‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustré (volume 3)Chapitre 52 sur 503 · ASSI · texte numérisé non relu

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de gouverneur de l'Hôtel de Ville et le fit arrêter le 1er avril; mais il fut relâché le 17 et joua ensuite un rôle effacé. Lors de l'entrée des troupes à Paris, il fut arrêté sur le quai de Billy, le 21 mai, transféré à Versailles et condamné le 2 septembre 1871, par le 3e conseil de guerre, à la déportation dans une enceinte fortifiée. 11 fut embarqué à Rochefort le 8 mai 1872.

ASSISTANCE . — Législ. Le conseil supérieur de l'assistance publique, institué auprès du ministre de l'intérieur par le décret du 14 avril 1888, a formulé des vœux que nous croyons utile de reproduire. Il demande que des mesures soient prises pour que l'on puisse exécuter partout en France l'article 18 de la loi du 24 vendémiaire an II, lequel est ainsi conçu : « Tout malade, domicilié de f droit ou non, qui sera sans ressources, « sera secouru à son domicile de fait ou t dans l'hospice le plus voisin. » Ce principe, encore incomplètement appliqué, est formulé dans des termes identiques par l'article 1er de la loi du 7 août 1851. Le conseil supérieur a demandé, en outre, que cette assistance ne fût pas exclusivement réservée aux indigents malades, et qu'elle fût étendue aux vieillards et aux infirmes; et il a demandé aussi que la médecine gratuite, qui est actuellement organisée dans 44 départements, le fût dans les 42 autres. Le conseil propose de rendre obligatoires pour les départements et 1rs communes les dépenses de ce service gratuit; et il voudrait qu'il y eût un bureau d'assistance dans chaque commune ou syndicat de communes. En cette matière de l'assistance publique, il faut pourvoir à tout ce qui est absolument nécessaire : c'est là un devoir social; mais il ne faut pas aller au delà ; il ne faut pas que l'Etat ou la commune se substitue à l'action individuelle, à la famille et à la charité privée. Dans celte voie, on arrive trop aisément au socialisme d'Etat qui, en se développant à l'excès, amènerait une misère croissante et une décadence irrémédiable. — L'un des membres du conseil supérieur de l'assistance publique a fait une expérience très instructive sur les causes de l'indigence et sur les individus qui pratiquent la mendicité. Il s'entendit avec des industriels et des commerçants qui s'engagèrentà donner du travail et à allouer un salaire de quatre francs par jour, pendant trois jours, à toute personne envoyée par lui. Puis il offrit à tout mendiant valide qu'il rencontra, de venir le lendemain chez lui, prendre une lettre d'admission pour aller travailler chez l'un des commerçants ou industriels qui avaient promis le salaire journalier de quatre francs. Pendant les huit mois que dura cette expérience, 727 mendiants valides furent invités à venir pren« drela lettre d'admission. Surce nombre, 415 ne sont pas venus la prendre, et 138 l'ont prise, mais ne l'ont pas portée au destinataire. Quelques-uns, après avoir travaillé pendant une demi-journée, réclamèrent deux francs et ne revinrent plus; d'autres achevèrent la première journée; enfin, sur les 727, il y en eut seulement 18 qui remplirent les trois journées de travail. Ce fait prouve combien la vraie charité doit être attentive, et combien sont rigoureusement vrais ces termes du rapport fait à la Constituante, le 15 juillet 1790, par La Rochefoucauld : « Si une charité indiscrète accorde avec insouciance un salaire sans travail, elle donne une prime à l'oisiveté, anéantit l'émulation et appauvrit l'Etat. » — Le Congrès international de l'Assistance publique qui s'est tenu à Paris, au mois d'août 1889, a adopté un grand nombre de résolutions, et entre autres la suivante, présentée par M. Trélat: « L'assistance doit être « rendue obligatoire à l'égard des indigents t qui se trouvent, par suite de maladies ou c d'infirmités, dans l'impossibilité de subvenir

