LOUR
LOTO (Jeui). Ce jeu de pur hasard nous fient d'Italie, comme les loteries dont il est le diminutif. On prétend qn'il fut inventé à Napies, d'où il se répandit en France et dans toute l'Europe au xvnr3 siècle; il fut pendant longtemps le jeu favori des souverains et des courtisans. C'est pendant cette période d'ençouement que le comte de Ségur écrivit les .quatrains suivants, au sujet de cet amusement qui lui paraissait insipide :
Le loto, quoique Ton dise.
Sera fort longtemps en crédit.
C'est l'excuse de la bêtise Et le repos des gens d'esprit.
Ce jeu vraiment philosophique Met tout le monde de niveau.
L'amour-propre si despotique Dépose son sceptre au loto.
Une boite de loto bien complète renferme : 1° Vingt-quatre cartons à revers différemment colorés ou bariolés; ordinairement six revers sont bleus, six rouges, six jaunes et six rerts. Le dessus des cartons est divisé, dans le sens de la largeur, en trois parties par des lignes horizontales, formant avec des lignes verticales, trois rangées de neuf compartiments chacune; quatre de ces compartiments sont colorés, presque toujours en vert; les cinq autres sont à fond blanc. Sur ce fond blanc sont inscrits des numéros, dans l'ordre des unités, des dizaines, des vingtaines, etc., jusques et y compris le numéro 90, qui est placé sur la même ligne verticale que la série de 80 à 89. Chacun des nombres de 1 à 90 est reproduit quatre fois sur la totalité des cartons. Il y a donc quinze numéros sur chaque carton, cinq sur chacune des trois rangées horizontales. 2° Un sac contenant 90 dés ou moitiés de boules, sur la partie plate desquelles sont marqués des numéros, depuis 1 jusqu'à 90. Quelquefois les demi-boules ont deux faces planes et le nombre est répété sur chaque face. Pour ne pas confondre9 avec 6 et 19 avec 61, on trace, sous'chacun de ces nombres, une petite barre indiquant le sens dans lequel on doit les lire. 3° Un sac renfermant environ 200 petits jetons de verre, d'os ou d'ivoire. A défaut de jetons, les joueurs peuvent se servir de grosses graines légumineuses sèches, telles que haricots, lentilles, etc., pour marquer sur leurs cartons les numéros appelés. 4° Un petit panier servant à contenir les jetons qui doivent représenter les enjeux. 5° Une tablette dont la surface présente de petits enfoncements destinés à recevoir les boules, à mesure qu'on les extraits du sac, et à les présenter de façon que les chiffres qu'elles portent soient facilement vus par tous les joueurs. Cette tablette n'est pas absolument indispensable et n'accompagne que les jeux très complets. Il existe plusieurs manières déjouer au loto. — Partie ordinaire au premier quine. Les joueurs ayant pris place autour d'une table à jeu, l'un d'eux mêle les carions comme un jeu de cartes et les distribue à la ronde, un à un. Les joueurs peuvent recevoir un nombre égal de cartons; ou chacun en demande un certain nombre et verse alors dans le panier le prix déterminé pour chaque carton. Dans tous les cas, on fixe le maximum des carions à distribuer. Si les joueurs sont plus de douze, chacun ne doit recevoir qu'un carton; moins nombreux, ils reçoivent deux cartons, rarement plus de trois. Les enjeux, déposés dans le panier, constituent la poule. Chaque joueur place ses carions devant lui, de manière que les rangées verticales se correspondent. L'un des joueurs prenant ensuite le sac aux boules, le secoue afin de les mêler, et tenant, de la main î-'auche, le sac cnlr'ouvert, il tire successivement, de la main droite, les boules une à une, et appelle distinctement a mesure le numéro que porte chacune d'elles. Los autres joueurs, attentifs, couvrent d'un jeton chacun des numéros appelés qui se trouvent sur
