leur valeur. C'était l'instant psychologique attendu par l'Angleterre qui, par ses capitalistes, s'était déjà rendue maltresse d'une grande partie de la créance sur l'Egypte. Elle acheta au khédive sa part d'actions du canal de Suez, montant à 100 millions de francs; et à partir de ce moment la diplomatie européenne considéra l'annexion de l'Egypte à l'empire britannique, comme devant être la conséquence inévitable de la dislocation de l'empire ottoman. Faute d'argent, le khédiie ne put satisfaire aux exigences de ses troupes qui se mutinèrent en février 1879. Pour sauver

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la vie aux résidents européens, Ism"*' dut dis- 1 soudre son ministère, composé d'étrangers; sur quoi les gouvernements anglais et français poussèrent le sultan à déposer Ismaïl et à le remplacer par son fils, Méhémet-Tewfik ; ce qui fut tait. Unecommission internationale de liquidation, composée des représentants des grandes puissances, établit la dette nationale (1880) et nomma contrôleurs-généraux sir Rivers Wilson et M. de Blignières, chargés d'exécuter la liquidation, avec voix consultative au conseil du cabinet. L'intérêt de la dette fut réduit à 4 et 5 p. 100. M. de Blignières, prenant la direction du contrôle, nomma à tous les offices des administrateurs français et anglais, pour la plupart très capables, mais dont les deux principaux défauts étaient de ne connaître pas un mot de la langue du pays et de se faire payer très cher. Pendant que les Européens favorisés s'enrichissaient, le paysan était plongé dans la dernière des misères. Plusieurs dénis de justice, commis en faveur des chrétiens, mirent le comble à l'exaspération populaire. A ces causes de colère, des fanatiques surent joindre des molifs religieux. Pour que rien ne manquât à cette dissolution de la puissance égyptienne, le sultan, avec l'espoir que les nations européennes rétabliraient sa domination dans le pays, travaillait, en dessous, à détruire le prestige de son vassal. L'étincelle partit de l'armée, dont les officiers arabes avaient été mis en demi-solde, ou remplacés, soit par des Européens, soit par desCircassiens. Trois colonels présentèrent au khédive les griefs de leurs collègues; ce fut Arabi-Beyqui se chargea de prendrela parole, dans l'entrevue qui eut lieu le 1er février 1881. Il dit des vérités qui déplurent et les trois délégués furent mis aux arrêts pour insubordination. Une insurrection militaire les remit en liberté, et l'anarchie régna au Caire.-— Arabi- Ahmed-Pacha était un officier égyptien, né dans la province de Charkieh (Basse-Egypte), vers 1845.11 appartenait à une famille de fellahs et était parti comme conscrit pour l'armée, sous Saïd-Pacha. Ce commandant ayant remplacé les officiers étrangers par des indigènes, Arabi obtint un rapide avancement. Pendant quelque temps, il fut écarté de l'armée et étudia les sciences à l'Université du Caire. Il entra dans l'intimité d'Ali-Pacha et organisa avec lui, vers 1877, une société secrète, dans laquelle entrèrent nombre d'officiers indigènes, pour renverser le gouvernement ottoman. Le khédive s'étant coalisé avec eux, ils reçurent des secours pécuniaires de plusieurs banquiers européens, et en 1879 le ministère européen lomba. Arabi fut alors nommé colonel et placé à la tête d'un régiment, et, peu après, il devint ministre de la guerre et de la marine. Sa société secrète, levenue très hostile aux étrangers, avait pris pour devise : « L'Fgyple aux Egyptiens ». Ce .-entiment fut même poussé à l'extrême et ils en arrivèrent à demander la répudiation de la dette contractée par Ismaïl -Pacha envers des créanciers européens. Arabi, élevé au grade ie général, avec le titre de pacha, projeta la création d'un arsenal, à Suez, et de fortifications côlières pour prévenir le débarquement de troupes européennes. Des officiers de Circassie et d'autres nationalités étrangères furent arrêtés et exilés, ce dont le sultan se trouva oirensé, et le conflit des autorités produisit le désordre dans toutes les affaires de l'Etat. Arabi se mil en relation avec les chefs politiques et religieux et annonça l'intention de délivrer l'Egypte de la domination étrangère. Le 9 sept, les troupes mutinées se rendirent devant le palais et réi-lamèrent une augmentation de l'armée, qui devait être portée de 12,000 â 18,000 hommes, la démission du ministère, la nomination de Shérifl'acha comme premier ministre et la convocation d'un parlement égyptien. Tewflb céda. Une chambre des notables se réunit le 26

