‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 10 sur 568 · VI. — BoUIiGOGNK · texte numérisé non relu

VI. — BoUIiGOGNK

Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, fils de l'hiiippe le Bon et d'Isabelle de Portugal, né à Dijon le 10 novembre 143o, mort le .•) janvier 1477. D'abord comte de Charotuis, il fit ses premières armes à Gavre, dans les troupes de son père, en 14j2, et voua à Louis XI une haine implacable qui le poussa à entrer dans la guerre dite « du bien public ». Sa victoire àMontlhéry contraignit le roi de France à accepter la paix de Conflans. Après quoi, le comte de Charolais entra par la brèche dans la ville de Gand révoltée, et livra Liège à la fureur de la soldatesque. 11 succéda à son père comme duc do Bourgogne en 1467. Sa femme, Isabelle de Bourbon, étantmorte l'année suivante, il épousa en 146S, Marguerite d'York, sœur d'Edouard IV. En 1469, Sigismond d'Autriche lui vendit ses possessions on Alsace et il se trouva le prince le plus riche elle plus puissant dos Gaules. Il rêvait de fonder une vaste monarchie, qu'il aurait appelée Gallo-Velehe. Ses plans ambitieux l'engagèrent dans de nouvelles guerres avec Louis XI (1471). A la tête d'une armée de 30,000 hommes, il porta le fer et le feu dans la Picardie, incendia Nesles, échoua devant Beauvais (1472), se jeta sur la Normandie et ravagea ce pays jusqu'à Rouen. Il dut bientôt signer une trêve pour être libre d'employer toutes ses forces contre les Suisses, avec lesquels Louis avait conclu un traité secret. En 1472, Charles acquit sou sixième duché, celui de Gueidre ; mais il perdit presque aussitôt l'Alsace, et René, duc de Lorraine, lui déclara la guerre. Il dut donc abandonner ses projets de vengeance contre Louis XL Ligué avec le roi d'Angleterre, en 147S, il s'empara de Nancy et de toute la Lorraine. Libre de ce côté, il passa en Suisse et fit passer au fil de l'épée 800 habitants de Granson ; mais les Suisses exaspérés remportèrent sur lui une victoire éclatante, à Granson même, le 3 mars 1470, ctles états de Bourgogne lui refusèrent de nouveaux subsides pour continuerla guerre. Les Suisses, ayant exterminé une armée à Morat, le 22 juin, marchèrent à la délivrance de la Lorraine. Charles, après s'être retiré au château de la Rivière, près de Pontarlier, où il resta plongé dans une sombre mélancolie, reprit un peu de courage, rassembla de nouvelles troupes et voulut s'emparer de Nancy, avant de reporter la guerre chez les Suisses. Il comptait sur la victoire ; mais un étranger nommé Campo-Basso, qui s'était

CHAR 5

emparé de toute sa confiance, passa avec ses troupes du côté des Lorrains. Le duc René enfonça ce qui lui restait de fidèles soldats et Charles fut tué en fuyant, après l'écrasement de sa dernière armée. Deux jours après la bataille, on retrouva son cadavre qui fut d'abord déposé dans l'église Saint-Georges à Nancy, puis inhumé à Bruges en i'iliO. Marie, sa fille et son héritière, épousa Maximilien d'Autriche.

VIL — Bketagne.

Charles de Blois ou de Chatillon, duc de Bretagne, mort en 1364. Il était neveude Philippe VI de France et épousa Jeanne de Penthièvre, héritière présomptive de Bretagne. Maisàla mort de Jean III, en 1341, son frère, Jean doMontfort, prétendit à sa succession et il s'ensuivit une lutte de vingt ans, dans laquelle Monlfort fut soutenu par l'Angleterre, tandis que Charles eut la France pour alliée. Montforl étant mort en I34ï, sa veuve, Jeanne, défendit héroïquement les prétentions de son jeune fils, auquel la Bretagne resta définitivement, après que Charles de Blois eut été vaincu et tué à Aura}-.

Page 1