SAIN
menace non seulement de compromettre la santé de cpux qui en feraient usaee, mais aussi d'affaiblir sensiblement les recettes du Trésor public, le jour où il viendrait à faire concurrence aux sucres de cannes et de betteraves. En Belgique, une loi du 21 mai 1889 a frappé d'un droit de douane de 140 fr. par Kilog. la saccharine ou sulfinide benzoïque, à l'état solide ou liquide, ainsi que tous les produits renfermant plus d'un demi pour cent de cette substance. En France, l'administration n'a pas encore jugé nécessaire de proposer une semblable mesure, parce que le prix élevé de la saccharine s'oppose à ce que l'usage en soit répandu. C'est ce qui résulte d'une circulaire du directeur général des contributions indirectes en date du 20 février 1888.
Ch. Y.
SACCULE s. m. [sak-ku-le] (lat. sacculm, petit sac). Bot. Enveloppe de la radicule dans certains embryons. — Anat. Vésicule du vestibule de l'oreille moyenne, qui communique, par un petit conduit, avec l'extrémité inférieure du canal du limaçon.
SADI. Nom francisé d'un poète persan dont nous avons parlé à notre article Saadi, dans le Dii.t. Un des frères du grand Garnot, ayant publié en français sous le titre de Jardin des Roses, une traduction de Gulislan de ce célèbre poète, on donna pour prénom au fils aîné de 1 illustre conventionnel le nom de Sadi, afin de perpétuer dans la famille, le souvenir de cet événement littéraire. Après la mort du premier Sadi Carnot, qui fut emporté par le choléra en 1832, son prénom échut à l'aîné des fils de son frère. Ce second Sadi Carnot devint président de la République le 3 déc.
SADIQUE adj.(rad. Sade, n. p.). Monstrueusement obscène, dans le genre des écrits du marquis de Sade.
SAGALLO, nom d'un fort de la baie de Tadjourah, dépendant des possessions françaises d'Obock. En janvier 1889, le cabinet Floquet- Goblet fut averti qu'une expédition se préparait, à la fois militaire et religieuse, à la tête de laquelle se trouvait le Cosaque Atchinoff, dans le but de se rendre en Abyssinie. Nos conventions avec ce dernier pays nous interdisant formellement le transit des armes, il ne nous était pas possible de laisser cette expédition passer en armes sur notre territoire. Ordre fut donc envoyé au gouverneur d'Obock d'avoir à s'opposer, au besoin par la force, au débarquement de cette troupe, si elle était armée; de la laisser pénétrer, au contraire, si elle voulait simplement traverser notre territoire avec les armes nécessaires à sa sécurité personnelle. Un bateau, le Météore, croisait dans la baie de Tadjourah, pour empêcher le débarquement. Le 18 janvier, il se trouvait à Djibouti, quand le navire autrichien qui portait l'expédition russe, arriva dans la baie, et profita de l'obscurité de la nuit, pour débarquer, clandestinement, par surprise, des hommes armes, une mitrailleuse et des caisses d'armes. Le gouverneur d'Obock se mit aussitôt eu rapport avec l'audacieux aventurier qui violait la neutralité de notie territoire. Atchinoll le prit sur un ton de conquérant. 11 nia les droits de la France, refusa de se conformer à nos règlements et de respecter les conventions qui nous lient, et pour faire acte d'autorité et d'indépendance, il arbora le drapeau de commerce russe, qui est un drapeau national. Il s'installa et se retrancha dans l'ancien fort de Sagallo, qui nous appartient, déclarant qu'il n'en partirait pas, qu'il entendait s'y établir à l'état de colonie indépendante et qu'il voulait conserver Sagallo comme point de communication, en atlendant l'arrivée des bateaux quichargeaient alors à Odessa des armes destinées à son expédition. Pour expliquer sa prétention de rester à Sagallo, il affirma que ce fort lui avait