leurs cartons. Quand on ne possède pas un grand nombre de jetons, on marque à l'anglaise, c'est-à-dire que l'on met un jeton sur la première case colorée à l'appel d'un numéro porté sur cette ligne; onpousse ensuite à droite ce jeton sur la deuxième casse, puis sur la troisième et sur la quatrième, à mesure que l'on appelle les numéros de la ligne. Trois jetons suffisent alors pour un carton. Celui qui tire les boules, marque avec les boules elles-mêmes. Le tirage cesse dès que l'un des joueurs, criant : « Quine » annonce que l'on a appelé et qu'il a marqué les cinq numéros de l'une des lignes horizontales de ses cartons. On fait l'appel de ces cinq numéros, pour vérifier s'ils sont sortis du sac et si le joueur n'a pas marqué faussement. Sa marque ayant été reconnue exacte, il est déclaré gagnant et la poule lui appartient. Si deux joueurs font quine en même temps, ils se partagent le contenu du panier. Quand la partie est gagnée, on fait une nouvelle distribution de cartons, on remet les boules dans le sac, on les mêle et on recommence une autre poule. Chaque joueur a le droit de tirer les boules à son tour; mais il n'y a aucun avantage à cela. — Loto dauphin. C'est, dit-on, Louis XVI qui imagina cette variante, pour donner un peu plus de diversité au jeu, et afin d'amuser le Dauphin, alors tout enfant. Dans cette partie, le premier extrait (un seul numéro sur une ligne horizontale), le premier arabe (deux numéros sur une même ligne), le premier terne (trois numéros sur une seule ligne) et le premier o;uatenïe(qualre numéros), entraînent chacun le gain d'une petite part de la poule, le surplus appartenant au premier quine. — La tombola ou carton plein. Dans cette combinaison, le gagnant est celui qui remplit le premier les quinze numéros du même carton. Ordinairement chaque joueur ne reçoit qu'un seul carton. — Loto a quinze boules. On ne tire que quinze boules et l'on distribue la poule entre les joueurs de la manière suivante : chaque ambe vaut deuxparts; chaque terne en vaut trois; chaque quaterne, quatre. Dans le cas extrêmement rare où il se produirait un quine, celte chance annulerait les autres et donnerait le gain de la poule entière. — La banque. Dans cette partie, le joueur chargé de tirer les numéros reçoit le nom de banquier; il paie aux autres un, prix convenu pour les ambes, les ternes, etc., qui leur arrivent, et il reçoit d'eux le même prix pour les ambes, les ternes, etc., qu'il peut avoir. Il faut pour cela, qu'il y ait une chance supérieure d'un côté ou de l'autre. Ainsi, par exemple, si le banquier amène un terne et si un autre joueur possède un quaterne, pendant que les autres ont seulement des ambes, le banquier paie le quaterne, et chacun des joueurs qui n'a qu'une ambe, lui paie le terne.