déc. e*. entra ae suue en mue avec le p en réclamant, entre autres réformes, le droit de surveiller l'administration et de voter le budget. C'était un commencement de révolution ; mais la France et l'Angleterre envoyèrent leurs cuirassés dans les eaux égyptiennes, en octobre, soi disant pour protéger les droits du sultan et pour empêcher le peuple de proclamer son indépendance. Gambetta se déclara partisan d'une intervention immédiate ; mais Gladstone voulait écarter la France, et d'obscures négociations embrouillèrent la situation. Plutôt que de voir la France en Egypte, le cabinet anglais en appela à l'intervention turque; la France s'y opposa et se trouva en opposition avec l'Allemagne, la Russie, l'Italie et l'Autriche. Sur ces entrefaites, le ministère Gambelta fut forcé de se retirer; le ministère Freycinet arriva au pouvoir avec des intentions beaucoup plus pacifiques. Le 3 févr. 1882, le khédive fut forcé d'admettre un ministère de résistance, dans lequel le portefeuille de la guerre était donné à Arabi. Des mesures militaires furent prises pour repousser une intervention européenne ; 40 officiers circassiens furent arrêtés et convaincus d'avoir comploté l'assassinat d'Arabi;les réserves furent appelées et les côtes furent fortifiées, au moment où une escadre anglo-française arrivait dans les eaux égyptiennes, le 20 mai. Les consuls généraux de France et d'Angleterre demandèrent formellement l'exil d'Arabi. Le khédive céda, puis revint sur sa détermination. Les haines religieuses attendirent l'instant de se manifester, et le H juin 1882, un pugilat entre un Arabe et un matelot mallais, provoqua à Alexandrie une véritable émeute, dans laquelle périrent 70 Européens et 600 musulmans. Les troupes eurent beaucoup de peine à rétablir l'ordre. A la suite de celle grave affaire, une conférence des nations européennes se réunit à Thérapia, sur le Bosphore, le 23 juin 1882; mais on ne prit aucune détermination, parce que la Porle refusa de s'y faire représenter. Le khédive confia à Arabi le soin de maintenir l'ordre dans la ville d'Alexandrie, ce qui consterna la population européenne et la poussa à s'enfuir. Pendant que les cuirassés anglais se trouvaient dans la rade et que des négociations se poursuivaient pour la protection des étrangers, Arabi accrut et exerça ses troupes. Tout à coup, le 6 juillet, sir Beauchamp Seymour, l'amiral anglais, notifia à Toulba-Pacha, commandant à Alexandrie, d'avoir à évacuer la place. Cet ordre n'ayant pas été exéculé, le bombardement commença le 10, à sept heures du malin et se termina à cinq heures de l'après-midi. La ilotlille anglaise se composait de 13 cuirassés, portant 3,539 hommes et 102 canons. La ville n'était pas en état de résister; mais les soldats égyptiens déployèrent un grand courage et se firent bravement tuer sans songer à fuir. Le lendemain, Arabi et Toulba-Pacha évacuèrent la place qui resta entre les mains d'une troupe de pillards ; le quartier européen fut livré aux Qammes. Le 13, les troupes anglaises débarquèrent dans la ville ; le khédive vint de lui-même se placer sous leur protection. Le cabinet français, qui se proposait de prendre part à l'occupation de l'Egypte, tomba sous un vote de la Chambre et M. de Freycinet céda la place à M. Duclerc : la politique de paix à tout prix et d'effacement, eut le dessus. L'Angleterre en profita pour hâter l'invasion de l'Egypte. M. Gladstone obtint un crédit le 18 juillet et donna aux troupes anglaises l'ordre d'agir contre Arabi, qui avait pris position à Kafr-Daouar, entre les lacs de Mariotis et d'Aboukir, où ses soldats avaient élevé un triple rang de formidables fortifications commandant la route du Caire. Les Egyptiens s'y trouvaient au nombre de 70,000 soldats, armés de fusils rayés Remington et

de 150 canons Krupp, avec des munitions suffisantes. Des renforts portèrent les troupes britanniques à 50,000 hommes, dont 8,000 Indous. Avant d'attaquer, on empêcha Arabi de fermer le canal de Suez, en lui faisant r;<)nner, par M. de Lesseps, l'assurance que les Anglais en respecteraient la neutralité, tandis qu'en réalité, le général Garnet Wolseley avait résolu d'en faire la base de ses opérations. Pour mieux tromper Arabi, les Anglais eurent l'air de vouloir attaquer Aboukir, le 19 août; mais pendant la nuit suivante, ils remontèrent le canal, dont ils violèrent ainsi la neutralité et leurs troupes débarquèrent sur la gauche d'Arabi, qui, pendant ce temps, portait toutes ses forces à droite. Dès l'aube, Port-Saïd, Kantura et Ismaila étaient entre les mains des assaillants. Une colonne prit, le lendemain, le camp de Tel-el-Mahuta, qui avait été évacué. Le 26 août, après quelques engagements, le lac Kassassin fut occupé. Une vraie bataille s'engagea le 28, en avant de Tel-el-Kebir, où Arabi s'était retranché. Pendant un moment, les Egyptiens prirent l'offensive, mais ils furent forcés de rentrer dans leur camp. Une autre bataille, livrée le 9 sept., leur fut fatale. Le 12 sept., après le coucher du soleil, 14,000 soldats anglais de toutes armes, se mirent en marche contre le camp de Tel-el-Kebir. La lutte fut sanglante; mais la discipline anglaise eut raison du courage furieux des musulmans. Au bout d'une heure, tout ékait terminé ; les Egyptiens étaient écrasés. Arabi, trahi de tous côtés, fut arrêté au Caire parle préfet de police, qui le livra aux Anglais, lorsqu'ils entrèrent dans la ville, le 14 sept. Ainsi se termina la conquête de l'Egypte; Arabi, Toulba et Mahmoud Sahmi, accusés de rébellion, furent jugés par un tribunal militaire. Arabi, condamné à mort, vit commuer par le khédive sa sentence en un bannissement perpétuel. Ceylan lui fut désigné comme lieu d'exil, et il y fut transporté avec ses deux co-accusés. — Après la chute d'Arabi, il n'y eut plus de résistance contre l'invasion anglaise et tout le pays fut occupé. Des officiers anglais furent placés à la tête des troupes nationales; les emplois devinrent le paitage des nouveaux dominateurs, qui évincèrent les Français de toutes les administralions ; et le 18 janvier 1883, le double contrôle fut formellement aboli, l'Angleterre restant seule chargée de la surveillance de l'Etat. Jamais la misère n'avait été si grande, le budget de 18*3 présenla un déficit de 200 millions de fr. En mai 1884, le choléra décima la population; une conférence des nations européennes demeura sans résultat (28 juin 1884), par suite de la divergence d'opinion entre ia France et l'Angleterre. Néanmoins, des négociations subséquentes amenèrent une convention conclue entre les puissances pour un emprunt de 225 millions à 3 p. 100, garanti par les nations européennes. Celte garantie fut le dernier triomphe de l'Angleterre. Déjà, en nov. 1882, le Soudan s'était soulevé; le Mahdi avait exterminé une armée anglo-égyptienne, commandée par le général Hicks. Presque simultanément, Osman Digma, autre chef soudanais, anéantissait, près de Soualum, une armée sous les ordres de Moncrielf; les villes de Sinkat etdeTokar étaient étroitement investies. Baker-Pacha, parti pour dégager ces deux places, fut complètement battu à El-Teb, le 5 févr. 1883, et perdit la plus grande partie de son armée, et Sinkat ne tarda pas à tomber entre les mains des Soudanais. — Le 26 janv. 1884, un autre officier anglais, le fameux Gordon, nommé gouverneur général du Soudan, partit pour secourir les garnisons. Une puissante armée, placée sous les ordres du général Graham, opéra autour de Souakim et repoussa Osman Digma à la bataille d'EI-Teb, le 29 févr. 1884; mais déjà Tokar était tombé au pouvoir des indigènes. Gordon, arrivé à Khartoum, le 8 févr.,

