LARE
il est très familier et d'une grande douceur, on profite de ces bonnes dispositions pour employer les mères comme nourrices des va-
Fig. 5. — Lapin hollandais.
riétés plus recherchées. Les marques du hollandais sont particulières. Chez la plupart des sujets, un large collier blanc, s'étend jusqu'aux pattes, qui sont de la même couleur. Une flamme blanche s'élève de la bouche, couvre le nez, traverse le front et va mourir entre les oreilles. Depuis quelques années, les éleveurs ont produit une sous-variéteà collier blanc moins large et qui s'arrête au haut des pattes; la flamme du front est plus étroite; les pattes ne sont pas blanches. Le reste du corps des lapins hollandais est noir,jaune, gris, bleu ou tacheté. — Cuis. Lapin en gibelotte. Faites revenir dans du beurre de petits morceaux de lard que vous enlèverez ensuite, pour les remplacer par votre lapin coupé en morceaux. Faites revenir votre lapin dans cette graisse, en le saupoudrantd'uu peu de farine pour faire un roux. Ajoutez votre petit lard, champignons, petits oignons, bouquet garni, thym, girolle, poivre et sel , mouillezavecdu bouillon et un bon demi-verre de vin (blanc ou rouge). Faites cuire à petit feu, jusqu'à ce que la sauce soit complètement réduite. — Lapin au blanc. Votre lapin coupé en morceaux, lavez bien ces morceaux, qu'il n'y reste trace de sang; puis faites-les revenir avec un bon morceau de beurre et ajoutez une cuillerée de farine ; mouillez avec du bouillon et un verre de vin blanc; ajoutez tranches minces de lard, champignons, bouquet garni, sel et poivre. Faites cuire vivement pour activer la réduction delà sauce; ajoutez des petits oignons. Pour servir, liez la sauce avec I rois jaunes d'œufs. — Lapin rôti. Comme le lièvre.
LARD. (Cuis.). 1° Enlevez le lard avec soin, y laissant le moins possible de chair; frottezle bien de sel fin; placez-le chair contre chair; couvrez de planches que vous chargez de pierres pour qu'il s'applatisse et soit plus ferme. Laissez-le ainsi une vingtaine de jours ; après quoi, suspendez-le dans un endroit sec et aéré. 2° Epluchez de la panne, ôlez les tissus membraneux qui la recouvrent, et coupez-la par petits morceaux. Faites fondre à très petit feu avec un peu d'eau, un oignon piqué de clous de girofle, jusqu'à ce que le résidu des morceaux, qui ne doit pas fondre, prenne couleur. Retirez du feu, laissez re- ,'i'oidir à moitié, passez; mettez au frais. — Lot?d ou jambon d la purée de choux et de pom mes a," terre. Coupez un peu de jambon ou de lard un peu gras en tranches et faites frire et prendis une légère couleur brune; mettez de côté et tenez chaud. Mêlez ensuite égale quantité de choux et de pommes de terre, écrasez bien ensemble et faites cuire dans la graisse du jambon et du lard. Dressez en plaçant d'abord votre purée de légumes et mettez dessus vos tranches de lard ou de jambon. Le plat doit être fortement assaisonné de poivre.
LARES ou Laris (Alarbous), ville de l'Afrique septentrionale, dans le territoire carthaginois (Bizacène), au S.-O. de Zama. C'éta.i une place importante au temps de Jugurtha. iSalluste, XG.j
LAWN
LASCAR, s. m. Matelot indigène de l'Indoustan qui a pris du service dans la marine anglaise.
LATRONCULE, s. m. (lat. latrunculus, petit vuli.'ur). Jeton dont les anciens Romains se servaient pour calculer. — s. m. pi. Jeu de calcul qui fut très populaire à Rome vers la fin de la République et sous l'Empire. Les uns confondent les latroncules avec les échecs, les autres prétendent que c'était une espèce de jeu de dames. Voici comment il se jouait probablement. On se servait d'un échiquier de 64 cases (8 de côté). Chacun des deux adversaires possédait deux sortes de pièces : 8 petits voleurs ou latroncules (lalrunculi) et 8 grands voleurs ou larrons. Les premiers, en tout comparables aux pions des échecs, se plaçaient, comme ceux-ci, sur la seconde ligne horizontale; ils avançaient verticalement devant eux de case en case, sans pouvoir reculer. Quand l'un parvenait à la dernière case de sa colonne, il passait larron. Les larrons, beaucoup plus redoutables, marchaient dans toutes les directions, en avant, en arrière, de coté et en diagonale, et pouvaient franchir ec ligne droite plusieurs cases vides, comme la reir>e au jeu des échecs. Une pièce était en échec lorsqu'une pièce adverse pouvait venir occuper, dans son déplacement régulier, la case sur laquelle cette pièce était posée, elle était en prise lorsque, soumise à un double échec, elle ne pouvait s'y soustraire par un déplacement. On pense que chaque latroncule pouvait faire échec diagonalement et horizontalement aussi bien que verticalement. Un joueur qui avait une pièce en prise, en jouait une autre; après quoi l'adversaire enlevait la pièce en prise et jouait à son tour, car prendre n'était pas jouer. Celui dont toutes les pièces étaient prises perdait la partie.
LAURENT (François), historien et publiciste i>elge, né à Luxembourg, en 1770, mort le H février 1887. Professeur de droit à l'Université de Gand, il encourut l'animadversion du parti catholique par le libéralisme de son enseignement. 11 a laissé plusieurs écrits anticatholiques. Passion des catholiques pour la liberté (1850, in-8°); Van Espen (1860-63); Lettres d'un retardataire libéral à un progressiste catholique (1863, in-18); Lettres sur la question des cimetières (1864, in-18); Lettres sur l'histoire des Jésuites (1865, in-18) ; et un vaste travail d'une grande valeur philosophique et politique, intitulé : Etudes sur l'histoire de l'humanité (Paris et Bruxelles, 1860- 1870, 16 vol. in-8").
LAWN BILLARD, s. m. [lânn-bi-liard]. Voy.
Billakd de; pelouse.
