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GRANDS COLLIERS, CN DES GROS COLLIERS DE LA

COMPAGNIE, se dit de celui qui a une grande autorité, un grand pouvoir dans une compagnie. — Cercle de fer, d'argent ou de quelque autre matière, que l'on met autour du cou des esclaves, et de quelques animaux : collier de chien. — Collier de force, collier garni de pointes tournées en dedans, dont on se sert pour dresser les chiens d'arrêt. — Par anal. Marque naturelle en forme de cercle, qui se voit quelquefois autour du cou des quadrupèdes, des oiseaux, et qui est différente par sa couleur du reste de leur poil ou de leur plumage : un merle au collier; un chien noir qui a un collier blanc. — Partie du harnais des chevaux de charette ou de labour, qui est faite de bois et rembourrée, et à laquelle les traits sont attachés. — Fig et fam. Collier de misère, se dit d'un travail pénible qu'on ne peut interrompre que pour le reprendre bientôt : voilà les vacances finies, il faut reprendre le collier de misère. — Cheval de collier, cheval propre à tirer. — Cheval FRANC DU collier, clieval qui lire de lui-même sans qu'il soit besoin de lui donner des coups de fouet. — Prov. et fig. Etre franc du collier, se dit de celui qui est toujours prêt a faire les choses que son devoir, son honneur, etc., exigent de lui. Il se dit aussi d'un homme brave et qui est toujours prêt à marcher au combat. — Donner un coup de collier, faire un nouvel effort pour réussir dans quelque entreprise. — Archit. Astragale taillé en perles, en olives, ou en patenôtres. — »» Argot. Collier, cravate, mot expressif des voleurs qui voient dans la cravate un moyen d'élrangler. — HisT. Affaire du collier, voy. Lamotte- Vallois.

*COLLIGER V. a. [col-li-jé] (lat. colligere, recueillir). Faire des collections des endroits notables d'un livre : il a colliyé bien des passa ijes.

COLLIGEUR s. m. Celui qui coUige.

COLLIGNON, cocher qui, au mois de seplerabre rsoo, assassina un voyageur pour se venger d'une plainte portée par ce dernier contre les insolences dont il avait été l'objet de la part de Collignon. Le nom de ce misérable est devenu la plus grave insulte que l'on puisse adresser a un cocher.

COLLIMATEUR s. m. Appareil employé aux opéraliniis de la collimation. Il est formé d'une lentille convergente et d'une fente lumineuse qui occupe le foyer principal.

COLLIMATION s. f. [kol-li-ma-si-on] (lat. collimare ou collineare, viser). Astroii. Action de viser, de donner à la vue une direction déterminée. — Opération ayant pour but la correclion d'un angle observé.

COLLIN D'HARLEVILLE (Jean-François), auteur dramatique, né a Maiutonun (Eure-et- Loir), le 30 mai 17!io, mort à Paris le 24 février dSOG. Destiné au barreau, mais n'ayant aucun goût pour la chicane, il fit un mauvais clerc de procureur et finit par suivre sa vocation pour le théâtre. Sa première pièce, \'Ineonstant, obliiil un vif succès à Versailles en 1784 et à la Comédie-Française en 1786. Elle fut suivie de l'Optimiste, o a., vers, 1788, qui rapporta beaucoup à l'auteur. Puis vinrent les Châteaux en Espagne (178!)), Le vieux CHibatairc (179 i), l'un des meilleurs ouvrages du

COLL

Théâtre-Français : Monsieur de Crac dans son petit C(!S(t'i (I7f!|), amusant portrait du Gascon vantard: les Artistes, les Mœurs du jour, Rose et Picard, etc. Collln d'ilarleville adopta la Révolution et entra à l'Académie française en 179b.

COLLIN DE PLANGY (Jacques-Abin-Simon- CoUin, dit) érrivain très férond mais sans consistance, né à Plancy (Aube) en 1794, mort en janvier 1881 ; passe à tort pour être le neveu de Danton. Au commencement de la Restauration, il ouvrit une imprimerie-librairie pour laquelle il fit ou remania plusieurs ouvrages. Les journées de Juillet ayant compromis sa position commerciale, il se réfugia en Belgique, où il vécut de publications qui flattaient la nationalité belge : Fastes militaires de Belgique ; Histoire des premières années du régne de Léopold, etc. Voltairien, il n'avait encore publié que des ouvrages antireligieux, mis à l'index : Dict. infernal; Mémoires d'un vilain au xiv' siècle ; le Diable peint par luimême. Maison 1837, il changea complètement de vues, rentra en France, fonda à Plancy une espèce de société phalanslérienne, rendit visite au pape (1838), fit amende honorable, remania ou épura plusieurs de ses ouvrages et écrivit, pour la Société de la propagation des bons livres, une quantité de légendes (légendes de la sainte Vierge, des origines du Juif-Errant, des commandements de Dieu, des sept péchés capitaux, etc.), la Chronique de Godefroy de Bouillon, la Cour du roi Dagobert, une Gi'ande vie des Saints (2-ï vol.), un Chansonnier du chrétien, contenant des injures rimées contre les philosophes. La plupart de ses nombreux ouvrages sont signés de différents pseudonymes.

* COLLINE s. f. (Lat. collis). Petite montagne qui s'élève en pente douce au-dessus de la plaine : longue colline, petite colline. — Poétiq. La double colline, le Parnasse. — La viLLEAUX SEPT collines, Roinc. Celte ville Comprenait en réalité huit collines : l'Avenlin, le Capilolin, le mont Cœlius, le mont Esquilin, le mont Janicule, le mont Palatin, le mont Quirinal, elle moiitVim nal.

COLLINÉE, ch.-l. de cant., arr. et à 28 kil. N.-E. de Loudéap (Côtes-du-Nurd), à lasource de la Ranee; 791 hab.

COLLINEE (Simon, dit de), célèbre imprimeur, né ù Collinée, mort à Paris en l.i37. Il épousa la veuve du dernier des Estienne et inventa les caractères italiques.

COLLINGWOOD. I. ville de l'Ontario (Canada), sur la rive méridionale de la baie Géorgienne, à Ub kil. N.-O. de Toronto ; 4,930 hab. — n. Faubourg de Melbourne (Australie); 19,000 hab.

COLLINGWOOD (Cuthbert, lord), [kol'-lignoûdd], amiral anglais (1750-1810). Après s'être distingué dans la guerre contre les Américains et contre les Français, il reçut le commandement en second de la flotte confiée à Nelson, en 180'). C'est en cette qualité qu'il engagea, sur l'ordre de son chef, la bataille de Trafalgar; et lorsque Nelson fut tombé, mortellement blessé, il eut l'honneur d'achever la défaite des Français.

COLLIOURE, Caucoliberum, comm. de l'arr.

et à 30 kil. Iv de Céret (Pyrénées-Orientales), sur la Méditerranée; 3,321 hab. Pêche de la sardine; salaisons; liège des Albères, vin liquoreux, apprécié surtout sur les marchés d'Amérique. Fortifications élevées par Vauban et modifiées depuis ; ch.lteau sur un rocher escarpé; forts de l'Etoile et du Mirador, redoute de Palat on de Dugommier; redoutable fort Saint-Elme.

* COLLIQUATIF , IVE adj. [kol-li-kouatif]. Médec. Qui accompagne la colliquation, qui en résulte, qui affaiblit par la colliquation : sueur coUiyuattve ; dévoiement colUquatif.

m. [kol-li-ro-stre] (lat.

rostrum, bec). Zool. Dont

COLL

* COLLIQUATION [kol-li-koua-si-on] (lat.

coUiqucsrere, se liquéfier, fondre). Médec. Amoindrissement des parties solides, avec excrétion abondante et diminution de cohésion des liquides et avec accompagnement d'un notable affaissement des forces.

