CALE
élevé, par degrés, de 1,400 millions en 1881, à 2,500 millions en 1889. Cette absorption de l'épargne nous parait excessive. Elle s'oppose, jusqu'à un certain point, à ce que les particuliers fassent d'autres placements, moins garantis sans doute, mais qui concourraient à donner à l'industrie l'essor qui lui fait défaut. Il est vrai que l'emploi des fonds des caisses d'épargne privées n'est plus exclusivement effectué en créances sur la Caisse des dépôts et consignations, c'est-à-dire sur l'Etat. Cette dernière caisse, qui a conservé la gérance des fonds des caisses d'épargne, convertit la plus grande partie de ces fonds en valeurs de premier ordre : rentes sur l'Etat, obligations du Trésor public, obligations des chemins de fer, etc. En outre, le maximum que la Caisse des dépôts et consignations peut verser en compte courant au Trésor sur les fonds des caisses d'épargne privées a été fixé à 100 millions de fr. par la loi de finances du 26 février 1887. Le maximum a été réduit par la même loi à 50 millions pour la caisse nationale d'épargne, et au même chiffre pour la Caisse nationale des retraites de la vieillesse. Nous voudrions que, de même qu'en Italie, les caisses d'épargne privées fussent autorisées à faire elles-mêmes le placement de leurs capitaux. Nous voudrions surtout que ce drainage excessif de l'épargne fût ralenti, au moyen de la réduction à 1,000 fr. du maximum des dépôts, et au moyen de l'abaissement progressif du taux d'intérêt servi aux caisses d'épargne. Une teile accumulation de capitaux immobilisés nous parait n'être pas sans dangers. — La Caisse nationale d'épargne, plus connue sous le nom de Caisse d'épargne postale, voit aussi s'accroître, d'année en année, le solde créditeur du compte générai de ses déposants. Ce solde s'élevait à 323 millions, au 31 décembre 1889, après huit années seulement écoulées depuis la fondation de la caisse. La loi du 29 novembre 1886 a autorisé cette institution à employer une partie des réserves qui constituent sa dotation a l'acquisition d'un hôtel, situé à Paris, rue Saint-Romain, et dans lequel sont installés les bureaux de l'administration centrale. (Ch. Y.) — Caisse a la Ward. Hortic. Petite serre portative dans laquelle on expédie des plantes qui doivent faire un long voyage.
CAJOLER v. n. Synon. de cageoler.
CALAIS. Les lois du 15 décembre 1875 et du 3 août 1885 ont permis d'entreprendre et de terminer lesvasies travaux d'extension qui, d'après les plans de M. de Freycinet, doivent donner au port de Calais une grande importance. Ces travaux ont été inaugurés le 2 juin 1889, parle président de la République; ils comprennent un avant-port, dans lequel les plus gros navires peuvent évoluer ; un bassin à flot de 90,000 mètres carr. de superficie; une forme de radoub, longue de 155 mètres, pour la réparation des vaisseaux ; un vaste bassin de batellerie, réunissant le bassin à flot au canal de Calais, qui communique lui-même avec toutes les voies navigables de l'intérieur de la France et delà Belgique; de larges quais, sillonnés de voies ferrées; une gare centrale; une gare maritime. On calcule que ces travaux n'ont pas coûté moins de 40 millions de francs.
CAL AME, ÉE adj. (lat. calamus, roseau). Bot. Qui ressemble ou se rapporte au calamus (rotang). — Calamées s. f. pi. Tribu de palmiers ayant pour type le genre calamus ou rotang.
CALAND0 adv. [ca-lan-do] (mot ital.) Mus. En ralentissant la mesure et en diminuant l'intensité du son.
CALCARIPORME adj. (rad. calcar). Bot. Qui u la forme d'un éperon; qui est prolongé en une sorte de cône allongé et renversé.
CALCARINE s. f. (lat. calcar, éperon). Moll. Genre de foraminifères, comprenant plusieurs espèces de petites coquilles, ayant la forme d'une molette d'éperon, et vivant sur les bancs de coraux des lies océaniques.
CALCÉOLAIRE s. f. (lat. calceolarhis, cordonnier). Bot. Genre de scrophulariées, comprenant un certain nombre de plantes très ornementales, distinguées surtoutpar la forme de la corolle, qui forme deux lèvres, l'inférieure gonflée, un peu allongée et tournée vers le bas, ce qui lui donne l'apparence d'un soulier ou d'un sabot. Cette forme particulière de la corolle bilabiée n'est pas, néanmoins, un caractère invariable du genre. La plupart descalcéolaires ont les fleurs jaunes; quelques-unes les ont pourpres, d'autres blanches, et l'on en obtient des hybrides d'une beauté extraordinaire. Toutes les espèces nous viennent de l'Amérique du sud, où elles sont confinées à l'est des Andes ou vers l'extrémité méridionale du continent et dans les lies adjacentes. Au Chili et dans les parties montagneuses du Pérou, elles sont si répandues qu'elles donnent un aspect particulier à la végétation.
CALCITE s. f. (lat. calx, calcis, chaux). Miner. Carbonate cristallisé de calcium.
CALEBASSIFORME adj. Bot. Qui a la forme d'une calebasse.
