MEND
scr lesquelles le Mélographe (V07-. ce moipius haut) a imprimé les indications fournies par les mouvements des touches d'un clavier. Ces bandes de papier, placées dans le mélotrope, servent à jouer de nouveau les morceaux dont elles sont la représentation. L'exécutant n'a qu'à installer l'instrument sur un clavier et à tourner une manivelle.
MENDICITÉ. — Econ. sociale. Nous avons déjà fait connaître les moyens répressifs employés légalement contre la mendicité (voy. au "Dictionnaire, t. IV, p. 21), et nous avons encore parlé de cette plaie sociale, dans le présent Supplément, au mot Assistance. Nous croyons utile de reproduire ici quelques considérations publiées dans le Journal officiel du 15 mars 1890, et qui émanent de M. L. Herbette, directeur du service pénitentiaire au ministère de l'intérieur : « Que l'on se garde de confondre la mendicité, exploitation voulue de la charilé publique, avec la misère qui est toujours involontaire, qui peut êtreimméritée et même honorable, qui peut faire des mendiants par accident ou par nécessité, mais qui n'implique et ne justifie jamais la mendicité professionnelle. Pour nous borner au domaine pénitentiaire, c'est sur cette dernière seule que nous voudrions insister. 11 n'existe que trop d'individus, adonnés à la mendicité, qui auraient pu et qui pourraient échapper à la misère... Ne nous dissimulons pas l'étendue de ce mal que la charité, réduite à ses propres forces, alimenterait plutôt que de l'étouffer : la mendicité et le vagabondage qui font métier de la misère. Il faut bien que l'autorité publique veille sur ce foyer de corruption, où les femmes et les enfants ne tombent qu'eu trop grand nombre, et ainsi surgit la question de la répression. Mendier constitue une industrie, un artdontles procédés sont multiples, et c'est dans les grandes villes, surlout à Paris, qu'on peut en apprécier toute l'ingéniosité. Veut-on un léger échantillon des moyens usuels et classiques par lesquels on mendie à Paris? — Par lettre, par suppliques ou sollicitations écrites, qui sont portées à domicile et dont on vient chercher la réponse, c'est-à-dire le produit. — Par rencontre, c'est-à-dire en attirant l'attention des passants dotés d'argent et de commisération par le spectacle de souffrances plus ou moins effectives. Les infirmités, les maladies, les blessures, les grossesses, les enfants, vrais ou faux, sont ici de bon profit. — Par conduite, eu suivant dans la rue les gens que l'on essaye d'apitoyer au récit de lamentables épreuves. — Par stationnement, dans les promenades, sur un banc, près d'un monument fréquenté, avec conversations et confidences, s'adressant à de bonnes âmes sur des calamités extraordinaires. — Par tournées, dans les maisons, les établissements, les boutiques où sont faits des aumônes et des dons en nature. — Par camclotage, en offrant à vendre des objets sans valeur, que l'acheteur paiera sans les prendre, afin de se débarrasser des importunités. — Par colportage, en présentant à domicile des objets ou marchandises qui ne sont qu'un prétexte à sollicitations. — Par visites, chez des marchands dont la générosité est spontanée ou provoquée. — Par station dans les églises, en faisant un appel muet ou suppliant à la charité des fidèles, et par présence aux offices. — Par service de voitures (ouverture des portières, etc.). — Par musique ambulante (chansons et instruments). — Par assistance aux solennités (mariages, concerts, réceptions, etc.). — Par simulation d'accidents (crises ou maladies subites dans un lieu public, etc.). — Par demandes de dons en nature (objets d'habillement et autres, destinés à parer au dénuement qu'on étale, et revendus avec empressement). Car il y a dans Paris de singuliers comptoirs où un chapeau, un gilet se vend 15 centimes; un pantalon, 50 centimes ; un paletot, 1 franc. — Parmi les causes qui