COLLIROSTRE s

collum, coUi, cou;

le bec ou le rostre nait du cou

* COLLISION s. f. [kol-li-zi-on] (lat. roUisio; de cum, avec ; Isedere, léser). Didacl. Choc de deux corps : les physiciens expliquent plusieurs phénomènes par la collision des corps. — Par ext. Lutte : collision de deux arméts; collision d'intérêts.

COLLO, CoHops Mngîîws, ville maritime, province et à 147 k. N. de Constantlne (Algérie), sur une baie qui porte son nom, par 37" 0' 40" lat. N. (à la mosquée) et 4° 12' "27" long. E.; 3,040 hab. Le corail est très abondant sur la côte. Laine, cire, miel, fruits secs. Collo forma, au moyen âge, une petite république qui était en relation d'aUaires avec la France'et l'Italie. Les Turcs s'en emparèrent en 1320 et les Français le U avril 1843.

COLLOBRIÈRES, ch.-l. de cant., arr. et à 39 kil. iN.-E. de Toulon (Var); 2,285 hab. Bouchons, châtaignes.

* COLLOCATION s. f. [kol-lo-ka-si-on] (lat. collocutio). Prat. Action par laquelle on range des créanciers dans l'ordre suivant lequel ils doivent être payés : on a fait la collocation de ses créanciers; procès-verbal de collocation, Voy. (Distribution, ordre). — Ordre, rang dans lequel chaque créancier est colloque : demande en collocation; bordereau de collocation. — Somme qu'un créancier utilement colloque a droit de toucher : recevoir le montant de sa collocation. — Collocation utile, collocation pour le payement de laquelle il y a suffisamment de deniers. — Collocation de l'argent, emploi qu'on fait de l'argent en le plaçant.

•COLLODION s. m. (gr. kollôdés, collant). Chim. Substance fortement adhésive produite en faisant dissoudre 8 parties en poids de coton-iioudre préparé, dans 125 parties d'éther rectifié et 8 parties d'alcool rectifié. Ou agite pendant quelques minutes le colon dans l'éther, après quoi, l'on ajoute l'alcool et l'on continue d'agiter. On obtient ainsi un liquide de consistance sirupeuse, très volatil, (pii laisseen s'évaporant une sorte de pellicule adhérente, laquelle s'attache avec ténacité à la surface du corps sur lequel a eu lieu l'évaporation. Celte propriété a fait admettre l'usage du collodion chaque fois qu'il s'agit de réunir les lèvres d'une plaie. On l'étend, à l'aide d'un pinceau, sur les parties malades. On le rend élastique par l'addition de 5 p. 100 d'huile de ricin. [I est alors employé pour soustraire certaines parties au contact de l'air, dans la variole par exemple. Le lad'etascollodion est un agglutinatlf commode pour réunir les petites plaies. — Le collodion ijue l'on emploie en photographie, a été inventé par l'anglais F. Scott Archer, qiiifitconii.-iltre cette découverte dans le journal le Cheinist en mars IS.'il. Le collodion sert de dissolvant pour fixer à une plaque de verre une pellicule d'un iodure dont la solution a été mélangée avec le collodion.

COLLODIONNER v. a. Photogr. Couvrir d'une couche de collodion.

COLLOÏDE adj. [kol-lo-i-de] (g;r. kolla colle, eidus, aspect). Pathol. Se dit d'une affection caractérisée par la producilon d'une matière gélatineuse, qui est renfermée dans une trame aréolaire : cancer colloïde.

COLLOIR s. m. Métier à coller.

COLLOMBET (François-Zènon), lillératn.ir et historien, né à Sièges (Jura) en INOS, tue pur

COLL

l'excès de travail en 18.ï3. Il a laissé 40 volumes, conipreiiant Vllisloire de sahit Jirômr (2 vol., I84i), et une Histoire critique de la suppression îles jésuites ("2 vol., I84fi).

COLLONGES, ch.-l. de cant., an-, elà 2r, kil. S.-U. de (iex (Ain), au pied du Credo; 1,503 liab. Vins blancs renommés.

* COLLOQUE s. m. [kol-lo-ke] (lat. cum, avec; loqui, pai-lcr). Dialogue, entretien de deux ou de plusieurs personnes : ils ont ensemble de fréquents colloques. (Fam.) — Le colloque de PûissY, conlorence célèbre qui fut tenue à Poissy entre les catholiques et les réformés, en 1.Ï61. — Au pluriel. Titre de certains ouvrages qui contiennent des dialogues sur diverses matières : ks colloques d'Erasme.

* COLLOQUER v. a. [kol-lo-Ué] (lat. vollocare; de cum, avec; locare, placer). Prat. Inscrire l'ordre suivant lequel doivent être payés des créanciers sur le prix de la vente, faite en justice, d'un objet qui appartenait à leur débiteur commun : il a été colloque utilement, en rang utile. — Fam. Mettre quelqu'un 3n une [ilace assez mauvaise : vous voilà lien colloque, vous voilà dans une position embarrassante. — »* Placer : on nous colloqua dans ime magnifique berline. — Livrer jiour se débarrasser : je lui ai colloque ma fille. — Appliquer, en parlant d'un coup ; je lui ai colloque deux soufllcts.

COLLOT D'HERBOIS (Jean -Marie Collot, dit), conventionnel montagnard, né à Paris en 17o0, mort à Cayenne le 8 janvier 1796. Ayant terminé ses éludes chez les oratoriens, il se voua, par goût, à la carrière dramatique, ajouta à sou non celui de d'Herbois, obtint de grands succès comme acteur, et aussi comme auteur, dirigea le théâtre de Genève et se retira à Cbaillot, près de Paris, lors(iu'ii ont réalisé une modeste fortune, La Révolution, qui établissait les droits des comédiens, ne pouvait manquer de trouver en lui un partisan des plus passionnés. 11 lit représenter des pièces politiques, telle que la Famille patriote (1790), et le Procès de Socrate (1791); en même temps, il devint l'un des orateurs les plus populaires du club des Jacobins. Son Almanaeh du Père Gérard obtint le prix au concours ouvert par cette Société politique pour le meilleur ouvrage populaire destiné à expliquer les principes de la Révolution. Ce petit livre, publié au bénéfice des soldats de Ghâteauvieux, injiistejnent condamnés sur le faux rapport de Bouille, eut un succès prodigieux el mit son auteur en évidence. Collot d'Herbois riarvint à obtenir la délivrance des soldats de Ghâteauvieux (1792). Commissaire de la Commune insurrectiennelle (11 août 4792), il sauva les Suisses qui s'étaient réfugiés aux Feuillants. Les électeurs l'envoyèrent à la Convention; il y proposa et y fit adopter l'abolition de la royauté (21 sept.), se prononça pour la mort de Louis XVI, fut nommé président de la Convention le -l.'t juin 1793, entra au Comité de salut public (sept. 1793) et fut chargé d'exécuter à Lyon les terribles décrets de la Convention; il les adoucit et ne fil que 330 victimes, alors que s'il élit obéi aux injonctions de Robespierre, il aurailpu frapper plus de 2,000 coupables. Après la chute de Robespierre, les thermidoriens s'acharnèrent à le perdre, ainsi que les autres membres du Comité de salut public. L'Assemblée, se contredisant elle-même, décréta la déportation de celui qui était faussement accusé d'avoir outrepassé ses pouvoirs à Lyon. A peine arrivé à Cayenne, Collot d'Herbois fut enfermé au fort de Sinnamary, sous prétexte que sa présence suffirait pour faire révolter les nègres; il mourut d'une fièvre cérébrale. 11 s'était ruiné au service de la Révolution.

* COLLUDER V. n. [kol-lu-dé] (lat. colludere). Jurispr. S entendre avec sa partie adverse au préjudice d'un tiers.

* COLLUSIÛW s. f. [kol-!u-zi-onl (lat. collu-

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sio). Intelligence secrète entre deux ou plu- 1 sieurs parties an préjudice d'un tiers : on voit ^ bien qu'il y a collusion entre eux. qu'il y a de la collusion. — Toute intelligence secrète dans les atl'aires pour tromper un tiers : on disait qu'il y avait collusion entre les chefs des partis contraires. 1

* COLLUSOIRE adj. Jurisjir. Qui se fait par collusion : acte collusoire; disposition collusoire; arrêt collusoire.