été cédé par le sultan de Fadj, et d'ailleurs, il ne reconnaissait d'autre autorité que celle de l'empereur de Russie. Dès que le cabinet français connut cette situation, le ministre des affaires étrangères, Gohlet, en informa le uouvernementrusse, qui déelinaofficiellement par dépêche, en date du 7 février, toute solidarité avec les violateurs de notre territoire. Dès que notre ministre des affaires étrangères eut communiqué cette réponse à ses collègues du cabinet, ordre fut envoyé au gouverneur d'Obock d'avoir recours à la force, si Atchinoff ne renonçait pas à ses inadmissibles prétentions. En même temps, le ministre de la marine envoya sur les lieux l'amiral Olry, à bord du Seignelay, dans la pensée que la présence de deux ou trois navires de guerre constituerait une force assez imposante pour démontrer que toute résistance était impossible. A deux reprises, le gouverneur d'Obock se mit en relation avec lesurprenantCosaque. On lui apprit qu'il n'était pas soutenu par le gouvernement russe et on l'engagea à respecter nos règlements internationaux. On lui demandait simplement de laisser ses caisses d'armes, et de continuer sa route avec les armes nécessaires à sa sécurité ou, s'il voulait rester sur notre territoire, de n'y pas arborer un drapeau étranger. Il refusa. Le 17 février 1889, Atchinoff fut prévenu que si, à 2 heures du soir, le pavillon russe n'était pas amené, l'amiral Olry ouvrirait le feu sur le fort. On attendit néanmoinsjusqu'à 3 heures, pour donner aux personnes inoffensives le temps de se mettre à l'abri. Mais Atchinoll contraignit les femmes et les enfants à rester dans le fort. Après quelques coups de canon, un pavillon blanc ayant été hissé, le feu cessa immédiatement. La plupart des membres de l'expédition se rendirentenCrimée.Ge pénible incident ne paraissait comporter aucune suite; mais les boulangistes s'en emparèrent pour tâcher de soulever le peuple contre la république. La Ligue des Patriotes, qui devenait de plus en plus une association politique, lança desproclamationsaccusant le gouvernement d'avoir rompu nos relations amicales avec la Russie. Mais ces appels à l'insurrection n'eurent pas d'écho. Interpellé à la Chambre des députés, le ministre des affaires étrangères fournit, le 28 février, des explications complètes, suivies du vote à l'unanimité d'un ordre du jour dont lui-même avait indiqué les termes. La Ligue des Patriotes, dont les menées antipatriotiques devenaient un danger pour la tranquillité publique, fut dissoute. (Voy. France, dans ce supplément.)
SAIDA, l'ancienne Sidon des Phéniciens. On y a découvert le tombeau d'Alexandre le Grand. Dans les récentes fouilles faites à Saïda, on a mis à jour quinze sarcophages en marbre d'un travail exquis. Quatorze de ces tombeaux étaient vides, mais le quinzième, qui était au centre du caveau, renfermait un cadavre bandelette, à la façon des momies égyptiennes. Sur les deux grands côtés de ce tombeau, on voit sculptés, très finement, la bataille d'Arbelles (qu'Alexandre remporta sur Darius, en 331 avant J.-C), et un sujet cynégétique où sont mélangés Persans et Macédoniens. Les types y sont très visibles et reconnaissables; aussi se perd-on en conjectures sur l'authenticité de cette momie qu'on aurait tout lieu de considérer comme les restes du célèbre conquérant de la Perse et des Indes, bien que les documents historiques fassent entendre qu'il aurait été transporté en Egypte. En attendant l'avis des érudits, les quatorze autres sarcophages ont été dirigés sur Stamboul, à destination du musée que dirige Hamdi-Bey, fils du grand vizir Edhem-Pacha.
SAIEN. IENNE s. et adj. Des Ponts-de-Cé : qui appartient ou qui se rapporte aux Ponlsde-Cé.
SAIGNÉE s. f. Hortic. Emission de sève obtenue au moyen d'entailles à l'écorce d'un arbre ou d'une branche. — Agric. Tranchée faite pour l'écoulement des eaux, quand le sol est trop humide.
