RECONNUE AU TOUCHER PARMI PLUSIEURS AUTRES
qui ne le sont pas. Le petit tour que nous allons indiquer, pour êlre encore plus simple d'exécution, peut-être, que les précédents, n'en produit pas moins un effet justement merveilleux, qui déroute les recherches des esprits les plus déliés. Voici en quoi il consiste : vous empruntez quatre ou cinq pièces de monnaie, — disons cinq, et appelons-les pièces de 2 francs, parce qu'il est nécessaire qu'elles aient l'épaisseur d'une telle pièce. Lorsque vous avez reçu vos cinq pièces de 2 francs, vous en déposez quatre sur le marbre de la cheminée (à la condition qu'il n'y ait pas de feu dans la cheminée, de peur que cela ne les fit fondre). Ensuite vous faites passer, de main en main, la cinquième, en priant une personne d'y faire une marque spéciale, et autant d'autres que vous pourrez, et de vérifier cette marque, afin de se la bien rappeler à l'occasion; car vous proposez de la reconnaître simplement au toucher, au milieu des autres qui ne sont point marquées, comme on pourra s'en convaincre tout à l'heuie, soit dans la profondeur d'une vaste bourse, soit dans le fond d'un chapeau, — et ayant, si l'on veut, les yeux bandés. Et, en effet, les cinq pièces bientôt réunies dans l'un ou l'autre des engins annoncés, vous le secouez vivement, comme un sac à boules de loto, vous y plongez votre main, et vous en tirez, sans erreur possible, la pièce de monnaie marquée. — Mais par quel moyen, me demanderez-vous? — Par un moyen bien simple : les quatre pièces déposées sur une plaque de marbre froide et la cinquième tenue pendant le même temps dans les mains chaudes des spectateurs enfiévrés, jouissent d'une température respective essentiellement différente, qui doit vous permettre de trouver à coup sûr la pièce chaude. — La pièce animée. En fixant un bout de fil, au moyen d'un peu de cire, au bord d'une pièce de 50 centimes, d'une part, et de l'autre au bout de son doigt, d'une baguette ou de tout autre instrument aussi élémentaire, il est aisé de faire faire à cette pièce toutes sortes de petits tours d'apparence merveilleuse pour les spectateurs, qui ne voient pas agir le bout de fil; notamment, de la faire sauter d'un vase en contenant plusieurs, de la faire danser en mesure, — en mesure surtout, cela se comprend, etc., etc. Nous n'avons pas à insister sur un tel moyen, qui, bien employé, produit toujours une illusion parfaite, et que l'imagination du lecteur lui permettra de mettre à profit dans mille circonstances. — La pièce de monnaie fixée sur le front. Commencez par vous munir d'un peu de cire molle que vous garderez sous votre pouce. Après cela, engagez-vous a coller si bien une pièce de 50 centimes sur le front de n'importe qui, qu'il lui sera impossible, à moins d'y porter la main, de s'en débarrasser dans le délai de cinq minutes, ajoutant que vous n'emploierez aucune substance adhésive pour l'y maintenir. Votre défi accepté, vous placez sur le front de la personne qui s'offre à subir l'expérience la pièce de 50 centimes, que vous prenez avec votre pouce enduit de cire, auquel elle tiendra nécessairement, tandis que le sentiment de pression sur le front éprouvé par votre dupe lui aura persuadé que la pièce lui est restée. Vous la laissez se secouer la tête inutilement pendant les cinq minutes spécifiées, au bout desquelles vous laissez tomber la pièce avec bruit, de manière à lui persuader qu'elle a fini par s'en débarrasser, — ce qui ne manque guère quand le tour est exécuté avec sang-froid. Vous tâchez alors de l'amener à une seconde tentative. Mais, cette fois, vous la:r\ez écouler le délai; et votre tomme, daid ce cas, fatigué de secouer la
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tête en vain, finira par porter la main à son front, et sera fort étonné de n'y point trouver la pièce de dix sous cause de son tourment.