* COLLUSOIREMENT adv. D'une manière collusoire ■ cet arrêt a été rendu collusoirement.

COLLUTOIRE s. m. [kol-lu-loua-ioj (lat. collucre, lavei). Méd. Sorte de gargarisme qu'on applique au moyen d'un pinceau sur les gencives, au palais et à la face interne des joues.

* COLLYRE s. m. [kol-li-re] (gr. hollurion; do kollura, Irochisque). Méd. Topique quelconque spécialement destiné à être appliqué sur l'œil ou sur la conjonctive. Les collyres sont ordinairement liquides et consistent en solutions astringentes, à l'eau de saturne, au sulfate de zinc, à l'alun, au tannin, à l'eau de rose; en substitutifs fnitrate d'argent); en altérants (calomel, sublimé); et en narcotiques (belladone ou laudanum). — C. au borax, contre ro[ihlalmie : borax, Igr.; teinture de safran, 10 gouttes; eau, 30 gr. En instiller dans l'œil trois l'ois par jour dans l'ophtalmie simple.^ C. au sublimé: sublimé, 3 centigr.; eau distillée, 30 gr. Kn mettre ilans l'œil une fois par jour. — C. de Gimbernat : eau distillée, 30 gr.; potasse causti((U'', 1 décigr. Une goutte de temps en temps contre les taies; laver l'œil ensuite avec un liquide inucilagineux (Codex). — C. d'iodure de potassium : iodure de potassium, 1 gr.; hyilrotil de laitue, 99 gr. Bourrelets et taies conuiiençantes de la cornée (iodognosie). — C. résolutif des hôpitaux : eau de rose, 120 gr. ; aircKilal vulnéraire, S gr.; sous-acétate de plomb liquide, 4 gr.

COLMAN [kol-mann]. I. (George), l'Ancien, poète (Iraniatique anglais, né a Florence en 1733, mort fou en 1791. Il a laissé plus de 30 pièces. Ses (Euvrcs drnmatiqucs ont été publiées en 1777. — II. (George), b' Jeune, fils du précédent (1762-1830). Sa jolie pièce, John Bull (l.SOrt), est une spirituelle peinture des mœurs anglaises.

COLMAR. ville d'Allemagne, ch.-l. de la haute Alsace, ancien ch.-l. du dép. français du Haul-Hhin, au pied des Vosges, à 70 kil. S.-S.-O. de Strasbourg; 33,146 hab. C'est l'un des principaux centres de l'industrie du coton en Allemagne. Ville impériale libre dès le xin" siècle, elle fut entrainée dans les guerres civiles, sous Rodolphe de Hapsbourg et Adolphe de Nassau. Les Suédois la prirent en 1632; les Français s'en emparèrent et la- démantelèrent en 1673; elle fut cédée à la France en 1697 el revint à l'Allemagne en 1871. Lat. 48» 4' 41" N.; long. îj» 1' 20" E.

COLMARIEN, lENNE s. el adj. Habitant de Colinar ; qui appartient à celle ville ou à ses habitants.

COLMARS, Collis Martis, ch.-l. de cant., arr. et à oO kil. N.-E. de Castellane (Basses- Alpes); 708 hab. Fromages dits de Thorame.

* COLMATAGE s. m. Agric. Opération qui consiste à exhausser un bas-fond habituellement immergé, au moyen de terres prises dans des lieux plus élevés et que l'on fait charrier el déposer parles eaux elles-mêmes : le colmatage a pris naissance en Toscane.

COLMATE s. f. (ital. colmata). Terrement: résultat du colmatage.

COLMATER v. a. (ital. colmare, combler). Agric. Exhausse-.- ou fertiliser arliiîciellement les terrains bas ou stériles, au moyen des dépôts vaseux formés par les eaux des fleuves ou des mers.

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COLNE, ville du Lancasliire (Aneloterre), à 43 kil. .N. (Il- Manchester; 16,774 h. Manufactures de coton.

COLOCASE s. f. [ko-lo-ka-ze] (gr. kohkasia). Bot. Geni-e d'aroïdees, type de la tribu des colocasiées,renferiiiantde nombreuses espèces qui croissent dans les régions tropicales des deux continents, et que l'on recherche à

Colociibiii ((i.illuiliim) t'sciiluiita,

cause de leurs grandes et belles feuilles diversement colorées. L'espèce la plus connue est la colocaso comestible [colocasia esaileniu,), que l'on considère souvent comme une variété de la colocase den anciens \colocasia anliquorum) des Indes orientales; on la cuilivc dans tous les pays chauds, à cause de ses racines farineuses, que l'on fait sécher el torréfier; on mange aussi ses feuilles. La variété appelée tara croit dans les îles Sandwich; ses racines rôties, puis cuites dans de l'eau, (orment l,\ pâle appelée poi, qui contient beaucoup de fécule et est très nutritive.

COLOCASIÉ, ÉE. Bol. Qui ressemble nu qui se rapporte à la colocase. — s. 1. pi. Tribu d'aroiilées ayant pour type le genre colocase.

COLOCATAIRE s. m. Celui qui est locataire avec un ou plusieurs autres dans la luêinc maison.

COLOCOLO s. m. Espèce du genre chat qui vit en Guyane. Le colocùlo (feiis ferox),('sl de la taille de l'ocelot; son naturel est sauvage: il détruit une grande quaulilé de singes et de petits mamniifères.

COLOGNE, ail. kmln, ville très forte de la Pruss--, capitale d'un district de la province Rhénane, sur la rive gauche du Bliiii, à 60 kil. E.-N.-E. d'Aix-la-Chapelle; 321,548 hab., presque tous catholiques. Elle est réunie (par un pont de bateaux et par un pont en fer, long de 420 mètres) à Dieuze, qui se trouve sur l'autre rive du fleuve. Sa célèbre cathédrale, le plus vaste édifice gothique qu'il y ail au monde, mesure 119 m. de long, 7o de large, avec un clocher de Ho m. de haut. Les travaux di; cette cathédrale furent commencés en 12.-)0: on les abandonna plusieurs fois, et on les termina en 18S0. On trouve a Cologne plusieurs autres églises remarquables, une nouvelle synagogue, une maison de ville où se réunissaient autrefois les marchands de la Hanse, la Gûrzenich ou Kaufhaus, une grande bibliothèque publique , et plus de vingt établissements où l'on fabrique de l'eau de Cologne. Cette grande ville doit son origine à un camp romain dans lequel les Ubii furent transférés, d'où son nom d'Oppidum Ubiorum. La mère de Néron, Agrippine, qui y naquit, poussa son mari, Claude, à y fonder en ;il ap. J.-C, une colonie sous le nom de Colonia Agrippina. Jusqu'au temps de la Révolution française, les deux bourgmestres portèrent la loge consulaire, el les notables

COLO

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citoyens formèrent une classe patricienne. | faite aux frais de ma couronne de Castille ; Pendant plus de deux siècles, Cologne fut j'engagerai mes bijoux, s'il le faut ». Le docuune ville hanséatique, et au moment de sa | ment royal, signé le 17 avril 1402, en vertu plus grande puissance, elle put mettre 30,000 j duquel Colomb fut mis à la tête d'une expéhommes sous les armes; elle posséda de l dition d'exploration, porte les signatures de

Cathédrale de <;ologtie en 1«76.

grands privilèges et un vaste commerce. Mais sa prospérité déclina rapidement après l'expulsion des protestants, en 1618. Les Français qui l'occupèrent en 1794, prohibèrent la mendicilé et sécularisèrent les établissements religieux. Elle fut cédée à la Prusse en 1814. Lat. nO" 56' 29" N.: long, 4° 37' 28" E.

COLOGNE lEau de'. Voy. Eau.

COLOGNE, ch.-l. de cant., arr. et à 23 kil. N. de Lonibez (Gers); 620 hab.

