‹ Nouveau dictionnaire encyclopédique universal illustréChapitre 174 sur 568 · CRIT · texte numérisé non relu

CRIT

CROC

des plantes aquatiques. Vues à l'œil nu, les] qui commandait une armée à la bataille de cristatelles ressemblent à des moisissures blanchâtres. A la loupe, on voit que ce sont de petits animaux cylindriques dont la bouche est entourée de tentacules.

CRISTI interj. Abréviation de sacristi.

CRISTIFORME adj. Qui a la forme d'une

crête.

CRISTOBAL (San-) ville du Mexique, cap. de l'étal de Chiapas, à 70 kil. S.-E. de Mexico; 11,238 hab. On l'appelait autrefois Giudad- Real.

* CRITERIUM s. m. [kri-té-ri-omm] (gr. kriterion; de krinô, je juge). Marque à laquelle on reconnaît la vérité, et d'autres objets intellectuels : l'évidence est le a-iterium de la

vérité.

CRITIAS [kri-siass], homme politique athénien, élève de Gorgias et de Socrate, tué dans l'assaut du Pirée par Thrasybule en 403. Il fut le plus farouche des trente tyrans d'Athènes.

CRITICISME s. m. Philos. Système rationaliste fondé par Kant, et dont le but principal est de déterminer les limites dans lesquelles peut s'exercer l'entendement humain.

CRITICISTE adj. Qui a rapport au criticisme. — s. m. Partisan du criticisme.

* CRITIQUABLE adj. Qui peut être justement critiqué.

•CRITIQUE adj. (gr. kritikos). Méd. Qui annonce une crise, qui appartient à la crise : phénomènes critiques. — Temps, âge critique, celui où une femme cesse d'avoir ses règles.

Qui doit amener un changement en bien

ou en mal, qui est dangereux, inquiétant : rinstant critique est venu. — Qui concerne la critique, qui a pour objet la critique, l'examen de quelque ouvrage d'esprit, ou d'une production de l'art : observations, notes critiques. — Se dit aussi de la disposition à censurer trop légèrement : esprit critique.

'CRITIQUES, m. Celui qui examine des ouvrages d'esprit pour en porter son jugement, les expliquer, les éclaircir, etc.

Sovez-vous à vous-même un sévère antique.

BOILKAU.

— Celui qui examine et juge une production de l'art : les critiques ont reproché à ce pcinh-e demanquer de correction dans le dessin. — Censeur, celui qui trouve à redire à tout : critique fâcheux. — Celui qui, dans les témoignaceshistoriques, s'entend à discerner levrai du faux : cet historien est un pauvre critique. * CRITIQUE s. f. L'art, le talent de juger les ouvrages d'esprit, les productions littéraires : les règles de la critique. — La discussion des faits obscurs, des dates incertaines de la pureté des textes, de l'authenticité des manuscrits : il fallait beaucoup de critique pour écrire ce«(; histoire. — Dissertation, écrit dans lequel on examine quelque ouvrage d'esprit : il a fait la critique de ce poème. — Toute observation par laquelle on signale quelque défaut dans une production de l'esprit ou de l'art : voilà une critique bien sévère. — Par ext. Ce qui fait ressortir indirectement les défauts, les vices de quelque chose : cetteparodie estune rritique fort spirituelle de telle pièce. — Censure maligne ou sévère de la conduite d'autrui, de quelque ouvrage, de quelque chose : rien n'est à l'abri de sa critique. - Se dit aussi de ceux qui critiquent, en quelque genre que ce soit : la critique lui a reproché telle chose.

* CRITIQUER v. a. Censurer quelque chose, y trouver à redire.— CairiQUER une personne, trouver à redire dans ses actions, dans ses manières, etc.

CRITOLAÛS, achéen qui excita ses compa- Iriotci à se révolter contre les Romains et

Scarphea (146 av. J.-C).

CRITON, ami et disciple de Socrate, qu'il chercha à sauver de la mort. Platon a fait de lui un des principaux personnages d'un dialogue qui porte son nom.

CRIVELLI (Carlo), peintre italien, né vers 143), mort après 1493. Son Couronnement de la Vierije, à Milan, est considéré comme son chef-d'œuvre. Il a beaucoup de naturel.

* CROASSEMENT s. m. Cri ducorbeau et de la corneille.

* CROASSER v. n. (gr. krazein; lat. crociare). Crier, en parlant des corbeaux : les corbeaux croassent.

