OTOS
aux osselets, on emploie les petits os nommes astragales qui se trouvent dans l'articulation du jarret des moutons, ou bien de petits morceaux d'os ou d'ivoire taillés de manière à les imiter. La face convexe se nomme dos; la face concave est le creux; les deux autres côtés sont appelés plats. Dans les parties modernes, on emploie de quatre à huit osselets, ordinairement cinq. L'un des joueurs, désigné par le sort, prend les osselets dans sa main droite, les jette en l'air et les reçoit sur le dos de la main, mettant son adresse à en retenir le plus possible. Ayant fait passer dans sa main gauche les osselets ainsi retenus, à l'exception d'un seul qu'il jette en l'air et qu'il reçoit sur le dos de la main droite, il ramasse un à un de la main gauche, à chaque exercice de la main droite, les osselets qui, au premier coup, se sont éparpillés sur la table. Quand il les tient tuus dans la main gauche, il les 'lépose sur la table et doit les ramasserd'un seul coup pendant le temps que la droite jette et reçoit son osselet, et les laisser retomber pendant le temps d'un autre exercice de la main droite. Ayant examiné la position de chaque osselet, iï doit les retourner un à un de manière à leur faire présenter le dos, toujours pendant que la main droite agit de son côté en lançant et recevant son osselet. Tous les osselets étant dans la position voulue, il faut ensuite les retourner pour mettre les creux en dessus, et encore pour qu'ils présentent les plats. L'exercice du puits exige plus de dextérité. Le joueur, ayant débuté par laisser tomber les osselets pendant que la main droite fait sauter celui qui lui est réservé, place sa main gauche sur la table, le plat des ongles appuyé, les doigts plies, de façon que l'index et le doigt majeur se touchent par le bout et laissent entre eux, dans le milieu et dans le haut, un espace vide appelé ouverture du puits. Il s'agit, à chaque coup, de lancer l'osselet de la main droite, de ramasser, avec la même main, un des osselets, de le faire passer par l'ouverture et de rattraper, toujours, avec la main droite, l'osselet qui a été jeté. Quand tous les osselets sonttombés dans le puits, le joueur doit les ramasser d'un seul coup, pendant l'exercice de la main droite. Dans lapasse, le pouce et l'index de la main gauche, se réunissant par le bout, forment une ouverture dans laquelle la main droite doit faire passer un a un les osselets, tout en exécutanl son exercice à chaque coup. Les rafles, qui oll ent encore plus de difficultés, se composent de deux, de trois ou de quatre coups, suivant les conventions. Au premier coup, le joueur retourne du côté du plat un des osselets, avec la main gauche, pendant l'exercice de i,i main droite; au second coup, il doit en r. tourner 2; au troisième 3, au quatrième 4, dans le même espace de temps, ce qui exige une adresse peu commune. Quand un joueur manque l'un des tours, il cède sa place à son adversaire, et reprend le jeu au point où il l'a laissé quand celui-ci commet à son tour une faute.
0T0SC0PE s. m. (gr. ous, ôtos, oreille; skopeô, j'examine.) Appareil imaginé par le Dr Raltel pour éclairer l'intérieur de l'oreille. Il se compose d'un petit réflecteur elliptique R, représenté ouvert, afin de permettre de voir la petite lampe électrique à incandescence L, placée à l'un de ses foyers, et dont le réflecteur projette la lumière, par un petit orifice 0, dans l'intérieur de l'oreille. Le courant élecirique est amené à la lampe par les fils W, W, d'un accumulateur qui ne figure pas dans la gravure. Cet accumulateur fournit à la lampe une lumière de 2 bougies pour une durée de 6 heures. Une petite clef B, permet de fermer le circuit ou de rallumer la lampe à volonté. Cet appareil sert à inspecter les parties intérieures de l'oreille, quand on soupçonne qu'il s'y trouve une lésion.
OU
OUVR
Otoscope.
OU (Gramm). — Quand un verbe a deux sujets de la troisième personne unis par la conjonction ou, doit-on faire accorder ce verbe avec les deux sujets ou avpc le dernier? Les grammairiens ne sont pas d'accord. Patru, Vailly, Fabre, Marnionlel, Domergue, Lévizac et Sicard veulent que, dans aucun cas, on ne fasse accorder le verbe avec les deux substantifs ou pronoms, parce que, disent-ils, dans une phrase où la conjonction ou est employée avec deux sujets de la troisième personne, l'idée est disjonctive; dès lors le verbe n'est chargé selon le sens, que d'un sujet, l'action n'étant faite que par l'un deux; en conséquence, ils pensent que le verbe ne doit s'accorder qu'avec un seul de ces sujets, et que l'on doit préférer celui qui a été énoncé le dernier, comme fixant le plus l'attention; ainsi ils veulent qu'on rKse ; c'est le soleil ou la terre qui tourne. — C'est Cicéron ou Démosthène qui a dit cela. — La douceur ou la force le fera. — Lui ou elle viendra. Il en e.-t de même lorsque la conjonction ou est répétée: ] ou la douceur, ou la force le fera. — Cependant ['Académie n'est point d'accordavec ces grammairiens, car tantôt elle fait accorder le verbe avec le dernier sujet : c'est Cicéron ou Démosthène qui a dit cela, et tantôt avec les deux : ce sera son père ou son frère qui obtiendront cela. Les écrivains diffèrent aussi d'opinion dans cette circonstance; exemples:
Votre trouble on le mien nous ferait reconnaître.