COLOMB (Saint). Voy. Columba.

COLOMB [ko-lon] (ital. Colombo; espag. Colon), l. Christophe, célèbre navigateur qui découvrit l'Amérique, né à Gènes (Italie) en 1435 ou en li36, mort à "Valladolid (Espagne), le 20 mai l.ï06. Après quelques hâtives études à l'univeriité de Pavie, il entra, dès l'âge de 14 ans, dans la carrière maritime et lit plusieurs voyages sur la Méditerranée, à bord d'un navire marchand. Etabli à Lisbonne en 1470, il y épousa Felipa, fille du navigateur italien Perestrello, qui lui fournit des indications sur les pays qu'il avait visités. Christophe Colomb gai.'nait sa vie à dessiner des plans et des cartes; avide de s'instruire, il visita la côte de Guinée. En 1477, il fit un voyage au N.-O., à 100 lieues au delà de '< l'île de Thulé >>, que l'on supposait être l'Islande; il atteignit 73» de lat. N. On pense que ses conversations avec des marins islandais lui firent connaître l'existence d'une terre que les anciens navigateurs Scandinaves avaient découverte en occident. Peu après, il visita l'établissement portugais de San Jorge da Mina, sur la côte de Guinée. Ayant conçu l'idée d'atteindre l'Indoustan par une route nouvelle, du côté de l'Occident, il s'en ouvrit par correspondance à Paulo Toscanelli, savant cosmographe de Florence, qui dressa la carte du chemin que Colomb devait parcourir dans son premier voyage d'exploration. Ayant vainement demandé des secours à Gèn«s, au roi Jean II de Portugal et à Ferdinand d'Espagne, il ne se laissa pas abattre par les privations ni par les déboires et continua de se chercher des protecteurs. Le collège de Salamanque avait déclaré que son projet était impie, parce qu'il est contraire aux Ecritures de croire aux antipodes; aussi Colomb fut-il repoussé de toutes parts. 11 parvint à soumettre son projet à la reine Isabelle qui, supérieure aux préjugés des théologiens, s'écria avec enthousiasme : « Cette entreprise sera

Ferdinand et d'Isabelle; mais il est prouvé que celte dernière seule en fit les frais. 11 fut convenu, entre autres choses, que Colomb et ses héritiers mâles auraient pour toujours l'office d'amiral pour toutes les terres qu'il découvrirait; qu'il serait vice-roi et gouverneur général de ces terres, et qu'il recevrait un dixième des pierres et métaux précieux, ainsi que des marchandises, obtenus dans l'étendue de sa juridiction. Une lettre de privilège l'autorisa à prendre le titre de don. Une flottille de trois navires fut mise à i^a. disposition. Il prit le commandement do l'un de ces navires; les deux autres furent confiés aux Pinzons. Cette flottille, portant 120 hommes et des provisions pour un an, quitta Palos, le 3 août 1492. Au bout de six semaines de navigation, les équipages, effrayés par la déclinaison de l'aiguille aimantée et par la rencontre d'herbes marines inconnues, demandèrent à revenir en Espagne. Colomb dut déployer une grande énergie pour entraîner ses compagnons vers les terres qu'il entrevoyait dans son esprit. Le 12 octobre, au moment où les matelots désespérés allaient le forcer au retour, il aperçut l'une des îles Bahama, dont il prit possession pour la couronne de Castille et qu'il nomma San-Salvador, en commémoration des dangers qu'il avait surmontés. ■ Naviguant ensuite vers le sud, à la recherche d'une région produisant de l'or, il découvrit les îles de la Conception, d'Exuraa, de Larga, de Cuba et d'Haïti, qu'il nomma Hispaniola. Sur la baie d'Hispaniola, appelée depuis Caracola, il bâtit un fort, dans lequel il laissa 39 hommes, et il fit ensuite voile pour l'Espagne, où il arriva le 15 mars i;)93. Il fut accueilli avec des honneurs extraordinaires; et les souverains des Espagnes le traitèrent d'égal à égal, tant était grande leur admiration pour celui qui venait de leur donner un royaume. Colomb avait eu soin de ramoner avec lui quelques sauvages, de brillants oiseaux, des plantes inconnues et surtout des métaux précieux, car le but de son exploration n'avait pas été positivememcnt scientifique. Colomb reçut le commandement d'une flotte de dix-sept navires, portant 1,!)00 hommes. Il partit de Cadix le 2r) sept. 1493, découvrit les iles Cara'ibes, la Jama/cpic et Porto-Rico, fonda une colonie à Hispaniola, et laissa le commandement à son frère Hartolomeo, nommé par lui lieutenant gouverneur. Il revint eu Espagne, pour défendre son

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administration contre les calomnies de ses ennemis (1496). S'étant disculpé, il repartit en 1498, avec six navires. Pendant ce troisième voyage, il découvrit l'embouchure de rOrénoque, la côte de Para, et les iles de la Trinité, Margarita et Cubaqua. Il reconstitua la colonie désorganisée d'Hispaniola et se fit de nouveaux ennemis en rétablissant l'ordre. Accusé de vouloir se rendre indépendant, il fut arrêté, ainsi que ses deux frères, par Bobadilla, envoyé d'Espagne pour cet objet. Il fut chargé de chaînes et transporté en Espagne (IbOO). Le roi, dont Bobadilla- avait outrepassé les ordres, fit rendre la liberté à Christophe Colomb ; mais il donna le gouvernement d'Hispaniola à Nicolas Ovando, et rejeta les réclamations de l'illustre explorateur. En lb02, Colomb, à la tête de quatre caravelles et de l.ïO hommes, partit à. la recherche d'un passage pour les Indes, à travers le golfe du Mexique. Il longea la terre au S. de ce golfe et, après de grandes soufl'i-ances, il retourna en Espagne, en 1504. Ses dernières années se passèrent à tâcher d'obtenir du roi la réalisation de ses promesses. Il fut enterré avec une grande pompe à Valladolid. Ses restes furent transférés à Séville en 1513, à Saint-Domingue en 1536, à la Havane en janv. 1796. On dit que la première inscription de sa tombe fut : « A Castilla y a Léon Nuevo Mundo dio Colon. » « A la Castille et à Léon, Colomb donna un Nouveau Monde. » — Après sa mort, son fils aîné, Diego, recouvra la vice-royauté d'Hispaniola. Louis, fils de Diego, échangea cettedignité héréditaire contre le titre de duc de Veragua, et avec lui s'éteignit la descendance masculine de Colomb. Son second fils, Fer- NAND, a laissé une courte mais intéressante biographie de Christophe Colomb (trad. franc, de Cotolendy, 1681). Les CEiwres complètes de Christophe Colomb ont été publiées à Lyon, par Torre, en 1864. Les meilleures biographies de cet explorateur sont celles de Bossi (1818; trad. par Urano, 1825); de Spotorno, d'Irving (1828, 4 vol.; trad. de Merruau, Paris, 1838); de Helps (1869); et d'Ortega y Frias (1874). — IL (Bartolomeo), frère aîné de Christophe Colomb, né à Gênes vers 1432, mort en 1514. Dessinateur de cartes à Lisbonne, il partageait les opinions de son frère et, de même que lui, voyagea beaucoup. 11 se rendit en Angle- ' terre pour tâcher de gagner les bonnes grâces du roi Henri VII, en faveur de l'expédition projetée par Christophe ; il ne réussit pas dans cette entreprise, et pendant son retour, il apprit, en France, qu'un nouveau monde était découvert. La reine Isabelle lui donna le commandement de trois navires chargés de provisions pour la nouvelle colonie d'Hispaniola; et à son arrivée dans cette colonie, Christophe le nomma adelantado ou lieutenant gouverneur. Il partagea l'emprisonnement de son frère; mais le roi espagnol conlirma son titre et lui donna, en toute propriété, la petite ile de Mona, près d'Haïti.

* COLOMBAGE s. m. Charpent. Rang de solives posées à plomb dans une cloison de charpente, dans un pan de bois.