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vil de suite que la partie était perdue; il proposa d'évacuer cette place, mais il dut obéir à un ordre formel de se maintenir jusqu'à l'arrivée d'une grande année, oui se disposait à marcher à sa délivrance. En août 1884, lord Wolseley, à la têie de 9,000 combattants, se mil en marche vers Kharioum, qui était alors étroitement investi; il remonta le Nil, dans des bateaui qu'il fallut traîner sur terre pour passer les cataractes. Après avoir accompli ce travail, Wolseley atteignit Korti, le 16 déc. De là, il dépêcha à travers le désert, une colonne volante de soldats, montés sur des chameaux. Cette colonne, commandée par sir Herbert Stewart, se dirigea vers Metemneh ; le 17 janv. 1885, elle rencontra les indigènes à Abou-Kli,où se livra une bataille pendant laquelle Slewart fut mortellement blessé. Son successeur, sir Charles Wilson, parvint à repousser ses ennemis et à établir un camp retranché à Goubat, sur le Nil. C'est là ru'il reçut trois bateaux à vapeur, envoyés'" de Kharioum parGordon. Embarquantses troupes dans deux de ces bateaux, il remonta le fleuve et n'arriva devant Khartoum que pour y apprendre la mort de Gordon et la prise de la place par le Mahdi. — La saison n'étant pas favorable aux opérations militaires, l'expédition revint à Dongola. Une armée de troupes indoues et de volontaires australiens, se forma à Souakim, sous les ordres de Graham, dans le but de marcher vers Kharioum à l'automne suivant. En même temps, les Anglais commencèrent un chemin de fer, destiné à relier Souakim à Berber. A celte nouvelle, les indigènes de la Côte se soulevèrent comme un seul homme et le gouvernement anglais prit la sage résolution d'évacuer le Soudan, en laissant seulement une garnison à Souakim. La colonne du Nil battit donc en retraite jusqu'à Ouadi-Halfa, frontière de l'Egypte. — En avril 1885, la suppression du Bosphore égyptien, journal français du Caire, fut un nouveau défi jelé à la France, qui sut se faire rendre justice. — En conséquence de la mort du Mahdi et de la délivrance de la ville de Kassala, par les troupes abyssiniennes, alliées des Anglais, tout danger semblait avoir disparu, lorsque les Arabes, soulevés par les prédications religieuses, formèrent des réunions hostiles, au sud de Ouadi-Halfa, vers la fin du mois de novembre 1885. Après plusieurs escarmouches, les Anglais finirent par les repousser en leur enlevant 4 canons, le 30 déc. Depuis celte époque, la tranquillité n'a plus été troublée, que par quelques incursions et plusieurs attaques des Arabes. Osman Digma, qui avait passé pour mort, a donné plusieurs fois signe de vie, mais il n'osa porter la guerre en Egypte et dut se contenter de rester libre au milieu de ses Arabes. — Les événements les plus importants de 1887 furent les négociations infructueuses pour l'évacuation de l'Egypte au bout d'un nombre déterminé d'années, quand le pays sera réorganisé, et la neutralisation du canal de Suez, en vertu d'une convention qui assure, en temps de guerre comme en temps de paix, le libre passage de cette voie navigable à tout navire de commerce ou de guerre. — Pendant l'année 1888, les derviches, alliés du kalife Abdalah (successeur du Mahdi), attaquèrent plusieurs fois la frontière égyptienne, du côté de Ouadi- Halfa; mais ils furent repoussés sans difficulté. — Au mois de février 1889, le gouvernement anglais ouvrit des négociations pour la conversion de la dette égyptienne, qu'il s'agissait de réduire de S à 4 p. 100. Plusieurs grandes puissances y accédèrent. Mais cette mesure était surtout dirigée contre les créanciers français, et le cabinet de Paris refusa d'y souscrire avant que la Grande-Bretagne eût fixé la date de l'évacuation de ses troupes. Le 8 novembre, les régiments de nègres reçurent l'ordre de quitter Assouan pour se rendre à Souakim. Des régir-pnts les remplacèrent à

