LORI
veille, et y découvrit des perles comme ce vers de quatorze pieds :
Quoi! serait-ce... oui c'est... ô bonté! on siffle à son oreille.
A l'Assemblée de Versailles, où il siégea à l'extrême droite, M. do Lorgeril se fit remarquer par ses sorties contre l'Ecole de hautes études, contre l'Ecole française de « cette petite ville » d'Athènes, contre l'Ecole normale, composée « probablement » de jeunes gens, contre M. Thiers, accusé d'avoir professé des « doctrines perverses », etc. Le 15 déc. 1875, il fut élu sénateur inamovible par la coalition de l'extrême droite et des gauches. Outre son Etincelle, M. do Lorgeril a enrichi la littérature française de plusieurs volumes : la Chaumière incendiée; Récits et Ballades; l'Art de parvenir, poème satirique, et Recueil de poésies (1872). Son nom est désormais attaché à celui de Victor Hugo : c'est l'immortalité.
LORIS-MÉLIKOFF (comte Mikhail Tarielovitch), généial russe, d'origine arménienne, né su Transcaucasie, où son père était négociant, le i«janv. 1856, mort à Nice en déc. 1888. Il fit ses études à l'institut Lazaret!' de Moscou, entra de bonne heure dans le métier militaire en s'engageant dans le régiment des hussards de Saint-Pétersbourg, se distingua pendant la guerre de Crimée et fut nommé colonel d'un régiment de cavalerie légère. Sa participation à la prise de Kars lui valut le commandement de la place, avec le rang de général. 11 servit ensuite pendant la campagne du Caucase contre Schamyl; son chef, le général Mouravielf, ayant été le premier à reconnaître ses talents "comme stratégiste. fit, à plusieurs reprises, aux autorités supérieures, un brillant éloge des services qu'il avait rendus. En conséquence, Loris-Mélikoll' fut envoyé comme gouverneur général à Vladi-Kavkaz (Caucasie), en 1860. Ayant obtenu un congé pour cause de santé, il visita la France qu'il aimait beaucoup. Il se trouvait en Allemagne quand la guerre russo-turque éclata. Il rentra aussitôt dans le service actif, fut appointé adjudantgénéral du grand-duc Michel, chef nominal de l'armée du Caucase. En réalité, ce fut Loris- Mélikoll' qui dirigea les opérations militaires, dont les résultats furent la prise d'Ardahan en mai, et celle de Kars en nov. 1877. Après la guerre, il reçut le titre de comte. L'extinclion de la peste, qui ravagea la région du Volga au commencement de 1879, semble être due, en grande partie, aux énergiques mesures prises par Loris-Mélikoll', alors gouverneurgénéral de ce pays. En avril de la même année, lorsque l'agitation nihiliste eut provoqué l'état de siège dans six provinces, il fut nommé gouverneur général de Kharkov. Il usa, avec la plus grande modération, des pouvoirs arbitraires qui lui étaient accordés, et devint le représentant le plus en vue du parti libéral. Eu février 18S0, après que les nihilistes eurent attenté à la vie de l'empereur en faisant sauter une partie du palais d'Hiver, Alexandre 11 rompit avec le parti conservateur et nomma le comte Loris-Mélikolï chef suprême de la commission executive, avec le pouvoir, d'après les instructions de l'empereur, d'agir suivant ses inspirations et comme il le jugerait bon et utile; il devint donc le dictateur de l'Empire. En cette qualité, il prit sur lui de promettre une constitution et la liberté de la presse. Mais les nihilistes ne désarmèrent pas, et, le 3 mars 1880, le révolutionnaire Molodetzki essaya d'assassiner le dictateur. Cet attentat ne modifia en rien sa ligne de conduite; il espérait acquérir la gloire d'être le législateur de son pays. Au mois d'août, la commission executive fut abolie, et il fut nommé ministre de l'intérieur avec des pouvoirs extrêmement étendus. L'assassinat de l'empereur, le 13 mais 1881, mit fin à ses espérances et à sa carrière politique. Accusé par la presse réactionnaire de n'avoir pas exercé une surveillance assez active sur les nihilistes, il fut sévèiement
LOTE
blâmé par le nouvel empereur et dut prendre sa retraite. Il s'éloigna volontairement de sa patrie, s'établit à Nice et y passa les sept dernières années de sa vie.