Ttianm. Bajazet, acte II, se. t.
Seigneur, il vous est donc indifférent que nous périssions, et notre perte ou notre salut n'est plus une affaire qui vous intéresse. (Massillon, Ecueils de la Piélé). — Le bonheur ou (a témérité ont pu faire des héros; mais la vertu toute seule peut former de grands hommes. (Le même, Triomphe de la Religion). — La peur ou le besoin font tous ses mouvements. (Buffon, parlant de la souris). — Le temps ou la mort sont 7ios remèdes. (J.-J. Rousseau, la Nouvelle Heloïse). — En quelque endroit écarté du monde, que la corruption ou le hasard les jette, etc. (Bossuet, Orais fun. de la duch. d'Orléans). — En quelque endroit des terres connues que la tempête ou la colère de quelque divinité l'ait jeté, je saurai bien l'en retirer. (Fénélon, Télémaque, liv. IX.)
Ou ton sang ou le mien tarera cette Injure.
VOLTIIBS.
En sorte que, de ce qui précède, il résulte que, lorsqu'il y a deux sujets, unis par la conjonction ou, on peut faire accorder le verbe avec les deux sujets ou avec le dernier, et dire également bien : Pierre ou Paul le fera ou le feront, puisqu'on y est autorisé par l'exemple de l'Académie et par celui de beaucoup d'écrivains; mais que, cependant, V accord avec le dernier sujet parait préférable; car, outre l'autorité d'excellents auteurs, on a pour soi celle de très bons grammairiens dont l'opinion nous semble bien établie. Tout ce que nous venons de dire sur la conjonction ou s'applique à l'un, l'autvr lorsqu'ils sont unis par
cette conjonction; on dira donc l'un ou C autre vous écrira, préférahlement à vous écriront.
L'un ou L'autre fit-il une tragique fin ?
BuiLBii', satire Y!!.
Lorsque les deux sujets, unis par la conjonction ou, sont de différentes personnes, l'usage exige que la personne qui a la priorité soit placée immédiatement avant le verbe qui, dans ce cas, s'accorde avec celte personne et se met au pluriel : c'est toi ou moi qui avons fait cela; c'est lui ou moi qui avons fait cela. (L'Académie; opusc. sur la langue franc.) — Lui ou moi nous serons peut-être un jour assez heureux pour, etc. (Marnionlel). — Le roi, l'âne, ou moi, nous mourrons. (La Fontaine, fabl.I22; Wailly, p. 145; Marmontel, p. 292; Lévizac, p. 63, t. II; et Sicard, 133, t. II). — De nos jours, les grammairiens Litre, Brachet, Larive et autres, donnent la règle suivante : Le verbe, conjugué avec deux sujets unis par ou, se met au singulier si l'un des deux sujets exclut l'autre, l'action ne pouvant être soufferte à la fois que par l'un des deux. Exemples : « La paix ou la guerre sortira de cette conférence. La gaieté ou la tristesse emplira la maison ». Mais si les deux sujets peuvent concourir a l'action exprimée par le verbe celui-ci se met au pluriel, Exemple : « Le courage ou le bonheur ont pu faire des héros ». Evidemment, la paix et la guerre, la gaieté et la tri-tesse ne peuvent aller ensemble, tandis que le courage et le bonheur peuvent exister à la fois. Celte règle est donc très juste. Ou peut donc être considéré comme disjonction ou comme copulation. Dans le premier cas on met le singulier; le pluriel dans le second.