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Assouan. Les derviches, qui assiégeaient Souakim, furent mis en déroute. A la même époque, Emin-Pacha fut délivré. — Eduard Schnitzler, si célèbre sous le nom d 'Emin- Pacha, est un juif Allemand, né à Oppeln (Silésie), le 28 mars 1840. Deux années après sa naissance, la famille Schnitzler se fixa à Neisse, où habitent encore la mère et une sœur de l'aventureux explorateur. Il fit son éducation au gymnase de Neisse et aux écoles de médecine de Breslau et de Berlin, où il prit ses derniers grades en 1854. 11 étudia ensuite à fond plusieurs langues européennes et asiatiques. En 1865, il émigra en Turquie, où il fit la connaissance de Hakki-Pacha, qu'il accompagna dans ses voyages officiels à travers l'Arménie, la Syiie et l'Arabie. Fixé à Sculari, en 1868, il devint l'intime ami du gouverneur Ismaïl. Lors de la disgrâce de celui-ci, il le suivit dans son exil à Trébizonde. Ismaïl élant rentré en faveur, Emin partagea sa bonne fortune et épousa ensuite sa veuve, sous l'influence de laquelle il abjura le judaïsme pour se convertir à l'islamisme. 11 revint dans son pays natal en 1875, mais il n'y resta que peu de mois, car nous le voyons, l'année suivante, prendre part à l'expédition d'Egypte, en qualité de chirurgien et sous le nom d'^mm- Effendi. Envoyé à Khartoum, il fut nOilimé, en 1878, gouverneur des Provinces équaloriales d'Egypte, lorsque le général Gordon devint gouverneur du Soudan. 11 partit, avec une poignée d'Européens, croyant prendre facilement possession de l'Afrique centrale, mais le soulèvement des Mahdistes fit avorter ses projets. Ses communications avec l'Egypte se trouvèrent coupées; on le crut perdu. Au bout de sept ans seulement, c'est-à-dire eu 188fi, on reçut de ses nouvelles et l'on apprit, non sans surprise, qu'il avait conservé sa province, à l'aide de sa faible armée. Comme il demandait du secours, les Anglais organisèrent de suil.e une expédition dont ils confièrent le commandement à Stanley, et qui ne devait pas durer moins de trois ans. On savait que le principal établissement d'Emin- Pacha se trouvait à Ouadelai, sur le lac Albert-Nyanza, et qu'il possédait deux bateaux à vapeur sur ce lac. On pouvait donc le secourir en traversant l'Etat du Congo, et ce fut cet itinéraire que choisit Stanley, avec l'assentiment du gouvernement égyptien et l'assistance de l'administration du Congo. Il prit avec lui le major E. Barttelot et plusieurs autres officiers européens, avec une escorte de plusieurs centaine de Zanzibari et de Soudanais, les uns soldais, les autres porteurs. Parti au commencement de janvier 1887, il remonta le Congo et son grand tributaire l'Arououimi. A 150 milles au-dessus du confluent de cette rivière, il établit un camp, dont il confia la garde au major BarLtelot. De là, il se mit en marche, avec le gros de ses forces, vers l'Albert-Nyanza. En même temps, Tippoo-Tip, traitant arabe très influent, qu'il avait attaché à l'expédition, fut envoyé sur le Haut-Congo, vers Stanley-Falls. Ces marches s'exécutèrent au milieu de grands périls. Le bruit se répandit même un instant, eu Europe, que Stanley avait péri assassiné. Le major Barttelot partit au secours de son chef, mais il fut tué par les indigènes qui l'accompagnaient. En novembre 1888, une expédition, dirigée par le lieutenant Wissmann, se mit à la recherche du courageux explorateur. Ce fut seulement le 2 avril 1889 que l'on reçut des nouvelles de Stanley et d'Emin-Pacha. Pour arriver au lac Albert-Nyanza, la colonne de Stanley avait eu a traverser d'immanses forêts tropicales. Le 28 juin 1887, elle comptait encore 387 hommes; le 31 août suivant, elle en avait perdu 66 par suite de désertions et de combats avec les Arabes. Jusqu'au 12 novembre, son histoire est celle d'une marche pénible, au milieu de tribus ennemies, dans un pays dévasté par les Arabes. Réduite à 174 « squelettes >, elle atteignit, tu mois de

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novembre, un territoire fertile, où elle s'arrêta plusieurs jours. Le 14 novembre, après un combat livré aux naturels, elle arriva sur les bords de l'Albert-Nyanza; mais il fallut encore parcourir 190 milles pour atteindre le lieu où se trouvait le bateau. En janvier 1888, Stanley fut malade d'une gaslril". pendant un mois. Le 26 avril, il reçut des nouvelles d'Emin qui le rejoignit le 29. Laissant Emin avec les Européens, Stanley retourna à Yambouia,pour y chercher son arrière-garde et ses provisions, restées avec Barttelot. En route, il apprit que les soldats d'Emin s'étaient révoltés et que ce chef avait été pris le 18 août 1888, par les Mahdistes, ainsi que son lieutenant Jephson. 11 revint en toute hâte sur ses pas, dans l'espoir de sauver les survivants. Arrivé de nouveau sur le bord de l'Albert-Nyanza, il y aliénait du 4 février au 8 mai 1889. Il reprit alors sa marche vers la côte, en longeant le pied de la chaîne neigeuse des monts de Roujenzori et en suivant la route de l'Albert-Edouard- Nyanza, qu'il explora. Emin l'avait rejoint au camp de Kavallis, le 13 février, et ils ne tardèrent pas à arriver ensemble sur le territoire allemand de Mpouapoua.

ÉGYPT0L0GIE s. f. (gr. Aiguptos, Egypte ; logos, discours, traité). Science qui traite des antiquités égyptiennes; partie de l'archéologie qui s'occupe spécialement des monuments, de l'écriture et de la langue des anciens peuples égyptiens. L'égyptologie fut d'abord une science toute française, créée par nos officiers, lors de l'expédition de Bonaparte (voyez Egypte, dans le IIe volume de notre Dictionnaire). A. cette époque, les hiéroglyphes élaient considérés comme un problème insoluble. Plus de trente siècles échappaient ainsi aux investigations des savants, lorsque dans l'année 1799, l'ingénieur français Boussard découvrit la fameuse pierre de Rosette, aujourd'hui déposée au British-Museum. C'est une grande pierre de basalte noir qui se trouvait dans le temple du dieu Toun (soleil couchant), non loin de Rosette, à 10 kilom. de l'embouchure du Nil. Lors de la capitulation d'Alexandrie, en 1801, -le général anglais Hutchinson s'empara de cette pierre et la donna au Brilish-Museum. Elle contient une inscription trilingue : l'une en hiéroglyphes, la seconde en caractères démotiques et la troisième en grec. Cette inscription est imparfaite, mais le texle grec fut assez facilement déchillré et traduit, et les parties défectueuses furent restaurées par les hellénistes. C'est un décret solennel des prêlres assemblés en synode à Meraphis, pour des actions de grâces à Ptolémée V (195 av. J.-C). En 1822 seulement, Champollion trouva la clé de cetle inscription, résolut le problème posé aux savants et prouva la nature mixte de la langue, écrite en signes qui représentent en partie des sons et en partie des idées. Le copte ou langage populaire d'Egypte fut parlé jusqu'au xvie siècle de l'ère chrétienne, et une littérature considérable, principalement ecclésiastique, produite depuis l'introduction du christianisme, avait été transmise et conservée. Il restait trois dialectes parlés, qui ressemblaient suffisamment à l'ancien égyptien pour permettre d'examiner avec succès toutes les formes grammaticales, la structure et une portion considérable des inscriptions. La science égyptologique, d'abord tenue en suspicion, est aujourd'hui considérée comme très exacte. En 1863, elle reçut une indiscutable confirmât ion, lors de la découverte faite par le professeur Lepsius d'une tablette bilinque (grec et hiéroglyphique), à San, l'ancienne Zoan ou Tanis. Cette seconde inscription, si confirmative des recherches précédentes, est un décret en l'honneur de Ptolémée-Evergète Ier, par les prêtres de Canope (239 av. J.-C.), rendu en vertu des ordres du synode du temple de Tanis, contenant une inscription de 37 lignes de hiéroglyphes, traduites en 9-6 lignes d'écriture grecque et four-