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f à leurs besoins d'existence. » Oui, c'est là un devoir absolu, un devoir d'humanité ; mais il est à craindre que, si l'on vient à l'inscrire imprudemment dans la loi, on ne donne en même temps à la paresse et à l'imprévoyance des droits qu'il deviendrait impossible de satisfaire. — En ce qui concerne la ville de Paris, où l'Assistance publique a une organisation particulière, nous n'avons à mentionner qu'un décret du 16 septembre 1886, qui a réorganisé le recrutement des administrateurs et celui des médecins des bureaux de bienfaisance. (Voir ci-après les mots Bienfaisance et Mendicité.) La loi du 22 mars 1890, qui a ajouté à la loi municipale du S avril 1884 plusieurs articles concernant les syndicats de communes, porte (art. 176), que plusieurs communes peuvent s'unir pour secourir des malades, des vieillards, des enfants ou des incurables, et que, dans ce cas, le comité du syndicat dssdites communes peut décider qu'une même commission administrera les secours, d'une part à domicile, et d'autre part à l'hôpital ou à l'hospice. (Ch. Y.)

ASSOCIATION— Législ. Nous pourrions nous dispenser de parler de la liberté d'association dans ce Supplément; car les divers projets de loi qui ont été présentés, soit par le gouvernement, soit par d'autres, depuis la publication du Dictionnaire encyclopédique, n'ont pas abouli. Ainsi, la République, après avoir donné au pays les lois les plus libérales concernant la presse, le droit de réunion, etc., ne lui a pas encore accordé la liberté d'association. C'est qu'à cette dernière liberté se trouve subordonnée la grave question de l'existence des congrégations religieuses que l'état laïque ne peut laisser se développer sans restrictions. La proposition de loi présentée à la Chambre le 30 avril 1888, par M. Marmonnier, député, nous parait contenir des garanties sérieuses, tandis que celle déposée le 5 juin suivant par M. Floquet, au nom du gouvernement, nous semble bien téméraire et insuffisante, en présence des dangers dont la puissance morale et les richesses croissantes des congrégations menacent le repos, Ja sécurité et l'avenir du pays. Cependant, cette grave question de la liberté d'association doit être résolue avant que le Concordat de 1801 ne soit dénoncé, et avant que la séparation des Eglises et de l'Etat, qui existait en France antérieurement au Concordat, ne soit définitivement rétablie. (Ch. Y.)

ASSOLANT (Jean-Baptiste-Alfred), journaliste et romancier, né à Aubusson en 1827, mort en mars 1886. Au sortir de l'école normale supérieure, il fut quelque temps professeur d'histoire dans divers lycées de province, émigra aux Etats-Unis après le coup d'Etat, y séjourna plusieurs années, revint en France et débuta en 1856 dans la Revue des Deux-Mondes par un article politique, intitulé Walter ou les Américains au Nicaragua. Il donna ensuite une foule de romans et d'articles politiques ou littéraires qui furent lus avec le plus grand intérêt. Il séduit par son esprit paradoxal mêlé presque toujours de bonne humeur, quelquefois de gaîté et de beaucoup d'observations ; il a des idées primesaulières, un style clair, incisif, disant beaucoup en peu de mots et le disant sous une forme neuve et piquante. Nous citerons parmi ses romans et ses nouvelles : Scènes de la vie aux Etats-Unis (1858); Brancus; les Amours de Quaterkem ; Deux Amis en 1792 (1859); la ilort de Roland (fantaisie épique) ; Histoire fantastique du célèbre Pierrot (1860); Marcomir; les Aventures de Karl Brunner (1861) ; Jean Rosier ; Rose d'Amour ; Claude et Juliette (nouvelles, 1862) ; une ville de garnison (1865) ; (es Aventures véridiques, mais incroyables, du capitaine Corcoran (1867) ; François Bitchamor (1872) ; le vieux Juge, le plus hardi des Gueux (1876). Ses principaux articles

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ont été réunis et rorment plusieurs volumes.

