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donnant toutàcoup ses habitudes de frivolité, adopta les mœurs d'un véritable sparliate et prit l'offensive avec une grande énergie. S'alliant avec l'Angleterre et la Hollande, il s'embarqua en mai 1700, bombarda Copenhague et fui'ça les Danois à accepter la paix de Travendal qui assura à la Suède la possession du Schleswig-Holslein (8 août 1700). Pendant l'hiver suivant, affrontant les frimas de la Livonie, il traversa cette contrée et tomba à l'iniproviste sur les Russes qui assiégeaient Narva. A la tète de 8,300 hommes seulement il battit .^0,000 Moscovites, le 30 nov. 1700. Se tournant enfin contre les Saxons et les Polonais, qui avaient envahi la Livonie, il le^s repoussa, entra en Pologne et resta maître de ce pays après la victoire de Clissow (1703). L'intervention de Pierre le Grand donna à peine à Augustele temps de respirer; Charles, partout victorieux, occupa la Saxe en 1706 et le contraignit, par la paix d'Altranslœdt (24 sept.), à renoncer à la couronne polonaise et à lui livrer Patkul qui fut écartelé. Stanislas Le-zezynski avait déjà été mis sur le trône de Pologne. La puissance du roi de Suède commençait à ell'rayer l'Allemagne; Marlborough fut envoyé près de ce prince pour le dissuader de se joindre aux Bourbons dans la lutte qu'ils soutenaient pour le trône d'Espagne. Détourné de l'alliance française et excité à la guerre contre Pierre le Grand, Charles assembla une armée de 43,000 hommes, à la tête de laquelle il envahit la Russie en sept. 1707, en suivant l'itinéraire que Napoléon adopta plus tard avec aussi peu de succès. Charles laissa son artillerie dans les marais et ne trouva pas de vivres pour ses troupes. Son lieutenant, Lœwenhaupt, fut vaincu avant de l'avoir rejoint et ne lui amena que 6,000hommes à demi-morts de faim. Persuadé par Mazeppa, hetman des Cosaques, le roi de Suède, tournant sa marche du côté de l'Ukraine, dut se frayer un passage au milieu des neiges, pendant i'biver de 17U8-'9 et, épouvanté de l'effrayante mortalité qui décimait ses troupes, il s'arrêta sur les bords du Dnieper, où il attendit les beaux jours. Le 8 juillet 1709, attaqué par Pierre qui commandait une armée bien supérieure en nombre, il vit tomber ses derniers héros à Pollava et s'enfuit blessé à l'épaule, sans armée elsans communication avec son pays. Mazeppa et 2,000 hommes à peine le suivaient. 11 ent''a sur le territoire turc, où il reçut une généreuse hospitalité. Ses intrigues ayant fait éclater la guerre entre la Turquie et la Russie, Pierre fut battu sur le Pruth en 1711. La ruine des Russes paraissait inévitable, lorsque le grand visir, gagné par les présents de Catherine, les laissa échapper. Charles languit à Bender jusqu'en 1713, pendant que la Livonie, l'Esthonie et la Courlande devenaient la proie de la Russie, qu'Auguste chassait Stanislas de la Pologne et que la Prusse, associée à la liyue antisuédoise, saisissait presque toute la Poméranie. Pour mettre le comble aux mésaventures de Charles, la Turquie, cédant aux injonctions de la Russie, lui intima l'ordre de quitter Bender. Refusant d'obéir, il poussa la folie jusqu'à s'enfermer dans sa maison avec sa suite. 11 s'y défendit d'une manière désespérée contre toute une armée. Les Turcs ayant rais le feu à sa retraite, il en sortit l'épée à la main, combattit un instant, s'embarrassa dans ses éperons, tomba et fut fait prisonnier (12 févr. 1713). Emmené à Demotika près d'Andrinople, il fit, pendant plusieurs mois, semblant d'être malade et, recouvrant subitement la santé, ilsauta achevai, s'enfuit sous un déguisement et apparut à Stralsund en nov. 1714. .\près un siège prolongée! une admirable défense contre les alliés, il aboudonna cette ville le 15 déc. 1715 et se sauva à Lund. LebaronGœrlz, principal conseiller de Charles, réussit, avec bien de la peine, h briser la li^'uc autibucdoisc, à laquelle venait
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de se joindre George I"' d'Vngleterre. Son planj était d'obtenir la paix avec la Russie, au moyen de concessions, de conquérir la Noi-vège et, aidé par un soulèveinentjacobilo, de remettre le prétendant sur le trône d'Angleterre. Le czar signale traité de paix et Charles put se lancer dans une nouvelle entreprise. Ayant envahi la Norvège, il mit le siège devant Frederikshald. Le 11 déc. 1718, un projectile lui traversa la tête au moment où, appuyé contre uir parapet, il regardait les
CITAR
de Saint-Louis; 0,101 hah. Magnifique pont en fer Collèa-es; couvent du Sacré-Cœur.