MERÏ
amènent à la basse mendicité tant de femmes ou de jeunes filles, on relève surtout : les exemples de paresse, de désordre et de vice donnés dans l'entourage ou dans la famille, et plus encore l'absence de famille, l'isole ment; une première faute mal réparée, une condamnation encourue; la fainéantise, la débauche, la prostitution, le proxénétisme et l'ivrognerie. Et combien d'autres causes s'ajoutent à celles-là, surtout pour les hommes I l)e la vie de mendicité que peut-il sortir, sinon l'égoîsrne grossier, le mensonge et l'hypocrisie, la perte de toute dignité et l'altération du sens moral ; l'envie et la haine contre tous ceux qui produisent: les appétits brutaux, l'abaissement aux plus abjectes jouissances; la fréquentation des lieux les plus ignobles; la recherche de l'oubli dans l'alcoolisme; l'anéantissement graduel de la conscience, l'habitude de toutes les promiscuités, l'acheminement insensible, à tout ce qui est bas et vil, y compris les pires méfaits, sauf abstention des crimes et délits qui seraient trop dangereux pour leur auteur. Car nombre de misérables ne s'abstiennent de culpabilité qtlô par lâcheté. Il est donc permis de ne pas s'abandonner à une générosité attendrie pour les mendiants qui déshonoreraient la pauvreté si l'on ne savait les reconnaître. Le discernement et les distinctions qu'exige l'intérêt même des vrais pauvres ne peuvent guère s'exercer sans les moyens d'enquête et d'information précise dont dispose l'autorité publique. — Certes, c'est à bon escient que nos lois ont voulu réprimer la mendicité professionnelle, bien qu'elles n'aient pas fourni les meilleurs procédés, et bien que l'emprisonnement n'ait pas d'effets suffisants. » Nous ajouterons à ce qui précède une observation que nous avons déjà faite plus haut, en parlant de la libération conditionnelle (voy. Libération), c'est que le régime auquel sont soumis, dans les prisons, les mendiants de profession qui ont été condamnés à la peine de l'emprisonnement, ne les effraye pas autant que la nécessité du travail. 11 faut donc que la peine infligée soit de nature à corriger ces condamnés. L'internement cellulaire, plus ou moins mitigé, et le travail rigoureusement obligatoire produiraient, en France, les bons résultats que l'on en obtient ailleurs, et l'on ne serait plus la dupe d'une fausse philanthropie, qui accorde à des coupables une existence plus douce que celle que doivent subir les soldats de notre armée. Ch. Y.
MENEHILDIEN, IENNE s. etadj. De Sainte- Menehouid; qui appartient à cette ville ou à ses habitants.
MERCANTI s. m. Marchand (dans les Echelles du Levant). — Pop. Tripoteur.
MÈRE s. f. Bot. Toute plante dont on multiplie la race par des boutures, des marcottes ou qu'un destine à porter graine. — Hortic. Toute grosse branche portant des rameaux à fruits.
MERGULE s. m. (lat. mergula. nom d'une espèce d'oiseau palmipède). Ornith. Genre de palmipèdes plongeurs, tribu des plongeons. On dit aussi Guillemot. Le mergule nain {mergullus allé), est une espèce extrêmement rare sur nos côtes. Le mergule nain habite les régions polaires des Deux-Mondes. Il est de passage irrégulier sur nos côtes maritimes, où il se montre quelquefois dans les hivers rigoureux ou après un ouragan. On le rencontre mort ou mourant sur les plages après une tourmente. Il niche dans les trous de rocher, pond un seul œuf gris azuré ou vert sale très clair, le plus souvent sans taches ou quelquefois avec de petites taches rougeàtres au gros bout.