ASSORTISSEUR s. m. (rad. assortir). Marchand de petits coupons d'étoffe.

ASSURANCE. — Législ. En matière d'ussurances contre l'incendie, contre la grêle et contre les autres risques, la loi du 19 février 1889 (art. 2 et 3) est venue mettre fin à des interprétations diverses, en décidant que les indemnités dues par l'assureur doivent être attribuées aux créanciers privilégiés ou hypothécaires, sans qu'il y ait besoin de délégation expresse faite à leur profit; sauf à tenir compte d'une cession éventuelle, faite à un tiers, pourvu que cette cession ait été régulièrement notifiée. Il en est de même des indemnités résultant d'assurances, soit du risque locatif, soit du recours du voisin ; mais alors l'indemnité ne peut êlre attribuée à l'assuré ouàsesayants droit, avant que le propriétaire ou les voisins aient été désintéressés. En ce qui concerne les assurances sur la vie, nous n'aurions à mentionner que des projets de loi ayant pour but d'assurer spécialement les ouvriers contre les accidents du travail. Nous en parlerons plus loin, au mot Responsabilité; mais nous croyons utile de donner ici une analyse succincte des lois récemment adoptées par le Reichtag de l'empire allemand, et qui ont fondé, au profit de la classe ouvrière, dévastes assurances dont les résultats sont encore douteux. Déjà la loi du 15 juin 1883, rendue définitive le 1er décembre 1884, avait accru à l'excès la responsabilité des patrons, puisqu'ils sont tenus à indemniser les ouvriers de tous accidents survenus dans leurs travaux, même dans les cas de force majeure ou lorsqu'il y a eu faute de la part de l'ouvrier. L'indemnité est fixée par un jury qui est composé de patrons et d'ouvriers, et qui est présidé par un jutre. Une autre loi d'Empire, celle du 6 juillet 1884, a institué une assurance obligatoire qui doit fournir aux ouvriers blessés ou malades des soins médicaux et des secours journaliers. En vertu de cette loi, tous les industriels patrons, exerçant le même métier dans une circonscription déterminée, laquelle peut comprendre tout l'empire, sont tenus de se constituer en corporations et de payer une cotisation annuelle. Toutes les corporations ainsi fondées relèvent de VOffi.ce impérial des assurances, qui réside à Berlin et auquel ressortissent des inspecteurs et des tribunaux spéciaux d'arbitrage. Le secours journalier n'est payé à l'ouvrier par la caisse corporative qu'à partir de la treizième semaine écoulée depuis le commencement de la maladie ou depuis l'accident. La loi autrichienne du 28 décembre 1887 attribue le secours dès la cinquième semaine, et la loi italienne du 15 juin 1885 réduit le délai à trente et un jours. Enfin, la loi d'empire du 22 juin 1889, qui comprend 162 articles, a fondé, en Allemagne, une autre assurance obligatoire, qui a pour but d'attribuer une pension viagère à l'ouvrier, atteint d'infirmités ou arrivé à la vieillesse. Toute personne salariée de l'un ou de l'autre sexe, qu'elle soit ouvrier, domestique, journalier de la ville ou de la campagne, matelot, employé de commerce, etc., est soumise, dès l'âge de 16 ans, à l'assurance obligatoire contre l'invalidité ou la vieillesse, à moins que son salaire et ses autres gains réunis n'excèdent la somme de 2.000 marks par année. On évalue le nombre des assurés à plus de 11 millions (7.322.000 hommes et 3.696.000 femmes). Les patrons travaillant seuls, les ouvriers en chambre et les entrepreneurs à façon peuvent être obligés à l'assurance. L'assuré a le droit d'obtenir une pension viagère à l'âge de 70 ans, et aussi en cas d'infirmités permanentes lui interdisant les moyens d'obtenir un salaire égal au sixième de son gain habituel. La pension allouée pour cause de vieillesse peut s'élever jusqu'à 190 marks (238 fr.) par année,