LOTERIE (Jeux de cartes'. — C'est, sans contredit, le jeu de société le plus amusant; sa beauté consiste à admettre dix ou douze joueurs, ou davantage, et pas moins de quatre ou cinq. On prend deux jeux de cartes complets : l'un sert pour les lots de la loterie, et l'autre pour les billets. Chacun prend un certain nombre de jetons d'une valeur déterminée. Les conventions faites, chacun met les jetons qu'il a pour sa prise dans une corbeille placée au milieu de la table. Deux des joueurs, n'importe lesquels, prennent chacun un jeu de cartes; après avoir bien battu les cartes, et les avoir fait couper par les joueurs de leur gauche, un des joueurs distribue une carte à chaque joueur : toutes ces cartes doivent rester couvertes, et on les appelle les lots; ensuite, on distribue sur ces cartes tous les jetons des enjeux, en observant qu'il y en ait de plus gros les uns que les autres, et d'en mettre d'égaux le moins qu'on pourra. Celui qui a l'autre jeu de cartes en distribue une à chacun : on les appelle les billets. Ensuite, on tourne les lots, et chaque joueur regarde si sa carte est conforme à quelques unes de celles qui composent les lots; c'est-à-dire, que s'il retournait un valet de trèfle, une dame de cœur, un as de pique, un huit de trèlle, un six de carreau, un quatre de cœur, un trois de pique et un deux de carreau, qui seraient les lots, celui ou ceux qui auraient leur carte pareille à une de celles-là, emporteraient le lot marqué sur cette carte. Si tous les lots ne sont pas gagnés, les deux joueurs chargés de la distribution ramassent les cartes de leur jeu et recommencent, après avoir mêlé de nouveau, à les distribuer comme auparavant : on étale les lots et on les tire avec les billets. Cette manœuvre dure jusqu'à ce que le fonds de la loterie soit tout tiré. Lorsque la partie dure trop longtemps, au lieu de ne donner qu'une carte pour billet à chaque joueur, on en donne deux, trois, ou quatre à chacun, l'une après l'autre : la grosseur des lots contribue beaucoup aussi à terminer rapidement une partie. Une autre manière non moins amusante de jouer à la loterie, est la suivante : il y a toujours deux jeux de cartes entiers et chaque joueur, muni de plusieurs jetons d'une valeur déterminée, en dépose un ou plusieurs à la corbeille. L'un des joueurs, n'importe lequel, prend un jeu, et le tenant des deux mains pour le développer en éventail, fait tirer au hasard cinq cartes à un autre joueur. Ces cinq cartes, qui ne doivent être vues de personne, sont déposées sur la table, faces en dessous, l'une au milieu, les quatre autres formant la croix autour d'elle. Alors on distribue entre ces cartes les enjeux déposés dans la corbeille, de manière que la carte du milieu ait le gros lot et que chacune des autres cartes ait un lot différent. Quand la partie est engagée entre des jeunes enfants, on peut remplacer les jetons par des dragées, des pralines, des macarons, des petits fours variés ou des sucreries quelconques. Après cela, le joueur qui a fait tirer les cartes du premier jeu prend l'autre jeu, le bat, le fait couper à sa gauche et distribue, en partant de sa droite, toutes les cartes, une à une, de manière que chaque joueur en ait le même nombre. Si, au dernier tour, il en reste une ou plusieurs que l'on ne pourrait distribuer sans détruire l'égalité de nombre, on les fait tirer au sort ou on les met aux enchères pour augmenter la valeur des lots. Chacun pose ses cartes à découvert devant soi et la personne qui dirige le jeu, retournant les cinq cartes sur lesquelles on a déposé les enjeux, octroie les lots aux différentes personnes qui ont la bonne fortune de posséder une ou plusieurs cartes semblables à celles des lots.