— Faire trouver une carte dans un œuf. Vous prenez une certaine quantité d'œufs; vous introduisez dans chacun, par un trou pratiqué proprement à l'une de ses extrémités, une carte roulée. Vous observez que les cartes que vous mettez dans vos œufs marquent toutes le même point, et vous bouchez les trous avec de la cire blanche. Vous avez ensuite un paquet de cartes semblables à celles qui sont dans les œufs. Montrant alors à la société un jeu de cartes ordinaire, vous y substituez adroitement votre paquet de cartes uniformes, et le présentant à une personne, vous lui dites d'en prendre une. Après taiavoir recommandé de se rappeler quelle esteette carte, vous lui dites de la brûler à la chandelle à votre insu. Vous faisant alors porter votre corbeille aux œufs, vous lui dites de choisir celui où elle veut que sa carte se retrouve. L'œuf pris, vous 1<î brisez et vous lui montrez sa carte. — Variétés. Nous- ferons ici un choix de quelques tours exigeant des appareils spéciaux, mais tout à fait élémentaires, et d'autres pouvant s'en passer, d'une exécution facile et d'un succès certain. Nous avons déjà dit que ceux qui ne pouvaient s'exécuter qu'avec le secours d'appareils compliqués et coûteux ne pouvaient trouver place dans cet ouvrage; il est inutile d'insister sur les considérations qui nous guident dans cette occasion : nous voulons être pratiques pour tous, aussi bien dans les choses de pure distraction que dans les questions d'utilité. Voilà tout. — Les anneaux magiques. Faites faire par le premier forgeron venu un certain nombre d'anneaux de fer — nous dirons huit
— d'environ 15 à 18 centimètres de diamètre et d'une épaisseur de 6 à 8 millimètres au plus, disposés comme suit : 1° un anneau isolé ayant une ouverture oblique, bien nette, bien arasée sur le côté; 2° deux anneaux pleins et réunis, c'est-à-dire passant l'un dans l'autre sans pouvoir être divisés; 3° trois anneaux assemblés de même, également pleins; 4° deux anneaux isolés, pleins aussi, ne pouvant par conséquent, comme les assemblages de deux et de trois anneaux, être réunis qu'avec le secours de l'anneau ouvert. Lorsque vous vous disposez à exécuter ce tour, vous posez vos anneaux les uns sur les autres, de manière qu'ils paraissent distincts et séparés; les deux anneaux isolés et pleins seront par-dessus les autres, puis viendront les anneaux jumeaux, ensuite l'assemblage de trois anneaux et enfin l'anneau ouvert. Faites circuler le premier anneau plein, afin qu'on puisse s'assurer qu'il ne présente aucune préparation suspecte; ne livrez le second que si on vous le demande; et si de nouveaux curieux manifestent le désir d'inspecter vos anneaux, représentez-leur le premier après qu'il vous sera rendu et que vous aurez fait semblant de lui en substituer un nouveau. Lorsque vos deux anneaux vous ont été retournés, passez votre bras gauche dans toute la série, ou tenez-les réunis dans votre main gauche, et tout en les froissant les uns contre les autres, en faisant sauter en l'air les anneaux libres et en exécutant d'autres mouvements adroitement compliqués pour détourner et diviser l'attention des spectateurs, vous présentez enfin les anneaux doubles, qu'on ne doute point que vous venez à l'instant de réunir. Faites circuler ces deux anneaux, dont il sera impossible de contester l'indivisibilité certaine, qu'on croira cependant apparente. Quand vous les tiendrez de nouveau, vous recommencerez à froisser vos anneaux les uns contre les autres, à faire quelques simulacres appropriés ; puis vous présenterez au public les trois anneaux indivisibles. Enfin, pour ne point trop insister sur un exercice désormais compris, vous prenez l'anneau fendu et vous le réunissez ostensible-
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ment aux trois anneaux réunis à demeure, ce c<ui vous fait quatre anneaux ; vous ajoutez 1 un des anneaux isolés pleins, et vous en avez cinq. Pour réunir six anneaux ensemble, vous substituez à l'anneau isolé, habilement détaché, les anneaux jumeaux. Vous faites prendre à vos anneaux ainsi réunis toutes sortes de dispositions fantastiques, les agitez, les brassez de cent manières; vous pouvez ajouter les deux anneaux restant en les faisant glisser dans l'anneau ouvert, et cachant l'ouverture de ce dernier avec le pouce, vous pouvez encore faire circuler la chaîne entière sous les yeux des spectateurs qui, assurés que sept des anneaux réunis sont parfaitement exempts d'ouverture si mince qu'elle soit, ne songeront jamais à s'assurer que îe huitième esî dans le même cas. Ce tour est des plus amusants qu'on puisse exécul v; les opérateurs les plus ftii renom ne le dédaignent pas, malgré son grand âge, et le public le voit toujours avec un nouveau plaisir et une stupéfaction toujours nouvelle. Il peut être varié d'une foule de manières, mais surtout quant au nombre et à la disposition des anneaux. — Lu