CHARLESTON. I. Ville de l'Etat de Wisconsin (Ktats-Unis) et capitale de cet Etat depuis 1870 jusqu'en 187o, sur la rivière Kanawha, à 600 kil. N.-O. de Richmond ; 3,200 hab. — II. Principal port et ville la plus importante de la Caroline du S., sur une péninsule formée au confluent de l'Ashley et du Cooper, à 160 kil. S.-S.-E. de Colum'bia et à l!i0 N.-E. de Savannah; par 32° 4:;'lat,N. et 82" 17 Ion;:. 0,;
travailleurs occupés dans la tranchée. On supposa pendant longtemps qu'il avait été assassiné par un émissaire du parti opposé à ses projets ruineux pour la Suède; une longue controverse s'éleva même à ce sujet. Mais, en 181)0, une enquête impartiale fit reconnaître qu'il avait été frappé par un projectile parti de biplace assiégée. Il l'ut remplacé par sa sœur Ulrique-Eléonore, épouse de Frédéric de Hcsso. L'Histoire de Charles XII, par Voltaire (1731), est un modèle classique d'élégance et de rapidité. — Charles XIIL deuxième fils d'Adolphe-Frédéric et de Louise-Ulrique, né en 1748, mort le 3 févr. 1818. Principal auteur du coup d'Ktatde 1772, par lequel son frère Gustave 111 renversa la tyrannie des nobles, il reçut le titre de duc de Sœdermanland. Marin distingué, il commanda les flottes suédoises pendant la guerre avec la Russie et remporta un avantage signalé dans le golfe de Finlande. Après l'assassinat de Gustave III, il fut régent (1792-'6) pour son neveu Gustave IV, Adolphe. Le fanatisme religieux de ce dernier ayant provoqué une révolution, en 1819, le duc de Sœdermanland fut placé k la tête des affaires, d'abord comme administrateur et ensuite comme roi, le 6 juin 1809. Son règne agité commença parla cession de la Finlande a la Russie et se termina par l'acquisition de la Norvège. Bernadotte, qu'il avait adopté comme héritier (1810) lui succéda. — Charles XIV, Jean, voy. Bernadotte. — Charles XV, roi de Suède et de Norvège, né en lS-'6, moit, le 18 sept. 1872. 11 remplaça le 8 juillet 18.S9, son père Oscar l's fils de Bernadotte. Son règne fut remarquable par de grandes réfor- Ries parlementaires et libérales. Prince populaire, Charles se piqua d'être un sportsman accompli, un artiste de talent, un poète aimable et un écrivain distingué. Son frère Oscar 11 le remplaça. Ses Légendes et f "twes Scandinaves ont été traduits par G.-B. de Lagrèze (1863, in-12).— C'/4aWt>6-/7/ (Monaco). (V. S.)
CHARLES (Cap), promontoire à l'entrée septentrionale de la baie de Chosapeake.
CHARLES (Jacques-Alexandre -César), physicien, né aBeaugeucy en 1746, mort à Paris en 1823. 11 popularisa en France les découvertes de Franklin sur l'électricité, inventa le mégascope et plusieurs autres instruments et construisit le premier ballon qui fulgouUé avec du gaz hydrogène (2 août 1783).
CHARLES (Saint), ville del'Etat de Missouri (Etats-Ums), sur le Missouri, à 'i'6 kd. iN.-O.
54,935 hab. , dont 32,000 noirs. Promenade populaire de la Batterie: belle douane, orphelinat, collège, hôpital Roper, académie de musique; églises Saint-Philippe et Saint-Michel. Forts Moultrie, Sumter, Castle Pinekney et Ripley ; rade vaste et commode. Commerce étendu : exportation de coton, do riz, de bois. Cette ville fut fondée eu 1679. Pendant la guerre de l'indépendance, elle se rendit aux Anglais, après un siè^'edesix semaines (12 mai 1780). Elle tomba au pouvoir des patriotes le 14 déc. 1782. Dès le commencement de la guerre de sécession, elle prit parti pour les Etats du Nord. Elle reçut les premiers coups des esclavagistes qui s'en emparèrent, après avoir bombardé le fort Sumter (12 avril 186H et qui, avant de l'évacuer, le 17 févr. 186b, brûlèrent ses magasins et ses édifices publics.
CHARLESTOVirN. I. Faubourg de Boston (Massachusetts), sur les rivièresCharles et Slystique. Prison de l'Etat de Massachusetts, arsenal maritime des Etats-Unis, monument de Bunker-Hill. 30,000 hab. Charicstown, fondée en 1628, fut complètement délruite par le feu pendant la bataille de Bunker-Hill (17 juin 177.Ï). — II. Ville de la Vir^'inie occidenlale, à 16 kil. S.-O. de Harper's-Ferry ; 9,23b hab. C'est là que John Brown fut jugé et exécuté le 2 déc. 18o9.
CHARLET (Nicolas-Toussaint), artiste, né à Paris en 179-2, m. le 30 déc. 184';. Fils d'un dragon qui fut tué au service de la République, il entra à V Ecole des enfants de la patrie, (mis au lycée Napoléon. La Restauration lui avant enlevé un modeste emploi qu'il occupait dans l'une des mairies de Paris, il étudia la peinture dans l'atelier de Gros et se rendit fameux du premier coup par son tableau La Garde meurt et ne se rend pas, représentant un grenadier à Waterloo. Il donna ensuite des milliers.de pochades, de croquis, de magnifiques aquarelles, des sépias transparentes, etc. 11 dut sa popularité à ses scènes militaires, à ses admirables grognards, à ses bambins, à ses laboureurs, à ses ouvriers. Il a laissé o2 célèbres gravures : la Vie civile, yiolilique et militaire du caporal Valentin. Parmi ses grands travaux, on cite son tableau du siège d'.\nvers( 18321,1' «épisode de la retraite de Russie» (1836), « Moreau traversant le Rhin à Kebl » (18J7). Professeur de dessin à i'Ecole polytechnique en 1838, il y introduisit le dessin à la plume.
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CHARLEVAL (Charles Faucon de Ris ou Ry, seii;neur de), poète et bel esprit, né en Normandie vers 1612, morlàParisen 1693. Ce qui nous est resté de ses petits vers galants a été publié avec les vers de Saint-Pavin (Paris, 17o9, ia-12): et sa curieuse Convcrsationdu maréchal d'Hocquincourtet duP. Canaye a été imprynée danslesœuvredftSaint-Evremont.(Amst.l76i).
CHARLEVAL, commune du canl. et à 3 kil. deFleurv-sur-Andelle, arr. desAndelrs (Eure), sur lAndelle: 1,712 hab.
CHARLEVILLE (Libreville pendant la Révolution), ch.-l, de canton., arr. et à 1 kil. N. de Mézières (Ardennes), sur la rive gauche de laMcnse: l7,SU5hab. Joiiepetite ville moderne fondée en 1606, par Charles, duc de Nevers ; reliée à Mézières par un pont de 26 arches; remarquable par ses constructions régulières, ses promenades et la beauté de son site. Belle église paroissiale; jolie salle de spectacle; riche bibliothèque. Clouterie, brosserie, tannerie, corroirie. Comm. de houille, d'ardoise, de marbre et de fer. Charleville eut le titre de principauté.
