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RANT

* CORROBORATION s. f. Méd. Action Ji corroborer: otat de ce qui est corroboré.

* CORROBORER v. a. (lat. corroborarc; de cum, avec ; robur, roboris, force). Méd. Fortifier, donner du ton aux organes. Ne se dit que de remèdes et d'aliments : le vin corrobore l'estomac. — Absol. Le vin sert a co.hrolioiiER. — Fig. Au sens moral : corroborer hs preuves.

' CORRODANT, ANTE adj. Didact. Qui e.l capalile de ronger, de consumer les parties solides.' substance corrodante. — Subslanliv.

L'eAU-FORTE EST UN CORRODANT.

* CORRODER v. a. [kor-ro-dé] (lat. corrodei'c). Ronger, manger. Se dit des humeurs malignes et des substances qui, par une certaine acrimonie, ou par une ijualilé caustique, rongent, biûlent quelque piartie du corps vivant, ou de quelque autre corps solide ; le poison lui a corrodé les intestins, les entrailles.

' CORROI s. m. Façon que le corroyeur donne au cuir. — Massif de terre glaise dont on garnit le fond et les côtés des bassins, des fontaines, etc., pour empêcher l'iuliltralion des eaux : faire un corroi.

' CORROIRIE s. f. Art du corroyeur; atelier où l'un iMU'roie les cuirs.

CORROMPABLE adj. Qui est susceptible de se corrcjiupre. — On dit mieux corruptible.

* CORROMPRE v. a. (lat. corruynperc). Gâter, altérer, changer en mal : le grand chaud corrompt la viande. — Fig. Au sens moral : la flatterie le corrompit de bonne heure. — Corhomprb UNE FILLE, UNE FEMME, la séduirc, la débaucher. — Se dit également en parlant de lan-

CORR

CORS

CORS

ga?e, de st}lc, de goûl : corrompre une langue ; ia lecture des mauvais auteurs corrompt le style. — Engager quelqu'un, par des dons ou aulrcmeiit, à faire quelque chose contre sou devoir, sa conscience : il essaya de corrompre ses juges. — Altérer la forme, la figure, l'état de certaines choses : cela lui corrompra la taille. — Fig. Se dit aussi, en parlant d'un lexto, d'un passage qu'on altère : il a corrompu ce passage. On dit de mCme : Cor-

nOMPUH LK SKNS d'UN PASSAGE, d'UN TEXTE, CtC,

y donner une interprétation forcée. — Trou- Ller, diminuer quelque sentiment agréable : la crainte corrompt le plaisir. — Se corrompre V. pr. Être corrompu, se décomposer : la viande se corrompt quand on la garde trop lo:igtcmps. — Fig. .\ltércr : la langue latine commença à se corrompre peu de temps après Auguste.

* CORROMPU, UE part, passé de ConnoMpnE.

— L'rrALiKN, 1,'kspagnol et le français sont du LATIN connoiipu, sont dos langues formées du latin par des altérations, des changements.

* CORROSIF, IVE adj. [kor-ro-zif]. Qui corrode, qui ronj;c el altère les corps avec lesquels il est en contact : Vursenic est corrosif.

— s. m. Cette substance est un puissant corrosif. — Sublimé corrosif, sel appelé pendant longteni|i.-> liiciiloruri; do mercure, mais nommé aujourd'hui proloclilorure de mercure, ainsi que le calomel, qui est réellement un sous-chlorure. Celle distinction est importante, parce que ces deux sels sont employés en médecine. La gravité spécifique du suhlimé coi'rosir varie de b-14 à G-.'i. Il fond à 2l)4° cl boulA '^O.')"; il est alors converti en une vapeur incolore d'une densité de 9-4"2. Il possède un goût acre et caustique, el une réaction acide. G'csl un poison violent qui corrode les parties avec lesquelles on le met en contact; il produit une vive irritation et une douleur inlensc dans les entrailles et dans l'estonuic. 11 provoque des vomissements et la diarrhée. On neutralise sesefi'etscn administrant des matières albiimineuses, qui forment des composés comparalivement insolubles. Le sublimé con'osif a des propriétés antiseptiques énergiques. On l'emploie à faible dose en médecine.

' CORROSION s. f. [kor-ro-zi-on] (lat. corrosio). Action, ell'cl de ce qui est corrosif : la corrosion de l'estomac est un indice de ^^oison.

CORROYAGE s. m. Art de préparer le cuir; cette pre|iaration elle-même.

'CORROYER V. a. (lat. corium, cuir, rodrre, ronger), l'arer, repasser, manier, ratisser, adoucir des cuirs et leur donner le dernier apprêt : corroyer des cuirs. — Battre et pétrir de la terre glaise pour en faire un massif qui tienne l'eau : corroyer de la terre glaise. —

COHROYER UN BASSIN DE FONTAINE, UN CANAL, y

mettre un massif de terre glaise corroyée, pour retenir l'eau. — ConnovEn du mortiep, mêler ensemble delà chaux et du sable, pour en faire du mortier. — Cohuoyeu du fer, le battre à chaud prêt à fondre. Réunir, souder plusieurs morceaux de fer ensemble, de manière qu'ils n'en fornienl plus qu'un seul. — Corroyer du uois, en ôLer la superficie grossière.

