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domicile, et s'il l'y établit dans l'année, a compter de l'acte de sa soumission, il peut réclamer la qualité de Français par une déclaration qui est enregistrée au ministère de la justice et qui est reçue par les agents diplomatique ou consulaires de France à l'étranger.Les enfants mineurs d'un père ou d'une mère survivante qui se font naturaliser, deviennent Français de droit, à moinsque, dans l'année qui suit leur majorité, ils ne déclinent cette qualité. La nationalité française peut encore être répudiée, dans l'année de leur majorité, par les enfants qui sontdevenusFrançaisparl'ellet de la réintégration obtenue par décrelpendant leur minorité, parleur père ou leur mère, lesquels, après avoir perdu la qualité de Français, l'avaient recouvrée sur leur demande. Perdent la qualité de Français: 1° le Français naturalisé à l'étranger; mais s'il est encore soumis aux obligations du servi ce militaire pour l'armée active, la naturalisation à l'étranger ne lui fait perdie la nationalité française que si elle a été autorisée parle gouvernement français ; 2° le Fiançais qui a décliné cette qualité dans les cas cidessus rapportés ; 3° celui qui, ayant accepté des fonctions publiques conférées par un gouvernement étranger, les conserve nonobstant l'injonction du gouvernement de les résiguer dans un délai déterminé; 4° le Français qui, sans autorisation du gouvernement, prend du service à l'étranger, et ce sans préjudice des lois pénales concernant celui qui se soustrait aux obligations de la loi militaire; 5° la femme française qui épouse un étranger. Les Français qui recouvrent cette qualité après l'avoir perdue, acquièrent immédiatement tous les droits civils et politiques, même l'éligibilité aux assemblées législatives. Les descendants des familles proscrites lors de la révocation de I'édit de Nantes peuvent toujours bénéficier des dispositions de la loi du la décembre 1790, c'est-à-dire qu'ils peuvent, en établissant leur origine, obtenir par décret la nationalité française. Cette faveur est encore quelquefois invoquée ; et l'on cite comme exemple récent la réintégration de M. Cherbuliez, décrétée au moment où il lut admis à l'Académie française. Les déclarations souscrites, soit pour acquérir, soit pour répudier la qualité de Français, sont reçues par le juge de paix du canton (et non plus par le maire de la commune) où réside le déclarant. Elles peuvent être faites par mandataire, en vertu d'une procuration spéciale et authentique. Elles sont dressées en double exemplaire sur papier timbré, en présence de deux témoins; et elles doivent être appuyées de toutes les justifica- '• tions nécessaires. En cas de résidence à l'étranger, ces déclarations sont reçues par les agents diplomatiquesou par les consuls (Décr. 13 août 1889). — Les bons effets de la loi du 26 juin lbb'J ne se sont pas fait attendre. Le bénéfice de la nationalité française conféré à tous les individus nés en France et qui y sont domiciliés à l'époque de leur majorité, n'a été déclinée que par un très petit nombre. La moyenne annuelle des naturalisations était de 662; elle a atteint en 1890 le nombre de 7.297. En outre, 4.174 individus majeurs, dont 3.372 femmes ont été, pendant iamême année, réintégrés dans la qualité de Français;et4.077 enfant? mineurs se sont trouves naturalises par l'effet des mêmes admissions. Les déclarations faites en 1890 devant les ju^es de paix pour acquérir la nationalité française, se sont élevées au cbillre de 3.131, parmi lesquelles on en compte Î.IJSG émanant de Belges et 633 d'Italiens. Les déclarations ayant pour but de répudier la nationalité française n'ont pas excédé 4S6. En Algérie, le nombre des naturalisés n'a été, en 1890, que de 1.267. Ca. Y.