CROATE s. et adj. De la Croatie; qui appartient à ce pays ou ses habitants. — S'est dit de corps de troupes de cavalerie légère composées de Croates (xvii° siècle). Le costume des Croates a servi de modèle à celui de nos hussards; leur nom a formé notre mot cravate. — s. m. Dialecte que parlent les Croates.

CROATIE [kro-a-sî], (croate Hervatska krajina; hongr. Horvatorszag), province de la monarchie austro-hongroise, formant, avec la Slavonie, un royaume réunià celui de Hongrie. (Voy. SLAVONiE.)CapitaledeIa province et du royaume : Agram. La Croatie, partie occidentale du royaume, est bornée par l'Adriatique, la Camlole, la Slyrie, la Hongrie (donlelleestséparéeparlaDi'ave);la Slavonie, la Turquie et la Dalmatie; 25,000 kil. carr. (y comprisles portions récemmenlincorporées de l'ancienne frontière militaire); 1,500,000 hab. Au Sud, se dressent les Alpes Dinanques; au N. delà Save, qui traverse la province, le pays est couvert de collines. Culture de la vigne, de l'olivier, du prunier et du châtaignier; vastes forêts, où l'on élève de nombreux troupeaux de porcs. Fer, cuivre, plomb, charbon de terre, sel et marbre. Peu de commerce et d'industrie. La province est divisée en comtés d'Agram, de Belovar, de Fiume (non compris la ville de ce num qui appartient à la Hongrie), de Kreutz et de W arasdin. Le royaume est représenté à la diele hongroise par 31 délégués. Le gouverneur, qui est nommé par l'empereur comme roi de Hongrie, porte le titre de ban. Les Croates formentla masse de lapopulation; mais celleci compte un certain nombre d'Allemands, de Madgyars et de Juifs. Les Croates appartiennent à la branche illyrico-servienne de la race slave. iNeuf habitants sur dix sont catholiques. — Pendant l'empire romain, la Croatie fit partie de la Pannonie ; au vii« siècle, elle fut colonisée par les Croates, qui se soumirent un instant à l'empire d'Orient. Vers la fin du I' siècle, les princes croates prirent le litre de rois. Après plusieurs révolutions, ce pays fut annexé, en 1 342, à la Hongrie dont il suivitla destinée. AssujettiàlamaisondeHapsbourg en 1.527, il supporta plusieurs invasions turques. En 1848-'9, la haine nationale des Croates contre les Madgyars fut l'un des principaux auxiliaires de l'Autriche dans la lutte que cette monarchie soutint pour — "-"

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dit de même : cette affaire, ce pi'ocës est au croc— Arouebuse a croc. (Voy. Arquebuse.) — Longue perche au bout de laquelle il y a une pointe de fer avec un crochet. — Les crocs DE LA VILLE, SB disait, à Paris et dans quelques autres villes, de grands crocs dont on se servait pour arrêter les progrès du feu, dans un incendie, en abattant les parties du bâtiment où il avait pris. — s. m. pi. Grandes moustaches recourbées en forme de crochet : ce grenadier a une belle paire de crocs. — Certaines dents pointues de quelques animaux : ce mâtin a de grands crocs.

*CROC [krock](onomat.) Motdulangage familier, servant à exprimer le liniit que les choses sèches et dures font sous la dent quand on les mange : cela fait croc sous la detit.

soutint pour réprimer

insurrection hongroise. (Voy. Hongrie et Jel- LACHicH.) Séparée de la Hongrie en 1849, la Croatie lui fut réunie de nouveau en 1867, — On appelle Croatie turque la partie N.-O. de la Bosnie.

•CROC s. m. [kro] (bas lat. crocia]. Instrument de fer, de bois, etc., à une ou plusieurs pointes recourbées, dont on se sert pour y pendre ou pour y attacher quelque chose : croc de fer; croc de bois.— Prov. etfig. Mettre les armbs au croc, pendre son épke au CROC, quitter le métier de la guerre. — Mettre

ON PROCÈS AU CROC, LE PENDRE AU CROC, Cessel'

de le |ioursuivre,suspenilie les procédures. On

• CROC-EN-JAMBE s. m. [kro-kan-jan-be]. Tour de lutte, pour faire manquer le pied à celui avec qui on est aux prises, et pour le faire tomber : il lui a donnédes croc-en-jambe. — Manière adroite qu'on emploie pour supplanter quelqu'un, pour le faire déchoir de ses droits, de sa place, ou de ses prétentions : il était bien auprès du prince, mais un courtisan plus adroit lui donna le croc-en-jambe. — Fig. Donner un croc-en-jambe a la vérité, ne pas raconter les choses comme elles se sont passées. — Crocé-Spinelli. (V. S.)