COLOMBAN (Saint), né en Irlande, vers 543, mort à Bobbio (Italie) en 615. D'abord moine en Irlande, il se rendit dans la Gaule avec douze compagnons en 575, et fut invité par le roi Contran à se fixer en Bourgogne ; il y fonda plusieurs monastères, mais finit par se faire chasser, à cause de la rudesse avec laquelle il parlait aux princes. Il voulait retourner en Irlande, lorsqu'il fit naufrage sur les côtes de Bretagne; il se dirigea alors vers l'Italie et convertit, chemin faisant, les habitants de l'Austrasie. Il resta trois ans à Bregenz, sur le lac de Constance, au milieu des Suèves et des Allemani. La défaite de sa protectrice, Brunehaut, l'ayant contraint de fuir, il laissa chez ces peuples, un de ses dis-

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ciples, saint Gall, qui fondal'école monastique portant son nom. En Italie, Colomban prOcha contre i'arianisme. Le roi Agilulf lui donna le territoire de Bobbio, surla Trebbia, et Colomban y fonda une église et un monastère. Clolaire II l'invita en vain à revenir en Gaule. Ses œuvres ont été publiées parSiriu (Louvain, 1667). — Fête, le 21 novembre.

COLOMBAR s. m. Ornith. Sous-genre de pigeons, comprenant des espèces à gros bec qui vivent de fruits et habitent dans les bois.

COLOMBE s. f. (lat. colombn). Pigeon. Mot consacré à la poésie et au style soutenu : JupiliT ftit nourri par des colombes ; la colombe était l'oiseau lie Véinis. — S'emploie également, au lieu de pigeon, dans toutes les phrases tirées ou imitées de l'Ecriture sainte : le Saint- Esprit drscendil en forme de colombe sur N.-S-, les femmes présentaient au temple, le jour de leur purification, une paire de tourterelles ou de colombes. — Colombes blanches, voy. Skoplzy.

COLOMBE (Sainte), vierge qui souffrit le martyre à Sens, vers 273. — Fête, le 31 déc.

COLOMBE, ÉEadj. Ornith. Qui ressemble à une colombe. — s. f. pi. Famille d'oiseaux comprenant le seul genre pigeon.

COLOMBE DE NOÈ, constellation. (V. S.)

COLOMBEL (Nicolas), peintre, né à Sotteville, près de Rouen, en 1046, mort à Paris en 1717. Il a décoré plusieurs des appartements de Versailles.

COLOMBES, commune du cant. de Courbevoie (Seine), sur la rive gauche de la Seine ; 16,79S hab. Nombreuses villas.

COLOMBEY, ch.-l. de cant., arr. et àl7kil. S. de Toul (Meurthe-et-Moselle ; 800 hab.

COLOMBI, petite île située près de la côte d'Algérie, par 36° 26' 20" lat. N. et 4» 12' 27" long. E. — Colombidés. (V. S.)

COLOMBIE (République de), contrée qui s'appela, jusqu'en 1861 , Nouvelle-Grenade, république de l'Amérique du Sud, entre 12° 21' lat. N. et 1" 20' lat. S. et entre 71» 12' et 85» 2!)' long. 0 ; bornée an N. par la mer des Antilles, au N.-E. et à l'E. par la république de Venezuela, au S.-E. par le Brésil, au S. par l'Ecuador, à l'O. par l'océan Pacifique et par Costa-Rica. Sa plus grande longueur du N. au S. est d'environ 1,500 kil. ; sa plus grande largeur de 1,200 kil.

Superficie: 1,331,045 kilom. carrés.

Population, environ 3,899,000 habitants.

A la suite d'une ruineuse révolution de plusieurs années, les Etats-Unis de Colombie ont adopté, le 4 août 1 886, une nouvelle constitution et reçu un nouveau nom.

La République a cessé d'être fédérale pour devenir centrale, et le pays porte aujourd'hui le titre de o République de Colombie ».

La souveraineté des 9 Etats est abolie ; il n'y a plus que des déparloinents dont les chefs, au lieu de recevoir le titre de présidents, ne sont que de simples gouverneurs, nommés directement par le président de la République.

Ce dernier est installé pour six ans ; le Sénat se compose de 27 membres (3 pour chacun des 9 départements .

La chambre des représentants compte 68 membres élus par le sutl'rage universel, chaque département formant un collège électoral qui envoie un député par 30,000 habitants, élu pour 4 ans.

Pour être électeur, il faut avoir l'âge de 21 ans accomplis et savoir lire et écrire, ou bien posséder soit un revenu annuel de 5U0 pesos, soit une propriété foncière d'au moins 1,500 pesos.

Les membres de la chambre des représentants doivent être âgés de 25 ans ; les sénateurs de 30 ans accomplis.

Capitale : Bogota, 120,000 habitants.

Les blancs, d'origine espagnole, sont au nombre d'environ 1 million; les mestizos sont aussi nombreux ; le surplus de la population se compose de mulâtres, d'In diens civilisés, de nègres et de Zambos par parties égales. — Près de la frontière méri (lionale, la chaîne dos Andes se divise en deux branches : l'une, (jui se dirige à l'Occident, suit la ligne des côtes ; l'autre, plus élevée, forme une série de plateaux qui s'étendent à une hauteur variant entre 2,000 et 4,000 m. au-dessus du niveau de la mer. Cette dernière chaîne se divise en deux rameaux presque parallèles, dont le point culminant, dans la chaîne de Santa-Marta, dépasse 5,000 mètres. Entre ces montagnes gisent d'immenses plaines de différents caractères. A 1 E., les llanos, qui vont jusqu'à l'Oréncque, se composent de déserts sans arbres, briilés par le soleil ou couverts de marais. La côte occidentale et une grande partie de l'isthme de Panama sont revêtues de forêts luxuriantes presque impénétrables qui n'ont pas été complètement explorées. Les côtes sont partout profondément découpées de baies vastes et sûres, parmi lesquelles nous citerons les golles de Darien et de Maraca'ibo sur la mer des Antilles et le golfe de Panama sur le Pacifique. Principaux ports: Aspinwall, Cartagena, Sabanilla, Santa-Marta et Rio-Hacha sur l'Atlantique; Panama et Buenaventura sur le Pacifique. Les portions de l'E. et du S.-E. sont arrosées par les tributaires de l'Orénoque et de l'Amazone ; les plus importants de ces cours d'eau sont la Magdalena, son tributaire la Cauca, et l'Atrato, qui se jette dans le golfe de Darien et que les plus gros navires peuvent remonter jusqu'à 27o kil. de son embouchure. L'or, l'argent, le cuivre, le plomb, le fer, le mercure, le charbon, le sel, les émeraudes, l'améthyste se trouvent en plusieurs endroits. Le climat présente les plus remarquables contrastes, en raison des différences d'altitude du territoire. Le long des côtes, où la fièvre jaune règne à l'état endémique, la température est chaude et lourde, l'air est malsain ; sur les plateaux au contraire, on jouit d'un printemps perpétuel et les fièvres pernicieuses sont presque inconnues. Dans la plaine de Bogota, la pluie tombe chaque après-midi pendant quelques heures seulement de la saison sèche; tandis que dans les forêts de Darien elle tombe sans cesse. — La flore combine à peu près tous les produits des zones torride et tempérée. Les immenses forêts, encore inexplorées, abondent en arbres d'une grande valeur : cincbona, palmier pitayo, cèdre, tolu, vanille, lignum vitœ, acajou et caoutchouc. Parmi les animaux indigènes, on distingue le jaguar, le puma, plusieurs espèces de singes, le paresseux, l'armadillo, le fourmilion, le cabiai et le tapir. Dans les contrées basses et chaudes, il faut craindre l'alligator, le boa constrictor et les nombreux serpents venimeux. Le condor plane dans les régions des Andes et se repose sur les plus hautes sommités. Les tortues et le poisson abondent sur les côtes ; on trouve des perles et du corail dans la baie de Panama et près de Cartagena. — Les céréales sont cultivées sur les plaines, et le riz, le coton, le sucre, le café, le tabac, le cacao et les fruits des tropiques croissent le long des côtes. Dans les plaines orientales, les habitants, qui sont généralement des créoles, se livrent exclusivement à l'élève des chevaux, des mules et desbœufs. L'industrie manufacturière est peu avancée ; à Bogota et dans quelques autres villes, on travaille le coton, la laine, la paille ; on fabrique du savon, des tapis, du cuir. — Le commerce a lieu particulièrement avec la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la France, les Etats-Unis et Venezuela. Moyenne des importations : 12 millionsde pesos; moyenne des ex portations : 17 millions de pesos. Les prin-