LAWN TENNIS s. m. [lânn-tènn'-iss] (angl. lawn, pelouse; tennis, paume; paume de pelouse). Jeux. Le lawn tennis ou longue paume des Anglais, parait être assez ancien; mais on ne le connaît chez nous que depuis quelques années, et il obtient aujourd'hui une grande faveur. Comme la plupart des autres exercices anglais, il présente l'avantage d'être combiné de façon que les dames et même les enfants puissent y prendre part, ce qui n'est pas le moindre de ses agréments. La figure cijointe représente un emplacement disposé pour jouer au lawn tennis, avec 4 joueurs dpns la position qu'ils doivent occuper au débl \ de la partie; il est inutile de dire que le nombre des joueurs n'est pas fixé à quatre, et qu'ils pourraient être deux ou trois seulement. Ce qui dislingue surtout le lawn tennis, c'est le filet, qui y remplace la corde de la longue paume française. Ce filet, tiré en travers de l'enceinte, mesure 4 pieds de haut à chaque extrémité; en vertu de son poids, il est moins élevé au milieu; mais il doit encore y avoir au moins 3 pieds d'élévation; cuaaue extrémité est supportée par un piquet
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solide quoique léger, soutenu en arrière par deux cordes qui le rattachent à deux pieux enfoncés dans le sol. Avant de commencer la partie, il est utile que l'arbitre ou l'un des joueurs vérifie si les piquets et le filet se trouvent bien à la hauteur requise. De plus, il est indispensable que dans toute sa longueur, la partie du filet soit bordée d'une large bande d'un tissu coloré, sans quoi il serait fort difficile de distinguer exactement la ligne formée par le sommet du filet. Le filet doit mesurer 14 m. d'un piquet à l'autre. Entre les deux piquets, à une distance de 1 mètre de chacun d'eux, on tire deux lignes droites, tracées sur le sol (pelouse, sable, ou asphalte), à angle droit avec le filet, et longues de 12 mètres de chaque côté de celui-ci. On réunit, de chaque côté, les extrémité de ces lignes par des ligues droites qui sont, par conséquent, parallèles au filet, si bien que l'on a une enceinte formant un parallélo-
dans le carré f, après avoir passé au-dessus du filet. S'il ne réussit pas, soit que la balle frappe le filet, soit qu'elle tombe dans uo
— Enceinte du lawn tennis
gramme régulier, long de 24 mètres et large de 12 mètres. On divise longitudinalement ce parallélogramme en deux parties égales, au moyen d'une ligne perpendiculaire au filet, si bien que, de chaque côté de celui-ci, il y a deux allées ou cours — une cour de droite (c a l et f h k) et une cour de gauche (d b m et e g i). Ces cours sont encore partagées par une ligne transversale ou ligne de service, tracée parallèlement au filet et à une distance de 7 m. de lui, de chaque côté. De cette façon, l'enceinte est divisée en 4 cours inégales de chaque côté du filet. Telles sont les divisions de l'ancien lawn tennis, et il nous parait bon d'expliquer la manière de jouer avec une enceinte ainsi établie, sans la complication des lignes i i et S m qui ont été introduites tout récemment. Supposons maintenant que le joueur qui se tient en / ait été désigné par Je sort pour servir le premier; il se posera sur la limite de l'enceinte, un pied en dehors de la ligne frontière du carré a. D'une main, il prendra la balle; de l'autre main, la raquette (fig. 2). Du premier coup, il lancera la balle un pin diagonalement, ue façon qu'elle aille tomber
Pig. î. "» Manière de lancer la balle.
carré autre que f, c'est une « faute » ; et deux fautes commises par le même parti valent un point pour le camp opposé. Autrefois, quand la balle elfleui rait le sommet du filet —
comme cela arrive souvent — et tombait ensuite dans le carré où elle devait aller, le service était considéré comme bon; mais une règle récente veut que le coup soit à recommencer. Supposons que le service soit bon et que la balle, après avoir passé au-dessus du filet, tombe régulièrement dans le carré f; l'un des adversaires, qui s'est placé entre h et g, essaiera de la retourner en la frappant à son premier bond, pour la faire repasser par-dessus le filet. La hauteur du coup n'est pas limitée; il peut être aussi élevé ou aussi bas qu'il plaît au joueur, pourvu que la balle passe au-dessus du filet et retombe, de l'autre côté, dans l'intérieur de l'enceinte. Il n'est pas dans la règle de servir la balle à la volée (fig. 3), c'est-àdire avant qu'elle ait touché le sol une fois; et il n'est pas permis à un joueur de la prendre au lieu de son partenaire à qui elle est servie. C'est maintenant le tour de l'autre parti de retourner la balle; et l'un ou l'autre des partenaires doit le faire maintenant en la frappant à la volée ou au premier bond (fig. 4). Comme
Fig. 3
Balle pnsu a la toKe.
règle générale, chaque partenaire se mel ; iur l'un des côtés de l'allée et conserve cette position pendant la partie, sauf lorsque, sui-
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vaut la règle relative au service, on est oblige de changer de côté. Chaque fois que la balle tombe à droite de la ligne médiane, elle est reçue par le joueur 'le droite ou droitier; quand elle arrive à gauche, elle est relancé par le reversier, ainsi nomme parce qu'il est plu?
facile pour lui de frapper la balle par un coup de revers (fig. 5 et 6). Mais il y a des joueurs qui préfèrent, au lieu de se distribuer sur les cOlés, se mettre en ligne droite, comme d ins ialongue paume française ; alors un joueur vigoureux, placé en arrière, reçoit les balles qui arrivent jusqu'à la ligne de service, tandis que l'autre ouïes autres frappent celles qui tombent au delà du filet; cette dernière manière est sans doute la meilleure quand "un des joueurs est très habile pour rattraper a la volée. La partie ainsi engagée, on se
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en un point quelconque de la la ligne frontière, sur le côté gauche et sert vers le carré e, où se trouve Y. Celui-e.i, plus heureux que
Fig. 4 — Balle priit premier bond.
Fig. 5. — Coup de rtters
retourne alternativement la balle d'un côté à l'autre, jusqu'à ce que l'un des jours arrive à une « chute • ou double faute commise soit en envoyant la balle contre le filet, soit en la poussant violemment en dehors de l'enceinte opposée. 11 suffit que
ceint'- quand même
la balle tombedansl'enelle toucherait en chemin le dessus du filet, car si l'action de la faire toucherannule le « coup de service »,le cas n'est plus considéré comme une faute pour les coups subséqnentsde la même partie. Toule chute compte pour un point en faveur du camp opposé. Expliquons maintenant un jeu, depuis le début jusqu'à la fin.
Met N formentun parti de deux joueurs contre X et Z. — M sert : il se place en un point quelconque de la ligne qui forme la limite extérieure du carré a. La balle, passant un peu au-dessus du filet, tombe vers l'extrémité du carré 6; et X, qui est posté en cet endroit, se précipite vers la balle pour l'atteindre avec sa raquette et la repousser; il y parvient, mais son coup e=t trop vigoureux, et la balle, volant au ri o là de N, qui a le bon esprit de ne pas m' /prendre à la volée, tombe un peu ,nu delà de M, ce qui donne un [oint au parti adverse; la partie est alors à « Ici a rien » ou pour parler la langue des angloman' à c 1S love ». M, changeant de place, se porte
Pig. o — Coup de rêvera.
Le bouclier.