* CROCHE adj. Courbé et tortu : jambe croche.

' CROCHE s. f. Mus. Note qui vaut pour la durée le quart d'une blanche, ou la moitié d'une noire; on la figure par une noire avec un petit crochet à l'extrémité de la queue : une suite de croches. — Double croche, triple croche, QUADRUPLE CROCHE, iiote dout la qucue a deux, trois, quatre crochets, et qui vaut pour la durée la moitié, le quart, le huitième de la croche.

CROCHER V. a. Employé autrefois pour accrocher ; a été conservé avec cette signification dans plusieurs provinces.

* CROCHES s. f. pi. Espèces de tenailles en équerre avec lesquelles on tient sur l'enclume les barres de fer rouges.

• CROCHET s. m. Petit croc ; agrafe : crochet de fer.— Se dit, particul., des crochets mobiles adaptés à certaines parties d'un bâtiment, à certains meubles, etc., et qui servent à fixer, à retenir une chose contre une autre : cette porte, ce volet, est retenu en dedans par un crochet. — Clou a crochet, clou dont la tête est en crochet, au lieu d'être plate ou ronde. — Broder au crochet, broder avec une espèce d'aiguille qui a un petit manche, et dont la pointe est recourbée. — Crochet DE SERRURIER, OU simplement, crochet, instrument de serrurier, courbé en crochet, qui sert à ouvrir une porte dont on n'a pas la clef : ouvrir une porte avec un crochri. — Crochet DE chiffonnier, petit bâton armé à l'une de ses extrémités d'un morceau de fer pointu et recourbé, dont les chitl'onniers se servent pour ramasser les haillons, etc. — Faire un crochet, changer subitement de route, de direction, en prenant de côté : il a fait un crochet pour m'éviter. On le dit quelquelois des choses : (a route fait un crochet en cet endroit.

— Chir. Instrument recourbé à l'une de ses extrémités, et servant à extraire les parties du fœtus qui sont restées dans la matrice : crochet aigu. — Instrument à peser, qu'on nomme autrement Peson ou Romaine. — Se dit inissi de certaines dents aiguës et perçantes de quelques animaux, spécialement des chiens et des chevaux : les crochets commencent d pousser à ce cheval, à ce chien. — S. m. pi. Ce que les portefaix s'attachent sur le dos avec des bretelles, pour porter plus aisément leurs fardeaux : porter les crochets..

— Etre sur ses crochets, être sur les crochets DE quelqu'un, vivre à ses dépens, vivre

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aux dépens do quelqu'un. — Certaines figures recourbées qui servent à lier ensemble deux ou plusieurs articles. — Traits recourbés ou droits qui s'ajoutent à la queue de certaines notes de musique. — Petites boucles de cheveux, naturels ou postiches, que les femmes se mettent quelquefois sur le frontauprès des tempes : vos crochets sunt défrisés. — Typogr. Se dit de certaines parenthèses, moins usitées que les parenllièses ordinaires, et qui consistent en des lignes verticales dont les extrémités sont recourbées à angle droit [ ]. Dans notre Dictionnaire, nous avons mis entre crochets la prononciation.

* CROCHETER v. a. Ouvrir une porte, un secrétaire, etc., avec un crochet : il fallut crocheter la porte.

' CROCHETEDR s. m. Portefaix qui porte des crochets : décharger un crocheteur. — Fam. Santé dk crocheteur, santé forte et robuste. — Celui qui crochète; mais, dans ce sens, il no s'emploie qu'avec un complément : crocheteur de serrures.

* CROCHU, UE adj. Courbé en crochet : morceau de fer erochu. — Prov. et fig. Avoir les MAINS CROCHUES, être fort enclin à dérober.