CHARLEVOIX (Pierre-François -Xavier de), historien, né à Saint-Quentin en 1682 , mort à La Flèche en 1761. Membre de la société des Jésuites, il fut envoyé à Québec pour y être
Professeur (170o-'9); il enseigna ensuite les elles-lettres en France et retourna dans le Canada en 1720. Pendant 2 ans, il explora l'Amérique du nord depuis Québec jusqu'à la Nouvelle-Orléans, en suivantle cours du Saint- Laurent, de rillinois et du Mississipi. De 1733 à 1733 il dirigea le Journoi de Trévoux. Ses ouvrages sont intéressants; mais il faut s'en défier parce que l'auteur était d'une grande crédulité ; ce sont : HiMoire et description du Japon (1713); Histoire de Saint-Domingue (1730); Histoire de la Nouvelle-France (avec le journal de son voyage, 1744); Histoire du Puriif/ufiy (1756).
CHARLIEU, (Carilocus), ch.-l. decant.,an-. et à IS kilom. N.-N.-E. de Roanne (Loire), sur rOrnain; 3.3o9 hab. Ruines d'une abbaye de bénédictins (ixe siècle) ; hôpital fondé par saint Louis. — Charlois. (V. S.)
GHARLOT s. m. Argot. Bourreau, exécuteur des hautes œuvres.
• CHARLOTTE s. f. Cuis. Entremets, fait de marmelade de pommes, qu'on entoure de morceaux de pain grillés et frits. — Charlotte russe, charlotte faite d'une sorte de crème fouettée qu'on entoure de petits biscuits.
CHARLOTTE, ville de la Caroline du Nord (Etats-L'nis), à 200 kil. O.-S.-O. de Baleigh; 11,537 habit.
" CHARLOTTE-AMÉLIE, ville des Indes occidentales. Voy. SAiNr-THOMAS.
CHARLOTTE ADGUSTA ou Princesse Charlotte, fille de Caroline et de George IV d'AngIeterre(1796-1817). Elle épousa en 1816 le prince LéopolddeSaxe-Cobourg, qui devint roi de Belgique en 1831.
CHARLOTTE-ELISABETH de Bavière, dite la princesse Palatine, deuxième épouse de Philippe d'Orléans et mère du régent, née à Heidclbergen 1632, m. à Sainl-Cloud en 1722. Ses Lettres, contenant de curieux détails, ont été plusieurs fois imprimées.
CHARLOTTE-JOACHIME de Bourbon, reine de Portugal, née du roi d'Espagne Charles IV en 1775, morte en 1830. Elle épousa en 1790, Jean, infant de Portugal, qui se sépara d'elle en 1806 et devint roi en 1816. Ses intrigues avec le parti moDacal firent naître de grands troubles.
CHARLOTTE DE SAVOIE, reine de France, seconde temiue de Louis XI, mère de Charles VIII et d'Anne de Beaujeu, née en 144.5, mariée en 1430, morte à Amboise en 1483.
CHARLOTTENBURG [char-lot-lain-bourl, ville de Prusse, sur la Sprée, réunie à Berlin
par uns promonade longue de 7 kil.; 13? 3S3 hab. Elle doit son nom à la reine Sophie- Charlotte (mort 3 1705), qui y fonda le palais royal, résidence d'été de la cour de Prusse.
Frédéric le Grand y ajouta un nouveau château, avec des jardins paysagers et une galerie artistique.
CHALOTTESVILLE, ville de Virginie (Etats- Unis), à 4 kil. au-dessus de l'embouchure de la Moore's creek dans la rivière Rivanna, et à 130 kil. N.-O. de Richmond; 9,000 hab., dont 1,300 noirs. Université de Virginie.
CHARLOTTETOWN, capitale de l'île du Prince-Edouard (Fédération du Canada), port sur la rivière Hillsboroush, près du détroit de Norlhumberland, à 80 kil. N.-N.-O. de Pictou (Nouvelle-Ecosse); 12,300 h. Commerce considérable.
CHARLY, ch.-l. de cant.; arr. et à 16 kil. S.-O. de Château-Thierry (Aisne); 1,735 hab.
CHARMA fAntoine\ philosophe, né àla Charité-sur-Loirc en 1801, mort en 1809. Occupa la chaire de philosophie àla faculté de Caen. Ses principaux ouvrages sont: De la moralité humaine {i SU): Philosophie sociale et logiqve (1838-'40, 2 vol. in 8°); Philosophie orientale (18421 ; DuSnmiiieil (1831, in-8°).
"CHARMANTE, ANTE adj. Agréable, qui plait extrêmement, qui ravit : femme charmante; maison charmante.
' CHARME s. m. (lat. carmen, chant). Ce qu'on MipiioM- fait par art magique pour produire un ellet extraordinaire : faire un charme, des rhaiTties ; porter un charme sur soi. — Fig. Le charme est rompu, l'illusion est détruite. — - Attrait, appas; ce qui plait beaucoup, ce qui touche sensiblement : cette personne a du charme. — S'emploie surtout dans ce sens au pluriel.
Les transports renaîstaDts a l'aspect de -vos charTvs. Bernis. Epîîre V.
Ati! que de la vertu les cfta?vnes sont puissants.
Th. r.onxEiLLE, Le Comte d'Essex, uclc IV, se. i.
' CHARME ?. m. (lat. carpinus). Bot. Genre
Charme commun d'Europe (Carpinus bctulus). de cupulifèros, comprenant des arlires de
moyenne hauteur qui habitent les régions io.nipérées de l'Europe et de l'Amérique du Nord. Le charme commun d'Europe {carpinus bctidiiS, Linn.) peut atteindre une hauteur de 12 mètres et davantage. Son écorce est lisse et grisâtre. 11 se ramifie beaucoup, se plie de toutes les manières et prend toutes les formes qu'on veut lui donner, ce qui l'a rendu utile pour former les charmilles. Son bois blanc, dur, pesant, d'un grain uni et serré, sert à la fabrication des manches d'outils, des roues de moulin, des vis de pressoirs, etc. C'est un des meilleurs bois de chauffage.