VERRE D'ENCRE MÉTAMORPHOSÉ EN ÉTANG POISSON- NEUX et limpide. Ce tour exécuté habilement, à l'aide d'appareils fort peu compliqués, est un de ceux qui provoquent la plus complète illusion, dont ne peut se défendre même le spectateur le plus sceptique s'il n'est initie au dessous des cartes. Vous posez sur une table, devant la société, un verre plein d'encre. Vous plongez dedans une sorte de cuiller à punch dont vous versez le contenu dans une assiette, afin de prouver à tout le monde que le contenu du verre est bien de l'encre, et du plus beau noir. Alors vous déposez votre cuiller et étendez sur le verre d'encre un mouchoir. Vous avez eu soin de raconter, pendant toute la première partie de l'exécution, que dans cette encre vivait un, même deux poissons rooties au besoin, et que vous alliez le ou les découvrir dans un moment ; — ou bien que cette encre, si incontestablement noire, vous alliez la transformer en une eau limpide où s'ébattraient lesdits poissons, sans préjudice d'une foule de considérations sur l'étrangeté du fait, sur l'habileté du magicien et sur la présomptueuse incrédulité des hommes dans ces temps pervertis. Ayant posé votre mouchoir sur le verre d'encre, vous l'enlevez presque aussitôt et découvrez en effet un verre rempli maintenant d'une eau limpide où s'ébattent les poissons rouges annoncés. L'explication de ce tour merveilleux est des plus simples : le verre dont on se sert est plaqué intérieurement d'un morceau de soie noire qui adhère d'une manière complète, grâce à la pression de l'eau dont le verre est rempli et où les poissons sont déjà. La cuiller a un manche percé de part en part, et l'encre versée dans l'assiette vient de ce manche et non du verre où elle semble puisée. Enfin, si vous couvrez le verre d'un mouchoir pour changer l'encre en eau pure, c'est afin de pouvoir, en restant soupçonné de magie, enlever aisément l'enveloppe noire qui garnit le verre intérieurement. — Le chapeau inépuisable. Sous un prétexte quelconque, vous empruntez un chapeau à quelqu'un de la société. Vous renversez ce chapeau sur votre table, derrière laquelle vous passez, l'attirant sans affectation près du bord, et enfin hors de la table, mais en le maintenant à son niveau; puis vous introduisez dedans un boulet creux en lerblanc, rempli d'objets bizarres, de jouets ou de fleurs, et percé d'un trou dans lequel vous fourrez un doigt pour vous aider à faire passer le tout dans le chapeau. — Inutile de dire que ce boulet, tout préparé, attendait sur une tablette sortant de la table même, à niveuu convenable, que le chapeau vint le recueillir et l'abriter. Alors, élevant un peu le chapeau, vous cherchez à y introduire une baguette ou un objet quelconque sous prétexte d'exécu-
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1er le tour pour lequel vous l'avez emprunté, et vous paraissez tout étonné de le trouver rempli ; vous eu tirez en effet, au grand ébahissement des spectateurs, tous les menus objets renfermés dans le boulet creux, et les distribuez gracieusement. Puis vous vous disposez à rendre le chapeau, quand tout à coup sa pesanteur extraordinaire vous intrigue à ce point que vous ne pouvez résister à en interroger de nouveau le fond — d'où vous tirez, avec toute sorte d'efforts comiques, un boulet de canon ! — Le boulet dans un chapeau. Ce tour est à peu près le même que le précédent, excepté qu'au lieu d'un boulet creux rempli de riens agréables vous vous servez d'un boulet en bois blanc peint, percé, comme l'autre, d'un trou où vous fourrez le doigt pour l'introduire dans le chapeau. Pour l'exécution de ce tour, on emprunte généralement plusieurs chapeaux sous un faux prétexte ; et lorsqu'on feint de se résoudre, après une allocution bien sentie, à s'en servir pour le tour annoncé, on est fort étonné d'en trouver un incomparablement plus lourd que les autres. On le secoue pour voir ce qu'il peut y avoir dans le fond et on fait tomber sur la table le boulet de bois peint. — L'œuf qui danse. Parmi des œufs que vous venez de faire acheter, placez-en un complètement vidé (au moyen d'une piqûre d'épingle un peu grosseàchaque bout, et en humant on a bientôt fait de vider un œuf