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et celle d'un invalide peut varier de 115 à 293 marks (143 à 367 fr.), suivant la classe de salaires dans laquelle il est inscrit et selon la durée de sa participation à la cotisation annuelle. Les ressources nécessaires aux frais d'administration des agences et au paiement des pensions sont fournies, savoir: 1° par l'Empire jusqu'à concurrence de 50 marks par an et par personne pensionnée ; 2° au moyeu déprimes hebdomadaires qui sont pi par l'ouvrier, sauf la contribution pour moitié due par le patron s'il y en a un. Le tarif de ces primes est divisé en quatre classes selon les salaires des personnes assurées; et le taux peut encore varier dans chaque classe, selon le genre de profession ou de métier. Ce taux est de 14, 20, 24 ou 30 pfennings par semaine, selon la classe. La poste est chargée de payer les arrérages des pensions aux titulaires. Lorsque le rentier est notoirement adonné à l'ivrognerie, sa pension est payée en nature. Quelles seront les conséquences ultérieures d'une organisation sociale telle que celle qui va résulter de ces assurances obligatoires, lesquelles enrégimentent le quart de la population de l'empire d'Allemagne ?Tous ces rouages fonctionneront-ils à souhait ? Ou bien, au contraire, ne doit-on pas s'attendre à beaucoup de désillusions ? Dans un rescrit adressé au chancelier de l'empire, le 12 mars 1888, le sage empereur Frédéric III, dont le règne a été de si courte durée, formulait ainsi les craintes que ce système d'assurances obligatoires lui inspirait : t Je pose en question si le droit de prélever des taxes accordé à ces associations, droit qu'elles exercent sans tenir compte suffisamment des charges imposées en même temps par l'Empire et par chaque Etat, n'a pas pour effet de créer un fardeau hors de proportion avec les moyens. » Nous croyons devoir aussi reproduire quelques-unes des appréciations que la loi du 22 juin 1 889 a suggérées à M. Grad, député de l'Alsace au Reichstag, dans son étude sur le Socialisme d'Etat de l'empire allemand : « Aux deux lois sur l'assurance des ouvriers contre la maladie et contre les accidents de fabrique, a été ajoutée une loi nouvelle sur l'assurance obligatoire contre la vieillesse et l'invalidité. Présentée par ses promoteurs comme le couronnement de l'œuvre de réforme destinée à garantir le maintien de la paix sociale, l'institution des rentes à servir par l'Etat aux travailleurs invalides ne parait pas cependant pouvoir répondre à son but. Cette institution risque, tout au contraire, de devenir, entre les mains des populations mécontentes, un levier de désordre d'une puissance incalculable. Désormais, en effet, les prolétaire-, dont les masses compactes accroissent si rapidement les rangs de la démocratie socialiste en Allemagne, pourront marcher à l'assaut du gouvernement, en réclamant de la caisse publique des subventions plus larges. En tacticiens avisés, les meneurs du parti conduiront leurs électeurs au scrutin par l'appât d'augmentation des pensions que les députés élus devront s'engager à voter. C'est le coin introduit dans l'éditice social actuel et qui menace de le renverser tût ou tard. »

(Ch.Y.) ASSYRI0L0GIE s. f. (franc. Assyrie ; gr. logos, discours, traité, étude). Partie de l'archéologie qui s'occupe spécialement des monuments, de l'écriture et de la langue de l'Assyrie. Les seuls documents pour l'histoire de la civilisation qui a jadis régné dans la vallée du Tigre et de l'Euphrate proviennent soit des récits hébreux épars dans les premiers livres de l'Ancien Testament, soit Jes rapports que nous ont laissés les historiens Hérodote et Ctésias, qui vivaient, l'un deux siècles, l'autre deux siècles et demi après la chute de l'empire assyrien. Ces matériaux étaient trop peu considérables pour permettre