son partenaire, ou peut-être plus adroit, retourne la balle à M. M la renvoie à X et X à N, qui la relance dans le filet. Cette chute donne un point à la marque de X et Y, ce qui fait « 15 à 15 » ou t 15 à ». M revient ensuite de l'autre côté du carré et, dans le but de servir très bas, afin d'embarrasser et de surprendre lesadversaires, il chasse tellement bas que la balle tombe dans le carré aurruel le joueur ne la destinait pas: c'est une ,'aute; M recommence, commet la même faute, et cela donne un autre point aux adversaires, ce qui fait « 15 à 30 ». Cette fois M prend mieux ses mesures et sert admirablement: Y retourne la balle, que N prend à la volée; mais Y, au lieu de continuer le même jeu, relève sa raquette comme une sorte de bouclier en avant de la balle qui vient le frapper (fig. 7) et rebondit doucement dans la cour a, si loin à la gauche de N que celui-ci ne peut la rattraper et si près du filet que M, bien qu'il bondisse du fond de la cour, ne peut arriver à temps pour la frapper. Cela donne un point de plus aux adversaires, et la partie se marque » 15 à 40 ». Encore une chute et M et ,N auront perdu le jeu. L'imminence du danger fait réfléchir M, qui se décide à jouer tout son jeu. Il sert correctement deux coups que les adversaires ne retournent pas dans les règles et il gagne successivement deux points, ce qui met la marque à t 40 partout » ou, pour parler le langage approprié, à t deux ». Il devient alors nécessaire que l'un des partis compte deux points ou t avantages » consécutifs. M. donne un autre service heureux et gagne l'un des avantages; mais son second service est moins habile; et Y, qui lui répond, retourne si adroitement la balle vers le coin extérieur du carré a, que le partenaire de M, placé un peu trop près du filet, ne p?ut ni l'attraper à la volée, ni se retourner assez rapidement pour courir après elle et la reprendre au premier bond. L'avantage est perdu et la marque retombe à « deux ». M, qui continue de servir, espère terminer celle longue partie par une couple de services brillants; mais sa tentative n'est pas heureuse; il frappe le filet, d'abord sur la bande colorée qui court le long de sa partie supérieure, et au second coup, encore plus bas. Il commence à s'impatienter et perd ainsi en grande partie l'avantage que lui donnent son adresse et sa longue pratique du jeu. La marque est actuellement « avantage à X et Y », et la moindre erreur de la part de M donnera la victoire à ses adversaires. Pour éviter les chutes précédentes, il sert plus haut, et la balle passe a quelques pieds au-dessus
du filet. Elle est rudement repoussée et il s'en suit une lutte des plus vives, M et N étant extrêmement attentifs à la retourner chaque fois qu'elle traverse le filet de leur côté; elle vole d'une extrémité à l'autre, sans qu'un joueur commette la moindre maladresse, et comme si elle ne voulait jamais s'arrêter. Mais Y possède le talent de repousser la balle dans les coins les plus éloignés du carré, oiï ses adversaires ont beaucoup de peine à l'attraper. M, particulièrement, est obligé de bondir en avant, en arrière, de droite à gauche et de gauche à droite, sans avoir le loisir de tenter des coups brillants, trop heureux de ne pas manquer la balle. A. la fin, il réussit un joli coup et fait passer la balle à 2 ou 3 centim. seulement au-dessus du filet. X, qui se trouve tout près de ce dernier, est tenté de la frapper violemment à la volée; mais il craint de la repousser trop loin et de la faire retomber hors des limites ée l'enceinte; et cette réflexion instantanée le force à la laisser passer vers son partenaire, qui se tient en arrière Y, qui ajuste le temps de l'atteindre, tombe en allongeant le bras d'une manière démesurée pour ne pas la manquer; il l'a frappée avec violence; elle vole rapidement et très bas; si elle passe au-dessus du filet, ce ne sera que de quelques millimètres et alors les adversaires se trouveront dans un grand embarras. Ces derniers se précipitent pour être prêts à la recevoir; mais elle touche légèrement la bande colorée supérieure : hourrah pour M et [S ; ils ont gagné I — Pas encore! La balle a touché, il est vrai ; mais la rapidité de sa rotation la fait passer par-dessus le filet; elle retombe presque verticalement de l'autre côté. N, trop en arrière, fait un bond inutile pour la recevoir; il arrive trop tard; et le second avantage, conférant la victoire, appartient àX et Y. On voitpar cet exemple de jeu, que la marche du lawn tennis n'est pas compliquée. Les matchs ou joutes se composent de parties de onze jeux, de sorte que lorsque l'un des camps a remporté six victoires, il a gagné une partie. Après chaque partie, les joueurs changent de côté, ce qui est d'une importance dont on se rendra compte en songeant que non seulement le vent (s'il y en a) peut être favorable beaucoup plus à un parti qu'à l'autre, maisencore que le soleil du matin ou celui du soir produit un effet déplorable sur le camp en face duquel il se trouve. Quelques observations trouvent ici leur place. Si, dans une partie à quatre, l'un des joueurs est très habile dans l'art d'attraper la balle à la volée, il n'a qu'à se tenir constamment près di nlet pour avoir une influence presque incroyable sur l'issue delà partie. 11 est merveilleux de voir quelle large étendue, le long du filet et jusqu"» 1 m. 75 en arrière, peut être couverte par un joueur actif, ayant du coup d'œil et de la rapidité de mouvement. Il est si difficile de l'aire passer une balle près de lui à la hauteur du filet, que les adversaires, pour éviter l'ubiquité de sa raquette, poussent en l'air et échappent ainsi au Charybde du premier joueur pour tomber dans !e Scylladeson partenaire qui, placé en arrière, a toute facilité pour recevoir la balle venue de haut et pour exécuter, en la retournant, un joli coup d'un effet souvent fatal. Dans ces dernières années, l'abaissenienldu filet et la prohibition deprendre à la volée au-dessus de lui, ont fait abandonner cette manière de jouer, et il ne faut plus guère songer a se tenir immédiatement derrière le filet pour saisir la balle au passage. Voici en quoi se résument aujourd'hui les conseils aux joueurs : tirer bas autant que possible, sans risquer d'attraper le filet: — se défier des coups brillants, si l'on n'est pas absolument sûr de les réussir; l'insuccès d'un coup brillant produit bien plus de discrédit quand on le manque qu'il ne produit de crédit si ou l'exécute avec succès; — ue
pas apporter de raideur en frappant la balle : malheureusement ce conseil n'est facile qu'à donner; dans la pratique on ne peut pas toujours mesurer son coup; on voit la balle voler hors de l'enceinte, alors qne l'on avait l'intention de la frapper doucement; — ne pas prendre le coup du partenaire, c'est-àdire ne pas courir après la balle qui tombe dans l'aliï'e du partenaire; — conserver son sang-froid dans tout le cours de la partie et ne manifester aucune mauvaise humeur après un coup manqué ou une partie perdue; — ne pas abandonner l'espoir de rattraper la balle avant d'avoir fait tous ses efforts pour y arriver. 11 nous reste à parler de quelques changements introduits dans le jeu, avec l'intention de faciliter les coups et de faire qu'il n'y en ait plus d'impossibles ou de très difficiles à exécuter. C'est dans ce but que l'on a imaginé de tracer longitudinalement de chaque coté de l'enceinte, à 1 m. 50 de la limite, une ligne intérieure perpendiculaire au filet et parallèle, par conséquent, à la limite. Les deui lignes ainsi obtenues sont dessinées sur notre fig. 1 et sont marquées des lettres k m l i. Elles ont un double but. Dans une partie à quatre joueurs, elles enlèvent aux côtés intérieurs une portion considérable de leurs extrémités, où le premier joueur cherchait autrefois à placer les services les plus difficiles, mais où la chute d'une balle qui n'a pas encore touché le sol sur une partie plus centrale, est considérée aujourd'hui comme une faute. Ces lignes sont donc défavorables au servant et tout à l'avantage de celui qui lui répond. En second lieu, ces lignes servent, dans une partie d'un joueur contre un, à réduire la largeur de l'enceinte. Une autre modification très importante est celle que l'on a apportée à la « volée au-dessus du filet, » ou acte de passer la raquette sur le filet pour frapper la balle pendant qu'elle est encore du côté opposé. La légalité de cette manière de jouer a toujours été mise en question; après de longs débats, les premiers joueurs admirent que liberté entière doit être laissée aux adversaires quant à l'endroit où ils peuvent atteindre la balle, mais les meilleures autorilés sont revenues sur cette décision et ont décrété que si un joueur at trape la balle à la volée avant qu'elle ait passé le filet, le coup est perdu. — Nouvelles règles DE LA PARTIE D'UN JOUEUR CONTRE ON.