sans qu'il y paraisse). Attachez à cet œuf vide un long cheveu ou mieux un crin noir auquel vous fixerez par un bout une épingle recourbée en forme d'hameçon. Prenez une baguette, et attachez à votre vêtement l'hameçon improvisé, de manière à ce que le crin passe par-dessus voire baguette — laquelle ne pourra, en conséquence, faire un mouvement sans le communiquer à l'œuf vide. Exécuté le soir, la lumière placée entre vous et les spectateurs qui même d'assez près ne peuvent discerner le crin révélateur, ce tour produit toujours beaucoup d'effet. — Rendre hideux les visages d'une société. Faites fondre du sel et du safran dans de l'esprit de vin, imbibez-en un morceau d'étoupe et mettez-y le feu. A cette lumière, les personnes blanches deviennent vertes, et l'incarnat des lèvres et des joues prend une couleur olive foncée. L'appartement ne doit point être autrement éclairé. — Encre sympathique. Prenez trois onces d'eau forte commune, mêlées avec trois onces d'eau ordinaire. Écrivez sur du papier fort et collé. L'écriture disparaît en séchant; pour la faire reparaître, on mouille le papier. Ecrivez avec le jus de citron ou celui d'oignon ; les caractères ne paraîtront qu'en chauffant le papier au feu. — Gobelets. Pour les tours de gobelets, vous mettez devant vous une gibecière garnie de la baguette de Jacob, des muscades en liège et trois balles en drap. Pour l'exercice des gobelets, vous en tenez un du pouce et de l'index de la main gauche ; de la droite vous en jetez un autre dedans avec force, de manière à chasser le premier et que le second prenne sa place, et ainsi de suile, comme s'il passait à travers. Pour le jeu des muscades, vous placez les trois gobelets sur la table, vous prenez une muscade du pouce et de l'index de la main droite, vous feignez delà mettre dans la gauche, que vous fermez comme pour la tenir, et vous placez la muscade entre l'index et le médius de la main droite ; vous faites semblant de jeter la muscade en l'air de la gauche, vous portez la droite au nez de quelqu'un comme pour prendre la muscade que vous posez sur le premier gobelet. La seconde, parle même moyen, vous feignez de l'avaler, vous la reprenez au bout de la baguette et la mettez sur le deuxième gobelet. La troisième de même : vous feignez de la poser sur le troisième gobelet, mais vous la gardez entre l'annulaire et l'auriculaire de la main droite ; tous feignez de mettre la seconde sous son
gobelet, mais vous la placez entre l'annulaire et le médius. La quatrième de même : vous la placez entre le médius et l'index; sousprétexte de prendre la poudre pour faire disparaître les muscades, vous les remettez dans le sac, et vous montrez qu'il n'y a rien sous les gobelets. En causant avec la société, vous prenez chaque gobelet, dans lesquels vous mettez une balle avec force; en les sortant de la gibecière, vous mettez les doigts comme pour empêcher de tomber quelque chose. Vous savez, dites-vous, qu'il n'y a rien sous les gobelets; comme on ne parait pas vous croire, vous les levez, mais droits pour ne pas laisser voir les balles qui sont au fond; en les reposant, vous frappez un peu fort pour faire descendre les balles; vous prétendez, au moyen de la poudre que vous prenez dans votre sac, y faire passer quelque chose; vous levez les gobelets et vous faites voir les balles. Il faut, pour ces exercices, beaucoup' dedextérité. — Jean de la Vigne. C'est un petit bonhomme dont la tête se détache du corps : on le met dans sa robe en laissant passer la tête, ensuiLeondit: t Ce petit jeune homme a voyagé, il sait dire la bonne aventure,» et on lui fait dire oui ou non en faisant signe de la tête; puis on dit:» Dites la bonne aventure à quelqu'un de la société;» on lui ordonne de partir; comme il ne part pas, on a l'air d'écouter à l'oreille ce qu'il veut, puis on dit : c C'est juste, il n'avait pas ses papiers. » On fouille dans sa poche pour lui en donner, on met le corps dans sa poche, on fait comme si on lui donnait ses papiers, on le fait partir en coulant la tête dans la poche de la robe. On fait voir qu'il n'est pas dans la doublure, on a l'air d'écouter au cou et l'on dit : « Cependant il y est encore, je l'entends.» On le fait reparaître et on lui demande pour quelle raison il n'est pas parti. 