"CHARMER V. a. Produire un effet extraordinaire sur quelqu'un ou .sur quelque chose, par charme, par un prétendu art magique ; ces pauvres yens croyaient qu'en disant certaines paroles, ils charmeraient les armesàfeu. — Fasl'iner : le serpent charme et attire le rossii/nol. — Fig. Plaire extrêmement, ravir en admiration : cette femme charme tous ceux qui la regardent; charmer les yeux, l'oreille, l'esprit, le eœw: — Charmer la douleur, la peine, l'ennid, etc., de quelqu'un, suspendre en lui le sentimentde la douleur, etc. — Charmer les loisirs de quelqu'un, les lui faire passer agréablement. — Fig. et fam. Causer une vive satisfaction; et, en ce sens, il s'emploie très souvent au passif : je suis charmé de vous voir. — Absol. ; là tout charme et rien n'rbhniit.
CHARMERESSE s. f. Se dit quelquefois poilr
ClIAiaiKlSE.
CHARMES. Carpini, ch -1. de cant.; arr. et à 18 kil. N.-E. de Mirecourt (Vosges); 3,644 hab. Dentelles.
CHARMETTES Les), village à 1 kil. deChambéry ;Savoiei. J.-J. Rousseau y séjourna.
* CHARMEUR, EUSE s. Celui, celle qui use
de l'haïmes, de sortilèges : charmeur de serpents.
CHARMEY, village du canl. et à 23 kil. S. de Fiibourg (Suisse); 1,149 b. Centre de la fabrication des fromages de Gruyère.
* CHARMILLE s. f. Coll. Plant de petits charmes : botte de charmille. — Haie, palissade, allée plantée de charmes.
* CHARMOIE s. f. Lieu planté de charmes.
* CHARNAGE s. m. Temps pendant lequel il est permis de manger de la chair, de la
viande.
* CHARNEL, ELLE adj. Qui est de la chair, qui appartient à la chair. S'emploie surtout dans ces phrases : plaisir charnel, appétit charnel, copulation charnelle, commerce chai'nel. — Homme charnel, homme sensuel, par opposition à homme spirituel.
* CHARNELLEMENT adv. Selon la chair. — Fig. ; vivre charnellement.
CHARNER (Léonard-Victor-Joseph), amiral, né a Saint-Brieiic en 1797, mort en 1869. Commanda le Napoléon devant Sébastopol en 1834; fut nommé chef des forces navales dans les mers de Chine (1860), contribua à la prise do Chi-Hoa (23 févr. 1861) et établit la domination française" en Cochinchine; fut promu amiral en 1 864.
* CHARNEUX, EUSE adj. Méd, Qui est principalement composé de chair : les joues, les muscles, sont des parties chai'neuses. On dit mieux aujourd'hui : charnu.
' CHARNIERS, m. (lat. carnarium ; de cnro, carnis, chair). Lieuoùl'ongardeles viandes salées. — Lieu couvert où l'on met les ossements àeiimoTls.Lescharniersdes Saints-Innocents, des Innocents, ou simplement les charniers, galerie voûtée qui entourait le cimetière des Saints- Innocents à Paris. — »* Mar. Barrique qui contient l'eau destinée à désalléier l'équipage entre les repas. Son nom lui a été donné parce qu'elle se trouvait autrefois près du gardemanger.
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* CHARNIÈRE s. f. (bas. lat. cardinarin : du lat. cnrdo, cardinis, gond). Assemblaf.'e mobile de deu.x pièces de métal, de bois, ou d'autre matière, enclavéesl'une dansTautro, et jointes ensemble par une broche, par un clou qui les li-nverse : charnière d'un compas, d'une boite, i'vnn montre, d'une tabatière; boite à charnière.
— Conchyl. Partie où sont attachées ensemble les deux valves d'une coquille, et sur laquelle se font leurs mouvements.
* CHARNU, UE adj. (lat. caro, carnis, chair). Bien fourni de chair : main charnue. — Formé de cliair : porties charnues du corps. — Se dit également des piaules et de leurs parties, quand elles sont pulpeuses et succulentes : plante, racine, feuille charnue; fruits charnus.
* CHARNURE s. f. Chair, parties charnues, considérées selon les difl'érentes qualités qu'elles peuvent avoir. Ne se dit qu'en parlant des personnes : charnure ferme.
CHARNY, I. Ch.-l. de cant.. arr. et à 6 kil. N. de Verdun (Meuse), sur la Meuse ; 42G hab.
— II. Ch.-l. de cant.; arr. et à 27 kil. S.-O. de Joigny (Yonne); 1,494 hab.
* CHAROGNE s. f. [gn mll.](lat. caro, chair). Corps de bète morte, exposé et corrompu. — vv Motd'injure très bas, très grossier, que l'on adresse à une femme ou à un homme perdu de mœurs.
CHAROLAIS ou Charollais, Paç/us quadri- Çjellensis, ancien pays de Bourgogne; cap. Charolles ; villes princ, Paray-le-Monial et Semur (Saône-et-Luire). Habite primitivement par les Ambarii, le Charolais dépendit successivement du royaume de Bourgogne, du comté de Châlon, du duché de Bourgogne, du comté d'Armagnac (1327), de la Bours-ogne (i:5!)0) et des domaines de la maison d'.\uiriche. Louis XlVs'en empara en I6SI. — Charles le Téméraire prit le titre de comte de Charolais. — Canal du Charolais, nom que l'on donna d'abord au canal du Centre.
CHAROLLES, QuadrigellBe, uh.-\. d'arr.,à51 kil. O.-.N.-O. de Mâcon, (Saône-et-Loire), au confluent de la Semence et de la Reconce; 3,705 hab. Cap. du comté de Charolais; patrie du poète comique Bayard. Ruines d'un châlcau du xiv° siècle. Commerce de bétail, de blé, de vins, de fer, etc.
CHARON. Voy. Cation.
CHARON DE LAMPRAGUE, historien grec, contemporain des guerres médiques. On a conservé quelques fragments de ses écrits.
CHARONDAS, législateur de Catane, vers le vi'= siècle av. J.-C. Diodore raconte qu'il avait défendu, sous peine de mort, de paraître en armes dans l'assemblée des citoyens. ,\yant, par oubli, enfreint cette loi, il la confirma en se perçant de son épée; action attribuée également à Diodes, législateur de Syracuse.