1° Pour une partie de ce genre, l'enceinte doit mesurerseulement 9 m. sur 2i; elle est transversalement divisée, en deux parties égales, par un filet A A(fig. 8) qui dépasse d'un mètre les limites de l'enceinte, de chaque côté; sa hauteur est de quatre pieds aux extrémités et de trois pieds au centre. Les lignes C D et E F, parallèles au filet, sont appelées frontières ou ligne de base, tandis que les lignes C E et D F sont les côtés. Le parallélogramme est divisé longitudinalement en deux parties égales par la ligne départage G H, qui forme, de chaque côté du filet, une cour de droite et une cour de gauche. De chaque côté, on mène, parallèlement au filet, les lignes de service X X Y Y : 2° les balles ne doivent pas mesurer moins de 6 centimètres ni plus de 6 centimètres 1/2 de diamèlre; elles ne doivent pas peser moins de 60 grammes ni plus de 65 grammes; 3* dans les matchs où il y a des arbitres, leurs décisions sont sans appel ; 4° le choix du côté et le droit de servir le premier jeu, sont décidés par le sort. Si celui que le sort a désigné choisit le droit de servir, son adversaire aura le choix du côté, et viceversd; 5° chaque joueur se place d'un côlé du filet; celui qui sert, c'est-à-dire qui lance la balle, à chaque coup, est le tireur; son adversaire est le relanceur; 6" à la lin du premier jeu, les rôles changent : le relanceur devient tireur et le tireur devient relanceur; et ainsi de suite, alternativement à chaque jeu de la partie; 7° le tireur doit se tenir à l'extrémité
un pied hors de l'enceinte, l'autre pied dans l'enceinte ou sur la ligne de base; il doit faire le service de la cour de droite, au premier coup, puis de la cour de gauche, au second, et ainsi de suite, alternativement, passant d'une cour à l'autre à chaque service; 8° la halle servie (on dit aussi tirée) doit être lancée de façon à choir entre la ligne de service, la ligne de partage et la ligne de côté qui forment la cour opposée diagonalement à celle d'où la balle est partie; si elle tombe sur l'une des lignes ci-dessus nommées, le service est eucore bon ; 9° il y a « faute » quand le tireur se place, pour faire le service, sur un côté où il ne devrait pas être, quand il ne prend pas la position indiquée par la règle 7, quand la balle servie tombe dans le filet ou au delà de la ligne de service, ou partout ailleurs que sur les [points déterminés par la règle 8; 10° à chaque faute on recommence le coup; 11° 0 G D
WN
Fig. 6. — Plan de l'enceinle pour une partie d'un joueur contre un.
après une faute, le tireur sert de nouveau en se plaçant du même côté, excepté si la faute est due à une erreur de côté; alors il répare sa faute en se plaçant sur l'autre cour; 12° on ne peut compter une faute quand le service suivant a été effectué d'une manière régulière; la faute est alors pardonnée; 13° le service ne peut être pris à la volée; c'est-à-dire que la balle servie ou tirée ne peut être retournée avant d'avoir touché une fois le sol; 14° le tireur ne doit pas servir avant que le relanceur soit prêt; si ce dernier essaie de retourner le service, il est considéré comme prêt; 15° un service ou une faute effectuée quand le relanceur n'est pas prêt ne compte pas et le coup doit être recommencé; 16° une balle est dite retournée ou en jeu quand elle est relancée par dessus le filet avant d'avoir touché deux fois le sol; 17° le retour est bon quand la balle touche le filet; mais si la balle servie touche le filet, le service ne compte pas, pourvu qu'il n'y ait pas d'autre irrégularité qui prime la nullité; 18° le tireur gagne un coup lorsque le relanceur prend le service à la volée, lorsque le relanceur manque de retour-
ner le service ou la balle en jeu, ou quand il renvoie la balle de service ou en jeu au delà de l'une des lignes qui bornent la cour du tireur, ou enfin dans l'un des cas prévus par l'art. 20; 19° le relanceur gagne un coup lorsque le tireur commet deux fautes consécutives, quand le tireur manque de renvoyer la balle en jeu, ou quand il la fait voler au delà de l'une des lignes qui bornent la coui du relanceur, ou enfin dans l'un des cas prévus dans l'article qui suit; 20° tout joueur perd le coup si la balle frappe une partie quelconque de son corps, de ses vêtements ou n'importe quel objet il peut porter, sauf laraquette agissant pour la recevoir; s'il frappe ou touche plus d'une fois la balle en jeu ; s'il touche le filet ou l'un de ses soutiens pendant que la balle est en jeu ; s'il prend la balle à la volée avant qu'elle ait dépassé le filet; 21° quand un joueur gagne son premier coup, son point est de 15; quand il gagne son second coup, sa marque est de 30 ; quand il gagne son troisième coup, sa marque est de 40; et au quatrième coup gagné par lui, la victoire du jeu lui appartient, sauf les restrictions suivantes : si chacun des deux joueurs a gagné trois coups, la marque est di:e de * à deux » et le gain du coup suivant vaut un c avantage > à celui qui le fait; si le même joueur gagne encore le prochain coup, il est vainqueur pour ce jeu; mais s'il perd ce prochain coup la marque retombe « à deux » ; et ainsi de suite jusqu'à ce que l'un des joueurs gagne les deux coups qui suivent immédiatement la marque deux, après quoi il est déclaré vainqueur du jeu ; 22° un joueur qui a, le premier, gagné six jeux, est vainqueur pour la partie, excepté dans le cas suivant : si les deux joueurs ont chacun 5 jeux, la marque est « manche à manche» et le premier jeu Kagné par l'un ou par l'aulre, donne au gagnant ce que l'on appelle c l'avantage de jeu ». Si le même joueur gagne le jeu suivant, il est vainqueur pour la partie; dans le cas contraire, la marque revient à « manche à manche ». Et ainsi de suite jusqu'à ce que l'un ait gagné les deux jeux qui suivent immédiatement le < manche à manche »; alors il a gagné la partie. — Nota. Lesjoueurs peuvent convenir de ne pas terminer la partie en jouant l'avantage de jeu ; alors la victoire est décidée par le gain du jeu qui suit le « manche à manche »; 23° les joueurs doivent changer de côté à la fin de chaque partie, mais l'arbitre, quand on en appelle à lui avant le tirage au sort pour le choix, peut ordonner que les joueurs changeront de place après chaque jeu, si dans son opinion, un côté présente un grand avantage sur l'autre, en raison de la position du soleil, de la direction du vent ou pour toute autre cause. Si l'appel est fait après le commencement du match, l'arbitre peut seulement ordonner que lesjoueurs changeront de côté à la fin de chaque jeu terminant la partie ; 24° quand on a joué une partie, le tireur du dernier jeu de cette partie devient le relanceur du 1er en suivant; 25° Les avantages. On appelle bisque l'avantage d'un coup qu'un joueur accorde à un autre, en lui laissant la liberté de placer cet avantage à son choix dans la partie en se soumettant aux restrictions suivantes : la bisque ne peut être prise dès que le service a été effectué ; le tireur ne peut la compter après une faute, mais son adversaire peut le faire; 26" une ou plusieurs bisques peuvent être accordées en augmentation ou en diminution d'autres avantages; 27° le demi-guinze est un coup accordé au commencement du second jeu, du quatrième jeu et de chaque jeu pair d'une partie; 28° le quinze est l'avantage d'un coup accordé au début de chaque jeu d'une partie; 29° le demi-trente est un coup donné au commencement du premier jeu, deux coups au commençaient du second jeu et ainsi de suite alternativement dans tous ios jeux sub-
LAWN
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sequents de la partie ; 30° le trente est un avantage de deux coups que l'on compte au
Fig. 0. — l'lao de 1 enceinte pour une partie de trois et de
quatre joueurs.