11 n'avait pas d'argent. C'est juste. On fouille à la poche, et reprenant le corps que l'on rajoute à la tête, on fait semblant de lui en donner, on le fait sortir, et la société est fort étonnée de ne pas savoir où il a pu passer. — Boites aux graines. Ce tour se fait avec deux boîtes ayant chacune un compartiment ; dans l'une vous mettez le riz dans le corps et le café dans le compartiment. Vous remplissez l'autre appareil en sens inverse. Prenez deux assiettes, mettez vos deux boites sur la table et leurs couvercles à côté de chaque boite, versez le riz dans une assiette et le café dans l'autre, ensuite remettez le riz et le café dans leurs places primitives, en ayant soin de laisser quelques grains dans chaque assiette pour que l'on reconnaisse qu'il n'y a pas eu de changement; vous prenez une boile de chaque main et, croisant les bras, vous faites un tour sur vous-mêmes; en ouvrant les bras et revenant en face, vous les replacez sur la table. La société s'écrie : » Les boites ont été changées. • Vous lui prouvez le contraire en ouvrant le compartiment et lui montrant que rien n'est changé; vous commandez aux boites de changer leur contenu, vous ouvrez les boîtes et la sociélé est étonnée de voir que tout a disparu. — Boites jumelles. Ces boites sont exactement semblables; dans l'une est un morceau de cuivre qui, en remuant, fait un bruit comme ferait une pièce de monnaie; eu appuyant sur le bouton de cette boite, on rend le morceau de cuivre immobile. Ces boîtes s'ouvrent toutes deux au troisième filet. Pour faire ce tour, vous montrez la boite vide, vous empruntez une pièce qui puisse remuer dans la boite, et vous priez qu'on la mette dedans : puis vous y substituez adroitement celle où est le morceau de cuivre, afin qu'en remuant la boite on pense que la pièce y est toujours. Invitez quelqu'un à nouer la boite dans un mouchoir, et, sous prétexte de vous assurer que la pièce est bien dedans et la boite bien attachée, appuyez sur le bouton pour rendre le morceau de cuivre immobile ; tout en parlant, vous retirez de la
boîte que vous avez la pièce que l'on vous a confiée, et vous l'introduisez dans un objet à votre portée, tel qu'un gâteau ou toute autre chose; alors vous proposez de faire passer la pièce dans cet objet, vous priez quelqu'un de regarder et on retrouve la pièce; vous montrez alors que la boite que la personne tenait est vide. On peut employer une bague ou tout autre objet qui puisse remuer dans la boite.
— DlVISliH UNE PIÈCE DE MONNAIE EN DEUX. Posez
sur trois clous d'épingle enfoncés dans un morceau de bois, une petite pièce de monnaie de cuivre. Mettez du soufre dessus et dessous, et allumez-le. Lorsque le soufre est consumé, on trouve ordinairement cette pièce divisée en deux parties égales selon son plan, sans que l'empreinte soit altérée d'aucun côté, excepté que sur l'un elle est en creux au lieu d'être en relief. — Défaire le nœud d'un mouchoir. Faites un premier nœud à un mouchoir sans le serrer, en observant de porter le bout que tient la main gauche derrière celui que tient la main droite. Faites un second nœud en suivant la marche contraire; c'est-à-dire, en portant le bout que tient la main gauche derrière celui que tient la main droite ; et serrez fort en tirant le bout B, et la partie C. Comme B et C appartiennent a un même côté du mouchoir, on ne peut tirailler ainsi sans leur faire perdre la forme tortueuse que le nœud leur avait donnée. Le côté A et D fait autour de l'autre pointe du mouchoir, un nœud coulant. On enveloppe ce nœud dans le milieu du mouchoir, on le fait glisser avec le pouce et l'index, et l'on dégage entièrement la partie B et C. En cet état, la forme du nœud parait encore à travers le mouchoir; on le fait toucher pour qu'on s'assure qu'il existe toujours. Puis on secoue le mouchoir, et le nœud disparaît. — Le clairvoyant. Voir à travers les murailles était, d'après les fables antiques, l'apanage du lynx. Nous avons aujourd'hui des personnes aussi bien douées qui devinent, d'une manière merveilleuse, au grand ébahissement des spectateurs, l'objet que nous touchons du doigt ou que nous tenons dans la main. Disons, de suite, que toute la magie consiste à poser la question d'une certaine manière. Sur les théâtres de la foire, le magicien ajoute à l'illusion en faisant semblant de magnétiser un sujet et en lui bandant les yeux avec un mouchoir, avant de lui poser des questions dans un ordre convenu. Mais pour les jeux de société, les passes et les manœuvres du magnétisme seraient superflues; il suffit de faire passer le sujet dans la pièce voisine; on peut, au besoin, pour surcroît de précaution, lui bander les yeux. Après quoi, le magicien de la société pose au sujet une série de questions, dans le genre de) suivantes, en supposant que le mot et