OUVRIER. — Législ. Nous avons, en plusieurs endroits de ce Supplément, résumé la législation concernant spécialement les ouvriers. (Voy. Assurance, Louage, Responsabilité, Société, Travail, etc.) En outre, la loi concernant les syndicats d'ouvriers a été analysée au Dictionnaire (t. V, p. 389). On doit reconnaître que les Parlements ont actuellement une tendance manifeste à favoriser l'ouvrier, et principalement l'ouvrier des manufactures. Celte sollicitude est certainement louable; mais on s'occupe beaucoup moins des employés de toutes sortes, ainsi que de la nombreuse famille des ouvriers agricoles. C'est sans doute parce qu'ils se plaignent moins fort que les travailleurs de l'industrie. La situation de ces derniers est, en général, plus précaire ; mais ils l'ont acceptée librement, et ceux d'entre eux qui se distinguent par leurs talents et une conduite honorable n'ont rien à envier aux autres classes de la société humaine. Voici en quels termesM. Jules Simona résumé, dansle journal le Temps du 29 juillet 1890, les avantages dont profitent aujourd'hui les ouvriers de l'industrie : «Us sont en minorité dans le monde politique. Toutes les fois qu'ils ont voulu livrer une bataille rangée, ils l'ont perdue. Mais de défaite en défaite, ils sont arrivés à un état qui vaut plusieurs victoires. Qu'ils se reportent par la pensée à cinquante ans en arrière, et ils verront de quel pas ils ont mardi''. Regardent-ils du côté de l'instruction? Ils ont l'instruction obligatoire, les cours d'adulles, l'accession aux bourses dans tous les degrés et tous les ordres d'enseignement. La capacité intellectuelle est émancipée. Regardent-ils l'atelier? On a garanti les enfants contre le travail prématuré, les femmes contre le travail excessif ou dangereux ; on a permis les coalitions et créé les syndicats, on a donné aux ouvriers le droit de surveiller eux-mêmes les conditions de leur sécurité dans les professions dangereuses ou insalubres; on a créé la caisse d épargne, la caisse des retraites; il est question d'assurer des retraites à tous les invalides du travail; les associations coooér-atives ont été organisées,
OUVR
favorisées; la participation aux bénéfices, à peine connue il y a vingt an?, se répand de plus en plus. 11 est singulier après cela de
OUVR
OUVR
voiries capitalistes, qui ont tant perdu, de- 1 tant gagné, se jeter dans les aventures, à lh mander que l'on continue a étudier pacifique- suite de meneurs irresponsables qui ne leui ment les réformes, «et les ouvriers, qui ont I ont jamais fait que du mal >. Ch. Y.
PAGN
PADODE (Ernest -Louis -Henri-Hyacinthe Adrighi de Casanova, duc de), homme politique, né à Paris, le 26 septembre 1814, mort le 28 mars 1888. Il était fils du général Arrighi, que Napoléon 1er avait créé duc de Padoue. Sorti de l'Ecole polytechnique, en 1833, il entra, le premier de sa promotion, à l'Ecole d'application, eu 1835, et devint officier du génie; mais il donna immédiatement sa démission et se retira dans ses propriétés de Courson-lès-Aulnay (Seine-et-Oise), où il vécut loin de la vie publique jusqu'à la révolution de Février. Après l'élection du 10 décembre 1848, il fut nommé préfet du département de Seine-et-Oise et y prit toutes les mesures qui lui semblèrent de nature à faciliter la proclamation de l'empire. Lors du coup d'Etat, il fut récompensé par le titre de maître des requêtes au Conseil d'Etat et le 21 mars 1853, à la mort de son père, il hérita du titre de duc de Padoue. Trois mois plus tard, il devenait sénateur. Quand éclata la guerre d'Italie, l'empereur lui confia le portefeuille de l'Intérieur (5 mai 1859). En qualité de ministre, il adressa aux préfets une note confidentielle restée fameuse, pour leur recommander de dresser une liste de suspects, comprenant « tous les hommes dangereux, républicains, orléanistes et légitimistes, et d'avoir des mandats tout prêts afin de faire opérer sans perte de temps leur arrestation en cas de besoin ». Le 15 août suivant, le duc de Padoue signa le décret d'amnistie et fit remise des avertissements donnés à la presse. Il céda son portefeuille à M. Billault, le 1er novembre 1859. Rendu à la vie privée lorsque le Sénat se fut dissous de lui-même après le « septembre 1870, le duc de Padoue ne cessa de faire de l'opposition au gouvernement républicain. L'un des directeurs du comité de i'appel au peuple, il se mit à la tête de la manifestation de Chiselhurst , le 16 mai 1874, et fut suspendu de ses fonctions de maire de Courson-lès-Aulnay. Candidat bonaparliste lors de l'élection législative partielle du 18 octobre 1874, en Seiue-et-ûise, il échoua, ainsi qu'à celle du 7 février 1875, dans le même département; mais il fut élu à Calvi (Corse), le 20 février 1876 et réélu le 14 octobre 1877. Il siégea parmi les bonapartistes, devint le président du comité de l'appel au peuple et se fil le protecteur du prince Victor, héritier des prétentions de la famille Bonaparte. Accusé d'avoir volé et d'avoir fait voter toute sa maison dans deux circonscriptions du huitième arrondissement de Paris, il vit procéajr contre lui à un commencement de poursuites.
PAGNY. — I. P.-la-Blanche-Côte, village du cant. et à 10 kil. de Vaucouleurs, arroud. et à 30 kil. de Commercy j*5ïeuse); 700 hab. — il. P. -la-Ville, village du cant. et à 8 kil. de Seurre, à 33 kil. de' Beaune (Côle-d'Or); 850