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à l'histoire de dépeindre, ni même de concevoir le chaînon qui relie la civilisation orientale à la civilisation occidentale ; de sorte que les Grecs ne savaient presque rien du passé des peuples assyriens. Leurs écrivains n'en parlaient que d'après des traditions. La science assyriologique est toute contemporaine : elle" date de 1842, époque où M. Botta, consul français à Mossoul, étonné de l'insuffisance des descriptions données par les anciens historiens et par les voyageurs modernes, pensa que l'on pourrait découvrir sous le sol des restes susceptibles de remettre en lumière les côtés obscurs de la civilisation assyrienne. 11 commença donc des fouilles dans le monticule appelé Kouyunjik, vis-à-vis de Mossoul, de l'autre côté du Tigre. L'endroit était admirablement choisi, ainsi que le démontra l'avenir ; mais Botta se découragea au milieu de son travail ; il abandonna les fouilles au moment où elles allaient être fructueuses, et entreprit de nouvelles excavations au lieu appelé Khorsabad, à environ 20 kilom. de Kouyunjik. Avec plus de persévérance, il obtint plus de succès et fit d'importantes découvertes qui furent transportées en France et déposées au Louvre. Le succès de Botta enflamma l'émulation d'un explorateur anglais, sir Henry Layard, qui n'eut qu'à se présenter à Kouyunjik pour y décou vrir, presque sans peine, en continuant les travaux de son devancier, une telle quantité de magnifiques restes que le nom de Éouyun jik fut donné à l'une des galeries du British Muséum. Les découvertes de Botta et de Layard furent la révélation d'un empire dont les traces avaient presque disparu, dont ics monuments, les inscriptions, tous les sou venirs enfin étaient déjà enfouis avant l'époque où ils excitèrent la curiosité des Grecs. En 1845, Layard commença, sur l'emplacement de Ninive, des fouilles reprises en 1849, qui produisirent une riche moisson de monuments de toute sorte, dont le British Muséum fut le dépositaire. Des recherches subséquentes furent entreprises par l'Anglais George Smith, d'abord sous les auspices du Daily Telegraph et ensuite avec la protection du gouvernement britannique. Plus récemment encore, un autre Anglais, M. Rassam, découvrit les splendides ornements en bronze qui se trouvaient aux portes du palais de Balaouat, au temps de Salmanasar II (859-'25 av. J.-C.). Les trésors acquis successivement par les explorateurs comprennent non seulement des sphinx massifs, des lions et des chiens ailés, mais encore des sculptures de toute espèce, en pierre ou en métal, des anneaux, des pierres précieuses, des balances, des tablettes de terre cuite plus ou moins bien conservées. Ces documents jettent une vive lumière sur la cosmogonie, la religion, la mythologie, les superstitions, les enchantements, la magie, la médecine, l'astronomie, l'histoire naturelle, la zoologie, la botanique, la métallurgie, la grammaire, la langue, la littérature, les mathématiques, la statistique, les temples, les palais, les places fortifiées, l'histoire, les lois, les relations politiques et diplomatiques, en un mot sur toute la civilisation de l'Assyrie et de la Babylonie. Quelques-uns même se rapportent à la vie commerciale et sociale des anciens habitants de ces pays, puisque l'on possède aujourd'hui des tablettes relatives a des contrats de vente de terres, d'esclaves ou d'autres biens, ou à des transactions de banque. Le nom de sir Henry Rawlinson tient la première place parmi ceux des déchiffreurs d'inscriptions cunéiformes. Ces caractères varient considérablement selon les époques, les localités, et la main qui les a tracés. Les plus anciens datent des premiers âges des monarchies babylonniennes et assyriennes ; et les inscriptions de Khammourabi sont probablement antérieures de plusieurs siècles au