'CROCODILE s. m. (gr. krokodeilos, qui craint le rivage). Erpét. Genre de reptiles sauriens qui constitue, avec l'alligator d'Amérique et le gavial du Gange, la famille des crocodiliens, et qui comprend des animaux couverts d'écaillés, très redoutables par leur force et leur voracité. — Prov. et fig. Larmes DE CROCODILE, laHues hypocrites par lesquelles on cherche à émouvoir quelqu'un pour le tromper : ne vous laissez pas toucher aux larmes de cette femme, ce sont des larmes de crocodile. — Encycl. L'Europe n'a aucun crocodile ni même aucun crocodilien dans sa faune actuelle; l'Amérique a deux espèces de crocodiles, l'Asie deux, et l'Afrique une seule. Le crocodile vulgaire ou du Nil (crocodilus vulgaris, Cuv.), l'un des animaux sacrés des anciens Egyptiens, atteintjusqu'à 6 ou 7 m. de long. Ilvit sur le bord du Nil. La femelle fait son nid à quelques pieds au-dessus du niveau du tieuve ; elle assiste ses petits pendant quelques mois après leur écloision, elle les conduit au tieuve et leur enseigne à pêcher

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répandue en A.sie est le crocodile à deux nrAty<! (crocodilus biporcatus, Cuv.) , ainsi

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2Sfc^

Crocodile du Nil (Crocodilus vulgarîs),

le poisson, qui doit être leur principale nourriture pendant toute leur vie. Les crocodiles dévorent aussi les animaux blessés et même les hommes qui se trouvent à portée de leur Sueule elfrayanle. Ils quittent rarement les eaux pour chasser leur proie, mais ils en sorlcni souvent pour s'étendre au soleil sur le rivage. Ils pèchent ordinairement pendant la nuit et font entendre un bruit particulier quand ils mangent. Les indigènes recherchent leurs œufs. Les anciens Egyptiens entretenaient des crocodiles dans leurs temples, où les prêtres les nourrissaient et les ornaient d or et de pierres précieuses ; on trouve souvent des momies de crocodiles dans les tombes égyptiennes. Le crocodile vulgaire se trouve non seulement en Afrique, mais aussi eu Asie, principalement dans la péninsule malaise. On le rencontre quelquefois à 4 ou 5 kilomètres en mer; il attaque les bateaux qui reviennent de la pêche. L'espèce la plus

Crocodile

ête (Crocodilus biporcatus).

nommé à cause de la double arête saillante qu'il a sur le haut du museau. On le trouve dans la plupart des rivières et des lacs de l'Asie orientale et de l'archipel Indien.

CROCODILIEN, ENNE adj. Qui ressemble au crocodile. — Erpét. Famille de sauriens , ayant pour type le genre crocodile et comprenant, en outre, les genres gavial et alligator, ainsi qu'un grand nombre d'espèces fossiles.

CROCODILIN, INE adj. Qui tient du crocodile.

CROCODILOPOLIS.Voy. Arsinoé.

CROCQ [krok], ch.-l. de cant., arr. et à 27 kil. S.-E. d'Aubusson (Creuse) ; 1,040 hab. C'est là que commença, en 'lo92, l'insurrection des Croquants.

• CROCUS s. m. [kro-kuss] (gr. krokos ; lat. irocus). Bol. Nom scientifique du genre safran de l'ordre des iridées. On en cultive une

Crocus des jardins.

espèce dans nos jardins d'ornement ; c'est le crocus des jardins {crocus vernus), des Alpes et des Pyrénées ; il porte, vers la fin de février, une seule fleur violette ou purpurine, quelquefois blanche.

* CROIRE v. a. (lat. crcdere). Je crois, tu crois, il croit ; nous croijions, vous croyez, ils croient. Je croyais; nous croyions, vous croyiez, ils croyaient. Je crus. J'ai cru. Je croirai. Je croirais. Crois. Que je croie, que nous croyions. Que je crusse, que tu crusses, qu'il crût ; que nous crussions, que vous crussiez, qu'ils crussent. Croyant. Cru. Estimer qu'une chose est véritable, la tenir pour vraie, pour certaine :

On n'est jamais plus heureux Que qu.uid on le croit être.

Legrikd. Le Roi de Cocagne, acte 1, se. iv.

— Absol. Croire légèrement. — Avoir la foi, et recevoir avec soumission d'esprit tout ce que l'Eglise enseigne ; à la première prédication des apôtres, beaucoup de Juifs crurent. — Lorsqu'il a pour régime un nom de personne, signifie : ajouter foi à quelqu'un, ou suivre ses avis, ses conseils : croyez-vous cet homme-là? — En croirk quelqu'un, en croire auELQUE CHOSE, s'cu rapporter à quelqu'un, à

quelque chose : je vous en croirai sur parole.