CHARONDAS, (Loys Lk C.AR0N,dit|, jurisconsulte, ne à Paris en 1536, mort en 1617; auteur du Grand Couttimier de France.
CHARONNE, commune du département de la Seine, annexée à Paris et comprise dans le 17« arrondissement.
CHAROST [rô] ou Charost-Béthune. ch.-l.
de cant. ; arr. et à 26 kil. S.-O. de Bourges (Cher), surl'Arnon; 1,510 hab. Duché-pairie en Ib72.
CHAROST (Armand-Joseph de Béthlnk, duc de), philanthrope, né à Versailles en 1708, mort en 18()0 ; fut surnommé le Père de l'humanité souffrante ; abolit les droits seigneuriaux sur ses terres du Berry, perfectionna les procédés agricoles, etc. A laissé quelques ouvrages.
* CHARPENTE?, f. (lat.coî-pe)!(!/7n, char). Assemblage depiécesdeboisservant à une construction, nu en faisant partie. — Bois de charpente, bois propre à la construction. —
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Fig. Charpente du corps, ensemble des parties osseuses du corps. — Fig. Plan, parties principales d'un ouvrage d'esprit : la charpente d'une pièce de théâtre, liiiiipnénie.
' CHARPENTÉ, ÉE part, passé de Charpen- TEU. Taillé grossièrement. — Se dit quelquefois, en bonne part, d'un ouvrage d'esprit : pièce bien charpentée. — «-v. Fig. Vigoureux : un homme solidement charpenté.
* CHARPENTER v. a. Tailler, équarrir des pièces de bois avec la hache. — Fig. Couper, tailler d'une manière maladroite : te chirurgien lui a tout charpenté le bras. — w. Fig. Tracer le plan d'un ouvrage d'esprit : charpenter un drame.
* CHARPENTERIE s. f. Art de travailler en charpente. — Charpente : la charpenterie de cette église est fort belle. — »v. Lieu oii sont déposés les bois de construction sur les ports.
* CHARPENTIER s. m. Artisan qui travaille en charpente : maître charpentier, garçon charpentier. — Charpentier de vaisseau, de navire, celui qui travaille à la construction et à la réparation des vaisseaux, des bâtiments de toute espèce. — w. Celui qui charpente un ouvrage littéraire : un habile charpentier.
CHARPENTIER. 1. (François), littérateur, né et mort à Paris (1620-1702), membre de l'Académie française en 1651, fit des vers ampoulés qui excitèrent la verve satirique de Boileau. — II. (Gervais), éditeur, né et mort à Paris (180o-'71) : s'est fait connaître en publiant une collection d'auteurs dans un nouveau format in-1 S, appelé aujourd'hui format Charpentier. — (Jacquesl, médecin de Charles l.\, né à Clermont-en-Beauvoisis en 1;)24, mort en 1574. Eut des démêlés avec l'illustre Ramus, qu'on l'accuse d'avoir fait massacrer à la Saint-Barthélémy. (V. S.)
CHARPENTIÈRE s. f. Entom. Nom donné à certaines femelles d'insectes hyménoptères, qui percent le bois pour y déposer leurs œufs.
* CHARPIE s. f. (lat. carpere, diviser). Amas de petits filets tirés d'une toile usée que l'on a coupée par morceaux : la charpie sert a panser les plaies, les ulcères. — Fig. Cette viande est en charpie, se dit d'une viande bouillie qui est trop cuite et comme réduite en filets.
CHARRAS [chà-râ]. I. (Joseph, bation), gérai, né à .Montauban (Drônie) en 1769, mort en 1839. Volontaire, en 1793, il fit toutes les campagnes de la Bépublique et de l'Empire. — 11. (Jean-Baptiste-Adolphe), officier, fils du précédent, né à Phaisbourg le 7 janvier 1810, mort à Bâle le 23 janvier 186S. Élève de l'Ecole polytechnique, il combattit sur les barricades en 1830; publia ensuite, dans le National, des Eludes critiques sur les questions militaires (1833), devint capitaine d'artillerie et, disgracié, fut envoyé en Afrique, où il se distingua à Cherchell (18il), et à Mascara. Chef d'un bataillon de zéphyrs (1846), il en fit une troupe d'élite, fonda la colonie de Sainl- Denis-du-Sig, et n'obtint pourtant aucun avancement, parce qu'il était noté comme républicain. Après la révolution de Février, il fut appelé à Paris, reçut le grade de lieutenant-colonel, avec le titre de sous-secrétaire d'Etat au département de la guerre, siégea parmi les républicains à l'Assemblée constituante, où l'avait envoyé le département du Puy-de-Dôme, vota contre toutes les mesures réactionnaires, se démit de ses fonctions au ministère après l'élection de Louis Bonaparte à la présidence de la République, fut arrêté au 2 décembre, enfermé à Mazas, puis à Ham, se fixa à Bruxelles, d'où la police impériale le fit expulser en 1854, et se réfugia en Suisse. ^•on Histoire de la compagne de \S\o (Bruxelles, 1863, in-8°), chef-d'ieuvre de critique militaire, fut appréciée à l'étranger ; elle ne put pénétrer en France, parce que l'auteur y
CHAR
montrait à quel degré de décadence intellectuelle était tombé, dans les derniers temps, ''empereur Napoléon 1". Son Histoire inachevée rfe la campagne rfel813 (Leipzig, 1866, 1 vol. in-S"), également interdite en France, produisit une impression encore plusprofonde.
* CHARRÉE s.f. (contract. du lat. cineracea, cendrée). Cendre qui a servi à faire la lessive: la charrée est bonne au pied des arbres. — w. Pêche. Larve qui sert d'appât.
* CHARRETÉES, f. Charge d'une charrette: chaiTeh'x de bois, de foin, de vin.
' CHARRETIER, 1ÈRE s. Celui, celle qui conduit une charrette, un chariot. On disait autrefois : chartier. — Prov. Jurer comme un charretier embourbé , jurer beaucoup avec emportement. — Fig. Il n'y a si bon charretier qui ne verse, les plus habiles font quelquefois des fautes. — ■ Celui qui mène une charrue.