cipaux articles exportés sont : l'or et l'argent en barres, le quinquina, le café, les peaux, le tabac, les chapeaux de paille, le caoutchouc et le coton. Ce vaste territoire n'est encore desservi que parde petites voies ferrées :rune, qui traverse l'isthme de Panama, mesure 75 kil. ; l'autre, de Sabanilla (embouchure du lleuve de la Madeleine) à Barranquilla, n'a pas plus de 28 kil. En tout, 347 kilomètres. Lignes télégraphiques, 8,049 kilomètres. La constitution de 1863, modelée sur celle des Etats-Unis, donnait le pouvoir exécutif à un président élu pour deux ans par le peuple des différents Etats, à une majorité absolue des Etats; ce présidentétaitdoubléd un vice-président et d'un ministère. Le pouvoir législatif appartenait au congrès composé d'un sénat (3 membres par Etat) et d'une chambre de représentants (61 membres, élus par le suffrage universel). Le pouvoir judiciaire dépendait de la cour suprême do Bogota, aux membres nommés par les chambres législatives des neuf Etats. Chaque Etat avait sa constitution. Recettes, 24,500,000 pesos ; dépenses, 25,500,000 pesos; déficit, 1 million de pesos. Dette extérieure, 25 millions de pesos; dette intérieure, 11 millions de pesos ; dette totale, 36 millions de pesos. Depuis quelques années on accorde une grande attention à l'instruction publique ; 1,S0U écoles (publiques ou privées) reçoivent plus de 75,000 élèves. 11 y a une université à Bogota. — La liberté religieuse existe de la manière la plus absolue ; le catholicisme, culte dominant, possède un archevêché à Bogota. — Monnaies, poids et MESURES. Système décimal français. L'unité de monnaies est le peso d'or = 5 fr. ; il y a des pièces de 1 0 et de 20 pesos. Le peso d'argent vaut 5 fr. Il y a des pièces de 2 decimos== 1 fr. ; 1 decimo = 0 fr. 50 ; et 1 /2 decimo = 0 fr. 2^1. — HisT. Les côtes de la Colombie furent découvertes par Alonso de Ojeda en 1499 et visitées par Rodrigo Bastidas en 1501, puis par Christophe Colomb en 1502. On leur donnalenomde Nouvelle-Grenade. Le territoire de ce pays, de même que ceux du Mexique et du Pérou, était habité par un peuple que l'on distinguait en deux branches : 1» les sauvages des terres basses et des régions côtières; 2» la famille demi-civilisée des plateaux. Dans les montagnes vivaient les Muyscas ou mieux Chibchas. La conquête espagnole s'effectua en 1536-'7 et le pays fut érigé en vice-royauté appelée Nouvelle-Grenade, en 1718. Les premiers efforts pour secouer le joug de l'Espagne furent faits en 1781 et en 1795. L'indépendance, proclamée en 1811, fut assurée par Bolivar en 1810, époque où la Nouvelle-Grenade, associée à Quito et Venezuela, forma la république de Colombie. Cette union fut dissoute en 1829, par suite de la révolte de Venezuela ; en 1830, l'Ecuador forma une république particulière. La Nouvelle-Grenade adopta une constitution en 1832 et fut continuellement troublée parla lutte des partis. Au commencement de 1800 le parti libéral, sous la conduite du général Thomas Mosquera, prit les armes contre le président Ospina, représentant du parti fédéral ou conservateur. Le 18 juillet 1861, Bogota tomba au pouvoir de Mosquera qui agit comme dictateur jusqu'à la proclamation de la nouvelle constitution (8 mai 1863). Pendant cette dictature, la révolution fut complète : un congrès des Etats libéraux détruisit jusqu'au nom de l'ancienne république et adopta celui de Colombie. Le premier président Murillo Toro, élu pour deux ans, descendit constitutionnellement du pouvoir le 1°"' avril 1866 ; Mosquera, son successeur, fut moins heureux et fut emprisonné par l'ordre du congrès avant l'expiration de son mandat Depuis lors le pays a été souvent troublé par la guerre civile. (V. S.)

COLOMBIE ANGLAISE, province de la fédération du Canada, entre 48» 18' et 60° lat. N.

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et entre 1IG° et 141" long. 0., bornée par les lerritoirr-s du >'.-0.,le5 niL)ntaf.'nes Rocheuses, les Etals-Unis, le Pacifique et Alaska ; 885,944 kil. carr.; 98.173 liab., dont 500 nègres, 3,o00 Chinois et 23,000 Indiens. Cette province comprend l'ile V'ancouver et les îles de la reine Charlotte. Sa capitale est Victoria, dans l'ile Vancouver. Exportation d"or, de charbon de teri-e, de poisson et de fourrures. Rivières navigables : Colunibia et Fraser. Climat sain et relativement doux.

COLOMBIEN, lENNE s. et adj. Habitant de la Colombie; qui appartient à ce pays ou à ses habitants.

* COLOMBIER s. m. Bâtiment en forme de tour ronde ou carrée, où l'on retire et nourrit des pigeons : colombier bien yarni: VéehiUe, les boulins d'un colombier. — Colombirr a pied, colombier qui a des boulins depuis le sommet jusqu'au rez-de-chaussée : autrefois, il n'était permis qu'aux seigneurs hauts justiciers d'avoir des colombiers à pied- — Prov. et fig. Faire venir, .atiiker les pigeons au colombier, attirer des chalands, des personnes qui apportent du profit; et, dans le sens contraire :

CHASSER LES pigeons DU COLOMBIER. — Législ.

<i Le droit de co/ombier était l'un des nombreux privilèges seigneuriaux qui ilorissaient avant la Révolution française, et le Tilain qui tuait un pigeon était soumis à une forte amende; mais ce droit a été aboli par l'article 2 du décret de l'Assemblée nationale des 4-11 août 1789. D'après le Code civil, les pigeons des colon)biers doivent être considérés comme immeubles par destination tant qu'ils restent attachés au fonds et qu'ils ne sont pas vendus par le propriétaire (art. 'àii). Mais ^i ces pigeons passent dans un autre colombier, ils cessent de faire partie du premier et ne peuvent être revendiqués, à moins qu'ils n'aient été attirés par fraude et artifice (id., art. n64). Les maires peuvent ordonner la fermeture des colombiers, aux époques dessemailles et des moissons. » (V. S.J (Ch. Y.)

' COLOMBIER s. m. Papet. et impr. Sorte depapierd'uii grand format : grand colombier.

COLOMBI-GALLINE s. f. Ornith. Sous-genre de pigeons qui vivent à terre sans percher. — Plar. des colombi-gallines.

COLOMBI-HOCCO s. m. Sous-genre de pigeons qui a pour type le goura. — Plur. des

COLOMBI-HOCCOS.

* COLOMBIN, INE adj. Qui est d'une couleur mélangée enlri.' le rouge et le violet, approchant du gris de lin : taffetas colombin ; soie colombine; couleur colombine. On dit aujourd'hui : gorge de pigeon. — »v Qui a rapport aux pigeons : innocence colombine. — s. m. pi. Famille d'oiseaux ayant pour type le genre pigeon.

* COLOMBINE s. f. Agric. Fiente de pigeon; et, par ext., celle des vulaiUcs : la cuLiubine est un très bon engrais.