soi! pris pour elef : — D. Vous souvenez-vous bien de l'ameublement de la chambre dans laquelle nous nous trouvons et que vous venej de quitter? — R. Parfaitement. — D. Vous rappelez-vous quelle est la couleur des fauteuils? — R. Oui. — D. Connaissez-vous la garniture delà cheminée? — R. Très bien. — D. FA le guéridon? — R. Egalement. — D. Le tableau de droite? — R. Oui. — D. Celui de gauche? — R. Oui. — D. Le secrétaire? — R. Oui. — D. Les rideaux? — R. Oui. — D. Alors, vous connaissez bien tout l'ameublement? — R. Tout. — Dites-moi donc, je vous prie, ce que je louche du bout du doigt? — R. Vous touchez le guéridon. Tout le monde est émerveillé. Pendant que le clairvoyant est si bien disposé, on prie un assistant de prendre dans sa main un objet quelconque, à son choix. Supposons que l'assistant tire une pièce de cinquante centimes de son porte-monnaie et la tienne dans son poing hermétiquement fermé. Le magicien pose ainsi les questions, étant donné que les mots ou bien servent de clef convenue. — D. Pourriez-vous deviner ce que monsieur ou madame tient dans sa
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main? — R. Je le puis. — D. Serait-ce, parj hasard, son chapeau? — R. Non. — D. Un mouchoir? — R. Pas davantage. — D. Un livre? — R. Vous n'en approchez point. — 1). Un couteau? — R. Non. — D. Un porteplume? — R. Rien de tout cela. — D. Ne serait-ce pas une feuille de papier? — R. Vous en êtes loin. — D. Ou bien une pièce de monnaie? — R. Vous y êtes, c'est une pièce de monnaie. — D. Pourriez-vous nous dire quelle est cette pièce de monnaie? — R. Certainement.
— D. Est-ce une pièce de vingt francs? — R. Non. — D. Un centime? — R. Non. — D. Une pièce de deux francs? — R. Non. — D. Alors ne serait-ce pas une pièce d'un franc?
— R. Non. — D. Ou bien une pièce de cinquante centimes? — R. Cette fois, vous avez dit juste; c'est une pièce de cinquante centimes.— Le clairvoyant peut-il devinerunmot, pensé par un spectateur? Pourquoi pas? puisque l'on n'a qu'à lui poser la question d'une certaine manière. Supposons que, dans ce cas, il soit convenu que le mot pensé viendra après le nom d'un quadrupède quelconque, voici comment on procède. On demande à une personne de penser un mot; cette personne répond, par exemple : « Je pense le mot journal », et aussitôt commence l'interrogatoire. — « Le mot pensé est-il le nom d'un arbre? — Non. — Celui d'un pays? d'une ville? d'un homme? d'une femme? d'un palais? d'une étoile? d'une mer? d'un instrument de musique? d'un oiseau? d'une reine? d'un lleuve? Le clairvoyant répond toujours : c non ». Quand on veut lui faire dire oui, il suffit de poser ainsi la question : c A-t-on pensé le mot lapin? — Vous plaisantez, répond le clairvoyant; » mais entendant nommer un quadrupède, il sait que le mot pensé sera prononcé à la question suivante : € A-t-on pensé le mot journal. — C'est journal, que ne disiez-vous tout de suite ce mot-là. » — Deviner un mot. — Convenez avec votre confident, que lorsque vous frapperez un coup, cela désignera la lettre A; que si vous en frappez deux, ce sera la lettre B, et ainsi successivement des autres lettres de l'alphabet. Après cette convention préparatoire, demandez s'il y a quelqu'un dans la compagnie qui ne craigne pas les revenants et les apparitions, et qui veuille passer pour un quart d'heure dans une chambre voisine, et y rester dans l'obscurité. Si une personne autre que votre compère répond affirmativementà la question employez toute votre éloquence pour l'en détourner; dites lui que si elle ne se sent pas beaucoup de courage, vous ne lui conseillez pas de s'exposer à l'épreuve que vous lui préparez. Si ce moyen ne vous parait pas propre à faire impression sur tous les individus qui composent la compagnie, employez-en un autre qui est infaillible : souriez d'un air malin et de manière à faire soupçonner que celui qui s'offrira doit être la victime de quelquesunes de ces espiègleries dont personne n'aime à faire les frais. Enfin cherchez par tous les moyens que votre esprit vous suggérera, à ne trouver de la bonne volonté que dans votre second; encore, doit-il s'offrir de manière à ne pas faire remarquer de connivence avec vous. Ce premier point obtenu, conduisez-le lans la pièce voisine; entourez cette céithno nie de l'appareil le plus imposant qu'il vous sera possible. Ne lui laissez qu'une lampe que vous couvrez avec un vase. Revenez dans la chambre où l'on est réuni. Présentez un papier et de la craie rouge à la compagnie, et demandez qu'on y écrive à volonté le nom d'une personne décédée qui soit connue de la personne enfermée dans la chambre. Prenez ce papier, brûlez-le à la chandelle, mettez-en la cendre dans un mortier, et mêlez-y d'un air sérieux une poudre quelconque dont vous aurez eu soin de vous munir. Cela fait, vous frapperez rapidement avec le pilon, sur les parois intérieures de votre mortier, ce qui sera