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nissant une quantité considérable d'informations nouvelles, particulièrement relatives à des noms géographiques. Les savants sont aujourd'hui capables de lire les importantes inscriptions historiques trouvées au mont Sinaï et dans toutes les parties de la terre d'Egypte. L'histoire mythologique, la science, la littérature des anciens Egyptiens se développent devant nos yeux comme dans un livre ouvert. Les lumière;, augmentées par des recherches continuelles, permettront probablement avant peu d'étudier tous les points, sauf peut-être certains détails de philologie. — Ce qu'il y a de merveilleux dans la civilisation égyptienne, c'est qu'elle parait s'être développée spontanément dans la vallée du Nil, sans avoir eu pour modèle aucune autre civilisation antérieure, et l'on se demande comment un peuple a pu atteindre de lui-même un si haut développement de langage, de peinture et de sculpture. Il n'est aucune nation qui puisse lui être comparée dans l'antiquité, excepté peut-être les Babyloniens. — Les arts égyptiens ont eiercé une influence toute puissante sur l'ancien monde. Les Pbéniciens imitèrent leurs caractères ; les Grecs adoptèrent leur style d'architecture, car le style d'Orieut vient d'Egypte, l'Ionien d'Assyrie et le Corinthien d'Egypte. Si la Phénicie a fourni un alphabet aux Grecs, l'emploi de cet alphabet avait été suggérée aux Phéniciens par les Egyptiens. — La philosophie égyptienne, — la doctrine de transmigration de Pythagore et l'immortalité de l'âme de Platon, — sortirent des collègesdeThèbeset pénétrèrent dans le pays des Hellènes. La sagesse des Egyptiens avait pris corps dans des ouvrages moraux de proverbes et de maximesaussianciensqueicsPyraniides.

Le frêle papyrus, la roche presque impérissable, le temple et la tombe ont conservé jusqu'ànousdesmonumentsde littérature comme on n'en trouve nulle part ailleurs. Le psaume national de Pentaur se trouve sur les murailles de Thèbes et sur le papyrus de Sallier. Le Livre des morts était sculpté sur les tombes et écrit sur des rouleaux. Les Champs-Elysées, les torrents du Slyx, la légende de Phlégéton, les juges des morts, sont autant de conceptions égyptiennes, ainsi que le culte du Soleil. La littérature de ce peuple comprend de nombreux documents ayant trait à la médecine, à l'astronomie, à la géométrie, à l'histoire et aux fictions romantiques. — Plusieurs dogmes et des pratiques d'origine égyptienne se sont perpétues jusqu'à nos jours et exercent plus d'influence qu'on ne le suppose sur les opinions religieuses modernes. — Un trésor extraordinaire de reliques sépulcrales a été découvert pendant l'été de 1881, grâce aux efforts du professeur Maspero. Depuis quelques années, de curieuses antiquilés paraissaient de temps en temps sur les marchés, ce qui fit penser que les Arabes avaient trouvé une tombe royale qu'ils pillaient secrètement. Les soupçons de Maspero furent confirmés quand il eut déchiffré une copie photographique d'un rituel acheté à Thèbes par un voyageur et quand il eut découvert que ce rituel était le papyrus funéraire de Pinotem 1er. Ayant été nommé conservateur des collections khédivales, il se rendit à Thèbes et arrêta un Arabe porteur de reliques ; c'était l'un des trois frères qui possédaient seuls le secret. Cet i. iiiine, après plusieurs semaines de silence ou de réticences obstinées, révéla le lieu du trésor; les objets qui le composaient furent enlevés par Emile Brugsch et transportés au Caire. Ce lieu était un caveau qui avait servi de cachette pour y mettre en sûreté le contenu des sépulcres royaux. On suppose que le transport de ce contenu avait eu lieu soit au moment où les tombes de la 20e dynastie avaient été violées, soit lora du sac de Thèbes par les Assyriens. Les momies et les trésors qui les accompagnaient étaient amoncelés dans le plus grand désordre, et il était évident que