CALÉFACTEDR s. m. (lat. calor, chaleur; facere, faire). Nom que le grammairien P.-A. Lemare donna, en 1822, à un appareil destiné à la cuisson économique des aliments et à la conservation de l'eau chaude. Le caléfacteur Lemare se compose d'un foyer entouré d'une double enveloppe métallique remplie d'eau chaude, et d'une troisième enveloppe en étoffe ouatée que l'on pose sur la première, quand l'eau y est versée. Dans l'intérieur, se trouve le vase renfermant les objets à cuire ou à chauffer. Cet ingénieux appareil a été le point de départ d'un foule de perfectionnements, de modifications, de simplifications pour la cuisson plus ou moins économique des mets.
CALÉFACTION. — Le procédé Appert consiste a faire cuire en partie seulement et à placer ensuite dans des boites en fer-blanc, à couvercles, les substances qu'il s'agit de conserver; — fruits, légumes ou viandes; on ferme ces boites dont on soude le couvercle ; puis on les plonge toutes pleines et soudées ainsi dans l'eau bouillante, où on les laisse un temps plus ou moins long, suivant la nature des substances qu'elles renferment. C'est une méthode qu'on peut mettre en pratique dans un ménage, jusqu'à un certain point tout au moins, pour conserver pendant deux ou trois semaines, par les chaleurs, de la viande cuite dont on ne veut pas faire un usage immédiat. 11 suffit de renfermer dans une boîte semblable à celles dont nous venons de parler la viande que l'on désire conserver; on ferme le couvercle par-dessus et l'on fait chauffer doucement, ou mieux on place dans un bain-marie, de manière à produire intérieurement une chaleur suffisante pour obtenir un dégagement de vapeur qui chasse l'air de la boîte. Lorsqu'on voit que la vapeur s'échappe du couvercle mal joint avec une abondance relative, on retire du feu ou du bain-marie, et l'on soude le couvercle avec un mastic quelconque (le mastic de vitrier, composé d'huile de Lin et de blanc d'Espagne, nous paraît le plus convenable et le plus facile a soprucurer. — Le docteur Sacc, de Neufchâtel, a proposé, un moyen de conservation de la viande par une déshydratation plusactive et plus prompte que celle produite par le sel. Voici son procédé : Disposer les viandes qu'on veut conserver au fond d'un baril et les recouvrir d'acétate de soude pulvérisé, dans la proportion du poids de la viande. En été le résultat est im-
médiat; en hiver, il faut opérer à une température de 20 degrés. Ce sel absorbe l'eau de la viande avec une étonnante rapidité. Au bout de vingt-quatre heures, on retourne les morceaux, en mettant dessus ceux qui se trouvaient dessous, et en deux jours l'opération est complètement terminée. On tasse alors les viandes dans le baril avec leur saumure, pour s'en servir au besoin, ou bien on les fait sécher à l'air libre. L'eau de la saumure contient un excellent extrait de viande qu'on peut en séparer pour la verser sur la viande préparée pour l'alimentation, et qui lui rend la saveur de viande fraîche que lui a fait perdre en partie le traitement qu'elle a subi. On conserve aussi bien les légumes par la même méthode. On les met tremper douze heures dans l'eau fraîche quand on veut s'en servir et on les cuit comme des légumes frais.
CALENDRIER perpétuel. Il est toujours agréable et quelquefois utile de trouver quel jour de la semaine correspond à une date donnée. Un monsieur, par exemple, est né le 16 août 1842; il désirerait savoir s'il est venu au monde un vendredi, jour néfaste aux yeux de beaucoup de gens. Il doit commencer par chercher le jour initial de mars 1842. Pour cela, il partage le millésime en 2 nombres, l'un formé des deux chiffres de droite et l'autre formé des deux chiffres de gauche, et il fait le calcul suivant :
= 21 ; reste 2.
Il néglige les fractions lorsqu'il fait les différentes divisions ; le reste de la division par 7 exprime le jour de la semaine qui commence le mois de mars en 1842, lundi étant désigné par 1, mardi par 2, mercredi par 3, jeudi par 4, vendredi par 5, samedi par 6 et dimanche par 0. Dans le calcul précédent, pour l'année 1842. le reste étant 2, le mois de mars se trouve commencer un mardi. Le jour initial de mars étant connu, rien de facile comme de trouver les premiers jours de chaque mois, à l'aide de la table suivante, dans laquelle 1 désigne le 1er jour de mars, quel qu'il soit, 2 le lendemain, et ainsi de suite :
Janvier
5 ou 4
Juillet
Février
iou7
Août
Mars
Septembre
Avril
Octobre
Mai
Novembre
Juin
Décembre
Les nombres 4 et 7 portés en janvier et février, correspondent aux années bissextiles (dont le millésime est divisible par 4). Le 1er mars 1842 tombant un mardi, le mois d'août commencera un lundi; le 15 sera un lundi et.le 16 un mardi. — Supposons que pendant le courant de l'année 1886, une personne n'ayant pas de calendriersous la main, veuille savoir quel jour tombera le 1" janvier 18&7. Notre méthode lui vient en aide. Elle dit :
on AQ
87 + -T-n-18x5 + -r + 3 = 29; reste 2.
En 1887, le 1er mars tombera donc un mardi, et, par conséquent, le 1er janvier tombera un samedi. — Un jour de composition, le sujet fut une narration de la bataille de Waterloo. Un élève désireux de mettre dans son récit quel jour de la semaine eut lieu cette terrible lutte, ne put jamais s'en souvenir. Voici comment nous ferions pour le trouvei .
= 16; reste 3.
Le reste étant 3, il en résulte que le 1er mars 1815 tomba un mercredi; le 1er juin un jeudi et le 18 juin, par conséquent, un dimanche.