‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 3)Chapitre 21 sur 503 · S\LM · texte numérisé non relu

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d'une haute utilité, c'est le Catéchisme du teur, manuel indispensable à toutes les personnes qui veulent étudier la manière de porter, en l'absence du médecin, les premiers secours aux victimes des accidents. Car ici, le mot sauveteur est employé dans son acception la plus large, dont nous avons, dans notre Dictionnaire, donné la véritable définition, empruntée au Catéchisme du sauveteur de MM. A. de Brissy et 0. Dubus (Jacques Godenne, imprimeur-éditeur). Faisant un nouvel emprunt à cet excellent livre, nous reproduisons, avec la bienveillante autorisation des auteurs, le chapitre relatif à la respiration artificielle, où l'on trouve exposé, de la manière la plus claire et la plus complète, tout ce qui a été dit jusqu'à présent sur ce sujet. Pour arriver à produire la respiration artificielle, il y a plusieurs méthodes. La première consiste à insuffler l'air bouche à bouche. Pour cela, l'on applique sa bouche sur celle du malade: lui fermant le nez, l'on souffle modérément. L'insulflation peut se faire aussi par le nez, à l'aide d'un tube quelconque, d'un roseau ou d'un tuyau de pipe neuf, d'un calibre assez fort pour permettre le passage facile d'une certaine quantité d'air. Dans ce cas, l'on place le tuyau dans une des narines, ayant soin de fermer l'autre. On appuie la narine sur le tube, de manière que l'air ne puisse être refoulé et soit forcé de pénétrer dans la poitrine. On peut alors employer la bouche ou un -ouftlet. Après l'insufflation, on favorisera la sortie de l'air qui a soulevé le thorax par une pression exercée à la base de la poitrine. L'insufflation et la pression alternativement reproduites, doivent se faire de manière à imiter les mouvements naturels de la respiration. Celte méthode offre plus d'un inconvénient : d'abord, la bouche ne peut fournir que de l'air d'une pureté contestable; ensuite son action, ainsi que celle d'un soufflet, peut par la force que l'on ne sait exactement mesurer, amener une trop grande dilatation des vésicules pulmonaires et même leur rupture; de plus, l'on n'a pas toujours sous la main un tube convenable ou un soufflet. La condition première pour le succès du traitement d'un asphyxié réside dans l'instantanéité de l'administration des secours; donc toute méthode qui peut faire respirer tout de suite sans appareil particulier est celle qu'il faut choisir. Des méthodes très simples, au nombre de trois, sont très pratiques et peuvent être employées immédiatement par toute personne qui en a pris connaissance. Chacune d'elles porte le nom de son auteur. — A. Méthode Marshall-Hall. I. Cette méthode de respiration artificielle consiste à placer l'asphyxié couché, la face tournée vers la terre et, après avoir mis sous sa poitrine, pour la supporter et la soulever, un coussin fait d'une couverture roulée, à le tourner ensuite doucement sur le côté, presque sur le dos, puis à le replacer rapidement dans la position première; à répéter cette manœuvre environ quinze fois par minute. 11 faut changer de temp- en temps de côté. Quand le corps est sur le ventre, il faut exercer une pression énergique entre les omoplates, pression qui doit cesser en replaçant le corps sur le côté. Cette méthode a l'inconvénient de ne pas amener l'ampliation du diamètre de la poitrine, puisqu.elle ne détermine pas l'élévation des côtes. Une ij. - minime quantité d'air seulement peut Être introduite, et les poumons sont mis en mouvement d'une manière inégale. En outre, il peut se faire que, pendant la pression entre les épaules, le contenu de l'estomac vienne gurgiter dans l'œsophage, s'introduire dans la trachée, et être ainsi un obstacle à la pénétration de l'air. — B. Méthode Sylvester. Voici cette méthode telle qu'elle est exposée par l'auteur, quant au mode opératoire : An-