ce lieu avait été déjà pillé. Environ 6,000 objets y restaient encore et furent enlevés; ils comprenaient 29 momies de rois, de reines, de princes et de grands prêtres, 5 papyrus, dont un était le papyrus funéraire de la reine Makera, appartenant à la 20e dynastie, et deux plaques du genre de celles que Maspero avait précédemment décrites d'après des spécimens provenant sans doute du même endroit. Les sarcophages, qui étaient tous enfermés dans une chambre de 23 pieds sur 13, avaient été ouverts par les Arabes; ceux-ci, après avoir enlevé les momies, s'étaient ensuite trompés pour les replacer, de sorte que les noms sur les bandages ne correspondent pas à ceux des cercueils. Les momies des gens des 18e et 19" dynasties paraissent avoir été enlevés de la vallée des Tombes et transportées en ce lieu pendant le règne du premier prêtre-roi, Her- Hor. Plusieurs statuettes, des tablettes portant des inscriptions, des scarabées, des momies et d'autres objets vendus pendant les années précédentes, à différents voyageurs, provenaient, sans aucun doute, de cette cachette découverte par les Arabes environ 20 ans auparavant. Le caveau se trouve sous un rocher, à peu de distance de Deir-el-Bahari, près de Thèbes. L'entrée se compose d'un puits perpendiculaire, profond de 12 mètres, dont l'ouverture est à 60 mètres au-dessus de la plaine. Du fond de ce puits, une galerie, longue de 74 mètres, conduit à la chambre, qui mesure 7 mètres sur 4. — Au commencement de 1882, les pyramides de Méréna et de Pépi qui dalent de la 6e dynastie, et celles d'Uners de la 5e dynastie, et de Senefrou de la 3°, furent visitées sous la direction de Maspero. Les inscriptions et les reliques que l'on y trouva présentent le plus vif intérêt à cause de leur extrême antiquité. Celle de Senefrou, communément appelée Meydoun, est le plus ancien des monuments égyptiens auxquels on puisse assigner une date précise et qui aient été visités. En février et mars 1883, M. Naville explora les ruines deTel-el-Machkouta,près de Ranisis, sur le chemin de fer du Caire à Ismaïleh, et pensa que ce lieu peut-êlre identifié avec la cité-trésor Pithom, que les Hébreux construisirent pour Pharaon, ainsi qu'avec la Succoth, d'où ils partirent pour quitter l'Egypte, et avec la ville que les Grecs nommaient Heroœpolis. Il crut aussi avoir établi que Ramsès II est le Pharaon qui opprima les Hébreux. Parmi les inscriptions, s'en trouve une qui est relative à une place nommée Pi- Keheret, appartenant au même nome. On pense que Pi-Keheret est la forme égyptienne du nom biblique de Pi-Uahiroth, lieu où les Israélites campèrent avant de traverser la mer Rouge. Une grande partie des inscriptions des monuments que l'on a découverts dans ces dernières années sont relatifs aux dernières dynasties. — En 1883, les Anglais fondèrent une société pour l'exploration scientifique des monuments égyptiens et pour entreprendre des fouilles sur une vaste échelle, mais l'égyptologie reste encore une science française, grâce aux savants travaux de Maspero, qui a publié, en 1887, un livre richement illustré, intitulé l'Archéologie égyptienne et qui fait partie de la Bibliothèque de l'enseignement des Beaux-Arts, publiée sous la direction de Jules Comte. Maspero a donné également deux travaux moins volumineux : Rituel du sacrifice funéraire, Bulletin critique de la religion égyptienne (Paris, 1887), et la Syrie avant l'invasion des Hébreux, d'après les monuments égyptiens, conférence faite à la Société des éludes privées le 26 mars 1887. L'année suivante, les productions égyptologiques ne furent ni moins nombreuses, ni moins intéressantes. M. Groff donna, en français, une remarquable Etude sur le Papyrus d'Orbiney, texte eu hiéroglyphes, avec traduction et glossaire de l'Histoire des deux frères. M.Amélineau publia Monuments pour servir à l'Histoire

de l'Egypte chrétienne aux IVe et Ve siècles, ouvrage qui forme le 48 volume des Mémoires publiés par les Membres de la Mission archéologique française au Caire. Lesmêmes mémoires renferment un volume de Maspero sur les textes funéraires, d'après les tombes de Memphis et de Thèbes. — A l'appui des travaux du professeur Amélineau, un autre ouvrage a paru, sous les auspices du ministère de l'instruction publique. C'est une magnifique publication d'Eugène Lefébure, Les Hypogées royaux de Thèbes, dans laquelle sont reproduites, à l'aide de brillantes illustrations, les peintures et les inscriptions que l'on trouva dans la tombe de Séti Ier, monarque de la 19e dynastie. Le docteur Willem Pleyte, auteur des Etudes égyptologiques, traducteur et commentateur de quelques Chapitres supplémentaires des Per-m-Hru ou Livre des morts, a soulevé une polémique avec sa brochure sur l'Oracle d'Amon. — De récentes découvertes de tableltes cunéiformes, dans la vallée du Nil, ont soutenu la réputation de l'Egypte comme « terre des surprises archéologiques ». Ce n'est pas le premier monument de ce genre que l'on y trouve. Il y a cinq ans, Maspero déposa au musée de Boulaq, trois cylindres d'argile marqués de caractères cunéiformes babyloniens, achetés d'un Arabe qui disait qu'on les avait trouvés dans le voisinage du canal de Suez. On en conclut que ces cylindres provenaient de Tel-Defenneh, la DaphAe Pélusiaque des anciens, qui gardait la frontière d'Egypte à l'est. — En 1889, Maspero publia le résultat d'une excursion dans les anciens tombeaux, Momies royales de Deir-el-Bahari. Ses descriptions, remarquables par leurs détails minutieux, sont dignes de partager la faveur que l'on accorde aux nouvelles parties (pour 1889) des Mémoires publiés sous les auspices du ministère français de l'instruction publique, par les soins de M. Bouriant, directeur de la Mission archéologique au Caire, et avec la collaboration des membres de cette mission. En continuation de ses descriptions des Hypogées royaux de Thèbes, Eugène Lefébure a donné ses illustrations et ses inscriptions du tombeau de Ramsès IV, pendant que Philippe Virey faisait connaître le tombeau de Rekhmara, fonctionnaire qui était gouverneur général de Thèbes au temps de Tolhmès III. Le professeur Maspero fit paraître dans le Journal asiatique, une traduction qu'il avait préparée pour ses lectures publiques au Collège de France, d'après un papyrus du British- Museum, qui forme un manuel de la hiérarchie égyptienne, sous le rapport de la vie sociale, ecclésiastique, militaire, etc. Il donna aussi un article sur la mythologie égyptienne, dans la Revue de l'histoire des Religions.

EIFEL (1') [ai-feul]. Eiflia, plateau de la Prusse rhénane, qui sélend sur une longueur de 90 kilom., entre le Rhin, la Moselle et la Roër, et qui donne naissance à la Roër, a l'Uhr, à l'Ahr, à l'Elz, à la Lieser, à la Nèlhe, à la Kyll, à l'Erft, etc. Hauteur moyenne : 400 m.; point culminant : Hohen Eifel (760 m.). On y rencontre des vestiges de toIcans, dont les cratères sont devenus des lacs. Ce pays forma jadis l'Eifelgau, qui fut plus tard englobé dans l'archevêché de Trêves.