commencement de chaque jeu de la partie; il" le demi-quarante esl un avantage de deui
coups, comptés au commencement du premier jeu, de trois coups au commencement du second jeu et ainsi de suite alternativement dans tous les jeux subséquents d'une partie; 32° le quarante se compose de trois coups accordés au commencement de chaque jeu ou d'une partie; 33° demi-cour : les joueurs ayant convenu de la cour vers laquelle jouera celui qui accorde l'avantage, celui-ci perd un coup chaque fois que la balle, retournée par lui, tombe en dehors des lignes qui bornent celte cour. — Nouvelles règles pour les parties de troisocquatre jouedrs ; 34° toutes les i èglescidessus sont applicables aux parties de trois et de quatre joueurs, sauf en ce qui concerne les lois suivantes ; 35° pour les parties de trois et de quatre joueurs, l'enceinte aura 12 m. de ^arge. A l'intérieur, parallèlement età une distance de 1 m. 50 des lignes de côté, on tirera des lignes décote du service I K et L M, dont les extrémités seront respectivement reliées par les lignes de service I L et K M (fig. 9). Pour tout le reste, l'enceinte est semblable à celle qui a été décrite à l'article 1 ; 36" dans une partie à trois, le joueur qui est seul doit servir àfhaque jeu alternatif; 37° dans une partie à quatre, le couple qui a le droit de servir au premier jeu décide lequel des deux partedairessera le tireur et le couple adverse décidera semblablement au second jeu. Le partenaire du joueur qui a servi au premier jeu servira au troisième; et le partenaire de celui qui a servi au second jeu servira au quatrième et ainsi de suite dans le même ordre pour tous les jeux suivants d'une partie ou d'une série de parties; 38° les joueurs prendront le service alternativement. L'ordre du service une fois arrangé ne sera plus changé; 39" la balle servie doit tomber entre la ligne de service, la ligne de demi-cour, et la ligne du côté de service de la cour qui est diagonalement opposée à celle d'où la balle est servie, ou sur lune des lignes ci-dessus dénommées; 40° chaque fois que la balle ne tembe pas comme ci-dessus c'est une faute. Pour mar-
quer plus rapidement, ou se sert aujourd'hui d(un < marqueur » dont les joueurs feront bien de se munir. Il n'est pas inutile de rappeler aux joueurs qu'ils doivent se chausser légèrement, et de façon à pouvoir bondir sans risquer de glisser ou de tomber. La raquette sera équilibrée. Quoique sa grosseur soit un avantage, elle ne doit pas être disproportionnée avec la force de celui qui s'en sert et il faut que la main puisse la saisir aisément.
LAZERGES (Jean - Raymond - Hippoly te ), peintre, né à Narbonne en 1817, mort en oct. 1887, 11 reçut des leçons de David d'Angers et de F. Bouchot. Il s'est à peu près exclusivement adonné à la peinture religieuse et a produit une Dfscente de Croix (1841), Jésus au jardin des Oliviers, Mort de la Vierge, Saint Sébastien mis au tombeau, Chemin du Calvaire (1870); Eve (1872), etc. Il entreprit d'importants travaux dans les principales églises de Paris et de province. En 1869, son Foyer du théâtre de l'Odéon un jour de première représentation, piqua vivement la curiosité, à cause du erand nombre de portraits de contemporains célèbres qu'il avait su y grouper.
LEBEL s. m. (de Lebel, nom d'un inventeur). Fusil de Lebel : un lebel, des lebels. — Lebel est le nom de l'un des officiers qui ont collaboré à l'invention d'un nouveau fusil à répétition du calibre de 8 millimètres. Cette arme, qui est aujourd'hui entre les mains de tous nos soldats, est due aux travaux d'une douzaine d'officiers; elle fut admise en principe dès 1884, mais ne put entrer dans la pratique avant la découverte d'une cartouche spéciale. La poudre ordinaire aurait produitun encrassement trop considérable, en raison de l'exiguïté du calibre, L'honneur d'avoir résolu le problème revient à M. Vieille, ingénieur des poudres et salpêtres. C'est lui qui trouva, en 1886, une poudre ne produisanlni encrassement ni fumée, et fatigant l'arme le moins possible. La poudre Vieille, officiellement nommée poudreB, en l'honneur du général Boulanger,
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est d'une puissance supérieure à celle de toutes les poudres employées aujourd'hui en Europe. Sa composition est un secret d'Etat. — Le fusil Lebel emmagasine dans sa crosse neuf cartouches que le tireur peut faire partir sans interruption; il supprime presque totalement le mouvement de recul si défavorable à la sûreté du tir; il diminue sensiblement l'intensité de la détonation; enfin il ne produit presque pas de fumée et ne révèle point la position du tireur. Les gravures ci-contre font connaître le détail du mécanisme intérieur. La partie antérieure de la culasse est munie de deux tenons qui se logent dans une rainure ménagée à l'arrière du canon, quand le levier de culasse mobile ramené en avant est abattu à droite. Ces deux tenons reçoivent le choc du recul et le transmettent symétriquement par rapport à l'axe du canon. Ce qui distingue le lebel des armes à répétition admises en Allemagne (voy. Fusil à répétition dans ce Supplément), c'est l'absence de boitechargeur. Les cartouches, au nombre de huit, au lieu d'être placées les unes sur les autres, dans une boîte, sont logées boula boutlelong et en dessousdu canon, dans unmagasin terminé du côté de la culasse mobile, par un auget.Cet auget est une sorte de cuiller qui tourne autour d'un axe traversant son extrême arrière. Un levier de manœuvre immobilise l'auget ou lui permet de fonctionner, suivant qu'il est amené vers l'arrière ou vers lavant, ce qui fait du fusil une arme à répétition ou une arme à tir coup pour coup, qui se manœuvre alors comme le gras. Pour le tir à répétition on fait abaisser l'auget; l'orifice en magasin est découvert, on y glisse huit cartouches que refoule un ressort à boudin logé dans le tube. Une 9e et une 10° cartouches se placent dans l'auget et dans la chambre. Après chaque coup, on ouvre la culasse afin d'expulser l'étui vide; l'auget bascule aussitôt et élève la cartouche qu'il contient. La culasse mobile, ramenée en avant, pousse ensuite dans la cbambre la cartouche ainsi soulevée. L'auget s'abaisse de nouveau et reçoit la 1™ cartouche du magasin, poussée par le ressort à boudin. Le mécanisme fonctionne ainsi jusqu'à ce que l'approvisionnement soit épuisé. La baïonnette, de forme absolument nouvelle, est une lame à section cruciale, montée sur une poignée en bronze de nickel ; elle s'adapte en-dessous du canon. La cartouche pèse 27 gr. 7; celle du gras pesait 43 gr. La balle, formée d'un alliage de 90 gr. de plomb et de 10 gr. d'antimoine, mesure 32 millim. de long et pèse 45 grammes. La poudre.de couleur jaune clair, ne produit qu'une faible détonation et pas de fumée. Le soldat portait jadis surlui78cartouches gras; il peut aujourd'hui en porter 118. Le pas des rayures du canon est voisin de 0 m. 24, ce qui permet aux rayuresdedécrireplusieurs spires dansl'àme, en imprimant à la balle une vitesse rolatoire de "2,600 tours à la seconde. La hausse est graduée jusqu'à 2,000 mètres. La rapidité du tir est de 12 coups à la minute sans recourir au magasin ; les dix cartouches de l'approvisionnement se brûlent en 30 secondes, dans un feu ajusté. Le effets du tir par cette armesont foudroyants. La vitesse initiale du projectile est de 62b environ. Sans employer la hausse, on peut atteindre un fantassin debout jusqu'à la distance de 520 m., un fantassin à genoux jusqu'à 420 m. A 600 m., la trajectoire ne s'élève pas à plus de 2 m. 30 du sol. A 300 m. la balle traverse d'outre en outre une épaisseur de bois de 1 m.; à 1,000 m. deux chevaux ou quatre hommes; elle peut traverser 3 poutres de 20 cenlim. d'épaisseur chacune, et frapper une cible à 600 m. de la, sans subir la moindre déviation. Le projectile et la détonation cheminent de conserve tant que la vitesse de la balle est supérieure à 333 m. C'est seulement quand la vitesse restante du projectile s'abaisse au-dessous de cette limite que le son se propage seul avant