NATURALISATION. - Législ. La loi du 26 juin 1889, dont nous avons déjà parie plus baul (voy. Nationalité), a modifié profondément la législation antérieure sur la naturalisation. Voici quelles sont les principales dis-
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positions introduites par cette loi et par le décret du 13 août suivant qui la complète : 1° l'étranger qui a été autorisé par décret à fixer son domicile en France, peut être naturalisé après trois ans de ce domicile, à dater île l'enregisUement de sa demande au ministère de la justice; l'effet de celte autorisation de domicile cesse à l'expiration de cinq années, si l'étrangerne demande pas la naturalisation, ou si sa demande est rejetôe ; 2° les étrangers qui justifient d'une résidence non interromque pendant dix années; ils peuvent être naturalisés sans être tenus à la formalité préliminaire de l'admission à domicile; 3e l'étranger qui a été admis à domicile peut-être naturalisé après un an, s'il a rendu des services importants à la France ; 4° la même faveur peut être accordée aussi après une année de domicile autorisé, à l'étranger qui a épousé une Française ; 5° les enfants des étrangers naturalisés sont, durant leur minorité, naturalisés eux-mêmes avec leurs parents. Après leur majorité, ils sont dispensés du stage, s'ils forment leur demande de naturalisation en même temps que les parents. — L'étranger naturalisé jouit de tous les droits civils et politiques attachés à la qualité de citoyen français. Néanmoins, il n'est éligible aux assemblées législatives que dix ans après le décret de naturalisation. — Nous croyons utile de donnerici le détail des pièces qui doivent être produites à l'appui des demandes de naturalisation, suivant les prescriptions du décret réglementaire du 13 août 1889. — L'étranger qui veut obtenir son admission à domicile en France, doit adresser au ministre de la justice une demande accompagnée de son acte de naissance et de celui de son père, de la traduction de ces actes s'ilssonten langue étrangère, ainsi que d'un extrait du casier judiciaire français. — Celui qui veut obtenir sa naturalisation doit, dans tous les cas, adresser au ministre une demande, à laquells il joint son acte de naissance, un extrait du casier judiciaire et, s'il y a lieu, son acte de mariage et l'acte de naissance de ses enfants mineurs. Les demandes doivent toujours être rédigées sur papier timbré. Dans les cas où les intéressés ne pourraient se procurer les actes de l'état civil dont la production est exigée, ces actes sont suppléés au moyen d'un acte de notoriété délivré par le juge de paix sur la déclaration de sept témoins. L'étranger qui, ayant épousé une Française, veut obtenir la naturalisation après une année de domicile autorisé, doit produire à l'appui de sa demande l'acte de naissance de sa femme. L'étranger qui sollicite la naturalisation immédiate, après une résidence non interrompue pendant dix ans, doit joindre à sa demande des documents ou certificats constatantqu'il réside actuellement en France et depuis dix années au moins. Enfin la femme et les enfants majeurs d'un étranger qui demandeà devenir Français, doivent, s'ils désirent obtenir eux-mêmes cette qualité sans condition de stage, joindre leur demande de naturalisation à celle faite par le mari, le père ou la mère. Ch. Y.
NAUDET (Aimé), poète et fabuliste français, né. a Saint-Denis-du-Purt (Seine,et-.\Iarne), en 1785, mort en 1847. Il fit les campagnes de l'Empire en qualité d'officier supérieur, et fut nommé maréchal de camp en 1843. Son recueil de huit fables, publié en 1829 (i vol. in-13), est spirituel et composé avec naturel. Plusieurs de ses fables sont imitées de l'espagnol, de l'italien, de l'anglais et du russe. Naudet a composé en outre une comédie intitulée: La ■nie chez M™ de la Sablière (1 acte vers, 1821), et une Epilre à Molière (1818, in-8°).