— v. n. CnoiUE a quelqu'un, a quelque chose", ajouter foi à queUju'un, à quelque chose, s'y lier : croire aux astrologues, aux médecins. Cette locution n'est plus guère usitée en parlant des personnes; on dit ordinairement: croire quelqu'un. — Croire a quelque chose signifie aussi, être persuadé de l'existence où de la vérité rie quelque chose, y donner sa croyance : il proteste de son innocence, mais je n'y crois pas. — Penser, estimer, s'imaginer, présumer ; vous ferez bien, je crois, de ne 2)lus fréquenter cet homme-là. — Se croire v. pr. Etre cru : ceci ue se peut croire. — Croire soi : il se croit habile. — S'en croire, agir d'après sa propre pensée : si je m'en croyais. — Avoir de soi une estime exagérée : il s'en croit

' CROISADE s. f. [kroua-za-de]. Ligue, expédition contre les infidèles ou les hérétiques, ainsi nommée parce que ceux qui s'y engageaient portaient une croix sur leur habit : prêcher la croisade ; publier la croisade. — Fig. Elforts concertes entre plusieurs personnes pour combattre des institutions, des idées qui leur paraissent mauvaises : sous le Consulat, quelques esprits entreprirent une croisade contre les idées de la Révolution. — Encycl. On appelle croisades des expéditions que firent, aux xi«, xn° et xiir siècles, les nations chrétiennes d'Europe, pour reprendre la Palestine aux musulmans. La première croisade fut prêchée par un homme d'une origine obscure, le moine Pierre l'Ermite. Pendant un voyage à Jérusalem, il fut témoin des insultes et des cruautés que les Turcs faisaient subir aux pèlerins chréilens et il eut l'idée de délivrer le saint sépulcre. Le pape Urbain II l'encouragea, et Pierre se mit à prêcher la croisade en Italie et en Franco. Son succès fut tel, que le peuple, abandonnant toutes les préoccupations du moment, n'eut phis d'autre souci que de reprendre aux infidèles les lieux saints. Deux conciles se réunirent vers t095, l'un à Plaisance, l'autre à Clermont- Ferrand, dans le but de pousser à bonne fin cette entreprise. Ceux qui se joignaient à cette expédition attachèrent une croix sur leur épaule ou sur leur bras, et chacun d'eux prit le nom de croisé, ou de porteur de croix, et c'est pour cette raison que l'expédition prit le nom de croisade. En lOllii, des troupes nombreuses, mais indisciplinées, se dirigeant vers la Palestine sous le commandement de Pierre l'Ermite, de Gautier-Sans-,\voir, du prêtre allemand Gottschalk, et de plusieurs autres, tombèrent sous les coups des Bulgares, des Hongrois et des Turcs. La première croisade faite par des troupes disciplinées eut lieu la même année (109(5), et fut conduite par des princes, Godefroy de Bouillon, Robert, duc de Normandie, par les comtes de Vermandois, de Toulouse, de Chartres, de Flandre, par Bohémond, prince de Tarente, par son parent Tancrède, etc. Les croisés rencontrèrent les Turcs à Dorylée, en Asie Mineure, le 4 juillet 1097, et, après un long combat, remportèrent la victoire. Ils minant le siège devant Antioche et y enlrèrent par trahison (1098). Jérusalem, quoique vaillanimentdéfendue, ne put résister à l'assautdont elle fut l'objet, et après lequel eut lieu un massacred'uueatroL-itéinouïe(i;i juillet 1099).

— La seconde croisade fut prèchéc par saint Bernard, en -France, en Allemagne, et dans une grande partie de l'Europe {\ii'6-'6). Louis VII, roi de France, et Conrad III, empereur d'Allemagne, prirent la croix et arrivèrent à Jérusalem en mai 1147. Ils assiégèrent sans succès Damas, et revinrent en Europe en M49. Pendant quelques années les chrétiens purent conserver leurs possessions contre les musulmans, mais l'arrivée au pouvoir du célèbre Saladin en Egypte et en Syrie leur fut fatale. Défaits à la bataille de Tibériade. en i 187, ils perdirent Jérusalem; bientôt Tyr fut la seule place impor»