MÉRITHALLE s. m. (gr. meros, partie; lhallos, rameau). Bot. Entre-nœud, espace
MESU
compris sur un rameau, entre une feuille e! celle qui lui est ou inférieure ou superposée,
MERV, oasis de l'Asie centrale, située à peu près à moitié chemin entre Boukbara, Méched et Khiva. Autrefois la ville de Merv, aujourd'hui en ruines, était laineuse pour son étendue, sa magnificence et sa prospérité. (Voy. Merv, dans le Dict.) L'oasis mesure environ 4,000 kil. carr. et renferme une population de 2a0.000 Turcomans.il n'y a plus de ville de Merv proprement dite; mais on donne ce nom à toute l'agglomération des habitations de l'oa i iur de Merv, le territoire ne forme pas un désert dans le sens ordinaire du mot; il se compose d'un sol argileux qui serait riche et fertile si l'eau n'y Faisait défaut. Les Russes, qui occupent le pays depuis 1882, ont rapidement élargi l'aire cultivable par de grands travaux d'irrigation el ils y ont introduit la culture du coton américain. Le chemin de fer transcaspien, qui doit reunir la mer Caspienne à l'Amou-Daria, fut termine jusqu'à Merv, en juillet 1880. De ce point, les H usses surveillent la Perse et menaeenl l'Inde anglaise. Les Turcomans de Merv sont considérés comme les cavaliers les plus braves et les mieux montés qu'il y ait dans l'Asie centrale.
MERVEILLES DU MONDE (Les sept), titre d'un ouvrage attribué à Philon de Byzance, qui vivait dans le u" siècle av. J.-C et qui a écrit un traité sur la mécanique. Ce titre devint une expression proverbiale, mais pendant des siècles on ne fut pas d'accord sur sa véritable signification. Le seul manuscrit connu de l'ouvragequi y est relatif fut enlevé à la bibliothèque du Vatican et porté à Paris pendant le règne de Napoléon I8r. Son dernier chapitre est perdu et l'avant-dernier est mutile. Cet ouvrage avait été édité pour la première fois par Allatius, avec une traduction latine (Rome, 1640); la meilleure édition est celle d'Orelli (Leipzig, 1816). Les sept merveilles qui y sont énumérees et décrites sont : 1° les jardins suspendus et les murailles de Babylone; 2° les Pyramides d'Egypte; 3° la statue de Jupiter, par Phidias, a Athènes; 4° le Colosse de Rhodes ; 5° le Phare d'Alexandrie : 6° le Temple de Diane, à Ephèse; 7° le Tombeau de Mausole, à Halicarnasse. — Le dernier chapitre du manuscrit traitait du Mausolée; le chapitre mutilé s'occupait du Temple de Diane. Dans quelques enuinérations, le Palais de Cyrus, qui était, dit-on, cimenté avec de l'or, est substitué au Phare d'Alexandrie. — Les monuments dont nous venons déparier sont quelquefois appelés les sept merveilles de l'antiquité, parce qn'il en existe une autre liste dite des sept merveilles du moyen Age, savoir : 1° le Colisée a Rome; 2° les Catacombes d'Alexandrie; 3° la Grande Muraille de Chine; 4° le Temple druidique de Stonehenge (Angleterre); 5» la Tour penchée dePise; 6° la Tour de porcelaine de Nankin; 7° la Mosquée de Sainte-Sophie, à Constantinople.
MÉS0PHYLLE s. m. (gr. mesos, qui est au milieu; pliullon. feuille). Bot. Partie charnue et interne du tissu d'une feuille. On dit ordinairement PARENCHYME.
MESURE. — Mesure des surpaces planes.
Pour obtenir la surface du carré, multipliez le côté par lui-même; du rectangle, du parrallélogramme, du losange, multipliez la ; par la hauteur; du trapèze, multipliez la teur par la moitié du produit de l'addition des deux bases; des triangles, mulliplt i hauteur par la moitié de la base; des po! lies irréguliers, divisez-les en triangles dont vous mesurez les surfaces, le total de ces surfaces réunies exprime la surface du polygone; du cercle, multipliez le carré du rayon par 3 14159; de l'ellipse totale, multipliez les 2