pour votre confident le signal d'attention. Ensuite, si le nom est, par exemple, Marie, vous frappez d'aplomb onze coups, la lettre m étant la onzième de l'alphabet, et vous renouvelez le signal d'attention; vous en faites de même pour chaque lettre de ce nom; c'est-àdire que vous frappez un coup pour a, dixsept pour r, neuf pour i, rinq pour e, observant bien de faire le signal d'attention entre les coups de chaque lettre. Votre confident, qui a su découvrir la lampe, prend note avec un crayon des coups que vous frappez; et par ce moyen il sait aussi bien que vous quel est le nom qui a été écrit à son insu. S'il est bon comédien, il doit produire alors sur la compagnie une illusion parfaite. Il rentre précipitamment, l'œil égaré, se jette sur un fauteuil et s'écrie d'une voix entrecoupée : t J'ai vu... J'aivu mademoiselle Marie.» — Si l'on ignorait quelle personne décédée peut être connue du confident, on pourrait y substituer toute autre espèce de nom, tel que celui du Diable, de la Mort, etc., etc. — Cadran magique. Figurez un cadran semblable à celui d'une montre. Dites à une personne de vous indiquer une desbeuresquelconques dece cadran ; ajoutez douze au nombre que marque cette heure. Annoncez-lui ensuite que vous allez deviner l'heure qu'elle déterminera secrètement pour se lever le lendemain. A cet effet, dites-lui de compter tout bas la somme des nombres ci-dessus, en rétrogradant, à partir du point indiqué par elle sur le cadran, et en commençant par le nombre de l'heure qu'elle a choisie à part soi pour son lever. Elle s'arrêtera précisément sur la dernière de ces heures. Supposez qu'elle ait indiqué 7 sur le cadran, et qu'elle ait déterminé à 9 heures l'époque de son lever. A 7 vous ajoutez 12. cela fait 19. Si, en commençant par 7, elle compte à reculons jusqu'à 19, elle finira de compter sur 9. — Deviner une phrase. Mêlez du noir de fumée avec un peu de savon noir ou de suif; frottez légèrement d'un côté un carré de papier avec cette composition , essuyez bien ce papier jusqu'à ce que la peinture ne tache point en la touchant du doigt. Appliquez de même sur un carré semblable un mélange de suif et de sanguine, ou crayon rouge. Ayez un porte feuille de la grandeur de vos carres de papier, et recouvert d'une enveloppe mobile dcsatin noir, bien tendue. Glissez les carrés sous chaque côté de cette enveloppe, en tournant en dessous la surface enduite, et en observant, à l'aide d'une légère marque extérieure, de quel côté se trouve le rouge, et de quel côté est le noir. Vous posez ensuite entre eux et le portefeuille deux morceaux de papier blanc de même grandeur. Le tout ainsi disposé, vous priez une personne d'écrire avec un crayon rouge ou noir, à son choix, une phrase quelconque sur un papier que vous lui présentez, et sous lequel vousplacez sans affectation votre portefeuille, en tournant en haut le papier de la couleur analogue à celle du crayon qu'elle a adopté ! Ce crayon doit être dur pour obliger à appuyer un peu en écrivant. Chaque caractère qu'elle trace se trouve répété sur le feuillet blanc inséré sous l'enveloppe. On conçoit tout le parti qu'on peut tirer de cet appareil, et à combien de récréations ingénieuses il peut fournir matière. — L'œuf qui change de couleur. Ce petit tour est aujourdhui tellement connu, qu'il exige à peine quelques explications. On a un coquetier de bois (fig. 4), sur lequel s'adapte un couvercle arrondi et creux, comme le représente la figure i, C'est alors une petite boite ronde qui s'ouvre au milieu etdanslaquelleon peut introduire une boule blanche (fig. 2). La boite s'ouvre en deux ou plusieurs endroits, comme on le voit sur la ligure 3. Ayant donc placé la boule blanche devant les spectateurs, on ferme la boite, on prononce un petit discours et l'on ouvre le coquetier par la rainure immédiatement supérieure ; l'œuf est noir; on
ferme de nouveau, on parle encore un moment ; on ouvre, par une autre rainure : l'œuf est rouge. On peut tout en causant, escamoter
la boule et montrer à l'assistance ébahie la boite vide; on peut même faire trouver la
boule dans la poche de l'un des spectateurs ; tout cela dépend de l'adresse de l'opérateui.