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tante qui leur restât. — La troisième croisade fut commandée par Frédéric Barberousse, empereur d'Âllpraar;ne, par Philippe-Aupusle, roi de France, et par Richard I^'^Cœiir de Lion, roi d'Angleterre. Le premier de ces princes se noya, les deux autres s'emparèrent de Sainl-Jean-d'Acre en 1191. Philippe regagna la France, et Richard, resté seul, signa avec Saladin une trêve de trois ans (119'2). — La quatrième croisade fut presque entièrement composée de Français. Les Vénitiens s'engagèrent à transporteries troupes en Palestine, mais lorsque les croisés se rassemblèrent à Venise, en 1202, ils ne purent payer le prix ; aussi fut-il convenu qu'au lieu de l'argent promis, les croisés aideraient les Vénitiens à soumettre Zara en Dalmatie, clause qui lut exécutée. Ils secoururent ensuite l'empereur détrôné Isaac l'Ange et l'aidèrent à reprendre sa couronne, en 1203. Ensuite, lorsque s'élevèrent les dissenlions qui se terminèrent par la mort d'Ksaac et de son fils Alexis, les croisés attaquèrent de nouveau et reprirent Constantinople (1204), après quoi ils établirent l'empire latin. — Au printemps de l'an 1212, un petit paysan français, nommé Etienne, prêcha une croisade d'enfants. 30,000 jeunes chrétiens, soulevés à sa voix, s'embarquèrent à Marseille en août, et subirent une tempête pendant laquelle plusieurs navires furent submergés. Les malheureux qui échappèrent à ce désastre furent vendus aux musulmans, qui les gardèrent en esclavage. — La cinquième croisade (1216) se composa de Hongrois (sous leur roi André 11), d'Italiens, d'Allemands, d'Anglais et de Français. Les croisés prirent Damiette, en Egypte (1218), et après de longs relards, marchèrent sur le Caire, qu'ils ne prirent pas. — En 1228, Frédéric 11 d'Allemagne partit pour la Palestine à la tète d'une petite armée, et obtint du sultan un traité accordant plusieurs avantages aux chrétiens; mais les prétentions de ces derniers causèrent leur perte et le traité fut brisé. — En 1238, la noblesse d'Angleterre et de France résolut de courir au secours des lieux saints et forma la sixième croisade. Les Français, arrivés les premiers, se découragèrent vite et se rembarquèrent pour la plupart. Le comte de CornouaiUes, frère de Henri III, arriva à la tête d'une armée, rétablit les afl'aires des chrétiens, fit relâcher de nombreux prisonniers et parvint a délivrer Jérusalem, ainsi qu'une grande partie du royaume latin. En 1244, les Kharizmiens prirent d'assaut Jérusalem, qui leur fut presque aussitôt enlevée par les Egyptiens. — Une septième croisade fut proclamée sous la direction de saint Louis. Les chrétiens prirent Damiette en 1249; mais l'année suivante, ils furent écrasés, mis en déroute, égorgés au nombre de 30,000 ; le roi fut pris ainsi que sa suite et ses chevaliers; il dut payer rançon pour revenir en France (1254). En 1268, Antioche redevint musulmane, et Saint-Jeand'Acre resta seule aux chrétiens. — Saint Louis organisa une huitième croisade en 1270, et mourut devant Tunis dès le commencement de la ;.'uerre. — Une bande d'Anglais et de Gascons, commandée par le prince Edouard (plus tard Edouard I"), débar([ua à Saint-Jean-d'Acre en 1271, prit d'assaut .Nazareth, conclut une trêve de 10 ans el revint en Europe sans avoir délivré les lieux saints (1272). Ainsi se termina la dernière croisade, 177 ans après la prédication de, la première.

* CROISÉ s. m. Celui qui se croisait pour combattre les infidèles, les héiétiques : les croisis s'emparèrent de Jérusalem.

* CROISÉ, ÉE part, passé de caoïsER. — Etokfe cuoisée, élolfe fabriquée à quatre marches au moins, et où les fils de la trame sont plus sénés que dans l'étoile à deux marches : nerge croisée. On dit aussi, substantiv., DU CKUiii: xùilà un beau croisé. — Art

milit. Feux croisés, feux partant de différents côtés et dirigés vers un même point, ou qui prennent en écharpe les points battus. — Demeure», SE TENIR, AVOIR LES BRAS CROISÉS,

demeurer sans rien faire, demeurer dans l'inaction lorsqu'on devrait agir. — Rimes CROISÉES, rimes masculines et féminines mêlées et entrelacées. — Vers croisés, vers dont les rimes sont croisées : la trwjédie de Tancréde est en vers croisés. — Danse. Chassé CROISÉ, chassé que le danseur et la danseuse font en même temps, l'un à droite, l'autre à gauche.