NAUND0RFF-I (Charlss-Guillaume\ l'un des prétendus Louis X. VII, né vers 1785, mort , u, in (Hollande), le 10 aoûl 1843. Une certaine ressemblance avec le fils de Louis Ml lit supposer à quelques personnes qu'il u'était
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antre que le prisonnier du Temple, échappé miraculeusement à ses geôliers et remplacé par un enfant muet dont le décès fut légralementconstaté. Naundorff exerçait la profession d'horloger à Spandau (Allemagne) lorsqu'il se décida, en 1810, à soulever le voile qui couvrait, préLendail-il, le mystère de sa naissance, Depuis ce moment, il ne cessa de se donner comme l'héritier légitime du trône de France. Il fit même un voyage à Paris en 1833 et fut reconnu par diverses personnes. En 1836, il assigna le comte de Chambord et les duchesses d'Angoulême et de Parme devant le tribunal civil, mais il fut arrêté et embarqué pour l'Angleterre. Il se relira en Hollande, seul pays dont le gouvernement ait pris au sérieux sa prétention à une illustre origine , il y passa ses derniers jours sous le nom de Charles- Louis de Bourbon, duc de Normandie. — II (Adalbert), fils aîné du précédent, mort à Bergeu-op-Zoom, en oct. 1887. Il se faisait appeler Adalbert de Bourbon, dauphin de Fiance. Il était capitaine dans l'armée hollandaise, et légua ses prétentions à son jeune fils, cadet dans une école militaire de Hollande. Eu 1874, Adalbert Naundorfl intenta un procès au comte de Chambord. Jules Favre lui prêta l'appui de son éloquence, mais il fut débouté en première instance et en appel.
NEIGE. — La Nature (avril 1891) raconte deux curieux exemples de formation de neige. Un jour qu'il faisait très froid, un monsieur ayant marché très vite et ayant très chaud à là tête, se découvrit. Immédiatement on vit de la neige se détacher de son chapeau. A Stockholm, dans une salle où se donnait une soirée, la chaleur était si grande qu'on dut réclamer l'ouverture des fenêtres. Mais il faisait si froid dehors que les montants de lafenêtre étaient gelés. On cassa alors un carreau. L'entrée de l'air froid changea immédiatement l'air sursaturé de vapeur de la salle en tlo consdeneige, au grand ébahissement des personnes présentes.
NÉOLOGISME. — Encycl. « On se plaint de .a pauvreté de notre langue, et c'est souvent parce qu'on en ignore les ressources, on parce qu'on n'a pas le génie qui sait la rendre docile : de là ces mots nouveaux que l'on s'empresse d'adopter avant qu'une longue réflexion, un usage constant et l'approbation des bons écrivains les aient consacrés ; de là cette extension, si fautive et si dangereuse, donnée au sens de quelques termes, extension plus contraire encore à la pureté du langage que l'introduction de mots nouveaux. Peut-on accuser de faiblesse ou de pauvreté la langue dans laquelle ont écrit Bossue', Fénelon, Pascal, Boileau, Racinî, les deux Corneille, Voltaire, Rousseau, l> uffon, Del il le, etc.? Une langue qui, sous leur plume, a su prendre tous les tons, se plier à toutes les formes, peindre toutes les affections, rendre toutes les pe sées, animer tous les tableaux, toutes les descriptions ; une langue enfin qui a prêté son harmonie à Fénélon, son élégance, sa pureté à Racine et ses foudres à Bossuet, est assez riche de son propre fonds; elle n'a pas besoin d'acquisitions nouvelles. — Consultons sur le néologisme, Voltaire dans ses questions sur ['Encyclopédie au mot Langue française, nous verrons avec quelle vigueur il s'oppose à cette manie d'innover sans cesse; et certes, Voltaire n'était l'esclave, ni de la routine ni des vieux usages ; mais il a senti qu'une langue illustrée par les productions des écrivains du siècle de Louis XIV devait s'arrêter, dans la crainte, comme il le dit lui-même, que la 1 langue française, si polie, ne redevint barbare, et que l'on n'entendit plus les immortels ouvrages de ces grands écrivains j. (Giuiult-Duvivier, Préface de la Grammaire des grammaires.)
NEPENTHÈS. La feuille du népenthès de l'Inde (riepent/ies distillatoria), que l'on ren-
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contre à Ceylan, est curieuse par sa feuille, terminée par une sorte de coupe contenant de l'eau très pure, et munie d'un couvercle qui s'entrouve quand le temps est humide et se referme sous les ardeurs du soleil.