Fig. 3.
— Le pince-nez. C'est un tourdansle genre des précédents. Il repose comme eux sur des sub
Fig. i.
terfuges et des illusions. Le prestidigitateur parait se percer le nez avec un poinçon émoussé à deux pointes, dont l'une passe sous les yeux des spectateurs, tandis que l'autre
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reste cachée. La pointe dissimulée ressemble aux épées de théâtre, qui entrent dans leur manche à mesure que l'on appuie en les tour-
nant, et qui parai-sent encore s'enfoncer dans le corps; la pointe montrée au public et ensuite changée est seule sérieuse et pourrait seule être dangereuse. Notre figure 5 représente le pince-nez de bois que l'opérateur se pose ;ur le nez dès qu'il a paru percer celui-ci.
Fig. 6.
C'est un petnappareilen bois dansl'intérieur duquel passe une ficelle, dont le trajet est désigné sur notre dessin, par des lignes ponctuées. L'art de l'opérateur consiste à faire iToire que la ficelle lui traverse le nez. — Tours avec grands appareils compliqués.
— Table de prestidigitateur. Les anciennes tables d'escamoteur et de prestidigitateur étaient couvertes d'un vaste tapis destiné à cacher le compère (fig. 6). Mais depuis les
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s'abaissant, entraillent rapidement et sans bruit l'objet qu'on a placé sur elles. L'ouverture par laquelle a disparu cet objet se trouve
instantanément refermée, tantôt par elle-même, tantôt par une seconde trappe.
Quant aux pédales, l'établissement en est plus compliqué.
CUes se composent de deux parties distinctes et séparées : l'une adaptée à la table,l'auireplacée sous la pièce que l'on veut faire agir ou mouvoii ( principalement les automates).
En plaçant la piècesurlatable, on fait en sorte que les deux parties des pédales correspondent exactement. Alors le compère ou servant, de sa cachette, n'a plus qu'à tirer les ficelles dans un ordre convenu d'avance, pour que la pièce exécute tous les commandements du magicien . Une autre
partie indispensable est la servante, petite table basse, peu large, placée du côté opposé aux spectateurs qui ne doivent ni la voir ni même soupçonner son existence. C'est sur cette table que le prestidigitateur laisse tomberlesobjets dont ilveutsedébarrasserpromptement; de mème,ilyprend, à l'insu du public, ceux qui lui sont nécessaires. Un prestidigitateur très habile, M. Delion, a dit :
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doit être établie de manière à s'ouvrir et se fermer sans bruit, quel que soit le système de charnières que l'on adopte. Par le trou rond C (fig. 7), ou par tout autre placé dans des conditions analogues, le compère, soit qu'il se trouve dans la coulisse ou caché sous un tapis (fig. 8) peut manœuvrer et faire mouvoir des pièces posées sur la table (miroir, automate, etc.). Un autre
Fij. 9.
meuble du salon d'un sorcier est la chaise magique représentée par notre figure 9. Derrière le dossier est dissimulée une case invisible au public et dans laquelle on peut jeter de petits objets que l'on veut faire disparaître. Dans les pieds de la chaise passent des fils qui aboutissent dans la coulisse et qu'un compère fait agir suivant les circonstances. Ainsi outillé, l'escamoteur peut se livrer à une quantité presque innombrable de tours.
Nous allons parler de quelques-uns seulement. — Le petit Turc savant. C'est un automate de 18 à 20 pouces de haut, tenant un marteau à la main, et qui répond à ditFérentes questions qu'on lui fait, en frappant sur un timbre. — La table. La j table sur laquelle on le pose est recou-
Roherl-lloudin et les Robin, il n'est plus permis d'employer d'aussi grossiers artifices. Le tapis qui recouvre ce meuble ne retombe que de quelques pouces, ce qui est suffisant pour dissimuler un tiroir épais. Quant au compère, il se trouve dans la coulisse et tient en main des ficelles qui, passant par les pieds de la table, correspondent aux trappes et aux pédales. Les trappes sont des parties de la table (fig. 7) ABC, petites ou grandes, rondes ou carrées qui sont mobiles, et qui,
t Donnez-moi
l'escamoterai
une table le monde.
assez grande et I » Toute trappe I
verte d'un tapis qui cache trois bascules ou leviers. Ces bascules sont mises en mouve-