la balle. Les différentes méthodes servant à calculer les distances par l'intervalle écoulé entre l'apparition de la fumée ou de la lumière etla perception de la détonation doivent donc être abandonnés avec cette arme. Vers la fin du mois de juin 1887, on commença la distribution des nouveaux fusils à raison de 10 par compagnie; le 1" janvier 1888, cinq corps d'armée ou 40 régiments, sans compter les batailons de chasseurs, l'avaient entre les mains. La fabrication, poussée avec une fiévreuse activité, produisit jusqu'à 1,600 fusils par jour; mais elle était forcément beaucoup moins importante au début, faute d'un outillage indispensable. Sur le pied de 1,500 en moyenne par jour, on arriva à un total de 500,000 par an, ce qui permit de pourvoir l'armée française (deux millions d'hommes) en quatre ans. (Voy. Carabine.)
LEBLANC (Nicolas), célèbre chimiste, né à Ivoy-le-Pré, arr. de Sancerre (Cher), en 1753, mort en 1806. Orphelin à l'âge de neuf ans, il quitta son pays natal à dix-sept ans et vint chercher fortune à Paris. Ayant obtenu le diplôme de maître en chirurgie, il se fixa un instant à Issoudun, puis fut attaché à la maison du duc d'Orléans. 11 se fit connaître par des mémoires sur la cristallisation des sels neutres, adressés à l'Académie des sciences et publiésen!786, sous'le titre deCristallotechnie. La même année, l'Académie ayant annoncé qu'elle décernerait un prix à l'inventeur d'un procédé pratique pour fabriquer la soude artificielle, Leblanc se mit à l'œuvre, et, après bien des tâtonnements, découvrit le procédé facile que l'on emploie encore pour tirer la soude du sel marin. Cette découverte opéra une révolution industrielle. La soude, qui était rare et chère, baissa de prix et fut livrée en quantité illimitée pour les usages de la verrerie, de la savonnerie, de la papeterie, etc. — Le duc d'Orléans consentit à exploiter en grand le procédé de Leblanc et créa, dans ce but, une fabrique à Saint-Denis. Pendant la Révolution, l'inventeur perdit son protecteur et fut exproprié de son procédé, sans compensation sérieuse. Il devint administrateur du département de la Seine, membre de l'Assemblée législative, régisseur des poudres et salpêtres, et membre de plusieurs commissions scientifiques. Il trouva des procédés nouveaux pour l'extraction du saipêtre, pour l'utilisation des eaux vannes, des immondices, etc., fit des recherches surlesel ammoniac, surles oxydes de mercure, sur le nickel, etc. Tant de travaux ne l'enrichirent pas; tombé dans la misère au commencement de l'Empire, il termina sa vie par un suicide. — Le 28 juin 1887, eut lieu, au Conservatoire des artseï métiers, l'inauguration d'une statue de ce grand chimiste, due au ciseau du sculpteur Hiolle.
LEBŒUF (Edmond), maréchal de France, né à Paris le 5 nov. 1809, mort en son château de Trun, près d'Argentan (Orne), le 7 juin 1888. Entre à l'Ecole polytechnique en 1828, il prit part à la'révolution de 1830, participa à la prise de la caserne de Babylone et reçut la décoration de Juillet. 11 entra, peu après, comme sous-lieutenant à l'école d'application de Metz et en sortit avec le numéro 1 comme lieutenant en second d'artillerie en 1832. Il était lieutenant en premier en 1833, et capitaine en second en 1837. Passé en Afrique, il prit part au siège de Constautine, fut nommé officier d'ordonnance du maréchal Valée et assista aux expéditions de Djidjelli, de Medéah et de Milianah. Il reçut le grade de capitaine en premier en 1839, et celui de chef d'escadron en 1846. Deux ans plus tard, il fut nommé commandant en second de l'Ecole polytechnique, y resta jusqu'en 1850, passa colonelen 1852,chefd'etat-majorde l'artillerie à l'armée d'Orient le 15 avril 1854, général de brigade en nov. 1854, commanda, en 1855, l'artillerie du 1er corps chargé des travaux
du siège de Sébastopol, fut placé à la tête de l'artillerie de la garde impériale en 1856, reçut en 1857 les étoiles de général de division et commanda l'artillerie pendant la campagne d'Italie. C'est en cette qualité qu'il inaugura les nouveaux canons rayés et contribua puissammentau succès de la bataille de Solférino. En nov. 1859, l'empereur le nomma son aide de camp, puis président du comité d'artillerie en 1864, et inspecteur général de l'Ecole polytechnique la même année. En 1866, le général Lebœuf fut envoyé à Venise, en qualité de commissaire, pour recevoir de l'empereur d'Autriche la cession de la Vénétie et remettre cette province au gouvernement italien. Deux ans plus tard, il prit le commandement du camp de Châlons, puis celui du 6e corps d'armée, àToulouse, en janv. 1869. Le 21 août suivant, il remplaça le maréchal Niel au ministère de la guerre, conserva son portefeuille lors de la formation du ministère Ollivier (2 janv. 1870) et fut élevé à la dignité de maréchal de France le 24 mars. Considérant la garde mobile comme inutile et dangereuse, il en abandonna l'organisation, que son prédécesseur avait commencée. La veille de son élévation à la dignité de maréchal, dans la séance du Corps législatif du 24 mars 1870, abordant la question de l'organisation de la garde mobile, il prononça ces paroles : « Ma seule politique la voici : c'est d'être toujours prêt... Quant à me mêler de la paix et de la guerre, cela ne me regarde pas. Si la guerre arrive je dois être prêt ; tel est mon devoir et je le remplirai. » Ce langage fut vivement applaudi, mais le ministre se trompait quand il croyait être prêt à soutenir une grande guerre; les six cent mille hommes dont il croyait disposer n'existaient que sur le papier. Trois mois plus tard,surcetle belle assurance, Napoléon III commettait la folie d'entrer en lutte contre l'Allemagne. A ce moment, la responsabilité du maréchal Lebœuf fut écrasante. 11 communiqua sa fatale assurance aux députés et aux sénateurs. On a bien souvent cité cette phrase tristementcélèbre qu'il aurait prononcée dans les couloirs du Corps législatif : <•• Nous sommes prêts, jusqu'au dernier bouton de guêtre.»— Le 1 5 juillet, il fut nommé major général de l'armée et remplacé au ministère par le général Dejean. Après nos premiers désastres, il fut obligé de resigner ses fonctions et resta sans emploi pendant quelques jours. Ensuite, il reçut lecommandemenl du 3e corps d'armée, combattit à Saint-Prival et à Gravelotte, où l'on assure qu'il chercha la mort, fut investi dans Metz, avec Bazaine, se prononça contre la capitulation, mais dut se soumettre à la majorité du conseil; revint d'Allemagne après la signature de la paix, séjourna en Hollande et se rendit à Paris au mois de déc. 1871, pour y déposer devant la commission d'enquête surlesactes du gouvernement de la Défense nationale et devant le conseil chargé de juger les capitulations. Il s'efforça surtout de prouver qu'au début de la guerre, il avait 567,000 hommes sous les armes et accusa, avec une grande énergie, le maréchal Bazaine. Depuis cette époque, il chercha à se faire oublier et se retira dans son château.