NÉVRALGIE. La chirurgie prête aujourd'hui son concours au traitement des cas rebelles de névralgie. On obtient des cures remarquables en mettant à nu le nerf malade et en exerçant surlui une violente traction : on modifie ainsi considérablement sa structure intime et, par suite, sa vitalité; l'altération que l'on produit de celte manière suffit, le plus souvent pour guérir la douleur. Avant d'en arriver à ce moyen excessif, on conseille de soumettre le nerf à l'action réfrigérante du chlorure de méthyle, qui détermine une rapide congélation des tissus et une modification des nerfs telle que le symptôme de la douleur disparaît instantanément. Mais c'e-t une opération extrêmement délicate, qui exige la main d'un médecin expérimenté. Le chlorure de méthyle est emprisonné dans un récipient; on dirige avec précaution un jet de vapeur sur la partie douloureuse, au moyen d'un robinet que l'on ouvre; les lissas rougissent d'abord, puis deviennent blancs, ils sont congelés. 11 ne faut pas dépasser ce degré, car on pourrait s'exposer à la gangrène. Il est bon d'éviter le contact direct de la peau par le chlorure de méthyle ; pour cela on se sert d'un mélange d'ouate sèche et de bourre de soie, ou l'on fait usage de tarlatane.
NICOLASNicolaievitch,-rand-ducdeRu=sie, né à Tzarkoïe-Selo, le 27 juillet (8 août) 1831, mort en avril 1891. Troisième fils du czar Nicolas 1er, il fut. comme ses frères, élevé en soldat cl entra dans l'arme du génie à l'âge de seize ans. Il lit une courte apparition en 1855 devant Sébastopot et prit part ensuite à la campagne du Caucase. Il joua un rôle beaucoup plus actif pendant le conflit Russo-Turc de 1C7-I878. Commandanten chef de l'armée russe du Danube, et secondé par des généraux comme Nepokolschitzky, Tolleben, Skobelef el Gourko, il prit l'ievna et marcha sur Constantinople, après une série de sanglantes batailles, dont nous avons parlé dans le Dictionnaire, à l'article Russo-Turque. Il fut nommé feld-maréchal et inspecteur général de cavalerie et du génie. Il épousa en 1856 la princesse Alexandra d'Oldembourg, dont il eut deux fils, mais dont il finit par se séparer, pour vivre avec une danseuse nommée Tchislova, sans cesser pour cela de rechercher les amours faciles. Il aimait beaucoup la France, et surtout Paris où, disait-il, « on peut si bien faire la noce ». Deux eulants qu'il eut de M110 Tchislova reçurent, par permission de l'empereur Alexandre II, les titres de comte et de comtesse de Thun.
NIC0L0 (Nicolas Isouard ou Isoard, dit), compositeur de musique né à Malte en 1777, mort à Paris en 1818. Il appartenait à une famille française, fut élève de Sala et de Guglielmi, vint en France en 1798 el donna 29 opéras, dont les principaux sont: le Baiser et la Quittance (1802); Michel-Ange (1802); le Mèdecin Turc (1S03); les Rendez-vous bourgeois (1807); Cendrillon (1810); le Billet de loterie; Lulli et Quinault (1812); Joconde; Jeannot et Colin (1814); Aladin ou la Lampe merveilleuse, opéra en 4 actes que la mort l'empêcha de terminer et qui fut achevé par Benincori.
NIDIFICATION. — Encycl. En octobre 1887, M. Rodolphe Rueder, propriétaire d'une fabrique d'horlogerie à Soleure, fit cadeau au cabinet d'histoire naturelle de celte ville d'un nid de fauvette bien extraordinaire, qu'il a trouvé sur un arbre de son jardin, entièrement en ressorts d'acier ; il mesure douze centimètres de long et est construitavec une adresse admirable. — Voilà un progrès dû à l'industrie moderne auquel on ne s'attendait guère.