SAINTE-CROIX (Charles LAUBERTde) homme politique, né en 1827, mort le 28 oct. 1889. Reçu avocat, il se fit inscrire au barreau de Paris, fit de l'opposition à l'Empire et collabora au Courrier du Dimanche et au Journal de Paris. Le département de l'Aube, où il possédait de grandes propriétés, l'élut député, le 8 février 1871. Il siégea et vota avec la droite. Il adopta la constitution de 1875, mais ne put se faire nommer sénateur inamovible. Les électeurs sénatoriaux de l'Aube l'envoyèrent siéger à la haute assemblée, le 30 janvier 1876.
SAINT-HILAIRE (Marco de), pseudonyme d'EuiLE-MARC Hilaire, homme de lettres^ né vers 1790, mort à Neuilly le 5 nov. 1887. Sa mère étant devenue dame d'honneur de la reine Horlense, il remplit une fois, par hasard et passagèrement, les fonctions de page de Napoléon Ier, circonstance dont il devait tirer un parti considérable dans la suite. Pendant la Restaurât ion, il chercha des ressources dans la littérature et publia un grand nombre d'opuscules sur l'art de mettre sa cravate, sur l'art de fumer, de priser, de dîner en ville, de réussir en amour, et autres petits livres qui obtinrent un certain succès dans le monde où on lit sans se soucier de la forme littéraire. Il publia aussi des biographies peu remarquées sur les personnages les plus divers et composa quelques romans aujourd'hui complètement oubliés. Ses Mémoires d'un forçat (1828-'29, 4 vol. in-8°), ont ouvert la série des romans nauséabonds qui encombrent les rez-de-chaus-ée de nos journaux, petits ou grands. Après les journées de Juillet, la tournure des événements et le triomphe des idées bonapartistes donnèrent une nouvelle direction à ses travaux. Exploitant ses souvenirs personnels sur les hommes du premier empire et sur leurs actions, il se donna pour but de développer et de propager la légende napoléonienne. Du premier coup son nom devint populaire après la publication de ses Mémoires d'un page de la cour impériale (1840, 2 vol. in-8°), ouvrage qui obtint un succès retentissant et fut plusieurs fois réimprimé. Les Petits appartements des Tuileries, de Saint-Cloud et de la Malmaison, parurent successivement dans le Siècle et publiés ensuite en volumes (1831, 2 vol. in-8°), ils furent très lus, aussi bien que : Souvenirs de la vie privée de Napoléon (1838, 2 vol. in-8°); Souvenirs intimes du temps de l'Empire (1838-'39, 6 vol. in-8°) ; Entretiens sur la vie privée de Napoléon (1839, 2 vol. in- 18) ; les Aides de camp de i Empereur, Souvenirs intimes du temps de l'Empire (1841, 2 vol. in-8°) ; Histoire Populaire de Napoléon et de la Grande-Armée (1842, in-8") ; Napoléon au Conseil d'Etat (1843, in-8°) ; Napoléon au bivouac, aux Tuileries et à Sainte-Hélène (1844, in-18); Napoléon en camuayne (1844, 2 vol. in-8) ; Histoire anecdotigue politique et militaire de ta garde impériale (1 S45-'46, in-8°) ; Deux conspirations sous l'Empire ( 1846, 2 vol. in-8°) ; Histoire de la Campagne de Russie (1846-'48, 4 vol. in-8°) ; Histoire des Conspirations et des exécutions politiques(l8b$, 4 vol. in-8°) et plusieurs autres ouvrages où l'histoire est souvent traitée avec le plus profond dédain, mais où la légende trouve toujours une large place. Lors du coup d'Etat, Marco de Saint-Hilaire était déjà vieux ; et ses œuvres n'avaient enrichi que ses éditeurs ; il songea donc à prendre sa retraite en obtenant une sinécure. Il obtint la place de bibliothécaire du château de Strasbourg Arrivé à son poste, il vérifia la présence d'un château, où il reçut son logemeDt, et cons-