"CHARRETIER, 1ÈRE adj. Par où peuvent passer les charrettes : chemin charretier; porte charretière. — Voie charretière, espace compris entre les roues d'une charrette, lequel est ordinairement déterminé par les règlements de police.
* CHARRETTE s. f. (rad.char). Sorte de voiture à deux roues, qui a deux limons et ordinairement deux ridelles, et dont on se sert pour transporter des fardeaux. — C'est une charrette, une vraie charrette, se dit, par plaisanterie, d'une personne dont l'esprit est lent et inerte. — Prov. et fig. Un avaleur de charrettes ferrées, un fanfaron. Charrette à bras, petite charrette traînée par un ou deux ho mines, et propre seulement au transport de légers fardeaux.
* CHARRIAGE s. m. Action de charrier. — i-v. Argot. Filouterie, mystification ; action de charrier : charriage à l'américaine. — Charriage à la mécanique, action de dévaliser quelqu'un, pendant qu'un complice l'étrangle quelque peu au moyen d'un mouchoir.
* CHARRIER s. m. Pièce de grosse toile dans laquelle on met la cendre au-dessus du cuvier, quand on fait la lessive : ce drap servira de chanier.
' CHARRIER V. a. Voiturer dans une charrette, dans un chariot, etc. — Fig. et fam. Charrier droit, se bien conduire, se gouverner comme l'on doit, s'acquitter de son devoir.— Emporter, entraîner, en parlant d'un courant d'eau, d'une rivière, etc. : les rivières charrient du sable ; le canal charrie beaucoup de limon. — Par ext. : ses urines charrient du gravier, ou simplement, charrient. — Il se dit absolument d'une rivière, d'un fleuve, couverts de glaçons qu'entraîne le courant : la Seine sera bientôt prise, car elle charrie. — Mar. Ch.\rrier de la toile, porter autant de voiles que possible, lors d'un temps forcé ou d'une forte brise. — Argot. Rouler, voler quelqu'un en le mystifiant.
CHARRIÈRE (Isabelle-Agnète de Saint-Hyacinthe de), femme do lettres de la Suisse française, née àUtrecht vers 1740, morte en 180-5. Elle était fille d'un baron hollandais et épouse d'un professeur suisse. Elle précéda M"" de Staël dans l'amitié de Benjamin Constant, au Mari sentimental duquel elle donna nue suite sous le titre de Lettres de Mistress Henley. Ses écrits sous le nom de l'abbé de la Tour, ont été réunis en 1798. Son chef-d'œuvre, Caliste, ou lettres écrites de Lausanne (1786, in-S"), a été réédité en 1845, avec une notice de Sainte- Beuve (in-18).
CHARRIÈRE (Joseph-Frédéric), industriel, né a Paris en 180.!, mort en mai 1876. D'abord apprenti, puis maître coutelier, il fonda en France l'industrie des instruments de chirurgie, qu'il porta à sa perfection. Les maîtres de la science chirurgicale le considéraient comme un collaborateur indispensable dans leui's dIus délicates opérations.
CHAR
CHARRIEUR s. m. Voleur au charriage. — Compère. — On dit aussi Charuon.
'CHARROI s. m. Charrlag-e, transport par
chai'iol, cliarrelte, tombereau, etf. — Art milil. S'est dil du corps de troupes cliarg-é du transport desbn^ages de l'artillerie :capitame de rhidToi. On dit aujourd'liui train des équip'iijcs ou Iraiyi d'artillerie. — w. Mar. Grande oiialoupe qui, sur le banc de Terre-Neuve, sert a transporter la morue après la pêche. On l'appelle aussi sereî/r.
■ CHARRON s. m. Ouvrier, artisan qui fait
Jes trains de carrosse, des chariots, des charrettes, etc. — IV Argot. Filou, m3-stiricateur.
CHARRON ;Pierre\ écrivain et moraliste, né a l'aris en lo41, d'un libraire qui avait vingt-cinq enfants, mort dans la même ville en IGO'3. Il embrassa d'abord la carrière du baireau, mais la fortune ne venant pas, il étudia la Uiéologie et acquit, parson éloquence une haute position dans le cler?é. La reine .Marquer te, épouse de Henri IV, le nomma son prédicateur et il fut comblé d'honneurs et debonélices par le cicrcé du Midi. Il fut l'un d's disciples les pluséminents de Muntaiirne, qui lui avait voué beaucoup d'amitié. Son Traité de la Sur/esse, injustement accusé d'athéisme, contient une peinture des misères et des faiblesses du genre humain (nouvelle édition, 1820, .3 vol. in-S"). Son Traité des trois Vérités (Cahors, I.SOi, in-8°) est une défense de la religion contre l'athéisme et une apologie du christianisme opposé aux autres religions. L'édition complète des œuvres de Charron a paru en 163.1, 1 vol. in-4".En 1879, on a donné le nom de Charron à une rue de Paris qui portait précédemment celui de Morn}'.
• CHARRONNAGE s. m. Art du charron; ouvrage de charron -.apprendre lecharroninti/e; le chnrronnage de mon cabriolet me revient à... — Bois de charronnage, bois propre aux ouvrages de charron.
CHARROUX[roû] Carrofim, ch.-l. de cant. ; arr. et à 10 kil. S.-E. de Civray (Vienne) ; l.f.îj hab. Ruines d'une abbaye de bénédictins.
• CHARROYER v. a. Ti'ansporter sur des chariot?, i-li.n lottes, tombereaux, etc.
CHARROYEUR s. m. Celui qui charroie.