* CROISÉE s. f. Fenêtre, ouverture qu'on laisse dans le mur d'un bâtiment, pour donner du jour à l'intérieur, et qui est quelquefois divisée par uu montant et par une ou plusieurs traverses : il y a tant de croisées à cet édifice. — Châssis vitré qui sert à fermer cette ouverture : poser une croisée.

•CROISEMENT s. m. Action par laquelle deux choses se croisent ; résultat de cette action. — Escr. Le croisement du fer, l'action de croiser les fieurets, les épées. — Econ. rur. Action d'accoupler des animaux de même genre, mais de races différentes : cette race de moutons a été fort améliorée par son croisement avec tes mérinos.

' CROISER V. a. (rad. croix]. Mettre, disposer quelque chose en forme de croix : croiser les bras. — Croiser son habit, son chale, le disposer de manière que les côtés passent l'un sur l'autre. — Croiser la baïonnette, placer, tenir son fusil de manière que la baïonnette soit dirigée en avant. — Techiiul. Croiser les soies, les fils, les tordre légèrement avec un moulin. — Traverser, aller, passer en travers de : le lièvre ci'oisa le chemin. — Fig. Croiser quelqu'un, le traverser dans ses desseins. — Rayer en passant la plume sur quelque écriture : il a croisé ti'ois ou quatre articles de mon compte. — Econ. rur. Accoupler des animaux de races différentes -.croiser deux races.— v.n. Se dit des robes, des habits, etc., dont les côtés passent l'un sur l'autre : cette rcdiiiyotenc croise pas assez. — Mar. Se dit d'un ou de plusieurs vaisseaux de guerre qui vont el viennent dans quelque parage, pour attendre des bâtiments ennemis, pour bloquer un port el en éloigner les navires étrangers: des vaisseaux croisent dans la Manctœ. — Se croiser v. pr. Mêler son sang, en parlant de deux races : cette race se croise bien avec telle autre. — Se dit en parlant des choses que l'on met ou qui sont disposées en croix : branches qui se croisent. Un l'applique dans un sens analogue aux objets en mouvement dont les directions se croisent : le fleuve était couvert de nacelles qui se croisaient dans tous les sens. — Se dit particul. de deux personnes ou de deux choses qui font le même trajet, mais en sens contraire, c'est-àdire, l'une allant, et l'autre venant : on se avise souoent sans se rencontrer. — Ils se croisent dans leurs prétentions, dans li;i us entreprises, etc., ils cherchent inuLuellenient à se traverser, a se nuire. — S'engager par un vœu solennel dans une croisade, et, pour marque de ce vœu, porter une croix sur ses habits : la plupart des princes se croisèrent, lorsque saint Louis se croisa. — Se cruiseu les bras, mettre ses bras en croix sur sapuiliine. — Fig. Se croiser les bras, rester dans l'inaction.

* CROISEUR s. m. Mar. Bâtiment de guerre

qui rioise dans certains parages.

CROISIC (Le), Crocilliacum, station balnéaire maritime et ch.-l. do canl., arr. el à 27 kil. de Savenay (Loire-Inférieure), à l'exlremilé occidentale de la prcsi(u'ile de Batz; 2, i28 hab. Ecole d'hydrographie; pêche; établissement hydrothérapique; fabr. de soude; construcl. de navires; e.\portation de hareng.'i, de sardines et de maquereaux. Eglise de X itre-

Dame de la Pitié ; chapelle Saint-Gouslan. Patrie d'Alain Bouchard.

* CROISIÈRE s. f. Mar. Action de croiser : une longue croisière.— Par ext. Lieux, parages oïl l'on croise : la Manche est une mauvaise croisière. — Vaisseaux qui croisent : notre croisière se composait de tant de vaisseattx.

CROISILLES ch.-l. de canl., arr. et à 13 kil. S.-E. dWrras (Pas-de-Calais); IjSbb hab.

•CROISILLON s. m. [Il mil.] La traverse d'une croix : la croix de Lorraine avait deux croisillons. — Pièces de bois ou de fer, disposées en croix, en travers d'une baie, ou d'un châssis de croisée pour recevoir les vitres : cette croisée a deux croisillons.

' CROISSANCE s. f. Augmentation en grandeur : wje de croissance.