LOUAGE. — Législ. La loi du 9 juillet 1889 qui forme les titres II et III du Code rural, contienteette disposition: «Laduréedulouage i des domestiques et des ouvriers ruraux est, c sauf preuve d'une convention contraire, c réglée suivant l'usage des lieux. » Le Code civil n'avait pas statué à ce sujet, et la disposition précitée du Code rural n'a fait que consacrer la règle qui était appliquée par les juges de paix. — Quant au contrat de louage d'ouvrage entre les chefs des établissements induslrielset leurs ouvriers, il estactuellement soumis aux règlesdu droit commun, en vertu de la loi du 2 juillet 1890, qui a aboli l'obligation relative aux livrets. Les contrats de louage d'ouvrage sont exempts du timbre et d'enregistrement. A l'expitation du contrat, celle des parties qui a donné ses services peut exiger de celle qui les a loués, sous peine de dommages-intérêts, un certificat contenant exclusivement la date de son entrée, celle de sa sortie et l'espèce de travail auquel elle a été employée. Ce certificat est exempt de
timbre et d'eures'istrement. — Enfin la loi du 27 décembre 1890, a ajouté à l'article 1780 du Code civil un complémentqui est ainsi conçu : « Le louage deservice fait sans détermination de durée, peut toujours cesser par la volonté d'une des parties contractantes. Néanmoins, la résiliation par la volonté d'uu seul des contractants peut donner lieu à des dommages-intérêts. Pour la fixation de l'indemnité à allouer, le cas échéant, il est tenu compte des usages, de la nature des services engagés, du temps écoulé, des retenues opérées et des versements effectués en vertu d'une pension de retraite, et, en général, de toutes les circonstances qui peuvent justifier l'existence et déterminer l'étendue du préjudice causé. Les parties ne peuvent renoncer à l'avance au droit éventuel de demander des dommagesintérêts en vertu des dispositions ci-dessus. Les contestations auxquelles pourra donner lieu l'application des paragraphes précédents, lorsqu'elles seront portées devant les tribunaux civils et devant les cours d'appel, seront instruites comme affaires sommaires et jugées d'urgence. — Dans le délai d'une année, les compagnies et administrations de chemins de fer devront soumettre à l'homologation ministérielle les statuts et règlements de leurs caisses de retraites et de secours. » On le voit facilement par le texte de la loi, ses dispositions nouvelles ont surtout pour but de satisfaire aux réclamations qui ont été portées au Parlement au nom de la classe très nombreuse des employés des administrations publiques, des compagnies de chemins de fer, etc. C'est pourquoi l'article 2 de ladite loi du 27 décembre 1890 porte que les administrations de chemins de fer doivent, dans le délai d'une année, soumettre à l'homologation ministérielle les statuts et règlements de leurs caisses de retraites et de secours. Il semble que la loi commune aurait dû suffire à garantir réciproquement les droits respectifs des grandes compagnies et ceux de leurs employés; mais les tendances socialistes ont eu raison de celle réciprocité et de cette égalité de droits. Bien queles projets de loi présentés sur ce sujet aient été très atténués dans leurs dispositions, on semble reconnaître qu'il y a, du côté des patrons, un abus d'autorité ou d'influence, là où il y a seulement uncontrat dont les clauses sont librement débatlues et acceptées par les parties contractantes. Ch. Y.
LOUIS Ier, (Louis Philippe-Marie-Ferdinand- Pierre- d'Alcantara- Antoine-Michel-Raphaël- Gabriel-Gonzague-Xavier-François-d'Assise- Jean-Jules-Auguste-Wolfrand de Bragance- Bourbon), roi de Portugal et des Algarves, seigneur de Guinée et duc de Saxe-Cobourg, né le 31 octobre 1838, mort le 19 octobre 1889. Il était fils du roi Ferdinand de Saxe-Cobourg et de la reine Marie II da Gloria, fille de l'empereur Pierre 1er du Brésil. Il succéda, le H novembre 1861, à son frère le roi Pierre IV d'Alcantara. Il épousa, le 6 octobre 1862, la princesse Maria-Pia, fille de Victor-Emmanuel d'Italie, née le 16 octobre 1847. 11 eut poursuccesseur sonfils douCarlos(Charlesler).
L0URENZ0-MARQUEZ, port et établissement portugais de la baie de Delagoa. Tête de ligne du chemin de fer des mines d'or di; Transwaal, cette ville naissante parait appelée, à un brillant avenir. Les Portugais y ont une garnison.
L0URMEL (Frédéric-Henri Le.normand de), général, né à Pontivy en 1811, mort en Crimée, le 5 novembre 1854. 11 termina ses éludes à Saint-Cyr, passa en Algérie en 1841, devint colonel en 1849, commanda l'une des colonnes d'assaut de Zaatcha, prit part à l'expédition de Kabylie et devint ensuite l'un des aide de camp du Président de la République, Louis-Napoléon. La part qu'il prit au coup d'Etat lui valut le grade de général de division, et plus tard un commandement darf