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temps où vivait Moïse, peut-être même antérieurs de plus de mille ans au règne de Nabuchodonosor ; tandis que l'usage des caractères cunéiformes existait encore au commencement de l'empire romain. Une habitude des Assyriens était de copier les ouvrages babyloniens, de sorte qu'une portion considérable de la littérature assyrienne se compose de copies d'anciens écrits, qui étaient sans doute classiques. Sir Rawlinson a eu pour émules dans l'art de déchiffrer et de traduire ces antiques documents des savants distingués, tels que H. Fox Talbot, George Smith, Jules Oppert, Schrœder, Hincks, Sayer, Boscawen, Pincher, etc. Grâce à leurs consciencieux travaux, le reproche que l'on faisait à l'exégèse assyriologique d'être incertaine et sans fixité, ne peut plus aujourd'hui lui être adressé. L'assyriologie doit être classée parmi les sciences certaines dont les règles sont aussi uniformes et aussi infaillibles que celles de l'étude du grec et du latin. Plusieurs assyriologistes ont émis l'opinion que dans les villes ruinées de Babylonie, on finira par découvrir des versions du texte assyrien plus anciennes que les inscriptions cunéiformes connues jusqu'à ce jour. En 1880, Hormuzd Rassam trouva dans les ruines de l'un des temples-bibliothèques de Babylone, un fragment d'une tablette relative au déluge. Pendant les années 1880 et 1881, le même explorateur visita assidûment les emplacements des villes chaldéennes de Babylone, de Borsippa, de Sippara et de Cutha et déterra un grand nombre de textes et de récits religieux. Depuis la découverte faite par des Arabes en 1874 d'une grande quantité de tablettes à inscriptions, on a exhumé à Babylone d'innombrables reliques et des inscriptions d'un grand intérêt. Le même lieu a été exploré par Rassam. C'était le centre de la vie commerciale à Babylone et le siège d'une famille, les Beni-Egibi, qui paraissent avoir été les agents financiers du gouvernement. Les quittances d'impôts que l'on y a trouvées révèlent ce fait que les taxes pour l'entretien des canaux d'irrigation et des grandes routes étaient prélevées sur les droits sur le sol, sur la récolte des dattes et du froment et sur le bétail. Rassam a retrouvé, dans les ruines des palais de Babylone, des récits qui remplissent la période commençant au règne de Nabonidus et se terminant à la prise de la ville par Cyrus. Babylone était construite presque entièrement en briques. On a retrouvé les chambres et les corridors du palais des rois, avec leurs décorations en plâtre et leurs briques peintes. De vastes travaux hydrauliques, consistant en puits et en conduits qui communiquent avec le fleuve, semblent indiquer la localité où se trouvaient les jardins suspendus. L'un des rois, suivant un document récemment découvert, possédait seize jardins ou paradis faits exprès pour lui, près de la ville. Rassam a exploré et décrit les emplacements de deux cités plus anciennes que Babylone. Ce sont Sippara, la ville du dieu-soleil, ville qui, d'après Bérose, avait été construite avant Ur, ayant été fondée avant le déluge, et Cutha, l'une des plus grandes villes-temples de la Babylonie. Le nom moderne de l'emplacement de Sippara est Abbou-Houbba. Les monticules de débris couvrent une superficie de 3 kilom. en circonférence. Toutes les constructions avaient leurs angles tournés vers les quatre points cardinaux. La muraille S.-O. d'un immense édifice fut la première mise à nu ; elle mesure 1,500 pieds de long et est soutenue à des intervalles réguliers par des arcs-boutants ornés de panneaux sculptés. Cet édifice consistait en plusieurs salles longues et étroites, avec des murs excessivement épais, arrangées autour d'une cour centrale : c'était le temple du dieusoleil. Dans une vaste galerie, se trouvaient