nales de l'hygiène publique, page 214, janv.1865. « 1° Donner au patient une position convenable : Placez le corps sur le dos, les épaulessoulevéeset soutenues par un vêtement replié, et appuvez les pieds. 2» Maintenir libre l'introduction .1 l'air dansla trachée-artère : Nettoyez la bouche et les narines, tirez la langue du patient et maintenez-la en dehors des lèvres. (Si l'on relève doucement la mâchoire inférieure, les dents pourront servir à maintenir la langue dans la position voulue. Si cela était nécessaire, on retiendrait la langue en passant un mouchoir sous le mention et en le nouant au-dessus de la tête.) 3° Imiter les mouvements d'une respiration profonde : Elevez les bras de; deux côtés de la tête et maintenez-les doucement, mais fermement, ainsi élevés, pendant deux secondes. (Ce mouvement élargit la capacité, en soulevant les côtes et produit une inspiration). Abaissez ensuite les bras et pressez-les doucement, mais fermement, pendant deux secondes, contre les côtes de la poitrine. (Ce mouvement diminue la capacité du thorax en pressant sur les côtes et produit une expiration forcée). Répétez ces mouvements alternativement, hardiment et avec persévérance quinze fois par minute. — C. Méthode Pacini. La voici, traduite littéralement, d'un mémoire inulitulé : Del mio metodo et respirazione artificiide nella asfissia e nella sincope. (Firenze Dalla tipografia Genniniana 1876, page 4.) « Pour se faire une idée claire de la méthode que j'ai toujours recommandée et que déjà, depuis beaucoup d'années, j'ai fait connaître' dans mes leçons, je commencerai à raconter la circonstance dans laquelle elle me fut suggérée. Quand les domestiques des salles d'anatomie prennent un cadavre, l'un par les bras près de l'aisselle et l'autre par les jambes, pour le soulever du cercueil et le mettre sur la table anatomique, plusieurs fois j'ai pu entendre que le cadavre fait une profonde inspiration et qu'ensuite posé sur la table, il fait une expiration correspondante. On place donc l'individu eu état de mort apparente sur un plan quelque peu incliné, on meta nu le cou, le thorax et le bas-ventre, en coupant même les vêlements pour faire plus vite. La bouche est ouverte et l'on débarrasse la gorge des corps étrangers qu'elle pourrait contenir, l'on fait écouler les liquides qui pourraient remplir le pharynx en tournant le patient sur un côté, puis sur le ventre, on le replace ensuite sur le dos, en se gardant bien de comprimer le bas-ventre pour éviter la régurgitation des liquides contenus dans l'estomac qui, en venant remplir le pharynx, empêcheraient le passage de l'air par le larynx et la trachée. L'on maintient autant qu'il est possible la tête dans la direction du tronc et, se plaçant derrière, on empoigne fortement la partie supérieure des deux bras près de l'aisselle. Alors, en tirant à soi et en soulevant en même temps les moignons des épaules, il est clairque le mouvementse transmet par le moyen de la clavicule au sternum, lequel à son tour élève les côtes correspondantes. Il est facile de voir que de telle façon l'on augmente les trois diamètres du thorax, bien que le diaphragme n'y participe pas en restant immobile. En effet, s'il n'est aucun obstacle au passage de l'air, on l'entend pénétrer subitement avec bruit par le larynx dans les poumons, en produisant une inspiration, laquelle accomplie, on cesse la traction inspiratoire et ou laisse à l'élasticité des côtes et des poumons une réaction que produit l'expiration comme elle arrive naturellement. En répétant alternativement ces mouvements avec le rythme ordinaire de la respiration naturelle de quinze par minute, et même plus fréquemment, il semble que l'individu asphyxié, quoiqu'il puisse être mort, est revenu à la vie : eu l'entendant respirer comme un vivant. De soite que, s'il lui resle quelque

légère aptitude pour la vie, il est impossible qu'il ne ressuscite pas. Il faut encore être averti que si l'individu est de légère corpulence, il est nécessaire que l'un desassistants le tienne par les jambes afin qu'il ne cède point aux tractions inspiratoires. Par le manque d'assistant, on peut le lier à quelque objet résistant. Si, au contraire, l'individu est de forte corpulence, alors les manœuvres décrites pourront être exécutées plus efficacement par deux personnes en se plaçant aux côtés du patient pour empoigner chacune avec les deux mains la partie supérieure et moyenne du bras et en cherchant à exécuter avec ensemble les mouvements indiqués. Il peut arriver encore que l'on ne dispose pas d'un plan sur lequel on puisse poser pour les manœuvres nécessaires l'individu asphyxié. En pareil cas, il pourra être déposé sur le terrain, comme sur la plage de la mer ou sur le bord d'un fleuve, et alors, en se posant à genoux derrière sa tête et celle-ci entre les deux genoux, ou bien sur les côtés, si les manœuvres sont faites par deux personnes, on pourra tenter le même mode que nous avons vu. » — Ces dernières méthodes, comme on le voit, peuvent être mises en œuvre sans le secours d'aucun appareil. Chacune d'elles, du resle, a produit de bons résultats. Nous estimons cependant que la méthode de Pacini, qui n'exige pas plus de connaissances anatomiques que les autres et dont il faut seulement connaître le mode opératoire, produit un soulèvement plus considérable des côtes, au moyen de la clavicule et du sternum, des mouvements plus accentués, et par conséquent offre plus d'efficacité. La modification apportée par le Dr Blain, et qui consiste à placer les mains au-devant du moignon de l'épaule, les doigts dans la cavité de l'aisselle, ne parait pas bien heureuse ; car cette position ne permet pas de soulever les moignons des épaules avec autant de force, et c'est de ce soulèvement que dépend l'élargissement du thorax et la réussite de la manœuvre. Une modification, apportée par le Dr Pacini lui-même, consiste à employer une corde double dont les extrémités formant une anse embrassent les bras sous les aisselles de l'asphyxié ; la corde placée derrière le cou de l'opérateur, lui vient en aide et peut ainsi rendre ses mouvements moins fatigants.

ROBIN (Charles-Philippe), médecin et naturaliste, né à Jasseron (Ain), le 4 juin 1821, mort en oct. 1885. 11 fit ses études médicales à Paris, devint professeur d'anatomie générale en 1847, et professeur d'histologie à la faculté de médecine de Paris en 1862. On le considère comme le chef, sinon comme le fondateur de la physiologie microscopique. Il fut élu sénateur de l'Ain en IS76, et siégea avec les républicains. Nous ne citerons, parmi ses nombreux et savants ouvrages, que : Tableaux d'anatomie (1831, in-4n) ; Traité de chimie anatomique et physiologique, en collaboration avec Verdeil (3 vol. in-4°, avec atlas, 1 853); Histoire naturelle des végétaux parasites (4 8S3, in-8°); Anatomie microscopique (1868), et une série de Leçons sur des sujets spéciaux (1866-'67).

SALMSON (Jean-Baptiste), célèbre graveur en médailles et pierres fines, né à Stockholm (Suède) en 1797, mort à Paris, le 2 déc. 1859. Ayant obtenu le prix de Rome en 1819, il traversa la France pour se rendre en Italie, en compagnie de Fogelberg, statuaire, et Nustrum, architecte distingué, lauréats comme lui. 11 s'arrêta à Paris, entra dans l'atelier du baron Bosio et l'aida dans le travail d'une statue de Louis XIV ; il essaya vainement d'exercer à Paris sa profession de graveur sur médailles, son titre d'étranger l'ayant fait exclure de la participation aux cornmaudesoflloiellesetiiotamment d'un concours

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