COLOMBINE, l'un des personnages de la comédie italienne et des théâtres forain';, ordinairement une frétillante soubrette courtisée par Arlequin. Elle porte invariablement un costume blanc ut un tablier vert.

COLOMBI-PERDRIX s. 1. Ornith. Sous-genre de pigeons qui a pour type la colombe à tête bleue. — Plur. des colombi -perdrix.

COLOMBIUM s. m. [ko-loii-bi-omm]. Métal découvert en 1801 Jjar C. llatchett, dans un minéral nommé culoiiibite. 11 est identique au niobiura.

COLOMBO s. m. Racine d'un arbrisseau de la famille dcsménispennées, employéeen iiiédecinr pour combattre la dyssenlerie, les affections chroniques des voies digestives et le choléra.

COLOMBO ou Columbo, ville de Ceylan, siège diigouvernemeiitetprincipal jiort delacôtcO.; 130,000 hab. La colonie européenne s'est

établie sur une péninsule rocheuse. Colombo fut occupé par les Portugais en 1S17, pris

Cathédrale de Colombo.

par les Hollandais en 1603 et par les Anglais

en 17!)6.

COLOMBOPHILE adj. et s. (lat. columbus, pigeon ; gr. phileô, j'aime). Qui aime les pigeons : société colombophile.

* COLON s. m. (lat. colonus). Celui qui cultive une terre, dans quelque pays que ce soit: lu pays manq'ue de colons. — juri<pr. Colon partiaire, cultivateur qui rend au propriétaire une portion convenue des récoltes et des autres produits de sa ferme. — Celui qui fait partie d'une colonie, qui habite une colonie : ■un r'iclie colon, de nombreux colom — Hist. Dans le Bas-Empire. Personne non libre attachée au sol. — Désignait, chez les premiers Francs, les hommes appartenant à la classe intermédiaire entre celle des hommes libres et celle des serfs.

COLON ou Aspinwall, port de Colombie, tête de ligne, sur l'Océan, du chemin de fer de l'isthme de Panama; à l'-j kil. iN.-O. de Panama; 7,000 hab. Ville fondée en ISbO par la compagnie du chemin de fer, dans la petite ile de Manzanilla, baie de Limon, sur le meilleur port de la côte.

' CÔLON s. m. (gr. kôlon, membre). Anat. Partie du gros intestin qui s'étend du caecum au rectum, de la région iliaque droite à la région iliaque gauche. Il se divise en quatre portions : côlon ascendant ou colon lombaire droit, du côté droit, depuis la fosse iliaque droite jusiju'à l'hypocondre du même côté; le colon trattsoerse ou arc du côlon, d'un hypocondre à l'autre, au-dessous de l'estomac et au-dessus du petit intestin ;lecû/oncicscen(/rtnï, du côté gauche; et l'S iliaque, dans la région gauche, terminé dans le rectum. Le côlon d'un homme mesure environ! m. 40 centim. de long et 2 centim. et demi de large. Chez les mammifères, il existe ordinairement un côlon bien marqué; exce[ité chez les édeiités, où l'on ne l'ait aucune distinction entre le gros intestin et le petit intestin. Chez les carnivores, le côlon est court, large et cylindriiiue ; chez les herbivores, il est long; chez le cheval, ijui a les intestins 19 fois aussi longs que le corps, le côlon mesure plus de 6 mètres.

COLONAGE s. m. Exploitation du colon partiaire : bail à colonagc. — Législ. " Le colonage dillère du bail a ferme eu ce quç le propriétaire, au lieu de recevoir un revenu li.xe, en argent ou en nature, est soumis aux chances des récoltes etpartaf;e les produits de la métairie avec l'exploitant ou colon partiaire. La portion de fruits qui revient au bailleur s'acquiert donc seulement par la perci plion, tandis que, dans le bail à ferme, les fermages sont des fruits civils qui s'acquièrent jour par

jour (C. civ. 580). ce qui a d'importantes conséquences juridiques, par exemple, en matière d'usufruit. En outre le fermier peut sous-louer ou céder son bail, à. moins de prohibitions formellement exprimées dans la convention, tandis que cette faculté est interdite au colon partiaire, à moins qu'elle ne lui ait été expressément accordée; et si ce dernier contrevient à la défense, le propriétaire peut demander la résiliation du colonat, rentrer ainsi en jouissance de la métairie, et réclamer des dommages-intérêts (id. 1763, 1764). C'est que le colon partiaire est en quelque sorte l'associé du bailleur et qu'en principe, un associé ne peut introduire une tierce personne dans la société sans le consentement de ses coassociés (id. 1861); néanmoins le colouage n'est pas résolu par la mort du preneur, et il continue avec les héritiers (id. I74"2). Le cheptel, lorsqu'il est l'accessoire du colonat, est soumis en général aux règles du cheptel simple (id. 1829). Voy. Cheptel. La loi du 10 vendémiaire an IV (titre iv, art. 10) avait i-eadu les communes responsables envers les propriétaires auxquels leurs fermiers refusaient de livrer leurs parts de fruits; mais si cette disposition législative peut s'expliquer historiquement, les principes du droit civil, établis postérieurement par les codes, s'opposent aujourd'hui à ce que le recours puisse être exercé. Le bail à colonagefait l'obiot du titre deuxième du projet de code rural, présenté au Sénat par le gouvernement le 13 juillet 1876; et ce titre a été adopté par le Sénat le 17 juin 1880. Nous résumerons, s'ilyalieu, les dispositions de cette loi nouvelle, au mot Métayage qui est le synonyme de bail à colonage partiaire. » (V. S.) (Gh. Y.)

COLONAT s. m. Etat de colon, surtout dans l'ancienne Rome et pendant le moyen âge.

COLONE, village de la Grèce ancienne, dans l'Attique, un peu au nord d'Athènes. ÛEdipe, devenu aveugle, s'y retira.

* COLONEL s. m. (rad. colonne) Celui qui commande un régiment : le colonel de tel régimnct; colonel d'infanterie, de cavalerie.; colonel d'artillerie à pied, achevai; colonel de hussards; lieutenant-colonel. — Officier qui, sans avoir de régiment, a le grade de colonel : colonel du génie; colonel d'état-major. — Colonel général, celui qui, en vertu d'un titre honorifique, est à la tête de tous les corps d'une même espèce de troupes : colonel général des hussards. — Hist. François 1"'' donna le titre de colonel au premier capitaiue de chacune de ses légions (1534). Ce titre fut remplacé par celui de chef de brigade le 21 février 1793, et rétabli par décret du 1" vendémiaire an Xll (1803); un décret du 23 mars 1809 créa Itscolonels en second, qui cessèrent d'exister en 181b.

COLONELLAT s. m. Titre, grade de colonel.

"COLONELLE adj. f. Désignait autrefois la première cunipagnie d'un régiment, celle qui n'avait point d'autre capitaine que le colonel : la compagnie colonelle. — Substantiv. La colonelle; il n'y a plus en France de colonelles. — w Femme d'un colonel : madame lacolonelle.

COLONIA AGRIPPINA ou Agrippinensis ,

aujourd'hui Cologne (Allemagne), .iiniiiiiie ville des Ubii, appelée Oppidum ou VicHas Ubiorum. (Voy. Cologne).

COLONIAIRE adj. Qui a rapport à une colonie romaine et à ses habitants ; soldat colouiuire.

' COLONIAL, ALE, AUX adj. Qui est relatif aux colonies, qui vient des colonies : régime colonial; — Coloniale (Ecole'. (V. S.)

