IMPR
Français sur le payement des contributions » et que l'on verrait reparaître avec ses dissimulations honteuses, le jour où l'on aurait rétabli l'impôt sur le revenu. — Rien ne s'oppeserait à ce que, concurremment aux réductions proportionnelles que nous proposons en faveur des pères de famille, on appliquât, dans l'établissement des valeurs locatives imposables, des immunités et des coefficients variables selon la population des communes, système très raisonnable dont nous avons parlé ci-dessus et qui a été proposé par M. Dauphin, au nom du Gouvernement. Les calculs nécessaires pour établir, de la'manière que nous indiquons, les rôles de la contribution mobilière ne seraient pas plus compliqués que ceux qui sont à faire aujourd'hui pour combiner les droits fixes et ^les droits proportionnels de la contribution des patentes. Enfin la contribution des portes et fenêtres devrait être réunie à la contribution mobilière plutôt que d'être, ainsi que cela a été proposé, confondue avec la contribution foncière. Toutcela demanderait, pour être rendu applicable, à être remanié par la section compétente du Conseil d'Etat, après avoir été étudié par la direction générale des contributions directes. Ce régime fiscal serait l'opposé de l'impôt progressif qui est appliqué à Paris dans des limites étroites et qui a été essayé en Suisse dans plusieurs cantons, où il a eu pour résultat de provoquer l'émigration des plus riches propriétairesou industriels. — Nous avons encore à dire ici que l'impôt sur le revenu des valeurs mobilières, qui avait été établi par la loi du 29 juin 1872, a été élevé de 3 à 4 p. 100 de ce revenu, à partir du 1er janvier 1891, en vertu de la loi du 26 décembre 1890. Ch. Y.
IMPRIMERIE. — Législ. Un décret du 28
août 1889 porte que V Imprimerie nationale e-t chargée exclusivement d'exécuter toutes les impressions nécessaires au service des divers ministères, ainsi que celles qui sont ordonnées par les administrations centrales et dont la dépense est imputable au budget de l'Etat. Il ne peut être dérogé à cette prescription que sur la demande expresse d'un ministre, et après l'autorisation du ministre de la justice. Ce dernier doit, avant de donner cette autorisation, prendre l'avis d'une commission spéciale, formée, sous sa présidence, de deux sénateurs, deux députés, un membre du Conseil d'Etat, un membre de la Cour de cassation, un membre de la Cour des comptes, un membre de l'Institut, le directeur de l'Imprimerie nationale, et le représentant du ministère dontla demande est soumise à la commission. — L'Imprimerie nationale reçoit de chaque service public le prix des travaux d'impression exécutés pourson compte, d'aprèsun tarif qui est révisé touslesans.etelle reverse chaque année au Trésor l'excédent de ses recettes sur ses dépenses. Elle est tenue en outre à la fourniture gratuite de 10,000 exemplaires du Bulletin des Lois, de 1,000 exemplaires des Arrêts delà Cour de cassation, et à l'impression gratuite, jusqu'à concurrence de 40,000 fr. par an, de certains travaux de l'Institut national et des quelques ouvrages d'érudition qui sont désignés par une commission spéciale. L'excédent de recettes réservé à l'Etat varie entre 668,045 fr. en 1881 et 116,618 fr. en 1886. Il semblerait donc que cet établissement réalise des bénéfices annuels, mais il importede faire observer que l'Imprimerie nationale reçoit gratuitemenl de l'Etat la jouissance d'un immeuble évalué à 4 millions, d'un matériel estimé à plus de 5 millions et d'un fonds de roulement de 2,350,000 fr. Le budget annuel de l'Imprimerie nationale est rattaché pour ordre à celui du ministère de la justice. Il s élève en recettes et en dépenses pour l'exercice 1891, à la somme de 9,307,500 fr., dans laquelle l'excédent des recettes à verser au Trésor a été prévu pour 183,000 fr. Cb. Y.
IMPP
IMPROMPTU (Jeu d esprit). L'impromptu qui est la plus haute expression des jeux d'es prit, régna en maître dans les salons aux xvne et xvine siècles. Il est aujourd'hui bien délaissé ; tout au plus demande-l-on à un invité d'improviser quelque chose sur l'album de la maitresse du salon. Quelque chose, cela veut dire que la forme est indifférente comme le fond: on peut y écrire de la prose comme M. Jourdain ou des vers comme Saint-Aulaire; y faire jaillir une pointe charmante ou délicate, à la façon d'Alfred de Musset, ou y étaler une lourde sentence digne de Prudhomme et quelquefeis même de Calino. Qu'importe! la même reliure enferme toutes ces productions... On doit donc s'attendre à se voir présenter l'album en question et se préparer à ne pas y déposer une niaiserie. Car il faut bien se pénétrer de cette vérité historique qu'il n est guère d'impromptu véritable; que les plus belles productions de ce genre ont été quelque peu travaillées d'avance et que, par conséquent, il est permis deprendre des dispositions préalables pour répondre, sans trop d'embarras, à une aimable invitation. Etant donné les différentes réunions que l'on fréquente, on prépare des passe-partout relatifs aux qualités à la beauté, à l'esprit des personnes susceptibles de mettre votre talent à l'épreuve : autant de salons, aulant de passe-partout; car il ne faut pas que l'improvisation mise sur un album ressemble à celle que l'on inscrira peu après sur un autre. On s'arrange de façon qu'il n'y ait plus qu'une ou deux rimes à changer au thème préparé pour que la petite pièce de vers exprime une ingénieuse flatterie a telle ou telle personne, suivant les circonstances. Nous donnons, ci-dessous, un vieil exemple de passe-partout, auquel nous n'apportons que de légères modifications, pour le rajeunir un peu. Ce modèle ne suffira pas, sans doute, à faire un poète; mais il indique le procédé que doit suivre un versificateur qui ne veut pas se laisser prendre à l'improvisle :
Chacun a son goût dans le monde; Amour ainsi l'a combiné; L'un n'a des yeux que pour la blonde, L'autre à la brune est enchaîné.
Oh! lorsque l'on a vu I J,"'1?'.
^ I S)-»i'lite, etc.
; Oh! lorsqu'on vous voit....... Eugénie, etc,
( nosalie,
Oh! lorsqu'on a vu î Mélanie,
f Coralie, etc.
a i Oh ! dès qu'on aperçoit Louise, ele.
" I Oh ! dès que l'on voit Heloïse, etc.
/ ( Suzcltc,
l Oh! lorsque l'on a vu ! Lisette,