•CORROYEUR s. m. Artisan dont le métier est de corroyer les cuirs.

CORRUGATEUR adj. m. Anal. Se dit du muscle dont les contractions froncent les sourcils.

CORRUGATION s. f. [kor-ru-ga-si-on] (lat. cuni, avec; ruga, ride). Méd. Crispation, plissement léger de la peau.

* CORRUPTEUR, TRICE s. [ko-ru-pteur] (lat. corruptor). Celui, celle qui corrompt les mœurs, l'espril, le langage, le goût : elle fut sMuite par un vil corrupteur. — Celui qui détourne quelqu'un de son devoir par des

dons ; les corrupteurs îles Irmoins sont encore plus coupables (pie les faux témoins mêmes. — Adjecliv. Langage corrupteur; DOCTnl^E corru pi rite.

• CORRUPTIBILITÉ .s. f. IJidact. Qualité par laquelle un ein-ps pliysiipie est sujet à la corruption : la corruptibilili! est attachée à tous les corps.

•CORRUPTIBLE adj. Sujet à la corruption : il n'y a rien sous le ciel qm ne soit corruptible .

— Fig. Qui [)eut se laisser corrompre pour faire queliiue chose contre son devoir : c'est uri homme qui n'est corruptible ni par or, ni par argent.

' CORRUPTION s. f. Altération dans les qualités priiiei|i,iles, dans la substance d'une chose ; pulrélaetioii, pourrilurequi en résulte : corruption de la viande. — Fig. Toute dépravation dans les mœurs •.corruption des mœurs.

— Moyen que l'on emploie pour détourner quelqu'un de son devoir, pour l'engager à faire quebiue chose coiilre l'honneur, coiilre sa conscience : cmploijer la corruption pour obtenir lics suffrages. — (Changement vicieux qui se trouve dans un texte, dans quelques passages d'un livre : il y a corruption ili[ns ce te.i:te-là. — Se dit également en pariant du

laiif.

du goût : ces innovations bizarres

amenèrent la corruption du bingage. ■ — Ce .mot se dit, parcorruption, pour telautre, est formé DE TEL AUTRE PAR CORRUPTION, il n'en estqu'uuc altération. — Législ.« La corruption est endiguée par des peines sévères, contre les fonctionnaires qui, s'ils se laissent corrompre, sont passibles de la dégradation civique el d'une amende double des offres qui leur avaient été faites, sans être inférieure a 'iOOfr. (L. l'î mai t863). Le corrupteur est puni des mêmes peines, ou, si sa tentative a échoué, d'un emlirisonnemenl de trois à six mois et d'une amende de 100 à 300 francs. Les dons et valeurs sont en outre confisqués au profil des hospices. i> (V. S.)

* CORS s. m. pi. [kor] Vén. et Blas. Cornes qui surtenl des porches du cerf : cerf de di.e cors ou plus ordinairement : cerf dix cors, cerf de moyen âge. (Voy. Cerf.)

"CORSAGE s. m. Taille du corps humain depuis les épaules jusqu'aux hanches : beau corsage. iNe se dilguère qu'en parlant des femmes.

— Se dit également en parlant du cerf el du cheval : ce clicval a un beau corsage. — Par exl. Partie de certains vêlements de femme qui embrasse la taille, le corsage: corsage d'une robe.

' CORSAIRE s. m. (lat. cursus, course). Bàlinient armé en course par des parliculieis, avec l'autorisation du gouvernement. Se dit aussi de celui qui commande ce bâlimenl : Corsaire de Saint-Malo. — Adjecliv. Capitaine CORSAIRE. — Se dit aussi des pirates : les corsaires d'Alger, de Maroc. — Fig. et fam. Homme que son extrême cupidité rend dur, impitoyable, inique : c'est tm corsaire, vn erai corsuire. — Prov. A corsaire, corsaire et demi.

— Hist. cl Lègisl. Voy. Course.

CORSE s. et adj. De la Corse; quioff-arlient à celle lie ou à ses habilanls.