* COLONIE(lat. colonia; de colère, cultiver). Proprem. Héunion d'hommes sortis d'un pays ]iour aller en habiter un autre; et, par ext. population qui s'est formée et qui se perpétue

dans le lieu de leur établissement : envoyer une colonie ; les homains envoyaient des colonies de vétérans dans les villes qu'ils avaient conquises; vue colonie de Phocéens vint fonder Marseille. — Lieu, pays habité par une colonie : Marseille était une colonie des Vhoiéens; Cologne était une colonie romaine; les colonies d'Amérique ; la Mai-Unique eut une colonie française. — Absol., au pliir. Antilles françaises : il est mort da/is les colonies, aux colonies. — CoLONiK AGRICOLE, établissement fondé à l'elfet de défricher des terrains incultes et de donner du travail aux indigents valides. — Etablis.senient qui a pour but de moraliser les jeunes détenus en les occupant au.\ travaux de la terre : la colonie de Meltray. — Périssent LES COLONIES PLUTÔT QU'UN PRINCIPE, ni«t

célèbre, prononcé à la Constituante, dans sa séance du l.S mai 1791, par Robespierre, réclamant la liberté des nègres, dont l'émancipation allait, disait-on, ruiner les colonies. On l'attribue aussi à Barnave; mais ce dernier était, au contraire, partisan de l'esclavage. Cet axiome, d'une haute moralité, est souvent employé pour dire qu'il ne faut pas hésiter à sacrilier notre intérêt à la justice. — Encycl. Les Phéniciens donnèrent le premier exemple d'un peuple colonisateur; car jusqu'alors il n'y avait eu que des migrations de hordes qui, une fois établies sur le territoire envahi, ne conservaient aucune relation avec leur pays d'origine. Les colonies phéniciennes, au contraire, avaient un but commercial; elles mettaient la mère patrie en relations continues avec les iles de la Méditerranée, et les côtes d'Afrique et d'Espagne ; elles furent un puissant agent de civilisation. Quelques colonies antiques devinrent elles-mêmes métropoles ; telles furent : Carthage , colonie tyrienne, et Mai-seille, colonie phocéenne. Le régime des colonies variait suivant les pays; celles de Tyr restaient sous la dépendance polilique de la mère patrie. Les Grecs fondèrent des colonies sur les côtes de Macédoine, de Thrace et d'Asie Mineure, sur les îles de l'Archipel et de la mer Ionienne, en Crète, à Rhodes, à Chypre, dans l'Italie méridionale, en Sicile, en Cyrénaïque, et sur les rivages les plus éloignés de la Méditerranée. Les colonies grecques se distinguaient ordinairement en colonies doiiennes, ioniennes ou éoliennes, suivant la tribu dont elles avaient tiré leur origine; sous l'influence de la liberté politique, elles dépassèrent souvent leur mère patrie dans la culture des lettres, de la philosophie, des beaux-arts et de la civilisation. Milet devint à son tour une puissance colonisatrice; Ephèse, Syracuse, Rhodes et Cyrène acquirent un haut degré de richesse et de splendeur. Les colonies romaines, établies sur les terres conquises, faisaient partie de l'Etat, leurs membres possédant tous les droits des citoyens romains, y compris celui de suffragiiim ou de vote, et celui des honores, ou de pouvoir remplir des emplois. Les terres conquises leur étaient distribuées; les privilèges accordés aux indigènes variaient suivant les circonstances. Après le déclin et la chute de l'empire romain, il n'y eut plus de colonies jusqu'au temps où Gênes et Venise devinrent des puissances maritimes prépondérantes. Les colonies génoises furent fondées sur les côtes de l'ilellespont, de la mer iNoire et de la mer d'Azov ; celles des Vénitiens se trouvaient à Candie et à Chypre. Après la découverte de l'Amérique et du cap de Bonne-Espérance, l'Espagne, le Portugal, l'Angleterre, la Hollande et la France, devinrent puissances colonisatrices, et eurent des établissements dans presque toutes les parties du monde. Quelques-unes de leurs colonies changèrent plusieurs fois de maîtres; d'autres, proclamant leur indépendance, s'élevèrent au rang de grandes puissances (Etats- Unis, Brésil, Me.viqiie, etc.). I ''^ l'olnnics suédoises et danoises ont peu d'importance. Nous

donnons, dans nos articles relatifs à cliaque puissance, le tableau de leurs colonies. Pour les colonies anglaises, voy. Britannique (limpire). — Colonies françaises. L'empire colonial de la France a été autrefois très puissant; il s'accroil, depuis quelques années, avec une grande rapidité. Les papes ayant divisé le nouveau monde entre les Portugais et les Espagnols, François !"■■ demanda à voir le <i teslament du père Adam », et s'occupa de fonder, au nord de l'Amérique, des colonies que ses successeurs laissèrent tomhiu' dans l'oubli. Déjà, depuis deux siècles, des navigateurs normands avaient créé plusieurs établissements sur la côte de Guinée. Jean de Béthencourt avait conquis les Canaries, en 1402; le capitaine normand Binot-Paulniier, de Gonneville, avait découvert Madagascar, en 1503; Angot, Jean Denis et plusieurs autres capitaines normands, gascons, bretons ou saintongeais, avaient découvert les terres situées au nord du nouveau monde, lorsque François I"', sans se soucier des décrets du pape, envoya en exploration le capitaine florentin Jean Verazzani (■132.5) , et ensuite le pilote malouin Jacques Cartier, qui prit possession de Terre-Neuve (lti34), du Canada, etc. Les Français eurent aussi, de bonne heure, des colonies sur la côte du Brésil (voy. ce mot), en Floride (itiôi), (Voy. de GouRGUEs), en Guyane, dans les Antilles, à Madagascar et au Sénégal (voy. ces différents noms). Au moment de l'apogée de Louis XIV, la France possédait : dans les petites Antilles, Sainte-Croix, Saint-Martin, Saiiit-Barlhéleiny, Saint-Christophe, la Guadeloupe, la Désirade, Marie-tjalande, les Saintes, la Dominique, la Martinique, Sainte-Lucie, Saint-Vincent, les Grenadilles et Tabago ; dans les grandes Antilles, la Tortue, la partie occidentale de Saint-Domingue et l'ile a Vache; en Guyane (France équinoxiale); l'ile de Cayenne, le fort de Kourou et le fort d'Orange; dans l'Amérique septentrionale (Nouvelle-France) : le Canada, l'Acadie, Terre-Neuve, le Labrador et la Louisiane; dans ï Afrique occidentale: Corée, Saint-Louis et Portendic ; dans la mer des Indes, prétentions sur Madagascar, possession de Bourbon, de Pondichéry et de Chandernagor. Le honteux traité d'Utrecbt (1713), nous coûta l'Acadie, la baie d'Hudson, l'île de Saint - Christophe et Terre-Neuve. Sous le règne de Louis XV, Dupleix fonda, dans l'Hindoustan, un empire qui lutta pendant longtemps contre celui des Anglais; mais la paix de Versailles (1763), nous coûta la Grenade, les Grenadilles, Sainl-Vmceiit, la Dominique, le Canada, notre prépondérance dans l'Hiiidoustan et une partie de la Louisiane. Sous le Consulat, les nègres de Saint-Domingue, émancipés par la Révolution, se révoltèrent quand ils apprirent que le premier consul voulait rétablir l'esclavage ; et cette belle colonie fut perdue pour la France. La Louisiane, bien plus importante encore, fut vendue aux Etats-Unis en 'I.S03. Le premier Empire nous coûta l'ile de France, les Seychelles, etc. La Restauration nous donna Alger, et l'Algérie fut conquise sous le règne de Louis-Philippe. A la même époque, les Français prirent possession de Tahiti, des Marquises et des iles de la Société (1842), d'Assinie, de Grand-Bassam, du Gabon, de Nossi-Bé et de Mayotte. Le second Empire fonda ou conquit plusieurs de nos possessions : Nouvelle-Calédonie, Cochinchine, Cambodge. La troisième République a cherché au loin des compensations a nos pertes sur les bords du Rhin ; elle a acquis en toute propriété Tahiti, qui était seulement sous notre protectorat; elle a établi le protectorat français en Tunisie; elle a étendu la domination efléctive de la France sur toute rindo-Chine, sur une grande partie de l'Afrique du nord et de l'Afrique centrale, et délinilivement soumis la grande ile de Madag.ibcar.

coloniks française

Superficie

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