• CHARRUE s. f. (lat. carriim, char). Machine à lubourei' la terre ; instrument d'agriculture composé d'un train monté ordinairement sur deux n lues, qui porte un pros fer pointu et un soc tranchant pour ouvrir etcouper laterre, etqui est mu par des chevaux ou par des bœufs et quelquefois aujourd'hui parla vapeuretmême par l'électricité. — Prov. et fig. Mettre la charrue devant les bœufs, commencer par où l'on devrait finir, faire avant ce qui devi'ait être fait après — C'est une charrue malattelée, se dit en pailanl d'associés qui ne s'accordent pas, qui n'agissent pas de concert dans leui eiitre[irise. - Tinr Za t/tarrue, avoirbeaucoiip de peine :c'est tirer la charrue que de s'adonner à un travail si pénible. — Etendue de terre qu'on peut mettre en valeur avec une charrue : cette ferme est de deux, de quatre charrues. — ** Jargon. Charrue complet':, quinte, quatorze et le point au piquet. — Encvcl. La charrue sert à remuer lesol, à lebriser,àle retourner,
cn.\R
simple bâton, recourbé et pointu, formant le soc, s'étendail au-dessous de l'endroit où la flèche horizonl.ile était assujettie avec lui. Le manche se divisait en deux, de façon à présenter une poianée pour chaque main du laboureur. Nos figures 1 et 2 réprésentent les
à le mélanger, à le diviser, à l'ameublir. Elle a reçu de nombreux perfectionnements. Celle des anciens Egyptiens était toule en bois ; un
charrues employées par les Grecs au tu" siècle avant J.-C. La figure 3 estla charrue moderne de Castille, et la figure 4 celle dont on se sert
Fie. 5.
encore en Sicile : ce sont des araires tout à fait priniilifs, comme on en rencontre quelquefois dans les campagnes les plus arriérées du Centre et du Suri-Ouest de la France. La charrue péruvienne était plus simple encore: elle se composait d'un pieu en bois très dur et bien pointu, que traversait, à2b ou 30 cent, de la pointe, une pièce de bois sur laquelle le laboureur posait le pied pour enfoncer le pieu dans le soi ; six ou huit hommes solides s'attelaient à ce pieu, au moyen de cordes, et l'entrainaienten formant unsillun; desl'emmes brisaient ensuite les mottes. — L'araire perfectionné de Dombasle se compose : 1° d'un contre, ou couteau adapté à l'âge, en avant du soc; 2" d'un soc, qui coupe horizontalement la tranche de terre que le contre a coupée verticalement ; il est fixé à la charrue par une douille ou souche et est terminé, adroite, par une aile, apfiendice qui se relève pour soulever et renverser la tranche de terre; 3° d'un sep, solide pièce de bois, munie de bandes de fer et garnie d'un talon, qui pèseet glisse sur le fond du sillon; 4" d'un vcrsoir ou oreille, située à droite et contournée de façon à combiner son effet avec celui de l'aile, pour rejeter la terre et alléger l'inslrumenl en le débarrassant ; ij" d'un Oge, haie ou perche, timon en bois ou en fer, long de 2 m. iiO à 3 m.; 6° des wi(/îic/iesou»îrt>i(;/ie)'o;!S, morceaux deboisoude fer fixésà l'e.vtrémité postérieure de l'âge, et que le laboureur tient de chaque main pour diriger l'appareil; 7° Aurérjuhdeur, [liècequi glisse verticalement dans une mortaise, à l'extrémité antérieure de l'âge, pour abaisser ou élever la ligne de lirai;e. — On ippelle charrue proprement dite, celle qui est munie d'un avant-train. C'est un araire dont l'âge est accroché antérieurement à une paire de roues. On donne le nom particulier de bisoc à une charrue munie de deux socs placés l'un derrière l'autre et accompagnés chacun d'un contre; il a aussi des 'polysocs, ayant plusieurs socs accouplés de diverses manières, suivant les systèmes; le brubant, employé en Belgique et dans le nord de la France est un appareil perfectionné qui règle la profondeur que d'il atteindre le soc, au moyen d'unsuppoi-l vt itical qui est placé derrière le régulaleuretqui idissesur le sol à l'aide soitd'un patin ou sabot, soit d'une petite roue. Les charrues perfectionnées sont ordinairement munies d'un acant-soc, placé devant le coutre. Pour que la charrue puisse verser la terre toujours dans le même sens par rapport à la pente du champ, on a imaginé des vorsoirs qui se placent d'un côté ou de l'autre, à la
CHAR
volonté du laboureur : les appareils qui en sont munis sont appelés charrues tourneoreille. Dans la charrue-harna (du nom de son inventeur), le versuir est une sim[ile plaque de tôle qui s'accroche tantôt à droite, tantôt à gauche du soc; cetappareil est répandu dans le Nord. Dans la charrue à versoirs rentrants, employée en Picardie, il y a un versoir de chaque côté du soc; ils sont installés defaçonàse rapprocherou s'écartera volonté. La charrue tourne-sous-sep, dont on fait usage aux Etats-Unis et qui s'est répandue en Allemagne, porte unversoir disposé de façon à se placer tour à tour à la droite ou a la gauche du sep, en exécutant, sous cette pièce, un mouvement de demi-tour. Les charrues dos-à-dos se composent de deux corps adaptés en sens opposé au même âge et pouvant fonctionner alternativement: ces corps ont chacun leur coutre, leursoc et leur versoir. — Pour le labourage à la vapeur, il a fallu imaginer une charrue nouvel le; on se sert ordinairement d'un doubleappareilaqualresocs, comme le montre notre fig. G. Cette machine ayant un mouvement altcrnalif, on relève, air bout de chaque sillon, la partie qui vient de le creuser; et en même temps, on abaissecelle qui doiten tracer un autre : c'estlac/i m'ueàbalance. Lapremière charrue qui réussit à fonctionner par la vapeur fut celle de l'Anglais Heathcote (1832); elle avait pour but le dessèchement de vastes terres marécageuses; elle agissait au moyen d'une machine à vapeur, placée à une extrémité des sillons, et d'un treuil établi à l'autre extrémité ; une chaîne sans fin faisait faire la navette à la charrue. La charrue à balance fut inventée en I8i)4parJuhn Fowler. Dans le système Howard, on emploie un câble dont la ligne detirage peut être changée au moyen de poulies fixées aux coinsdu champ, de telle sorte que la machine à vapeur et le treuil puissent rester en place, au lieu d'être forcés de s'avancer à mesure qu'un sillon est tracé. L'Angleterre fabrique aujourd'hui une grande quantité de ces appareils, qu'elle envoie en Amérique, en Egypte, dansles IndesOrientales etdanslespaysoù,lapropriéléétantpeu divisée, on peut opérer sur de grands espaces. l'Angleterre, à elle seule, occupe plus de 1,000 charrues à balance. — On emploie aussi l'électricité comme force motrice: pour cela, on place, à chaque bout des sillons, un treuil mis en mouvement par une machine gramme; et une charrue à balance, entraînée par une chaîne métallique, l'ailla navette d'un treuil à l'autre. Des expériences satisfaisantes de ce système ont été faites, le 22 mai 1879, près de la sucrerie de Sei'maize (Marne).