EIFFEL (La tour), célèbre tour de 300 mètres, élevée sur le Champ-de-Mars, à Paris, pour être la principale attraction de l'exposition universelle de 1889. Dès le début, il entra dans les vues des organisateurs de cette exposition que l'on érigerait une tour en fer qui serait la plus haute que l'on eût jamais vue. La construction de cette tour fut confiéo à M. Gustave Eiliel, ingénieur déjà connu par l'établissement du pont de Bordeaux et du fameux viaduc de Garabit : * J'ai voulu, at-il déclaré, élèvera la gloire de la science moderne et pour l'honneur de l'industrie française, un arc de triomphe qui fût aussi

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saisissant que ceux qui furent élevés aux conquérants par les nations qui nous ont précédés ». Il fut convenu que la tour aurait 300 mètres de hauteur. En tenant compte de l'altitude du Champ-de-Mars, son sommet, en haut de la lanterne, est à 333 mètres audessus du niveau de la mer (341 métrés, en y joignant les 8 mètres du paratonnerre). — Il fut calculé que cette construction coûterait environ 5 milions de fr. En novembre 1886, l'Assemblée vota un million et demi, le sur-

filus devant être fourni parles entrepreneurs, esquels, en raison de cette avance, doivent conserver pendant vingt ans la possession de la tour et des bénéfices qu'elle ne peut manquer de produire. D'après M. Eiffel, cette immense colonne, haute comme six fois l'arc de triomphe de l'Etoile, ne doit pas être seulement un objet de curiosité; elle sera d'une grande valeur pour les observations astronomiques et météorologiques. La forme du monument est un carré de quatre arches dont chaque pied repose sur un socle de granit. Au-dessus des arches s'étend une première plate-forme carrée, dont le contour n'a pas moins d'un demi-kilomètre, etsur laquelle on installa un petit village de chalets, de restaurants et de buvettes. Au-dessus se dresse une élégante colonne de fer, qui vas'amincissant, en forme de phare. — Les quatre pieds de la tour sont à 100 mètres de distance les uns des autres; la surface couverte est donc d'un hectare. Le poids total est de 6.500.000 kilogrammes, indépendamment de la charge de maçonnerie sur laquelle reposent les quatre pieds. Les travaux de construction ont coulé 4.900.000 fr. — Comme il fallait s'y attendre l'érection d'un monument élevé à la gloire de la métallurgie rencontra des résistances. En février 1887, M. Alphand, directeur des travaux de l'exposition, reçut les remontrances extraordinaires d'un certain nombre d'artistes et de gens de lettres, qui pensaient que la tour projetée n'aurait aucun caractère architectural et qui considéraient sa construction comme c un acle de vandalisme •. Le ministre Lockroy se chargea de leur répondre et il le fit dans une lettre mordante et sarcastique, où l'on renconlre la plume du journaliste bien plus que celle de l'homme d'État. Il s'ensuivit des explications entre ce ministre et M. Gainier, l'un des architectes de l'exposition et l'un des adversaires de la tour. Pendant les travaux, d'autres difficultés surgirent. Au mois de mai 1888, après l'achèvement des quatre grandes arches et de la première plateforme, on eut des craintes : les fondations étaient douteuses; plusieurs ouvriers se plaignirent de vertiges; les dévots affirmaient que Dieu ne permettrait pas l'achèvement de celte nouvelle tour de Babel. L'ingénieur Eiffel entreprit une véritable campagne en faveur de son œuvre. Le 4 juillet, il offrit un déjeuner aux journalistes influents sur la première plate-forme. 11 fit publier des descriptions techniques sur les travaux. Les exigences des ouvriers augmentèrent les difficultés. Le 18 septembre les travailleurs se mirent en grève. Ils voulaient une augmentation de 20 centimes par heure pour les 160 d'entre eux qui opéraient à une hauteur de plus de 140 mètres. MM. Eiffel et Compagnon reçurent leurs délégués et offrirent une augmentation générale de 5 centimes de l'heure, suivie d'une nouvelle augmentation de 5 centimes au bout d'un mois; et, en outre, l'établissement, sur la première plate-forme, d'une cantine à 50 p. 100 meilleur marché qu'en bas. 11 est à observer que le temps du travail, fixé à onze heures, était réduit à dix heures pour la montée au second étage et pour la descente, qui ne demandaient pas moins de vingt-cinq minutesparvoyage. Le 20seplembre 1888, la discussion se termina. On donna 5 centimes de plus par heure et l'on promit 10 fr. de gratification à tous les ouvriers qui

atteindraient la troisième plate-forme. Les

travaux allaient lentement; les adversaires de cette œuvre gigantesque continuaient de dire qu'on ne l'achèverait pas. Le 30 novembre elle n'atteignait encore que 200 mètres; mais on la continua avec une fiévreuse activité, et le 31 mars 1889, M. Eiffel fit arborer, au sommet, un drapeau tricolore de 7 mètres et demi sur 4 mètres et demi de large. L'apparition de ce! étendard fut salué de 20 coups de canon. Cette cérémonie fut suivie d'un banquet auquel assistèrent plus de 200 ouvriers. Les journaux donnèrent de longues descriptions de cette nouvelle merveille; et le public apprit que, du haut de la tour, la vue plane sur un rayon de plu3 de 60 kilomètres et embrasse le panorama qui s'étend jusqu'à Fontainebleau, Manies etPontoise. Mais cette superficie n'est visible que par des temps exceptionnellement clairs. Le 7 mai, lendemain de l'ouverture de l'exposition, les ouvriers qui avaient pris part à la construction de la tour fuient présentés au président Carnot, avec un modèle de l'édifice en bronze, en fer et en acier, un drapeau de soie et un album sur lequel chaque ouvrier avait inscrit son nom. Le 29 mai, on fit l'essai de l'ascenseur de la deuxième plate-forme. Même détaché de ses câbles de fils d'acier, il descendrait si doucement que pas un de ses vitraux ne serait brisé. Son poids est de 11,000 kilos, et lors de l'expérience on l'alourdit de 3,000 kilos de plomb. Pour la 3° plate-forme, on avait adopté un ascenseur Edoux. — Un réflecteur très puissant, à deux branches, et un phare qui donne successivement les trois couleurs françaises et dont la portée est de 97 kilom., couronnent l'édifice. — Plusieurs systèmes d'ascenseurs ont été admis. Pour le bas de la tour, on plaça, dans les piles est et ouest, des appareils Roux-Combaluzier-Lepape, qui élèvent 100 personnes à la fois avec une vitesse de 1 mètre par seconde. Pour les piles nord et sud, on choisit les ascenseurs américains Otis, dont le principe est le même que celui de la grue hydraulique Armstrong. Ces ascenseurs fonctionnent du 1" au 28 étage, avec une vitesse de 2 m. par seconde et emportant 50 personnes à la fois. Ils ne mettent qu'une demi-minute pour accomplir ce trajet. — L'appareil Edoux, qui va du 2a étage à la plaie-forme supérieure, est un ascenseur vertical hydraulique à piston plongeur. — Le succès de la tour Eiffel donna lieu à de nombreux articles de journaux. Le 30 avril 1889, le Times donna une description populaire de cet édifice, et en attribua la véritable paternité à M. Nouguier, employé d'Eiffel, qui en aurait conçu l'idée et dressé le plan avec la collaboration d'un architecte de ses amis. — La tour était debout, mais bien des personnes croyaient pouvoir affirmer qu'elle n'y resterait pas longtemps, étant incapable, disait-on, de résister à une tempête violente. Le 20 août, un orage exlraordinaire passa sur Paris; on pensa que c'en était fait de l'immense construction ; mais le lendemain matin, on l'aperçut fière et immobile sur ses quatre pieds de fer et de granit; seul, son paratonnerre avait été toriu. — A la fin de l'exposition, les receltes de la tour étaient de 6,500,000 fr. Les asceusions cessèrent le 1er décembre 1889.