* CROISSANT s. m. La figure do la nouvelle lune jusqu'à son premier (juartier : le croissant de la lune. — Ce qui a la figure, la forme du croissant de la lune : les armes de l'empire turc sont un croissant. — Absol. Armes de l'empire turc; et, fig., cet empire même : arborer la croix à la place du croissant. — Avant d'être adopté par les Turcs, le croissant avait été un symbole de souveraineté chez les Grecs, les Romains elles Bysantins. Maîtres de Constantinople, les Turcs le conservèrent et en décorèrent leurs pavillons, leurs enseignes, leurs minarets. Peu à peu, le mol croissant est devenu synonyme d'Empire turc; c'est en ce sens que l'on dit : le croissant a été humilié. — Ordres du croissant, 3 ordres de chevalerie ont reçu le nom d'ordre du croissant : l'un fut fondé par Charles I'"' de .Naples en l"261 ; le 2«par René d'Anjou en 1448; le 3°, encore existant, par le sultan Sélim 111 en 1801. — Certain instrument de fer qui est t'ait en forme de croissant, et dont les jardiniers se servent pour tondre les palissades. — Branche de fer recourbée, qu'on scelle dans les jambages des cheminées, pour y mettre la pelle à feu, les pincettes, etc. — Branches recourbées de fer ou de cuivre, dont on se sert pour arrêter les portières et les rideaux de fenêtre. — ** Petit pain de farine fine affectant la forme d'un croissant.

* CROISSANT, A.VTE adj. Qui s'accroît, qui augmente : le peupx était épuisé par des impôts toujours croissants.

' CROISURE s. f. fissure d'une éloffe croisée.

* CROIT s. m. Augmentation ; augmentation d'un troupeau par la naissance des petits : le cheptel se donne à perte et à croit.

' CROITRE V. n. (lat. creseere). Je crois, tu crois, il croit; nous croissons, vous croissez, ils croissent. Je croissais, etc. Je crûs, etc. ; 7ious crûmes, etc. J'ai crû, etc. Je croîtrai, etc. Crois. Croissez, etc. Je croîtrais, etc. Que je croisse, etc. Que je crusse, etc. Croissant. Crû, crue. Devenir plus grand : croître très vile; croître à une certaine hauteur. — iNe faire que croître et embellir, se dit d'une jeune personne qui devient tous les jours plus grande et plus belle. On le dit, par plaisantrrie, de certaines choses qui augmentent, soit eu bien, soit en mal : il se débauche tous les jours de plus en pilus, cela ru; fait que, croître et embellir. — .\ugmenter de ipielc[uo façon que ce soit : la riv'iérc est crue, a crû. — Multiplier : la population crût beaucoup en peu de temps. — Venir, être produit, en parlant désherbes, des plantes, des fruils : cette plante croit dans les plaines, dans les marais, sur le bord des ruisseaux, etc. — Fig. Dans le même sens : les abus croissaient de toutes jHirts. — v. a. Augmenter . cet honneur va croître son audace.

"CROIX s. f. [kr,.uâl (lat. crux). Espèce do gibet où l'on attachait aneiennement les criminels pour les l'aire iiKJurlr. La croix, ayant été le genre de .supjtlice a|>pliqiié àN.-S. J.-C. est devenu le symbole du christianisme. Cet

CROI

instrument de mort a reçu diverses formes, suivant les temps et les pays. 11 y avait la croix à quatre bras ég-aux -|- se croisant à angles droits; c'est la forme ordinairement appelée croix grecque. On se servait aussi d'une croix oblique X, appelée par Lepsius cnix decussala et nommée aujourd'luil croix de Sainl-Andié. Il y avait la croix latine, crux irnmissa f, et la croix patibulaire, vrux commissa ou patibnîala T, nommée aussi croix tau, à cause de sa ressemblance avec la lettre grecque de ce nom. Quelques archéologues pensent que c'est la plus ancienne forme de la croix symbolique. La croix fut employée comme instrument de supplice par les peuples primitifs. On y clouait le patient, ou bien on l'y attachait avec des cordes. Parmi les autres formes de croix, nous citerons celle qui était en Y; on y attachait, la tête en bas, les condamnés; sous une autre n, on maintenait le supplicié par une main à l'angle d'un côté cl par un pied à l'autre angle; sur celle-ci T, le corps était placé au milieu de la traverse supérieure, tandis que les bras et les jambes olaient attachées aux deux branches parallèles. — I.k

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