•CHARTE (Val. charta). s. f. Ancien litre, lettres patentes, loi fondamentale, constitution : Ecole des Chartres. (On disait autrefois : chartre). — Charte normande, lettres patentes qui avaient été accordées aux Normands pour la confirmation de leurs privilèges : nonobstant clameur de haro, charte normande, etc. — La grande charte d'Angleterre, ou simplement: la grande charte, charte par laijuelle Henri 111, roi d'Angleterre, accorda certains privilèges à la nation, et qui est regardée, avec lachartc dro/'ord/s, commelahase desliberlés anglaises. — La charte constitutionnelle, ou simplement: la charte, la loi fondamentale qui établit en France le répime constitutionnel : la charte con si ilulionnclb: promulguée en 1814; la charte (Yc 1830. — Charte partie {\aX. charlapartita, papier partagé, parce que dans l'antiquité, lorsque le pro[U'iétaire etle capitained'un navire avaient éi'rit leurs conventions sur un papier, au lieu d'en faire un double, ils déchiraient la minute, et chacun en gardait la moitié). Mar. Contrat entrele propriétaire et le capitained'un navire. — Police de chargement, acte d'affrétement. — Plur. des Chartes PARTIES. — Législ. I' La charte partie est un contrat rf'o/frétement ou noUssement, c'est-à-dire de louage pour tout ou partie d'un navire. Cet acte est
CHAR
ainsi nommé parce ([u'aulrefoislaconveiition était écrile deux fois au moins sur la même feuille de parctiemin que l'on divisait ensuite, de manière à ce que chacune des parties de la chai te étant ensuite rapprochée du surplus comme d'un>^ souche, devait s'y raccorder. Cette convention doit être faite par écrit et sur papier linihré (décr. 3 janv. 1809); elle peut être laite devant notaire ou sous seingsprivés; elle est presque toujours rédigée par un courtier. Elle est sou mise, comme toul autre contrat de louage, à un droit d'enregistrement de vingt-cinq centimes par cent francs. La charte partie doit énoncer le nom et le tonnage du navire, le nom du capitaine, celui du prêteur, celui de l'alfréteur, le lieu et le temps convenu pour la charge etla décharge, le p'ix de la location (fret ou nolis), et l'endemniié convenue pour les cas de retard. Elle doit expiitner. en outre, si l'alfrètement comprend la totalité ou une partie seulement du navire (C. cumm. 273). Le capitaine est tenu d'avoir à hord les chartes parties relatives à son chargement (id. 226). Les contestations relatives à ces contrats sont du ressort des ti ihunaux de commerce (id. G33) ». (Ch. Y.) — Ecole des chartes. " Cette institution, fondée en dS2l, est aujourd'hui établie dans lepalais des archives nationales. Voy. Archivks. Elle est destinée à former des archivistes et des bibliothécaires. L'enseignement dure trois années et comprend la paléographie, la bibliographie, l'étude des langues parlées en France pendant le moyen âge, l'archéologie, etc. Pour être admis dans celte école, il faut être âgé de moins de 2i ans. être bachelier es lettres et être présenté à la nomination du minisire par le conseil de l'Ecole. Huit bourses de 600 fr. chacune sont accordées à la suite du concours. A la fin de chaque année d'études, les élèves passent des examens, et ceux qui ont été admis après toutes les épreuves, reçoivent le diplômed'archiviste paléographe. V. AncunisTE. » — Cliarlercd. (V. S.) (Cu. Y.)
CHARTERHOUSE ou Chartreuse, école pour enfants et maison de retraite pour de vieux soldats et d'anciens marchands, fondée à
CHAR
de Charles VU, il composa une Histoire de ce prince (ItiOl, in-ful).
CHARTIER (René), médecin, né à Vendôme en to" 2, mort en t6.'i4; devint médecin du roi et professeur de chimie au Collège de France, et publia une traduction de Galien et d'Hippocrate (Paris l639-'79, 9vol. in-fol.).
CHARTISME s. ra. Opinion politique des chartistfs. Le chartisme fut créé en 1838, lorsqu3 fut proposée une charte anglaise admettant le sulfrage universel au scrutin secret.
CHARTISTE s. m. Se dit, en Angleterre, d'un démocrate.
CHARTOGRAPHEs. m.[kar-to-gra-fe] (franc.
chai-tv; gr. .«/''"p/i'i. j'écris). Celui qui s'occupe de recueillir ou d'expliquer les chartes.
CHARTOGRAPHIE s. f. Art du chartographe.
CHARTRAIN, AINE s. et adj. De Chartres ; qui a rapport à celle ville ou à ses habitants.
CHARTRAIN (Pays), Ancien pays de la Beauce, habité primitivement par les Carnutes. Cap. Chartres. On appela Churtrain français, la partie septentrionale etla partie orientale du diocèse de Chartres ; ch.-l. Mantes.
• CHARTRE s. f. Ancien titre. On dit aujourd'hui : rltarte.
' CHARTRE s. f. (!at, carcer, prison). Vieux mol qui signifiait Prison. — S'est conservé dans cette dénomination : Saint-Denis de la Chartre, lieu où saint Denis fut autrefois en prison; et dans la locution : c/iartre p/fuée, toul lieu ou l'on délient, où l'on emprisonne quelqu'un sans autorité de justice : il n'est pas permis de tenir un homme en chartre privée.
CHARTRES, Autricum, Carinttum Civitas, ch.-l. du dép. d'Eurc-ct-Loir. à 88 kil. S.-O. de Paris, sur un coteau baigné par l'Eure, par 48° 26' 43" lat. N. et 0°' 50' .ï9" long. 0; 23.182 hab. Vauban dessina le plan du beau pont qui traverse l'Eure et réunit les deux parties de la ville. Rues torlueuses ; boulevards sur l'emplacement des anciennes fortifica- I lions; fameux jardin botanique. Magnifique