LECLUSE (Charles de), en lat. Clusius, botaniste, né à Arras, en 1526, mort en 1609. Il étudia d'abord le droit à Louvain, mais finit par se vouer à la carrière médicale, se fit recevoir docteur à Montpellier, herborisa en France, en Espagne, en Angleterre, en Allemagne, dirigea, pendant 14 ans, les jardins de l'empereur Maximilien II, à Vienne, devint professeur de botanique à l'université de Leyde(1589) et écrivit : Rariorum plantarum historia (Anvers, 1611, in-fol., avec 1.135 fig.), ouvrage dans lequel se trouve la plus ancienne description connue de la pomme de terre ; Exoticorum lib. X, quibus animalium plantarum historié desaibunlw
LÉGI
(Anver«,1605, in-folio); etc. Le nom de C.lusta a été donné pai Plumier a un genre deguttifères.
LE FILLEUL DES GUERRORTS (Désiré- François), poète français, surnommé le Florian de la Normandie, né au château des Guerrots (pays de Caux), en 1778, mort en 1857. Outre des Fables et Poésies diverses (Rouen, 1818), il a laissé une traduction d'Horace et plusieurs pièces de vers insérées dans le recueil de l'Académie de Rouen, dont il était membre depuis 1810.
LEFLÔ (Alphônse-Emmanuel-Charles), général et homme politique, né à Lesneveu (Finistère), le 2 novembre 1804, mort à Moriaix en novembre 1887. Au sortir de l'école militaire de Saint-Cyr, en 1825, il fut nommé sous-lieutenant au 2e léger, passa lieutenant en 1830, fit ses premières armes en Afrique, l'année suivante, fut promu capitaine en 1836, puis chef de bataillon aux zouaves, en 1840, lieutenant-colonel.au 22° léger, en 1S41, colonel du même régiment, le 20 octobre 1844, génénéral de brigade le 2 juin 1848. Chargé d'une mission diplomatique à Saint-Pétersbourg en août 1848. il fut élu le 17 septembre suivant représentant du Finistère à la Constituante, puis à la Législative; il siégea à la droite de ces deux Assemblées, combattit vivement les républicains et, plus tard, la politique napoléonienne, se fit nommer questeur et se vit arrêter à l'hôtel de la Présidence, dans la matinée du Deux Décembre. Après avoir été quelque temps enfermé au fort de Ham, il fut expulsé du territoire français, se retira en Belgique et ensuite à Jersey; il ne rentra qu'après l'amnistie de 1859. Il vivait retiré dans son château de Hec-'Hoât, quand la guerre de 1870 éclata; il offrit ses services à l'Empereur, qui les refusa, mais le gouvernement de la Défense nationale le nomma ministre de la guerre et le réintégra dans l'armée avec le grade de général de division. Pendant le siège de Pans, il porta son énergie vers l'organisation et l'armement de la garde nationale. Le département du Finistère l'envoya à l'Assemblée de Bordeaux, le 8 février 1871 et il conserva le portefeuille de la guerre dans le cabinet formé par M. Thiers, le 19 du même mois. C'est en sa qualité de ministre qu'il prépara l'attaque de Montmartre par les troupes de Vinoy. Après la semaine sanglante, il fut remplacé au ministère par le général de Cissey et fut appelé à l'ambassade de Russie, où il fut reçu avec une grande cordialité par l'empereur Alexandre II. Il y resta jusqu'en février 1879. époque |où il fut remplacé par le général Chanzv.
LEGION D'HONNEUR. Le premier Empire fit, pendant toute sa durée, de 1804 à 1815, 48,000 légionnaires, sur lesquels 1,400 civils seulement ; en 1815, il n'y avait pas moins de 36,000 légionnaires. La Restauration en fit moins parce qu'elle distribua, concurremment avec les croix de la Légion d'honneur, les croix de Saint-Louis et d'autres ordres anciens. Sous Louis-Philippe et sous Napoléon III, le nombre des légionnaires s'accrut dans de rapides proportions; on n'en comptait pas moins de 56,000 eu 1870, et dans les quinze mois qui suivireat la révolution du Quatre-Septembre, on donna plus de 8,000 nouvelles décorations, de sorte qu'en 1873, le nombre en était de près de 60,000, chiffre le plus élevé qui ait jamais figuré sur les contrôles. Pour clieetuer une réduction, les lois de 1873 et 1679 réglèrent qu'au civil on ne ferait plus qu'une nomination pour deux extinctions, au militaire deux nominations pour trois extinctions; mais on dérogea plusieurs fois à ces restrictions, notamment quand on accorda des croix supplémentaires aux exposants d'Anvers (1885), aux militaires du Tonkin et de Madagascar (1886) et aux militaires et aux marins de l'Annam et du
LEGR
Sénégal (1887). — Législ. En vertu de la loi du 26 février 1887 (art. 16), les membres de la Légion d'honneur, nommés ou promus dans l'Ordre, au titre civil, doivent rembourser le prix de leurs insignes, d'après le tarif déterminé par le décret du 14 décembre 1886. Les prix sont ainsi fixés : pour les insignes de chevalier, 15 fr. ; d'officier, 74 fr. ; de commandeur, 169 fr. ; de grand-officier, 260 fr. ; et de grand-croix, 328 fr. — Ces remboursements sont dus indépendamment des droits de chancellerie dont le tarif a été fixé de la manière suivante par le décret du 22 mars 1875, savoir : pour le brevet de chevalier de la Légion d'honneur, 25 fr.; pour celui d'officier, 50 fr. ; pour celui de commandeur, 80 fr. ; pour celui de graml-officier, 120 fr.; pour celui de grand-croix, 200 fr. — Le droit de porter, en France, des décorations étrangères n'est accord'e que sous certaines conditions, que nous avons indiquées au Dictionnaire (t. II, p. 353). Sont exempts des droits de chancellerie, en vertu des décrets du 14 mars et du 10 juin 1853, savoir : les soldats et sous-officiers des armées de terre et de mer, en activité de service, pour les brevets de la Légion d'honneur; les soldats, les sous-officiers et les officiers en activité de service, jusques et y compris le grade de capitaine dans l'armée de terre, et de lieutenant de vaisseau dans l'armée de mer, pour les décorations étrangères. — Statistique. Voici quel était l'effectif des membres de l'ordre de la Lés-ion d'honneur à la date du 1er janvier 1890. Le total des légionnaires s'élevait à 53,848, dont 32,021 militaires et 21,827 civils. Ce total se répartissait de la manière suivante, dans la hiérarchie de l'Ordre. grands-croix, 66 : 47 militaires, 19 civils; grands-officiers, 238 : 182 militaires, 56 civils; officiers, 5,992 : 4,307 militaires, 1,685 civils; chevaliers. 46,410 :26,621 militaires, 19.789 civils. — Les trois maisons d'éducation de la Légion d'honneur, de Saint-Denis, d'Ecouen et des Loges, sont aujourd'hui régies par un nouveau statut (décret du 20 juin 1890), lequel reproduit la plus grande partie des dispositions du statut de 1881, dont nous avons parlé dans le Dictionnaire (t. III, p. 573). Les travaux pratiques que le regretté général Faidherbe a introduit si heureusement dans les programmes d'enseignement de ces trois maisons, sont réglés avec soin par le nouveau statut. Dans chacune d'elles, on prépare au brevet élémentaire de l'enseignement primaire; et c'est seulement à Saint-Denis que l'on prépare au brevet supérieur. Aux Loges, ont donne spécialement un enseignement professionnel (coupe et confection de robes, broderies et dessin industriel). A Ecouen, des cours d'enseignement commercial comprennent la comptabilité et la tenue des livres, ainsi que la préparation aux emplois dans les postes et télégraphes, la banque, etc. — Dans chaque maison, les élèves font leurs robes et entretiennent le linge. On leur enseigne tout ce qu'il peut être utile de savoir à une mère de famille, la préparation des aliments, les travaux de la buanderie, etc. Ch. Y.