CORSE. I. Grande et belle île française, située dans la Méditerranée, à près de 173 kil. S.-E. de la France, à 460 N. de l'Algérie, i 000 kil. de l'Espagneetà 7o kil. de Livourne; séparée au S. de i'ile de Sardaigne par le détroit de Bonilacio, enlrejl» ■.;r4"el 43° 0' 42" de lat. N. et entre 0° 1 1' 47" et 7" M' 6" de long. E., baignée à l'Est par la mer de Toscane, au S. par le détroit de Bonifacio, au N. par le golfe de Gênes et à l'O. par la Méditerranée. C'est la plus grande île de la Méditerranée après la Sicile, la Sardaigne el Candie. Elle s'élend sur une longueur d'environ 1 80 kil., et sur une largeur qui ne dépasse guère S4 kil. Sa superficie est de S, 443 kil. carr. ; sa

population de 290,108 hab. Une chaîne de hautes montagnes la divise du N. au S., en deux versants : l'un oriental, appelé bande du dedans ; l'autre, occidenlale, nommé bande du dehors. Points culminants : mont Cinto ('2,;i20 m.), .VIonte-d'Oro ou Grand-Accio (2,6i>0 în.), et Monte-Rolondo (2,073 m.). Les pics les plus éle'vésdeces montagnes chauves et rocailleuses sont revêtus de neigesprcsque éternelles ; leurs tl.incs sont couverts de rochers, de landes, de bruyères, de forêts et d'inextricables makis. Côte presque droite à l'E., où l'on ne rencontre que le port de Bastia, le golfe de Porto- Vecchio el celui de Sanla-Manza. Sur le versant opposé, la côte admirablement découpée présente les golfes de Sainl-Florent, de Caivi, de (;aleria, de Porto, de Sagone, d'Ajaccio, de Valinco, el la crique de Bonifacio. — Caps : Corse, au N. ; delCurza, do l'Alcioio, Revellata, Cavallo, de Cargalto, Rossa, Rosso, do Feiia, Miiro, Néro, de Porto-Polo, de Feno, de Cala, Il l'O. ; Capiceiolo, ;1 l'E.— Iles : Finocchiarola, Piiiarello, Saii-Capriano, Cerhicalo, del Tore, del Cavallo el di Livezzi, à l'E.; Monachi d'Ecciea, Sanguinaires, de Gargato, Rousse el Capuse a l'O.— Cours d'eau : 3 torrents méritent seuls une mention ; ce sont le Golo, le Tavignaiio el le Liamone. — Lacs de Creniio et d'Inn; étang de Biguglia. — Climat chaud dans les terres situées au-dessous de iiOO m.; tempéré el comparable à celui de la Bourgogne de uOU à 1,800 m. ; froid sur les sommités. La mat'aria, engendrée par les étangs et les marais malgré les eucalyptus règne sur les côtes principalement dans la région orientale, pendant les mois de juillet, daoùl el de septembre. — Inimet'ise richesse minérale qu'il serait aisé de mellre en valeur : por|ihyre, granits d'Algajola, susceplibles^du plus beau poli; jaspe, agale; marbre d'une blancheur cbluuissanle, albâtre, fer. — Sol d'une fécondité merveilleuse, qui produirait, avec une exubérance extraordinaire, toutes les plantes des climats chauds si le travail de l'homme dirigeait les dispositions luxuriantes de la nature. Les châtaigniers couvrent les montagnes et fournissent la'nourliture principale de l'habitant des makis; la vigne produit les vins estimés du cap Corse; l'ohvier prospère sanscullure; dans les taillis, le coton croit spontanément. Arbres fruitiers de toute sorte; pin laricio dans les forêts; lichen dans les montagnes. Races dégénérées d'animaux domestiques. Gibier abondant : famcux merles de Corse. Quelques gondoliers se livrent à la pêche des anchois, des sardines et des thons. — Hist. La Corse, Cyrnos des Grecs, fui colonisée par les Phocéens en l'an :iOi av. J.-C. Il est probable qu'elle était déjà habitée par un peuple d'origine ligurienne. A ces éléments de population se joignirent successivement des colonies d'aventuriers ibériens, lyrrhéniens , cartliaginois et même grecs, dont le mélange produisit une nationalité énergique, inlelhgenle, mais paresseuse, ennemie deslravaux agricoles et adonnée à la piraterie el au vol. Les principaux produits de I'ile étaient la cire el un miel qui devait son amertume aux ifs innombrables des foiêls. Subjugués par les Carthaginois, au comnienceinent de lapremière guerre punique, les Corses subirent la domination romaine à partir de l'an 231 av. J.-C. La civilisation latine n'eut aucune influence sur leur caractère, s'il faut en croire Sénèque, qui, à la suite d'un internement au milieu d'eux, nous a laissé un tableau peu édifiant de leurs mœurs. Les Romains avaient pourtant fondé dans la Corse, qui faisait partie de leur province de Sardaifinc, plusieurs colonies, dont les plus importantes étaient Mariana et Aléria. L'île passa ensuite successivement aux Vandales en 4oG après J.-C. ; aux Grecs en o34 ; aux Sarrasins on 802; aux Toscans à la fin du ix° siècle. Délivrée du joug élrangi'r par Sambacuccio en lOÛj, elle abolil la féodalité qu'elle remplaça

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