ÉLABORÉ, ÉE, part. pass. d'élaborer. Hortic. Se dit de la sève qui aurait été purifiée par les feuilles.

EL-DJ0UFF. — Vaste dépression du Sahara (Afrique occidentale), s'étendant depuis les pentes méridionales de i'Allas jusqu'aux environs de Tombouctou. On pense que cet emplacement était jadis occupé par un grand lac ou par une mer, qui communiquait avec l'Atlantique par un étroit canal, vis-à-vis les îles Canaries et appelé rivière Belta. Des dépôts de sable ayant obstrué ce canal, la mer inté-

rieure ne fut plus alimentée et disparut peu à peu. On a proposé récemment d'enlever ces dépôts, de manière à livrer passage aux eaux de l'océan et d'ouvrir ainsi des communications maritimes avec Tombouctou et avec les districts fertiles et populeux qu'arrose le Niger.

ÉLECTION. — Législ. Nous avons déjà fait connaître plus haut les modifications qui ont été apportées depuis la publication du 1er Supplément de ce Dictionnaire, au mode d'élection des députés (voy. ce mol). Il nous reste à parler de lois nouvelles qui sont relatives à la capacité électorale. — Le commerçant, dont la liquidation judiciaire (voy. plus loin Liquidation) a été prononcée par le tribunal de commerce, ne peut exercer aucune fonction élective, mais il conserve le droit de vote dont le failli est déchu (L. 5 mars 1889, art. 21). — Le failli conserve aussi ses droits d'électeur, s'il a obtenu un concordat, ou si le jugement le déclare excusable, mais il reste inéliitible (id., art. 25). — Une loi du 24 janvier 1889 a modifié les articles 15 et 16 du décret dictatorial du 2 février 1852. En vertu de cette loi, certainescatégories de comdamnés recouvrent leurs droits de vote et d'éligibilité au moment de l'expiration ou de la remise de leur peine, au lieu d'en rester déchus à perpétuité. Cette faveur s'applique notamment aux individus qui ont été condamnés, à des peines de courte durée, pour falsification de substances alimentaires ou médicamenteuses, ou pour vente faite à faux poids. Le législateur a eu surtout en vue les débitants de vin qui ont été convaincus de pratiquer le mouillage. En résumé, voici quels sont les effets de la loi du 24 janvier 1889 : 1° aucune déchéance des droits de vote et d'éligibilité n'est encourue, lorsque l'emprisonnement prononcé par application de la loi du 27 mars 1851 est d l'une durée d'un mois au plus (voir au Dictionnaire le mot Boisson); 2° cette déchéance a lieu et elle dure pendant cinq ans à partir de l'expiration de la peine, lorsque l'emprisonnement prononcé pour les mêmes causes était d'une durée d'un à trois mois; 3° la déchéance du droit électoral est perpétuelle lorsque la comdamnation prononcée pour les mêmes motifs comportait au moins trois mois d'emprisonnement, ou encore lorsque cette peine, quelle qu'en fut la durée, avait été prononcée par application de l'article 2 de ladite loi du 27 mars 1851, c'est-à-dire lorsque le coupable avait fabriqué ou vendu sciemment des substances nuisibles à la sauté Ch. Y.

ÉLECTRICITÉ. — Les progrès de la science électrique sont extrêmement rapides. On cherche surtout à perfectionner les petits ap-

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Fig î — Pile BumjÊpayour lumière,

Fig. 1. — Pile Daniel pour galvanoplastie.

pareils domestiques pour allumoirs, sonneries, serrures, avertisseurs, galvanoplastie, etc. Nos fig. 1, 2, 3, 4, montrent les différentes piles que l'on emploie aujourd'hui et que l'on se procure facilement chez les marchands, avec les substances dont il faut faire usage. — M. W. Mordey a construit une nouvelle machine électrique à courants alternatifs. Contrairement à la méthode en usage, dans cette

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machine l'armature est fixe et les aimai. I touraent. La figure 5 donne une vue en pers

ban qui actionne l'axe S P. La machine est destinée à fournir des courants d'une grande force électromotrice. Elle donne un cour de 17 irice d

650 tours par secondes. — Bijoux électriques Depuis longtemps on a imaginé de rendre "umineuses des pierres précieuses ou des imitations, auxquelles on donne un éclat incora-

eieciroinuuice. mie uuuiic uu ^„«.„...

l/8e ampères pour une force électromode 2,000 volts quand la machine fait

put affirmer que le condamné était décédé cette fois. Les affreux détails donnés par lis journaux sur cette exécution font qu'il ne sera plus question de longtemps de recour.r à de pareils procédés. — Législ. « Quelques accidents, dont certains ont été malheureusement suivis de mort d'hommes, ont mis en évidence les dangers que présente le contact

ducorp:

fig. 3. — Pile Leclanché Fig. «. — Pile Callaud

pour pour télégraphie,

sonnerie électrique.

pective de la machine entière, la figure £ montre l'armature, et les aimants sont représentés dans la figure 7. L'armature consista en de minces rubans de cuivre C, plies autous

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