LEGRAND DU SAULLE (Henri), célèbre médecin aliéniste, né h Dijon en 1830, mort le 6 mai 1886. Il fit ses premières études médicales à Dijon, les continua à l'hospice des aliénés de la Chartreuse (près de Dijon), puis à l'asile de Quatremarres (près de Rouen), et enfin à Charenton. De 1854 à 1862. il fut l'un des principaux rédacteurs de la Gazette des Hôpitaux; il devint ensuite rédacteur-gérant des Annales médico-psycholoyiqnes et reçut en 1867 le titre de médecin de l'hospice de Bicêtre. L'année suivante, il ouvrit, à l'école pratique, un cours sur les maladies du cerveau et du système nerveux. Pendant la Commune de Paris, il eut à s'occuper du traitement des otages et ensuite de celui des fédérés, au dépôt de la préfecture de police. Peu après,
LEMA
il fut nommé médecin de l'infirmerie spéciale des aliénés à la préfecture. Ses ouvrages sont nombreux et très importants. Nous citerons : La Folie devant les Tribunaux (1864, in-8°), travail d'une grande puissanse, couronné par l'Institut ; Etude médico-légale sur la séparation de corps (1866, in-8) ; De l Hysféro-épilepsie (1855, in-8°) ; Etude médicale sur l'Hystérie (i$6Q, in-8°); De VEpiUpsw (1864 , in-80); Pronostic et traitement de ï'épilepsie (1869, in-8°); Etude médico-légale sur la paralysie générale (1866, in-8°); Manuel pratique de médecine légale, en collaboration avec Ortolan, et suivi d'un précis de chimie légale, par A. Naquet (1868, in-18) ; le Délire des persécutions (1871, in-8°), curieuse étude sur les cas de folie occasionnés par les événements de la Commune ; La Folie héréditaire (1873, in-8°) ; Traité de médecine légale et de jurisprudence médicale (1873-74, in-8°).
LEHMANN ( Charles - Ernest - Rodolphe - Henri), peintre frauçais, d'origine allemande, né à Kiel, en 1814, mort en 1882. Elève de son père, artiste distingué, établi à Hambourg, il vint ensuite à Paris et travailla dans les ateliers d'Ingres. Il débuta au Salon de 1835, et se fit une grande réputation comme portraitiste et dans la peinture religieuse et historique. Ses toiles religieuses représentent une foule de sujets delà Bible : Tobieet l'Ange; la Fille de Jephté ; Le mariage de Tobie ; la Vierge et l'Enfant Jésus ; Sainte Catherine portée au tombeau par des anges; Flagellition du Christ; Jérémie, etc. Ses tableaux historiques s'inspirent surtout d'Eschyle, de Victor Hugo, de Gœthe, de Shakespeare et de nos grands poètes. Don Diego, père du Cid (1836); Hamlet; Ophélia( 1846), etc. Il a laissé les portraits d'un grand nombre de ses contemporains célèbres : Franz Liszt; vice - amiral Jaurès; baron H 'iissmann; Bouillaud; Michel Chevalier; Ponsard ; Alphonse Karr; Baroche ;Victor Cousin; Go.litn.ard; etc.
LEMAIRE (Philippe-Henri), sculpteur français, ne a Valeneiennes, en 1798, mort en 1880. Elève de Cartelier et de l'Ecole des Beaux-Arts, il remporta, en 1821, le grand prii avec un bas-relief : Alexandre chez les Oxydraques, alla étudier à Rome et exposa au Salon de 1827 la Jeune Fille tenant un papillon. Ses œuvres principales furent ensuite : Laboureur trouvant des armes (Jardin des Tuileries); Thémistocle (Jardin des Tuileries); Kléber, Louis XIV, pour le musée de Versailles; le Fronton de l'église de la Madeleine, son chef-d'œuvre (1836-42) ; Funérailles de Marceau (arc de triomphe de l'Etoile) ; Hoche (Versailles) ; Napoléon (Bourse de Lille); Froissart (1857, Valeneiennes), etc. Candidat officiel, il fut élu représentant du département du Nord, en 1852, en 1857 et en 1863. Mais il éprouva un échec en 1869 et rentra dans la vie privée.
LEMARE (Pierre-Alexandre), grammairien, né à Grande-Rivière (Jura), en 1766, mort à Paris, en 1835. Prêtre, avant la Révolution, il rentra dans la vie laïque, devint président de l'administration départementale du Jura, combattit le coup d'Etal de Brumaire, s'exila un instant, fut condamné, par contumace, à 10 ans de fers, fit casser son jugement, fonda, à Paris, l'Athénée de la jeunesse, entra dans la conspiration de Malet, s'enfuit en Autriche, d'où il fut expulsé, se rendit à Montpellier, y étudia la médecine, sous un faux nom, lit la campagne de Russie, comme aide-major, se fit recevoir docteur-médecin, en 1814, et se livra ensuite tout entier à ses études grammaticales. Il a laissé des ouvrages estimés Cows théorique et pratique de langue latine (1804, 3 vol. in-8°) ; Cours théorique et pratique de langue française (Paris, 1807, 2 vol. in-8°; 2f édition, 1819); Dict. franc, par ordre d'analogHe (1820, in-8°); etc. Lemare inventa un caléfacteur qui porte son nom.