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les restes de l'autel des sacrifices, ayant environ 30 pieds carrés ; dans une chambre communiquant avec cette galerie, on trouvait les archives du temple. Une tablette votive des archives commémore la victoire du roi babylonien, Naboupallidina, sur la tribu Soutou desElamites ; elle date d'environ 852 ans avant J.-C. Elle présente les figures en relief du dieu, du roi et des prêtres en adoration, suivant les usages du culte du disque solaire et des rayons de soleil, culte dont l'imitation fut introduite en Egypte pendant la 18e dynastie. La plus ancienne des villes de Mésopotamie et une cité voisine, dont les ruines donnèrent lieu à des descriptions de moins d'importance, sont, d'après toute probabilité, identiques avec les villes de Sepharvaim mentionnées dans l'histoire de deux rois (xvn, 24-31), en connexion avec Cutha, dont l'emplacement a été également certifié et exploré partiellement par Rassam. Le British Muséum, qui a reçu les objets déterrés par Rassam, possède plus de 3.000 de ces tablettes de la première période, y compris la grande collection acquise des Arabes par George Smith. Dans ces dernières années, les Anglais, mal vus à Constantinople, n'ont obtenu que fort difficilement l'autorisation de visiter les vallées du Tigre et de l'Euphrate. Faute d'un firman pour continuer ses travaux, Rassam dut rester en Angleterre, tandis que les privilèges refusés aux sujets britanniques étaient accordés aux explorateurs français, et, à un moindre degré, aux Américains. Les Allemands n'ont Ipas mis moins d'ardeur à explorer les pays orientaux, afin d'enrichir les musées d'Allemagne des produits de leurs recherches. Nous avons en France plusieurs publications périodiques destinées à répandre l'étude des monuments orientaux et des documents cunéiformes. La principale est la Revue d' Assyriologie et d'Archéologie orientale. — Bibliogr. Birch, Préface du Ier vol. de Recor-ds of the past ; H. Fox Talbot, Introduction à la traduction de l'inscription de khammourabi, dans le même ouvrage que ci-dessus, Ier vol.; Sayce, Littérature babylonienne ; George Smith , Récit chaldéen de la Genèse ; le même, Récit clialdéen du déluge; le même, Histoire de Babylonie; Richmond Hodges, Déchiffrement cunéiforme (dans la 3e édition des Fragments anciens de Cory) ; Birch et Pinches, Ornements en bronze des portes du palais de Balaouat; Wallis Budge, Vie et histoire des Babyloniens; Saint-Chad Boscawen, Sous la poussière des âges, etc.

ASSYRI0L0GUE s. (rad. assyriologie). Celui, celle qui s'occupe de l'histoire et des antiquités de l'Assyrie. On dit aussi assyriologiste.

ASSYRI0L0GISTE s. Synonyme d'Assyriologue.

ASTHME. Aviculture. L'oiseau asthmatique trahit son état par la fréquence avec laquelle il ouvre le bec, par l'enrouement et des palpitations sensibles de la poitrine. 11 est prudent de tenir compte de ces symptômes, carie mal pourrait s'aggraver et dégénérer promptenient en phtisie. Le remède à cette affection est de leur faire faire prendre quelques gouttes d'oxymel(une partie de vinaigre, deux de miel, mêlées) à l'aide d'une brochette trempée dedans et du bout de laquelle on leur en laisse tomber quelques gouttes dans le bec. On fait fondre également un peu de ce miel, ou du sucre candi, ou du sucre d'orge, dans l'eau de l'abreuvoir. Les mêmes symptômes que ceux de l'asthme annoncent toui bonnement, quelquefois, une indisposition passagère causée par l'ingestion d'une nourriture malsaine, ou bien quelque morceau trop volumineux arrêté dans l'œsophage : dans ce dernier cas, il faut faire rendre ou retirer a l'oiseau le morceau qui le gêne ; dans le pr»-

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